QCM : Les conflits de normes en droit (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans quelle situation y a-t-il un conflit de normes lié à l’objet des règles ?

Lorsque deux règles couvrent la même situation, mais lui apportent des réponses différentes
Lorsque deux règles traitent de sujets différents, mais ont été adoptées au même moment
Lorsque deux règles couvrent des situations distinctes et proposent la même réponse
Lorsque deux règles ont le même rang, même si elles portent sur des lieux différents

Lorsque deux règles couvrent la même situation, mais lui apportent des réponses différentes

Explication

Le conflit apparaît lorsque la même situation relève du champ de deux règles qui donnent des réponses différentes. Si les règles portent sur des situations distinctes, leur application ne crée pas ce type de conflit.

2. Avant de choisir une règle pour résoudre un cas, quelle démarche permet de vérifier si elle s’applique ?

Vérifier si la règle prévoit une dérogation à une règle de rang inférieur
Comparer le rang de la règle avec celui des autres règles en présence
Retenir la règle la plus récente sans examiner les faits du cas
Qualifier les faits afin de déterminer s’ils entrent dans l’objet de la règle

Qualifier les faits afin de déterminer s’ils entrent dans l’objet de la règle

Explication

La qualification des faits permet de vérifier s’ils correspondent à l’objet de la règle et donc si celle-ci peut s’appliquer. Comparer le rang des règles relève plutôt de la résolution d’un conflit hiérarchique.

3. Une règle inférieure contredit une règle supérieure : laquelle doit gouverner la situation ?

Les deux règles s’appliquent conjointement, même si leurs réponses divergent
La règle supérieure prévaut, et la règle inférieure peut être écartée
La règle inférieure prévaut, et la règle supérieure reste sans effet
La règle adoptée le plus récemment prévaut, quel que soit son rang

La règle supérieure prévaut, et la règle inférieure peut être écartée

Explication

Dans un conflit entre normes de niveaux différents, la norme supérieure prévaut et la norme inférieure ne doit pas être appliquée. La date d’adoption ne renverse pas, à elle seule, la hiérarchie des normes.

4. Quel contrôle le Conseil constitutionnel exerce-t-il sur les lois ?

Il contrôle leur constitutionnalité avant promulgation et peut aussi l’examiner a posteriori par une question prioritaire de constitutionnalité
Il contrôle leur constitutionnalité avant promulgation, sans voie de contrôle après leur entrée en vigueur
Il contrôle leur légalité après promulgation, mais ne peut pas examiner leur constitutionnalité
Il contrôle leur conformité aux actes administratifs par voie d’action et par voie d’exception

Il contrôle leur constitutionnalité avant promulgation et peut aussi l’examiner a posteriori par une question prioritaire de constitutionnalité

Explication

Le Conseil constitutionnel exerce un contrôle de constitutionnalité a priori et peut aussi intervenir a posteriori par la question prioritaire de constitutionnalité. Le contrôle de légalité des actes administratifs concerne un autre type de norme.

5. Une règle générale et une règle spécifique de même niveau donnent des réponses différentes à un cas couvert par les deux : laquelle s’applique ?

Les deux règles s’appliquent simultanément sans qu’une dérogation soit possible
La règle spécifique déroge à la règle générale pour le cas qu’elle vise
La règle adoptée en dernier l’emporte, même si elle traite le cas plus généralement
La règle générale l’emporte parce qu’elle a un champ d’application plus large

La règle spécifique déroge à la règle générale pour le cas qu’elle vise

Explication

Entre normes non hiérarchisées, la règle spécifique déroge à la règle générale selon la maxime speciala generalibus derogant. Un champ plus large ne donne pas à la règle générale priorité sur la règle qui vise spécifiquement le cas.

6. Comment faut-il interpréter une règle qui déroge à une règle de principe ?

En donnant à la règle de principe une portée limitée aux cas exceptionnels
De manière stricte, en limitant sa portée aux cas qu’elle prévoit
De manière extensive, afin de l’appliquer à des situations voisines
En appliquant les deux règles de façon identique à toutes les situations

De manière stricte, en limitant sa portée aux cas qu’elle prévoit

Explication

Une règle d’exception s’interprète strictement par rapport à la règle de principe. Une interprétation extensive risquerait d’élargir la dérogation au-delà des cas qu’elle prévoit.

7. Selon l’article 2224 du Code civil, à partir de quand se calcule le délai de prescription des actions personnelles ou mobilières ?

À partir du jour où le titulaire cesse toute démarche pour faire reconnaître son droit
À partir du jour où la règle de prescription applicable est entrée en vigueur
À partir du jour où le dommage corporel est consolidé, qu’il soit initial ou aggravé
À partir du jour où le titulaire connaît ou aurait dû connaître les faits permettant d’exercer son droit

À partir du jour où le titulaire connaît ou aurait dû connaître les faits permettant d’exercer son droit

Explication

Pour les actions personnelles ou mobilières, le délai de cinq ans commence lorsque le titulaire connaît ou aurait dû connaître les faits permettant d’exercer son droit. La consolidation du dommage corporel est le point de départ prévu par une règle particulière distincte.

8. Une personne agit en responsabilité pour un dommage corporel : selon l’article 2226 du Code civil, quel événement marque le départ du délai de prescription ?

La connaissance des faits permettant d’agir, pour un délai de cinq ans
La date de la première démarche du titulaire, pour un délai de dix ans
La date de survenance du dommage, pour un délai de cinq ans
La consolidation du dommage initial ou aggravé, pour un délai de dix ans

La consolidation du dommage initial ou aggravé, pour un délai de dix ans

Explication

L’action en responsabilité pour dommage corporel se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage initial ou aggravé. La connaissance des faits permettant d’exercer un droit correspond au point de départ prévu pour les actions personnelles ou mobilières.

9. Quelle branche du droit français traite des conflits de lois et de juridictions dans les situations internationales ?

Le droit constitutionnel
Le droit judiciaire privé
Le droit international public
Le droit international privé

Le droit international privé

Explication

Le droit international privé traite des conflits de lois et de juridictions liés aux situations internationales. Le droit international public concerne principalement les rapports entre sujets de droit international, et non cette branche de conflits privés.

10. Dans un litige international, quelle distinction oppose le conflit de lois au conflit de juridictions ?

Le premier désigne le juge compétent, le second le droit applicable.
Le premier détermine la validité du jugement, le second son exécution.
Le premier désigne le droit applicable, le second le juge compétent.
Le premier détermine la nationalité des parties, le second leur domicile.

Le premier désigne le droit applicable, le second le juge compétent.

Explication

Le conflit de lois sert à déterminer le droit applicable à la situation, tandis que le conflit de juridictions sert à identifier le juge compétent. Inverser ces deux fonctions confond la règle applicable avec l’autorité appelée à statuer.

11. Un Français commet un délit à l’étranger, et les faits sont punis à la fois par la loi française et par celle du pays de commission : quelle règle s’applique selon l’article 113-6 du Code pénal ?

La loi pénale française s’applique sans tenir compte de la loi du pays de commission.
La loi pénale française peut s’appliquer, car la double incrimination est satisfaite.
La loi pénale française ne s’applique que si les faits constituent un crime.
La loi pénale française s’applique à la condition que la victime soit française.

La loi pénale française peut s’appliquer, car la double incrimination est satisfaite.

Explication

Pour un délit commis à l’étranger par un Français, l’article 113-6 exige que les faits soient punis par la loi du pays de commission, condition satisfaite ici. La nationalité française de la victime ne remplace pas cette exigence de double incrimination.

12. Quelle affirmation décrit correctement la promulgation et le caractère exécutoire des décrets ?

La promulgation par décret présidentiel rend les lois exécutoires, tandis que les décrets sont exécutoires par nature.
La publication rend les lois exécutoires, tandis que les décrets nécessitent une promulgation présidentielle.
La promulgation par décret présidentiel rend les décrets exécutoires, tandis que les lois le sont par nature.
La promulgation par le Parlement rend les lois exécutoires, tandis que les décrets nécessitent une publication.

La promulgation par décret présidentiel rend les lois exécutoires, tandis que les décrets sont exécutoires par nature.

Explication

La promulgation, qui prend la forme d’un décret du président de la République, est nécessaire pour rendre les lois exécutoires, alors que les décrets sont exécutoires par nature. La publication intervient dans les règles d’entrée en vigueur, mais ne remplace pas la promulgation requise pour les lois.

13. Une loi publiée au Journal officiel ne fixe aucune date d’entrée en vigueur : à quelle date entre-t-elle en vigueur selon l’article 1er du Code civil ?

À la date de sa promulgation.
Le lendemain de sa publication.
À la date du premier décret d’application.
Le jour même de sa publication.

Le lendemain de sa publication.

Explication

À défaut de date fixée par le texte, une loi publiée au Journal officiel entre en vigueur le lendemain de sa publication. La date de promulgation ne remplace pas cette règle de calcul de l’entrée en vigueur.

14. Quel principe exprime l’article 2 du Code civil à propos de l’effet de la loi dans le temps ?

La loi régit les effets futurs et annule les situations passées.
La loi vaut pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif.
La loi nouvelle s’applique aux faits anciens dès sa publication.
La loi s’applique aux situations passées si elles produisent encore des effets.

La loi vaut pour l’avenir et n’a pas d’effet rétroactif.

Explication

L’article 2 du Code civil pose que la loi ne vaut que pour l’avenir et qu’elle n’a pas d’effet rétroactif. L’application immédiate aux effets futurs d’une situation ne signifie pas que la loi nouvelle annule les situations déjà réalisées.

15. Laquelle de ces situations correspond à un droit acquis ?

Un droit définitivement réalisé sous l’ancienne loi, que la loi nouvelle ne peut remettre en cause.
Une faculté prévue par la loi nouvelle, applicable à une situation future.
Une possibilité encore ouverte à une personne, susceptible de se réaliser ultérieurement.
Un avantage espéré sous l’ancienne loi, mais soumis à une décision future.

Un droit définitivement réalisé sous l’ancienne loi, que la loi nouvelle ne peut remettre en cause.

Explication

Un droit acquis est une situation définitivement réalisée sous l’empire de l’ancienne loi et qui ne peut être remise en cause par une loi postérieure. Une possibilité encore ouverte relève d’une expectative, et non d’un droit déjà acquis.

16. Selon l’article 112-1 du Code pénal, une personne est poursuivie pour un fait qui n’était pas une infraction lorsqu’il a été commis : quelle règle s’applique ?

Le fait n’est pas punissable, car seules les infractions existant à la date des faits peuvent être sanctionnées.
Le fait est punissable si une loi postérieure le qualifie d’infraction avant le jugement.
Le fait est punissable si une loi postérieure prévoit une sanction moins sévère.
Le fait est punissable si la peine prononcée existait au moment du jugement.

Le fait n’est pas punissable, car seules les infractions existant à la date des faits peuvent être sanctionnées.

Explication

L’article 112-1 prévoit que seuls les faits constitutifs d’une infraction à la date où ils sont commis peuvent être punis. Une qualification pénale créée après les faits ne permet donc pas de sanctionner rétroactivement le comportement.

17. Quelle proposition décrit le principe de non-rétroactivité en matière pénale et son exception favorable ?

Il a valeur constitutionnelle, et une loi pénale plus sévère peut rétroagir.
Il a valeur législative, et une loi pénale plus sévère peut rétroagir.
Il a valeur constitutionnelle, mais une loi pénale plus douce peut rétroagir.
Il a valeur réglementaire, mais une loi pénale plus douce peut rétroagir.

Il a valeur constitutionnelle, mais une loi pénale plus douce peut rétroagir.

Explication

En matière pénale, la non-rétroactivité a valeur constitutionnelle en vertu de l’article 8 de la DDHC, tandis que les lois pénales plus douces peuvent rétroagir. L’exception favorable ne permet pas d’appliquer rétroactivement une loi pénale plus sévère.

18. Selon la théorie de Paul Roubier, quelle règle s’applique en principe à une situation légale en cours lorsqu’aucune disposition transitoire contraire n’est prévue ?

La loi ancienne continue de régir la situation jusqu’à son extinction.
La loi nouvelle s’applique immédiatement à la situation légale.
La loi applicable est celle en vigueur lors de la naissance de la situation.
Le juge choisit entre la loi ancienne et la loi nouvelle selon l’équité.

La loi nouvelle s’applique immédiatement à la situation légale.

Explication

Pour Paul Roubier, la loi nouvelle régit immédiatement les situations légales, sous réserve d’une disposition transitoire contraire. La loi de conclusion concerne en principe les contrats, et non les situations légales.

19. Un contrat a été conclu avant l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle. En principe, quelle loi régit les droits et obligations des parties ?

La loi choisie par le juge selon la partie qui invoque le contrat.
La loi en vigueur au moment où le contrat est exécuté.
La loi en vigueur à la date de conclusion du contrat.
La loi nouvelle dès qu’elle entre en vigueur, comme pour une situation légale.

La loi en vigueur à la date de conclusion du contrat.

Explication

En principe, les droits et obligations contractuels restent soumis à la loi en vigueur lors de la conclusion du contrat. L’application immédiate de la loi nouvelle caractérise plutôt les situations légales.

20. Une loi nouvelle allonge un délai de prescription qui n’est pas encore expiré. Comment ce délai est-il pris en compte ?

L’ancien délai continue de courir jusqu’à son terme initial.
Le nouveau délai s’applique en tenant compte du temps déjà écoulé.
Le délai est suspendu jusqu’à ce que le juge fixe une nouvelle échéance.
Le nouveau délai recommence intégralement à courir à l’entrée en vigueur de la loi.

Le nouveau délai s’applique en tenant compte du temps déjà écoulé.

Explication

L’allongement s’applique au délai non expiré en tenant compte du temps déjà écoulé. Un délai déjà expiré n’est pas modifié, mais cette règle ne signifie pas que tout délai non expiré recommence à zéro.

21. Une loi nouvelle réduit un délai de forclusion encore en cours. À partir de quand le nouveau délai court-il, et quelle limite s’applique à sa durée totale ?

Il court après l’expiration de l’ancien délai, selon la durée fixée par le juge.
Il court dès l’entrée en vigueur de la loi, sans dépasser la durée totale prévue par l’ancienne loi.
Il court à partir de la conclusion de l’acte, sans dépasser la durée prévue par la nouvelle loi.
Il court à partir de la première échéance prévue par l’ancienne loi, sans limite de durée totale.

Il court dès l’entrée en vigueur de la loi, sans dépasser la durée totale prévue par l’ancienne loi.

Explication

En cas de réduction, le nouveau délai court à compter de l’entrée en vigueur de la loi nouvelle, et sa durée totale ne peut dépasser celle prévue par la loi ancienne. Le calcul ne repart donc pas de la conclusion de l’acte.

22. Quand y a-t-il revirement de jurisprudence ?

Lorsque les parties à un litige s’accordent sur une nouvelle lecture d’un texte.
Lorsque le Conseil d’État confirme une interprétation déjà retenue par la Cour de cassation.
Lorsque le législateur modifie le texte interprété par les tribunaux.
Lorsque la Cour de cassation modifie l’interprétation des textes qu’elle retenait jusque-là.

Lorsque la Cour de cassation modifie l’interprétation des textes qu’elle retenait jusque-là.

Explication

Un revirement se produit lorsque la Cour de cassation change son interprétation antérieure des textes. Une modification législative change la règle écrite, et ne constitue pas en elle-même un revirement jurisprudentiel.

23. Une application immédiate d’un revirement priverait un justiciable d’accès au juge. Quel motif peut justifier une modulation de ses effets dans le temps ?

La préférence pour l’application rétroactive de la loi nouvelle au litige.
La protection du procès équitable et de la sécurité juridique.
La volonté d’éviter toute évolution de la jurisprudence en matière civile.
La nécessité de préserver l’interprétation retenue lors de la conclusion du contrat.

La protection du procès équitable et de la sécurité juridique.

Explication

La modulation peut être nécessaire pour protéger le droit à un procès équitable garanti par l’article 6, alinéa 1, de la CEDH et la sécurité juridique. Préserver toute interprétation antérieure empêcherait les revirements, alors que les juges peuvent faire évoluer leur jurisprudence.

24. La Cour de cassation ou le Conseil d’État peut-il différer l’application d’un revirement qui compromet l’accès au juge ?

Non, car tout revirement doit s’appliquer immédiatement aux instances en cours.
Oui, mais seulement lorsque les parties ont consenti à cette différenciation.
Oui, sauf si un impératif d’intérêt général justifie cette atteinte.
Non, car le différé d’application est réservé aux changements législatifs.

Oui, sauf si un impératif d’intérêt général justifie cette atteinte.

Explication

Les deux juridictions acceptent de différer un revirement lorsque son application immédiate porte atteinte aux modalités d’accès au juge, sauf impératif d’intérêt général justifiant cette atteinte. L’application immédiate n’est donc pas une exigence sans exception.

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Quand apparaît un conflit de normes ?

Lorsqu’une situation relève de deux règles qui apportent des réponses différentes.

Comment déterminer la règle applicable à une situation ?

En qualifiant les faits pour vérifier s’ils entrent dans l’objet de la règle.

Quelle norme prévaut lorsque deux normes de niveaux hiérarchiques différents se contredisent ?

La norme supérieure.

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