QCM : L’article 3 de la CEDH (9 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quel élément distingue notamment la torture des traitements cruels, inhumains ou dégradants ?

L’intention délibérée, associée à une gravité et à des souffrances d’une intensité particulières
L’humiliation ressentie par la personne, indépendamment de l’intention de l’auteur
La présence de souffrances physiques, même lorsque leur intensité reste limitée
La durée de la mesure, même en l’absence de souffrances psychiques ou physiques

L’intention délibérée, associée à une gravité et à des souffrances d’une intensité particulières

Explication

La torture se distingue par l’intensité des souffrances, le degré de gravité et l’intention délibérée. L’humiliation caractérise plutôt le traitement dégradant et ne suffit pas à elle seule à établir la torture.

2. Une mesure expose une personne à une humiliation, sans que des souffrances d’une certaine intensité soient établies. Quelle qualification correspond le mieux à cette caractéristique ?

Un traitement dégradant, caractérisé par l’humiliation de la personne
Un traitement cruel ou inhumain, défini par l’intensité des souffrances
Une atteinte sans lien avec les catégories de mauvais traitements
Un acte de torture, caractérisé par l’intention délibérée de l’auteur

Un traitement dégradant, caractérisé par l’humiliation de la personne

Explication

Le traitement dégradant se reconnaît à l’humiliation de la personne. L’intensité des souffrances est plutôt le critère mis en avant pour qualifier un traitement cruel ou inhumain.

3. Comment la portée des obligations imposées à l’État par l’article 3 de la CEDH a-t-elle évolué dans la jurisprudence ?

D’une obligation initiale de réparation vers une obligation exclusivement préventive
D’une obligation limitée aux rapports entre particuliers vers une obligation limitée aux rapports avec l’État
D’une obligation initiale d’abstention vers la reconnaissance d’obligations d’intervention
D’une obligation initiale d’intervention vers une simple obligation d’abstention

D’une obligation initiale d’abstention vers la reconnaissance d’obligations d’intervention

Explication

La protection a d’abord imposé à l’État de s’abstenir de certains actes, puis la jurisprudence a aussi reconnu des obligations d’intervention. L’obligation d’abstention ne signifie donc pas que l’État doit rester passif dans toutes les situations.

4. Une personne subit des mauvais traitements de la part d’un autre particulier, sans intervention directe de l’État. Les obligations liées à l’article 3 peuvent-elles concerner cette situation ?

Non, car elles concernent les rapports verticaux entre l’État et les particuliers
Oui, car elles peuvent aussi s’appliquer aux rapports horizontaux entre particuliers
Non, car elles sont limitées aux actes commis directement par des agents publics
Oui, mais uniquement lorsque les particuliers exercent une fonction juridictionnelle

Oui, car elles peuvent aussi s’appliquer aux rapports horizontaux entre particuliers

Explication

Les obligations liées à l’article 3 peuvent concerner les rapports horizontaux entre particuliers, en plus des rapports verticaux avec l’État. La situation ne doit donc pas nécessairement impliquer un acte direct d’un agent public.

5. Que désigne l’obligation positive substantielle de l’État au titre de l’article 3 de la CEDH ?

S’abstenir de toute intervention dans les relations entre particuliers
Ouvrir une enquête officielle après toute allégation, même sans fondement défendable
Prononcer des mesures provisoires dès qu’une violation passée est alléguée
Adapter notamment la législation pour protéger les personnes contre les atteintes à l’article 3

Adapter notamment la législation pour protéger les personnes contre les atteintes à l’article 3

Explication

Cette obligation consiste notamment à adapter la législation afin de protéger les personnes contre les atteintes à l’article 3. L’enquête officielle relève d’une obligation procédurale déclenchée par une allégation défendable, et non de la définition de l’obligation substantielle.

6. Quel protocole vise l’abolition complète de la peine de mort ?

Le Protocole no 6, qui prévoit une exception en temps de guerre
Le Protocole no 13
L’article 3 de la CEDH, qui abolit la peine de mort
Le Protocole no 6, qui prévoit l’abolition complète sans exception

Le Protocole no 13

Explication

Le Protocole no 13 vise l’abolition complète de la peine de mort. Le Protocole no 6 prévoit une abolition assortie d’une exception en temps de guerre.

7. Quelle est la fonction principale du Comité européen pour la prévention de la torture ?

Contrôler les lieux de détention au moyen de visites périodiques afin de prévenir les mauvais traitements
Établir une définition juridique commune de la torture pour les États européens
Juger les agents publics accusés d’actes de torture dans les établissements pénitentiaires
Accorder des réparations aux personnes détenues après la constatation de mauvais traitements

Contrôler les lieux de détention au moyen de visites périodiques afin de prévenir les mauvais traitements

Explication

Le Comité exerce une fonction préventive en visitant périodiquement les lieux de détention pour en contrôler les conditions. Il formule des recommandations plutôt que de juger les agents ou d’accorder des réparations.

8. En quoi la torture se distingue-t-elle d’un traitement cruel ou inhumain au regard du seuil de gravité ?

Elle se définit par une atteinte à la dignité, tandis que le degré de souffrance n’est pas pris en compte.
Elle repose sur une souffrance d’une certaine intensité, sans que l’intention de l’auteur soit pertinente.
Elle suppose des souffrances d’une intensité accrue, une intention délibérée et une gravité supérieure.
Elle se caractérise par l’humiliation de la personne, même sans souffrance physique ou psychique importante.

Elle suppose des souffrances d’une intensité accrue, une intention délibérée et une gravité supérieure.

Explication

La torture se distingue des traitements cruels ou inhumains et dégradants par l’intensité des souffrances psychiques, l’intention délibérée et le degré de gravité. L’humiliation caractérise plutôt le traitement dégradant et ne suffit pas, à elle seule, à établir la torture.

9. Quel effet la jurisprudence a-t-elle produit sur la portée des obligations étatiques découlant de l’article 3 de la CEDH ?

Elle a remplacé l’obligation d’abstention par une obligation d’indemnisation.
Elle a ajouté des obligations d’intervention à l’obligation initiale d’abstention.
Elle a supprimé les obligations étatiques lorsque les violences sont reconnues comme torture.
Elle a limité l’obligation d’abstention aux rapports entre particuliers.

Elle a ajouté des obligations d’intervention à l’obligation initiale d’abstention.

Explication

La jurisprudence a élargi la protection juridictionnelle en reconnaissant, au-delà de l’obligation initiale de s’abstenir, des obligations d’intervention. L’obligation d’abstention n’a pas été remplacée par une obligation d’indemnisation.

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Quelles caractéristiques distinguent la torture des traitements cruels, inhumains ou dégradants ?

L’intensité des souffrances psychiques, l’intention délibérée et le degré de gravité.

Quel degré de souffrance caractérise un traitement cruel ou inhumain ?

Des souffrances mentales ou physiques d’une certaine intensité.

Quelle évolution la CEDH reconnaît-elle dans l’affaire Selmouni c. France ?

La reconnaissance des actes de torture et de violences évolue.

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