Fiche de révision : Régimes politiques et fondements du pouvoir

Plan du Cours

  1. Connaître et étudier le pouvoir
  2. Pouvoir politique et distinctions
  3. Méthodes historiques et sociologiques
  4. Classifications des gouvernements
  5. Séparation des pouvoirs et régimes
  6. Prééminence du pouvoir législatif
  7. Prééminence de l’exécutif sous le Consulat
  8. Évolution du régime parlementaire français
  9. Régimes présidentiels et exemples historiques
  10. Fondements de l’obéissance au pouvoir
  11. Finalités du pouvoir et individu
  12. Révolutions et constitution de 1791
  13. Révolutions et coups d’État
  14. Transmission pacifique du pouvoir
  15. Suffrage et citoyenneté
  16. Modes de scrutin et effets
  17. Normes juridiques et institutions
  18. Formalisation et monopole de la justice

Repères chronologiques

  1. 5 mai 1789Les États généraux se réunissent à Versailles dans un contexte de crise politique et économique.
  2. 17 juin 1789Le tiers état se proclame Assemblée nationale, déplaçant la souveraineté du roi vers la nation représentée.
  3. 20 juin 1789Les députés réunis dans la salle du Jeu de Paume jurent de ne pas se séparer avant d’avoir rédigé une Constitution.
  4. 9 juillet 1789L’Assemblée nationale se proclame constituante et commence les travaux de rédaction et d’adoption d’une nouvelle Constitution.
  5. 4 août 1789L’Assemblée vote l’abolition des privilèges, adoptée le 11 août.
  6. 21 septembre 1792la Convention nationale exerce l’intégralité du pouvoir pendant la Première République
  7. 9 novembre 1799Le coup d’État met fin au Directoire et instaure le Consulat
  8. juillet 1830Les Trois Glorieuses forcent Charles X à abdiquer et à fuir au Royaume-Uni, ouvrant la Monarchie de Juillet sous Louis-Philippe.
  9. 1848Une nouvelle révolution éclate après la dissolution de la Chambre et met fin à l’équilibre fragile de la Monarchie de Juillet.
  10. 1851Louis-Napoléon Bonaparte réalise un coup d’État et met fin à la Seconde République après avoir voulu modifier la limite constitutionnelle d’un seul mandat présidentiel.

1. Connaître et étudier le pouvoir

Notions clés & Définitions

  • Question épistémologique : Question portant sur les méthodes et les disciplines qui permettent de produire un savoir fiable sur un phénomène.

★ À maîtriser

  • Le pouvoir peut être étudié par plusieurs disciplines, notamment le droit, la science politique, l’histoire et la sociologie, le droit n’étant qu’un point de vue parmi d’autres.

  • La science politique étudie les faits politiques, tandis que le droit public formule les règles qui doivent les encadrer.

Compléments

  • La science politique s’est institutionnalisée en France à partir des années 1950, après une période où les juristes analysaient surtout le pouvoir à travers les institutions.

  • La science politique contemporaine utilise notamment des enquêtes, des statistiques et des études de terrain.

Astuce mémo

La science politique observe les faits ; le droit public prescrit les règles.

2. Pouvoir politique et distinctions

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir : Rapport de domination dans lequel une personne commande et une autre obéit.
  • Policy making : Fabrication des politiques publiques par les gouvernants, de leur construction à leur mise en œuvre.

★ À maîtriser

📌 Le pouvoir domestique concerne les relations privées, tandis que le pouvoir politique concerne l’organisation de la société dans son ensemble.

  • Le pouvoir politique remplit quatre fonctions : (Bertrand de Jouvenel, 1955) :
    • prévision
    • impulsion
    • décision
    • coordination

📌 Polity désigne la structure politique et les institutions, politics la compétition partisane et la conquête du pouvoir, et policy les politiques publiques mises en œuvre par les gouvernants.

📌 Les gouvernants exercent le pouvoir, tandis que les gouvernés le subissent ; en démocratie, cette distinction peut s’atténuer par la participation du peuple au pouvoir, conformément au principe de souveraineté populaire.

Compléments

  • Bertrand de Jouvenel définit l’activité politique pure comme l’activité « consolatrice et conservatrice d’agrégats humains » dans Du Pouvoir (1955).

📌 Selon Julien Freund dans L’essence du politique (1965), la distinction entre ami et ennemi contribue à délimiter la communauté politique entre ceux qui en font partie et ceux qui en sont exclus.

3. Méthodes historiques et sociologiques

Notions clés & Définitions

  • Critique externe : Examen de l’origine et de la fiabilité d’une source historique, notamment de son auteur, de son époque et de son but.
  • Critique interne : Analyse du contenu, de la cohérence, des intentions d’une source historique et de sa compatibilité avec les faits connus.

★ À maîtriser

📌 Les méthodes qualitatives, comme les entretiens, l’observation directe et les études de cas, approfondissent l’étude de situations concrètes, tandis que les méthodes quantitatives mesurent les comportements à grande échelle par les sondages, les statistiques électorales et les questionnaires.

Compléments

  • L’histoire interprète les traces du passé afin de comprendre le présent.

  • Le juriste utilise aussi la critique des sources lorsqu’il analyse une loi, une jurisprudence ou un discours officiel.

  • La sociologie du pouvoir s’est développée aux XIXe et XXe siècles, notamment avec Émile Durkheim et Max Weber.

  • Les modèles construits à partir des méthodes sociologiques servent à décrire, expliquer ou prédire des phénomènes politiques.

Astuce mémo

Critique externe : origine du document ; critique interne : contenu du document.

4. Classifications des gouvernements

★ À maîtriser

  • Le droit classe les phénomènes afin de les qualifier juridiquement et de leur appliquer un régime juridique déterminé.

  • Les deux grandes classifications du pouvoir politique portent sur les formes ou modes de gouvernement et sur les régimes politiques.

  • Selon Aristote, les formes de gouvernement sont : la monarchie, où le pouvoir appartient à un seul, l’oligarchie, où le pouvoir appartient à plusieurs, la démocratie, où le pouvoir appartient au peuple

  • Kelsen propose trois critères d’analyse : (Hans Kelsen, 1960) :

    • la liberté
    • la séparation des sphères publique et privée
    • la forme du gouvernement à l’intérieur du régime

📌 Le totalitarisme étend l’intervention de l’État à la sphère privée, tandis que le libéralisme protège un espace privé d’autonomie contre l’intervention étatique.

📌 Dans un régime pluraliste, plusieurs acteurs sont en compétition pour accéder au pouvoir et une alternance est possible, tandis que dans un régime moniste, le pouvoir est concentré et la concurrence politique est absente. - Hans Kelsen, La théorie pure du droit, 1960

Compléments

📌 Polybe critique les formes de gouvernement pures et soutient que les gouvernements sont mixtes, une idée reprise plus tard par Montesquieu.

  • L’oligarchie ploutocratique désigne un pouvoir détenu par les riches, tandis que la gérontocratie désigne un pouvoir exercé par les personnes les plus âgées.

📌 Selon Kelsen, l’autocratie se caractérise par la non-participation des gouvernés, tandis que la démocratie implique leur participation à l’élaboration du pouvoir ; même une démocratie comporte un risque oligarchique. - Hans Kelsen, La théorie pure du droit, 1960

5. Séparation des pouvoirs et régimes

★ À maîtriser

  • La classification des régimes politiques porte sur la manière dont le pouvoir est organisé, réparti et limité, notamment par la séparation des pouvoirs.

  • Dans L’Esprit des lois, Montesquieu distingue les fonctions législative, exécutive et juridictionnelle et considère leur séparation comme une garantie de liberté.

📌 La séparation stricte rend les organes indépendants et empêche qu’ils se destituent mutuellement, tandis que la séparation souple permet leur collaboration et leur contrôle réciproque.

📌 Dans un régime parlementaire, le Parlement peut renverser le gouvernement et celui-ci peut dissoudre l’Assemblée, tandis que dans un régime présidentiel le président ne peut dissoudre le Congrès et le Congrès ne peut renverser le président.

Compléments

📌 Hobbes défend un pouvoir fort et unifié, tandis que Locke propose une séparation des fonctions de l’État dans une logique contractuelle.

  • Montesquieu qualifie la puissance de juger d’« en quelque sorte nulle » et décrit le juge comme « la bouche de la loi ». - L’Esprit des lois

📌 Le mot pouvoir peut désigner une institution concrète, une capacité de décision ou une fonction, c’est-à-dire une mission ou une compétence exercée par un organe.

  • La séparation des pouvoirs vise à empêcher qu’un seul organe concentre l’autorité et à préserver les contre-pouvoirs.

Astuce mémo

Parlementaire : organes interdépendants ; présidentiel : organes indépendants.

6. Prééminence du pouvoir législatif

Notions clés & Définitions

  • Régime d’assemblée : Régime où l’Assemblée élue concentre le pouvoir et domine les autres institutions.

★ À maîtriser

📌 Un régime présidentiel repose sur une séparation stricte des pouvoirs, tandis qu’un régime présidentialiste se caractérise en pratique par la domination de l’exécutif, notamment du chef de l’État.

📌 L’analyse d’un régime doit distinguer la Constitution, qui énonce le fonctionnement prévu, de la pratique, qui révèle le fonctionnement réel des institutions et les rapports de force.

  • Sous la Troisième République, la renonciation du président Jules Grévy à dissoudre l’Assemblée contribue à une coutume constitutionnelle et au transfert du pouvoir vers le Parlement.

  • La Quatrième République (1946–1958) connaît une forte prééminence parlementaire, des gouvernements instables et une paralysie de l’action gouvernementale.

Compléments

  • Maurice Duverger décrit dans les années 1960-70 des régimes formellement parlementaires où le président devient en pratique l’acteur principal du pouvoir.

  • La Convention s’appuie notamment sur :

    • le Comité de salut public
    • le Comité de guerre
    • le Comité de la marine
  • La Constitution de l’an I, adoptée après le référendum du 10 août 1793, prévoit une Assemblée monocamérale renouvelée par tiers chaque année et un Conseil de 24 ministres choisis parmi les députés.

📌 La Constitution de 1793 n’a jamais été appliquée, car le Comité de salut public a suspendu son entrée en vigueur dans le contexte de guerre civile et de tensions internes.

Astuce mémo

Renoncement à la dissolution → affaiblissement présidentiel → domination parlementaire.

7. Prééminence de l’exécutif sous le Consulat

★ À maîtriser

  • Sous le Consulat, Napoléon Bonaparte devient consul unique puis Premier Consul à vie et maîtrise l’administration, les nominations, l’initiative législative, l’armée et les relations diplomatiques.

  • Dans les dernières années du Consulat, les sénatus-consultes sont présentés comme des validations du Sénat, mais constituent en réalité des décisions normatives.

📌 Sous le Consulat, le Sénat et le Conseil d’État accompagnent le processus législatif sans contrebalancer un exécutif qui domine le système dans les faits.

Compléments

  • La prééminence exécutive peut notamment être favorisée par : le rôle des militaires ou des forces de l’ordre, la montée de figures militaires charismatiques, l’influence étrangère

  • La Constitution de l’an VIII, rédigée en grande partie par l’abbé Emmanuel Sieyès, répartit théoriquement le pouvoir entre un exécutif collégial de trois consuls et quatre institutions législatives.

  • Le pouvoir législatif est réparti entre quatre organes :

    • une assemblée consultative de 100 députés
    • un Corps législatif de 300 députés
    • un Tribunat qui discute les lois
    • un Sénat conservateur chargé de vérifier leur constitutionnalité
  • Le Conseil d’État prépare les projets de loi et accompagne l’action du gouvernement par un rôle juridique et politique qui dépasse la seule fonction technique.

  • Les premières années de la Troisième République montrent une force du président, notamment sous Mac Mahon, avant que celui-ci ne bascule vers la République.

  • Le régime de Vichy, instauré pendant la Seconde Guerre mondiale, dure quatre ans et repose juridiquement sur une délégation de pouvoirs votée par l’Assemblée de la Troisième République.

  • En 1943, un texte considéré comme constitutionnel instaure un pouvoir issu de la IIIᵉ République mais concentré entre les mains du maréchal Pétain.

Astuce mémo

Division institutionnelle en théorie, concentration exécutive en pratique.

8. Évolution du régime parlementaire français

Notions clés & Définitions

  • Régime parlementaire : Équilibre des pouvoirs par la collaboration entre législatif et exécutif, le gouvernement étant politiquement responsable devant le Parlement et pouvant parfois dissoudre l’Assemblée.
  • Parlementarisme orléaniste : Rend le gouvernement collégialement responsable devant le roi et l’Assemblée, créant un équilibre fragile dans lequel la Chambre des députés joue un rôle central.

★ À maîtriser

  • Sous la Charte de 1814, le pouvoir législatif comprend la Chambre des pairs, composée de nobles nommés par le roi, et la Chambre des députés, élue au suffrage censitaire.

  • La Charte de 1814 ne prévoit ni responsabilité politique du gouvernement devant l’Assemblée ni mécanisme de censure, et le Parlement ne peut donc pas renverser le gouvernement.

  • 🔄 La responsabilité politique des ministres se diffuse par la pratique :

    1. Les parlementaires menacent d’engager la responsabilité pénale des ministres.
    2. Les ministres démissionnent pour éviter le scandale ou lorsqu’ils perdent la confiance de la majorité.
    3. La pratique corrige progressivement la domination royale prévue par le texte.
  • La Charte de 1830 ne prévoit toujours pas formellement la responsabilité politique du gouvernement, mais les ministres collaborent avec les Chambres et démissionnent individuellement puis collectivement lorsqu’ils sont en désaccord avec la majorité.

Compléments

  • La Restauration (1814–1830) rétablit la monarchie sous Louis XVIII puis Charles X, dans le cadre nouveau de la Charte constitutionnelle de 1814, octroyée unilatéralement par le roi.

  • La Charte de 1814 affirme des droits fondamentaux appelés « droit public des Français » et s’inspire notamment du modèle britannique.

  • Sous la Monarchie de Juillet, l’exécutif devient bicéphale, partagé entre le roi et le gouvernement.

  • Vers 1840, François Guizot introduit l’interpellation, qui permet aux députés d’interroger le gouvernement en séance, mais les gouvernements sont ensuite renversés à la suite de ces interpellations.

Astuce mémo

Charte de 1814, pratique de responsabilité, Charte de 1830, crise de 1848

9. Régimes présidentiels et exemples historiques

Notions clés & Définitions

  • Régime présidentiel : Repose sur la séparation stricte et la spécialisation des organes : le législatif et l’exécutif sont indépendants, sans dissolution ni motion de censure.

★ À maîtriser

  • Aux États-Unis, le Congrès comprend la Chambre des représentants, dont les sièges dépendent de la population, et le Sénat, où les États sont représentés de manière égalitaire.

  • Aux États-Unis, le président peut opposer son veto à une loi, le Congrès peut refuser les crédits budgétaires nécessaires à son application et le Sénat doit approuver les traités internationaux.

Compléments

  • Aux États-Unis, seuls les députés et les sénateurs disposent du pouvoir législatif, tandis que le président exerce le pouvoir exécutif.

  • La Cour suprême des États-Unis comprend neuf juges nommés à vie par le président et tranche notamment les conflits de compétence.

  • La Constitution française de 1791 institue une assemblée unique qui vote la loi, un roi doté d’un veto suspensif et des juges élus par le peuple.

  • Le système constitutionnel français de 1791 échoue notamment parce qu’il ne prévoit pas de dissolution pour résoudre les conflits entre le roi et l’Assemblée.

  • La Constitution du 22 août 1795 institue un exécutif de cinq directeurs renouvelé à raison d’un directeur par an, et un législatif composé du Conseil des Cinq-Cents et du Conseil des Anciens, élu indirectement.

  • Selon Troper, le Directoire est un régime de confusion des pouvoirs plutôt qu’un régime présidentiel, car le gouvernement ne dispose pas de l’initiative des lois et les assemblées ne font pas confiance aux directeurs.

  • La Constitution de la Seconde République (1848–1852) prévoit un président et une assemblée unique élus au suffrage universel direct, sans motion de censure ni dissolution.

Astuce mémo

Le régime parlementaire contrôle le gouvernement ; le régime présidentiel sépare les organes

10. Fondements de l’obéissance au pouvoir

★ À maîtriser

📌 Selon Troper, aucun régime n’est parfaitement présidentiel ou parlementaire : les régimes sont plutôt mixtes et leur fonctionnement pratique compte davantage que leur qualification théorique.

  • Les trois grands ressorts de l’obéissance au pouvoir sont :
    • la force
    • l’habitude
    • la légitimité

📌 La légalité relève des règles politiques et juridiques, tandis que la légitimité relève de l’adhésion et d’une appréciation morale ; un pouvoir légal n’est donc pas nécessairement légitime.

  • Les trois sources de légitimité distinguées sont :
    • l’autorité fonctionnelle, fondée sur la compétence
    • l’autorité organique, fondée sur la désignation par une instance légitime
    • l’autorité légale, fondée sur le respect des règles formelles de désignation

Compléments

  • L’histoire de France compte 21 textes constitutionnels pour 13 régimes différents.

📌 Dans une monarchie représentative, le gouvernement est responsable devant la chambre basse, tandis que dans une monarchie orléaniste, il est responsable à la fois devant la chambre et devant le roi.

  • Le cours qualifie la Ve République de système de monarchie orléaniste, en raison de la double responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée et le chef de l’État.

  • Dans le Discours de la servitude volontaire, Étienne de La Boétie explique que les individus obéissent par fatalisme et par crainte intérieure, et que le pouvoir dépend de l’acceptation de ses sujets.

📌 Chez Max Weber, Macht désigne la contrainte par la force, tandis que Herrschaft désigne l’adhésion du gouverné.

Astuce mémo

La force contraint ; la légitimité suscite l’adhésion

11. Finalités du pouvoir et individu

Notions clés & Définitions

  • République : Comme finalité, le gouvernement du peuple pour le peuple et dans l’intérêt du plus grand nombre.

★ À maîtriser

📌 La monarchie est le pouvoir d’un seul exercé dans son propre intérêt, tandis que l’oligarchie est le pouvoir d’un groupe exercé dans l’intérêt de ce groupe.

📌 La démocratie désigne le gouvernement du peuple par le peuple, tandis que la République désigne une finalité de gouvernement dans l’intérêt commun.

Compléments

  • R. Carré de Malberg dénonce la dérive oligarchique de la démocratie parlementaire, qui tend selon lui à confier le pouvoir à un petit groupe.

  • Dans la République romaine, le gouvernement des patriciens relève d’une oligarchie et non d’une démocratie.

📌 Les sociétés antiques sont holistes, car le collectif prime sur l’individu, tandis que l’individualisme moderne reconnaît une valeur propre à l’individu.

  • Duns Scot (vers 1266-1308) est associé à l’idée que la conscience fait exister autrui, dans une conception décrite comme intersubjective.

📌 Guillaume d’Ockham défend le nominalisme, selon lequel une collectivité n’a pas de réalité propre au-delà des individus qui la composent, contrairement au réalisme attribué à Aristote, où l’idée préexiste à la chose.

  • Dans Les Six Livres de la République (1576), Jean Bodin définit la République comme le droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine.

📌 Les auteurs contractualistes conçoivent la société politique comme le résultat d’un contrat entre individus, et non comme une réalité qui leur préexiste.

📌 Hobbes reconnaît à l’individu le droit de refuser le contrat social, tandis que Locke et Rousseau estiment que l’homme doit nécessairement adhérer à la société tout en protégeant celui qui choisit de vivre en ermite.

  • Dans Le Contrat social, Rousseau affirme que tout État régi par des lois est une République parce que l’intérêt public y gouverne, et que tout gouvernement légitime est républicain.

Astuce mémo

Le pouvoir pour le gouvernant distingue monarchie et oligarchie du bien commun républicain

12. Révolutions et constitution de 1791

Notions clés & Définitions

  • Révolution : En politique, un mouvement de rupture et de recommencement du pouvoir.

★ À maîtriser

📌 La dévolution du pouvoir peut être violente, par la guerre, le coup d’État ou la révolution, ou pacifique, par le respect de règles et de normes.

  • Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen est adoptée ; son article 16 lie l’existence d’une Constitution à la garantie des droits et à la séparation des pouvoirs.

Compléments

  • Le 3 septembre 1791, la Constitution est définitivement adoptée.

  • L’article 3 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme que le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation et qu’aucun corps ni individu ne peut exercer une autorité qui n’en émane expressément.

  • La Constitution française de 1791 maintient une monarchie constitutionnelle, mais la Convention nationale marque ensuite le passage à la Première République, qui rejette la souveraineté royale au profit de la loi.

Astuce mémo

17 juin Assemblée nationale, 20 juin serment, 9 juillet Constituante, 26 août DDHC

13. Révolutions et coups d’État

Notions clés & Définitions

  • Coup d’État : Changement de gouvernant qui peut aussi conduire à la mise en place d’un nouveau régime et d’un nouveau pouvoir.

★ À maîtriser

  • La révolution de 1830 renverse Charles X après les journées des 27, 28 et 29 juillet, déclenchées par son conflit avec les députés et sa défaite électorale.

  • Le 24 février 1848, une insurrection parisienne entraîne l’abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la IIe République.

  • Le 18 brumaire an VIII (1799), Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos mettent fin au Directoire et établissent le Consulat à trois par la force.

Compléments

  • Adolphe Thiers propose Louis-Philippe d’Orléans pour remplacer Charles X et maintenir la monarchie sous une nouvelle dynastie.

  • En 1851, Louis-Napoléon Bonaparte organise un coup d’État après le refus de sa demande de second mandat et de la modification constitutionnelle.

  • Après la crise du 13 mai 1958, De Gaulle revient au pouvoir et fait adopter une nouvelle Constitution, ce qui entraîne la disparition de la IVe République ; le putsch des généraux survient ensuite, en 1961.

14. Transmission pacifique du pouvoir

★ À maîtriser

  • La cooptation est un mode de succession dans lequel les gouvernants choisissent de leur vivant la personne appelée à leur succéder.

  • Les règles de transmission monarchique comprennent : la primogéniture, la masculinité, la collatéralité masculine lorsqu’il n’existe pas de fils du roi

  • Le suffrage universel masculin est rétabli en France en 1848 sous la IIe République.

Compléments

  • Le conclave désigne le pape parmi les cardinaux, selon un mode de cooptation adopté par l’Église catholique sur le modèle romain.

  • La cooptation peut déboucher sur l’hérédité lorsqu’un dirigeant coopté établit une règle juridique transmettant le pouvoir à sa descendance.

  • À la mort d’Henri III sans fils en 1589, la règle de collatéralité masculine conduit à la succession d’Henri IV, son cousin germain.

Astuce mémo

Cooptation → hérédité → suffrage

15. Suffrage et citoyenneté

Notions clés & Définitions

  • Suffrage censitaire : Réserve le vote aux personnes qui paient un impôt déterminé.
  • Suffrage capacitaire : Fonde le droit de vote sur la capacité supposée de l’électeur, notamment son instruction ou son diplôme.

★ À maîtriser

📌 Le droit de vote peut être conçu comme un pouvoir individuel dont on dispose ou comme un devoir obligatoire dans certains pays, où l’abstention est sanctionnée.

Compléments

  • Le suffrage universel français reste masculin jusqu’à l’octroi du droit de vote aux femmes en 1944.

  • La citoyenneté ne se réduit pas au vote : le citoyen est présenté comme capable de penser à l’intérêt collectif et à celui de la nation.

  • En 1789, des non-nationaux ayant contribué à la Révolution peuvent voter, et les citoyens européens résidant en France peuvent participer aux élections locales.

Astuce mémo

Censitaire : impôt ; capacitaire : instruction ; universel : extension du vote

16. Modes de scrutin et effets

★ À maîtriser

📌 Le scrutin majoritaire élit le candidat qui obtient le plus de voix, tandis que la proportionnelle répartit les sièges selon la proportion de voix obtenue par chaque liste.

  • Le scrutin majoritaire peut amplifier les résultats, de sorte qu’une majorité de sièges puisse correspondre à une minorité de voix, ou inversement.

  • Le scrutin proportionnel nécessite des listes et de grandes circonscriptions, et peut entraîner l’éclatement des partis et l’instabilité ministérielle.

Compléments

  • En France, l’élection présidentielle utilise un scrutin majoritaire uninominal à deux tours.

  • En France, le seuil de 5 % est notamment utilisé aux élections municipales pour limiter l’accès des très petits partis à la représentation proportionnelle.

  • Le scrutin mixte associe une composante majoritaire et une composante proportionnelle, soit dans le décompte des votes, soit au moyen d’un correctif de sièges en faveur de la liste arrivée en tête.

  • Maurice Duverger associe le scrutin majoritaire à une bipolarisation de la vie politique.

Astuce mémo

Le majoritaire amplifie les résultats ; la proportionnelle reflète les voix

17. Normes juridiques et institutions

Notions clés & Définitions

  • Norme juridique : Selon Kelsen, une norme émise par une institution habilitée à produire du droit et valide dans la hiérarchie des normes.
  • Institution : Pour Maurice Hauriou, une idée d’œuvre qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social, grâce à un pouvoir organisé en organes et à des manifestations de communion réglées par des procédures.

★ À maîtriser

📌 La hiérarchie dynamique porte sur la procédure d’engendrement des normes, tandis que la hiérarchie statique porte sur leur conformité de contenu aux normes supérieures.

  • La personnalité juridique est, selon Kelsen, un lieu abstrait d’imputation de droits et d’obligations.

Compléments

📌 Une norme juridique n’est pas nécessairement assortie d’une sanction, et la présence d’une sanction ne suffit pas à rendre une norme juridique.

  • Chez Hauriou, les règles de droit et l’intérêt général stabilisent les forces d’action et contribuent à la durée des institutions.

📌 La doctrine décrit le droit et constitue une source matérielle possible, mais elle n’est pas une source formelle du droit ni un élément de la hiérarchie des normes.

  • L’article 16 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques reconnaît à chacun le droit à la reconnaissance de sa personnalité juridique.

  • Sous l’Ancien Régime, un individu pouvait relever simultanément de plusieurs autorités :

    • son seigneur
    • l’Église
    • le roi
    • les autorités municipales
  • Les personnes morales peuvent disposer d’un patrimoine et agir en justice ou conclure des contrats.

Astuce mémo

Les institutions produisent des règles et le droit les organise

18. Formalisation et monopole de la justice

Notions clés & Définitions

  • Procédure : Une succession imposée de tâches à accomplir, dont le respect contribue à la validité juridique de la norme.

★ À maîtriser

  • Le bloc de constitutionnalité comprend : la Constitution de 1958, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le préambule de 1946, la Charte de l’environnement de 2004, la jurisprudence constitutionnelle

  • Depuis la Révolution et le Premier Empire, l’État centralise largement la production du droit et revendique le monopole de la justice, même si des formes de pluralisme juridique subsistent notamment dans les ordres professionnels et l’arbitrage.

Compléments

  • En France, les traités internationaux passent par le Parlement, tandis que les accords internationaux peuvent être ratifiés par le président de la République sans passer par le Parlement, tout en ayant la même valeur.

📌 La conformité exige que la norme inférieure respecte strictement les prescriptions de la norme supérieure, sans imposer une identité complète entre les deux normes, tandis que la compatibilité exige seulement que la norme inférieure ne contrarie pas la norme supérieure.

  • L’article 38 de la Constitution permet au Parlement de déléguer temporairement au gouvernement le pouvoir de prendre, par ordonnances, des mesures relevant du domaine législatif.

  • Le Conseil d’État affirme que « la justice est rendue de façon indivisible au nom de l’État » dans sa décision de section du 27 février 2004, Mme Popin. - CE, Sect.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Régimes politiques et fondements du pouvoir avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Pour étudier le pouvoir dans une recherche, quelle démarche tient compte de la diversité des disciplines pertinentes ?

2. Une chercheuse observe pourquoi un élu enfreint une règle, tandis qu’un juriste précise ce que la loi autorise : quelle distinction décrit leurs démarches ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Régimes politiques et fondements du pouvoir avec 10 flashcards interactives.

Quelles disciplines, outre le droit, étudient le pouvoir ?

La science politique, l’histoire et la sociologie.

Qu’est-ce que le pouvoir ?

Un rapport de domination où une personne commande et une autre obéit.

Que concerne le pouvoir domestique ?

Les relations privées.

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