QCM : Les quasi-contrats — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit le mieux un quasi-contrat ?

Un fait volontaire faisant naître un engagement pour celui qui en profite sans droit
Une décision judiciaire imposant une obligation en l’absence de tout comportement volontaire
Un accord de volontés créant des obligations réciproques entre deux contractants
Un acte illicite entraînant automatiquement la réparation intégrale d’un dommage

Un fait volontaire faisant naître un engagement pour celui qui en profite sans droit

Explication

Le quasi-contrat repose sur un fait purement volontaire qui crée notamment un engagement à la charge de celui qui en profite sans y avoir droit. Il ne s’agit donc ni d’un contrat fondé sur un accord, ni nécessairement d’un acte illicite.

2. Quelle évolution la réforme du droit des obligations de 2016 a-t-elle apportée aux quasi-contrats ?

Elle a codifié une définition générale et trois illustrations aux articles 1300 à 1303-4
Elle a supprimé la gestion d’affaires et la répétition de l’indu du Code civil
Elle a maintenu une création exclusivement jurisprudentielle des quasi-contrats
Elle a limité les quasi-contrats à la seule répétition d’un paiement indu

Elle a codifié une définition générale et trois illustrations aux articles 1300 à 1303-4

Explication

La réforme de 2016 a intégré dans le Code civil une définition générale et trois illustrations des quasi-contrats. Avant cette réforme, la jurisprudence contribuait davantage à construire cette catégorie, qui n’était pas ainsi codifiée.

3. Quelle situation correspond à une gestion d’affaires ?

Une personne agit dans son propre intérêt après avoir reçu l’accord préalable d’autrui
Une personne accomplit spontanément un acte utile dans l’intérêt d’autrui sans mandat exprès
Une personne exécute une mission précisément définie dans un contrat de mandat
Une personne réalise un acte inutile pour autrui en vertu d’une opposition clairement exprimée

Une personne accomplit spontanément un acte utile dans l’intérêt d’autrui sans mandat exprès

Explication

La gestion d’affaires suppose une intervention spontanée dans l’intérêt du maître de l’affaire, sans avoir été expressément chargé par lui. Un mandat exprès constitue au contraire un contrat qui explique l’intervention par un accord préalable.

4. Laquelle de ces situations réunit les conditions essentielles de la gestion d’affaires ?

Le gérant intervient spontanément, sans contrat, dans une affaire d’autrui, sans opposition et pour un acte utile
Le gérant agit spontanément dans sa propre affaire, sans contrat, après une opposition expresse du propriétaire
Le gérant intervient sans contrat dans l’affaire d’autrui, mais après le consentement préalable du maître
Le gérant intervient sur mandat, malgré l’opposition du maître, pour accomplir un acte utile à ses propres intérêts

Le gérant intervient spontanément, sans contrat, dans une affaire d’autrui, sans opposition et pour un acte utile

Explication

Les quatre conditions comprennent la spontanéité, la gestion effective d’une affaire d’autrui sans contrat, l’absence de consentement ou d’opposition expresse et l’utilité de l’acte au moment où il est accompli. Un mandat, une opposition ou une intervention dans sa propre affaire fait défaut à ces exigences.

5. Jusqu’à quel moment le gérant doit-il poursuivre une gestion d’affaires commencée ?

Jusqu’à ce que le gérant obtienne une rémunération fixée par le maître de l’affaire
Jusqu’à ce qu’un juge autorise formellement l’arrêt de toute intervention
Jusqu’à ce que le maître de l’affaire soit en mesure de prendre lui-même la suite
Jusqu’à ce que les tiers concernés renoncent à réclamer l’exécution de l’acte

Jusqu’à ce que le maître de l’affaire soit en mesure de prendre lui-même la suite

Explication

Le gérant doit continuer la gestion jusqu’au moment où le maître peut reprendre la conduite de son affaire. Cette obligation s’accompagne d’un devoir de rendre compte comme un mandataire et d’agir avec les soins d’une personne raisonnable.

6. Quelle obligation pèse sur le maître de l’affaire lorsque la gestion d’affaires est établie ?

Il rembourse les dépenses du gérant mais laisse à sa charge les dommages subis pendant la gestion
Il verse au gérant une rémunération commerciale indépendante des dépenses engagées
Il indemnise les dépenses et dommages du gérant sans lui assurer un profit ni lui imposer une perte
Il garantit au gérant un bénéfice déterminé en plus du remboursement de toutes ses dépenses

Il indemnise les dépenses et dommages du gérant sans lui assurer un profit ni lui imposer une perte

Explication

Le maître doit replacer le gérant dans une situation sans perte en indemnisant ses dépenses et ses dommages, sans lui procurer de profit. La gestion d’affaires ne transforme donc pas l’intervention en activité rémunérée avec bénéfice garanti.

7. Qui est contractuellement tenu envers les tiers lorsque le gérant n’a pas déclaré agir au nom et pour le compte du maître de l’affaire ?

Le gérant, qui reste personnellement tenu envers les tiers tandis que le maître doit l’indemniser
Le tiers bénéficiaire, qui doit garantir le paiement des engagements pris au cours de la gestion
Le maître de l’affaire, qui devient directement tenu envers les tiers malgré l’absence de représentation déclarée
Le juge, qui substitue automatiquement sa responsabilité à celle du gérant envers les tiers

Le gérant, qui reste personnellement tenu envers les tiers tandis que le maître doit l’indemniser

Explication

Lorsque le gérant ne se présente pas comme représentant, il est personnellement tenu envers les tiers, tandis que le maître doit l’indemniser. La responsabilité directe du maître envers les tiers correspond à l’hypothèse où le gérant a déclaré agir en son nom et pour son compte.

8. Quelle situation caractérise un paiement de l’indu ouvrant droit à restitution ?

Le paiement d’une obligation envers le créancier désigné
Le paiement d’une dette valable à son échéance contractuelle
Le paiement d’une somme prévu par une décision judiciaire
Le paiement d’une somme sans dette correspondante due au bénéficiaire

Le paiement d’une somme sans dette correspondante due au bénéficiaire

Explication

Le paiement de l’indu consiste à fournir une prestation alors qu’aucune dette correspondante n’est due au bénéficiaire, ce qui justifie la restitution. Le paiement d’une dette valable constitue au contraire l’exécution normale d’une obligation.

9. Une dette existe, mais elle est réglée par une personne qui n’en est pas débitrice : de quel type d’indu s’agit-il ?

D’un paiement valable effectué par le créancier lui-même
D’un indu objectif lié à l’absence de dette
D’un indu juridique lié à l’inexistence de l’obligation
D’un indu subjectif lié à l’identité du débiteur

D’un indu subjectif lié à l’identité du débiteur

Explication

L’indu subjectif concerne une dette existante payée par le mauvais débiteur ou au mauvais créancier. L’indu objectif suppose, quant à lui, l’absence totale ou partielle de dette.

10. Depuis l’arrêt du 2 avril 1993, dans quelle situation l’erreur du payeur reste-t-elle exigée ?

Lorsqu’il paie la dette d’une autre personne
Lorsqu’il verse une somme au mauvais créancier
Lorsqu’il exécute une obligation déjà prescrite
Lorsqu’il paie une dette inexistante en totalité

Lorsqu’il paie la dette d’une autre personne

Explication

L’erreur demeure exigée pour le paiement de la dette d’autrui. Elle n’est pas requise pour l’indu objectif ni pour le paiement effectué à autrui.

11. Quelle obligation incombe à l’accipiens de mauvaise foi qui a reçu un paiement indu ?

Restituer la chose sans tenir compte des revenus produits
Verser une indemnité forfaitaire à compter du jugement
Restituer la chose, les intérêts et les fruits depuis le paiement
Restituer la chose et les intérêts à compter de la demande

Restituer la chose, les intérêts et les fruits depuis le paiement

Explication

L’accipiens de mauvaise foi doit restituer les intérêts et les fruits produits depuis le paiement indu, en plus de la chose reçue. L’accipiens de bonne foi ne doit ces produits qu’à compter de la demande.

12. Quelle condition distingue l’enrichissement injustifié d’un enrichissement fondé sur un contrat ou sur la loi ?

L’absence de justification juridique de l’enrichissement
La conformité de l’avantage reçu à un titre juridique
L’existence d’un accord conclu entre les parties
La présence d’une obligation légale de paiement

L’absence de justification juridique de l’enrichissement

Explication

L’enrichissement injustifié sanctionne un enrichissement obtenu au détriment d’autrui sans justification juridique. Un avantage fondé sur un contrat ou sur la loi repose au contraire sur un titre valable.

13. Quelles conditions doivent être réunies pour exercer l’action fondée sur l’enrichissement injustifié ?

Une dette exigible, une erreur du payeur, un préjudice et une fraude
Un enrichissement, une intention de nuire, une faute lourde et un dommage
Une faute, un dommage corporel, un contrat valable et une mise en demeure
Un enrichissement, un appauvrissement corrélatif, un lien causal et l’absence de titre

Un enrichissement, un appauvrissement corrélatif, un lien causal et l’absence de titre

Explication

L’action requiert un enrichissement, un appauvrissement correspondant, un lien de causalité et l’absence de justification juridique. Une faute ou une intention de nuire ne figure pas parmi ces conditions cumulatives.

14. Après la réforme, quel effet la faute de l’appauvri peut-elle avoir sur l’action en enrichissement injustifié ?

Elle permet au juge de modérer l’indemnisation sans exclure l’action
Elle impose au juge d’accorder une indemnisation intégrale
Elle transforme l’action en responsabilité contractuelle
Elle prive automatiquement la victime de toute indemnisation

Elle permet au juge de modérer l’indemnisation sans exclure l’action

Explication

La faute de l’appauvri n’exclut plus l’action, mais l’article 1303-2, alinéa 2, autorise le juge à modérer l’indemnisation. Elle ne conduit donc ni à une exclusion automatique ni à une réparation nécessairement intégrale.

15. Dans quel cas l’action de in rem verso peut-elle être ouverte malgré l’existence d’une autre action potentielle ?

Lorsque l’autre action est simplement plus avantageuse financièrement
Lorsque l’autre action repose sur un titre juridique pleinement valable
Lorsque l’autre action rencontre un obstacle matériel
Lorsque le demandeur préfère éviter une action contractuelle

Lorsque l’autre action rencontre un obstacle matériel

Explication

L’action de in rem verso est subsidiaire et reste fermée lorsqu’une autre action existe ou se heurte à un obstacle de droit. Elle peut toutefois être ouverte lorsque l’obstacle rencontré est seulement matériel.

16. Quelle décision a consacré le quasi-contrat fondé sur l’illusion d’un gain dans les loteries publicitaires ?

Un arrêt de la chambre civile du 17 février 2010
Deux arrêts de la chambre mixte du 6 septembre 2002
La réforme législative des quasi-contrats de 2016
Un arrêt de la chambre mixte du 2 avril 1993

Deux arrêts de la chambre mixte du 6 septembre 2002

Explication

La Cour de cassation a consacré ce quasi-contrat par deux arrêts de la chambre mixte du 6 septembre 2002. La réforme de 2016 concerne les quasi-contrats codifiés et n’est pas l’acte jurisprudentiel de consécration.

17. Quelle combinaison décrit les conditions du quasi-contrat né d’une loterie publicitaire ?

Une illusion de gain, un aléa mal signalé et une croyance légitime
Une promesse ferme, un contrat signé et une remise effective du prix
Une erreur du destinataire, une dette existante et un paiement indu
Un dommage certain, une faute commerciale et une mise en demeure

Une illusion de gain, un aléa mal signalé et une croyance légitime

Explication

Le mécanisme suppose une illusion de gain, l’absence de mention claire de l’aléa et la croyance légitime du destinataire dans le gain annoncé. Un contrat signé ou un paiement indu relèvent d’autres mécanismes juridiques.

18. Que peut obtenir le destinataire d’une loterie publicitaire lorsque les conditions du quasi-contrat sont réunies ?

Une fraction du gain correspondant à sa probabilité de succès
Des dommages-intérêts évalués selon sa déception
Le remboursement des seuls frais engagés
La totalité du gain annoncé

La totalité du gain annoncé

Explication

La Cour de cassation a admis que le destinataire puisse réclamer la totalité du gain annoncé. La réparation ne se limite donc pas à de simples dommages-intérêts ni à une fraction calculée selon une probabilité.

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Que sont les quasi-contrats en droit civil ?

Ce sont des faits purement volontaires générant un engagement sans droit.

Que traitait le Code civil de 1804 concernant les quasi-contrats ?

Il traitait seulement de la gestion d’affaires et de la répétition de l’indu.

Quelle théorie générale manquait au Code civil de 1804 ?

Une théorie générale des quasi-contrats.

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