QCM : Nécessité et prévisibilité pénales (69 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit le droit pénal parmi les branches du droit ?

Il règle les différends entre particuliers en imposant une compensation choisie par la victime.
Il organise la réparation privée des dommages causés par toute violation d’un engagement.
Il prévoit une peine prononcée au nom de la société en raison d’une infraction troublant l’ordre public.
Il fixe les règles de fonctionnement des institutions sans prévoir de sanction pour les infractions.

Il prévoit une peine prononcée au nom de la société en raison d’une infraction troublant l’ordre public.

Explication

Le droit pénal prévoit une peine prononcée au nom de la société en réponse à une infraction qui trouble l’ordre public. La réparation privée d’un dommage relève d’une logique distincte et ne définit pas cette branche du droit.

2. Une interdiction pénale affirme qu’une valeur est essentielle à la société, puis la violation de cette interdiction entraîne une peine. Comment distinguer ces deux dimensions du droit pénal ?

Les deux dimensions sont punitives, car elles reposent sur l’existence d’une interdiction.
Les deux dimensions sont expressives, car elles communiquent une règle à la société.
L’affirmation de la valeur est punitive, tandis que la sanction de l’auteur est expressive.
L’affirmation de la valeur est expressive, tandis que la sanction de l’auteur est punitive.

L’affirmation de la valeur est expressive, tandis que la sanction de l’auteur est punitive.

Explication

La dimension expressive expose les valeurs sociales protégées par les interdits, alors que la dimension punitive sanctionne les auteurs d’infractions. Confondre ces fonctions revient à attribuer à l’expression des valeurs le rôle de punir.

3. Quelle succession décrit l’évolution historique de la prise en charge de la violence pénale ?

Justice publique étatique, vengeance privée, puis justice privée régulée par le talion et les compensations.
Vengeance privée, justice privée régulée par le talion et les compensations, puis justice publique étatique.
Justice privée régulée par le talion et les compensations, justice publique étatique, puis vengeance privée.
Vengeance privée, justice publique étatique, puis justice privée régulée par le talion et les compensations.

Vengeance privée, justice privée régulée par le talion et les compensations, puis justice publique étatique.

Explication

La captation de la violence par l’État s’est faite progressivement, de la vengeance privée à une justice privée encadrée, puis à la justice publique. Inverser les deux dernières étapes ferait apparaître le contrôle étatique comme antérieur à la régulation privée.

4. Quel portrait correspond au droit pénal sous l’Ancien Régime ?

Principalement codifié, il se caractérisait par l’humanisation des peines et la limitation du pouvoir royal.
Principalement jurisprudentiel, il se caractérisait par la régularité des sanctions et la protection de l’accusé.
Principalement coutumier, il se caractérisait par l’autoritarisme, la cruauté et l’arbitraire judiciaire et royal.
Principalement législatif, il se caractérisait par la séparation des pouvoirs et la prévisibilité des peines.

Principalement coutumier, il se caractérisait par l’autoritarisme, la cruauté et l’arbitraire judiciaire et royal.

Explication

Le droit pénal de l’Ancien Régime était principalement coutumier et marqué par l’autoritarisme, la cruauté et l’arbitraire. Le portrait fondé sur l’humanisation des peines et la limitation du pouvoir correspond plutôt aux transformations défendues par les Lumières.

5. Deux théories s’opposent sur le fondement de la peine : laquelle associe la justice à la rétribution et l’utilité à la prévention et à la réinsertion ?

Le courant rétributif exige une peine juste, tandis que le courant utilitariste la juge à son utilité sociale et préventive.
Le courant rétributif privilégie la dissuasion, tandis que le courant utilitariste fonde la peine sur le mérite du condamné.
Le courant rétributif exige une peine utile, tandis que le courant utilitariste la juge à sa stricte proportion de justice.
Le courant rétributif privilégie la réinsertion, tandis que le courant utilitariste fonde la peine sur la culpabilité morale.

Le courant rétributif exige une peine juste, tandis que le courant utilitariste la juge à son utilité sociale et préventive.

Explication

Le courant rétributif fonde la peine sur l’exigence de justice, tandis que le courant utilitariste s’intéresse notamment à ses effets préventifs et sociaux. Attribuer la réinsertion au courant rétributif inverse les fondements des deux approches.

6. Quelle formule résume la synthèse néo-classique attribuée à Ortolan sur les limites de la peine ?

Punir selon la justice du passé, sans tenir compte de l’utilité de la sanction.
Ne jamais punir au-delà de ce qui est juste ni de ce qui est utile.
Punir selon l’utilité sociale, même lorsque la peine dépasse ce qui est juste.
Ne punir qu’en fonction du risque futur, indépendamment de la gravité de l’acte.

Ne jamais punir au-delà de ce qui est juste ni de ce qui est utile.

Explication

Ortolan résume la position néo-classique en exigeant que la peine ne dépasse ni ce qui est juste ni ce qui est utile. Une peine fondée sur l’utilité au prix de l’injustice abandonnerait précisément l’équilibre recherché.

7. À la fin du XIXe siècle, un courant explique la réaction pénale par l’état dangereux du délinquant plutôt que par un choix libre. De quel courant s’agit-il ?

Du courant rétributif, qui mesure la peine à l’aune de la justice due.
Du courant néo-classique, qui associe justice et utilité dans la détermination de la peine.
Du courant positiviste déterministe, qui remet en cause le libre arbitre.
Du courant classique, qui fonde la responsabilité pénale sur le libre arbitre.

Du courant positiviste déterministe, qui remet en cause le libre arbitre.

Explication

Le courant positiviste déterministe remet en cause le libre arbitre et rattache la réaction pénale à l’état dangereux du délinquant. Le courant classique se distingue justement par le rôle qu’il accorde au libre arbitre.

8. Quelle distinction rend correctement compte des explications de la criminalité défendues par Lombroso, Ferri et Garofalo ?

Lombroso met en avant le milieu social, économique et familial, tandis que Ferri et Garofalo soulignent les prédispositions physiques.
Lombroso met en avant des prédispositions physiques, tandis que Ferri et Garofalo soulignent le milieu social, économique et familial.
Lombroso explique la criminalité par les choix libres, tandis que Ferri et Garofalo l’expliquent par la seule gravité des actes.
Lombroso explique la criminalité par les sanctions judiciaires, tandis que Ferri et Garofalo l’expliquent par les règles légales.

Lombroso met en avant des prédispositions physiques, tandis que Ferri et Garofalo soulignent le milieu social, économique et familial.

Explication

Lombroso défend une explication biologique fondée sur des prédispositions physiques, alors que Ferri et Garofalo accordent de l’importance au milieu social, économique et familial. L’option qui attribue les facteurs de milieu à Lombroso et les facteurs physiques aux deux autres inverse cette distinction.

9. Un juriste étudie d’abord les actes incriminés, tandis qu’un autre se concentre sur les personnes qui les commettent. Comment qualifier leurs conceptions respectives ?

Les deux conceptions sont objectives, car elles portent sur des infractions prévues par la loi.
La conception du premier est objective, centrée sur le crime; celle du second est subjective, centrée sur le criminel.
Les deux conceptions sont subjectives, car elles s’intéressent à des conduites humaines.
La conception du premier est subjective, centrée sur le crime; celle du second est objective, centrée sur le criminel.

La conception du premier est objective, centrée sur le crime; celle du second est subjective, centrée sur le criminel.

Explication

La conception objective envisage le droit pénal comme le droit du crime et privilégie les actes et les infractions; la conception subjective le présente comme le droit du criminel et se concentre sur les personnes. L’inversion de ces termes attribue à chaque conception l’objet de l’autre.

10. Une personne forme l’intention de commettre une infraction, mais n’accomplit aucun acte. Quelle conséquence découle de la conception objective du droit pénal ?

L’absence de résultat suffit à écarter toute infraction, même si un acte a été accompli.
La personnalité de l’auteur remplace l’examen des actes dès que l’intention est connue.
L’intention suffit à justifier une punition dès lors que le projet criminel est établi.
En principe, la simple intention non traduite en acte ne suffit pas à justifier une punition.

En principe, la simple intention non traduite en acte ne suffit pas à justifier une punition.

Explication

La conception objective fait de l’infraction son objet fondamental et exclut en principe la punition d’une intention criminelle qui ne s’est pas traduite en acte. Considérer que le projet intérieur suffit à lui seul revient à négliger cette exigence.

11. Lors de l’analyse d’une infraction, quel élément comprend le comportement incriminé ainsi que les conséquences de l’acte ?

L’imputabilité, qui comprend l’intention et les conséquences de l’acte.
L’élément moral, qui comprend l’acte et son résultat.
L’individualisation, qui comprend le comportement et les conséquences de l’acte.
L’élément matériel, qui comprend l’acte et son résultat.

L’élément matériel, qui comprend l’acte et son résultat.

Explication

L’élément matériel désigne le comportement incriminé par la loi et inclut l’acte ainsi que son résultat. L’élément moral concerne l’intention coupable, et non les conséquences matérielles de l’acte.

12. Lorsqu’un tribunal fixe une peine, quel principe l’amène à prendre en compte la personnalité du délinquant en plus de la gravité de l’acte ?

Le principe d’individualisation de la peine, posé par l’article 132-1 du code pénal.
Le principe de détermination objective, qui écarte la personne au profit de l’infraction.
Le principe d’imputabilité, qui adapte la peine aux conséquences matérielles de l’acte.
Le principe de légalité des délits, qui détermine la personnalité de chaque condamné.

Le principe d’individualisation de la peine, posé par l’article 132-1 du code pénal.

Explication

L’article 132-1 du code pénal pose le principe d’individualisation, qui conduit à tenir compte de la personnalité du délinquant. La détermination objective privilégie l’infraction comme objet du droit pénal, mais ne désigne pas le principe qui personnalise la peine.

13. Que désigne le droit pénal général ?

L’étude détaillée de chaque infraction et des peines qui lui sont propres
L’ensemble des règles et principes gouvernant la loi pénale, la responsabilité et la sanction pénale
Les règles fixant la compétence des juridictions civiles et administratives
Les règles organisant la recherche, le jugement et l’exécution des peines

L’ensemble des règles et principes gouvernant la loi pénale, la responsabilité et la sanction pénale

Explication

Le droit pénal général rassemble les règles et principes qui gouvernent la loi pénale, la responsabilité pénale et la sanction pénale. L’étude de chaque infraction au cas par cas relève plutôt du droit pénal spécial.

14. Un juriste compare les principes communs applicables aux infractions avec l’étude détaillée de chacune d’elles et de ses éléments constitutifs. Quelle branche correspond à cette seconde étude ?

La procédure pénale
Le droit pénal spécial
Le droit pénal général
Le droit pénal de fond

Le droit pénal spécial

Explication

Le droit pénal spécial étudie chaque infraction, ses éléments constitutifs et les peines encourues. Le droit pénal général expose les principes communs plutôt que l’analyse des infractions au cas par cas.

15. Quelle distinction caractérise le droit pénal de fond et la procédure pénale ?

Le droit pénal de fond traite de responsabilité et de peine, tandis que la procédure organise la recherche et le jugement des suspects
Le droit pénal de fond détermine les contraventions, tandis que la procédure fixe les crimes et les délits
Le droit pénal de fond organise l’enquête, tandis que la procédure fixe les infractions et leurs peines
Le droit pénal de fond traite des juridictions, tandis que la procédure définit les principes communs de responsabilité

Le droit pénal de fond traite de responsabilité et de peine, tandis que la procédure organise la recherche et le jugement des suspects

Explication

Le droit pénal de fond rassemble les règles sur la responsabilité pénale et la peine, alors que la procédure règle la recherche et le jugement des personnes soupçonnées. L’organisation de l’enquête ne constitue donc pas le rôle du droit pénal de fond.

16. Dans son acception large, que peut désigner la loi pénale ?

Une règle pénale fixée par une juridiction lors du jugement d’une infraction
Une disposition pénale intégrée à un traité international ratifié par l’État
Une norme pénale issue d’une loi au sens strict ou d’un règlement administratif
Une norme pénale adoptée par le Parlement après une procédure législative

Une norme pénale issue d’une loi au sens strict ou d’un règlement administratif

Explication

La loi pénale au sens large peut être une loi au sens strict ou un règlement, qui est un acte administratif. La réduire aux seules règles adoptées par le Parlement confond le sens large avec la loi au sens strict.

17. Quelles sont les sources écrites nationales du droit pénal ?

Le règlement, les directives et les conventions internationales
La Constitution, les traités et la jurisprudence
La Constitution, la loi et le règlement
La loi, les usages et les décisions judiciaires

La Constitution, la loi et le règlement

Explication

Les sources écrites nationales comprennent la Constitution, la loi et le règlement. Les traités et conventions internationales ne sont pas des sources nationales au sens de cette classification.

18. Lorsqu’il s’agit de déterminer les crimes et les délits ainsi que les peines correspondantes, quel rôle l’article 34 de la Constitution attribue-t-il à la loi ?

Le règlement détermine ces infractions, mais la loi fixe les peines
Le règlement détermine ces infractions et fixe les peines
La loi détermine ces infractions, mais le règlement fixe les peines
La loi détermine ces infractions et fixe les peines

La loi détermine ces infractions et fixe les peines

Explication

L’article 34 confie à la loi la détermination des crimes et des délits ainsi que la fixation des peines. La répartition entre loi et règlement ne confie pas au règlement la détermination de ces infractions.

19. En vertu de l’article 37 de la Constitution, quel type d’acte détermine notamment les contraventions ?

La Constitution, qui définit directement les contraventions
La jurisprudence, qui détermine les contraventions au fil des décisions
Le règlement, pour les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi
La loi, car toute infraction relève du domaine législatif

Le règlement, pour les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi

Explication

L’article 37 réserve au règlement les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi, notamment la détermination des contraventions. Les crimes et délits relèvent de la loi, mais cette règle ne s’étend pas aux contraventions.

20. Quel effet produit le principe de nécessité des incriminations tiré de l’article 5 de la DDHC ?

Il réserve la punition pénale aux comportements ayant causé un dommage matériel
Il permet de punir tout comportement contraire à une règle de la vie collective
Il limite la punition pénale aux comportements les plus graves et attentatoires aux valeurs sociales
Il impose de sanctionner pénalement les comportements qui troublent l’ordre public

Il limite la punition pénale aux comportements les plus graves et attentatoires aux valeurs sociales

Explication

Le principe de nécessité limite la punition pénale aux comportements les plus graves et attentatoires aux valeurs de la société. Le simple fait qu’un comportement soit contraire à une règle collective ne suffit donc pas à justifier une sanction pénale.

21. Quelle garantie la Convention européenne des droits de l’homme associe-t-elle notamment à son article 7 ?

Le droit à un procès équitable
Le droit à la liberté et à la sûreté
Le droit à la protection contre toute discrimination
La légalité des délits et des peines

La légalité des délits et des peines

Explication

L’article 7 de la Convention garantit la légalité des délits et des peines. Le procès équitable relève de l’article 6, tandis que la liberté et la sûreté sont garanties par l’article 5.

22. Une Cour européenne des droits de l’homme constate qu’une protection conventionnelle exige une action étatique efficace. Quelle conséquence ses obligations positives peuvent-elles entraîner ?

L’État peut être dispensé de mesures pénales dès lors qu’une enquête administrative est ouverte
L’État doit remplacer les garanties conventionnelles par des règles constitutionnelles nationales
L’État peut devoir adopter des mesures efficaces, y compris pénales, pour protéger les droits garantis
L’État doit transférer la compétence pénale à l’Union européenne pour protéger ces droits

L’État peut devoir adopter des mesures efficaces, y compris pénales, pour protéger les droits garantis

Explication

Les obligations positives dégagées par la Cour peuvent imposer aux États des mesures efficaces, y compris pénales, pour protéger les droits garantis par la Convention. L’ouverture d’une enquête administrative ne remplace pas nécessairement les mesures de protection exigées.

23. Quel domaine de compétence l’article 82 du TFUE attribue-t-il à l’Union européenne ?

La procédure pénale, notamment la coopération policière et judiciaire
La détermination des règles nationales relatives aux contraventions
Le droit pénal de fond, notamment la définition des infractions et sanctions
La fixation des peines applicables aux infractions dans les États membres

La procédure pénale, notamment la coopération policière et judiciaire

Explication

L’article 82 concerne la procédure pénale et permet notamment des mesures de coopération policière et judiciaire. La compétence relative aux règles pénales minimales sur les infractions et sanctions relève plutôt de l’article 83.

24. L’Union souhaite établir des règles pénales minimales visant une forme de criminalité particulièrement grave, sans s’appuyer sur l’harmonisation préalable d’une politique de l’Union. Quelle compétence correspond à cette situation ?

La compétence accessoire de l’article 83, paragraphe 2, du TFUE
La compétence nationale de détermination des crimes et des délits
La compétence autonome de l’article 83, paragraphe 1, du TFUE
La compétence procédurale de l’article 82 du TFUE

La compétence autonome de l’article 83, paragraphe 1, du TFUE

Explication

L’article 83, paragraphe 1, confère une compétence autonome pour établir des règles pénales minimales concernant des formes de criminalité particulièrement graves. La compétence du paragraphe 2 suppose, contrairement à cette situation, qu’une politique de l’Union ait déjà été harmonisée.

25. Quel contrôle vérifie que le règlement est conforme à la loi ?

Le contrôle de proportionnalité
Le contrôle de constitutionnalité
Le contrôle de conventionalité
Le contrôle de légalité

Le contrôle de légalité

Explication

Le contrôle de légalité confronte le règlement à la loi. Le contrôle de conventionalité porte sur la conformité de la loi aux traités ou conventions.

26. À quel moment intervient le contrôle a priori de constitutionnalité ?

Après la promulgation de la loi
Entre le vote de la loi et sa promulgation
Après l’entrée en vigueur d’un règlement d’application
Avant le vote de la loi et son examen parlementaire

Entre le vote de la loi et sa promulgation

Explication

Le contrôle a priori se déroule après le vote, mais avant la promulgation de la loi. Le contrôle a posteriori, à l’inverse, intervient après la promulgation.

27. Quelle hiérarchie l’article 55 de la Constitution établit-il entre les traités et les lois ?

Les traités et conventions ont une autorité supérieure aux lois
Les lois ont une autorité supérieure aux traités et conventions
Les traités et conventions ont la même autorité que les règlements
Les règlements ont une autorité supérieure aux traités et conventions

Les traités et conventions ont une autorité supérieure aux lois

Explication

L’article 55 reconnaît aux traités et conventions une autorité supérieure à celle des lois. Il ne place pas les règlements au-dessus des traités.

28. Quelle conséquence distingue le contrôle de conventionalité du contrôle de constitutionnalité ?

Le juge annule le traité incompatible avec la loi dans l’affaire
Le juge écarte la loi incompatible dans l’affaire sans l’abroger définitivement
Le juge suspend la promulgation de la loi jusqu’à son abrogation
Le juge abroge définitivement la loi incompatible avec un traité

Le juge écarte la loi incompatible dans l’affaire sans l’abroger définitivement

Explication

En contrôle de conventionalité, le juge neutralise la loi incompatible pour l’affaire dont il est saisi, sans l’abroger. L’abrogation de la loi peut résulter du contrôle de constitutionnalité.

29. Quelles qualités libérales caractérisent la loi pénale ?

La fréquence des poursuites, l’ampleur des interdits et la certitude de la condamnation
La souplesse des sanctions, la rétroactivité de la loi et la liberté d’interprétation
La sévérité de la répression, la discrétion du juge et la rapidité des poursuites
La nécessité de la répression, la connaissance de la loi et sa prévisibilité

La nécessité de la répression, la connaissance de la loi et sa prévisibilité

Explication

La loi pénale libérale suppose une répression nécessaire, une loi connue de tous et prévisible. La sévérité des sanctions n’est pas l’une des qualités énoncées.

30. À quelle condition la répression pénale est-elle légitime ?

Lorsqu’elle est fréquente, afin d’assurer l’application uniforme des interdits
Lorsqu’elle est nécessaire, ce qui fonde le droit de punir de l’État
Lorsqu’elle est dissuasive, même si d’autres moyens suffisent
Lorsqu’elle répond à toute atteinte à l’ordre public, quelle qu’en soit la gravité

Lorsqu’elle est nécessaire, ce qui fonde le droit de punir de l’État

Explication

La répression pénale n’est légitime que si elle est nécessaire, principe qui fonde le droit de punir de l’État. Son seul effet dissuasif ne suffit pas à établir cette nécessité.

31. Dans la théorie du contrat social de Rousseau, d’où l’État tient-il son droit de punir ?

De la délégation du droit de punir par les juges aux citoyens
De la part de liberté que les citoyens acceptent d’abandonner pour vivre en collectivité et en sécurité
De la nécessité pour chaque citoyen de se défendre individuellement
Du pouvoir de l’État de fixer les libertés sans accord des citoyens

De la part de liberté que les citoyens acceptent d’abandonner pour vivre en collectivité et en sécurité

Explication

Pour Rousseau, le droit de punir de l’État découle de la liberté à laquelle les citoyens renoncent en vivant en collectivité et en sécurité. Cette conception ne fonde pas le pouvoir de punir sur une décision étatique sans consentement.

32. Une autorité évalue si un interdit pénal est utile, puis si la peine est modérée au regard de l’objectif poursuivi. Quels principes applique-t-elle, dans cet ordre ?

La nécessité de la répression, puis la légalité
La proportionnalité, puis la subsidiarité
La subsidiarité, puis la proportionnalité
La légalité, puis la nécessité de la répression

La subsidiarité, puis la proportionnalité

Explication

La subsidiarité porte sur l’utilité de l’infraction dans son principe, tandis que la proportionnalité évalue sa modération et celle de la peine. Inverser ces principes confond l’utilité de l’interdit avec son adéquation à l’objectif.

33. Que requiert la proportionnalité des infractions et des peines ?

Qu’elles soient plus sévères dès lors que le comportement est difficile à prévenir
Qu’elles soient déterminées par le juge selon la situation personnelle, sans égard à l’objectif législatif
Qu’elles soient identiques pour des comportements différents poursuivant un objectif comparable
Qu’elles soient adaptées à la gravité du comportement et à l’objectif poursuivi par le législateur

Qu’elles soient adaptées à la gravité du comportement et à l’objectif poursuivi par le législateur

Explication

La proportionnalité exige une adéquation entre l’infraction et la peine, d’une part, et la gravité du comportement ainsi que l’objectif du législateur, d’autre part. Une peine fondée sans égard à cet objectif ne satisfait pas ce critère.

34. Pourquoi le législateur doit-il délimiter la définition d’une infraction ?

Pour réserver la définition des infractions aux autorités chargées des poursuites
Pour remplacer la définition du comportement interdit par une liste de peines
Pour permettre au juge d’étendre l’infraction à des comportements voisins
Pour éviter que le champ pénal s’étende excessivement et réduise celui des libertés

Pour éviter que le champ pénal s’étende excessivement et réduise celui des libertés

Explication

Une définition délimitée empêche une extension excessive du champ pénal susceptible de restreindre les libertés. Confier au juge une extension à des comportements voisins irait à l’encontre de cette exigence.

35. Que requiert la légalité formelle au moment où les faits sont commis ?

Que l’infraction figure dans un texte, même si la peine applicable n’y est pas prévue
Que le juge puisse fixer après les faits l’infraction et la peine applicables
Que l’infraction et la peine applicable soient prévues par un texte
Que le comportement soit interdit par une règle non écrite et la peine précisée ensuite

Que l’infraction et la peine applicable soient prévues par un texte

Explication

La légalité formelle exige qu’un texte prévoie à la fois l’infraction et la peine applicable au moment des faits. La seule mention de l’infraction, sans peine prévue, ne suffit donc pas.

36. Quelle distinction le texte pénal doit-il respecter entre incrimination et peine encourue ?

L’incrimination détermine la compétence du juge, et la peine encourue établit la culpabilité
L’incrimination définit le comportement interdit, et la peine encourue fixe la sanction applicable
L’incrimination fixe la sanction applicable, et la peine encourue définit le comportement interdit
L’incrimination décrit la procédure de poursuite, et la peine encourue définit les preuves requises

L’incrimination définit le comportement interdit, et la peine encourue fixe la sanction applicable

Explication

L’incrimination décrit le comportement interdit, tandis que la peine encourue indique la sanction applicable. Inverser ces deux fonctions constitue précisément la confusion à éviter.

37. Quelle exigence la légalité matérielle impose-t-elle à la définition d’une infraction ?

Elle doit être formulée assez clairement et précisément pour que ses conséquences soient prévisibles.
Elle doit détailler les sanctions applicables à chaque situation factuelle envisageable.
Elle doit reprendre les interprétations judiciaires qui ont précisé son champ d’application.
Elle doit être inscrite dans un texte adopté par l’autorité compétente, quelle que soit sa formulation.

Elle doit être formulée assez clairement et précisément pour que ses conséquences soient prévisibles.

Explication

La légalité matérielle exige une définition suffisamment claire et précise pour permettre de prévoir ce qui constitue une infraction. L’existence d’un texte relève plutôt de la légalité formelle et ne garantit pas, à elle seule, la précision de son contenu.

38. Quelle distinction oppose correctement la légalité formelle à la légalité matérielle ?

La première concerne la précision du texte ; la seconde, le choix de l’autorité qui adopte l’incrimination.
La première concerne la prévisibilité de la peine ; la seconde, la possibilité pour le juge d’interpréter la règle.
La première concerne l’existence d’un texte prévoyant l’infraction ; la seconde, la clarté et la précision de son contenu.
La première concerne la jurisprudence applicable ; la seconde, la publication du texte qui prévoit l’infraction.

La première concerne l’existence d’un texte prévoyant l’infraction ; la seconde, la clarté et la précision de son contenu.

Explication

La légalité formelle porte sur l’existence d’un texte qui prévoit l’infraction, tandis que la légalité matérielle porte sur la qualité claire et précise de son contenu. Confondre les deux revient à attribuer à la légalité formelle une exigence de précision qui caractérise la légalité matérielle.

39. Pourquoi la définition générale du meurtre n’énumère-t-elle pas les différentes façons de tuer ?

Parce qu’elle caractérise l’infraction par le fait de donner volontairement la mort à autrui, sans dresser de liste des moyens employés.
Parce qu’elle exige une définition distincte du meurtre pour chaque situation factuelle et chaque moyen utilisé.
Parce qu’elle laisse au juge le soin de déterminer si la mort a été donnée volontairement ou involontairement.
Parce qu’elle limite l’infraction aux moyens de tuer qui sont expressément mentionnés dans le texte pénal.

Parce qu’elle caractérise l’infraction par le fait de donner volontairement la mort à autrui, sans dresser de liste des moyens employés.

Explication

Le meurtre est défini de manière générale et abstraite comme le fait de donner volontairement la mort à autrui, sans énumération des façons de tuer. Une liste de moyens employés transformerait cette définition générale en inventaire de situations factuelles.

40. Quel est le rôle du juge pénal lorsqu’un texte d’incrimination doit être appliqué ?

Il doit demander au législateur de préciser chaque terme avant de pouvoir appliquer une disposition pénale.
Il peut compléter le texte par une règle pénale nouvelle si cette règle facilite son application.
Il peut créer une incrimination nouvelle lorsque le texte existant ne couvre pas clairement les faits.
Il peut clarifier le texte par son interprétation, mais la création de l’incrimination appartient au législateur.

Il peut clarifier le texte par son interprétation, mais la création de l’incrimination appartient au législateur.

Explication

Le juge peut clarifier la loi en l’interprétant, mais il ne peut pas créer une norme pénale, puisque le pouvoir d’incrimination appartient au législateur. Combler une lacune en inventant une incrimination ferait précisément du juge le créateur de la règle pénale.

41. Quel principe l’article 111-4 du code pénal consacre-t-il ?

Le principe selon lequel une disposition obscure doit être écartée de toute procédure pénale.
Le principe selon lequel le juge pénal peut adapter une incrimination aux évolutions sociales.
Le principe selon lequel le législateur doit détailler chaque application possible d’une incrimination.
Le principe de l’interprétation stricte de la loi pénale, corollaire de la légalité criminelle.

Le principe de l’interprétation stricte de la loi pénale, corollaire de la légalité criminelle.

Explication

L’article 111-4 du code pénal pose le principe d’interprétation stricte de la loi pénale, qui découle de la légalité criminelle. L’adaptation judiciaire d’une incrimination aux évolutions sociales ne constitue pas le principe énoncé par cet article.

42. En appliquant l’interprétation stricte, comment le juge doit-il se rapporter au texte pénal ?

Il peut étendre la lettre du texte lorsque les faits ressemblent à ceux qu’il vise.
Il doit privilégier l’objectif supposé du législateur même s’il dépasse les termes du texte.
Il peut réduire la portée du texte lorsque son application paraît disproportionnée.
Il doit s’en tenir à la lettre du texte applicable, sans en étendre ni en réduire la portée.

Il doit s’en tenir à la lettre du texte applicable, sans en étendre ni en réduire la portée.

Explication

L’interprétation stricte commande au juge de s’en tenir à la lettre du texte qu’il applique, ni plus ni moins. Étendre son champ à des faits simplement ressemblants dépasserait les termes de la disposition.

43. Quelle condition la CEDH a-t-elle retenue dans l’arrêt Delga contre France du 9 juillet 2024 pour qu’une interprétation soit légitime au regard de la légalité ?

Elle doit retenir la lecture la plus favorable à l’accusation dans l’affaire.
Elle doit être confirmée par plusieurs décisions rendues après les faits.
Elle doit avoir été formulée explicitement par le législateur avant les faits.
Elle doit être raisonnablement prévisible pour la personne concernée.

Elle doit être raisonnablement prévisible pour la personne concernée.

Explication

Dans l’arrêt Delga contre France, la CEDH considère qu’une interprétation conforme au principe de légalité doit être raisonnablement prévisible. Une confirmation jurisprudentielle postérieure aux faits ne répond pas à cette exigence de prévisibilité au moment pertinent.

44. Quels critères permettent d’apprécier la prévisibilité d’une interprétation pénale ?

Sa cohérence avec la substance de l’infraction et son inscription dans une ligne perceptible de jurisprudence antérieure.
Sa cohérence avec les faits de l’espèce et sa reprise dans des décisions postérieures.
Sa conformité à la lettre du texte et son adoption après un débat parlementaire spécifique.
Sa sévérité par rapport à la peine encourue et sa confirmation par une juridiction supérieure.

Sa cohérence avec la substance de l’infraction et son inscription dans une ligne perceptible de jurisprudence antérieure.

Explication

La prévisibilité s’apprécie au regard de la cohérence de l’interprétation avec la substance de l’infraction et de son inscription dans une ligne perceptible de jurisprudence antérieure. Des décisions postérieures ne constituent pas cette ligne antérieure permettant à la personne de prévoir l’interprétation.

45. Dans quelle situation une interprétation extensive créatrice de règles pénales peut-elle être admise ?

Lorsqu’elle élargit l’incrimination afin de couvrir des faits voisins de ceux visés par la loi.
Lorsqu’elle permet au juge de remplacer une incrimination jugée insuffisamment précise.
Lorsqu’elle augmente la portée punitive du texte pour répondre à une situation nouvelle.
Lorsqu’elle est favorable à la personne poursuivie, par exemple pour reconnaître un fait justificatif.

Lorsqu’elle est favorable à la personne poursuivie, par exemple pour reconnaître un fait justificatif.

Explication

Une interprétation extensive qui crée des règles pénales peut être admise lorsqu’elle bénéficie à la personne poursuivie, notamment pour reconnaître un fait justificatif. Élargir une incrimination à des faits voisins aggraverait au contraire la situation de la personne poursuivie.

46. Quelle solution la chambre criminelle a-t-elle retenue le 30 juin 1999 concernant l’homicide involontaire et un fœtus non né vivant ?

L’infraction d’homicide involontaire s’applique si le fœtus avait atteint un stade avancé de développement.
L’infraction d’homicide involontaire dépend de la possibilité de déterminer le moment du décès.
L’infraction d’homicide involontaire s’applique dès lors que la mort du fœtus résulte d’une faute.
L’infraction d’homicide involontaire ne s’applique pas lorsque le fœtus n’est pas né vivant.

L’infraction d’homicide involontaire ne s’applique pas lorsque le fœtus n’est pas né vivant.

Explication

Dans son arrêt du 30 juin 1999, la chambre criminelle a jugé que l’homicide involontaire ne s’applique pas au fœtus qui n’est pas né vivant. Le fait qu’une faute ait causé sa mort ne suffit donc pas, à lui seul, à rendre cette qualification applicable.

47. Quelle distinction oppose l’interprétation littérale abusive à l’interprétation par analogie en droit pénal ?

La première recherche l’intention du législateur au-delà des mots, tandis que la seconde limite la règle aux cas expressément prévus.
La première applique une règle à un cas similaire prévu, tandis que la seconde retient le sens ordinaire des termes du texte.
La première s’attache à des termes jusqu’à produire un résultat absurde, tandis que la seconde étend à un cas non prévu une règle visant un cas similaire.
La première adapte le texte à une situation nouvelle selon sa raison d’être, tandis que la seconde écarte les termes ambigus du texte.

La première s’attache à des termes jusqu’à produire un résultat absurde, tandis que la seconde étend à un cas non prévu une règle visant un cas similaire.

Explication

L’interprétation littérale abusive conduit à un résultat absurde en s’en tenant aux mots, alors que l’analogie étend une règle à un cas qu’elle ne prévoit pas. L’adaptation d’un texte à une situation nouvelle en fonction de sa raison d’être relève plutôt de l’interprétation téléologique.

48. L’article 122-1 du code pénal ne distinguant pas selon l’origine du trouble ayant aboli le discernement, comment le juge doit-il traiter un trouble lié à une consommation illicite de stupéfiants ?

Il doit distinguer selon que la consommation était illicite ou licite avant d’appliquer l’article 122-1.
Il doit écarter l’article 122-1 dès lors que le trouble résulte d’une consommation illicite de stupéfiants.
Il n’a pas à distinguer selon que le trouble résulte ou non d’une consommation illicite de stupéfiants.
Il doit appliquer l’article 122-1 seulement si le trouble a une origine indépendante de toute consommation.

Il n’a pas à distinguer selon que le trouble résulte ou non d’une consommation illicite de stupéfiants.

Explication

Puisque l’article 122-1 ne distingue pas selon l’origine du trouble ayant aboli le discernement, le juge n’a pas à introduire cette distinction. Écarter l’article en raison d’une consommation illicite ajouterait au texte une condition qu’il ne prévoit pas.

49. Sur quel critère repose l’interprétation téléologique d’un texte pénal ?

Sur la comparaison avec une règle applicable à un cas semblable que le texte ne vise pas.
Sur la raison d’être du texte et l’intention poursuivie par le législateur.
Sur le sens isolé des mots, même lorsque leur application produit un résultat absurde.
Sur la pratique suivie par les juridictions sans égard à l’objectif de la loi.

Sur la raison d’être du texte et l’intention poursuivie par le législateur.

Explication

L’interprétation téléologique recherche le sens du texte à partir de sa raison d’être et de l’intention du législateur. Étendre une règle à un cas similaire non visé correspond plutôt à l’analogie.

50. Un juge adapte un texte pénal à une situation nouvelle en s’appuyant sur l’intention du législateur, plutôt que d’étendre une règle visant un cas similaire non prévu : quelle méthode utilise-t-il ?

L’interprétation téléologique, qui adapte le texte conformément à l’intention du législateur.
L’interprétation par analogie, qui étend une règle prévue pour un cas similaire à un cas non visé.
L’interprétation stricte, qui écarte toute adaptation du texte aux situations nouvelles.
L’interprétation littérale abusive, qui donne priorité aux mots même si leur application devient absurde.

L’interprétation téléologique, qui adapte le texte conformément à l’intention du législateur.

Explication

L’interprétation téléologique permet d’adapter un texte aux situations nouvelles en respectant l’intention du législateur. L’analogie, contrairement à cette démarche, applique à un cas non visé une règle conçue pour un cas similaire.

51. Quelle autorité assure l’unité de la jurisprudence pénale en imposant son interprétation aux juges du fond ?

L’assemblée plénière des cours d’appel.
La chambre criminelle de la Cour de cassation.
Le Conseil constitutionnel dans chaque affaire pénale.
La Cour de justice de l’Union européenne dans les litiges internes.

La chambre criminelle de la Cour de cassation.

Explication

Les interprétations de la chambre criminelle s’imposent aux juges du fond, et la Cour de cassation assure ainsi l’unité de la jurisprudence pénale. Le Conseil constitutionnel a une autorité particulière en vertu de l’article 62, mais ce n’est pas lui qui exerce cette fonction d’unification de la jurisprudence pénale.

52. Quelle est la portée des décisions du Conseil constitutionnel en vertu de l’article 62 de la Constitution ?

Elles s’imposent aux juridictions du fond, mais la Cour de cassation peut s’en écarter.
Elles s’imposent à la Cour de cassation, mais pas aux autorités administratives.
Elles s’imposent à toutes les autorités juridictionnelles et administratives, y compris à la Cour de cassation.
Elles orientent les autorités administratives, sans lier les juridictions pénales.

Elles s’imposent à toutes les autorités juridictionnelles et administratives, y compris à la Cour de cassation.

Explication

L’article 62 rend les décisions du Conseil constitutionnel obligatoires pour toutes les autorités juridictionnelles et administratives, y compris la Cour de cassation. Leur portée ne se limite donc pas aux juridictions ou aux seules autorités administratives.

53. Lorsqu’elle interprète le droit interne, quelle obligation découle pour la Cour de cassation de la primauté du droit de l’Union européenne ?

Elle doit interpréter le droit interne conformément au droit de l’Union tel qu’interprété par la CJUE.
Elle doit privilégier l’interprétation nationale même si la CJUE a interprété différemment le droit de l’Union.
Elle doit appliquer l’interprétation de la CJUE uniquement lorsque le droit interne est abrogé.
Elle doit saisir la CJUE avant toute interprétation d’une règle de droit interne.

Elle doit interpréter le droit interne conformément au droit de l’Union tel qu’interprété par la CJUE.

Explication

La primauté du droit de l’Union impose à la Cour de cassation d’interpréter le droit interne conformément au droit de l’Union tel que l’interprète la CJUE. Cette obligation ne dépend pas de l’abrogation de la règle interne.

54. Quels éléments relèvent des lois pénales de fond ?

Les règles de preuve, l’organisation des juridictions et les modalités de notification.
Les incriminations, les modes de responsabilité pénale et les sanctions.
Les règles de compétence juridictionnelle, les délais de procédure et les voies de recours.
Les règles d’exécution des décisions, les formes d’audience et les délais de prescription.

Les incriminations, les modes de responsabilité pénale et les sanctions.

Explication

Les lois pénales de fond portent sur les incriminations, les modes de responsabilité pénale et les sanctions. Les règles de compétence, d’audience ou de recours relèvent plutôt de la procédure.

55. Quels principes encadrent dans le temps l’application des lois pénales de fond selon l’article 112-1 du code pénal ?

La rétroactivité de toute loi pénale nouvelle, sous réserve d’une décision judiciaire.
La non-rétroactivité des lois plus sévères et la rétroactivité des lois plus douces.
La rétroactivité des lois plus sévères et la non-rétroactivité des lois plus douces.
L’application immédiate de toute loi nouvelle et le maintien des lois abrogées.

La non-rétroactivité des lois plus sévères et la rétroactivité des lois plus douces.

Explication

L’article 112-1 énonce la non-rétroactivité des lois pénales plus sévères et la rétroactivité des lois plus douces. La règle n’autorise donc pas la rétroactivité d’une loi nouvelle plus sévère.

56. Une loi pénale plus sévère entre en vigueur après la commission des faits et abroge la loi ancienne : quelle loi régit ces faits ?

La loi nouvelle si elle précise les conditions de responsabilité pénale.
La loi ancienne, qui continue de régir les faits malgré son abrogation.
La loi nouvelle, car son entrée en vigueur précède le jugement.
La loi ancienne seulement si aucune enquête n’a encore commencé.

La loi ancienne, qui continue de régir les faits malgré son abrogation.

Explication

Une loi pénale nouvelle plus sévère ne s’applique pas aux faits commis avant son entrée en vigueur, et la loi ancienne continue de les régir malgré son abrogation. Le fait que le jugement ait lieu après l’entrée en vigueur ne rend pas la loi plus sévère rétroactive.

57. Une loi pénale nouvelle est moins sévère que la loi applicable au moment des faits, mais le procès n’est pas encore terminé : quelle règle s’applique ?

La loi ancienne demeure applicable jusqu’à l’ouverture de la procédure d’appel.
La loi nouvelle s’applique rétroactivement seulement si elle crée une incrimination.
La loi nouvelle plus douce s’applique rétroactivement aux faits antérieurs.
La loi ancienne demeure applicable dès lors que les faits précèdent la réforme.

La loi nouvelle plus douce s’applique rétroactivement aux faits antérieurs.

Explication

La loi pénale nouvelle plus douce s’applique rétroactivement aux faits commis avant son entrée en vigueur lorsqu’elle est moins sévère que la loi ancienne. La règle opposée, la non-rétroactivité, concerne les lois pénales plus sévères.

58. Après l’entrée en vigueur d’une loi, un fait ayant donné lieu à une condamnation définitive cesse d’être une infraction. Quel effet l’article 112-4, alinéa 2, du Code pénal prévoit-il ?

La peine est réduite à la durée déjà exécutée, mais son exécution se poursuit.
La peine prononcée cesse d’être exécutée, sans que le jugement définitif soit remis en cause.
La condamnation est annulée et la juridiction doit réexaminer l’ensemble de l’affaire.
La loi nouvelle ne modifie pas l’exécution de la peine après une condamnation définitive.

La peine prononcée cesse d’être exécutée, sans que le jugement définitif soit remis en cause.

Explication

L’article 112-4, alinéa 2, met fin à l’exécution de la peine lorsque le fait n’est plus constitutif d’une infraction. La rétroactivité in mitius ne fait pas annuler le jugement définitif, contrairement à l’idée d’un réexamen de la condamnation.

59. Sur quels fondements le Conseil constitutionnel a-t-il reconnu la rétroactivité in mitius dans ses décisions des 19 et 20 janvier 1981 ?

L’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le principe de séparation des pouvoirs.
L’article 34 de la Constitution et le principe de compétence du législateur en matière pénale.
L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le principe de nécessité des peines.
L’article 7 de la Convention européenne des droits de l’homme et le principe de prévisibilité de la loi.

L’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et le principe de nécessité des peines.

Explication

Le Conseil constitutionnel s’est appuyé sur l’article 8 de la Déclaration et sur la nécessité des peines pour reconnaître cette règle. Le principe de prévisibilité de la loi relève d’un autre fondement et ne correspond pas à celui indiqué pour ces décisions.

60. Quelle distinction décrit les justifications objective et subjective de la rétroactivité in mitius ?

La justification objective tient à la protection de l’ordre public, tandis que la subjective tient à l’efficacité de la peine prononcée.
La justification objective tient à la prévisibilité de la loi nouvelle, tandis que la subjective tient à l’égalité entre les juridictions.
La justification objective tient à la clémence envers la personne poursuivie, tandis que la subjective tient à l’abrogation de la loi ancienne.
La justification objective tient à l’inutilité sociale de la loi ancienne, tandis que la subjective tient à la faveur et à l’humanité envers la personne poursuivie.

La justification objective tient à l’inutilité sociale de la loi ancienne, tandis que la subjective tient à la faveur et à l’humanité envers la personne poursuivie.

Explication

La justification objective constate que la loi ancienne a perdu son utilité sociale; la justification subjective exprime une faveur envers la personne poursuivie et une répression plus humaine. La clémence envers la personne correspond à la justification subjective, et non à l’objective.

61. Que peut prévoir une clause expresse du législateur concernant une loi pénale plus douce ?

Elle peut différer l’application de la loi, mais les faits antérieurs bénéficient nécessairement de la règle plus douce.
Elle peut exclure les faits postérieurs du champ de la loi, sans modifier son application aux faits antérieurs.
Elle peut différer l’application de la loi et exclure son application aux faits antérieurs à son entrée en vigueur.
Elle peut rendre la loi applicable aux faits antérieurs, tout en différant son entrée en vigueur pour les faits futurs.

Elle peut différer l’application de la loi et exclure son application aux faits antérieurs à son entrée en vigueur.

Explication

Une clause expresse peut différer l’application de la loi plus douce et écarter son application aux faits antérieurs. L’application aux faits antérieurs n’est donc pas nécessaire lorsque le législateur a prévu cette exclusion.

62. À défaut de date fixée par le texte, quand une loi ou un règlement entre-t-il en vigueur selon l’article 1 du Code civil ?

Le premier jour du mois suivant sa publication au Journal officiel.
À la date de sa promulgation, même si sa publication intervient plus tard.
Le jour de sa publication au Journal officiel.
Le lendemain de sa publication au Journal officiel.

Le lendemain de sa publication au Journal officiel.

Explication

En l’absence de date prévue par le texte, l’entrée en vigueur a lieu le lendemain de la publication au Journal officiel. La date de publication elle-même n’est donc pas la règle supplétive prévue par l’article 1.

63. Quelle différence caractérise une infraction instantanée par rapport à une infraction continue ?

L’infraction instantanée suppose plusieurs actes, tandis que la continue résulte d’un acte unique dont les effets perdurent.
L’infraction instantanée exige un dommage immédiat, tandis que la continue suppose une intention renouvelée à chaque instant.
L’infraction instantanée se prolonge jusqu’à la découverte des faits, tandis que la continue prend fin au premier acte incriminé.
L’infraction instantanée se réalise en un trait de temps, tandis que la continue se prolonge jusqu’à la cessation du comportement incriminé.

L’infraction instantanée se réalise en un trait de temps, tandis que la continue se prolonge jusqu’à la cessation du comportement incriminé.

Explication

L’infraction instantanée est réalisée en un trait de temps, alors que l’infraction continue se prolonge jusqu’à la cessation du comportement. La persistance des effets d’un acte unique ne suffit pas à caractériser une infraction continue.

64. Une infraction continue débute avant l’entrée en vigueur d’une loi pénale plus sévère, mais le comportement incriminé se poursuit après cette date. Quelle loi s’applique ?

La loi ancienne s’applique jusqu’à ce qu’une juridiction constate la cessation du comportement.
La loi ancienne s’applique, car le comportement a commencé avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle.
La loi nouvelle s’applique, car le comportement incriminé se prolonge après son entrée en vigueur.
La loi nouvelle s’applique uniquement si le comportement a repris après une interruption complète.

La loi nouvelle s’applique, car le comportement incriminé se prolonge après son entrée en vigueur.

Explication

La loi nouvelle s’applique à l’infraction continue lorsque le comportement incriminé se prolonge après son entrée en vigueur, même si elle est plus sévère. Le seul commencement du comportement sous l’empire de la loi ancienne ne suffit donc pas à écarter la loi nouvelle.

65. Qu’est-ce qui caractérise une infraction d’habitude ?

La réalisation d’un acte unique accompagné de plusieurs conséquences dommageables.
La répétition d’au moins deux actes qui, pris isolément, ne sont pas punissables.
La prolongation d’un acte unique qui maintient ses effets pendant une certaine durée.
La répétition d’au moins deux actes dont chacun constitue déjà une infraction punissable.

La répétition d’au moins deux actes qui, pris isolément, ne sont pas punissables.

Explication

L’infraction d’habitude suppose au moins deux actes qui ne sont pas punissables lorsqu’ils sont considérés séparément. Plusieurs actes déjà punissables individuellement ne correspondent pas à cette définition.

66. Quels textes sont compris dans les lois pénales écrites auxquelles s’applique l’article 112-1 du Code pénal ?

Les circulaires administratives, notamment celles qui interprètent les textes pénaux.
Les règlements, notamment les ordonnances, les décrets et les arrêtés.
Les contrats et conventions privées, notamment lorsqu’ils prévoient une sanction.
Les décisions de jurisprudence, notamment les arrêts des juridictions pénales.

Les règlements, notamment les ordonnances, les décrets et les arrêtés.

Explication

La notion de loi pénale écrite visée par l’article 112-1 est entendue largement et comprend des règlements tels que les ordonnances, décrets et arrêtés. Les décisions de jurisprudence ne sont pas des règlements entrant dans cette catégorie.

67. Comment distingue-t-on un revirement de jurisprudence d’une interprétation jurisprudentielle nouvelle ?

Le revirement tranche une question pour la première fois, tandis que l’interprétation nouvelle remplace une solution antérieure.
Le revirement modifie une loi écrite, tandis que l’interprétation nouvelle crée une infraction sans texte.
Le revirement remet en cause une solution antérieure, tandis que l’interprétation nouvelle tranche pour la première fois une question non traitée.
Le revirement concerne la peine applicable, tandis que l’interprétation nouvelle porte sur la procédure pénale.

Le revirement remet en cause une solution antérieure, tandis que l’interprétation nouvelle tranche pour la première fois une question non traitée.

Explication

Un revirement rompt avec une solution jurisprudentielle antérieure; une interprétation nouvelle répond à une question jusque-là inédite. Une première décision sur une question non traitée n’est donc pas, à elle seule, un revirement.

68. Selon la Cour européenne des droits de l’homme dans l’arrêt SW contre Royaume-Uni, à quelles conditions un revirement peut-il s’appliquer rétroactivement ?

S’il repose sur une loi écrite nouvelle et si la juridiction motive précisément sa décision.
S’il reste cohérent avec la substance de l’infraction et si son évolution était raisonnablement prévisible.
S’il modifie la substance de l’infraction et si son application est favorable à la personne poursuivie.
S’il confirme une solution antérieure et si la personne poursuivie connaissait l’interprétation retenue.

S’il reste cohérent avec la substance de l’infraction et si son évolution était raisonnablement prévisible.

Explication

L’arrêt SW contre Royaume-Uni admet une application rétroactive lorsque le revirement demeure cohérent avec la substance de l’infraction et était raisonnablement prévisible. Une modification de la substance de l’infraction ne satisfait pas ce critère.

69. Quelle évolution la chambre criminelle a-t-elle consacrée dans ses arrêts des 25 novembre 2020 et 13 mars 2024 ?

Elle a limité la non-rétroactivité aux lois écrites, en excluant les revirements.
Elle a soumis les interprétations nouvelles à la non-rétroactivité, mais écarté les revirements.
Elle a autorisé la rétroactivité de tous les revirements, même imprévisibles.
Elle a étendu la non-rétroactivité aux revirements de jurisprudence imprévisibles.

Elle a étendu la non-rétroactivité aux revirements de jurisprudence imprévisibles.

Explication

La chambre criminelle a étendu le principe de non-rétroactivité aux revirements imprévisibles dans ces deux arrêts. Cette évolution ne revient pas à autoriser la rétroactivité de tous les revirements, quelle que soit leur prévisibilité.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 96 flashcards sur Nécessité et prévisibilité pénales.

Qu’est-ce que le droit pénal ?

La branche du droit qui prévoit une peine au nom de la société pour une infraction troublant l’ordre public.

Pourquoi le droit pénal est-il expressif ?

Ses interdits exposent les valeurs jugées indispensables à la société.

Quelles étapes ont marqué la captation étatique de la violence ?

La vengeance privée, la justice privée régulée, puis la justice publique de l’État.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Nécessité et prévisibilité pénales.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM