Fiche de révision : Modes alternatifs et service judiciaire

Plan du Cours

  1. Litige et raisonnement judiciaire
  2. Compétence et répartition des litiges
  3. Monopole étatique de la justice
  4. Transaction et médiation
  5. Conciliation et règlement amiable
  6. Arbitrage et composition amiable
  7. Égalité d’accès à la justice
  8. Gratuité et frais de justice
  9. Proximité géographique de la justice
  10. Influence du droit européen
  11. Participation citoyenne et actes notariés
  12. Indépendance et compétence judiciaires
  13. Accès et statut des magistrats
  14. Statut et organisation du ministère public
  15. Attributions et garanties judiciaires
  16. Jurisprudence et fonction juridictionnelle
  17. Discipline et responsabilité judiciaire
  18. Statut et missions des huissiers

Repères chronologiques

  1. 19 décembre 1991L’arrêt Anca a étendu la responsabilité de l’État aux fautes des magistrats commises dans l’exercice de leurs fonctions lorsqu’elles causent un dommage et qu’un lien de causalité existe. - Cour de cassation, 19 décembre 1991
  2. 2007La Cour européenne des droits de l'homme a jugé que la Belgique avait violé l'article 6 dans l'affaire Taxquet en raison d'un défaut de motivation, permettant à Taxquet de refaire son procès.
  3. 1er décembre 2013La loi a réformé les arrondissements judiciaires afin de renforcer la mobilité des magistrats et d’élargir leur assise territoriale.
  4. 2014Les divisions des arrondissements judiciaires ont été réorganisées afin de spécialiser les magistrats et de leur permettre de circuler entre localités.
  5. 2019Une loi a restreint l'utilisation des juges suppléants, dont l'existence perdure.

1. Litige et raisonnement judiciaire

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir judiciaire : Ensemble des institutions chargées de trancher les litiges en Belgique en appliquant les règles de droit et une procédure organisée.
  • Litige : Contestation ou conflit entre au moins deux personnes qui soulève une question juridique.
  • Droit objectif : Ensemble des règles de conduite socialement édictées et sanctionnées qui s’imposent aux membres d’une société.
  • Droit subjectif : Prérogative reconnue à une personne et protégée par la loi.
  • Procédure judiciaire : Ensemble des dispositions du Code judiciaire qui règlent l’introduction, l’instruction et le jugement d’un procès, les recours, la plaidoirie et l’exécution de la décision.
  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues par les juridictions du pouvoir judiciaire.
  • Abus de droit : Exercice d’un droit d’une manière qui dépasse manifestement les limites de son exercice normal par une personne prudente et raisonnable placée dans les mêmes circonstances.

★ À maîtriser

  • La justice traite des litiges pénaux, civils, familiaux, sociaux et économiques ; elle ne se limite donc pas aux infractions pénales.

  • 🔄 Le syllogisme juridique comprend trois parties :

    1. La majeure, qui est la règle de droit objectif
    2. La mineure, qui correspond aux faits du litige
    3. La conclusion, qui est le jugement

📌 Les règles de procédure doivent à la fois respecter les droits de la défense et assurer l’avancement efficace du procès.

📌 Le principe du contradictoire impose que chaque partie puisse s’expliquer et que les pièces de chacune soient communiquées aux autres parties avant que le juge ne se forge une opinion.

Compléments

  • La Cour constitutionnelle, qui siège à Bruxelles, vérifie que les lois adoptées démocratiquement par un parlement ne violent pas la Constitution.

📌 Juridique qualifie ce qui touche au droit, tandis que judiciaire qualifie ce qui touche à la justice.

  • Le juge applique le droit objectif, notamment le Code civil, plutôt que de décider selon ses convictions personnelles.

📌 Selon l’article 1.10, la sanction de l’abus de droit consiste à réduire le droit à son usage normal, sans préjudice de la réparation du dommage causé.

  • Le Conseil supérieur de la justice se charge du recrutement dans la justice.

Astuce mémo

Majeure (droit) → mineure (faits) → conclusion (jugement).

2. Compétence et répartition des litiges

Notions clés & Définitions

  • Compétence : Pouvoir du juge de connaître d’une demande portée devant lui, selon l’article 8 du Code judiciaire.
  • Compétence d’attribution : Pouvoir de juridiction déterminé par l’objet, la valeur et, le cas échéant, l’urgence de la demande ou la qualité des parties ; elle ne peut être étendue sauf disposition légale contraire.
  • Compétence territoriale : Pouvoir de juridiction du juge dans une circonscription déterminée selon les règles prévues par la loi.
  • Appel : Voie de recours qui permet de faire réexaminer une décision par une juridiction supérieure lorsque la loi l’autorise.
  • Pourvoi en cassation : Recours extraordinaire par lequel la Cour de cassation vérifie si la juridiction qui a rendu la décision a correctement appliqué le droit et respecté la procédure, sans rejuger les faits.

Points essentiels

  • Les litiges sont répartis entre les juridictions selon des critères matériels, territoriaux et hiérarchiques.

  • En Belgique, il existe 162 juridictions de juge de paix, 13 tribunaux de première instance pour 12 arrondissements, ainsi que 5 cours d’appel et 5 cours du travail.

  • Le ressort désigne le territoire sur lequel une juridiction exerce son pouvoir.

  • L’exemple du père et du fils relève du tribunal de première instance, celui de l’enseignante du tribunal du travail et celui du failli du tribunal de l’entreprise.

  • Une partie ne peut interjeter appel qu’une seule fois et le délai est généralement d’un mois.

  • Si elle constate une erreur de droit ou une violation de procédure, la Cour de cassation casse la décision et renvoie l’affaire à une juridiction du même niveau hiérarchique ; sinon, elle rejette le pourvoi.

📌 Les tribunaux rendent des jugements, tandis que les cours rendent des arrêts.

3. Monopole étatique de la justice

Notions clés & Définitions

  • Autorité de chose jugée : Qualité d’une décision définitive qui, dès son prononcé, établit la vérité judiciaire entre les parties sur ce qui a été tranché.
  • Force exécutoire : Qualité d’une décision de justice qui permet de la faire appliquer par la contrainte publique lorsque la partie condamnée ne l’exécute pas volontairement.
  • Déni de justice : Refus du juge de juger, même en invoquant le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi, selon l’article 5 du Code judiciaire.
  • Opposition : Voie de recours ouverte à la partie qui n’a pas comparu devant le juge et contre laquelle un jugement par défaut a été rendu.
  • Inversion du contentieux : Dans l’inversion du contentieux, le débiteur qui conteste une créance doit saisir lui-même la justice et devient le demandeur.

★ À maîtriser

📌 Selon l’article 23, l’autorité de chose jugée exige la même demande, la même cause et les mêmes parties agissant en la même qualité ; elle ne s’étend pas à une demande que le juge ne pouvait connaître en raison de son fondement juridique.

  • Depuis 2015, les parties doivent concentrer dans le même procès les différents fondements juridiques susceptibles de soutenir leur prétention, sans pouvoir recommencer le procès en invoquant un autre fondement pour la même cause.

  • Pour obtenir une décision dotée de l’autorité de chose jugée et de la force exécutoire, les justiciables doivent saisir les cours et tribunaux et ne peuvent se faire justice eux-mêmes.

  • Le monopole étatique de la justice implique que les justiciables ne peuvent pas se faire justice eux-mêmes et doivent saisir les tribunaux pour résoudre leurs litiges.

📌 L’État doit rendre justice à toute personne qui en fait la demande.

📌 Le monopole de la justice étatique n’impose pas le recours systématique aux tribunaux, car les parties peuvent choisir des modes extrajudiciaires comme la médiation ou l’arbitrage.

Compléments

📌 Avant 2015, l’exécution forcée exigeait en principe que la décision ne soit plus susceptible d’une voie de recours ordinaire, mais une exécution provisoire pouvait être autorisée par la loi et ordonnée par le juge.

📌 Depuis 2019, l’opposition n’est possible que si le jugement par défaut n’est pas susceptible d’appel, c’est-à-dire s’il est rendu en dernier ressort.

  • En cas de créance impayée, l’huissier peut inviter le débiteur à payer ou à contester dans un délai déterminé ; si celui-ci ne réagit pas, l’huissier peut saisir ses biens sans décision judiciaire préalable.

  • L’article 5 du Code judiciaire interdit au juge de refuser de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi.

  • La classification extrajudiciaire regroupe les moyens de résolution des litiges qui se déroulent en dehors des tribunaux.

Astuce mémo

Monopole judiciaire → interdiction de se faire justice soi-même.

4. Transaction et médiation

Notions clés & Définitions

  • Transaction : Un contrat synallagmatique par lequel les parties font des concessions mutuelles pour résoudre ou éviter un litige.
  • Médiation : Un processus confidentiel et structuré de concertation volontaire entre des parties en conflit, conduit avec l’aide d’un tiers indépendant, neutre et impartial qui facilite la communication et tente de les amener à élaborer elles-mêmes une solution.

★ À maîtriser

  • Le médiateur facilite la communication mais ne peut pas imposer une solution aux parties.

  • La médiation judiciaire est lancée après la saisine d’un juge, tandis que la médiation extrajudiciaire est menée volontairement sans intervention d’une juridiction.

  • Tous les litiges ne peuvent pas faire l’objet d’une médiation ; l’article 1724, réécrit par la loi du 15 mai 2024 entrée en vigueur le 7 juin 2024, vise les différends patrimoniaux internationaux ou non et les différends non patrimoniaux susceptibles d’être réglés par transaction.

  • Depuis la modification de l’article 1734 en 2018, le juge peut ordonner à tout moment une tentative de médiation à sa propre initiative ou à la demande des deux parties, mais avec l’accord de celles-ci.

  • Les parties peuvent demander au juge d’homologuer leur accord de médiation, ce qui lui confère force exécutoire si l’accord respecte l’ordre public ou, en matière familiale, l’intérêt des enfants mineurs.

Compléments

  • Dans un arrêt du 7 mai 2020, la Cour de cassation a précisé que les concessions d’une transaction ne doivent pas nécessairement concerner directement le litige réglé.

  • Un créancier auquel 1 000 euros sont dus peut accepter 900 euros pour mettre fin au litige.

  • Le Code judiciaire belge a intégré la médiation en 2005, lorsque la loi du 21 février 2005 y a ajouté une septième partie pour l’encadrer et la favoriser.

  • La médiation peut être : politique, citoyenne, judiciaire dans les affaires pénales ou civiles, institutionnelle, interne comme la médiation administrative ou externe comme le médiateur fédéral et l’ombudsman lié

  • Les huissiers et les avocats doivent informer leurs clients de l’alternative de la médiation conformément à l’article 730/1 du Code judiciaire.

  • La médiation volontaire repose sur la bonne foi et la participation active des parties, qui doivent être disposées à dialoguer pour qu’elle puisse fonctionner.

  • La décision ordonnant la médiation suspend le procès, désigne un médiateur et fixe une durée qui ne peut dépasser six mois, après quoi le procès reprend à la première date possible ; cette décision n’est pas susceptible de recours.

  • L’homologation d’un accord de médiation suppose un médiateur agréé par la Commission fédérale de médiation.

Astuce mémo

Le médiateur facilite ; les parties transigent par concessions

5. Conciliation et règlement amiable

Notions clés & Définitions

  • Conciliation : Une procédure préalable au contentieux où les parties exposent leurs prétentions devant le juge, qui leur donne des avis pour tenter de terminer le différend par accord sans jugement.

★ À maîtriser

  • La loi du 19 décembre 2023 a généralisé les chambres de règlement à l’amiable au sein des juridictions, à l’exception du tribunal de police, de la justice de paix et de la Cour de cassation.

📌 Les chambres de règlement à l’amiable siègent à huis clos et en chambre du conseil, sans accès du public, et leurs échanges sont confidentiels.

Compléments

📌 Le juge de la conciliation est rémunéré par l’État, tandis que le médiateur est payé par les parties.

  • Le juge de paix est le magistrat devant lequel se tiennent le plus d’audiences de conciliation, et la tentative peut être sollicitée par une lettre de conciliation.

  • En cas d’échec de la conciliation, le litige doit être porté devant la justice contentieuse.

6. Arbitrage et composition amiable

Notions clés & Définitions

  • Arbitrage : Un mode juridictionnel non étatique et conventionnel de règlement d’un litige par un arbitre choisi avec l’accord des parties.

★ À maîtriser

  • L’arbitre est un juge privé qui tranche le litige par une sentence arbitrale, également appelée award, ayant autorité de chose jugée.

📌 L’arbitrage ne peut porter sur l’état des personnes et concerne les litiges patrimoniaux ainsi que certains litiges non patrimoniaux susceptibles d’accord.

📌 Selon l’article 1706, l’arbitre peut statuer en amiable compositeur sur le fondement de l’équité plutôt que du droit positif uniquement si les parties l’y autorisent.

Compléments

📌 Une sentence arbitrale non exécutée peut recevoir force exécutoire après l’exequatur accordé par l’État.

  • L’arbitrage concerne, des litiges d’entreprise dans 99,5 % des cas et est particulièrement utile pour les litiges à dimension internationale.

  • La Convention de New York de 1958, signée par 172 pays, renforce la validité des décisions arbitrales à l’étranger.

  • L’arbitrage peut être plus rapide que la justice étatique, s’adapter aux litiges techniques et éviter aux parties de devoir comparaître devant des tribunaux étrangers.

📌 L’arbitrage repose sur un contrat et ne peut lier que les personnes qui y ont consenti ; il peut être interdit ou limité dans certaines matières, notamment la copropriété et les contrats de travail.

  • L’arbitrage peut être coûteux, car les parties doivent rémunérer les arbitres, et il n’existe pas de juridiction arbitrale permanente, bien que des centres comme la Chambre de commerce internationale à Paris et le CEPANI à Bruxelles proposent des services d’arbitrage.

  • Les conceptions de l’équité présentées sont : la justice fondée sur l’égalité, le traitement inégal de situations inégales, l’adaptation de la portée de la loi aux circonstances particulières, la résolution du litige hors des règles de droit, une justice supérieure au droit positif

📌 Les deux dernières conceptions de l’équité — résoudre hors des règles de droit et concevoir une justice supérieure au droit positif — ne sont généralement pas appliquées par le juge belge, sauf exceptionnellement en amiable composition arbitrale.

Astuce mémo

Le juge applique le droit ; l’arbitre amiable compositeur statue en équité

7. Égalité d’accès à la justice

★ À maîtriser

  • L’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme garantit le droit à une audience équitable et publique, dans un délai raisonnable, devant un tribunal indépendant et impartial.

📌 L’égalité d’accès à la justice exige que chacun puisse accéder au processus judiciaire, tandis que le droit à une justice identique exige un traitement judiciaire égal des justiciables.

  • L’assistance judiciaire couvre gratuitement les frais d’une procédure pour les personnes financièrement précarisées, tandis que l’aide juridique de première ligne fournit gratuitement des conseils juridiques à tous, quel que soit leur revenu.

Compléments

📌 Un « one shotter » a peu d’expérience de la justice, tandis qu’un « repeat player » y recourt régulièrement et en maîtrise davantage les usages.

  • L’aide juridique de deuxième ligne peut financer totalement ou partiellement un avocat pour engager une procédure ou s’y défendre, sous des conditions d’accès plus limitées.

  • La justice identique comprend l’absence de juridictions de classes, l’égalité du traitement procédural et l’application des mêmes règles juridiques à des situations identiques.

  • La Cour constitutionnelle a rendu un arrêt le 10 octobre 2013 jugeant que la situation des actions collectives ne respectait pas le principe d’égalité, ce qui a conduit à une intervention législative.

  • L’action de groupe permet à des personnes ayant subi des préjudices similaires de défendre collectivement leurs intérêts et de demander réparation de petits préjudices qui feraient rarement l’objet d’actions individuelles.

  • L’article 17 du Code judiciaire permet, sous certaines conditions, à des personnes morales telles que des ASBL d’agir en leur propre nom pour défendre des droits de l’homme ou des libertés fondamentales.

Astuce mémo

One shotter face au repeat player : l’expérience judiciaire creuse l’écart

8. Gratuité et frais de justice

Notions clés & Définitions

  • Indemnité de procédure : Une indemnisation partielle et forfaitaire destinée à couvrir une partie des frais d’avocat de la partie gagnante, conformément à l’article 1022 du Code judiciaire.
  • Juge suppléant : Personne, généralement avocate ou notaire, qui assume temporairement les fonctions d'un juge pendant une audience.

★ À maîtriser

  • L’État rémunère les juges, tandis que les justiciables restent exposés aux frais de procédure et aux redevances.

  • La justice, en tant que service public monopolistique, doit fonctionner de manière continue et être rendue en toutes circonstances.

Compléments

  • L’introduction d’un procès entraîne notamment des droits de rôle et peut entraîner des frais d’huissier et d’autres frais judiciaires.

📌 La partie qui introduit le procès avance notamment les frais d’huissier, mais peut les récupérer auprès de la partie perdante si elle gagne.

  • Les huissiers, les notaires et les avocats sont assujettis à une TVA de 21 % sur leurs services.

  • Il n’est pas obligatoire d’être représenté par un avocat pour se défendre en justice.

📌 L’indemnité de procédure suppose que le justiciable ait un avocat et gagne le procès ; la partie perdante doit alors la payer.

  • Les vacances judiciaires s’étendent du 1er juillet au 31 août ; les affaires ne sont généralement pas plaidées pendant cette période, sauf les affaires urgentes, notamment en droit de la famille.

  • Les audiences de vacation sont des audiences d'urgence en référé qui permettent de traiter les affaires urgentes pendant le ralentissement des vacances judiciaires.

  • Le Conseil supérieur de la justice estime que le recours aux juges suppléants peut surprendre le justiciable et être problématique.

  • Un juge qui ne peut connaître d'un dossier impliquant des membres de sa famille peut être remplacé par un juge suppléant afin de garantir l'impartialité du jugement.

  • Avant 2014, la mobilité des juges entre tribunaux était très rare et les juges suppléants pouvaient prendre le relais d'un juge environ 10 % du temps.

  • Pour une demande de 41 000 euros, l’indemnité de procédure présentée en exemple est de 3 750 euros et peut être réduite par le juge à un minimum de 1 500 euros.

Astuce mémo

L’État rémunère le juge → les frais de procédure restent à la charge des parties

9. Proximité géographique de la justice

Notions clés & Définitions

  • Principe de la contradiction : Exigence que tout élément présenté par une partie puisse être contredit par l'autre partie.
  • Proximité intellectuelle : Le fait que les parties puissent comprendre les explications de leur avocat sans devoir les interpréter ou les déchiffrer.
  • Citation ou assignation : Convocation en justice généralement délivrée par un huissier, qui informe la personne de la procédure engagée.
  • Légalité des armes : Exigence que chaque partie ait un accès équitable aux informations et aux preuves afin de garantir un procès équitable.

★ À maîtriser

  • La Belgique compte les subdivisions judiciaires suivantes :

    • un ressort pour la Cour de cassation
    • cinq ressorts pour les cours d'appel
    • treize arrondissements judiciaires
    • 162 cantons
  • La rationalisation vise à faire davantage déplacer le juge que le justiciable.

📌 Une règle de procédure doit concilier le respect des droits de la défense et l'efficacité du processus judiciaire.

  • Le délai minimal entre la remise de la citation et l'audience est généralement de 8 jours et se réduit à 2 jours en référé.

Compléments

  • Un juge des saisies peut siéger à Liège, Huy et Verviers afin d'exercer sa spécialité dans plusieurs localités.

  • Les cantons judiciaires ont été réduits en fonction de la population.

📌 Les pièces et arguments invoqués doivent être communiqués aux autres parties et au juge afin de leur permettre de préparer leur défense et d'éviter toute surprise.

10. Influence du droit européen

Notions clés & Définitions

  • Impartialité du magistrat : Exigence que le magistrat ne se forge pas d'opinion à l'avance et examine les faits sans préjugés ni intérêts particuliers.
  • Déport du magistrat : Décision par laquelle un magistrat se retire d'une affaire lorsqu'il estime ne pas pouvoir la juger objectivement.
  • Récusation : Demande d'une partie visant à écarter un magistrat en cas de doute sur son impartialité, décision prise par une juridiction supérieure.
  • Dessaisissement : Transfert d'une affaire d'un tribunal entier à une autre juridiction lorsque son impartialité est mise en doute.

★ À maîtriser

  • L'approche subjective de l'impartialité porte sur la conviction personnelle du magistrat, tandis que l'approche objective évalue les doutes que son comportement ou sa situation peuvent susciter chez le justiciable.

  • L'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme garantit le droit à un procès équitable.

  • L'article 6 du Code judiciaire interdit aux juges de rendre des arrêts de règlement, c'est-à-dire des décisions générales applicables à des affaires futures.

Compléments

📌 La demande de dessaisissement est portée devant la Cour de cassation, qui décide si l'affaire doit être transférée à un autre tribunal.

  • La partie qui demande la récusation doit être assistée d'un avocat ayant au moins 10 ans d'expérience.

  • Le Conseil de l'Europe, fondé en 1949, vise à prévenir les abus de pouvoir entre nations et à protéger les droits des citoyens.

  • Depuis le 1er mars 2023, les trois plus hautes juridictions belges — la Cour de cassation, la Cour constitutionnelle et le Conseil d'État — peuvent demander un avis consultatif à la Cour de Strasbourg sur des questions de droits de l'homme.

  • L'avis consultatif de la Cour de Strasbourg n'est pas contraignant et ne dispense pas d'épuiser les recours internes avant de la saisir directement.

  • Le juge doit trancher les affaires qui lui sont soumises sans créer de normes générales, afin de respecter la séparation des pouvoirs et de ne pas agir comme un législateur.

  • Selon l'article 3.4 du Code civil, une décision de justice n'est pas une loi.

11. Participation citoyenne et actes notariés

Notions clés & Définitions

  • Force authentique : La force authentique signifie que l’acte notarié fait foi de son contenu, sauf preuve du contraire.
  • Force exécutoire : La force exécutoire permet l’exécution directe de l’acte notarié sans procédure judiciaire préalable.
  • Officier ministériel : Un officier ministériel est une personne désignée par l’État belge pour établir des actes authentiques dans l’exercice d’une fonction publique.

★ À maîtriser

  • Le jury de cour d’assises, composé de citoyens tirés au sort, vise à associer le public à la justice, au prix de coûts organisationnels importants.

📌 Les juges laïques n’ont pas de lien avec la religion, tandis que les juges sociaux siègent dans les tribunaux du travail et les juges consulaires dans les tribunaux de l’entreprise.

Compléments

  • Le corporatisme peut favoriser des intérêts propres à une profession au détriment de l’intérêt général de la justice.

  • Après la Révolution française, les tensions liées à la réélection des juges élus ont contribué à l’instauration du jury pour éviter les abus.

  • Les juges sociaux et consulaires sont choisis pour leur expérience et leur connaissance du terrain, sans devoir nécessairement être juristes ou titulaires d’un master en droit.

Astuce mémo

Le jury fait participer les citoyens au jugement ; le notaire prévient les litiges par l’acte authentique.

12. Indépendance et compétence judiciaires

★ À maîtriser

  • En Belgique, le pouvoir judiciaire est indépendant des pouvoirs exécutif et législatif, et le fédéralisme n’affecte pas directement cette indépendance.

  • Le ministre de la Justice ne rend pas de jugements, mais intervient dans la nomination des magistrats, la gestion du budget de la justice et la définition de la politique criminelle.

  • Seul le Parlement peut créer de nouveaux tribunaux ou juridictions selon l’article 146 de la Constitution belge, et il est interdit de créer un tribunal pour une affaire particulière.

  • L’article 144 de la Constitution attribue en principe les litiges relatifs aux droits civils aux juridictions judiciaires, tandis que l’article 145 permet à la loi de confier certaines affaires politiques à d’autres juridictions.

  • Dans l’arrêt de Flandria de 1920, la Cour de cassation a reconnu que l’article 1382 s’applique aux fautes du pouvoir exécutif commises dans l’exercice d’un service public.

  • Le Conseil supérieur de la Justice (CSJ), institué par l’article 151 de la Constitution et précisé par le Code judiciaire, vise à renforcer l’indépendance des magistrats, objectiver les nominations et assurer un contrôle externe du fonctionnement judiciaire.

📌 Le CSJ n’est ni une juridiction ni une autorité disciplinaire et ne rend pas de décisions juridictionnelles ; le statut des magistrats relève du Conseil consultatif de la magistrature.

  • Le CSJ compte 44 membres répartis en deux collèges linguistiques de 22 membres, chacun comprenant 11 magistrats et 11 non-magistrats.

📌 La Commission de nomination et de désignation du CSJ organise et encadre les nominations des magistrats, tandis que la Commission d’avis et d’enquête recherche les dysfonctionnements du système judiciaire.

📌 Le CSJ peut recevoir et traiter des plaintes sur les lenteurs, les problèmes de communication et le déroulement des affaires pénales, mais il ne peut pas intervenir dans une décision rendue.

Compléments

  • Le Code judiciaire, entré en vigueur le 1er novembre 1970, organise le processus judiciaire et sanctionne la reconnaissance des droits subjectifs.

  • L’article 13 de la Constitution garantit à toute personne qui estime ses droits violés un recours effectif devant un tribunal.

  • Depuis la révision constitutionnelle de 2014, le Conseil d’État peut statuer sur les effets civils de ses décisions et accorder des dommages-intérêts.

  • Dans l’arrêt Anca de 1991, la Cour de cassation a admis que l’État peut réparer le préjudice causé par une faute du pouvoir judiciaire.

  • Dans l’arrêt Ferrera Jung de 2006, l’État belge a été condamné pour la durée excessive d’une procédure judiciaire.

  • Dans chaque collège linguistique, les non-magistrats comprennent quatre avocats, trois professeurs et quatre experts, chacun justifiant d’au moins dix ans d’expérience.

13. Accès et statut des magistrats

★ À maîtriser

  • L’accès à la magistrature s’effectue par trois voies :

    • le stage judiciaire
    • l’examen d’aptitude professionnelle
    • l’examen oral d’évaluation réservé à certains avocats
  • Le stage judiciaire dure deux ans et exige un diplôme de droit, au moins deux ans d’expérience professionnelle juridique et la réussite d’un concours limité à cinq tentatives.

  • L’examen d’aptitude professionnelle exige un master en droit et quatre ans d’expérience juridique au cours des cinq dernières années ; il peut être tenté cinq fois et sa réussite reste valable sept ans.

  • Depuis le début des années 2000, le ministre de la Justice ne peut nommer un magistrat que parmi les candidats recommandés par le CSJ, ou décider de ne nommer personne.

  • Les magistrats sont nommés par le Roi sur présentation motivée du CSJ à la majorité des deux tiers, après évaluation de la compétence et de l’aptitude du candidat.

  • La nomination d’un magistrat est à vie, tandis que la désignation concerne un mandat à durée limitée.

  • Les juges sont irrévocables : ils ne peuvent être privés de leur fonction ou suspendus qu’en vertu d’un jugement, sans préjudice de la retraite ou de la démission.

Compléments

  • L’examen oral d’évaluation est réservé aux avocats ayant exercé pendant au moins 20 ans, ou 15 ans sous certaines conditions.

  • Le mandat de chef de corps dure cinq ans et peut être renouvelé une fois, sauf pour le premier président et le procureur général près la Cour de cassation, dont le mandat n’est pas renouvelable.

📌 L’indépendance juridictionnelle des juges concerne leurs décisions, tandis que la fonction de chef de corps comporte une hiérarchie administrative qui ne peut dicter ces décisions.

14. Statut et organisation du ministère public

★ À maîtriser

📌 Selon l’article 152, alinéa 3, de la Constitution, le déplacement d’un juge ne peut avoir lieu que par une nouvelle nomination et avec son consentement explicite, y compris pour une délégation temporaire.

  • Dans son arrêt n° 139/2015 du 15 octobre 2015, la Cour constitutionnelle a jugé que l’article 152, alinéa 3, n’empêche pas le législateur d’adopter des réformes destinées à améliorer l’administration de la justice.

📌 La Cour constitutionnelle exige que les mesures de mobilité soient justifiées et proportionnées, et que les magistrats puissent exercer des recours contre les décisions qu’ils estiment injustifiées.

📌 Le magistrat du ministère public requiert l’application de la loi, défend l’ordre public et poursuit ses atteintes, tandis que le magistrat du siège rend les jugements et tranche les litiges.

  • Le magistrat du ministère public est un magistrat distinct des fonctionnaires, mais il ne juge pas et n’exerce pas de pouvoir juridictionnel.

📌 Selon l’article 151, § 1er, de la Constitution, le ministère public est indépendant dans les recherches et les poursuites individuelles, malgré le pouvoir du ministre de la Justice de définir des directives générales de politique criminelle.

Compléments

📌 Le pouvoir judiciaire désigne les cours et tribunaux, tandis que l’ordre judiciaire englobe aussi les magistrats du siège et du ministère public, les greffiers, les référendaires et les juristes de parquet.

  • Le ministère public combine le traitement d’affaires individuelles, notamment la décision de poursuivre des personnes déterminées, et la mise en œuvre de politiques publiques telles que la sécurité ou la lutte contre la toxicomanie.

Astuce mémo

Le parquet poursuit et requiert ; le siège juge

15. Attributions et garanties judiciaires

Notions clés & Définitions

  • Principe dispositif : Limite le juge aux demandes et aux éléments du litige soumis par les parties, qui déterminent la cause et l’objet de l’instance.

★ À maîtriser

  • Les directives de politique criminelle sont établies par le ministre après avis du Collège des procureurs généraux, puis s’imposent aux membres du ministère public.

  • Le ministre de la Justice peut ordonner des poursuites dans un cas particulier, mais ne peut interdire des poursuites ni ordonner leur arrêt.

  • En matière civile, le ministère public peut intervenir par voie d’action, par réquisition ou par avis ; lorsqu’il donne un avis comme partie jointe, il n’est pas partie à la cause et son avis ne lie pas le juge.

  • Selon l’article 159 de la Constitution, les cours et tribunaux n’appliquent les arrêtés et règlements que s’ils sont conformes aux lois ; ils peuvent refuser d’appliquer un acte illégal sans pouvoir l’annuler.

Compléments

  • Le traitement intégré d’un dossier complexe permet au procureur du Roi et au procureur général de l’identifier conjointement et de faire collaborer des magistrats de différents niveaux, notamment par des pools de compétences mixtes.

  • Le ministère public peut classer une affaire sans suite en respectant les directives de politique criminelle et en motivant sa décision, conformément à l’article 28quater du Code d’instruction criminelle.

  • Selon l’article 149 de la Constitution, tout jugement doit être motivé, notamment par l’exposé des motifs de fait et de droit qui justifient la décision.

  • Le juge ne peut soulever lui-même une contestation de fait ou de droit que si la disposition concernée est d’ordre public ou impérative.

  • Les parties peuvent mettre fin au litige par : un désistement, une transaction, un acquiescement à la demande adverse ou à la décision rendue

  • Dans son arrêt du 10 février 2022, la Cour de cassation a jugé que le juge ne peut ordonner la restitution d’une prestation après l’annulation ou la dissolution d’un contrat si aucune partie ne l’a demandée.

16. Jurisprudence et fonction juridictionnelle

Notions clés & Définitions

  • Jurisprudence : Ensemble des décisions rendues par les juridictions dans une matière déterminée.
  • Jurisprudence constante : La jurisprudence est constante lorsque plusieurs décisions concordantes sont rendues sur une même question de droit ; exceptionnellement, une seule décision de la Cour de cassation peut suffire.
  • Déni de justice : Refus du juge de statuer sous quelque prétexte que ce soit, y compris le silence, l’obscurité ou l’insuffisance de la loi.

★ À maîtriser

  • L’action en justice relève de l’initiative des parties, qui peuvent introduire ou terminer une instance, tandis que l’action de la justice correspond à l’office du juge dans la conduite du procès.

  • Par son arrêt du 14 avril 2005, la Cour de cassation affirme que le juge doit appliquer la règle de droit pertinente, même si les parties ne l’invoquent pas expressément, sous réserve du respect des droits de la défense.

  • Le juge doit relever d’office les moyens de droit nécessaires lorsqu’ils sont commandés par les faits invoqués par les parties.

  • L’exercice des pouvoirs du juge doit garantir l’égalité des armes et permettre à chaque partie de présenter ses observations sur les moyens soulevés par le juge.

  • Le juge remplit une double fonction : trancher le litige particulier qui lui est soumis et contribuer, par ses décisions, à déterminer le contenu du droit.

  • L’article 5 du Code judiciaire interdit au juge de refuser de juger, même si la loi est silencieuse, obscure ou insuffisante, et lui permet de combler les lacunes législatives, notamment à l’aide des principes généraux du droit.

  • L’article 6 du Code judiciaire interdit au juge d’édicter, dans un jugement, des règles générales et réglementaires, conformément au principe de séparation des pouvoirs.

  • L’interdiction des arrêts de règlement exclut : les précédents obligatoires, l’édiction de règles générales dépassant le cas tranché, la production d’effets obligatoires à l’égard de personnes autres que les parties au litige

  • L’autorité relative de la chose jugée s’applique lorsque : les parties sont les mêmes, l’objet du litige est identique, la cause repose sur les mêmes faits, quel que soit le fondement juridique invoqué

Compléments

  • Pour assurer la mise en état de la cause et le respect des délais, le juge fixe un calendrier et supervise le temps du procès.

  • Le juge intervient activement dans l’organisation et l’examen des éléments de preuve nécessaires au litige.

📌 Le juge ne peut rejeter une demande au seul motif que le demandeur lui a donné une qualification juridique erronée.

📌 L’article 1110, alinéa 4, du Code judiciaire oblige la juridiction de renvoi à se conformer à l’arrêt de la Cour de cassation sur le point de droit jugé, et aucun pourvoi en cassation n’est admis contre sa décision dans la mesure où elle s’y conforme.

Astuce mémo

Le juge doit juger (article 5), mais ne peut légiférer (article 6).

17. Discipline et responsabilité judiciaire

Notions clés & Définitions

  • Référendaire : Le référendaire assiste les magistrats en préparant leur travail, notamment par la documentation, la traduction, la publication des arrêts et la mise en concordance des textes français et néerlandais.
  • Greffier : Le greffier est un fonctionnaire public et membre du personnel judiciaire qui accomplit les tâches du greffe et assiste le juge dans l’exécution de ses missions, sauf si l’urgence empêche sa présence.

★ À maîtriser

  • L’article 404 du Code judiciaire vise les manquements professionnels et déontologiques, notamment le refus de juger, les retards de jugement, la violation du secret du délibéré, les atteintes à l’impartialité et le non-respect des incompatibilités.

📌 Une simple erreur d’appréciation ne constitue pas un manquement disciplinaire, sauf si elle traduit une violation grossière des devoirs professionnels.

  • Les sanctions disciplinaires sont :
    • le rappel à l’ordre
    • le blâme
    • la retenue de traitement
    • la suspension disciplinaire
    • la rétrogradation
    • la destitution

📌 La prise à partie permet d’engager exceptionnellement la responsabilité civile d’un magistrat en cas de dol ou de fraude dans l’instruction ou le jugement, ou de déni de justice interprété strictement.

  • Le greffier assiste le juge à l’audience, relate le déroulement de l’instance, formalise les décisions et veille à la notification des jugements et à la délivrance de leurs expéditions.

Compléments

  • Les comportements privés susceptibles de sanction comprennent : la violence conjugale, une gestion financière désastreuse, le faux en écriture, l’abus de confiance, les coups et blessures volontaires, l’ébriété accompagnée de comportements déplacés

📌 La requête en prise à partie, relevant de la Cour de cassation, doit être signée par la partie et un avocat à la Cour et introduite dans les 30 jours suivant les faits ou leur découverte en cas de dol ou de fraude.

📌 En principe, la responsabilité de l’État pour une décision juridictionnelle illégale suppose l’annulation préalable de cette décision, sauf notamment si la partie lésée ne peut exercer de recours ou si une juridiction suprême viole le droit européen.

  • La Cour constitutionnelle a jugé le 30 juin 2014 que l’article 1382 du Code civil est inconstitutionnel s’il empêche d’engager la responsabilité de l’État pour faute juridictionnelle lorsque les voies de recours sont insuffisantes.

  • La Cour constitutionnelle a reconnu le 23 février 2017 la responsabilité de l’État pour des fautes de la Cour de cassation même en l’absence d’effacement préalable de la décision.

📌 Si l’État est condamné, il peut exercer une action récursoire contre le magistrat en cas de réalisation de l’une des quatre hypothèses de prise à partie ou de condamnation pénale du magistrat.

  • Les référendaires ont été introduits à la Cour de cassation par la loi du 6 mai 1997 et leur fonction a été étendue aux cours d’appel et aux tribunaux de première instance par la loi du 24 mars 1999.

  • Les tâches administratives du greffe comprennent :

    • l’accès du public
    • la comptabilité
    • la conservation et la délivrance des actes
    • la documentation juridique
    • les tables et statistiques
    • les registres
    • la conservation des valeurs et objets déposés

Astuce mémo

La discipline sanctionne le magistrat ; la responsabilité répare le dommage imputable à la justice.

18. Statut et missions des huissiers

Notions clés & Définitions

  • Huissier de justice : L’huissier de justice est un fonctionnaire public et un officier ministériel exerçant une profession libérale indépendante et titulaire d’un office rattaché à l’administration de la justice.
  • Constat d’huissier : Le constat d’huissier est une description de constatations matérielles personnellement effectuées par l’huissier, sans avis sur leurs causes ou conséquences juridiques et sans constituer une enquête ni une expertise technique.
  • Avocat : L’avocat est un auxiliaire de justice qui représente son client, défend ses intérêts devant les juridictions et le conseille même en dehors de tout procès.

★ À maîtriser

  • Les trois grands domaines judiciaires de l’huissier sont :

    • l’introduction des procès
    • les constats liés à l’instruction
    • l’exécution des titres exécutoires
  • Avant toute procédure de recouvrement, judiciaire ou extrajudiciaire, la loi du 15 mai 2024 impose à l’huissier de consulter le Fichier central des avis, d’évaluer la nécessité d’un avis de contrôle de probabilité d’insolvabilité et de contacter un médiateur de dettes si pertinent.

  • L’huissier est compétent uniquement dans l’arrondissement judiciaire où il a été nommé, et la violation de cette compétence territoriale entraîne la nullité absolue de l’acte.

  • Depuis la réforme de 2014, le constat d’huissier fait preuve des faits matériels constatés par perception sensorielle, lorsque les règles de preuve autorisent son admission.

  • Pour exercer la profession d’avocat en Belgique, il faut être titulaire d’un master en droit belge ou d’un diplôme équivalent garantissant une connaissance suffisante du droit belge.

Compléments

  • L’huissier de justice exerce jusqu’à l’âge de 75 ans, alors que son office était auparavant viager.

  • L’huissier détient le monopole de la citation pour introduire un procès, sans exclure la requête contradictoire, la requête unilatérale et la requête conjointe comme autres modes introductifs d’instance.

  • En contrepartie de son monopole, l’huissier doit exercer son ministère chaque fois qu’il est requis et garantir la continuité de son étude, notamment en désignant un suppléant en cas d’empêchement personnel.

  • Les huissiers doivent favoriser une solution amiable et informer les justiciables de la médiation, de la conciliation et des autres modes de résolution amiable des litiges.

  • Depuis le 1er octobre 2024, lors de la signification d’une citation ou d’un jugement ordonnant le paiement d’une somme d’argent, l’huissier doit joindre une fiche informative sur les solutions de rétablissement financier et l’aménagement du paiement des dettes.

  • Le statut, les prérogatives, les obligations et l’organisation professionnelle de l’avocat sont définis par les articles 428 à 508 du Code judiciaire.

  • Un avocat stagiaire proposé par un avocat ayant au moins dix ans d’inscription au barreau prête serment devant la cour d’appel puis est inscrit sur la liste des stagiaires par le Conseil de l’Ordre.

  • Les cours du CAPA durent 84 heures et portent notamment sur la déontologie, les procédures civiles, pénales et administratives, l’aide juridique, la gestion de cabinet, la conformité, la prévention du blanchiment, les outils informatiques et la protection des données.

Tableaux de synthèse

Transaction, médiation et conciliation

ModeRôle du tiersRésultat
TransactionAucun tiers nécessaireAccord par concessions mutuelles
MédiationLe médiateur faciliteSolution élaborée par les parties
ConciliationLe juge donne des avisAccord sans jugement

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Modes alternatifs et service judiciaire avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Deux personnes s’opposent sur le respect d’un contrat et demandent qu’un juge tranche leur désaccord. Comment qualifie-t-on cette situation ?

2. Une personne réclame à son employeur des rémunérations impayées, tandis qu’une autre conteste une décision relative à la garde de son enfant. Que montrent ces deux affaires sur les domaines traités par la justice ?

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Quelles institutions composent le pouvoir judiciaire belge ?

Les institutions chargées de trancher les litiges en appliquant les règles de droit et une procédure organisée.

Quels types de litiges la justice traite-t-elle ?

Des litiges pénaux, civils, familiaux, sociaux et économiques.

Qu’est-ce que la compétence du juge selon l’article 8 du Code judiciaire ?

Le pouvoir de connaître d’une demande portée devant lui.

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