Fiche de révision : Régimes parlementaires et révision constitutionnelle

Plan du Cours

  1. Le régime parlementaire allemand
  2. Les mutations des régimes parlementaires européens
  3. Le régime directorial suisse
  4. La procédure et l’objet de la révision
  5. L’initiative et la discussion des révisions
  6. Adoption des révisions constitutionnelles
  7. Limites et contrôle de la révision
  8. Modèle européen de justice constitutionnelle
  9. Origines et diffusion du modèle kelsénien
  10. Fonctions de la justice constitutionnelle
  11. Montée en puissance des juges
  12. Consécration du pouvoir juridictionnel

Repères chronologiques

  1. 1 octobre 1920La Constitution autrichienne crée la Haute Cour constitutionnelle, composée de quatorze membres élus à vie : le président et le vice-président par le Conseil national, et les douze autres membres pour moitié par le Conseil national et pour moitié par le Conseil fédéral.
  2. 1958L’adoption de la nouvelle Constitution par référendum constituant a validé l’emploi de la voie de révision pour changer de Constitution.
  3. 1982Helmut Kohl a remplacé Helmut Schmidt à la chancellerie grâce à la motion de défiance constructive.
  4. 8 mars 2024La 25e révision constitutionnelle a inscrit l’IVG dans la compétence du législateur à l’article 34.

1. Le régime parlementaire allemand

Notions clés & Définitions

  • Parlementarisme rationalisé : Régime parlementaire où la Constitution encadre précisément les relations entre le gouvernement et le Parlement.

★ À maîtriser

  • La Loi fondamentale du 23 mai 1949 organise le régime parlementaire allemand dans le but de prévenir l’instabilité gouvernementale associée à la République de Weimar (1919-1933).

📌 Le président fédéral allemand est le chef de l’État et exerce principalement des fonctions de représentation, tandis que le chancelier est le chef du gouvernement et détient l’essentiel du pouvoir politique.

  • Élu par le Bundestag, le chancelier détermine les grandes orientations de la politique gouvernementale selon l’article 65 de la Loi fondamentale, et les ministres conduisent leurs départements dans ce cadre.

📌 Selon l’article 67 de la Loi fondamentale, le Bundestag ne peut renverser le chancelier qu’en élisant simultanément son successeur à la majorité absolue de ses membres, par une motion de défiance constructive.

📌 Selon l’article 68 de la Loi fondamentale, si la majorité absolue des députés refuse sa confiance au chancelier, le président fédéral peut dissoudre le Bundestag sur proposition de celui-ci.

  • Le système électoral allemand est une représentation proportionnelle personnalisée dans laquelle chaque électeur dispose de deux voix : une pour un candidat de circonscription et une pour la liste d’un parti.

  • Les partis allemands forment généralement des coalitions après les élections en négociant un programme commun et la répartition des responsabilités ministérielles afin de soutenir l’action du chancelier.

  • Le Bundestag représente les citoyens et le Bundesrat représente les gouvernements des Länder ; le Bundesrat participe à l’adoption des lois fédérales et doit approuver certaines lois touchant aux compétences ou aux finances des Länder.

Compléments

  • En décembre 2024, après la rupture de la coalition dirigée par Olaf Scholz, la dissolution du Bundestag a conduit à des élections législatives anticipées le 23 février 2025.

📌 Depuis la réforme électorale de 2023, appliquée pour la première fois en 2025, la seconde voix détermine la répartition des sièges entre les partis et un seuil électoral de 5 % limite la dispersion, sous réserve de certaines exceptions.

  • Le 9 avril 2025, la CDU/CSU et le SPD ont présenté un accord de coalition après les élections anticipées du 23 février 2025.

  • Le 6 mai 2025, Friedrich Merz a été élu chancelier fédéral après deux tours de scrutin au Bundestag.

Astuce mémo

La censure constructive remplace un chancelier ; la confiance peut ouvrir la voie à la dissolution.

2. Les mutations des régimes parlementaires européens

★ À maîtriser

  • Au cours du XXe siècle, plusieurs régimes parlementaires européens ont concentré davantage de pouvoir au profit de l’exécutif, donnant une position centrale au chef du gouvernement et favorisant la personnalisation du pouvoir.

📌 La présidentialisation désigne une transformation des rapports politiques au sein du régime parlementaire et ne signifie pas que celui-ci devient un régime présidentiel.

  • La fragmentation des assemblées, la progression de nouveaux partis, la volatilité électorale et l’affaiblissement de clivages traditionnels rendent plus difficile l’obtention d’une majorité absolue par un seul parti et favorisent coalitions ou gouvernements minoritaires soutenus par des accords.

📌 Un accord de gouvernement définit des orientations communes et répartit les responsabilités ministérielles, mais sa conclusion ne garantit pas la stabilité de la coalition, qui dépend de la capacité des partenaires à résoudre leurs désaccords.

Compléments

  • Le fonctionnement des démocraties modernes dépend notamment de :

    • système partisan
    • modes de scrutin
    • rapports sociaux
    • structure des assemblées
    • forme territoriale de l’État
  • La Constitution française de 1958 a renforcé les moyens d’action du gouvernement envers le Parlement, notamment par l’article 49, alinéa 3, et le vote bloqué de l’article 44, alinéa 3.

  • Dans les assemblées fragmentées, les partis charnières peuvent gagner en influence et les chefs de gouvernement doivent négocier avec des partenaires dont le soutien n’est pas toujours acquis.

📌 Un chef de gouvernement peut rester la figure centrale de la communication politique tout en ne disposant pas d’une majorité assez cohérente pour mettre en œuvre l’ensemble de son programme.

Astuce mémo

Fragmentation des partis → négociations accrues et majorités moins prévisibles.

3. Le régime directorial suisse

Notions clés & Définitions

  • Régime directorial : Régime qui confie la fonction exécutive à un collège dont les membres l’exercent collectivement, plutôt qu’à un chef unique.
  • Concordance : Pratique politique consistant à associer les principales forces politiques à la direction du pays.

★ À maîtriser

  • Le régime directorial repose sur trois piliers :

    • un exécutif collégial
    • une responsabilité politique diffuse
    • une culture du compromis
  • Le modèle contemporain le plus abouti du régime directorial est la Suisse, où le Conseil fédéral fonctionne comme un exécutif collégial stable.

  • La Constitution fédérale suisse du 18 avril 1999 organise un système associant démocratie directe, fédéralisme et collégialité.

  • Le Conseil fédéral comprend sept membres élus pour quatre ans par l’Assemblée fédérale et il n’existe pas de Premier ministre en Suisse.

  • Les conseillers fédéraux dirigent chacun un département et participent collectivement aux décisions gouvernementales selon le principe de collégialité.

📌 Le Conseil fédéral ne peut pas être renversé par le Parlement au cours de son mandat et ses membres ne sont pas politiquement responsables devant l’Assemblée fédérale selon les mécanismes parlementaires classiques.

  • Le Parlement suisse comprend le Conseil national, qui représente la population, et le Conseil des États, qui représente les cantons ; les deux chambres disposent en principe de pouvoirs législatifs équivalents.

📌 Les cantons suisses exercent toutes les compétences que la Constitution n’attribue pas à la Confédération, qui doit respecter leur autonomie et leurs compétences.

📌 La possibilité de contester une loi par référendum facultatif incite les autorités suisses à rechercher un soutien suffisamment large avant son adoption, sans supprimer les conflits politiques.

Compléments

  • La viabilité du régime directorial suppose notamment :

    • un système partisan stabilisé
    • une forte homogénéité culturelle
    • une tradition de démocratie consensuelle
    • une acceptation sociale de la collégialité
  • Les citoyens suisses élisent le Conseil national et peuvent participer à la production normative par l’initiative populaire et le référendum obligatoire ou facultatif.

  • Berne est officiellement la ville fédérale et accueille les principales institutions suisses, mais la Suisse ne désigne officiellement aucune capitale.

📌 Le président de la Confédération est élu pour un an parmi les conseillers fédéraux et assure principalement représentation et coordination, sans autorité hiérarchique sur les autres membres.

  • La formule magique a longtemps servi de règle de répartition des sièges au Conseil fédéral entre les grands partis, sans être imposée par la Constitution et en évoluant avec les rapports de force politiques.

4. La procédure et l’objet de la révision

Notions clés & Définitions

  • Révision constitutionnelle : Procédure encadrée par la Constitution qui permet de modifier les lois constitutionnelles écrites par l’adoption d’une loi constitutionnelle.
  • Pouvoir de révision : Pouvoir politique institué par la Constitution pour la modifier selon des conditions juridiques de forme, de procédure et parfois de fond.

★ À maîtriser

  • La révision désigne l’acte procédural de modification de la Constitution, tandis que la réforme constitutionnelle désigne le résultat de cette modification.

  • L’écriture originaire d’une Constitution est globale, tandis que la révision modifie la Constitution de manière partielle et doit tenir compte de son économie générale.

  • Le pouvoir constituant originaire établit une Constitution en échappant au droit préexistant, tandis que le pouvoir de révision agit selon les modalités prévues par la Constitution en vigueur.

Compléments

  • Le Conseil constitutionnel français a affirmé, dans sa décision n°92-312 DC (Maastricht 2, considérant n°19), que le pouvoir constituant est souverain et peut introduire des dispositions dérogeant à une règle ou à un principe constitutionnel.

  • La décision du Conseil constitutionnel du 2 septembre 1992 rappelle que la révision ne peut être engagée ou poursuivie durant certaines périodes prévues aux articles 7, 16 et 89, alinéa 4, et que l’article 89, alinéa 5, interdit de réviser la forme républicaine du gouvernement.

  • Selon la doctrine formaliste française exposée par Léon Duguit à propos de la loi de 1884 et reprise par le doyen Vedel, le pouvoir de révision ne connaît pas de limite matérielle, car la Constitution ne peut donner à certaines de ses dispositions une valeur supérieure à la Constitution elle-même.

  • Le contrôle de constitutionnalité peut porter sur la procédure de révision et, comme en Allemagne, interdire la révision de droits fondamentaux.

  • Une révision destinée à surmonter une décision juridictionnelle peut devoir modifier plusieurs dispositions ou désactiver le raisonnement combiné du juge, notamment lorsque celui-ci mobilise des principes transversaux ou des objectifs de valeur constitutionnelle.

Astuce mémo

La révision modifie partiellement ; l’écriture originaire établit globalement la Constitution.

5. L’initiative et la discussion des révisions

★ À maîtriser

  • En France, l’article 89 attribue concurremment l’initiative de la révision au président de la République sur proposition du Premier ministre et aux parlementaires.

  • En France, l’article 89 exige que les deux assemblées adoptent le projet ou la proposition de révision en termes identiques et ne permet pas de dépasser un refus du Sénat.

  • En Allemagne, l’article 79, alinéa 2, exige l’approbation de la révision par les deux tiers des membres du Bundestag et les deux tiers des voix du Bundesrat.

  • En Italie, l’article 138 impose deux délibérations successives dans chacune des deux Chambres, séparées d’au moins trois mois, et une majorité absolue des membres de chaque Chambre lors de la seconde délibération.

  • En Espagne, la procédure ordinaire requiert une majorité des trois cinquièmes dans chaque Chambre, tandis que la procédure aggravée exige deux tiers, dissolution des Cortes et nouvelle adoption par les nouvelles assemblées.

Compléments

  • En pratique, l’exécutif et plus précisément le président de la République joue un rôle décisif dans l’engagement des révisions importantes en France.

  • En Allemagne, l’initiative de la révision est partagée entre le gouvernement fédéral, le Bundestag et le Bundesrat, sans rôle particulier du président fédéral.

  • En Italie, l’initiative de la révision appartient aux parlementaires et au gouvernement, tandis que le président de la République n’intervient pas dans l’initiative.

  • En Espagne, l’initiative de révision est partagée entre le gouvernement, le Congrès des députés, le Sénat et les assemblées des Communautés autonomes, et le Roi n’a aucun pouvoir d’initiative.

📌 L’Espagne distingue une procédure ordinaire et une procédure aggravée de révision, cette dernière concernant les dispositions essentielles et obéissant à des conditions d’initiative spécifiques.

6. Adoption des révisions constitutionnelles

★ À maîtriser

📌 En France, l’article 89 permet au Président de la République de soumettre un projet de loi constitutionnelle à référendum, mais le Congrès peut aussi l’adopter définitivement à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

📌 En Allemagne, la révision constitutionnelle est exclusivement parlementaire et le référendum est exclu, sauf pour une nouvelle délimitation territoriale des Länder.

  • Le référendum peut être demandé par :
    • un cinquième des membres d’une Chambre
    • cinq cent mille électeurs
    • cinq Conseils régionaux

📌 En Espagne, la procédure ordinaire n’impose pas de référendum, mais celui-ci peut être demandé par un dixième des membres du Congrès.

📌 En Espagne, la procédure aggravée rend le référendum obligatoire après la seconde adoption par les nouvelles Cortes.

Compléments

📌 En Italie, aucun référendum n’est possible si la loi de révision a été adoptée à la majorité des deux tiers lors de la seconde délibération dans chaque Chambre.

7. Limites et contrôle de la révision

★ À maîtriser

  • Les principes essentiels protégés comprennent :

    • la dignité humaine
    • la démocratie
    • l’État de droit
    • le fédéralisme
    • la séparation des pouvoirs
  • La Cour constitutionnelle fédérale allemande contrôle strictement le respect de la clause d’éternité et peut censurer une révision qui la méconnaît.

📌 Depuis l’arrêt Kesavananda Bharati (1973), la Cour suprême indienne interdit toute révision portant atteinte à la structure fondamentale de la Constitution.

  • Dans sa décision du 26 mars 2003, le Conseil constitutionnel se déclare incompétent pour statuer sur une loi constitutionnelle, car censurer une révision placerait le juge au-dessus du pouvoir constituant.

📌 Aux États-Unis, tout amendement constitutionnel doit être ratifié par les trois quarts des États fédérés, et la Cour suprême refuse de contrôler la validité d’un amendement ratifié selon l’article V.

  • Les trois systèmes sont :
    • le système contrôlé, en Allemagne et en Inde
    • le système non contrôlé, en France et aux États-Unis
    • le système mixte, en Italie, en Espagne et en Suisse

Compléments

  • Les limites au pouvoir de révision peuvent être :
    • temporelles
    • procédurales
    • matérielles

📌 En France, l’article 89 protège la forme républicaine du gouvernement et les articles 7, 16 et 89, alinéa 4, posent des limites temporelles à la révision constitutionnelle.

  • La décision Maastricht II du 2 septembre 1992 affirme que le pouvoir constituant est souverain et peut déroger à des principes constitutionnels expressément ou implicitement.

  • En Italie, la jurisprudence Frontini de 1973 admet qu’une révision puisse être censurée si elle viole les principes suprêmes de l’ordre constitutionnel.

📌 En Espagne, le Tribunal constitutionnel contrôle la régularité de la procédure de révision aggravée prévue à l’article 168.

📌 En Suisse, les autorités fédérales contrôlent le respect du droit international impératif avant la mise en votation d’une révision constitutionnelle.

Astuce mémo

Allemagne et Inde : juge contrôleur ; France et États-Unis : juge abstentionniste.

8. Modèle européen de justice constitutionnelle

Notions clés & Définitions

  • Modèle européen de justice constitutionnelle : Concentration du contentieux constitutionnel : une cour détient le monopole du contrôle de constitutionnalité des lois.

Points essentiels

  • Les régimes européens ne disposent pas tous d’une cour constitutionnelle : le Royaume-Uni, les Pays-Bas et les pays nordiques n’en ont notamment pas, même si le Royaume-Uni a créé une Cour suprême en 2009.

  • 75 % des États adoptent une forme de contrôle juridictionnel de constitutionnalité.

  • La généralisation de la justice constitutionnelle transforme le droit constitutionnel en un droit interprété et sanctionné par un juge constitutionnel, selon P. Bon et D. Maus dans l’introduction de Les grandes décisions des cours constitutionnelles.

9. Origines et diffusion du modèle kelsénien

Notions clés & Définitions

  • Hiérarchie des normes : Présentation de l’ordre juridique comme des étages superposés, où la validité d’une norme inférieure dépend de sa conformité à une norme supérieure.
  • Norme fondamentale : Norme supposée suprême qui fonde l’unité et la validité de toutes les normes d’un ordre juridique.

★ À maîtriser

📌 Pour Kelsen, le contrôle de constitutionnalité garantit la régularité de la loi au regard de la Constitution et évite que la pyramide normative ne s’effondre faute de garantie de validité.

📌 Kelsen privilégie une cour constitutionnelle unique plutôt qu’un contrôle confié à tous les juges afin de centraliser le contrôle, éviter les délais et les interprétations divergentes, et renforcer la sécurité juridique.

  • Les cours constitutionnelles sont inscrites dans la Constitution, ce qui leur confère un statut constitutionnel garantissant leur indépendance.

  • En Europe, la protection juridictionnelle des droits fondamentaux constitue le principal fondement fonctionnel de la légitimité des cours constitutionnelles.

Compléments

  • En 1795, Sieyès propose un Jury constitutionnaire chargé de vérifier que le corps législatif respecte la Constitution, mais les constituants français refusent le contrôle de constitutionnalité au nom de la souveraineté de la loi.

📌 Pour Kelsen, le juge constitutionnel est un « aiguilleur » : il vérifie si la matière relève de la compétence du législateur ou de celle du pouvoir constituant, sans être un censeur politique de la loi.

  • Selon Kelsen, les juges constitutionnels doivent être indépendants, protégés par un statut constitutionnel, inamovibles, périodiquement renouvelés et nommés par le pouvoir politique; ils ne sont pas des magistrats professionnels.

  • La deuxième vague de diffusion comprend le rétablissement de la Cour autrichienne en 1945, la création des cours constitutionnelles italienne en 1948 et allemande en 1949, puis celle de Yougoslavie en 1963.

  • La troisième vague commence avec le Tribunal constitutionnel portugais en 1982, le Tribunal constitutionnel espagnol en 1978 et la Cour spéciale supérieure grecque en 1975, puis se prolonge en Europe et en Europe de l’Est.

Astuce mémo

1920, après-guerre, années 1970 : trois vagues de diffusion.

10. Fonctions de la justice constitutionnelle

★ À maîtriser

  • La fonction normative de la justice constitutionnelle garantit l’unité de l’ordre juridique en assurant la primauté de la Constitution.

  • La justice constitutionnelle arbitre les conflits entre pouvoirs publics, notamment les conflits de compétence entre l’État et les communautés autonomes en Espagne.

  • La justice constitutionnelle garantit les choix démocratiques en contrôlant notamment le découpage électoral, la régularité des élections et les litiges relatifs aux élections politiques.

  • La fonction centrale de la justice constitutionnelle est la protection des droits fondamentaux, rendue effective par leur justiciabilité.

  • La QPC permet aux citoyens de contester la constitutionnalité d’une loi déjà promulguée.

Compléments

  • Les décisions peuvent produire :

    • une annulation
    • une abrogation
    • un empêchement de promulgation
    • une modulation dans le temps
  • Le juge constitutionnel peut concrétiser une norme générale en déterminant son sens dans une situation particulière ou apprécier la conformité d’une norme à la Constitution.

  • En Espagne, l’État comprend dix-sept communautés autonomes et la jurisprudence relative à la Catalogne illustre l’arbitrage constitutionnel des compétences et la protection de l’ordre constitutionnel.

  • Selon Nicolas de Sadeleer, le peuple espagnol demeure le seul sujet des pouvoirs constituants et toute tentative d’indépendance régionale suppose une révision constitutionnelle.

  • En France, le Conseil constitutionnel veille à la régularité des référendums et contrôle la loyauté et la sincérité de la question posée, notamment dans sa décision du 2 juin 1987.

  • En Italie, la Cour constitutionnelle contrôle l’admissibilité des référendums abrogatifs en vérifiant l’absence de matières prohibées et la clarté de la question.

11. Montée en puissance des juges

★ À maîtriser

  • Les principes jurisprudentiels cités sont : la dignité humaine en Allemagne, la proportionnalité en Italie, la loyauté fédérale en Belgique, la protection de la vie privée en Espagne, les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République en France

  • Depuis les années 1990, la pénalisation de la vie publique, ou judiciarisation du politique, renforce l’intervention des juridictions pénales dans le fonctionnement des institutions.

Compléments

  • La Cour européenne des droits de l’homme qualifie la Convention de « instrument de l’ordre public constitutionnel européen » dans l’arrêt Loizidou (1995), ce qui conduit les juridictions nationales à interpréter les droits internes à la lumière de la Convention.

  • L’élargissement des compétences constitutionnelles comprend l’introduction de la QPC en France en 2008, la transformation de la Cour d’arbitrage belge en Cour constitutionnelle en 2007 et l’extension de ses pouvoirs en 2014.

  • Le filtrage des recours et l’appréciation de leur recevabilité donnent aux cours constitutionnelles un pouvoir d’accès qui leur permet d’orienter l’accès au juge.

  • Les domaines d’intervention cités sont : la régulation des états d’urgence, le contrôle des lois de finances, l’encadrement des politiques de sécurité, l’appréciation des techniques de renseignement, le contrôle des révisions constitutionnelles implicites

  • Cette intervention est illustrée par : les enquêtes visant des responsables politiques, les mises en examen en période électorale, les décisions relatives au financement des partis, les conflits d’intérêts

  • Les exigences citées sont :

    • le procès équitable
    • l’impartialité
    • l’indépendance

📌 La pénalisation du politique est considérée par certains comme une garantie de l’État de droit et par d’autres comme un risque de gouvernement des juges interférant avec le jeu démocratique.

Astuce mémo

Extension des compétences et interprétations constructives → influence accrue des juges.

12. Consécration du pouvoir juridictionnel

★ À maîtriser

  • La décision du Conseil constitutionnel du 22 juillet 1980 consacre l’indépendance des juridictions et le caractère spécifique de leurs fonctions, auxquelles ni le législateur ni le gouvernement ne peuvent empiéter.

  • Les juges sont présentés comme des garants de la continuité de l’État de droit face au recul de la séparation des pouvoirs, à la concentration du pouvoir exécutif, à la défiance envers les institutions représentatives et aux tentations illibérales.

Compléments

  • La notion de pouvoir juridictionnel reste discutée quant à sa nature, à sa distinction du pouvoir politique et à son rapport avec la judiciarisation du politique.

  • Les tentatives de remise en cause de l’indépendance judiciaire en Pologne, en Hongrie, en Espagne et en Italie montrent que le pouvoir juridictionnel demeure fragile.

  • La multiplication des états d’urgence, des législations antiterroristes et des régimes d’exception accroît la pression sur les juges, qui doivent concilier sécurité et libertés.

Astuce mémo

Le gouvernement du droit encadre le gouvernement politique.

Tableaux de synthèse

Initiative et adoption parlementaire des révisions

ÉtatInitiativeExigence parlementaire
FrancePrésident sur proposition du Premier ministre ou parlementairesAdoption en termes identiques par les deux chambres
AllemagneGouvernement fédéral, Bundestag et BundesratDeux tiers au Bundestag et au Bundesrat
ItalieParlementaires ou gouvernementDeux délibérations espacées d’au moins trois mois ; majorité absolue à la seconde
EspagneGouvernement, chambres ou assemblées autonomesTrois cinquièmes en procédure ordinaire ; deux tiers et dissolution en procédure aggravée

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Régimes parlementaires et révision constitutionnelle avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la répartition des fonctions au sein de l’exécutif allemand :

2. Une majorité absolue de députés souhaite remplacer le chancelier allemand, tandis qu’un autre scénario porte sur un refus de confiance :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Régimes parlementaires et révision constitutionnelle avec 10 flashcards interactives.

Quel objectif la Loi fondamentale allemande du 23 mai 1949 poursuit-elle concernant l’instabilité gouvernementale de Weimar ?

La prévenir.

Comment le parlementarisme rationalisé encadre-t-il les relations institutionnelles ?

Par des règles constitutionnelles précises entre le gouvernement et le Parlement.

Quel effet la concentration du pouvoir exécutif a-t-elle eu sur les régimes parlementaires européens au XXe siècle ?

Elle a centralisé le pouvoir autour du chef du gouvernement et favorisé sa personnalisation.

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