★ À maîtriser
L’infraction est un acte contraire à la norme sociale définie à un moment donné dans une société donnée et évolue selon les époques, les sociétés et les technologies.
Le droit pénal poursuit quatre objectifs :
Compléments
Le droit pénal comprend :
Le droit pénal détermine les infractions, les personnes responsables et les sanctions applicables.
★ À maîtriser
Dans Des délits et des peines de 1764, Beccaria défend notamment la légalité des délits et des peines ainsi que leur nécessité.
Le principe de légalité des délits et des peines exige que les incriminations et les peines soient précisément définies et fixées dans un texte écrit antérieur aux faits.
L’article 34 de la Constitution confie à la loi la détermination des crimes, des délits et des peines, tandis que l’article 37 relève les contraventions du pouvoir réglementaire.
Une personne ne peut pas être condamnée pour un comportement qui ne constituait pas une infraction au moment des faits, ni recevoir une sanction non prévue à cette date ou plus sévère que celle alors prévue.
Selon l’article 111-4 du Code pénal, la loi pénale est d’interprétation stricte et le juge ne peut étendre une incrimination par analogie.
Compléments
Le contrat social de Rousseau repose sur l’abandon d’une partie de la liberté naturelle afin de vivre en société et de respecter des règles communes.
L’article 8 de la DDHC de 1789 et l’article 7 de la CEDH consacrent l’exigence de légalité pénale.
📌 Selon l’article 111-3 du Code pénal, nul ne peut être puni pour une infraction ou une peine qui n’est pas prévue par le texte compétent.
📌 La loi pénale doit être claire, précise et sans ambiguïté afin d’exclure l’arbitraire et de définir suffisamment les éléments constitutifs des infractions.
La loi fixe l’infraction et la peine ; le juge interprète strictement, sans étendre par analogie.
★ À maîtriser
📌 En cas de redondance par dérogation, la qualification spéciale prévaut sur la qualification générale, tandis qu’en cas de redondance par inclusion, on retient la qualification qui englobe la totalité des faits.
📌 Les peines de nature différente peuvent se cumuler, tandis que les peines de même nature ne se cumulent en principe pas et que la plus élevée est retenue dans la limite du maximum légal.
Compléments
Les incompatibilités peuvent être liées :
Pour certains faits commis par un dirigeant, l’abus de biens sociaux peut prévaloir sur l’abus de confiance au titre de la redondance par dérogation.
📌 Les peines contraventionnelles se cumulent entre elles et peuvent s’ajouter aux peines prévues pour les crimes et délits en concours.
📌 En cas de poursuites successives, le juge peut ordonner une confusion totale ou partielle des peines de même nature, ou leur cumul dans les limites légales.
Conflit : les qualifications s’excluent ; concours : plusieurs qualifications s’appliquent.
★ À maîtriser
Les lois pénales de fond créent notamment des infractions, des éléments constitutifs, des peines ou des règles de responsabilité, tandis que les lois de forme concernent notamment la procédure et l’organisation judiciaire.
Selon l’article 112-1 du Code pénal, une loi pénale de fond nouvelle ne s’applique qu’aux faits commis après son entrée en vigueur, et la loi ancienne continue de régir les faits antérieurs sauf exception.
La loi pénale plus douce peut s’appliquer aux faits antérieurs lorsque l’affaire n’a pas fait l’objet d’une condamnation définitive, selon le principe de rétroactivité in mitius.
Compléments
📌 Les lois pénales de forme sont en principe d’application immédiate aux procédures en cours, sous réserve des règles particulières prévues par la loi.
Loi de fond : non-rétroactivité, sauf loi plus douce ; loi de forme : application immédiate.
★ À maîtriser
📌 Selon le principe de territorialité et l’article 113-2 du Code pénal, la loi pénale française s’applique aux infractions commises sur le territoire de la République, dès lors qu’un de leurs faits constitutifs y a eu lieu.
📌 Pour les crimes commis à l’étranger par un Français, la loi française peut s’appliquer ; pour les délits, il faut en principe que les faits soient aussi punis dans le pays de commission, selon la réciprocité d’incrimination.
Compléments
📌 Une personne ne peut pas être jugée à nouveau en France pour les mêmes faits si elle a déjà été définitivement jugée à l’étranger, selon les conditions applicables.
📌 Selon l’article 113-7 du Code pénal, la loi pénale française peut s’appliquer aux crimes et délits commis à l’étranger par un Français ou un étranger lorsque la victime est française ; pour les délits, des conditions supplémentaires incluent notamment une peine d’emprisonnement encourue et une plainte ou dénonciation dans les conditions légales.
★ À maîtriser
Selon l’article 111-1 du Code pénal, les infractions sont classées selon leur gravité en crimes, délits et contraventions.
Le crime est l’infraction la plus grave, le délit est de gravité intermédiaire et la contravention est l’infraction la moins grave.
Les contraventions relèvent du tribunal de police, les délits du tribunal correctionnel et les crimes de la cour d’assises ou de la juridiction criminelle compétente selon les cas.
Depuis le 1er mars 2017, la prescription de l’action publique est de 20 ans pour les crimes, 6 ans pour les délits et 1 an pour les contraventions, contre respectivement 10 ans, 3 ans et 1 an avant cette date.
📌 Le délai de prescription commence en principe le jour de la commission de l’infraction, mais il commence au dernier acte pour une infraction d’habitude, à la cessation du comportement pour une infraction continue et peut commencer à la découverte pour une infraction occulte ou dissimulée, dans les limites légales.
Compléments
Les infractions peuvent être classées selon leur nature, leur mode d’exécution ou leur gravité.
Les infractions politiques portent directement atteinte à un intérêt ou à une prérogative de nature politique, tandis que les infractions militaires correspondent notamment à des manquements au devoir ou à la discipline militaire prévus par le Code de justice militaire.
Les infractions terroristes relèvent d’un régime particulier en raison de leur gravité et de leur lien avec une entreprise visant à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.
La classification tripartite détermine notamment la nature et le niveau des peines encourues.
📌 L’acquittement est la décision de non-culpabilité en matière criminelle, tandis que la relaxe est la décision de non-culpabilité en matière délictuelle ou contraventionnelle.
Selon les articles 6 à 9 du Code de procédure pénale, l’action publique peut notamment s’éteindre par la mort du prévenu et se prescrit selon les délais prévus pour les crimes, délits et contraventions.
Pour les délits de presse, le délai de prescription est raccourci à trois mois selon les règles applicables.
📌 Un obstacle de droit empêche temporairement les poursuites, tandis qu’un obstacle de fait empêchant totalement la découverte de l’infraction peut empêcher le délai de commencer à courir.
★ À maîtriser
Compléments
Chaque infraction correspond à une qualification pénale prévue par un article du Code pénal.
L’article 221-1 du Code pénal définit le meurtre comme le fait de donner volontairement la mort à autrui.
Selon l’article 311-1 du Code pénal, le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui.
Toute infraction nécessite la preuve d’un acte matériel.
★ À maîtriser
📌 Le comportement infractionnel peut être actif, par commission, ou passif, par omission ou inertie, selon la définition légale du comportement prohibé.
📌 Une infraction instantanée se réalise en un seul instant, une infraction permanente prolonge ses effets sans nouvelle intervention de l’auteur et une infraction continue prolonge ses effets par une volonté réitérée de l’auteur.
📌 Certaines infractions exigent un résultat précis, tandis que d’autres sont constituées dès la réalisation du comportement interdit même si le résultat dommageable attendu ne survient pas.
Compléments
L’escroquerie et l’extorsion sont des exemples d’infractions complexes, tandis que le harcèlement téléphonique et les menaces répétées sont des exemples d’infractions d’habitude.
Le meurtre, le vol et les violences sont des exemples d’infractions instantanées ; la bigamie et la discrimination sont des exemples d’infractions permanentes ; le recel et la séquestration sont des exemples d’infractions continues.
📌 Une infraction occulte ne peut être connue de la victime ou de l’autorité judiciaire en raison de ses éléments constitutifs, tandis qu’une infraction dissimulée voit ses conséquences délibérément cachées par son auteur.
L’abus de confiance et la tromperie dans une affaire commerciale sont des exemples d’infractions occultes ; la corruption, le favoritisme, la prise illégale d’intérêts et l’abus de biens sociaux sont des exemples d’infractions dissimulées.
La mort involontaire peut résulter notamment :
La non-dénonciation d’un crime, prévue par l’article 434-1 du Code pénal, et l’omission de porter secours, prévue par l’article 223-6, sont des infractions de pure omission.
📌 Le lien entre le comportement et le résultat doit être établi lorsque l’infraction exige un résultat.
Infraction instantanée : un instant ; continue : le comportement se prolonge par la volonté de l’auteur.
📌 Pour que la tentative soit punissable, l’interruption ou l’échec doit résulter de circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur.
★ À maîtriser
📌 Certaines infractions non intentionnelles peuvent être constituées sans volonté de produire le résultat dommageable, à condition d’établir une faute non intentionnelle prévue par la loi.
📌 Pour certaines infractions non intentionnelles, notamment lorsque l’auteur n’a pas directement causé le dommage, la loi exige une faute qualifiée telle qu’une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité ou une faute caractérisée exposant autrui à un risque d’une particulière gravité que l’auteur ne pouvait ignorer.
Compléments
📌 Le mobile est la raison personnelle qui pousse une personne à agir et se distingue en principe de l’intention ; il est indifférent pour caractériser l’infraction, sauf disposition particulière.
Dol général : volonté de l’acte ; faute non intentionnelle : imprudence ou négligence.
★ À maîtriser
Selon l’article 121-1 du Code pénal, nul n’est responsable pénalement que de son propre fait.
La complicité est encadrée par les articles 121-6 et 121-7 du Code pénal et permet de punir la participation à une infraction sans réalisation matérielle nécessaire par le complice.
La complicité suppose :
📌 Selon l’article 121-6 du Code pénal, le complice est puni comme auteur sous réserve des règles légales applicables.
Compléments
📌 La validité de la délégation de pouvoirs suppose notamment un délégataire compétent disposant de l’autorité et des moyens nécessaires, et elle peut avoir des conséquences sur l’imputation de la responsabilité pénale.
📌 La bande organisée constitue une circonstance aggravante pour certaines infractions et est encadrée par l’article 132-71 du Code pénal.
★ À maîtriser
📌 Selon l’article 121-2 du Code pénal, les personnes morales peuvent être pénalement responsables des infractions commises pour leur compte par leurs organes ou représentants.
📌 L’engagement de la responsabilité pénale d’une personne morale suppose une infraction commise par un organe ou un représentant pour le compte de cette personne morale, dans les conditions de l’article 121-2 du Code pénal.
Compléments
📌 La responsabilité pénale de la personne morale n’exclut pas nécessairement celle de la personne physique ayant participé aux faits.
★ À maîtriser
📌 Selon l’article 122-4 du Code pénal, une personne n’est pas pénalement responsable lorsqu’elle accomplit un acte prescrit ou autorisé par des dispositions législatives ou réglementaires, à condition de respecter les limites de l’autorisation.
📌 Selon l’article 122-4 du Code pénal, l’acte commandé par une autorité légitime peut exonérer son auteur, sauf s’il est manifestement illégal.
Compléments
📌 La protection pénale des lanceurs d’alerte prévue par l’article 122-9 du Code pénal s’applique sous certaines conditions aux actes nécessaires au signalement ou à la divulgation d’informations répondant aux critères légaux.
★ À maîtriser
Les causes subjectives d’irresponsabilité pénale sont liées à la situation personnelle de l’auteur au moment des faits, tandis que les causes objectives sont liées aux circonstances dans lesquelles l’acte a été commis.
Selon l’article 122-1 du Code pénal, l’abolition du discernement au moment des faits exclut la responsabilité pénale, tandis que son altération maintient la responsabilité mais peut avoir des conséquences sur la peine.
Selon l’article 122-2 du Code pénal, la contrainte peut écarter la responsabilité si la personne a agi sous l’empire d’une force ou d’une contrainte à laquelle elle n’a pu résister.
Selon l’article 122-3 du Code pénal, l’erreur sur le droit exonère si la personne a cru légitimement pouvoir accomplir l’acte en raison d’une erreur qu’elle n’était pas en mesure d’éviter.
Seuls les mineurs capables de discernement peuvent être déclarés pénalement responsables des crimes, délits et contraventions qu’ils ont commis, conformément à l’article 122-8 du Code pénal et au Code de la justice pénale des mineurs.
Les mineurs de moins de 13 ans sont présumés ne pas être capables de discernement, tandis que les mineurs âgés d’au moins 13 ans sont présumés capables de discernement.
La justice pénale des mineurs donne la primauté à l’éducatif, notamment au relèvement éducatif et moral du mineur et à la prévention de la récidive.
📌 Aucune peine ne peut être prononcée contre un mineur de moins de 13 ans ; seules des mesures éducatives peuvent être prononcées.
📌 Pour les mineurs de 13 à 16 ans, l’atténuation de la peine est en principe obligatoire et la peine encourue est réduite de moitié par rapport à celle d’un majeur.
Compléments
L’erreur sur le droit doit être :
Une erreur de fait peut, dans certaines situations, exclure l’intention ou la faute nécessaire à la caractérisation de l’infraction.
Le discernement est apprécié notamment à partir :
📌 Pour les mineurs âgés de plus de 16 ans, la juridiction peut écarter l’atténuation de peine dans certaines conditions par une décision spécialement motivée.
Abolition du discernement : irresponsabilité ; altération : responsabilité maintenue, avec effet possible sur la peine.
★ À maîtriser
En matière correctionnelle, les principales peines sont :
Selon l’article 131-13 du Code pénal, l’amende contraventionnelle est la peine principale en matière contraventionnelle et il existe cinq classes de contraventions.
📌 Une peine d’emprisonnement ne peut pas être prononcée contre une personne morale.
📌 Le principe d’individualisation impose à la juridiction de prononcer une peine dans les limites légales en déterminant notamment sa nature, son montant ou sa durée et son régime d’exécution.
📌 La peine s’éteint en principe par son exécution, mais d’autres circonstances peuvent entraîner son extinction ou modifier certains effets de la condamnation.
Compléments
En matière criminelle, les peines principales sont la réclusion criminelle et la détention criminelle pour les crimes politiques, selon l’échelle prévue par l’article 131-1 du Code pénal.
Les peines alternatives comprennent :
Les peines complémentaires peuvent notamment être :
Les sanctions des personnes morales comprennent notamment :
Qualifications et concours
| Notion | Configuration | Effet |
|---|---|---|
| Conflit de qualifications | Qualifications incompatibles ou redondantes | Certaines qualifications s’excluent |
| Concours réel | Plusieurs infractions avant condamnation définitive | Plusieurs infractions sont en cause |
| Concours idéal | Un fait unique, plusieurs qualifications protégeant des intérêts distincts | Plusieurs qualifications peuvent s’appliquer |
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1. Quelle définition décrit le droit pénal ?
2. Un comportement est pénalement interdit dans une société à une époque donnée, mais ne l’était pas dans une autre société ou à une époque antérieure. Quelle idée cette variation illustre-t-elle ?
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Qu’est-ce que le droit pénal ?
L’ensemble des règles régissant la réponse de la société à un comportement défini comme antisocial.
Comment évolue l’infraction selon le contexte ?
Selon les époques, les sociétés et les technologies.
Quel objectif du droit pénal concerne les valeurs essentielles de la société ?
Définir ces valeurs essentielles.
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