QCM : Jurisprudences de droit administratif (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans l’arrêt Association syndicale du Canal de Gignac, pourquoi le Tribunal des conflits qualifie-t-il les associations syndicales autorisées d’établissements publics ?

Parce qu’elles sont liées à l’administration par un contrat
Parce qu’elles poursuivent une mission d’intérêt général
Parce qu’elles exercent une activité de droit privé
Parce qu’elles disposent de prérogatives de puissance publique

Parce qu’elles disposent de prérogatives de puissance publique

Explication

La détention de prérogatives de puissance publique justifie leur qualification d’établissements publics et rattache le litige au juge administratif. La mission d’intérêt général ne suffit pas à établir cette qualification, le contrat n’en est pas le motif et l’activité privée ne correspond pas à la solution retenue.

2. Quelle possibilité le Conseil d’État reconnaît-il dans l’arrêt Établissement Vézia de 1935 ?

Une personne privée peut gérer un service public sans contrat
Un organisme privé peut édicter des actes administratifs unilatéraux
Un établissement privé devient un établissement public par sa mission
Un établissement privé peut exécuter un service public

Un établissement privé peut exécuter un service public

Explication

L’arrêt Établissement Vézia admet qu’un établissement privé puisse être chargé de l’exécution d’un service public. La gestion sans contrat est reconnue dans l’arrêt Caisse primaire « Aide et protection », tandis que les actes administratifs unilatéraux relèvent notamment des arrêts Monpeurt et Magnier.

3. Quelle reconnaissance nouvelle apporte l’arrêt Caisse primaire « Aide et protection » de 1938 ?

Un établissement privé peut exécuter un service public
Une personne privée peut gérer un service public sans contrat
Une association autorisée est qualifiée d’établissement public
Une personne privée peut édicter des actes administratifs unilatéraux

Une personne privée peut gérer un service public sans contrat

Explication

Cet arrêt reconnaît pour la première fois qu’une personne privée peut gérer un service public sans contrat. Établissement Vézia porte sur l’exécution d’un service public par un établissement privé, et les actes administratifs unilatéraux sont traités par d’autres décisions.

4. Un organisme privé chargé d’un service public adopte une décision unilatérale en mobilisant des prérogatives de puissance publique. Quelle qualification s’applique selon l’arrêt Monpeurt ?

Un acte administratif
Un acte de droit privé
Un acte de droit privé en raison de l’absence de contrat
Un acte administratif en raison du statut public de son auteur

Un acte administratif

Explication

Selon Monpeurt, l’acte unilatéral d’un organisme privé chargé d’un service public est administratif lorsqu’il met en œuvre des prérogatives de puissance publique. Le statut privé de l’auteur ne l’exclut donc pas, mais le simple lien avec un service public ne suffit pas sans ces prérogatives.

5. Quel changement institutionnel l’arrêt Cadot de 1889 opère-t-il dans le contentieux administratif ?

Le ministre conserve le rôle de juge de droit commun du contentieux administratif
Le Conseil d’État devient le juge de droit commun du contentieux administratif
Le juge administratif ne connaît que des litiges d’organisation des services publics
Le juge judiciaire devient le juge de droit commun du contentieux administratif

Le Conseil d’État devient le juge de droit commun du contentieux administratif

Explication

L’arrêt Cadot abandonne la théorie du ministre-juge et fait du Conseil d’État le juge de droit commun du contentieux administratif. La compétence du juge judiciaire et la distinction entre organisation et fonctionnement de la justice répondent à d’autres règles.

6. Une mesure administrative porte gravement atteinte à un droit de propriété, sans entraîner son extinction ni toucher à la liberté individuelle. Selon Bergoend, cette situation constitue-t-elle une voie de fait ?

Oui, car toute atteinte grave au droit de propriété suffit
Non, car seule une atteinte à la liberté individuelle peut constituer une voie de fait
Non, car ni la liberté individuelle ni l’extinction du droit de propriété ne sont en cause
Oui, car toute illégalité administrative constitue une voie de fait

Non, car ni la liberté individuelle ni l’extinction du droit de propriété ne sont en cause

Explication

Depuis Bergoend, la voie de fait suppose une atteinte à la liberté individuelle ou l’extinction du droit de propriété. Une atteinte grave mais non extinctive à la propriété ne répond donc pas au critère, contrairement à l’idée que toute atteinte à ce droit suffirait.

7. Dans un litige, le juge judiciaire peut déterminer lui-même si un acte administratif est conforme au droit de l’Union européenne. Quelle solution découle de l’arrêt SCEA du Chéneau ?

Le juge administratif doit trancher la conformité dans tous les cas
Le juge judiciaire peut apprécier toute légalité administrative sans limite
Le juge judiciaire peut apprécier lui-même cette conformité
Le juge judiciaire peut interpréter l’acte, mais doit renvoyer cette conformité

Le juge judiciaire peut apprécier lui-même cette conformité

Explication

SCEA du Chéneau admet que le juge judiciaire apprécie lui-même la conformité d’un acte administratif au droit de l’Union lorsqu’il est en mesure de le faire. Septfonds concerne l’interprétation et la légalité des actes administratifs, mais ne neutralise pas cette possibilité particulière.

8. Une administration prend un acte administratif et une personne souhaite en demander l’annulation pour excès de pouvoir. Quel principe s’applique, même en l’absence d’une disposition prévoyant expressément ce recours ?

Le recours pour excès de pouvoir est ouvert contre les seuls actes réglementaires de l’administration.
L’administration peut déroger au principe de légalité dans toute situation ordinaire.
Le recours pour excès de pouvoir est ouvert contre tout acte administratif, et l’administration doit respecter la légalité.
Le recours pour excès de pouvoir est ouvert après autorisation préalable du ministre compétent.

Le recours pour excès de pouvoir est ouvert contre tout acte administratif, et l’administration doit respecter la légalité.

Explication

L’arrêt Dame Lamotte consacre à la fois l’obligation pour l’administration de respecter la légalité et l’ouverture du recours pour excès de pouvoir contre tout acte administratif. L’autorisation ministérielle ajoute une condition inexistante, la limitation aux actes réglementaires restreint indûment le recours, et la dérogation en situation ordinaire confond les circonstances exceptionnelles avec la légalité normale.

9. En période de circonstances exceptionnelles, une autorité doit prendre une mesure qui s’écarte des règles de légalité normale afin d’assurer la continuité d’un service public. Quelle approche correspond à la théorie élaborée dans l’arrêt Heyriès ?

Admettre un écart à la légalité normale justifié par le fonctionnement du service public.
Subordonner l’écart à la légalité à la seule proclamation de l’état de siège.
Considérer que toute obligation de légalité disparaît pendant la crise.
Appliquer les règles de légalité normale comme en période ordinaire.

Admettre un écart à la légalité normale justifié par le fonctionnement du service public.

Explication

La théorie de l’arrêt Heyriès admet, dans des circonstances exceptionnelles, un écart à la légalité normale afin d’assurer le fonctionnement des services publics. Appliquer le régime ordinaire ignore cette théorie, supprimer toute obligation de légalité en exagère la portée, et faire de l’état de siège une condition unique confond cette justification avec un autre contexte.

10. Une loi est contestée au motif qu’elle serait contraire à un traité international. Quelle position le Conseil constitutionnel a-t-il adoptée dans sa décision du 15 janvier 1975 sur ce contrôle ?

Il ne lui appartient pas de vérifier la conformité de la loi au traité, contrôle que peuvent exercer les juges administratif et judiciaire.
Il lui appartient de vérifier cette conformité, tandis que les juges administratif et judiciaire en sont exclus.
Aucun juge ne peut vérifier la conformité d’une loi à un traité international.
Il lui appartient de vérifier la conformité de la loi au traité, à la place des juges ordinaire.

Il ne lui appartient pas de vérifier la conformité de la loi au traité, contrôle que peuvent exercer les juges administratif et judiciaire.

Explication

Dans sa décision de 1975, le Conseil constitutionnel distingue son contrôle de constitutionnalité du contrôle de conformité aux traités, que peuvent exercer les juges administratif et judiciaire. Lui attribuer ce contrôle confond les fonctions juridictionnelles, tandis que l’exclure pour tous les juges va au-delà de la décision.

11. Un juge constate qu’une loi, même adoptée après un traité, lui est contraire. Quelle solution découle de l’arrêt Société des cafés Jacques Vabre ?

Saisir le Conseil constitutionnel, seul compétent pour écarter la loi dans le litige.
Appliquer la loi parce que sa date postérieure au traité lui donne priorité.
Abroger la loi pour l’ensemble des situations en raison de sa contrariété au traité.
Écarter l’application de la loi dans le litige en raison de sa contrariété au droit international.

Écarter l’application de la loi dans le litige en raison de sa contrariété au droit international.

Explication

L’arrêt Jacques Vabre permet d’écarter, dans le litige, une loi contraire au droit international, même si elle est postérieure au traité. La priorité automatique de la loi postérieure méconnaît cette solution, l’écartement n’équivaut pas à une abrogation générale, et le contrôle n’est pas réservé au Conseil constitutionnel.

12. Saisi d’un recours contre une loi postérieure à un traité, le Conseil d’État doit déterminer si la loi est compatible avec cet engagement international. Quelle démarche l’arrêt Nicolo autorise-t-il ?

Refuser de contrôler la loi en raison de la théorie de la loi-écran.
Contrôler la compatibilité de la loi, même postérieure, avec le droit international ou européen.
Transmettre ce contrôle au Conseil constitutionnel avant de statuer.
Contrôler la compatibilité avec le traité seulement si la loi lui est antérieure.

Contrôler la compatibilité de la loi, même postérieure, avec le droit international ou européen.

Explication

Avec l’arrêt Nicolo, le Conseil d’État accepte de contrôler la compatibilité d’une loi, y compris postérieure, avec le droit international ou européen, mettant fin à la théorie de la loi-écran. Refuser ce contrôle rétablit cette théorie, le limiter aux lois antérieures méconnaît la portée de l’arrêt, et le réserver au Conseil constitutionnel attribue le contrôle au mauvais juge.

13. Le délai de transposition d’une directive est expiré et une de ses dispositions est précise et inconditionnelle. Quelle conséquence résulte de l’arrêt Mme Perreux ?

La disposition reste sans effet direct selon la solution de Cohn-Bendit.
Toute disposition de la directive produit un effet direct, quel que soit son degré de précision.
La disposition peut produire un effet direct.
La disposition ne peut produire d’effet direct qu’après une transposition complète.

La disposition peut produire un effet direct.

Explication

L’arrêt Mme Perreux admet l’effet direct des dispositions précises et inconditionnelles d’une directive lorsque le délai de transposition a expiré. La solution Cohn-Bendit est celle que cet arrêt renverse, l’effet direct n’est pas étendu à toute disposition imprécise, et une transposition complète n’est pas requise dans ce cas.

14. Une association privée poursuit un objectif d’intérêt général et agit sous le contrôle des pouvoirs publics, mais elle ne dispose d’aucune prérogative de puissance publique. Selon les critères de l’arrêt Narcy, peut-elle être qualifiée de gestionnaire d’un service public ?

Oui, car l’intérêt général et le contrôle public suffisent
Oui, car la gestion privée dispense de prérogatives de puissance publique
Non, car les trois critères cumulatifs ne sont pas réunis
Non, car une personne privée ne peut gérer un service public

Non, car les trois critères cumulatifs ne sont pas réunis

Explication

Dans Narcy, la qualification suppose cumulativement l’intérêt général, les prérogatives de puissance publique et le contrôle des pouvoirs publics. La reconnaissance sans prérogatives relève de l’approche d’APREI ; le contrôle seul ne suffit pas, et une personne privée peut gérer un service public.

15. Une administration confie une mission d’intérêt général à une association privée, en organise la prise en charge et en contrôle l’activité, mais ne lui accorde aucune prérogative de puissance publique. Quelle conclusion correspond à l’arrêt APREI ?

La mission ne peut être reconnue comme un service public sans prérogatives
La mission relève d’un service public seulement si l’association devient publique
La mission est reconnue dès qu’elle poursuit un intérêt général, sans autre indice
La mission peut être reconnue comme un service public confié par l’administration

La mission peut être reconnue comme un service public confié par l’administration

Explication

APREI permet de reconnaître un service public géré par une personne privée sans prérogatives lorsque les conditions de prise en charge et le contrôle révèlent la volonté de l’administration de lui confier cette mission. Exiger les prérogatives reprend à tort le cadre cumulatif de Narcy ; le seul intérêt général ne suffit pas, et la personne gestionnaire n’a pas à devenir publique.

16. Une réforme transfère à une cour d’appel le contrôle de décisions administratives contestées, sans lui permettre de suspendre leur exécution. Quelle atteinte le Conseil constitutionnel a-t-il identifiée dans sa décision du 23 janvier 1987 ?

Une atteinte au pouvoir de la cour d’appel d’interpréter un acte administratif
Une atteinte au droit de saisir un juge contre ces décisions
Une atteinte à une garantie essentielle des droits de la défense
Une atteinte au pouvoir du juge judiciaire d’annuler une loi

Une atteinte à une garantie essentielle des droits de la défense

Explication

Le Conseil constitutionnel a estimé que le transfert portait atteinte à une garantie essentielle des droits de la défense, car la cour d’appel ne pouvait pas surseoir à l’exécution des décisions contestées. La compétence judiciaire générale confond le noyau de compétence administrative avec la répartition des compétences; l’interprétation ne correspond pas au motif retenu; l’absence de recours n’est pas en cause.

17. Dans un litige, le juge administratif doit déterminer le sens d’une norme internationale sans demander au ministre des Affaires étrangères de l’interpréter. Quelle solution découle de l’arrêt GISTI du 29 juin 1990 ?

Le juge judiciaire interprète lui-même la norme internationale
Le juge administratif interprète lui-même la norme internationale
Le juge administratif sollicite l’interprétation du ministre des Affaires étrangères
Le juge administratif vérifie lui-même la constitutionnalité de la norme

Le juge administratif interprète lui-même la norme internationale

Explication

Avec l’arrêt GISTI, le Conseil d’État abandonne le renvoi préjudiciel au ministre des Affaires étrangères et interprète lui-même les normes internationales. Le contrôle de constitutionnalité est une autre fonction; le renvoi au ministre correspond à la pratique abandonnée; l’interprétation n’est pas transférée au juge judiciaire.

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Quelle qualification le Tribunal des conflits donne-t-il aux associations syndicales autorisées dans l’arrêt Association syndicale du Canal de Gignac ?

Des établissements publics.

Que peut-on confier à un établissement privé selon l’arrêt Établissement Vézia ?

L’exécution d’un service public.

Quelle possibilité le Conseil d’État reconnaît-il dans l’arrêt Caisse primaire « Aide et protection » ?

Une personne privée peut gérer un service public sans contrat.

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