QCM : Libertés et droits fondamentaux — 69 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit les droits et libertés fondamentaux dans l’approche doctrinale française ?

Ce sont des droits énumérés de manière exhaustive dans un code constitutionnel unique
Ce sont des libertés reconnues par la jurisprudence sans bénéficier d’une protection constitutionnelle
Ce sont des droits protégés au niveau constitutionnel sans liste française limitative
Ce sont des droits accordés par l’administration dans un cadre principalement réglementaire

Ce sont des droits protégés au niveau constitutionnel sans liste française limitative

Explication

L’expression désigne des droits protégés constitutionnellement, sans que la France en ait établi une liste limitative. La protection administrative ou jurisprudentielle peut exister, mais elle ne correspond pas à cette définition doctrinale.

2. Quel critère distingue principalement l’approche substantialiste de l’approche normativiste des droits fondamentaux ?

La première retient la volonté individuelle, la seconde les effets économiques du droit
La première privilégie le contrôle administratif, la seconde le contrôle exercé par les tribunaux
La première examine le contenu et la valeur du droit, la seconde sa consécration normative
La première examine l’origine historique du droit, la seconde son titulaire juridique

La première examine le contenu et la valeur du droit, la seconde sa consécration normative

Explication

L’approche substantialiste se fonde sur la substance et la valeur du droit, tandis que l’approche normativiste se concentre sur son statut et les normes qui le consacrent. L’origine historique ne constitue pas le critère central de cette distinction.

3. Quelle différence caractérise principalement les libertés publiques et les droits et libertés fondamentaux ?

Les premières reposent sur des normes internationales, les seconds sont dépourvus de mécanisme juridictionnel de protection
Les premières concernent surtout l’administration et la légalité, les seconds relèvent aussi de la constitutionnalité et des rapports entre particuliers
Les premières produisent un effet entre particuliers, les seconds concernent principalement les relations avec l’administration
Les premières sont protégées par la Constitution, les seconds dépendent principalement de décisions administratives individuelles

Les premières concernent surtout l’administration et la légalité, les seconds relèvent aussi de la constitutionnalité et des rapports entre particuliers

Explication

Les libertés publiques sont surtout liées au rapport administration-citoyen et au contrôle de légalité, tandis que les droits fondamentaux bénéficient du contrôle de constitutionnalité et peuvent produire un effet horizontal. La confusion consiste à inverser les niveaux de protection et les domaines d’application.

4. Quelle situation illustre un droit-créance plutôt qu’un droit-autonomie ?

Une personne exprime une opinion politique sans intervention préalable de l’État
Une personne demande à l’État de lui fournir une prestation sociale prévue par la loi
Une personne crée une association afin d’organiser librement une activité collective
Une personne choisit sa religion en se tenant à distance de toute autorité publique

Une personne demande à l’État de lui fournir une prestation sociale prévue par la loi

Explication

Le droit-créance donne droit à une prestation attendue de l’autorité publique, comme une prestation sociale. Les autres situations décrivent des possibilités d’agir ou de s’émanciper qui relèvent des droits-autonomie.

5. Quel enchaînement rend compte de la construction historique des droits et libertés fondamentaux ?

Fondements antiques, christianisme, limitations médiévales, droit naturel moderne, déclarations révolutionnaires, puis renforcement après 1945
Déclarations révolutionnaires, fondements antiques, droit naturel moderne, christianisme, puis protection internationale avant le Moyen Âge
Limitations médiévales, droit naturel moderne, fondements antiques, déclarations révolutionnaires, puis christianisme et protection internationale
Christianisme, déclarations révolutionnaires, limitations médiévales, fondements antiques, puis droit naturel moderne après 1945

Fondements antiques, christianisme, limitations médiévales, droit naturel moderne, déclarations révolutionnaires, puis renforcement après 1945

Explication

La construction historique suit une progression allant des fondements antiques au renforcement de la protection après la Seconde Guerre mondiale, en passant par le christianisme, le Moyen Âge, le droit naturel et les déclarations révolutionnaires. Les autres séquences déplacent plusieurs étapes essentielles.

6. Quelle affirmation décrit correctement la Magna Carta Libertatum de 1215 ?

Imposée par l’Église, elle organise la répression des dissidences au moyen d’une procédure inquisitoriale
Adoptée par une assemblée révolutionnaire, elle proclame l’égalité politique des citoyens devant la loi
Rédigée par une juridiction internationale, elle établit un recours individuel contre les violations des droits
Concédée par Jean Sans Terre, elle limite le pouvoir royal et contribue à l’émergence de l’État de droit

Concédée par Jean Sans Terre, elle limite le pouvoir royal et contribue à l’émergence de l’État de droit

Explication

La Magna Carta, concédée par Jean Sans Terre, constitue une limitation historique du pouvoir royal et une étape vers l’État de droit. L’Inquisition renvoie au contraire à des restrictions aux libertés, et non à cette charte de limitation du pouvoir.

7. Quelle association entre philosophe et conception du contrat social est correcte ?

Locke fonde le contrat sur l’égalité civique, Hobbes défend la participation directe, et Rousseau privilégie la sécurité par obéissance
Locke refuse tout contrat social, Hobbes défend l’égalité politique, et Rousseau protège les libertés naturelles contre toute loi commune
Locke préserve la liberté naturelle, Hobbes privilégie la sécurité par renonciation, et Rousseau fonde le pacte sur l’égalité et la participation
Locke exige la renonciation générale aux libertés, Hobbes protège l’état naturel, et Rousseau subordonne la loi à un souverain absolu

Locke préserve la liberté naturelle, Hobbes privilégie la sécurité par renonciation, et Rousseau fonde le pacte sur l’égalité et la participation

Explication

Locke veut préserver la liberté naturelle, Hobbes accepte une renonciation à certaines libertés pour garantir la paix, et Rousseau associe contrat social, égalité et participation à la loi. Les autres propositions attribuent à ces penseurs des conceptions qui appartiennent à leurs contradicteurs.

8. Quand la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a-t-elle été votée ?

Par l’Assemblée constituante, du 20 au 26 août 1789
Par la Convention nationale, du 10 au 18 décembre 1792
Par l’Assemblée générale des Nations unies, le 10 décembre 1948
Par le Parlement français, du 4 au 11 octobre 1946

Par l’Assemblée constituante, du 20 au 26 août 1789

Explication

La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été votée par l’Assemblée constituante entre le 20 et le 26 août 1789. Le 10 décembre 1948 correspond à l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

9. Quelle décision a consacré le bloc de constitutionnalité en reconnaissant la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie ?

La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971
La décision du Conseil constitutionnel relative à la nationalité du 16 juillet 1970
L’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme rendu le 4 novembre 1950
La décision de l’Assemblée constituante portant adoption de la Déclaration de 1789

La décision Liberté d’association du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971

Explication

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 a reconnu la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie, consacrant ainsi le bloc de constitutionnalité. La date de 1970 correspond à une confusion signalée avec cette décision fondatrice.

10. Quels textes font notamment partie du bloc de constitutionnalité français ?

La Déclaration de 1789, les lois ordinaires, les décisions administratives et les traités commerciaux
Le Préambule de 1946, les circulaires ministérielles, les usages professionnels et les règlements municipaux
La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004
La Constitution de 1958, le Code civil, la Convention européenne et les règlements de l’Union européenne

La Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend notamment la Constitution de 1958, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004. Les lois ordinaires, circulaires et usages professionnels n’ont pas, par leur nature, cette valeur constitutionnelle.

11. Quelle condition contribue à reconnaître un principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

Il doit provenir d’une législation républicaine antérieure à 1946 et présenter un caractère fondamental avec une application continue
Il doit être consacré par une décision administrative et répondre à une nécessité économique durable
Il doit résulter d’un traité international récent et être appliqué par une juridiction européenne depuis plusieurs années
Il doit être mentionné dans une loi postérieure à 1958 et concerner une politique publique d’intérêt général

Il doit provenir d’une législation républicaine antérieure à 1946 et présenter un caractère fondamental avec une application continue

Explication

Un principe fondamental reconnu par les lois de la République doit notamment avoir une source législative républicaine antérieure à 1946, un caractère fondamental et une application continue. Une origine internationale ou une loi postérieure à 1958 ne satisfait pas aux critères indiqués.

12. À quoi servent principalement les objectifs de valeur constitutionnelle dans la protection des droits ?

Ils remplacent les droits constitutionnels lorsqu’un objectif économique impose une règle nouvelle
Ils peuvent justifier la limitation d’un droit, tandis que les principes de valeur constitutionnelle consacrent des droits
Ils permettent à une juridiction internationale d’annuler une loi contraire à une convention européenne
Ils consacrent les droits individuels, tandis que les principes de valeur constitutionnelle organisent les politiques publiques

Ils peuvent justifier la limitation d’un droit, tandis que les principes de valeur constitutionnelle consacrent des droits

Explication

Les objectifs de valeur constitutionnelle peuvent notamment justifier la limitation d’un droit, alors que les principes de valeur constitutionnelle ont pour fonction de consacrer des droits. Ils ne remplacent pas les droits constitutionnels et ne confèrent pas directement un pouvoir d’annulation à une juridiction internationale.

13. Quelle distinction décrit correctement le droit international pénal et le droit international des droits de l’homme ?

Le premier concerne les juridictions nationales, tandis que le second concerne les juridictions militaires
Le premier engage principalement les États, tandis que le second engage les individus
Le premier engage principalement les individus, tandis que le second engage les États
Le premier protège les droits quotidiens, tandis que le second réprime les crimes internationaux

Le premier engage principalement les individus, tandis que le second engage les États

Explication

Le droit international pénal vise principalement la responsabilité individuelle pour des comportements criminels, tandis que le droit international des droits de l’homme impose des obligations aux États. Confondre leurs responsables respectifs inverse précisément cette distinction fondamentale.

14. Pourquoi le droit international pénal et le droit international des droits de l’homme relèvent-ils du droit international ?

Parce que leurs sanctions sont appliquées par des autorités administratives internationales
Parce que leurs règles résultent de conventions conclues entre États et encadrent leurs obligations internationales
Parce que leurs règles sont adoptées par les juridictions nationales et concernent les personnes étrangères
Parce qu’ils organisent les relations privées entre individus appartenant à plusieurs États

Parce que leurs règles résultent de conventions conclues entre États et encadrent leurs obligations internationales

Explication

Ces deux branches relèvent du droit international parce que leurs normes proviennent notamment d’accords entre États et structurent les obligations internationales de ceux-ci. Le caractère international ne découle donc pas principalement de l’application administrative ou des relations privées entre individus.

15. Quelle situation relève principalement du droit international pénal plutôt que du droit international des droits de l’homme ?

L’examen d’une décision administrative portant atteinte aux droits d’un particulier
La poursuite d’un génocide d’une ampleur telle que les juridictions nationales ne peuvent pas le réprimer efficacement
Le contrôle d’une restriction ordinaire imposée à une personne dans sa vie quotidienne
La vérification du respect par un État de la liberté d’expression d’un résident

La poursuite d’un génocide d’une ampleur telle que les juridictions nationales ne peuvent pas le réprimer efficacement

Explication

Le droit international pénal vise les crimes internationaux les plus graves, notamment lorsque les mécanismes nationaux ne suffisent pas à les réprimer. Les autres situations correspondent davantage à la protection des droits dans la vie quotidienne.

16. Quelle caractéristique distingue la Cour pénale internationale des tribunaux pénaux internationaux temporaires ?

Elle constitue une juridiction nationale chargée d’appliquer les conventions européennes
Elle constitue une juridiction pénale internationale permanente créée par le Statut de Rome
Elle constitue un tribunal militaire temporaire créé après un conflit armé déterminé
Elle constitue une juridiction régionale des droits de l’homme créée par une résolution onusienne

Elle constitue une juridiction pénale internationale permanente créée par le Statut de Rome

Explication

La Cour pénale internationale est la juridiction pénale internationale permanente instituée par le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002. Les tribunaux pénaux internationaux temporaires ont été créés pour des situations ou conflits déterminés.

17. Quels crimes les tribunaux militaires internationaux de Nuremberg et de Tokyo ont-ils jugés ?

Des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes contre la paix
Des génocides, des crimes terroristes et des violations de la Convention européenne
Des crimes de guerre, des délits économiques et des crimes contre la paix
Des crimes contre l’humanité, des génocides et des atteintes aux droits sociaux

Des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des crimes contre la paix

Explication

Nuremberg et Tokyo ont jugé les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les crimes contre la paix. Le génocide ne constitue pas ici la catégorie caractéristique mentionnée pour ces deux tribunaux militaires internationaux.

18. Par quel mécanisme les tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda ont-ils été créés ?

Par des arrêts de la Cour internationale de Justice
Par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies
Par des conventions européennes adoptées par les États concernés
Par des proclamations militaires prises par les autorités nationales

Par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies

Explication

Ces deux tribunaux ont été institués par des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies afin de juger des crimes internationaux graves. Leur création ne résulte donc ni d’une convention européenne ni d’une décision de la Cour internationale de Justice.

19. Quelle comparaison entre la CEDH et la CPI est juridiquement exacte ?

La CEDH juge les crimes internationaux, tandis que la CPI examine les recours individuels contre les États
La CEDH poursuit les individus, tandis que la CPI contrôle le respect des droits conventionnels par les États
La CEDH contrôle les obligations des États, tandis que la CPI recherche la responsabilité individuelle pour des crimes internationaux
La CEDH applique le Statut de Rome, tandis que la CPI applique la Convention européenne des droits de l’homme

La CEDH contrôle les obligations des États, tandis que la CPI recherche la responsabilité individuelle pour des crimes internationaux

Explication

La CEDH applique la Convention européenne des droits de l’homme et évalue le respect des obligations étatiques. La CPI applique le Statut de Rome et recherche la responsabilité pénale individuelle pour des crimes internationaux.

20. Quelle différence d’accès oppose la CPI à la CEDH pour un particulier ?

Un particulier doit saisir la CPI par une requête individuelle, tandis que la CEDH reçoit des informations informelles
Un particulier peut saisir les deux juridictions par une plainte pénale identique contre un État
Un particulier peut saisir directement la CPI, mais ne peut pas former de requête individuelle devant la CEDH
Un particulier ne peut pas saisir directement la CPI, mais peut former une requête individuelle devant la CEDH

Un particulier ne peut pas saisir directement la CPI, mais peut former une requête individuelle devant la CEDH

Explication

Le Statut de Rome ne prévoit pas de saisine directe de la CPI par un particulier, même si des informations peuvent être transmises au Procureur. À l’inverse, l’article 34 de la Convention européenne permet à un individu de présenter une requête devant la CEDH.

21. Selon l’article 13 du Statut de Rome, quelles autorités ou personnes peuvent saisir la CPI ?

Un État non partie, une organisation non gouvernementale ou un juge national
Un État partie, le Conseil de sécurité ou le Procureur autorisé par une chambre préliminaire
Un individu lésé, une juridiction nationale ou le président de la Cour européenne
Une victime, un avocat mandaté ou une commission nationale indépendante

Un État partie, le Conseil de sécurité ou le Procureur autorisé par une chambre préliminaire

Explication

L’article 13 prévoit trois voies de saisine : un État partie, le Conseil de sécurité des Nations unies, ou le Procureur agissant de sa propre initiative avec l’autorisation d’une chambre préliminaire. Une victime ne dispose donc pas d’un pouvoir autonome de saisine directe.

22. Qui peut introduire une requête devant la CEDH au titre des articles 33 et 34 de la Convention européenne des droits de l’homme ?

Une juridiction nationale au titre de l’article 33 ou une association au titre de l’article 34
Un État partie au titre de l’article 33 ou un individu au titre de l’article 34
Le Conseil de sécurité au titre de l’article 33 ou le Procureur au titre de l’article 34
Un individu au titre de l’article 33 ou un État partie au titre de l’article 34

Un État partie au titre de l’article 33 ou un individu au titre de l’article 34

Explication

L’article 33 concerne la requête interétatique introduite par un État partie, tandis que l’article 34 fonde la requête individuelle. La confusion entre ces deux articles inverse donc les titulaires des voies de recours.

23. Quelle évolution est associée à l’entrée en vigueur du protocole 11 et à l’arrêt Mamatkulov et Askarov c. Turquie ?

Depuis 2005, le protocole 11 a supprimé la compétence de la CEDH au profit des juridictions internes
Depuis 1994, la compétence de la CEDH est devenue obligatoire pour les États parties et l’accès individuel a été consacré
Depuis 2005, la CEDH a perdu sa compétence obligatoire et l’accès individuel a été réservé aux États
Depuis 1994, la CPI a obtenu compétence sur les droits européens et les requêtes individuelles nationales

Depuis 1994, la compétence de la CEDH est devenue obligatoire pour les États parties et l’accès individuel a été consacré

Explication

L’entrée en vigueur du protocole 11 en 1994 a rendu obligatoire la compétence de la CEDH pour les États parties et a consacré le droit individuel d’accès à la Cour. L’arrêt Mamatkulov et Askarov c. Turquie de 2005 a affirmé cette évolution, sans transférer la compétence à la CPI.

24. Quel changement majeur la décision « Liberté d’association » de 1971 a-t-elle produit dans le contrôle de constitutionnalité des lois ?

Elle a instauré la question prioritaire de constitutionnalité pour les justiciables
Elle a supprimé le contrôle des lois au regard des textes de 1946
Elle a réservé la saisine du Conseil constitutionnel aux juridictions suprêmes
Elle a reconnu la valeur constitutionnelle du préambule et élargi les normes de référence

Elle a reconnu la valeur constitutionnelle du préambule et élargi les normes de référence

Explication

La décision de 1971 a consacré le préambule comme norme constitutionnelle, permettant notamment de contrôler les lois au regard de la Déclaration de 1789, du préambule de 1946 et de la Charte de l’environnement. La question prioritaire de constitutionnalité relève d’un mécanisme distinct et postérieur.

25. Quelle modification constitutionnelle a permis à 60 députés ou 60 sénateurs de saisir le Conseil constitutionnel avant la promulgation d’une loi ?

La révision constitutionnelle de 1974
La décision constitutionnelle de 1971
La réforme instituant la question prioritaire de constitutionnalité
La Constitution de 1958 dans sa rédaction initiale

La révision constitutionnelle de 1974

Explication

La révision de 1974 a ouvert la saisine a priori à 60 députés ou 60 sénateurs. Cette procédure se distingue de la question prioritaire de constitutionnalité, qui intervient après l’entrée en vigueur de la disposition contestée.

26. Au cours d’un litige, comment un justiciable peut-il contester une disposition législative déjà en vigueur par une question prioritaire de constitutionnalité ?

Il adresse une requête au Conseil d’État, qui tranche lui-même la conformité de la loi
Il saisit directement le Conseil constitutionnel sans intervention d’une juridiction
Il soulève la question devant le juge, qui la filtre avant un éventuel examen constitutionnel
Il demande au Parlement de suspendre la disposition avant toute décision judiciaire

Il soulève la question devant le juge, qui la filtre avant un éventuel examen constitutionnel

Explication

La question prioritaire de constitutionnalité est soulevée pendant un litige, puis filtrée par le juge ordinaire avant que le Conseil constitutionnel vérifie les conditions de son examen. Le justiciable ne saisit donc pas directement le Conseil constitutionnel.

27. Pourquoi le statut juridictionnel du Conseil constitutionnel fait-il l’objet de discussions ?

Il est composé de magistrats judiciaires, mais applique principalement des normes législatives
Il est créé comme organe constitutionnel, mais semble aussi produire des normes constitutionnelles
Il exerce une fonction politique, mais ne participe à aucun contrôle de conformité des lois
Il conseille les pouvoirs publics, mais ne possède aucune compétence liée à la Constitution

Il est créé comme organe constitutionnel, mais semble aussi produire des normes constitutionnelles

Explication

Le débat tient à la double apparence du Conseil constitutionnel : la Constitution le crée comme organe constitué, tandis que sa jurisprudence semble dégager des objectifs et principes à valeur constitutionnelle. Cette production normative nourrit la discussion sur sa nature juridictionnelle.

28. Quelle est la fonction principale des droits procéduraux par rapport aux droits matériels ?

Ils remplacent les droits matériels lorsque la procédure devient trop complexe
Ils définissent la situation matérielle sans encadrer le déroulement d’un procès
Ils organisent la procédure afin de rendre effectifs les droits matériels
Ils déterminent le contenu économique des droits sans prévoir de voie juridictionnelle

Ils organisent la procédure afin de rendre effectifs les droits matériels

Explication

Les droits procéduraux encadrent l’existence et le déroulement d’une procédure pour permettre la réalisation concrète des droits matériels. Les droits matériels concernent, quant à eux, la situation substantielle de la personne.

29. Quelle exigence l’arrêt Airey c. Irlande de 1969 a-t-il associée au principe d’effectivité des droits ?

Les droits conventionnels doivent dépendre d’une autorisation administrative préalable
Les droits garantis peuvent rester théoriques lorsque leur reconnaissance est formelle
Les droits protégés doivent être appréciés sans intervention d’un tribunal
Les droits garantis doivent être concrets et effectivement réalisables

Les droits garantis doivent être concrets et effectivement réalisables

Explication

Dans l’arrêt Airey c. Irlande, la Cour européenne des droits de l’homme a exigé que les droits garantis par la Convention soient concrets et effectifs. Une reconnaissance purement théorique ne satisfait donc pas cette exigence.

30. Quelle distinction oppose le droit à un recours effectif au droit à un procès équitable ?

Le recours organise l’exécution des décisions, tandis que le procès détermine la situation matérielle du justiciable
Le recours doit remédier réellement à la violation, tandis que le procès garantit les conditions d’examen du litige
Le recours garantit l’impartialité du juge, tandis que le procès crée une voie pour réparer toute violation
Le recours concerne la preuve des faits, tandis que le procès porte sur la légalité de toute restriction

Le recours doit remédier réellement à la violation, tandis que le procès garantit les conditions d’examen du litige

Explication

Le recours effectif suppose une voie accessible et réellement apte à remédier à la violation d’un droit, tandis que le procès équitable porte sur les conditions d’examen du litige par un tribunal. Confondre ces deux garanties revient à attribuer au procès la fonction réparatrice propre au recours.

31. Quelles garanties relèvent du droit à un procès équitable ?

L’accès à un tribunal, une solution juridictionnelle et l’exécution de la décision
La présentation d’une plainte, une enquête parlementaire et une indemnisation automatique
La saisine d’une autorité administrative, une médiation facultative et une recommandation
La réparation amiable, une consultation publique et la suspension de la procédure

L’accès à un tribunal, une solution juridictionnelle et l’exécution de la décision

Explication

Le procès équitable protège le justiciable par l’accès au tribunal, l’obtention d’une solution juridictionnelle et l’exécution des décisions rendues. Une simple possibilité de plainte ou une recommandation administrative ne constitue pas cet ensemble de garanties.

32. Quelle différence caractérise un droit absolu par rapport à un droit non absolu ?

Le droit absolu dépend d’un contrôle de proportionnalité, tandis que l’autre s’exerce sans cadre juridique
Le droit absolu peut être suspendu par une autorité, tandis que l’autre échappe à toute restriction
Le droit absolu ne tolère aucune limitation, tandis que l’autre peut être limité sous certaines conditions juridiques
Le droit absolu protège une procédure, tandis que l’autre concerne nécessairement une liberté matérielle

Le droit absolu ne tolère aucune limitation, tandis que l’autre peut être limité sous certaines conditions juridiques

Explication

Un droit absolu n’admet aucune limitation, alors qu’un droit non absolu peut faire l’objet de restrictions si les conditions juridiques requises sont respectées. Le caractère non absolu ne signifie donc pas que toute limitation est automatiquement valable.

33. Que désigne la limitation d’un droit fondamental ?

L’amoindrissement de la mesure dans laquelle son titulaire peut en jouir
La transformation d’une liberté protégée en compétence attribuée à une autorité publique
La suppression du titulaire du droit par une décision juridictionnelle définitive
Le remplacement du droit individuel par une obligation imposée à l’ensemble des citoyens

L’amoindrissement de la mesure dans laquelle son titulaire peut en jouir

Explication

La limitation correspond à une réduction de l’étendue dans laquelle une personne jouit du droit dont elle reste titulaire. Elle ne signifie donc pas nécessairement la disparition du droit ou de son titulaire.

34. Dans quelle situation parle-t-on plutôt de dérogation que de restriction ?

Lorsqu’un droit est reconnu sans qu’aucune condition ne puisse encadrer son exercice
Lorsqu’une exception réduit l’exercice du droit tout en maintenant le régime juridique ordinaire
Lorsqu’une norme générale énonce le contenu d’une règle applicable à plusieurs situations
Lorsqu’un régime juridique normalement applicable est écarté au profit d’un régime dérogatoire

Lorsqu’un régime juridique normalement applicable est écarté au profit d’un régime dérogatoire

Explication

La dérogation écarte le régime juridique normalement applicable pour lui substituer un régime particulier. La restriction constitue, elle, une exception qui modifie l’exercice du droit sans remplacer de la même manière le régime juridique applicable.

35. Quelles étapes composent le contrôle de proportionnalité d’une limitation d’un droit fondamental ?

Qualification de la norme, interprétation, promulgation et contrôle électoral
Objectif légitime, aptitude, nécessité et proportionnalité au sens strict
Reconnaissance du droit, suspension de la loi, médiation et indemnisation
Base légale, compétence juridictionnelle, publicité de la décision et exécution

Objectif légitime, aptitude, nécessité et proportionnalité au sens strict

Explication

Le contrôle de proportionnalité vérifie successivement l’objectif légitime, l’aptitude de la mesure, sa nécessité et sa proportionnalité au sens strict. La base légale appartient à l’examen de la légalité de la restriction, mais ne remplace pas ces quatre étapes.

36. Dans un régime préventif, à quel moment la restriction intervient-elle par rapport à l’exercice d’un droit ?

Après l’exercice du droit, lorsque le juge apprécie le dommage causé
Avant l’exercice du droit, par une interdiction générale et définitive
Avant l’exercice du droit, souvent au moyen d’une autorisation préalable
Après l’exercice du droit, lors de la mise en œuvre d’une sanction

Avant l’exercice du droit, souvent au moyen d’une autorisation préalable

Explication

Le régime préventif fait de la sécurité le principe et impose une restriction avant l’exercice du droit, notamment par une autorisation préalable. Le régime répressif intervient au contraire après l’exercice du droit, au moyen d’une réaction à un comportement déjà réalisé.

37. Quelle différence oppose le contrôle in abstracto au contrôle in concreto exercé par le juge ordinaire ?

Le premier intervient après une sanction, tandis que le second intervient avant le vote de la loi
Le premier porte sur la norme, tandis que le second porte sur ses effets dans une situation particulière
Le premier porte sur les faits, tandis que le second porte sur la constitutionnalité générale de la loi
Le premier appartient au Conseil constitutionnel, tandis que le second appartient au pouvoir législatif

Le premier porte sur la norme, tandis que le second porte sur ses effets dans une situation particulière

Explication

Le contrôle in abstracto examine la compatibilité de la loi avec la norme conventionnelle, puis le contrôle in concreto peut mesurer ses effets dans une situation particulière. Le Conseil constitutionnel, quant à lui, exerce un contrôle de constitutionnalité in abstracto.

38. Selon les règles applicables au contrôle de constitutionnalité, quelle est la portée du contrôle exercé par le Conseil constitutionnel sur la loi ?

Il est exercé in abstracto, avec une intensité variable selon le droit ou la liberté concernés
Il porte principalement sur la conventionnalité de la loi au regard des traités internationaux
Il combine toujours l’examen abstrait du texte et l’étude détaillée de chaque situation individuelle
Il est exercé in concreto, en fonction des conséquences de la loi pour chaque requérant

Il est exercé in abstracto, avec une intensité variable selon le droit ou la liberté concernés

Explication

Le Conseil constitutionnel contrôle la conformité de la loi à la Constitution in abstracto, selon un contrôle restreint ou plein en fonction du droit ou de la liberté en cause. L’examen concret des effets individuels relève du contrôle in concreto, distinct du contrôle constitutionnel décrit ici.

39. Quel est l’effet juridique d’une dérogation aux droits fondamentaux ?

Elle suspend le régime de droit commun et libère l’État de ses obligations internationales
Elle remplace temporairement le droit commun tout en maintenant des exigences de proportionnalité
Elle transforme temporairement les droits absolus en droits soumis à une appréciation politique
Elle permet à l’État d’écarter toute exigence juridique pendant la période de crise

Elle remplace temporairement le droit commun tout en maintenant des exigences de proportionnalité

Explication

La dérogation substitue temporairement un régime exceptionnel au droit commun, mais l’État reste soumis à la proportionnalité et ne peut écarter les droits absolus. Elle ne constitue donc pas une suspension générale de toutes les obligations juridiques.

40. Quelle distinction caractérise les quatre circonstances de dérogation prévues en droit français ?

L’état de siège et l’état d’urgence sont constitutionnels, tandis que les pouvoirs exceptionnels et les circonstances exceptionnelles reposent sur d’autres normes
Les pouvoirs exceptionnels et l’état d’urgence sont constitutionnels, tandis que l’état de siège et les circonstances exceptionnelles reposent sur d’autres normes
Les quatre circonstances de dérogation sont prévues directement par la Constitution, selon des conditions différentes
Les pouvoirs exceptionnels et l’état de siège sont constitutionnels, tandis que l’état d’urgence et les circonstances exceptionnelles reposent sur d’autres normes

Les pouvoirs exceptionnels et l’état de siège sont constitutionnels, tandis que l’état d’urgence et les circonstances exceptionnelles reposent sur d’autres normes

Explication

L’article 16 et l’article 36 de la Constitution fondent respectivement les pouvoirs exceptionnels et l’état de siège. L’état d’urgence et les circonstances exceptionnelles ne sont pas prévus par la Constitution, mais reposent sur des normes non constitutionnelles.

41. Quelle condition s’impose à un État qui souhaite déroger à certains droits en vertu de l’article 15 de la CESDH et de l’article 4 du PIDCP ?

Il doit obtenir une autorisation préalable et appliquer les mesures nécessaires à la protection de l’ordre public
Il doit consulter les États voisins et maintenir les mesures tant que la menace demeure présente
Il doit suspendre les droits concernés et informer les juridictions nationales de la durée de la crise
Il doit notifier la dérogation et limiter les mesures à ce qui est strictement nécessaire à la sauvegarde de la Nation

Il doit notifier la dérogation et limiter les mesures à ce qui est strictement nécessaire à la sauvegarde de la Nation

Explication

Ces dispositions imposent une notification de la volonté de déroger et exigent que les mesures restent strictement nécessaires à la sauvegarde de l’existence de la Nation. Elles ne permettent pas de suspendre les droits absolus, qui demeurent protégés.

42. Quelle différence distingue le principe d’égalité de l’interdiction des discriminations ?

L’égalité concerne les effets d’une règle, tandis que la non-discrimination concerne sa formulation générale
L’égalité vise abstraitement tous les individus, tandis que la non-discrimination compare des groupes définis par un critère
L’égalité protège les droits absolus, tandis que la non-discrimination organise les régimes dérogatoires
L’égalité compare des groupes définis par un critère, tandis que la non-discrimination vise abstraitement tous les individus

L’égalité vise abstraitement tous les individus, tandis que la non-discrimination compare des groupes définis par un critère

Explication

Le principe d’égalité est abstrait, universel et individualiste, alors que l’interdiction des discriminations porte concrètement sur des différences de traitement entre catégories déterminées. La comparaison entre groupes constitue donc le trait distinctif de la non-discrimination.

43. Une règle formulée de manière neutre désavantage particulièrement les membres d’une catégorie de personnes : de quel type de discrimination s’agit-il ?

D’une discrimination institutionnelle, caractérisée par une intention déclarée de nuire
D’une différence de traitement justifiée, dès lors que la règle est générale
D’une discrimination indirecte, révélée par les effets défavorables de la règle
D’une discrimination directe, fondée sur la mention explicite de la catégorie

D’une discrimination indirecte, révélée par les effets défavorables de la règle

Explication

La discrimination indirecte résulte d’une règle apparemment neutre dont les effets défavorisent particulièrement une catégorie. La discrimination directe suppose au contraire que le groupe soit visé explicitement par le critère ou la règle.

44. Dans quel ordre le juge analyse-t-il habituellement l’existence d’une discrimination ?

Il constate un préjudice, compare les sanctions, puis détermine la catégorie protégée concernée
Il identifie une différence de traitement, vérifie le but légitime, puis contrôle la proportionnalité des moyens
Il recherche un critère explicite, mesure l’intention de l’auteur, puis écarte toute justification possible
Il contrôle la proportionnalité, établit le but légitime, puis recherche une différence de traitement

Il identifie une différence de traitement, vérifie le but légitime, puis contrôle la proportionnalité des moyens

Explication

Le juge commence par rechercher une différence de traitement, puis examine si elle poursuit un but légitime et si les moyens sont proportionnés à ce but. La proportionnalité intervient donc après l’identification de la différence et de sa justification.

45. Pourquoi la torture se distingue-t-elle d’un simple traitement inhumain au regard de sa définition juridique ?

Elle correspond à toute atteinte physique résultant d’une décision prise pendant une crise nationale
Elle consiste en un traitement inhumain délibéré provoquant des souffrances graves et cruelles
Elle désigne une mesure administrative provoquant une gêne importante sans intention particulière
Elle suppose une différence de traitement fondée sur la nationalité, la religion ou le sexe

Elle consiste en un traitement inhumain délibéré provoquant des souffrances graves et cruelles

Explication

La torture est définie comme un traitement inhumain délibéré qui entraîne des souffrances graves et cruelles. Une souffrance importante ne suffit donc pas à elle seule si l’élément de délibération et le niveau de gravité requis ne sont pas établis.

46. Dans quelle situation le principe de non-refoulement de l’article 3 de la CESDH protège-t-il un étranger ?

Lorsqu’une extradition est contestée par une association locale
Lorsqu’un étranger refuse les conditions administratives de son accueil
Lorsqu’un renvoi compromet simplement ses perspectives professionnelles
Lorsqu’un renvoi l’expose réellement à un traitement inhumain ou dégradant

Lorsqu’un renvoi l’expose réellement à un traitement inhumain ou dégradant

Explication

La protection s’applique lorsqu’il existe un risque réel de traitement contraire à l’article 3, y compris si ce risque résulte des conséquences du renvoi. Elle ne dépend donc pas du seul désaccord de l’intéressé avec les modalités administratives de son accueil.

47. Quelle affaire de 2011 a conduit la CEDH à condamner la Belgique pour le renvoi d’un migrant vers la Grèce ?

J.M.B. c. France
Hirsi Jamaa c. Italie
M.S.S. c. Belgique et Grèce
Paposhvili c. Belgique

M.S.S. c. Belgique et Grèce

Explication

Dans l’affaire M.S.S. c. Belgique et Grèce, la CEDH a retenu les risques liés aux conditions d’accueil, aux procédures d’asile grecques et à un renvoi ultérieur vers l’Afghanistan. L’affaire Paposhvili concernait, quant à elle, le risque médical lié à l’éloignement.

48. Quel principe l’article 33 de la Convention de Genève de 1951 consacre-t-il ?

La protection contre le refoulement d’un réfugié reconnu
La garantie d’un emploi pour toute personne protégée
L’accès automatique à la nationalité de l’État d’accueil
La liberté de circulation dans tous les États parties

La protection contre le refoulement d’un réfugié reconnu

Explication

L’article 33 consacre le principe de non-refoulement des personnes auxquelles la qualité de réfugié est reconnue. Cette garantie ne doit pas être confondue avec les conditions particulières du contrôle exercé par la CEDH sur un renvoi.

49. Selon l’arrêt Paposhvili c. Belgique de 2016, quel risque médical peut faire obstacle au refoulement d’un étranger malade ?

Un déclin grave, rapide et irréversible causant des souffrances intenses
Une gêne médicale modérée pouvant être suivie par un médecin local
Une maladie ancienne dont le traitement reste facilement accessible ailleurs
Une diminution temporaire du confort sans conséquence sur l’espérance de vie

Un déclin grave, rapide et irréversible causant des souffrances intenses

Explication

L’arrêt Paposhvili vise un risque réel de déclin grave, rapide et irréversible entraînant des souffrances intenses ou une réduction significative de l’espérance de vie. Une simple difficulté de suivi ou une gêne temporaire ne suffit pas à caractériser ce seuil.

50. Comment la dignité humaine se caractérise-t-elle en droit constitutionnel ?

Comme une garantie réservée aux personnes dotées de la personnalité juridique
Comme une liberté patrimoniale applicable aux seuls biens corporels
Comme une règle excluant toute conciliation avec un autre principe constitutionnel
Comme un principe matriciel protégeant notamment l’embryon et la dépouille mortelle

Comme un principe matriciel protégeant notamment l’embryon et la dépouille mortelle

Explication

La dignité humaine protège toute personne et tout être humain, notamment l’embryon et la dépouille mortelle, et constitue un principe matriciel. Elle peut toutefois être conciliée avec d’autres principes constitutionnels de même rang.

51. Quelle proposition décrit correctement le statut juridique de l’embryon en droit français ?

Il constitue une chose patrimoniale ordinaire jusqu’à l’enregistrement de la naissance
Il possède la personnalité juridique dès la conception et dispose d’un patrimoine propre
Il est assimilé à une personne juridique dès que la grossesse est médicalement constatée
Il n’est pas une personne juridique, mais il n’est pas une chose patrimoniale ordinaire

Il n’est pas une personne juridique, mais il n’est pas une chose patrimoniale ordinaire

Explication

La personnalité juridique commence à la naissance, à condition que l’enfant soit né vivant et viable, de sorte que l’embryon n’est pas une personne juridique. Son statut ne le réduit cependant pas à celui d’un bien patrimonial ordinaire.

52. Dans quelle hypothèse la règle infans conceptus permet-elle de considérer l’enfant conçu comme né ?

Lorsqu’un parent souhaite transmettre une dette au futur enfant
Dès la conception, afin de lui attribuer immédiatement la personnalité juridique
Avant toute naissance, pour lui reconnaître automatiquement un patrimoine autonome
Lorsque cette fiction juridique lui profite après une naissance vivante et viable

Lorsque cette fiction juridique lui profite après une naissance vivante et viable

Explication

La règle infans conceptus permet de traiter l’enfant conçu comme né lorsque cela lui est favorable, notamment pour succéder ou obtenir réparation après sa naissance vivante et viable. Elle ne confère donc pas la personnalité juridique dès la conception.

53. Quel dispositif la loi du 2 août 2021 ouvre-t-elle notamment aux femmes seules ?

La procréation médicalement assistée post-mortem, sans condition supplémentaire
L’assistance médicale à la procréation, sous réserve du consentement et des conditions d’âge
La gestation pour autrui organisée dans le cadre du service public hospitalier
L’adoption conjointe réservée aux couples mariés de sexe différent

L’assistance médicale à la procréation, sous réserve du consentement et des conditions d’âge

Explication

La loi de 2021 ouvre l’AMP aux femmes seules, aux couples de femmes et aux couples homme-femme, sous certaines conditions. Cette ouverture ne signifie pas que la PMA post-mortem soit autorisée.

54. Pourquoi la justiciabilité des droits sociaux reconnus par la Charte sociale européenne et le PIDESC demeure-t-elle limitée ?

Parce que les organes compétents formulent principalement des observations ou recommandations non obligatoires
Parce que les États ont transféré toutes leurs compétences sociales aux juridictions internationales
Parce que ces instruments ne reconnaissent aucun droit social aux personnes protégées
Parce que les droits sociaux concernent uniquement les relations entre personnes privées

Parce que les organes compétents formulent principalement des observations ou recommandations non obligatoires

Explication

Ces instruments reconnaissent des droits sociaux, mais leurs organes rendent principalement des observations ou recommandations qui ne s’imposent pas directement aux États. La reconnaissance internationale d’un droit ne suffit donc pas à créer une décision juridictionnelle obligatoire.

55. Quels risques la protection sociale couvre-t-elle notamment pour les personnes travaillant ou résidant régulièrement et de manière stable en France ?

Les frais de voyage, les investissements privés, les donations et les dettes fiscales
Les obligations militaires, les fonctions électives, les activités culturelles et les loisirs
Les charges de maladie, de maternité, de paternité, de famille et d’autonomie
Les pertes commerciales, les sanctions pénales, les litiges contractuels et les successions

Les charges de maladie, de maternité, de paternité, de famille et d’autonomie

Explication

Fondée sur la solidarité nationale, la protection sociale couvre notamment les charges liées à la maladie, à la maternité, à la paternité, à la famille et à l’autonomie. Les autres catégories proposées ne constituent pas le noyau de cette définition.

56. Quelle obligation le droit à l’emploi impose-t-il à l’État ?

Une obligation de moyens consistant à mener une politique active favorisant le plein emploi
Une obligation de verser un salaire identique à toute personne sans emploi
Une obligation de créer un poste public pour chaque demandeur d’emploi
Une obligation de résultat garantissant un emploi adapté à chaque personne

Une obligation de moyens consistant à mener une politique active favorisant le plein emploi

Explication

Le droit à l’emploi impose à l’État de conduire une politique active favorisant le plein emploi, ce qui correspond à une obligation de moyens. Il ne garantit pas individuellement l’obtention d’un emploi pour chaque personne.

57. Quel recours le droit au logement opposable permet-il à une personne remplissant ses conditions ?

Saisir une commission de médiation puis le tribunal administratif en cas de carence de l’État
Engager une action pénale contre tout propriétaire refusant une location
Saisir directement le Conseil constitutionnel pour faire reconnaître un droit général au logement
Demander automatiquement un logement privé sans examiner la situation de l’État

Saisir une commission de médiation puis le tribunal administratif en cas de carence de l’État

Explication

Le DALO permet d’abord de saisir une commission de médiation, puis le tribunal administratif si l’État ne remédie pas à la situation. Ce mécanisme est de valeur législative et ne repose pas sur la consécration d’un droit constitutionnel général au logement.

58. Quelle personne correspond à la définition conventionnelle du réfugié ?

Une personne condamnée dans son pays et souhaitant contester une décision judiciaire
Une personne recherchant un emploi dans un autre pays pour améliorer ses conditions de vie
Une personne hors de son pays craignant avec raison une persécution liée à un motif conventionnel
Une personne exposée à une catastrophe naturelle sans risque de persécution personnelle

Une personne hors de son pays craignant avec raison une persécution liée à un motif conventionnel

Explication

Le réfugié se trouve hors de son pays et craint avec raison une persécution fondée sur la race, la religion, la nationalité, le groupe social ou les opinions politiques. Une simple difficulté économique ou une catastrophe naturelle ne suffit pas à caractériser ce statut.

59. À quelle date la Convention de Genève relative à la protection des réfugiés a-t-elle été signée ?

Le 10 décembre 1948
Le 4 novembre 1950
Le 16 décembre 1966
Le 28 juillet 1951

Le 28 juillet 1951

Explication

La Convention de Genève relative à la protection des réfugiés a été signée le 28 juillet 1951. Le protocole adopté à New York en 1967 l’a complétée, mais il ne correspond pas à la date de signature de la convention.

60. Quelle situation relève de la protection subsidiaire plutôt que du statut de réfugié ?

Une persécution motivée par l’appartenance à un groupe social déterminé
Une menace grave contre la vie due à une violence aveugle résultant d’un conflit armé
Une persécution liée à la nationalité dans le pays d’origine
Une crainte fondée sur les opinions politiques de la personne concernée

Une menace grave contre la vie due à une violence aveugle résultant d’un conflit armé

Explication

La protection subsidiaire vise notamment la menace grave et individuelle contre la vie résultant d’une violence aveugle liée à un conflit armé, lorsque les conditions du statut de réfugié ne sont pas remplies. Les autres situations renvoient à des motifs conventionnels de persécution.

61. Quel enchaînement décrit correctement la procédure d’asile ?

Enregistrement de la demande, examen par l’Ofpra, puis recours éventuel devant la CNDA
Décision de l’Ofpra, examen par la CNDA, puis enregistrement de la demande
Examen par la CNDA, enregistrement de la demande, puis décision initiale de l’Ofpra
Enregistrement de la demande, jugement pénal, puis recours administratif devant la CNDA

Enregistrement de la demande, examen par l’Ofpra, puis recours éventuel devant la CNDA

Explication

La demande est d’abord enregistrée, puis examinée par l’Ofpra, avant un éventuel recours devant la CNDA. La CNDA intervient donc après la décision de l’Ofpra et non avant l’examen initial.

62. Quel élément relève de la protection de la vie privée au sens de l’article 8 de la CEDH ?

La réglementation générale des échanges commerciaux internationaux
La fixation uniforme des taux d’imposition applicables aux entreprises
Le droit à l’image et certains aspects de la vie professionnelle et sociale
La détermination des frontières extérieures entre États membres

Le droit à l’image et certains aspects de la vie professionnelle et sociale

Explication

La vie privée est une notion large qui comprend notamment le droit à l’image, le domicile, l’autonomie personnelle et certains aspects de la vie professionnelle et sociale. Les autres éléments concernent des domaines fiscaux, territoriaux ou commerciaux.

63. Quelle affirmation caractérise l’arrêt Gisti de 1978 ?

Il a distingué les risques environnementaux potentiels des risques déjà avérés
Il a reconnu le droit de mener une vie familiale normale comme principe général du droit
Il a consacré la protection des données personnelles par un règlement européen
Il a établi le droit à la libre circulation des citoyens dans tous les États membres

Il a reconnu le droit de mener une vie familiale normale comme principe général du droit

Explication

L’arrêt Gisti de 1978 a reconnu le droit de mener une vie familiale normale comme principe général du droit, notamment pour les étrangers. Les autres propositions renvoient à la circulation, aux données ou à l’environnement, et non à cet arrêt.

64. Une autorité dispose d’indices sérieux mais incertains concernant un risque environnemental futur : quel principe est principalement applicable ?

Le principe de prévention, car toute inquiétude environnementale est déjà avérée
Le principe de proportionnalité, car il remplace l’évaluation scientifique du risque
Le principe de précaution, car le risque est potentiel
Le principe de responsabilité, car le risque doit être imputé à une personne

Le principe de précaution, car le risque est potentiel

Explication

Le principe de précaution s’applique lorsqu’un risque environnemental est potentiel ou incertain, tandis que la prévention concerne un risque avéré. L’existence d’indices sérieux ne transforme donc pas automatiquement le risque en dommage établi.

65. Quelle information constitue une donnée personnelle au sens du RGPD ?

La superficie administrative d’une commune publiée dans un annuaire
Le nombre total de visiteurs enregistré par un musée sans autre détail
La température moyenne relevée dans une région pendant une année
Une adresse IP permettant de relier une information à une personne identifiable

Une adresse IP permettant de relier une information à une personne identifiable

Explication

Une donnée personnelle est une information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable, ce qui peut être le cas d’une adresse IP. Les autres données décrivent des ensembles ou des caractéristiques générales sans identifier une personne physique.

66. Que signifie la liberté d’aller et venir dans sa définition juridique générale ?

Pouvoir éviter toute mesure de contrôle lors d’un déplacement international
Pouvoir circuler entre États sans tenir compte des conditions légalement prévues
Pouvoir se déplacer sans permission ni démarche préalable auprès d’une autorité
Pouvoir obtenir automatiquement un titre de séjour dans tout État étranger

Pouvoir se déplacer sans permission ni démarche préalable auprès d’une autorité

Explication

La liberté d’aller et venir consiste à se déplacer sans devoir obtenir la permission de quiconque ni accomplir une démarche préalable. Elle n’exclut pas les conditions et contrôles prévus par la loi, notamment lors des déplacements internationaux.

67. À quels textes le Conseil constitutionnel a-t-il rattaché la liberté d’aller et venir dans sa décision du 13 mars 2003 ?

À l’article 16 de la Déclaration de 1789 et à l’article 5 de la Constitution
Aux articles 21 et 45 des instruments de l’Union européenne
Aux articles 2 et 4 de la Déclaration de 1789
À l’article 12 du PIDCP et à l’article 2 du protocole n° 4

Aux articles 2 et 4 de la Déclaration de 1789

Explication

Dans sa décision du 13 mars 2003, le Conseil constitutionnel a distingué la liberté d’aller et venir de la liberté individuelle et l’a rattachée aux articles 2 et 4 de la Déclaration de 1789. Les autres références appartiennent à des instruments internationaux ou européens distincts.

68. Quel droit l’article 21 du TFUE garantit-il aux citoyens de l’Union ?

Le droit d’entrer dans tout État sans aucune condition administrative ou juridique
Le droit de choisir librement sa résidence dans tout territoire mondial
Le droit de circuler et de séjourner librement dans les États membres, sous les conditions prévues
Le droit de séjourner dans un pays tiers au même titre que dans un État membre

Le droit de circuler et de séjourner librement dans les États membres, sous les conditions prévues

Explication

L’article 21 du TFUE garantit aux citoyens de l’Union le droit de circuler et de séjourner librement dans les États membres, sous réserve des conditions prévues par le droit de l’Union. Il ne crée pas un droit général de séjour dans les pays tiers ni une absence de formalités.

69. Quelle distinction entre privation de liberté et restriction à la liberté de circulation est correcte au regard de la CESDH ?

Les deux mesures relèvent de l’article 12 du PIDCP, sans considération de leurs effets
La privation relève de l’article 2 du protocole n° 4, tandis que la circulation dépend de l’article 6
Les deux mesures relèvent de l’article 5, car toute limitation de déplacement constitue une détention
La privation relève de l’article 5, tandis que la restriction de circulation relève de l’article 2 du protocole n° 4

La privation relève de l’article 5, tandis que la restriction de circulation relève de l’article 2 du protocole n° 4

Explication

La privation de liberté relève de l’article 5, paragraphe 1, de la CESDH, tandis qu’une restriction à la liberté de circulation relève de l’article 2 du protocole n° 4. La qualification dépend notamment des effets, de la durée et des modalités d’exécution de la mesure.

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Que désignent les droits et libertés fondamentaux en France ?

Des droits protégés au niveau constitutionnel sans liste limitative.

Comment l'approche substantialiste identifie-t-elle un droit fondamental ?

Par la substance et la valeur qu'il porte.

Comment l'approche normativiste identifie-t-elle un droit fondamental ?

Par son statut et les normes qui le consacrent.

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