Fiche de révision : Responsabilité civile : fondements et éléments

📋 Plan du Cours

  1. Fondement de la responsabilité pour faute
  2. Délit et quasi-délit selon l’article 1241
  3. Qualification des trois éléments de la responsabilité
  4. Variété des dommages et nomenclature Dintilhac
  5. Dommage matériel et préjudices matériels temporaires
  6. Dommage corporel et postes de préjudice
  7. Dommage moral et évolution jurisprudentielle
  8. Caractère certain, direct et légitime du dommage
  9. Élément matériel de la faute et abstention
  10. Élément d’illicéité et standard de la personne raisonnable
  11. Indifférence de l’élément subjectif et objectivisation
  12. Faits justificatifs : obligation et nécessité

📖 1. Fondement de la responsabilité pour faute

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 1240 du Code civil : Règle générale de responsabilité civile fondée sur un fait quelconque causant un dommage par la faute de son auteur.
  • Responsabilité pour faute : Mécanisme de réparation où la victime doit établir un dommage, une faute et un lien de causalité entre les deux.
  • Article 1241 du Code civil : Texte qui qualifie la faute selon qu’elle est volontaire (délit civil) ou involontaire (quasi-délit).
  • Délit civil : Qualification d’une faute volontaire permettant d’engager la responsabilité civile.
  • Quasi-délit : Qualification d’une faute involontaire, sans exigence d’intention de nuire, pour engager la responsabilité civile.

📝 Points essentiels

  • L’article 1240 impose la réparation de tout dommage causé à autrui par la faute de l’auteur.
  • Les trois conditions classiques sont dommage, faute (fait générateur) et lien de causalité.
  • L’intention de nuire n’est pas une condition : une faute involontaire peut suffire.
  • L’article 1241 distingue faute volontaire (délit civil) et faute involontaire (quasi-délit).
  • Dans l’exemple de la bousculade, la faute est l’imprudence et la causalité est la chute provoquée par le choc.
  • En pratique, la qualification du dommage, la caractérisation de la faute et la preuve du lien causal peuvent être discutées ou difficiles.

💡 Astuce mémo

1240 = D-F-C : dommage, faute, causalité ; 1241 = volontaire délit / involontaire quasi-délit.

📖 2. Délit et quasi-délit selon l’article 1241

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 1241 du Code civil : Règle de responsabilité civile qui fonde l’indemnisation des dommages causés par un fait fautif.
  • Délit : Qualification d’un fait dommageable relevant de la responsabilité civile fondée sur une faute.
  • Quasi-délit : Qualification d’un fait dommageable relevant de la responsabilité civile fondée sur une faute, sans qualification pénale.
  • Préjudice économique : Catégorie de dommage consistant en une perte financière subie par la victime.
  • Préjudice corporel : Atteinte à l’intégrité physique de la personne, domaine central de la responsabilité civile.

📝 Points essentiels

  • La responsabilité fondée sur l’article 1241 vise l’indemnisation du dommage causé par un fait fautif.
  • Le préjudice économique regroupe notamment l’atteinte à un bien, la perte de revenus et des dépenses engagées ou à venir.
  • La nomenclature Dintilhac distingue deux grands ensembles de préjudices matériels : permanents et temporaires.
  • Les préjudices matériels permanents nécessitent une évaluation prévisionnelle car ils s’étalent dans le temps.
  • Les préjudices matériels temporaires sont limités dans le temps et leur montant est généralement connu au moment où le juge statue.
  • Le dommage corporel bénéficie d’un régime de prescription particulier : l’action se prescrit par 10 ans à compter de la consolidation du dommage (art. 2226 du Code civil).

💡 Astuce mémo

1241 = faute → réparation ; préjudices : Dintilhac = permanents (projection) vs temporaires (montant connu).

📖 3. Qualification des trois éléments de la responsabilité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dommage moral : Le dommage moral correspond à une souffrance psychologique indemnisable, comme la tristesse, la peur ou l’atteinte à l’honneur.
  • Atteinte à un droit extrapatrimonial : L’atteinte à un droit extrapatrimonial vise la violation d’intérêts non économiques comme la vie privée, l’honneur ou la réputation.
  • Préjudice d’affection : Le préjudice d’affection est la souffrance liée à la perte d’un être aimé, initialement limitée aux proches parents puis élargie.
  • Pretium doloris : Le pretium doloris désigne la souffrance physique qui entraîne une souffrance morale, souvent invoquée en cas de dommage corporel.
  • Préjudice d’anxiété : Le préjudice d’anxiété est l’inquiétude durable face au risque de développer une maladie, avec une preuve souvent difficile.

📝 Points essentiels

  • Le dommage moral est un poste autonome de réparation, distinct des dommages patrimoniaux.
  • La réparation du dommage moral a été admise par le juge civil dès l’arrêt Cour de cassation du 25/06/1833.
  • La reconnaissance du dommage moral a aussi été admise en contentieux administratif par l’arrêt CE du 24/11/1961 Letisserand.
  • Les catégories de dommages moraux couvrent notamment l’atteinte à la vie privée, à l’honneur et à la réputation, y compris pour une personne morale.
  • Le préjudice d’affection n’exige plus un lien de parenté depuis l’arrêt Cour de cassation du 20/01/1967.
  • Le préjudice d’affection peut aussi concerner la perte d’un animal de compagnie depuis l’arrêt Cour de cassation du 16/01/1962.

💡 Astuce mémo

Souffrance = Moral : « larmes, honneur, affection, douleur, anxiété ».

📖 4. Variété des dommages et nomenclature Dintilhac

🔑 Notions clés & Définitions

  • Réparation intégrale : Principe de responsabilité civile imposant d’indemniser tout le préjudice prouvé, sans dépasser ce préjudice.
  • Dommage certain : Condition d’indemnisation exigeant que le préjudice soit établi comme réalisé ou comme se réalisant avec certitude dans son principe.
  • Dommage futur : Préjudice non encore survenu, dont l’indemnisation dépend de sa certitude dans son principe ou de son caractère seulement éventuel.
  • Perte de chance : Disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable, indemnisée non pour l’avantage espéré mais pour la disparition de la possibilité.
  • Dommage direct et personnel : Exigence selon laquelle le préjudice indemnisable doit être la conséquence immédiate du fait générateur et avoir été subi par la personne qui agit.

📝 Points essentiels

  • La réparation doit indemniser tout le préjudice, mais rien que le préjudice, pour éviter l’enrichissement injustifié de la victime.
  • Le dommage certain est le seul indemnisable en responsabilité civile, tandis que les dommages éventuels, hypothétiques et probables mais non certains ne le sont pas.
  • La certitude peut viser une perte subie ou un gain manqué, à condition que la réalisation soit certaine dans son principe.
  • Le dommage futur purement éventuel n’est pas indemnisable (Cass. 19/03/1947).
  • Un dommage futur peut être réparé s’il prolonge de façon certaine et directe un état actuel et s’il est susceptible d’évolution immédiate.
  • La perte de chance correspond à la disparition actuelle et certaine d’une éventualité favorable (Cass. 21/11/2006).

💡 Astuce mémo

Certain = prouvé dans son principe ; Futur = pas “peut-être” ; Chance = on paie la disparition de la possibilité, pas l’avantage.

📖 5. Dommage matériel et préjudices matériels temporaires

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dommage par ricochet : Préjudice subi par des proches du fait d’un dommage principal, indemnisable s’il est personnel et directement causé par les faits poursuivis.
  • Préjudice personnel des proches : Préjudice propre aux proches, distinct de celui de la victime principale, qui doit découler directement des faits à l’origine du litige.
  • Caractère personnel du dommage : Principe selon lequel l’indemnisation vise en priorité un dommage propre à la personne lésée, ce qui limite a priori les préjudices collectifs.
  • Action de groupe : Mécanisme permettant de regrouper des demandes d’indemnisation pour des dommages de masse, introduit par plusieurs lois.
  • Préjudice écologique pur : Atteinte non négligeable aux éléments ou fonctions des écosystèmes ou aux bénéfices collectifs tirés de l’environnement, reconnue comme préjudice collectif.

📝 Points essentiels

  • La réparation du dommage par ricochet est admise même en cas de simple blessure, à condition que les proches prouvent un préjudice personnel et un lien direct avec les faits poursuivis.
  • La Cour de cassation admet l’indemnisation des proches lorsque leur préjudice est personnel et découle directement des faits, sans exiger un lien de parenté strict.
  • Le principe du caractère personnel du dommage tend à exclure l’indemnisation d’un préjudice collectif, mais le droit français admet de plus en plus des mécanismes collectifs.
  • Les groupements peuvent agir pour défendre un intérêt collectif : les syndicats (Cass. 05/04/1913) et les associations de consommateurs (art. L621-9 Code de la consommation) sous conditions liées à l’objet statutaire.
  • Les actions de groupe ont été introduites par plusieurs textes : loi du 14/03/2014 (consommation), loi du 18/11/2016 (santé, CSP art. L1143-1 s.) et art. L1142-3-1 Code de l’environnement (environnement).
  • Le préjudice écologique pur est fondé notamment sur l’art. 4 de la Charte de l’environnement et a été reconnu par la Cour de cassation (Cass. 25/09/2012, Erika), puis intégré au Code civil (art. 1246 et 1247).

💡 Astuce mémo

Ricochet = Proche + Personnel + Lien direct ; Collectif = Groupes/Actions ; Écologie = Atteinte non négligeable aux écosystèmes/bénéfices collectifs.

📖 6. Dommage corporel et postes de préjudice

🔑 Notions clés & Définitions

  • Intérêt légitime : Notion utilisée pour limiter l’indemnisation lorsque la demande repose sur un intérêt jugé non légitime.
  • Gain illicite : Gain dont l’origine est illégale, qui ne peut pas fonder une réparation de la perte de rémunérations correspondante.
  • Naissance comme dommage : Idée selon laquelle la naissance d’un enfant pourrait, dans certains cas, ouvrir droit à indemnisation en tant que dommage.
  • Loi anti-Perruche : Texte de 2002 qui encadre l’indemnisation liée à la naissance, en excluant le préjudice du seul fait de la naissance.
  • Faute civile : Faute au sens du droit de la responsabilité, entendue comme le comportement mal adapté à la vie en société.

📝 Points essentiels

  • Un intérêt peut être jugé illégitime notamment si la victime est en situation irrégulière ou si le gain invoqué est illicite.
  • La Cour de cassation refuse l’indemnisation de la perte de rémunérations illicites (arrêt Mlle Lima, 2002).
  • En principe, la naissance d’un enfant normalement constitué ne donne pas lieu à indemnisation du seul fait de la naissance (Cass., 25/06/1991).
  • Dans l’affaire Perruche (arrêt 2000), l’indemnisation est admise pour un enfant né handicapé à la suite d’une erreur de diagnostic prénatal, car une IVG aurait pu être pratiquée.
  • La loi du 04/03/2002 (anti-Perruche) pose que nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de la naissance (art. L114-5 CASF).
  • La constitutionnalité de l’art. L114-5 CASF a été confirmée par une QPC le 11/06/2010 (Conseil constitutionnel).

💡 Astuce mémo

Illégitime = gain illégal ou situation irrégulière ; Naissance : refus sauf viol (Perruche → loi anti-Perruche).

📖 7. Dommage moral et évolution jurisprudentielle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Faute inexcusable : La faute inexcusable correspond à la création d’un danger particulièrement grave pour la sécurité corporelle, avec conscience réelle ou attendue du danger.
  • Faute caractérisée : La faute caractérisée désigne une faute d’une gravité particulière, souvent requise pour engager la responsabilité d’un professionnel dans certaines matières.
  • Abstention fautive : L’abstention fautive est une omission pouvant constituer une faute, même sans acte positif, si elle cause un dommage.
  • Illicéité : L’illicéité est le caractère défendu du comportement, distinct de la simple illégalité, car elle renvoie à une interdiction plus large.
  • Personne raisonnable : La personne raisonnable est le standard utilisé pour apprécier l’illicéité, en se demandant comment une personne prudente aurait agi dans les mêmes circonstances.

📝 Points essentiels

  • La faute inexcusable et la faute caractérisée peuvent engager la responsabilité délictuelle sur le fondement des art. 1240 et 1241 du Code civil.
  • La gravité de la faute est en principe indifférente en responsabilité délictuelle, contrairement à certaines exigences spécifiques selon les régimes.
  • La Cour de cassation admet qu’une abstention peut constituer une faute (Cass. 27/02/1951, Branly).
  • Dans l’affaire Branly, l’auteur avait omis de mentionner le nom d’Édouard Branly dans un ouvrage sur la télégraphie sans fil.
  • En matière d’illicéité, l’illégalité vise la contrariété à la loi tandis que l’illicéité recouvre un comportement interdit par une norme impérative, l’ordre public, la morale ou des standards sociaux.
  • L’illicéité s’apprécie de façon concrète et factuelle à partir du comportement d’une personne normalement prudente et raisonnable placée dans les mêmes circonstances, avec un large pouvoir d’appréciation des juges.

💡 Astuce mémo

Branly = Omission = Faute ; Illicéité = Interdit plus large que la loi ; Personne raisonnable = Test “dans les mêmes circonstances”.

📖 8. Caractère certain, direct et légitime du dommage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Abus du droit : Notion d’abus lorsque l’exercice d’un droit se fait contre sa fonction sociale ou son intérêt légitime.
  • Théorie finaliste de Josserand : Conception selon laquelle il y a abus quand un droit est utilisé contrairement à sa finalité sociale.
  • Action en justice abusive : Qualification d’un recours en justice comme abusif seulement dans des cas limités liés à la mauvaise foi ou à des erreurs graves.
  • Rupture des pourparlers : Principe selon lequel la rupture peut être libre, mais elle engage la responsabilité si elle est brutale, imprudente ou de mauvaise foi.
  • Faute objective : Idée selon laquelle la faute en responsabilité délictuelle ne dépend plus de la conscience ou du discernement de l’auteur.

📝 Points essentiels

  • L’abus du droit est retenu selon une logique finaliste : l’exercice doit respecter la fonction sociale du droit.
  • Si le droit est conféré dans l’intérêt d’autrui, l’usage égoïste peut suffire à caractériser l’abus.
  • Si le droit est discrétionnaire, l’abus n’est admis qu’en cas d’intention de nuire.
  • En matière d’action en justice, l’exercice n’est abusif que s’il existe malice, mauvaise foi ou une erreur grossière assimilable au dol.
  • La rupture des négociations est libre, mais la responsabilité peut être engagée si la rupture est brutale, imprudente ou de mauvaise foi.
  • La faute en responsabilité délictuelle repose sur deux éléments : un comportement (action ou abstention) et une illicéité au regard des normes, usages, morale sociale et du comportement attendu d’une personne raisonnable

💡 Astuce mémo

Abus = droit mal utilisé : intérêt d’autrui (égoïsme) ou discrétion (intention de nuire).

📖 9. Élément matériel de la faute et abstention

🔑 Notions clés & Définitions

  • Faits justificatifs : En responsabilité, ce sont des circonstances qui font perdre le caractère fautif d’un acte si leurs conditions sont réunies.
  • Obligation : En théorie des faits justificatifs, l’obligation vise le cas où l’acte reproché était imposé par une norme.
  • Nécessité : En théorie des faits justificatifs, la nécessité vise le cas où l’acte reproché était le seul moyen d’éviter un mal.
  • Ordre de la loi : Fait justificatif fondé sur une loi ou un règlement qui rend l’acte reproché obligatoire.
  • Commandement de l’autorité légitime : Fait justificatif fondé sur un ordre précis et licite d’une autorité supérieure.

📝 Points essentiels

  • Les excuses à la faute relèvent de la théorie des faits justificatifs, empruntée au droit pénal, qui neutralise la faute sous conditions.
  • Deux catégories de faits justificatifs existent : l’obligation et la nécessité.
  • Obligation : l’ordre de la loi couvre les actes rendus obligatoires par une loi ou un règlement, ce qui empêche de qualifier l’acte de faute.
  • Obligation : le commandement de l’autorité légitime vise un ordre précis et licite d’une autorité supérieure, ce qui écarte la faute.
  • Nécessité : la légitime défense suppose une attaque injuste et une réponse proportionnée à l’attaque.
  • Nécessité : l’état de nécessité correspond au fait de causer un mal moindre pour éviter un mal, et il existe peu de jurisprudence civile à ce sujet.

💡 Astuce mémo

Obligation = ordre (loi/autorité) ; Nécessité = danger (légitime défense/état de nécessité).

📖 10. Élément d’illicéité et standard de la personne raisonnable

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cause unique identifiable : Cause unique : situation où un seul événement est censé expliquer le dommage, ce qui rend la question centrale celle de la preuve du lien causal.
  • Présomption de responsabilité collective : Présomption de responsabilité collective : mécanisme qui attribue la responsabilité à chaque participant quand on ne peut pas identifier précisément l’auteur du dommage.
  • Preuve scientifique : Preuve scientifique : niveau de preuve correspondant à une certitude absolue sur l’existence du lien causal.
  • Preuve juridique : Preuve juridique : niveau de preuve fondé sur la conviction du juge, qui peut admettre la causalité sans certitude scientifique parfaite.
  • Causalité adéquate : Causalité adéquate : théorie restrictive où ne sont retenus que les événements normalement et prévisiblement propres à produire le dommage.

📝 Points essentiels

  • La causalité en cas de cause unique est surtout un problème de preuve, car la charge de la preuve pèse sur le demandeur (la victime).
  • Quand plusieurs personnes participent à une activité dangereuse sans identifier l’auteur exact, la jurisprudence présume la responsabilité de chaque participant.
  • Dans ce cas, la présomption de responsabilité collective est renversable : chacun peut prouver qu’il n’est pas à l’origine du dommage.
  • La jurisprudence n’exige pas une certitude scientifique pour établir le lien causal.
  • Le juge peut retenir la causalité sur la base de présomptions graves, précises et concordantes, même sans démonstration scientifique parfaite.
  • En présence de causes multiples, il n’existe pas de règle absolue pour désigner le responsable du début de la chaîne : la solution dépend des théories de causalité utilisées par le juge.

💡 Astuce mémo

Preuve juridique = conviction du juge ; preuve scientifique = certitude absolue.

📖 11. Indifférence de l’élément subjectif et objectivisation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lien de causalité : Le lien de causalité relie le fait du responsable au dommage subi et conditionne l’engagement de sa responsabilité.
  • Cause étrangère : La cause étrangère est un événement qui s’intercale dans la chaîne des faits et peut exonérer le responsable, totalement ou partiellement.
  • Force majeure : La force majeure est un événement répondant à des critères stricts et entraînant une exonération totale de responsabilité.
  • Fait de la victime : Le fait de la victime correspond à une contribution de la victime à la réalisation de son dommage, pouvant réduire ou supprimer la responsabilité du défendeur.
  • Prédispositions de la victime : Les prédispositions sont des fragilités antérieures de la victime, en principe indifférentes pour la causalité.

📝 Points essentiels

  • La cause étrangère rompt le lien de causalité en tout ou partie et permet une exonération totale ou partielle du responsable.
  • La force majeure exclut toute responsabilité et conduit à une exonération totale, même si le dommage aurait sinon été imputable au défendeur.
  • Les critères de la force majeure sont cumulatifs : imprévisible, irrésistible et extérieur, appréciés strictement par les juges.
  • L’imprévisibilité exige que l’événement ne pouvait pas être raisonnablement prévu, même si sa survenance reste rare.
  • L’irrésistibilité suppose l’impossibilité d’éviter les effets malgré des mesures appropriées, et une simple difficulté ne suffit pas.
  • L’extériorité vise un événement extérieur à la volonté, au comportement ou à la sphère de contrôle du responsable.

💡 Astuce mémo

Force majeure = IRIe : Imprévisible, Résistible impossible, Extérieur (cumul).

📖 12. Faits justificatifs : obligation et nécessité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Prédispositions de la victime : Prédispositions : caractéristiques antérieures de la victime qui peuvent influencer l’étendue de l’indemnisation sans supprimer le droit à réparation.
  • Lien de causalité : Lien de causalité : relation entre la faute et le dommage que le juge doit établir pour engager la responsabilité.
  • Fait d’un tiers : Fait d’un tiers : événement imputable à une personne autre que la victime et le défendeur principal, pouvant causer ou aggraver le dommage.
  • Obligation in solidum : Obligation in solidum : mécanisme permettant à la victime de demander l’intégralité de l’indemnisation à n’importe quel co-auteur.
  • Subrogation : Subrogation : transmission d’une créance du créancier initial vers celui qui a payé, pour lui permettre d’agir contre le débiteur.

📝 Points essentiels

  • La réparation se fait en fonction de la gravité respective des fautes, ce qui peut réduire l’indemnisation (ex. victime fautive à 50 %).
  • Les prédispositions de la victime sont indifférentes : elles ne rompent pas le lien de causalité si le fait dommageable a transformé radicalement la situation.
  • Arrêt de la Cour de cassation du 28/10/1997 : une personne déjà borgne peut être indemnisée pour la cécité totale si le dommage a radicalement aggravé sa situation.
  • En cas de fait d’un tiers, la responsabilité peut être discutée si le tiers a causé ou aggravé le dommage, y compris via un fondement engageant sa responsabilité.
  • Lorsque plusieurs responsables existent, la victime peut réclamer la réparation intégrale à l’un quelconque des co-auteurs, puis celui qui a payé exerce un recours contre les autres.

💡 Astuce mémo

Prédispositions = indifférentes ; Solidarité = victime protégée ; Recours = celui qui paie se rembourse.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1833Arrêt Cour de cassation : admission de la réparation du dommage moral (juge civil)
1961Arrêt CE : admission de la réparation du dommage moral (contentieux administratif, Letisserand)
1240Article 1240 du Code civil : principe général de responsabilité pour faute (fait quelconque causant un dommage)

📊 Tableaux de synthèse

Délit civil vs quasi-délit (art. 1241)

QualificationCaractéristiqueExemples
Délit civilFaute volontaire
Quasi-délitFaute involontaire (imprudence, négligence)Imprudence, négligence

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre dommage et préjudice : le cours distingue le dommage comme fait/atteinte et le préjudice comme conséquence, même si la pratique brouille souvent la distinction.
  2. Croire que l’intention de nuire est nécessaire : en art. 1241, la faute involontaire suffit (ex. imprudence, négligence).
  3. Indemniser un dommage seulement éventuel : en responsabilité civile, seul le dommage certain est indemnisable (sauf exception du dommage futur certain dans son principe).
  4. Mélanger preuve scientifique et preuve juridique : la causalité peut être retenue sans certitude scientifique parfaite, sur conviction et présomptions graves, précises et concordantes.
  5. Penser que l’absence de discernement exclut la faute : depuis 1984 (Derguini/Lemaire), la faute est objectivée et ne suppose plus conscience/volonté/discernement.
  6. Oublier que l’illicéité est plus large que l’illégalité : illicéité = comportement défendu (norme impérative, ordre public, morale, standards sociaux), appréciée par la personne raisonnable.
  7. Confondre les causes étrangères : la force majeure exonère totalement (imprévisible, irrésistible, extérieur), tandis que fait de la victime ou du tiers peut seulement réduire ou répartir.

✅ Checklist Examen

  1. Citer l’article 1240 et énoncer les 3 conditions : dommage, faute (fait générateur) et lien de causalité.
  2. Expliquer art. 1241 : distinguer faute volontaire (délit civil) et faute involontaire (quasi-délit) et rappeler que l’intention de nuire n’est pas nécessaire.
  3. Sur un cas-type (bousculade), identifier précisément dommage, faute (imprudence/manque d’attention) et causalité (chute résultant directement du choc).
  4. Expliquer pourquoi la mise en œuvre peut être complexe : qualification du dommage, caractérisation de la faute et preuve du lien causal.
  5. Présenter la nomenclature Dintilhac : absence de liste officielle, rôle officieux pour isoler et évaluer les préjudices distincts.
  6. Distinguer dommage matériel et dommage corporel, puis classer les préjudices matériels en permanents (projection) et temporaires (montant généralement connu au moment où le juge statue).
  7. Pour le dommage corporel, rappeler le régime de prescription (art. 2226 : 10 ans à compter de la consolidation) et citer les postes fréquents (fonctionnel, agrément, établissement, sexuel).
  8. Définir le dommage moral et citer l’évolution jurisprudentielle (Cass. 25/06/1833 et CE 24/11/1961 Letisserand), puis lister des catégories (atteinte à un droit extrapatrimonial, affection, pretium doloris, anxiété, etc.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Responsabilité civile : fondements et éléments avec 11 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel est le principe général posé par l’article 1240 du Code civil en matière de responsabilité pour faute ?

2. Quel est le principe fondamental de la responsabilité civile pour faute selon l’article 1240 du Code civil?

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Mémorisez les concepts clés de Responsabilité civile : fondements et éléments avec 9 flashcards interactives.

Responsabilité pour faute — fondement ?

Responsabilité basée sur un fait dommageable et une faute.

Responsabilité pour faute

Fondée sur un fait causant un dommage par la faute.

Délit vs quasi-délit — article 1241 ?

Délit volontaire, quasi-délit involontaire, selon l’article 1241.

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