QCM : Principes fondamentaux du droit administratif — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel concept désigne une entité dotée de personnalité juridique et poursuivant l’intérêt général plutôt que des intérêts privés ?

Une personne privée chargée d’une mission administrative
Une mesure d’ordre intérieur
Une institution administrative
Une personne publique

Une personne publique

Explication

Une personne publique est définie par sa personnalité juridique et sa finalité d’intérêt général. Une institution administrative est au contraire un organe non personnalisé agissant au nom d’une personne morale.

2. Quel critère permet de rattacher un acte au droit administratif lorsqu’il repose sur l’usage de prérogatives exorbitantes de droit commun ?

La libre administration
La publicité de l’acte
La motivation explicite
La puissance publique

La puissance publique

Explication

La puissance publique correspond à un pouvoir juridique exorbitant permettant d’imposer sa volonté aux administrés. Le cours précise que l’emploi de prérogatives de puissance publique peut fonder la qualification d’acte administratif.

3. Quelle juridiction est chargée de trancher les conflits de compétence entre l’ordre judiciaire et l’ordre administratif ?

Le Tribunal des conflits
Le Conseil constitutionnel
Le Conseil d’État
La Cour de cassation

Le Tribunal des conflits

Explication

Le Tribunal des conflits tranche les conflits de compétence entre les deux ordres, sans nécessairement juger le fond du litige. Le Conseil d’État est la juridiction suprême de l’ordre administratif, mais pas l’arbitre des conflits entre ordres.

4. Quel arrêt marque l’affirmation de la compétence de droit commun du Conseil d’État en matière contentieuse ?

Cadot
Blanco
Nicolo
Arrighi

Cadot

Explication

L’arrêt Cadot consacre la compétence de droit commun du Conseil d’État. Blanco concerne surtout la responsabilité liée au service public, tandis qu’Arrighi porte sur l’écran législatif.

5. Que signifie la théorie de l’écran législatif en contentieux administratif ?

Le juge administratif ne contrôle que les actes réglementaires et jamais les décisions individuelles
Le juge refuse de contrôler la constitutionnalité d’une loi lorsqu’il est saisi d’un acte pris sur son fondement
Le juge contrôle directement la loi dès qu’un acte administratif la met en œuvre
Le juge ne peut jamais interpréter une norme constitutionnelle

Le juge refuse de contrôler la constitutionnalité d’une loi lorsqu’il est saisi d’un acte pris sur son fondement

Explication

L’écran législatif conduit le juge à ne pas contrôler la constitutionnalité de la loi lorsqu’il examine un acte pris sur son fondement. Il peut seulement contrôler ce qui ne tire pas son contenu de la loi.

6. Dans quel cadre le juge administratif peut-il annuler un acte administratif pour contrariété à une norme constitutionnelle ?

Seulement si le Conseil constitutionnel a déjà censuré la loi
Par une action directe contre la loi
À l’occasion d’un recours dirigé contre cet acte
Uniquement après transmission d’une QPC

À l’occasion d’un recours dirigé contre cet acte

Explication

Le juge administratif peut contrôler la conformité d’un acte administratif aux normes constitutionnelles lorsqu’il est saisi d’un recours contre cet acte. En revanche, il ne connaît pas directement de la constitutionnalité des lois par voie d’action.

7. Quel recours permet de faire examiner la constitutionnalité d’une disposition législative applicable au litige par le Conseil constitutionnel ?

La question prioritaire de constitutionnalité
L’exception d’illégalité
Le recours pour excès de pouvoir
Le recours hiérarchique

La question prioritaire de constitutionnalité

Explication

La QPC est la procédure qui permet de soumettre au Conseil constitutionnel une disposition législative invoquée dans un litige. Le recours pour excès de pouvoir vise l’annulation d’un acte administratif, non le contrôle de constitutionnalité d’une loi.

8. Quelle exigence conditionne la transmission d’une QPC au Conseil constitutionnel ?

La publication au Journal officiel du recours
Le caractère sérieux de la question
La signature manuscrite de la loi
L’existence d’un référé préalable

Le caractère sérieux de la question

Explication

La QPC doit présenter un caractère sérieux pour être transmise au Conseil constitutionnel. À défaut, la juridiction de filtrage peut écarter la demande.

9. Quel arrêt admet le contrôle de conventionnalité d’une loi par le juge administratif par voie d’exception ?

Arcelor
Sarran et Levacher
Nicolo
Allenbach

Nicolo

Explication

L’arrêt Nicolo reconnaît au juge administratif la possibilité de contrôler la conventionnalité d’une loi par voie d’exception. Sarran et Levacher affirme au contraire la supériorité de la Constitution sur les traités.

10. Quelle règle résulte du principe selon lequel les traités ne priment pas sur la Constitution ?

Un traité contraire à la Constitution ne peut pas être ratifié sans révision constitutionnelle préalable
Le traité prime sur la Constitution dès sa publication
Le juge administratif doit toujours écarter la Constitution au profit du traité
Toute loi contraire à un traité doit être automatiquement annulée par le Conseil constitutionnel

Un traité contraire à la Constitution ne peut pas être ratifié sans révision constitutionnelle préalable

Explication

Le cours indique qu’aucun traité ne peut être ratifié s’il est contraire à la Constitution, ce qui implique une révision constitutionnelle préalable. Les arrêts Sarran et Levacher ainsi que Mlle Fraisse confirment que la Constitution reste supérieure aux traités.

11. Quel principe explique que les traités ne peuvent pas l’emporter sur la Constitution en cas de contradiction ?

L’égalité de rang entre la Constitution et les traités
La primauté absolue du droit international sur toute norme interne
La compétence exclusive du juge judiciaire pour écarter un traité
La supériorité de la Constitution sur les traités

La supériorité de la Constitution sur les traités

Explication

La Constitution demeure supérieure aux traités : si une contradiction existe, le traité ne peut pas prévaloir. Le cours rattache cette solution notamment à Sarran et Levacher ainsi qu’à Mlle Fraisse.

12. Dans quel cas le juge administratif admet-il en principe le contrôle de conventionnalité d’une loi ?

Dès qu’une partie invoque une atteinte à la Constitution
Seulement si la loi est postérieure au traité invoqué
Lorsque la loi est contestée par voie d’exception dans un litige
Uniquement lorsque la loi a été votée à la majorité qualifiée

Lorsque la loi est contestée par voie d’exception dans un litige

Explication

Depuis Nicolo, le juge administratif peut écarter par voie d’exception une loi incompatible avec un traité. Il ne s’agit pas d’un contrôle direct de constitutionnalité, mais d’un contrôle de conventionnalité.

13. Quelle affirmation décrit le mieux un principe général du droit ?

Une règle dégagée par le juge pour combler une lacune du droit écrit
Une règle écrite exclusivement dans les codes
Une norme réservée aux actes réglementaires internationaux
Une disposition qui ne s’applique qu’en contentieux pénal

Une règle dégagée par le juge pour combler une lacune du droit écrit

Explication

Un principe général du droit est une règle jurisprudentielle dégagée par le juge afin de compléter le droit écrit. Le cours l’illustre notamment avec Dame veuve Trompier-Gravier.

14. Quelle est la portée habituelle des règles générales de procédure ?

Elles lient aussi les actes réglementaires sans exception
Elles s’imposent seulement lorsque la loi le prévoit expressément
Elles sont supplétives et cèdent devant une loi ou un règlement contraire
Elles ne concernent que les juridictions judiciaires

Elles sont supplétives et cèdent devant une loi ou un règlement contraire

Explication

Les règles générales de procédure ont une portée supplétive : elles s’appliquent en l’absence de texte contraire, mais cèdent si une loi ou un règlement y déroge. Le cours cite l’exemple de Lang.

15. Que permet en principe le silence gardé par l’administration pendant deux mois sur une demande complète ?

Un renvoi obligatoire devant le juge administratif
Un rejet implicite de la demande
Une suspension automatique de la procédure
Une acceptation implicite de la demande

Une acceptation implicite de la demande

Explication

Depuis la réforme du 12 novembre 2013, le silence de l’administration vaut en principe acceptation après deux mois à compter de la réception d’un dossier complet. C’est l’inverse de l’ancien réflexe du rejet implicite.

16. Quel effet juridique caractérise un avis conforme ?

Il laisse à l’administration une liberté totale de décision
Il se substitue automatiquement à la décision administrative
Il n’a qu’une valeur purement indicative
Il lie l’auteur de l’acte et conditionne la légalité de la décision

Il lie l’auteur de l’acte et conditionne la légalité de la décision

Explication

L’avis conforme est obligatoire et lie l’auteur de l’acte, ce qui limite fortement sa marge d’appréciation. À l’inverse, un avis simple n’impose pas le contenu final de la décision.

17. Quel acte a pour fonction principale d’exposer l’interprétation et les orientations retenues par une autorité administrative ?

L’acte réglementaire
La décision implicite
La circulaire
La mesure d’ordre intérieur

La circulaire

Explication

La circulaire sert à expliquer l’interprétation administrative et à donner des orientations d’application. Le cours précise que certaines circulaires peuvent produire des effets notables et devenir contestables.

18. Quelle caractéristique distingue un acte réglementaire d’un acte non réglementaire ?

Il est signé par un ministre
Il s’applique à une situation individuelle déterminée
Il ne peut jamais être contesté
Il présente une portée générale et impersonnelle

Il présente une portée générale et impersonnelle

Explication

Un acte réglementaire se définit par sa portée générale et impersonnelle, destinée à des situations indéterminées. C’est ce critère qui le distingue des actes individuels ou des mesures internes.

19. Quel principe signifie qu’un acte administratif ne produit pas d’effets dans le passé ?

Le retrait des actes créateurs de droits
Le privilège du préalable
La publicité des actes
La non-rétroactivité des actes

La non-rétroactivité des actes

Explication

La non-rétroactivité interdit en principe à un acte administratif de s’appliquer à une période antérieure à son édiction. Le cours rappelle toutefois qu’il existe des exceptions admises par le juge.

20. Quel délai encadre en principe le retrait d’un acte créateur de droits illégal ?

Six mois à compter de son exécution
Quatre mois à compter de sa naissance
Deux mois à compter de sa publicité
Un mois à compter de sa signature

Quatre mois à compter de sa naissance

Explication

Depuis l’arrêt Ternon, le retrait d’un acte créateur de droits illégal est encadré par un délai de quatre mois à compter de la naissance de la décision. Ce régime est aussi repris par le CRPA.

21. Quel effet juridique produit en principe la publicité d’un acte administratif unilatéral ?

Elle rend l’acte opposable aux administrés
Elle conditionne l’existence juridique de l’acte
Elle suspend automatiquement l’exécution de l’acte
Elle fait courir le délai de retrait de quatre mois

Elle rend l’acte opposable aux administrés

Explication

La publicité sert à rendre l’acte opposable, sans conditionner son existence. Elle n’emporte pas, à elle seule, suspension de l’acte ni délai de retrait.

22. Quel est le délai de retrait d’un acte créateur de droits illégal ?

Deux mois à compter de la réponse au recours gracieux
Deux mois à compter de la publicité de l’acte
Quatre mois à compter de la naissance de la décision
Quatre mois à compter de sa publication au recueil

Quatre mois à compter de la naissance de la décision

Explication

Le retrait d’un acte créateur de droits illégal est encadré par un délai de quatre mois à compter de la naissance de la décision. Le délai de deux mois correspond au recours pour excès de pouvoir, pas au retrait.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 22 flashcards sur Principes fondamentaux du droit administratif.

Personnes publiques — définition ?

Entités dotées de personnalité juridique visant l’intérêt général.

Institution administrative — rôle ?

Organe non personnalisé agissant au nom d’une personne publique.

Dédoublement fonctionnel — concept ?

Une même institution peut agir comme organe public ou étatique.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Principes fondamentaux du droit administratif.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM