QCM : Organisation juridictionnelle française (11 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi l’État organise-t-il des institutions et un personnel judiciaires ?

Pour assurer une fonction essentielle de l’État
Pour assurer exclusivement le maintien de l’ordre public
Pour laisser aux parties la charge de trancher leurs litiges
Pour remplacer les accords conclus entre particuliers

Pour assurer une fonction essentielle de l’État

Explication

L’État organise des institutions et un personnel parce que rendre la justice est l’une de ses fonctions essentielles. Réduire la justice à une activité privée méconnaît ce rôle, assimiler la justice au seul maintien de l’ordre confond deux responsabilités, et laisser les parties trancher revient à leur attribuer la fonction judiciaire.

2. Deux personnes se disputent au sujet d’une dette ; l’une veut saisir les biens de l’autre sans recourir à un tribunal. Quel principe s’oppose à cette initiative ?

La justice relève de la seule responsabilité des parties
Tout litige doit être tranché par un arbitre privé
La vengeance privée peut être remplacée par une décision personnelle
Nul ne peut se faire justice à soi-même

Nul ne peut se faire justice à soi-même

Explication

Le principe selon lequel nul ne peut se faire justice à soi-même interdit la vengeance privée et fonde la responsabilité de l’État en matière de justice. Présenter cette interdiction comme facultative en affaiblit la portée, confier nécessairement le litige à un arbitre confond justice étatique et arbitrage, et nier la responsabilité de l’État contredit le principe.

3. Après un jugement rendu sur un litige, une partie conteste à la fois l’appréciation des faits et l’application de la loi. Quelle juridiction peut réexaminer ces deux aspects ?

Une juridiction de droit commun chargée du seul contrôle juridique
Une juridiction du fond
Une juridiction d’exception chargée de contrôler les faits et le droit
La Cour de cassation

Une juridiction du fond

Explication

Les juridictions du fond examinent les questions de fait et de droit, tandis que la Cour de cassation contrôle la conformité au droit de la décision. Confondre la cassation avec un nouvel examen des faits étend son rôle, lui réserver l’examen du droit oublie que les juges du fond l’appliquent aussi, et la compétence d’exception ne définit pas le type de contrôle exercé.

4. Un litige ne relève d’aucune attribution particulière prévue par la loi. Quel type de juridiction a vocation à en connaître ?

Une juridiction de droit commun
Une juridiction spécialisée désignée par les parties
Aucune juridiction, faute d’attribution expresse
Une juridiction d’exception

Une juridiction de droit commun

Explication

Une juridiction de droit commun dispose d’une compétence générale, sous réserve des exceptions attribuées ailleurs. La juridiction d’exception a au contraire une compétence spéciale définie par la loi, la désignation par les parties ne suffit pas à créer une juridiction spécialisée, et l’absence d’attribution expresse à une juridiction particulière n’écarte pas la compétence de droit commun.

5. Que désigne la dualité des ordres juridictionnels en France ?

La répartition des juridictions entre droit civil et droit pénal
La coexistence d’un ordre administratif et d’un ordre judiciaire
La séparation entre les juridictions de droit commun et d’exception
La distinction entre les juridictions du fond et la Cour de cassation

La coexistence d’un ordre administratif et d’un ordre judiciaire

Explication

La dualité désigne l’existence de deux ordres juridictionnels distincts, administratif et judiciaire, liée à la séparation des pouvoirs. La distinction entre juges du fond et Cour de cassation concerne les rôles juridictionnels, et non les deux ordres.

6. Quelle date est celle de l’arrêt Blanco, qui a consacré la responsabilité de l’État pour les dommages causés par les services publics et la compétence administrative ?

Le 15 juin 2000
Le 8 février 1873
Le 4 octobre 1958
Le 16 août 1790

Le 8 février 1873

Explication

Le Tribunal des conflits a rendu l’arrêt Blanco le 8 février 1873, affirmant la responsabilité de l’État liée aux services publics et la compétence administrative. Le 16 août 1790 renvoie à la loi qui a séparé les fonctions judiciaires et administratives, et non à cet arrêt.

7. Quel rôle le parquet exerce-t-il dans les tribunaux sans participer à la fonction de juger ?

Représenter l’État en tant que ministère public
Trancher les litiges civils en toute indépendance
Protéger les juges du siège contre les pressions
Examiner les preuves et rendre les décisions pénales

Représenter l’État en tant que ministère public

Explication

Le parquet regroupe des agents du pouvoir exécutif qui représentent l’État devant les tribunaux, sans juger les affaires. Les magistrats du siège, eux, tranchent les litiges et bénéficient de garanties d’indépendance.

8. Dans un litige contractuel, à quel tribunal le demandeur peut-il s’adresser en plus de celui du domicile du défendeur ?

Au tribunal du lieu de livraison effective de la chose ou d’exécution du service
Au tribunal du lieu où le défendeur exerce son activité professionnelle
Au tribunal du lieu où le contrat a été signé, quel que soit son objet
Au tribunal du domicile du demandeur, quelle que soit la nature du litige

Au tribunal du lieu de livraison effective de la chose ou d’exécution du service

Explication

En matière contractuelle, le demandeur peut saisir le tribunal du domicile du défendeur ou celui du lieu de livraison effective de la chose ou d’exécution de la prestation. Le lieu de signature du contrat ne constitue pas le critère territorial indiqué pour cette option.

9. Quelle distinction caractérise le tribunal judiciaire par rapport au tribunal de proximité ?

Le tribunal judiciaire reprend les compétences des anciens tribunaux de grande instance et d’instance, quel que soit le montant du litige, tandis que le tribunal de proximité traite la plupart des petits litiges civils jusqu’à 10 000 €.
Le tribunal judiciaire connaît des demandes impossibles à chiffrer, tandis que le tribunal de proximité est compétent pour les litiges civils de plus de 10 000 €.
Le tribunal judiciaire traite les litiges civils jusqu’à 10 000 €, tandis que le tribunal de proximité reprend les compétences des anciens tribunaux de grande instance et d’instance.
Le tribunal judiciaire et le tribunal de proximité se distinguent principalement par leur ressort territorial, sans différence liée au montant ou à la nature des affaires.

Le tribunal judiciaire reprend les compétences des anciens tribunaux de grande instance et d’instance, quel que soit le montant du litige, tandis que le tribunal de proximité traite la plupart des petits litiges civils jusqu’à 10 000 €.

Explication

Le tribunal judiciaire a succédé aux tribunaux de grande instance et d’instance de même commune et conserve leurs compétences sans seuil de montant, alors que le tribunal de proximité traite la plupart des petits litiges civils dont les demandes ne dépassent pas 10 000 €. Une demande non chiffrable relève du tribunal judiciaire, mais cela ne signifie pas que le tribunal de proximité traite les litiges supérieurs à 10 000 €.

10. Quelle conséquence entraîne le fait qu’un non-commerçant soit défendeur dans un litige qui l’oppose à un commerçant ?

Le litige relève du tribunal judiciaire uniquement si la demande est inférieure à 10 000 euros.
Le non-commerçant peut choisir entre le tribunal judiciaire et le tribunal de commerce.
Le tribunal de commerce est incompétent pour connaître du litige.
Le tribunal de commerce devient compétent si le litige concerne une société commerciale.

Le tribunal de commerce est incompétent pour connaître du litige.

Explication

Lorsque le non-commerçant est défendeur face à un commerçant, le tribunal de commerce ne peut pas connaître du litige. À l’inverse, si le non-commerçant est demandeur, il peut choisir entre la juridiction civile et le tribunal de commerce.

11. Une salariée conteste son licenciement et souhaite faire examiner son différend avec son employeur. Quelle démarche correspond à la procédure prud’homale ?

Saisir le tribunal de commerce, qui tente une conciliation après avoir tranché le différend.
Saisir le conseil de prud’hommes, où une phase de conciliation précède si nécessaire le jugement.
Saisir la cour d’appel, qui organise une conciliation avant de réexaminer le licenciement.
Saisir le tribunal judiciaire, qui commence par une phase de jugement avant toute conciliation.

Saisir le conseil de prud’hommes, où une phase de conciliation précède si nécessaire le jugement.

Explication

Le conseil de prud’hommes est compétent pour les litiges individuels liés à l’exécution du contrat de travail, dont les contestations de licenciement, et sa procédure débute par une phase de conciliation. Le tribunal judiciaire n’est pas la juridiction spécialisée pour ce type de litige et ne suit pas la séquence décrite ici.

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Quelle fonction essentielle l’État exerce-t-il en organisant des institutions et un personnel judiciaires ?

Rendre la justice.

Quel principe interdit la vengeance privée et fonde la responsabilité de l’État en matière de justice ?

Nul ne peut se faire justice à soi-même.

Qu’est-ce qu’une juridiction ?

Un organe chargé de trancher les litiges par un jugement et de dire le droit.

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