QCM : La science juridique romaine (53 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelles dates marquent respectivement la chute de l’Empire romain d’Occident et celle de l’Empire romain d’Orient ?

476 et 476
1453 et 476
1453 et 1453
476 et 1453

476 et 1453

Explication

L’Empire romain d’Occident s’effondre en 476, tandis que l’Empire romain d’Orient disparaît en 1453. Inverser les dates confond les deux trajectoires; retenir 476 pour les deux néglige la chute tardive de l’Empire d’Orient.

2. Quelle tradition juridique associe des éléments du droit romain et du droit germanique ?

La tradition de droit romain classique
La tradition juridique anglo-saxonne
La tradition romano-germanique
La tradition de common law

La tradition romano-germanique

Explication

La tradition romano-germanique mêle le droit romain et le droit germanique. La common law relève de la tradition des pays anglo-saxons, tandis que les réponses réduisant la tradition au seul droit romain omettent son élément germanique.

3. Un historien classe les régimes politiques romains et doit identifier celui qui succède à la royauté, de 509 av. J.-C. à 27 apr. J.-C. Quelle période doit-il retenir ?

La République
La période de la coutume
L’Empire
La royauté

La République

Explication

La périodisation politique place la République entre 509 av. J.-C. et 27 apr. J.-C., après la royauté et avant l’Empire. L’Empire commence en 27, tandis que la coutume désigne une source dominante du droit, non un régime politique.

4. Une chercheuse compare deux périodisations de Rome : l’une suit les régimes politiques, l’autre les sources dominantes du droit. À quoi correspond la période allant de 150 av. J.-C. à 284 apr. J.-C. dans la périodisation juridique ?

La prépondérance de la coutume ancestrale
La prépondérance de la loi impériale
La prépondérance du prêteur et de la doctrine
La prépondérance de la République et de ses institutions

La prépondérance du prêteur et de la doctrine

Explication

La périodisation juridique associe les années 150 av. J.-C. à 284 apr. J.-C. à la prépondérance du prêteur et de la doctrine; elle suit les sources du droit, contrairement à la périodisation politique. La coutume domine auparavant et la loi à partir de 284.

5. Une étude porte sur le premier droit romain, religieux et coutumier, qui régit toute la cité. Quelle notion désigne ce droit ?

Le droit impérial romain
Le droit religieux des pontifes
Le droit archaïque
Le droit civil au sens actuel

Le droit archaïque

Explication

Le droit archaïque est le premier droit romain; il est religieux et coutumier et concerne l’ensemble du droit de la cité. Le droit civil au sens actuel est plus restreint, et les réponses portant sur un seul aspect ou une période ultérieure ne rendent pas compte de cette notion.

6. Dans une cité où l’ordre juridique est étroitement lié à l’ordre divin, quel rôle les pontifes remplissent-ils ?

Ils gardent la religion et le droit
Ils fixent les règles du droit civil moderne
Ils défendent les coutumes des familles puissantes
Ils créent les lois de l’Empire

Ils gardent la religion et le droit

Explication

Les pontifes sont les gardiens de la religion et du droit, dans une société où l’ordre juridique est lié à l’ordre divin. Le calendrier judiciaire fait partie de leurs prérogatives, mais ne résume pas leur rôle; la défense des coutumes revient aux familles puissantes.

7. Une règle juridique vise à maintenir la paix terrestre conformément à la volonté divine. Quel principe romain exprime cet objectif ?

La paix civile
La Pax deorum
La sécurité terrestre
La coutume ancestrale

La Pax deorum

Explication

La Pax deorum est la paix des dieux, que le droit préserve en maintenant une paix terrestre conforme à la volonté divine. La paix civile ou la sécurité matérielle ne rendent pas compte de ce lien religieux, et la coutume ancestrale désigne un autre phénomène.

8. Des pratiques anciennes, transmises de génération en génération, sont reconnues comme des règles par les prêtres. Quelle évolution du droit cette situation illustre-t-elle ?

La loi écrite remplace progressivement les pratiques ancestrales
Les familles puissantes transforment directement leurs intérêts en règles
La coutume se substitue progressivement au droit religieux des pontifes
Le droit religieux des pontifes remplace progressivement les coutumes

La coutume se substitue progressivement au droit religieux des pontifes

Explication

Lorsque les prêtres reconnaissent comme règles des pratiques ancestrales transmises entre générations, la coutume se substitue progressivement au droit religieux des pontifes. La loi écrite et la défense des coutumes par des familles puissantes ne décrivent pas ce processus de reconnaissance.

9. Que désigne la laïcisation du droit romain ?

La création soudaine d’un droit entièrement nouveau par les magistrats
L’émancipation progressive du droit de l’autorité des prêtres, sur plusieurs siècles
La publication d’un code unique remplaçant toutes les règles religieuses
Le renforcement progressif du contrôle des prêtres sur les procès

L’émancipation progressive du droit de l’autorité des prêtres, sur plusieurs siècles

Explication

La laïcisation correspond à une émancipation progressive du droit romain à l’égard de l’autorité sacerdotale et s’étend sur plusieurs siècles. La réforme ponctuelle, le code unique et le renforcement sacerdotal ne rendent pas compte de ce processus graduel.

10. Pourquoi la plèbe demande-t-elle que les règles de droit soient mises par écrit ?

Pour remplacer les règles coutumières par des sanctions pénales nouvelles
Pour modifier les étapes du procès sans rendre les règles accessibles
Pour réduire l’arbitraire et l’insécurité liés à la maîtrise des règles par les prêtres
Pour réserver l’interprétation du droit aux membres du patriciat

Pour réduire l’arbitraire et l’insécurité liés à la maîtrise des règles par les prêtres

Explication

La mise par écrit devait rendre les règles accessibles et réduire l’arbitraire ainsi que l’insécurité juridique associés à leur maîtrise par les prêtres. La création de nouvelles peines, la réservation du droit au patriciat et la seule réforme de procédure ne correspondent pas à cette revendication.

11. Une réforme de la procédure romaine introduit de nouvelles règles pour régler les litiges. En quelle année la loi Aebutia est-elle publiée ?

En 312 av. J.-C.
Entre 254 et 252 av. J.-C.
Entre 450 et 431 av. J.-C.
En 150 av. J.-C.

En 150 av. J.-C.

Explication

La loi Aebutia est publiée en 150 av. J.-C. et réforme la procédure en introduisant de nouvelles règles pour régler les litiges. Les autres dates renvoient au calendrier judiciaire, aux XII Tables et aux conseils juridiques publics.

12. Dans la conception romaine du droit, qu’est-ce qui permet à une personne de se considérer titulaire d’un droit ?

La décision du prêteur sur le fond du litige
La reconnaissance d’un droit subjectif abstrait
La présence d’une règle écrite, même sans action possible
La possibilité d’exercer une action en justice

La possibilité d’exercer une action en justice

Explication

Dans le droit romain décrit ici, l’existence d’un droit dépend de la possibilité d’exercer une action en justice, plutôt que d’un droit subjectif abstrait. La décision du prêteur concerne la recevabilité de l’action, et la seule existence d’une règle écrite ne remplace pas cette possibilité d’agir.

13. Deux parties exposent leurs prétentions à un magistrat, qui décide si leur situation peut donner lieu à une action en justice. Quel est le rôle de ce magistrat ?

Le juge, qui décide si une action est recevable
Le prêteur, qui tranche lui-même le fond du litige
Le juge, qui rédige la formule et désigne le prêteur
Le prêteur, qui décide si une action est recevable

Le prêteur, qui décide si une action est recevable

Explication

Le prêteur reçoit les prétentions et décide si la situation peut donner lieu à une action en justice. Le juge tranche le litige après cette étape; confondre recevabilité et décision sur le fond attribue donc au prêteur une fonction différente.

14. Un citoyen romain invoque un type de vol prévu par la loi des XII Tables; dans un autre cas, le prêteur ouvre une action pour un vol impliquant des étrangers que la loi ne prévoit pas. Comment distinguer ces deux actions ?

Action fictive ou de fait pour le vol prévu; action en droit pour le cas non prévu
Action en droit dans les deux cas, puisque le prêteur intervient
Action fictive ou de fait dans les deux cas, puisque les deux concernent un vol
Action en droit pour le vol prévu; action fictive ou de fait pour le cas non prévu

Action en droit pour le vol prévu; action fictive ou de fait pour le cas non prévu

Explication

L’action en droit concerne un cas prévu par la loi, tandis que l’action fictive ou de fait permet au prêteur d’ouvrir une action pour un cas non prévu, notamment certains vols impliquant des étrangers. L’inversion des catégories et leur application identique aux deux cas effacent cette distinction.

15. Pourquoi les jurisconsultes romains étaient-ils considérés comme aptes à réfléchir aux questions juridiques ?

Leur âge et leur pratique leur conféraient une expérience jugée sage.
Leur fonction religieuse leur conférait une connaissance sacrée des règles.
Leur richesse familiale leur permettait d’imposer les règles juridiques.
Leur éloquence politique leur donnait compétence pour trancher les litiges.

Leur âge et leur pratique leur conféraient une expérience jugée sage.

Explication

Les jurisconsultes étaient des juristes expérimentés, et leur âge comme leur pratique étaient considérés comme des sources de sagesse. L’autorité religieuse renvoie aux pontifes, la richesse familiale n’explique pas leur rôle, et l’éloquence politique ne remplace pas l’expérience juridique.

16. Que désigne la doctrine juridique élaborée par les jurisconsultes ?

Une transmission des rites religieux qui fondent les règles juridiques.
Une réflexion théorique sur le droit menée avant qu’un litige survienne.
Une promulgation officielle des règles par les magistrats romains.
Une décision judiciaire rendue après l’examen d’un litige concret.

Une réflexion théorique sur le droit menée avant qu’un litige survienne.

Explication

La doctrine est l’élaboration théorique du droit par les jurisconsultes, qui permet de penser les règles avant qu’un litige se présente. La décision judiciaire intervient dans un litige, la promulgation est un acte officiel, et les rites relèvent du domaine religieux.

17. Dans le contexte de la crise de la République romaine aux IIe et Ier siècles av. notre ère, quelle évolution favorise le développement de la pensée juridique ?

Un repli de Rome sur ses pratiques et sa pensée traditionnelles.
La disparition de la République et l’instauration immédiate de l’Empire.
Une ouverture de Rome au monde et à la philosophie grecque.
Un rejet de la philosophie grecque au profit des coutumes romaines.

Une ouverture de Rome au monde et à la philosophie grecque.

Explication

La crise de la République favorise une ouverture de Rome au monde et à la philosophie grecque, qui nourrit l’évolution intellectuelle des juristes. Le repli et le rejet de la philosophie inversent cette dynamique, tandis que la disparition de la République n’est pas le facteur indiqué.

18. Un juriste romain influencé par la philosophie grecque veut clarifier une notion juridique et organiser les réalités qu’elle recouvre. Quelle démarche correspond à cette influence ?

Mémoriser les coutumes, sans préciser les notions ni leurs catégories.
Définir précisément la notion, puis classer les réalités en genres et en espèces.
Présenter des arguments opposés, sans définir ni classer les réalités.
Partir des espèces pour écarter toute organisation en genres.

Définir précisément la notion, puis classer les réalités en genres et en espèces.

Explication

L’influence grecque pousse les juristes à définir précisément les éléments de la société et à classer les choses en genres et en espèces. La présentation d’arguments pour et contre relève de la dialectique, tandis que la simple mémorisation ou l’abandon des catégories ne correspond pas à cette démarche.

19. Dans une cité romaine, le droit était auparavant sous le monopole des pontifes. Après l’intervention des jurisconsultes, quel changement caractérise son statut ?

Maintenu sous forme orale, le droit demeure l’affaire réservée des pontifes.
Mis par écrit, le droit échappe au monopole des pontifes et devient une affaire publique.
Mis par écrit, le droit devient une affaire privée réservée aux familles influentes.
Détaché des pontifes, le droit abandonne sa forme écrite et reste confidentiel.

Mis par écrit, le droit échappe au monopole des pontifes et devient une affaire publique.

Explication

En donnant une forme écrite au droit, les jurisconsultes contribuent à le soustraire au monopole des pontifes et à en faire une affaire publique. Le maintien du monopole, la privatisation et l’abandon de l’écrit contredisent ce changement.

20. Quelle caractéristique distingue les premiers jurisconsultes laïques, appelés vétéres ?

Ils n’étaient pas pontifes, étaient trois et la fondation des écoles leur est attribuée.
Ils n’étaient pas pontifes, étaient quatre et la fondation du droit civil leur est attribuée.
Ils étaient des pontifes, étaient trois et la fondation du droit civil leur est attribuée.
Ils n’étaient pas pontifes, étaient trois et la fondation du droit civil leur est attribuée.

Ils n’étaient pas pontifes, étaient trois et la fondation du droit civil leur est attribuée.

Explication

Les vétéres étaient des jurisconsultes laïques, au nombre de trois, auxquels est attribuée la fondation du droit civil. Les présenter comme pontifes confond leur statut religieux, tandis que la fondation des écoles et le nombre de quatre contredisent les caractéristiques des vétéres.

21. Quel juriste est présenté comme le premier à avoir composé un lexique définissant les notions essentielles du droit ?

Quintus Mucius Scaevola
Proculus
Aelius Gallus
L’Abéon

Aelius Gallus

Explication

Aelius Gallus est présenté comme le premier juriste à avoir donné un lexique de termes techniques définissant les notions essentielles du droit. Quintus Mucius Scaevola est associé au grand traité et à la classification, tandis que Proculus et L’Abéon relèvent de la tradition des écoles.

22. Quelle contribution est attribuée à Quintus Mucius Scaevola ?

Le premier lexique juridique définissant les notions essentielles du droit.
Le premier grand traité de droit civil et une tentative de classification en genres et espèces.
L’ouverture des écoles de droit pour former les étudiants à la discipline.
La fondation de l’école proculienne et la formalisation de ses règles.

Le premier grand traité de droit civil et une tentative de classification en genres et espèces.

Explication

Quintus Mucius Scaevola est l’auteur du premier grand traité de droit civil et aurait été le premier à tenter une classification en genres et en espèces. Le lexique est associé à Aelius Gallus, alors que l’école proculienne et l’ouverture des écoles constituent d’autres contributions.

23. Sous Auguste, de nombreux juristes commencent à rédiger des ouvrages théoriques : à quelle période de la doctrine juridique romaine ce développement correspond-il ?

À la période tardive de l’Empire, après les premiers siècles.
À l’âge d’or de la doctrine, dans les premiers siècles de l’Empire.
À la période de création des écoles, sans lien avec les premiers siècles de l’Empire.
À la période républicaine, avant l’instauration de l’Empire.

À l’âge d’or de la doctrine, dans les premiers siècles de l’Empire.

Explication

L’âge d’or de la doctrine juridique se situe dans les premiers siècles de l’Empire et commence à partir de la période d’Auguste, lorsque de nombreux juristes rédigent des ouvrages théoriques. Le situer sous la République ou à une période tardive décale cet essor.

24. Un juriste romain tire des règles de droit de l’examen de cas concrets, tandis qu’un autre privilégie la préservation du droit ancien et la sécurité juridique. Comment classer ces deux approches ?

Les deux sont proculiennes, car elles visent à dégager des règles.
Les deux sont sabiniennes, car elles préservent la sécurité juridique.
La première est proculienne et la seconde sabinienne.
La première est sabinienne et la seconde proculienne.

La première est proculienne et la seconde sabinienne.

Explication

Les Proculiens dégagent des règles à partir de cas concrets, tandis que les Sabiniens privilégient le droit ancien et la sécurité juridique. Inverser ces approches confond les deux écoles, et attribuer les deux méthodes à une seule efface la distinction doctrinale.

25. En quelle année la loi des citations désigne-t-elle Paul, Papinien, Modestin, Gaius et Ulpien comme les cinq juristes dont les avis conservés sont décisifs ?

En 212
Au IIe siècle
En 426
Au début du IIIe siècle

En 426

Explication

La loi des citations est adoptée en 426 et reconnaît comme décisifs les avis conservés des cinq juristes nommés. L’année 212 renvoie à l’édit de Caracalla, tandis que les autres repères confondent la loi avec les périodes de vie ou d’activité des juristes.

26. Dans un litige, un juge doit déterminer la règle applicable et invoque l’avis conservé de Papinien, en plus d’une loi. Quel statut cet avis peut-il avoir en vertu de la loi des citations ?

Une opinion sans valeur juridique propre
Une source du droit faisant autorité
Un principe moral extérieur au droit
Une loi impériale adoptée par l’empereur

Une source du droit faisant autorité

Explication

La loi des citations fait des avis des cinq juristes une source du droit à part entière, utilisable comme argument d’autorité avec les lois. Les réduire à de simples opinions, les assimiler à des lois impériales ou les cantonner à la morale méconnaît ce statut.

27. Quelle exigence Papinien applique-t-il à la règle juridique lorsqu’elle est confrontée à un principe moral ?

La règle peut s’écarter des principes moraux pour répondre aux besoins pratiques.
La règle doit respecter les principes moraux et ne pas permettre de les contourner.
La règle doit préserver le droit ancien, même si cela contredit la morale.
La règle peut permettre de contourner la morale si elle assure la sécurité juridique.

La règle doit respecter les principes moraux et ne pas permettre de les contourner.

Explication

Papinien estime que le droit doit être conforme aux principes moraux et qu’une règle ne doit pas permettre de les contourner. L’efficacité, la sécurité juridique ou le maintien du droit ancien ne justifient pas, dans cette conception, l’abandon de cette exigence.

28. Une cité applique une règle différente de celle d’une autre cité, tandis qu’un principe commun s’appuie sur la nature et l’égalité des hommes. Comment Ulpien classe-t-il respectivement ces deux notions ?

Droit civil, puis droit naturel
Droit civil, puis droit des gens
Droit des gens, puis droit naturel
Droit naturel, puis droit civil

Droit civil, puis droit naturel

Explication

Le droit civil varie d’une cité à l’autre, tandis que le droit naturel est fondé sur la nature et l’égalité de tous les hommes. Le droit des gens concerne les relations entre les cités; les autres réponses échangent ces catégories.

29. Une juriste veut bâtir une classification rationnelle de plusieurs opérations juridiques. Quelle démarche correspond à la méthode des juristes romains ?

Regrouper les opérations par fréquence, puis leur attribuer des noms sans les analyser.
Classer les opérations selon des catégories préétablies, puis éviter d’en préciser les définitions.
Définir les opérations, comparer leurs ressemblances et différences, puis les classer en genres et espèces.
Définir les opérations, puis les ranger selon leur ancienneté plutôt que leurs caractéristiques.

Définir les opérations, comparer leurs ressemblances et différences, puis les classer en genres et espèces.

Explication

La construction scientifique du droit repose sur des définitions précises, une analyse des ressemblances et différences, puis un classement en genres et espèces. La fréquence, l’ancienneté ou des catégories non analysées ne constituent pas cette démarche.

30. Une obligation naît d’un dommage et d’une règle légale, sans accord de volonté entre les personnes concernées. Dans quelle catégorie distinguée par Gaius relève-t-elle ?

Parmi les obligations de stipulation
Parmi les obligations délictuelles ou quasi délictuelles
Parmi les obligations contractuelles
Parmi les obligations synallagmatiques

Parmi les obligations délictuelles ou quasi délictuelles

Explication

Gaius distingue les obligations contractuelles, qui naissent d’une volonté, des obligations délictuelles et quasi délictuelles, issues d’une autre source comme la loi. L’absence d’accord écarte la catégorie contractuelle; la réciprocité et la stipulation concernent des formes de contrat.

31. Dans un accord, une seule partie s’engage à fournir une prestation, sans obligation réciproque de l’autre partie. De quel type de contrat s’agit-il ?

D’une obligation délictuelle
D’un contrat synallagmatique
D’un contrat de vente synallagmatique
D’un contrat de stipulation

D’un contrat de stipulation

Explication

Le contrat de stipulation fait naître une obligation pour une seule partie, alors que le contrat synallagmatique impose des obligations réciproques. Une obligation délictuelle relève d’une autre source, et la vente illustre le caractère réciproque du contrat synallagmatique.

32. Pour organiser un ensemble de questions juridiques, une équipe établit des définitions précises, classe les cas en genres et espèces, puis déduit les solutions particulières de principes généraux. Quelle démarche met-elle en œuvre ?

La comparaison des cas sans classement en genres et espèces
L’induction, des cas particuliers vers une règle générale
La hiérarchisation des règles sans définition préalable
La systématisation par raisonnement déductif, du général au particulier

La systématisation par raisonnement déductif, du général au particulier

Explication

La systématisation juridique part de définitions précises, classe les questions en genres et espèces, puis déduit les cas particuliers à partir du général. L’induction suit le sens inverse; la comparaison seule ou l’absence de définitions omet des étapes essentielles.

33. Quelle distinction caractérise le passage du principat au Dominat ?

Le principat est un régime impérial absolu associé à Dioclétien, tandis que le Dominat laisse une certaine participation aux citoyens.
Le principat laisse une certaine participation aux citoyens, tandis que le Dominat est un régime impérial absolu associé à Dioclétien.
Le principat laisse une certaine participation aux citoyens, tandis que le Dominat restaure un régime républicain associé à Dioclétien.
Le Dominat laisse une certaine participation aux citoyens, tandis que le principat est un régime impérial absolu associé à Dioclétien.

Le principat laisse une certaine participation aux citoyens, tandis que le Dominat est un régime impérial absolu associé à Dioclétien.

Explication

Le principat maintient une certaine participation des citoyens, alors que le Dominat correspond à un pouvoir impérial absolu associé à Dioclétien. Inverser ces caractéristiques confond les deux régimes; parler de régime républicain attribue au Dominat une forme de gouvernement qu’il ne désigne pas.

34. Dans un litige sous le Dominat, un préteur tente d’établir une règle juridique indépendante de l’empereur. Quelle évolution du droit rend cette démarche moins déterminante ?

L’empereur exerce une fonction judiciaire, tandis que le préteur conserve la production du droit.
Le préteur devient la source principale du droit et limite l’autorité de la loi impériale.
La loi impériale devient presque la source exclusive du droit et le préteur perd son rôle.
La doctrine devient la source principale du droit et remplace les décisions impériales.

La loi impériale devient presque la source exclusive du droit et le préteur perd son rôle.

Explication

Sous le Dominat, l’empereur devient maître du droit et la loi impériale en est presque la source exclusive, ce qui réduit le rôle du préteur. L’idée d’un préteur dominant inverse cette évolution; la prééminence de la doctrine ou un simple rôle judiciaire de l’empereur ne correspond pas à ce mécanisme.

35. Quelle mesure l’édit de Milan de 313-314, attribué à Constantin, met-il en place ?

Il reconnaît la religion chrétienne et interdit les persécutions contre les chrétiens.
Il impose la foi chrétienne comme religion officielle et interdit les autres religions païennes.
Il reconnaît les religions païennes et interdit les persécutions contre leurs fidèles.
Il impose la foi chrétienne comme religion officielle et interdit les persécutions contre les chrétiens.

Il reconnaît la religion chrétienne et interdit les persécutions contre les chrétiens.

Explication

L’édit de Milan reconnaît le christianisme et met fin aux persécutions contre les chrétiens; l’imposition du christianisme comme religion officielle relève de l’édit de Thessalonique. Confondre reconnaissance et religion officielle, ou attribuer à Constantin la mesure de Théodose Ier, mélange les deux édits.

36. Sous l’Empire, les juristes produisent moins d’idées nouvelles tandis que l’empereur contrôle davantage leur activité. Quelle explication correspond à ce déclin doctrinal ?

La protection impériale de la doctrine et la liberté des juristes limitent la créativité doctrinale.
L’omnipotence impériale et le contrôle des juristes limitent la créativité doctrinale.
L’autonomie accrue des juristes et la faiblesse impériale limitent la créativité doctrinale.
La disparition de la loi impériale et le contrôle des juristes limitent la créativité doctrinale.

L’omnipotence impériale et le contrôle des juristes limitent la créativité doctrinale.

Explication

La créativité doctrinale décline sous l’effet de l’omnipotence de l’empereur et du contrôle exercé sur les juristes. L’autonomie accrue et la liberté des juristes contredisent ce contrôle; la disparition de la loi impériale inverse sa prédominance.

37. Sous Hadrien, plusieurs juristes donnent unanimement la même opinion sur un cas. Quelle conséquence cette règle entraîne-t-elle pour le juge ?

Il doit suivre l’opinion majoritaire, même si l’accord n’est pas unanime.
Il peut suivre cette opinion, qui reste un avis facultatif.
Il doit suivre cette opinion, qui devient une règle obligatoire.
Il doit suivre l’opinion des juristes inscrits sur une liste officielle.

Il doit suivre cette opinion, qui devient une règle obligatoire.

Explication

La règle attribuée à Hadrien rend obligatoire pour le juge l’opinion sur laquelle plusieurs juristes s’accordent unanimement. Une simple majorité ne répond pas à l’exigence d’unanimité; un avis facultatif ou le recours à une liste officielle correspond à d’autres mécanismes.

38. Quels juristes la loi des citations de 426 investit-elle d’une autorité particulière ?

Paul, Papinien, Modestin, Ulpien et Théodose Ier.
Paul, Papinien, Auguste, Ulpien et Gaius.
Paul, Hadrien, Modestin, Ulpien et Gaius.
Paul, Papinien, Modestin, Ulpien et Gaius.

Paul, Papinien, Modestin, Ulpien et Gaius.

Explication

La loi des citations de 426 reconnaît une autorité particulière aux opinions de Paul, Papinien, Modestin, Ulpien et Gaius. Hadrien, Auguste et Théodose Ier ne font pas partie de ces cinq juristes.

39. Un empereur publie un acte normatif pour exprimer le droit et modifier une loi existante. De quel type d’acte s’agit-il ?

D’une coutume juridique.
D’une règle d’unanimité des juristes.
D’une opinion doctrinale.
D’une constitution impériale.

D’une constitution impériale.

Explication

Les constitutions impériales sont des actes normatifs par lesquels l’empereur exprime le droit et peut modifier les lois. Une opinion doctrinale émane des juristes, une coutume d’un usage, et la règle d’unanimité concerne l’autorité d’une opinion unanime pour le juge.

40. Un particulier adresse à l’Empereur une question juridique et reçoit une réponse écrite conservée comme règle de droit. Comment cette réponse est-elle appelée ?

Un mandat
Un décret
Une constitution générale
Un rescrit

Un rescrit

Explication

Le rescrit est une réponse écrite à une question juridique adressée à l’Empereur, rédigée par des juristes et conservée comme règle de droit. Le mandat désigne une instruction administrative, tandis que le décret correspond à une décision judiciaire impériale.

41. Un juriste doit retrouver une règle applicable parmi un nombre croissant de constitutions impériales et constate que leur consultation devient difficile. Quel besoin cette difficulté fait-elle naître ?

Remplacer les constitutions par des coutumes locales
Confier les litiges à des juristes privés
Organiser les constitutions impériales
Réduire les textes à des décisions judiciaires

Organiser les constitutions impériales

Explication

L’accumulation des constitutions impériales rend leur consultation difficile et conduit les juristes à rechercher des moyens d’organiser le droit. La difficulté appelle donc une mise en ordre des textes, et non leur abandon ou leur remplacement.

42. Pour préparer le Code théodosien, une équipe reçoit les constitutions impériales promulguées depuis Constantin. Quelle méthode correspond à la mission confiée par Théodose ?

Recopier les constitutions sans les trier, puis les répartir en 10 livres chronologiques
Rassembler les rescrits depuis 291, puis répartir les textes en 16 livres thématiques
Écarter les éléments inutiles et les doublons, puis répartir les textes en 16 livres thématiques et chronologiques
Écarter les textes anciens, puis classer les constitutions en 16 livres alphabétiques

Écarter les éléments inutiles et les doublons, puis répartir les textes en 16 livres thématiques et chronologiques

Explication

La commission de dix juristes devait réunir les constitutions depuis Constantin, en éliminer les éléments inutiles et les doublons, puis organiser le code en 16 livres par thèmes et par ordre chronologique. La réponse qui retient dix livres confond le nombre de juristes avec celui des livres.

43. Quel recueil de rescrits est rattaché à l’année 291 ?

Le Code hermogénien
Le Code grégorien
Le Corpus Iuris civilis
Le Code théodosien

Le Code grégorien

Explication

Le Code grégorien rassemble des rescrits et date de 291. Le Code hermogénien le complète en 295, tandis que le Code théodosien est publié en 438.

44. Un historien compare les deux éditions du Codex de Justinien : laquelle est parvenue jusqu’à nous, et que rassemble cet ouvrage ?

La version de 529, qui rassemble les constitutions impériales
La version de 534, qui rassemble le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles
La version de 534, qui rassemble les constitutions impériales
La version de 534, qui rassemble des fragments de doctrine juridique

La version de 534, qui rassemble les constitutions impériales

Explication

Le Codex rassemble les constitutions impériales et seule sa seconde version, parue en 534, nous est parvenue. La date de 529 désigne la première version, les fragments de doctrine caractérisent le Digeste et les quatre ouvrages réunis composent le Corpus iuris civilis.

45. Une chronologie indique qu’un recueil de fragments de doctrine juridique sélectionnés par des juristes est promulgué en 533 ; de quel ouvrage s’agit-il ?

Du Digeste, également appelé Pandectes
Des Institutes, ouvrage distinct du recueil doctrinal
Du Codex, recueil des constitutions impériales
De la première version du Codex, parue en 529

Du Digeste, également appelé Pandectes

Explication

Le Digeste, aussi appelé Pandectes, est promulgué en 533 et rassemble des fragments de doctrine juridique choisis par les juristes de la commission. Le Codex rassemble les constitutions impériales, les Institutes sont un autre ouvrage, et la première version du Codex paraît en 529.

46. Quels ouvrages sont réunis dans le Corpus iuris civilis de Justinien ?

Le Codex, le Digeste, Tribonien et les Novelles
Le Codex, le Digeste, les Novelles et les constitutions théodosiennes
Le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles
Le Codex, le Digeste et les Novelles, sans les Institutes

Le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles

Explication

Le Corpus iuris civilis réunit quatre ouvrages : le Codex, le Digeste, les Institutes et les Novelles. Les constitutions théodosiennes sont extérieures à cet ensemble, Tribonien est une personne et non un ouvrage, et les Institutes en font bien partie.

47. Selon le mythe fondateur de Rome, quelle affirmation associe correctement sa date de fondation et son fondateur ?

Rome aurait été fondée en 1453 apr. J.-C. par Romulus, frère jumeau de Rémus.
Rome aurait été fondée en 753 av. J.-C. par Romulus, frère jumeau de Rémus.
Rome aurait été fondée en 476 apr. J.-C. par Romulus, frère jumeau de Rémus.
Rome aurait été fondée en 753 av. J.-C. par Rémus, frère jumeau de Romulus.

Rome aurait été fondée en 753 av. J.-C. par Romulus, frère jumeau de Rémus.

Explication

Le mythe situe la fondation de Rome en 753 av. J.-C. et l’attribue à Romulus, frère jumeau de Rémus. La date de 476 correspond à la chute de l’Empire romain d’Occident, celle de 1453 à la chute de l’Empire d’Orient, et l’attribution à Rémus inverse les rôles.

48. Dans une cité romaine en crise entre la plèbe et le patriciat, quelle étape juridique, élaborée entre 451 et 449 av. J.-C., répond à la demande de rendre les règles publiques ?

La dispensation publique de conseils juridiques par Tiberius Coruncanius.
L’élaboration et la publication de la loi des XII Tables.
La publication d’un ouvrage interprétant les règles des XII Tables.
La publication d’un calendrier judiciaire et de formules de procès.

L’élaboration et la publication de la loi des XII Tables.

Explication

Élaborée et publiée entre 451 et 449 av. J.-C. dans le contexte de la crise entre plèbe et patriciat, la loi des XII Tables répond à la revendication de règles écrites. Le calendrier et les formules renvoient à 304 av. J.-C., les conseils publics à Tiberius Coruncanius et l’ouvrage d’interprétation à 198 av. J.-C.

49. En 304 av. J.-C., quelle publication de Gnaeus Flavius, scribe d’Appius Claudius, aide les justiciables à connaître les moments et les formules d’un procès ?

Un ouvrage exposant l’interprétation des règles des XII Tables.
La loi des XII Tables gravée pour rendre les règles publiques.
Des conseils juridiques donnés en public sur les subtilités du droit.
Un calendrier judiciaire indiquant les jours fastes et des formules de procès.

Un calendrier judiciaire indiquant les jours fastes et des formules de procès.

Explication

En 304 av. J.-C., Gnaeus Flavius publie le calendrier judiciaire, qui indique les jours fastes et les formules à prononcer lors d’un procès. La loi des XII Tables relève d’une étape antérieure, les conseils publics sont associés à Tiberius Coruncanius, et l’ouvrage d’interprétation paraît en 198 av. J.-C.

50. À quelle école juridique romaine appartiennent Nerva et Celse, auquel est attribué l’adage définissant le droit comme l’art du bon et de l’équitable ?

À l’école de Labeon
À l’administration impériale
À l’école des Sabiniens
À l’école des Proculiens

À l’école des Proculiens

Explication

Nerva et Celse figurent parmi les juristes proculiens, et l’adage sur l’art du bon et de l’équitable est attribué à Celse. Les Sabiniens désignent l’école rivale, Labeon est associé à la fondation de l’école proculienne, et la bureaucratie impériale n’est pas une école juridique.

51. En 380, un gouverneur doit appliquer l’édit de Thessalonique pris par Théodose Ier : quelle règle religieuse cet édit établit-il ?

Le christianisme nicéen est reconnu, tandis que les cultes païens restent protégés comme religions officielles
Les cultes païens sont interdits dès 380 en même temps que le christianisme est officialisé
Le christianisme devient toléré, sans être établi comme religion officielle
Le christianisme nicéen devient la religion officielle, sans interdiction immédiate des cultes païens

Le christianisme nicéen devient la religion officielle, sans interdiction immédiate des cultes païens

Explication

L’édit de Thessalonique de 380 impose le christianisme nicéen comme religion officielle, tandis que les cultes païens font l’objet d’interdictions en 391-392. L’édit de tolérance renvoie à Constantin, l’interdiction des cultes païens est plus tardive, et la reconnaissance sans officialisation ne correspond pas à la mesure prise par Théodose Ier.

52. Une règle romaine exigeait déjà le consentement du pater familias au mariage des personnes soumises à sa puissance avant la christianisation. Quel changement juridique est attribuable à l’influence chrétienne ?

La création de l’exigence du consentement du pater familias, sans modifier le divorce
Un durcissement des règles du divorce et du mariage, sans créer cette exigence de consentement
Un assouplissement des règles du divorce et du mariage, tout en conservant cette exigence
La suppression du consentement familial et le maintien des règles antérieures du divorce

Un durcissement des règles du divorce et du mariage, sans créer cette exigence de consentement

Explication

L’influence chrétienne durcit les règles du divorce et du mariage, mais le consentement du pater familias était déjà requis avant la christianisation. Présenter ce consentement comme une création chrétienne confond l’ancien principe avec les changements ultérieurs; l’assouplissement et la suppression du consentement contredisent ces évolutions.

53. En examinant le plan du Codex de Justinien, quelle organisation un juriste devrait-il retrouver pour les constitutions qu’il contient ?

Douze livres divisés en titres chronologiques, avec un ordre thématique à l’intérieur de chaque titre
Douze livres divisés en titres thématiques, sans ordre chronologique à l’intérieur des titres
Douze livres divisés en titres thématiques, avec un ordre chronologique à l’intérieur de chaque titre
Cinquante livres divisés en titres thématiques, avec un ordre chronologique à l’intérieur de chaque titre

Douze livres divisés en titres thématiques, avec un ordre chronologique à l’intérieur de chaque titre

Explication

Le Codex comprend douze livres organisés en titres thématiques, où les constitutions sont classées chronologiquement. L’ordre chronologique par titres est inversé dans le distracteur qui le place au niveau des livres; les cinquante livres renvoient au Digeste; l’absence de chronologie omet le classement interne indiqué.

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Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur La science juridique romaine.

En quelles années les Empires romains d’Occident et d’Orient s’effondrent-ils respectivement ?

En 476 et en 1453.

Quelles traditions composent notamment la tradition juridique occidentale ?

La common law et la tradition romano-germanique.

Quels droits la tradition romano-germanique mêle-t-elle ?

Le droit romain et le droit germanique.

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