QCM : Sources et régimes de légalité administrative (10 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle position le Conseil constitutionnel adopte-t-il dans la décision Blocage des Prix et Revenus de 1982 lorsqu’une loi intervient dans le domaine réglementaire ?

Il refuse de sanctionner cet empiétement du législateur
Il annule la loi pour violation de la séparation des compétences
Il exige une ratification préalable de la loi par référendum
Il renvoie le contrôle de la loi au pouvoir réglementaire

Il refuse de sanctionner cet empiétement du législateur

Explication

Le Conseil constitutionnel admet qu’une loi puisse intervenir dans le domaine réglementaire et refuse donc de sanctionner cet empiétement. Cette solution se distingue de la situation inverse, dans laquelle un acte réglementaire intervient dans le domaine réservé à la loi.

2. Un décret fixe une règle relevant de la compétence du législateur au sens de l’article 34 de la Constitution : quelle conséquence découle de l’arrêt CE, 1995, Union Maritime CFDT ?

Le décret relève du contrôle exclusif du Conseil constitutionnel
Le décret peut modifier une loi dans cette matière
Le décret est illégal au regard des articles 34 et 37
Le décret devient légal si le Parlement ne le conteste pas

Le décret est illégal au regard des articles 34 et 37

Explication

L’arrêt Union Maritime CFDT affirme que le pouvoir réglementaire ne peut pas empiéter sur la compétence du législateur, ce qui rend l’acte illégal au regard des articles 34 et 37. L’absence de contestation parlementaire ne transforme pas cette intervention réglementaire en compétence valide.

3. Quelles décisions présidentielles le Conseil d’État qualifie-t-il d’actes de gouvernement dans l’arrêt Rubin de Servens de 1962 ?

La mise en œuvre de l’article 16 et la création d’une juridiction militaire ad hoc
La dissolution de l’Assemblée nationale et la nomination du Premier ministre
La promulgation d’une loi et la convocation du Parlement en session extraordinaire
La signature d’un traité et la nomination des ambassadeurs

La mise en œuvre de l’article 16 et la création d’une juridiction militaire ad hoc

Explication

Dans Rubin de Servens, le Conseil d’État qualifie d’actes de gouvernement la mise en œuvre de l’article 16 et la création d’une juridiction militaire ad hoc. Il se déclare incompétent pour contrôler ces décisions en raison de leur domaine.

4. Quelle solution le Conseil d’État retient-il dans l’arrêt Canal de 1962 à propos de l’ordonnance référendaire créant une Cour militaire de justice ?

Il se déclare incompétent en raison de la qualité présidentielle de son auteur
Il se reconnaît compétent et annule l’ordonnance pour atteinte disproportionnée aux libertés
Il suspend l’ordonnance jusqu’à l’adoption d’une loi par le Parlement
Il valide l’ordonnance parce qu’un référendum autorise toute mesure de justice

Il se reconnaît compétent et annule l’ordonnance pour atteinte disproportionnée aux libertés

Explication

Dans Canal, le Conseil d’État accepte de contrôler l’ordonnance référendaire et annule la création de la Cour militaire de justice en raison d’une atteinte disproportionnée aux libertés fondamentales. Cette solution contraste avec Rubin de Servens, où l’incompétence reposait sur le domaine de l’acte.

5. Que signifie la notion d’actes de gouvernement selon la jurisprudence du Conseil d’État ?

Il s'agit d'actes de gestion courante de l'administration, soumis au contrôle juridictionnel.
Ce sont des actes législatifs adoptés par le Parlement.
Ce sont des actes administratifs qui peuvent toujours être annulés par le juge administratif.
Il s'agit d'actes politiques ou diplomatiques que le Conseil d’État ne peut pas contrôler.

Il s'agit d'actes politiques ou diplomatiques que le Conseil d’État ne peut pas contrôler.

Explication

Les actes de gouvernement sont des décisions politiques ou diplomatiques que le Conseil d’État considère comme in contrôlables, notamment celles relatives à la politique étrangère ou à la défense. La jurisprudence du Conseil d’État, comme dans l’arrêt Rubin de Servens, précise cette distinction.

6. Selon la jurisprudence du Conseil d’État, que désignent les actes de gouvernement ?

Des décisions présidentielles insusceptibles de contrôle juridictionnel
Des actes administratifs individuels de portée limitée
Des décrets réglementaires pris dans le cadre de la loi
Des actes législatifs adoptés par le Parlement

Des décisions présidentielles insusceptibles de contrôle juridictionnel

Explication

Les actes de gouvernement, selon le Conseil d’État, sont des décisions présidentielles qui relèvent du domaine politique et ne peuvent pas faire l’objet d’un contrôle juridictionnel. La jurisprudence Rubin de Servens de 1962 illustre cette distinction.

7. Quel est le rôle principal du Conseil d’État lorsqu'il contrôle les mesures prises dans le cadre de l’état de siège selon la jurisprudence ?

Limiter le contrôle aux mesures relevant du domaine réglementaire.
Exercer un contrôle complet sur toutes les mesures, y compris celles relevant du domaine législatif.
Se limiter à un contrôle politique sans intervenir sur la légalité des mesures.
Interdire toute intervention dans les mesures prises par le président de la République.

Limiter le contrôle aux mesures relevant du domaine réglementaire.

Explication

Le Conseil d’État ne peut contrôler que les mesures relevant du domaine réglementaire dans le cadre de l’état de siège. Il ne peut pas intervenir sur celles relevant du domaine législatif, conformément à la jurisprudence Rubin de Servens.

8. Quelle est la date de la décision du Conseil d’État qui a reconnu que le contrôle juridictionnel est limité dans le cadre des actes de gouvernement ?

23 avril 1961
1994
1962
3 mai 1961

1962

Explication

La décision du Conseil d’État concernant la qualification d’actes de gouvernement a été rendue en 1962, notamment dans l'arrêt Rubin de Servens. Ce type d’acte échappe en principe au contrôle juridictionnel, sauf si l’acte relève du domaine réglementaire.

9. En quoi la distinction entre le domaine de la loi et celui du règlement est-elle essentielle selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État ?

Le législateur empiète sans sanction dans le domaine du règlement, tandis que le règlement empiète illégalement sur le domaine de la loi.
Le domaine de la loi est réservé au Parlement, alors que le règlement peut intervenir dans tous les domaines sans restriction.
Le législateur peut empiéter sur le domaine du règlement sans sanction, mais le règlement ne peut pas empiéter sur le domaine de la loi.
Le règlement peut empiéter sur le domaine de la loi sans restriction, mais le législateur ne peut pas intervenir dans le domaine réglementaire.

Le législateur empiète sans sanction dans le domaine du règlement, tandis que le règlement empiète illégalement sur le domaine de la loi.

Explication

La jurisprudence précise que le législateur peut empiéter sur le domaine du règlement sans sanction, mais que le règlement ne peut pas empiéter sur le domaine de la loi, sous peine d'illégalité, conformément aux articles 34 et 37 de la Constitution.

10. Quelle est la conséquence principale lorsque le législateur empiète sur le domaine du règlement selon la jurisprudence du Conseil constitutionnel ?

Le Conseil constitutionnel refuse de sanctionner le législateur.
Le Conseil constitutionnel peut imposer des modifications à la loi.
Le Conseil constitutionnel considère l'acte comme anticonstitutionnel.
Le Conseil constitutionnel annule automatiquement la loi concernée.

Le Conseil constitutionnel refuse de sanctionner le législateur.

Explication

Le Conseil constitutionnel refuse de sanctionner le législateur lorsqu'il empiète sur le domaine du règlement, ce qui signifie qu'il ne peut pas annuler ou modifier la loi dans ce cas. La jurisprudence montre une retenue face à l'intervention du législateur dans le domaine réglementaire.

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Que refuse le Conseil constitutionnel dans la décision Blocage des Prix et Revenus de 1982 ?

Il refuse de sanctionner le législateur empiétant sur le domaine du règlement.

Quelle est la règle sur le pouvoir réglementaire selon l'arrêt CE 1995 Union Maritime CFDT ?

Le pouvoir réglementaire ne peut pas empiéter sur la compétence du législateur.

Quelles décisions le Conseil d’État qualifie-t-il d'actes de gouvernement dans l'arrêt Rubin de Servens ?

La décision présidentielle du 23 avril 1961 d'appliquer l'article 16 et celle du 3 mai 1961 de créer une juridiction militaire ad hoc.

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