QCM : Introduction générale au droit (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Un même terme possède un sens courant et un sens juridique : quelle notion décrit cette pluralité de sens ?

La synonymie
Le jargon juridique
L’antinomie
La polysémie

La polysémie

Explication

La polysémie est l’existence de plusieurs sens pour un même terme, notamment un sens courant et un sens juridique. La synonymie concerne des termes de sens proche, le jargon désigne un vocabulaire spécialisé et l’antinomie une contradiction entre règles.

2. Une partie veut faire contester une décision par une autre juridiction : quelle démarche entreprend-elle ?

Elle forme un recours devant la même juridiction
Elle invoque une présomption irréfragable
Elle demande un jugement avant dire droit
Elle interjette appel

Elle interjette appel

Explication

Interjeter appel consiste à contester une décision devant une autre juridiction. Un jugement avant dire droit est une mesure provisoire, tandis qu’une présomption irréfragable ne peut être renversée.

3. Une personne éprouve des remords après avoir enfreint une règle morale, tandis qu’une autre doit réparer un dommage en vertu d’une décision étatique. Quelle distinction décrit ces réactions ?

Les deux relèvent de la morale, car elles sanctionnent un comportement
Les deux relèvent de la religion, car elles impliquent une faute
Les remords relèvent de la morale et la réparation du droit
Les remords relèvent du droit et la réparation de la morale

Les remords relèvent de la morale et la réparation du droit

Explication

La sanction morale peut prendre la forme de remords, alors que la sanction juridique relève de l’autorité étatique et peut imposer une réparation. Attribuer les remords à l’État confond sanction morale et juridique ; attribuer la réparation à la morale inverse cette distinction ; la sanction religieuse relève des autorités religieuses.

4. Quelle proposition distingue la finalité de la religion de celle du droit ?

La religion vise le salut de l’Homme, le droit régit la société
La religion régit la société, le droit vise le salut de l’Homme
La religion vise le salut de l’Homme, le droit relève des autorités religieuses
La religion impose des règles étatiques, le droit vise la vie spirituelle

La religion vise le salut de l’Homme, le droit régit la société

Explication

La religion a pour finalité le salut de l’Homme, tandis que le droit vise à régir la société. Dire que la religion régit la société inverse les finalités ; mentionner les autorités religieuses confond finalité et sanction ; attribuer au droit une visée spirituelle lui prête l’objectif religieux.

5. Que signifie le caractère général d’une règle de droit ?

Elle s’applique de façon identique et impersonnelle aux personnes relevant de son champ.
Elle s’applique selon la volonté individuelle exprimée par chaque personne concernée.
Elle prévoit une réparation ou une punition adaptée à chaque infraction constatée.
Elle laisse aux personnes concernées le choix de respecter ou d’écarter ses prescriptions.

Elle s’applique de façon identique et impersonnelle aux personnes relevant de son champ.

Explication

Le caractère général signifie que la règle s’applique de manière identique et impersonnelle aux personnes entrant dans son champ, ce qui contribue à prévenir l’arbitraire. La possibilité d’écarter une règle selon sa volonté caractérise plutôt une règle supplétive.

6. Selon Danielle Lochak, pourquoi des juristes positivistes se voulant neutres peuvent-ils devenir des alliés objectifs d’un régime ?

Parce qu’ils remplacent les règles écrites par des principes issus du droit naturel
Parce qu’ils décrivent le droit en vigueur sans expliciter les valeurs qui l’inspirent
Parce qu’ils attribuent aux juges le pouvoir de créer les lois à la place du législateur
Parce qu’ils refusent d’appliquer les lois adoptées par les autorités de l’État

Parce qu’ils décrivent le droit en vigueur sans expliciter les valeurs qui l’inspirent

Explication

En présentant le droit en vigueur sans rendre visibles les valeurs qui l’ont guidé, ces juristes risquent de contribuer à sa légitimation. Le refus d’appliquer les lois correspond à une opposition au droit en vigueur, et non à la neutralité positiviste critiquée par Lochak.

7. Dans un syllogisme juridique, quelle est la fonction de la mineure ?

Déterminer l’ensemble des règles formant le régime applicable
Formuler la solution déduite de la règle et des faits
Énoncer la règle générale applicable à la situation
Présenter les faits après leur qualification juridique

Présenter les faits après leur qualification juridique

Explication

La mineure expose les faits en leur attribuant une qualification juridique, ce qui permet de les confronter à la règle générale. L’énoncé de cette règle relève de la majeure, et non de la mineure.

8. Dans quel contexte historique l’école des juristes inquiets est-elle apparue ?

À la suite de la Grande Guerre, qui a ouvert la voie à de nouvelles doctrines sociales
Sous le régime de Vichy, qui a conduit à élaborer une nouvelle doctrine juridique
À la fin du XIXe siècle, lors de la codification des règles relatives aux droits réels
Pendant la Révolution française, qui a instauré les premiers codes civils

À la suite de la Grande Guerre, qui a ouvert la voie à de nouvelles doctrines sociales

Explication

L’école des juristes inquiets apparaît dans le contexte de la Grande Guerre, qui fournit l’occasion d’appliquer de nouvelles doctrines sociales. Le régime de Vichy est associé à la banalisation du droit antisémite par certains juristes, et non à l’apparition de cette école.

9. En quoi la Constitution de 1958 et le bloc de constitutionnalité diffèrent-ils dans le contrôle des lois ?

La Constitution de 1958 fixe les droits fondamentaux, tandis que le bloc rassemble uniquement les règles relatives à l’organisation des pouvoirs publics.
La Constitution de 1958 regroupe à elle seule toutes les normes de référence, tandis que le bloc désigne les lois contrôlées par le Conseil constitutionnel.
La Constitution de 1958 est un élément du bloc, qui comprend aussi d’autres textes, principes et jurisprudence auxquels les lois doivent être conformes.
La Constitution de 1958 et le bloc sont deux appellations pour le même texte, sans différence dans les normes prises en compte.

La Constitution de 1958 est un élément du bloc, qui comprend aussi d’autres textes, principes et jurisprudence auxquels les lois doivent être conformes.

Explication

La Constitution de 1958 est une composante du bloc de constitutionnalité, lequel inclut également la DDHC, le Préambule de 1946, les PFRLR, la Charte de l’environnement et la jurisprudence constitutionnelle. Le bloc ne désigne pas les lois contrôlées, mais l’ensemble des normes auxquelles elles doivent être conformes.

10. Quel effet produit l’épuisement des recours internes pour une personne qui souhaite saisir la Cour européenne des droits de l’Homme ?

Il rend automatiquement la décision nationale contraire à la Convention.
Il lui permet de demander à une juridiction française de réexaminer l’affaire.
Il transforme les dispositions de la Convention en règles sans effet direct.
Il lui permet de porter ensuite son affaire devant cette Cour.

Il lui permet de porter ensuite son affaire devant cette Cour.

Explication

Après avoir épuisé les recours internes, toute personne peut saisir la Cour européenne des droits de l’Homme. Cette démarche ne provoque pas automatiquement l’annulation de la décision nationale, contrairement à ce que pourrait laisser penser une assimilation entre saisine et jugement.

11. Un État membre souhaite que l’Union européenne adopte une mesure dans un domaine qui ne lui a pas été attribué par les États membres. Quel principe s’applique ?

L’Union ne peut agir dans ce domaine sans compétence attribuée par les États membres.
Le Conseil de l’Union européenne peut étendre la compétence par une décision.
La Commission peut agir si elle obtient l’accord du Parlement européen.
L’Union peut intervenir dès lors que la mesure concerne plusieurs pays.

L’Union ne peut agir dans ce domaine sans compétence attribuée par les États membres.

Explication

Les compétences de l’Union européenne reposent sur une attribution par les États membres, qui détermine les domaines dans lesquels elle peut agir. L’accord d’une institution européenne ne remplace pas cette attribution de compétence.

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Quelle finalité distingue le droit de la morale ?

Le droit régit la vie en société.

Depuis quand le français est-il la langue du droit en France ?

Depuis l’ordonnance de Villers-Cotterêts, au XVIe siècle.

Que désigne la polysémie ?

L’existence de plusieurs sens pour un même terme.

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