QCM : Origines de l’intégration européenne (19 questions)

Questions et réponses du QCM

1. En 1929, quelle idée Aristide Briand défend-il devant l’assemblée de la Société des Nations au sujet des peuples d’Europe ?

Un lien fédéral entre les peuples géographiquement regroupés d’Europe
Un congrès visant à résoudre les divergences entre fédéralistes
Une alliance défensive entre les États européens et leurs alliés
Un mouvement politique fondé par un ouvrage sur l’unité européenne

Un lien fédéral entre les peuples géographiquement regroupés d’Europe

Explication

Briand défend en 1929 devant la Société des Nations l’idée d’un lien fédéral entre les peuples d’Europe géographiquement regroupés. L’alliance défensive relève du contexte de l’après-guerre, l’ouvrage fondateur est celui de Coudenhove-Kalergi, et le congrès de La Haye appartient à l’après-Seconde Guerre mondiale.

2. Une organisation internationale lance des projets utiles aux habitants afin de dépasser les antagonismes politiques par des résultats tangibles. Quelle approche met-elle en œuvre ?

Le projet institutionnel global
Le fonctionnalisme
La fédéralisation constitutionnelle
L’intergouvernementalisme

Le fonctionnalisme

Explication

Le fonctionnalisme cherche à dépasser les antagonismes politiques en produisant des réalisations utiles et des bénéfices concrets pour les populations. Le projet global privilégie une architecture d’ensemble, tandis que l’intergouvernementalisme et la fédéralisation désignent des formes d’organisation politique différentes.

3. Quelle caractéristique empêche de qualifier l’Union européenne d’État au sens de J. Bodin ?

Elle repose sur une coopération entre États
Elle ne possède pas la souveraineté
Elle ne dispose pas d’institutions propres
Elle exerce la souveraineté fédérale

Elle ne possède pas la souveraineté

Explication

La souveraineté est le critère qui distingue ici l’État de l’Union européenne, laquelle n’en possède pas au sens de J. Bodin. L’autonomie institutionnelle ne remplace pas la souveraineté, la coopération interétatique ne décrit pas la nature singulière de l’Union et la souveraineté fédérale lui est attribuée à tort.

4. Quel traité institua la Communauté européenne du charbon et de l’acier le 18 avril 1951 ?

Le traité de Maastricht
Le traité de Rome
Le traité de Paris
Le traité instituant la CED

Le traité de Paris

Explication

Le traité de Paris, signé le 18 avril 1951, institua la CECA. Le traité de Rome est associé à une étape ultérieure de l’intégration, Maastricht à une autre étape encore, et le traité de la CED date de 1952.

5. Des États préexistants concluent un traité de coopération, en restent maîtres et préservent leur souveraineté grâce notamment à un veto individuel. Quel modèle décrivent-ils ?

L’intégration sectorielle
Le fédéralisme
L’intergouvernementalisme
Le bicamérisme fédéral

L’intergouvernementalisme

Explication

L’intergouvernementalisme organise la coopération d’États qui restent maîtres des traités et conservent leur souveraineté, notamment par le veto. Le fédéralisme transfère certaines compétences à des institutions communes, le bicamérisme concerne la représentation, et l’intégration sectorielle porte sur des domaines déterminés.

6. Un projet européen prévoit un transfert rapide de compétences régaliennes, mais rencontre un refus politique. Quelle leçon l’échec de la CED illustre-t-il ?

L’intégration n’est ni linéaire ni homogène, et un transfert trop rapide peut susciter un refus.
Un refus politique porte surtout sur la mise en commun des ressources économiques.
L’intégration progresse de façon linéaire et homogène, même lors d’un transfert rapide.
Un transfert de compétences régaliennes équivaut à une coopération sans transfert.

L’intégration n’est ni linéaire ni homogène, et un transfert trop rapide peut susciter un refus.

Explication

L’échec de la CED montre que l’intégration européenne n’avance pas de manière linéaire ou homogène et qu’un transfert trop rapide de compétences régaliennes peut provoquer un refus politique. L’idée d’une progression régulière inverse cette leçon, le désaccord ne se réduit pas à l’économie, et une coopération sans transfert est une notion distincte.

7. En 1950, un responsable propose de rapprocher les pays européens par des réalisations concrètes et progressives, sans créer d’emblée un ensemble institutionnel achevé. Quelle proposition correspond à cette méthode ?

La mise en place d’une coopération sans réalisations communes
L’instauration préalable d’une fédération européenne achevée
La création immédiate d’un ensemble institutionnel complet
La proposition de Robert Schuman du 9 mai 1950

La proposition de Robert Schuman du 9 mai 1950

Explication

Le 9 mai 1950, Robert Schuman proposa une construction progressive fondée sur des réalisations concrètes, afin de créer d’abord une solidarité de fait. Un ensemble complet imposé d’emblée inverse cette méthode, une fédération achevée n’en est pas le point de départ, et une coopération sans réalisations communes en omet le mécanisme.

8. Quelle décision de l’Assemblée nationale française empêcha l’entrée en vigueur du traité de la CED en 1954 ?

Le refus du traité par le Conseil des ministres français
La ratification du traité par une motion de rejet préalable
La signature du traité par l’Assemblée nationale française
Le refus de ratification par une motion de rejet préalable

Le refus de ratification par une motion de rejet préalable

Explication

En 1954, l’Assemblée nationale française refusa la ratification par une motion de rejet préalable, empêchant l’entrée en vigueur du traité. La ratification aurait produit l’effet opposé, le Conseil des ministres n’est pas l’organe cité, et l’Assemblée n’a pas signé le traité.

9. Un traité instituant la Communauté européenne de défense est signé le 27 mai 1952, mais les États ne le ratifient pas. Quelle conséquence en découle ?

Le traité entre en vigueur après sa négociation.
Le traité est ratifié par la signature des États.
Le traité entre en vigueur dès sa signature.
Le traité ne peut pas entrer en vigueur.

Le traité ne peut pas entrer en vigueur.

Explication

La signature du traité de la CED ne suffit pas à le faire entrer en vigueur : il ne fut jamais ratifié. Assimiler la signature à l’entrée en vigueur ou à la ratification confond des étapes distinctes, tandis que la négociation ne remplace pas la ratification.

10. Quel ouvrage publié en 1923 par Richard Coudenhove-Kalergi est à l’origine d’un mouvement politique moderne prônant l’unification européenne ?

Le discours sur le lien fédéral
Les États-Unis d’Europe
Le projet de la Société des Nations
Pan-Europa

Pan-Europa

Explication

Pan-Europa, publié par Richard Coudenhove-Kalergi en 1923, est à l’origine de ce mouvement politique moderne. Le discours sur le lien fédéral renvoie à Briand, tandis que les États-Unis d’Europe sont associés à Churchill.

11. Pour évaluer l’objectif stratégique de la mise en commun du charbon et de l’acier entre la France et l’Allemagne, quel effet recherché faut-il retenir ?

Rendre une nouvelle guerre matériellement impossible et impensable
Accroître la rivalité militaire en garantissant l’indépendance des secteurs
Relancer la production industrielle sans viser les relations entre États
Achever immédiatement une fédération politique européenne générale

Rendre une nouvelle guerre matériellement impossible et impensable

Explication

La mise en commun du charbon et de l’acier visait à rendre une nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne « non seulement impensable mais matériellement impossible ». La relance industrielle seule néglige cet objectif, l’accroissement de la rivalité inverse le mécanisme recherché, et une fédération générale achevée n’était pas le résultat immédiat.

12. Dans un projet européen, une constitution confie directement certaines compétences à des institutions communes prééminentes et limite les pouvoirs des États. Quelle conception ce projet illustre-t-il ?

L’intergouvernementalisme européen
La représentation bicamérale des États
La coopération diplomatique classique
Le fédéralisme européen

Le fédéralisme européen

Explication

Le fédéralisme repose sur des institutions communes qui exercent directement certaines compétences et sur une limitation constitutionnelle des pouvoirs étatiques. L’intergouvernementalisme conserve la maîtrise des traités par les États, la coordination sans transfert ne crée pas de pouvoir commun, et le bicamérisme désigne une modalité de représentation au sein d’une fédération.

13. Une organisation régionale adopte des règles qui s’appliquent directement aux États membres, à leurs institutions et aux individus. Quelle caractéristique la distingue d’une simple organisation de coopération ?

Ses normes peuvent s’appliquer directement aux institutions étatiques et aux individus.
Ses institutions communes suffisent à la définir comme une organisation de coopération.
Ses normes reposent sur la coopération des gouvernements sans effet direct interne.
Ses normes encadrent les États sans concerner leurs institutions ni les individus.

Ses normes peuvent s’appliquer directement aux institutions étatiques et aux individus.

Explication

L’Union ne se réduit pas à une organisation internationale de coopération, car ses normes s’appliquent aussi directement aux institutions des États et aux individus. Limiter leur portée aux États néglige cet effet direct, tandis que la coopération gouvernementale ou la seule présence d’institutions ne rend pas compte de cette distinction.

14. Un membre de la Haute Autorité reçoit de son gouvernement national une instruction sur une décision relevant de la CECA. Quel principe institutionnel s’applique à son rôle ?

Il exerce ses fonctions indépendamment, dans l’intérêt général de la Communauté.
Il défend les intérêts nationaux, dans le cadre du Conseil des ministres.
Il contrôle le respect du traité, au nom de la Cour de justice.
Il applique l’instruction nationale, dans l’intérêt général de son gouvernement.

Il exerce ses fonctions indépendamment, dans l’intérêt général de la Communauté.

Explication

Les membres de la Haute Autorité exercent leurs fonctions dans l’intérêt général de la Communauté et ne reçoivent ni n’acceptent d’instructions nationales. La subordination aux gouvernements inverse cette indépendance, le contrôle du droit relève de la Cour, et la défense des intérêts nationaux contredit leur mandat communautaire.

15. Pour expliquer l’évolution d’institutions européennes apparues à travers plusieurs traités, compromis, innovations et échecs, quelle interprétation convient le mieux ?

Une construction progressive par sédimentation d’expériences et d’accords.
La création spontanée d’institutions sans compromis ni échecs antérieurs.
La mise en œuvre continue d’un projet institutionnel achevé dès l’origine.
La réalisation d’un acte fondateur unique qui fixe les institutions définitives.

Une construction progressive par sédimentation d’expériences et d’accords.

Explication

La construction européenne s’est faite progressivement par sédimentation de traités, de compromis, d’innovations et d’échecs, plutôt que par l’application d’un projet déjà achevé. Le plan préalable, le traité unique et la création spontanée méconnaissent cette évolution historique cumulative.

16. Après une guerre qui a révélé les défaillances de l’État dans la protection des libertés fondamentales, quelle évolution des projets politiques européens est favorisée ?

Un abandon des projets fédéralistes au profit de la souveraineté étatique
Un renforcement des projets fédéralistes comme réponse à la défaillance de l’État
Un retour aux projets fédéralistes comme prolongement de l’État garant unique
Un rassemblement européen limité à la défense contre les nouvelles alliances

Un renforcement des projets fédéralistes comme réponse à la défaillance de l’État

Explication

L’affaiblissement de l’idée que l’État est le garant unique des libertés fondamentales a renforcé les projets fédéralistes. Le maintien de l’État comme garant unique contredit ce mécanisme, tandis que la défense et la souveraineté étatique décrivent d’autres enjeux.

17. Un projet inspiré de la Liga generalis prévoit une assemblée permanente, l’accueil de nouveaux membres, l’autonomie des États, un tribunal indépendant et une armée défensive commune. Quelle logique institutionnelle reprend-il ?

Le règlement des conflits par les souverains sans juridiction indépendante.
La création d’une armée commune pour imposer la paix entre les membres.
L’association de souverains avec autonomie maintenue et défense commune.
La fusion des États dans une autorité centrale qui supprime leur autonomie.

L’association de souverains avec autonomie maintenue et défense commune.

Explication

La Liga generalis associait une assemblée permanente et une possibilité d’élargissement au maintien de l’autonomie des États, à une juridiction indépendante et à une armée commune défensive. La centralisation supprimant l’autonomie, l’absence de juridiction et l’usage de l’armée contre les membres déforment ces éléments.

18. Au congrès de La Haye, tenu moins de trois ans après la Seconde Guerre mondiale, les participants cherchent à concrétiser une politique européenne, mais ne parviennent pas à s’accorder. Quelle explication correspond à cet échec ?

L’opposition à la reconstruction empêche les participants de créer un projet commun
L’opposition entre fédéralistes et intergouvernementalistes empêche un projet commun
L’absence de démarche politique concrète empêche toute discussion sur l’unité
Le désaccord sur les alliances défensives empêche toute proposition fédérale

L’opposition entre fédéralistes et intergouvernementalistes empêche un projet commun

Explication

Le congrès de La Haye est une première manifestation de politique européenne concrète, mais l’opposition entre fédéralistes et intergouvernementalistes fait obstacle à un projet commun. Dire qu’il n’y eut aucune démarche concrète nie son rôle, et les désaccords sur la reconstruction ou les alliances ne sont pas la cause indiquée.

19. Deux États ont créé des institutions communes, mais leurs échanges commerciaux restent faibles. Quel levier de paix Émeric Cruce aurait-il jugé nécessaire de renforcer ?

L’établissement d’un ordre juridique commun entre États libres.
L’interdépendance des États par le commerce.
La formation d’une armée commune pour défendre les États.
La multiplication des institutions communes entre les États.

L’interdépendance des États par le commerce.

Explication

Pour Émeric Cruce, le commerce favorise la paix en créant une interdépendance entre les États, car les seuls liens institutionnels ne suffisent pas. Les institutions seules négligent cette idée, l’armée commune relève d’un autre aspect des projets de paix, et l’ordre juridique commun est associé à Kant.

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Qu’est-ce qui distingue les normes de l’Union européenne de celles d’une organisation internationale de coopération ?

Elles s’appliquent directement aux institutions des États et aux individus.

Comment l’Union européenne s’est-elle construite progressivement ?

Par sédimentation de traités, de compromis, d’innovations et d’échecs.

Sur quel type de projet institutionnel achevé la construction européenne s’est-elle fondée ?

Elle ne s’est pas fondée sur un projet institutionnel achevé.

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