QCM : Origines du droit administratif (17 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Concernant l’arrêt Blanco :

Le Conseil d’État a rendu l’arrêt Blanco le 24 août 1790 à Bordeaux.
Le Tribunal des conflits a rendu l’arrêt Blanco le 8 février 1873 à Bordeaux.
Le Tribunal des conflits a rendu l’arrêt Blanco en 1771 à Paris.
Le juge civil a rendu l’arrêt Blanco le 16 fructidor an III à Bordeaux.
La Cour de cassation a rendu l’arrêt Blanco le 8 février 1873 à Paris.

Le Tribunal des conflits a rendu l’arrêt Blanco le 8 février 1873 à Bordeaux.

Explication

L’arrêt Blanco a été rendu par le Tribunal des conflits le 8 février 1873 à Bordeaux. Les autres propositions attribuent la décision à une juridiction, une date ou un lieu erroné.

2. Parmi les propositions suivantes concernant le statut de l’État dans l’arrêt Blanco, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Lorsqu’il est en cause, l’État relève des principes du Code pénal.
Lorsqu’il est en cause, l’État est jugé selon les règles applicables aux particuliers.
Lorsqu’il est en cause, l’État relève d’un droit et d’un juge spécifiques.
Lorsqu’il est en cause, l’État relève du même juge que les particuliers.
Lorsqu’il est en cause, l’État relève des principes ordinaires du Code civil.

Lorsqu’il est en cause, l’État relève d’un droit et d’un juge spécifiques.

Explication

L’arrêt Blanco distingue la situation de l’État de celle d’un particulier et lui applique un droit ainsi qu’un juge spécifiques. La responsabilité de l’État n’est pas régie par les principes du Code pénal, ni par les règles applicables aux particuliers ou par les principes ordinaires du Code civil. L’État ne relève donc pas du même juge que les particuliers et il n’est pas dépourvu de toute règle de responsabilité.

3. Sous l’Ancien Régime, quelles sont les réponses exactes concernant l’enregistrement et les remontrances ?

L’enregistrement exprimait le refus du parlement de rendre le texte applicable.
L’enregistrement intervenait après les objections adressées au roi.
L’enregistrement rendait les textes royaux applicables et opposables.
Les remontrances permettaient au parlement d’adresser ses objections au roi.
Les remontrances rendaient les ordonnances royales opposables aux sujets.

L’enregistrement rendait les textes royaux applicables et opposables. · Les remontrances permettaient au parlement d’adresser ses objections au roi.

Explication

L’enregistrement rendait les ordonnances et édits royaux applicables et opposables. Les remontrances permettaient au parlement de présenter ses objections au roi. Les autres propositions inversent les fonctions respectives de ces deux mécanismes.

4. En matière de suppression et de rétablissement des parlements, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

Maupeou a tenté de supprimer les parlements en 1771.
Les parlements ont été rétablis trois ans après leur suppression.
Le rétablissement des parlements a suivi l’avènement de Louis XVI.
La suppression des parlements a été conduite par le ministre Maupeou.
Les parlements ont été rétablis en 1771 après l’avènement de Louis XIV.

Maupeou a tenté de supprimer les parlements en 1771. · Les parlements ont été rétablis trois ans après leur suppression. · Le rétablissement des parlements a suivi l’avènement de Louis XVI. · La suppression des parlements a été conduite par le ministre Maupeou.

Explication

En 1771, le ministre et chancelier Maupeou a tenté de supprimer les parlements. Ils furent rétablis trois ans plus tard, après l’avènement de Louis XVI. La dernière proposition confond les dates et les règnes concernés.

5. À propos de la loi des 16 et 24 août 1790 :

Elle date de la période révolutionnaire française.
Elle concerne la répartition des compétences entre autorités judiciaires et administratives.
Elle a séparé les autorités judiciaires et administratives.
Elle constitue une étape de la séparation entre justice et administration.
Elle a interdit au juge judiciaire de s’ingérer dans l’administration.

Elle date de la période révolutionnaire française. · Elle concerne la répartition des compétences entre autorités judiciaires et administratives. · Elle a séparé les autorités judiciaires et administratives. · Elle constitue une étape de la séparation entre justice et administration. · Elle a interdit au juge judiciaire de s’ingérer dans l’administration.

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare les autorités judiciaires et administratives et interdit au juge judiciaire d’intervenir dans l’administration. Elle constitue donc une mesure révolutionnaire fondamentale concernant la répartition de leurs compétences.

6. Concernant le décret du 16 fructidor an III, la(les)quelle(s) est(sont) la(les) proposition(s) exacte(s) ?

Il a interdit aux tribunaux de connaître des actes administratifs.
Il a renforcé la séparation entre justice et administration.
Il a été adopté en 1790 pour séparer les deux autorités.
Il a organisé la responsabilité administrative dans l’arrêt Blanco.
Il a autorisé les tribunaux à examiner les décisions administratives.

Il a interdit aux tribunaux de connaître des actes administratifs. · Il a renforcé la séparation entre justice et administration.

Explication

Le décret du 16 fructidor an III a renforcé la séparation en interdisant aux tribunaux de connaître des actes administratifs. Il ne date pas de 1790, ne correspond pas à l’arrêt Blanco et n’a pas autorisé l’examen judiciaire des actes administratifs.

7. Une administration est partie à un litige et son propre ministre tranche le recours. Cette situation correspond à quelle(s) proposition(s) exacte(s) ?

Le ministre y cumule les fonctions de partie et de juge.
Elle correspond au principe actuel de compétence exclusive du juge administratif.
Elle correspond à une période où l’administration se jugeait elle-même.
Cette pratique a existé pendant plusieurs décennies.
Elle illustre la théorie du ministre-juge.

Le ministre y cumule les fonctions de partie et de juge. · Elle correspond à une période où l’administration se jugeait elle-même. · Cette pratique a existé pendant plusieurs décennies. · Elle illustre la théorie du ministre-juge.

Explication

La théorie du ministre-juge désigne une période durant laquelle l’administration se jugeait elle-même. Le ministre pouvait alors être simultanément partie au procès et juge, pratique qui a duré plusieurs décennies. Cette situation ne décrit pas le principe actuel de compétence du juge administratif.

8. Concernant la compétence du juge administratif reconnue par le Conseil constitutionnel, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

Le juge judiciaire est compétent pour annuler les décisions de puissance publique.
La décision concernée date du 23 janvier 1873.
Le juge administratif est seul compétent pour annuler certains actes administratifs.
La compétence reconnue concerne les contrats conclus entre particuliers.
La décision concernée date du 23 janvier 1996.

Le juge administratif est seul compétent pour annuler certains actes administratifs. · La décision concernée date du 23 janvier 1996.

Explication

Dans sa décision du 23 janvier 1996, le Conseil constitutionnel a reconnu un principe fondamental attribuant au juge administratif la compétence exclusive pour annuler les décisions administratives prises dans l’exercice de la puissance publique. Les autres propositions donnent une date erronée ou attribuent cette compétence au juge judiciaire ou aux litiges privés.

9. Concernant la création du Conseil d’État :

Il était initialement chargé de conseiller le chef de l’État.
Le Conseil d’État a été créé par Napoléon Bonaparte en 1799.
Sa création intervient sous le régime constitutionnel de l’an VIII.
Le Conseil d’État a été créé par Louis-Philippe en 1830.
Sa mission initiale consistait à rendre la justice au nom du peuple français.

Il était initialement chargé de conseiller le chef de l’État. · Le Conseil d’État a été créé par Napoléon Bonaparte en 1799. · Sa création intervient sous le régime constitutionnel de l’an VIII.

Explication

Le Conseil d’État est créé par Napoléon Bonaparte en 1799, sous le régime de l’an VIII, comme organe de conseil du chef de l’État. Sa mission initiale n’était pas encore de rendre la justice au nom du peuple français, fonction liée à la justice déléguée.

10. Parmi les propositions suivantes concernant la justice retenue, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

La justice retenue confie la décision juridictionnelle au Conseil d’État.
La justice retenue correspond à la justice déléguée instaurée en 1872.
La justice retenue est préparée par le Conseil d’État.
La décision demeure entre les mains du pouvoir exécutif.
Le Conseil d’État intervient comme conseiller plutôt que comme juge souverain.

La justice retenue est préparée par le Conseil d’État. · La décision demeure entre les mains du pouvoir exécutif. · Le Conseil d’État intervient comme conseiller plutôt que comme juge souverain.

Explication

Dans la justice retenue, le Conseil d’État prépare la justice, mais la décision reste entre les mains du pouvoir exécutif. Elle se distingue donc de la justice déléguée instaurée en 1872, qui confère au Conseil d’État une véritable fonction juridictionnelle.

11. La loi du 24 mai 1872 a notamment :

Reconnu au Conseil d’État le pouvoir de juger au nom du peuple français.
Rétabli la théorie du ministre-juge dans les litiges administratifs.
Instauré la justice déléguée au Conseil d’État.
Supprimé le Tribunal des conflits de l’organisation juridictionnelle.
Maintenu la décision juridictionnelle entre les mains de l’exécutif.

Reconnu au Conseil d’État le pouvoir de juger au nom du peuple français. · Instauré la justice déléguée au Conseil d’État.

Explication

La loi du 24 mai 1872 instaure la justice déléguée et fait du Conseil d’État une juridiction rendant la justice au nom du peuple français. Elle rétablit également le Tribunal des conflits ; elle ne maintient donc pas la décision dans les mains de l’exécutif et ne supprime pas ce tribunal.

12. Concernant l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

Il concernait une demande d’annulation d’un acte fiscal national.
Il a été rendu le 24 mai 1872 lors de la réforme juridictionnelle.
Il a permis au Conseil d’État de juger directement une demande d’indemnisation.
Il a consacré la justice retenue comme modèle juridictionnel.
Il a confirmé l’intervention obligatoire du ministre-juge.

Il a permis au Conseil d’État de juger directement une demande d’indemnisation.

Explication

Par l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889, le Conseil d’État accepte de juger directement une demande d’indemnisation liée à un licenciement, mettant fin à la théorie du ministre-juge. Cet arrêt ne confirme donc pas l’intermédiaire ministériel et ne correspond ni à la loi de 1872 ni à la justice retenue.

13. À propos de la formule « la compétence commande le fond » :

Le fond détermine la juridiction compétente avant toute analyse juridique.
Le fond renvoie aux règles de droit administratif applicables.
La compétence du juge administratif entraîne l’application du droit administratif.
La compétence désigne les règles matérielles appliquées au litige.
La compétence identifie le juge appelé à connaître du litige.

Le fond renvoie aux règles de droit administratif applicables. · La compétence du juge administratif entraîne l’application du droit administratif. · La compétence identifie le juge appelé à connaître du litige.

Explication

La compétence concerne le juge compétent, tandis que le fond concerne les règles applicables au litige. Lorsque le juge administratif est compétent, le droit administratif s’applique ; le fond ne désigne donc pas la juridiction et la compétence ne désigne pas les règles matérielles.

14. Le droit administratif peut être défini comme :

Une branche juridique qui encadre certaines relations impliquant l’administration.
Un droit mis en œuvre par le juge administratif dans les litiges concernés.
Le droit de l’État applicable aux rapports mettant en cause l’administration.
Un droit distinct des règles ordinaires lorsqu’il régit l’action administrative.
Un ensemble de règles spéciales applicables aux rapports administratifs.

Une branche juridique qui encadre certaines relations impliquant l’administration. · Un droit mis en œuvre par le juge administratif dans les litiges concernés. · Le droit de l’État applicable aux rapports mettant en cause l’administration. · Un droit distinct des règles ordinaires lorsqu’il régit l’action administrative. · Un ensemble de règles spéciales applicables aux rapports administratifs.

Explication

Le droit administratif est le droit de l’État applicable aux rapports mettant en cause l’administration. Il repose sur des règles spéciales, appliquées par le juge administratif dans les litiges relevant de son champ.

15. Quelles sont les réponses exactes au sujet de la dualité des juridictions ?

Elle signifie que le droit administratif repose sur des règles identiques au droit privé.
Elle oppose deux juges dans un même monde juridique.
Elle n’exclut pas les liens entre droit administratif et droit privé.
Elle implique une séparation complète entre droit administratif et droit privé.
Elle correspond à l’isolement absolu du droit administratif à l’égard du droit privé.

Elle oppose deux juges dans un même monde juridique. · Elle n’exclut pas les liens entre droit administratif et droit privé.

Explication

La dualité des juridictions oppose deux juges dans un même monde juridique. Elle n’exclut pas les liens entre le droit administratif et le droit privé. Elle ne signifie donc ni que les deux ordres appliquent des règles identiques, ni qu’il existe une séparation complète ou un isolement absolu du droit administratif à l’égard du droit privé ; le droit administratif possède toutefois des règles propres.

16. Concernant le caractère prétorien du droit administratif :

Son caractère prétorien signifie qu’il applique principalement les règles du Code civil.
Ses règles résultent principalement d’une codification complète du droit administratif.
Son élaboration repose principalement sur les décisions du juge administratif.
Ses règles sont principalement construites par la jurisprudence administrative.
Il se définit par une absence totale d’intervention du juge administratif.

Ses règles sont principalement construites par la jurisprudence administrative.

Explication

Le droit administratif est dit prétorien parce que ses règles sont principalement construites par la jurisprudence du juge administratif. Il ne repose donc ni sur une codification complète, ni sur une application principale du Code civil, et son caractère prétorien suppose au contraire un rôle central du juge.

17. Parmi les propositions suivantes concernant les liens entre droit administratif et droit privé, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

Le droit administratif est principalement construit par la loi.
Le Code civil constitue la source principale des règles administratives.
Le juge administratif peut s’inspirer notamment du Code civil.
L’originalité du droit administratif repose sur une séparation absolue du droit privé.
Le droit privé peut parfois s’inspirer de la jurisprudence administrative.

Le juge administratif peut s’inspirer notamment du Code civil. · Le droit privé peut parfois s’inspirer de la jurisprudence administrative.

Explication

Le juge administratif peut s’inspirer notamment du Code civil, et le droit privé peut parfois s’inspirer de la jurisprudence administrative. Le droit administratif est principalement construit par la jurisprudence, et son originalité ne repose pas sur une séparation absolue du droit privé. Le Code civil ne constitue donc pas la source principale des règles administratives.

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Quand et où le Tribunal des conflits a-t-il rendu l’arrêt Blanco ?

Le 8 février 1873 à Bordeaux.

Quelle décision fondatrice l’arrêt Blanco a-t-il établi ?

La responsabilité administrative et la dualité des juridictions.

Comment l’État est-il jugé lorsqu’il est en cause ?

Selon un droit et un juge spécifiques, pas comme un particulier.

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