QCM : Théories de la souveraineté et de l’État (14 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans la pensée de Hobbes, que désigne l’état de nature ?

Un régime où un souverain limite les conflits par des règles
Une fiction où les individus sans lois luttent pour survivre
Une société où des lois organisent la coopération entre individus
Une condition paisible où la propriété est la principale menace

Une fiction où les individus sans lois luttent pour survivre

Explication

Hobbes imagine l’état de nature comme une fiction philosophique sans organisation ni lois, marquée par la lutte de chacun pour vivre. L’organisation légale, la vision plus optimiste associée à Locke et le pouvoir politique institué confondent cet état hypothétique avec d’autres situations.

2. Une communauté inspirée par Hobbes consent à transférer sa souveraineté à un État afin d’échapper à une guerre généralisée. Quel objectif justifie ce transfert ?

Garantir la sécurité face à la guerre de tous contre tous
Maintenir le droit de chacun à se gouverner sans transfert
Protéger la propriété en faisant du souverain un juge impartial
Préserver les droits naturels par un pouvoir souverain limité

Garantir la sécurité face à la guerre de tous contre tous

Explication

Chez Hobbes, les individus consentent à abandonner leur souveraineté pour que l’État garantisse leur sécurité contre la guerre de tous contre tous. La protection des droits naturels et la limitation du souverain relèvent de Locke, tandis que le maintien du droit individuel à se gouverner contredit le transfert consenti.

3. Hobbes et Locke divergent sur l’état de nature et la forme de l’État, mais quel principe partagent-ils au sujet du pouvoir politique légitime ?

Il suppose qu’ils adoptent une forme d’État identique
Il découle de la transmission héréditaire de l’autorité politique
Il requiert un accord humain prenant la forme d’un contrat
Il dépend de la seule capacité du pouvoir à maintenir l’ordre

Il requiert un accord humain prenant la forme d’un contrat

Explication

Hobbes et Locke sont contractualistes : ils estiment qu’un accord humain sous la forme d’un contrat est nécessaire pour créer un pouvoir politique légitime. L’hérédité et la seule capacité à imposer l’ordre ne définissent pas leur principe commun, et leur accord sur le contrat ne signifie pas qu’ils choisissent la même forme d’État.

4. Dans un régime inspiré par Locke, des individus confient leur droit de se gouverner à un souverain. Quelle condition doit encadrer le pouvoir de ce souverain ?

Le transfert inclut les droits naturels, que le souverain peut supprimer
Son pouvoir détermine les droits naturels sans être encadré par eux
Son pouvoir est limité et vise à garantir les droits naturels
Son pouvoir est étendu et vise à garantir la sécurité face aux conflits

Son pouvoir est limité et vise à garantir les droits naturels

Explication

Pour Locke, les individus confient leur droit de se gouverner à un souverain limité, chargé de garantir leurs droits naturels. Un pouvoir étendu tourné vers la sécurité renvoie à la confusion avec Hobbes, tandis que supprimer ou définir sans contrainte ces droits contredit la limite qu’ils imposent au souverain.

5. Chez Rousseau, quelle relation la volonté générale entretient-elle avec les volontés individuelles ?

Elle émane d’une autorité extérieure et s’impose au peuple
Elle exprime la volonté du peuple et est supérieure aux volontés individuelles
Elle additionne les intérêts privés et leur reste équivalente
Elle se subordonne aux volontés individuelles de chaque citoyen

Elle exprime la volonté du peuple et est supérieure aux volontés individuelles

Explication

Chez Rousseau, la volonté générale exprime la volonté du peuple et est supérieure aux volontés individuelles. La réduire à la somme des intérêts privés, placer les volontés individuelles au-dessus d’elle ou la faire venir d’une autorité extérieure au peuple méconnaît cette conception.

6. Dans une communauté rousseauiste, le peuple adopte les lois et leur obéit ensuite. Quelle description traduit le mieux cette relation ?

Le peuple est à la fois souverain et sujet des lois qu’il adopte
Un dirigeant est souverain tandis que le peuple est sujet des lois
Le peuple obéit aux lois sans être l’entité qui les adopte
Chaque citoyen devient souverain à la place du peuple collectif

Le peuple est à la fois souverain et sujet des lois qu’il adopte

Explication

Chez Rousseau, le peuple est à la fois l’entité souveraine et le sujet soumis aux lois qu’il adopte. Séparer le souverain du peuple, réduire la souveraineté à un dirigeant ou dissocier l’obéissance de la participation populaire écarte cette double position.

7. Quels sont les trois éléments constitutifs de l’État distingués par Carré de Malberg ?

La population, le souverain et la personnalité juridique
La population, le territoire et la puissance publique
La population, le territoire et la souveraineté
La population, le territoire et la personnalité juridique

La population, le territoire et la puissance publique

Explication

Carré de Malberg distingue la population, le territoire et la puissance publique comme éléments constitutifs de l’État. La personnalité juridique est une caractéristique de l’État, le souverain est distinct de la population et la souveraineté n’est pas l’un des trois éléments cités.

8. Quelle conception de l’État correspond à celle de Carré de Malberg ?

Une puissance publique dont l’organisation échappe au droit
Un ensemble d’individus dépourvu de personnalité juridique propre
Une personne collective, sujet de droit organisé par des règles juridiques
Un dépositaire de souveraineté soumis aux règles d’un mandat

Une personne collective, sujet de droit organisé par des règles juridiques

Explication

Pour Carré de Malberg, l’État est une personne collective dotée d’une personnalité juridique, sujet de droit et organisée par des règles de droit. Le réduire à une addition d’individus méconnaît sa personnalité propre, tandis que le dépositaire de la souveraineté et l’absence d’organisation juridique ne définissent pas cette conception.

9. Un souverain reçoit un mandat de durée limitée pour exercer le pouvoir dans une république. Quelle conception de la souveraineté s’applique chez Bodin ?

La souveraineté est limitée par la durée de chaque mandat reçu
La souveraineté appartient au dépositaire pendant la durée du mandat
La souveraineté demeure absolue et perpétuelle malgré le mandat temporaire
La souveraineté devient temporaire avec la fin du mandat confié

La souveraineté demeure absolue et perpétuelle malgré le mandat temporaire

Explication

Chez Bodin, la souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une république ; un mandat temporaire ne modifie pas son caractère. Confondre la durée du mandat avec celle de la souveraineté, identifier le dépositaire à la souveraineté ou la rendre limitée contredit cette distinction.

10. Dans une république où un gouvernant exerce le pouvoir en vertu d’un mandat, à qui Bodin attribue-t-il la souveraineté ?

À l’assemblée, tandis que le gouvernant en est le dépositaire
Au mandat, tandis que l’État en est le bénéficiaire
Au gouvernant, tandis que l’État en est le dépositaire
À l’État, tandis que le gouvernant en est le dépositaire

À l’État, tandis que le gouvernant en est le dépositaire

Explication

Bodin distingue la souveraineté, qui appartient à l’État, du souverain qui en est le dépositaire et peut recevoir des mandats. Attribuer la souveraineté au gouvernant confond titulaire et dépositaire, tandis qu’un mandat ou une assemblée ne remplace pas cette attribution dans l’unité considérée.

11. La Constitution d’un pays attribue le pouvoir au peuple, mais une personne déterminée exerce concrètement le pouvoir. Qui est le titulaire de la souveraineté au sens de Troper ?

L’ensemble des citoyens soumis aux décisions
L’État auquel appartient la souveraineté
Le peuple mentionné par la Constitution
La personne qui exerce concrètement le pouvoir

La personne qui exerce concrètement le pouvoir

Explication

Pour Troper, la souveraineté désigne la personne qui exerce le pouvoir, même si la Constitution l’attribue au peuple ou à la nation. Retenir le peuple constitutionnel confond attribution formelle et exercice effectif ; l’État ou l’ensemble des citoyens ne répondent pas ici au critère du titulaire exerçant le pouvoir.

12. Quelle définition de la souveraineté correspond à Troper lorsqu’on cherche à déterminer qui gouverne et qui détient le pouvoir ?

La désignation constitutionnelle du peuple comme détenteur du pouvoir
Le pouvoir ultime de gouverner et de déterminer qui détient le pouvoir
L’indépendance de l’État à l’égard des puissances extérieures
L’ensemble des pouvoirs exercés par les organes de l’État

Le pouvoir ultime de gouverner et de déterminer qui détient le pouvoir

Explication

Pour Troper, la souveraineté est le pouvoir ultime de gouverner et de déterminer qui détient le pouvoir. L’indépendance extérieure, l’ensemble des pouvoirs étatiques ou la désignation constitutionnelle du peuple sont des notions voisines, mais ne rendent pas cette définition.

13. Un gouvernement renforce ses forces de police afin de faire respecter les règles et de prévenir les troubles. Quelle fonction de l’État cette mesure illustre-t-elle selon Weber ?

La garantie des droits naturels par la limitation du pouvoir politique
L’affirmation de la puissance de l’État dans les relations internationales
Le maintien de l’ordre grâce au monopole de la violence légitime
La protection contre la guerre de tous contre tous par le contrat social

Le maintien de l’ordre grâce au monopole de la violence légitime

Explication

Pour Weber, l’État se caractérise par le monopole de la violence légitime et vise à maintenir l’ordre. La sécurité contre la guerre de tous contre tous renvoie à Hobbes, la puissance externe aux relations internationales, et la protection des droits naturels à Locke.

14. Un juriste étudie d’abord la capacité d’un État à organiser l’ordre sur son territoire, puis sa position vis-à-vis des autres États. Comment classer ces deux dimensions selon Olivier Beaud ?

Puissance interne, puis puissance externe
Puissance souveraine, puis acte de souveraineté
Puissance externe, puis puissance interne
Acte de souveraineté, puis puissance souveraine

Puissance interne, puis puissance externe

Explication

La puissance interne concerne l’ordre de l’État, tandis que la puissance externe se rapporte aux relations internationales. La réponse qui inverse ces dimensions confond leurs domaines ; l’acte de souveraineté et le monopole de la violence légitime désignent d’autres notions.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 38 flashcards sur Théories de la souveraineté et de l’État.

Dans quelle œuvre Hobbes décrit-il l’état de nature comme une guerre de tous contre tous ?

Dans *Léviathan*.

Que cèdent les individus à l’État selon Hobbes pour obtenir leur sécurité ?

Leur souveraineté.

Quel accord Hobbes et Locke jugent-ils nécessaire pour créer un pouvoir politique légitime ?

Un contrat humain.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Théories de la souveraineté et de l’État.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM