QCM : La constitution de l’État (19 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue la constitution, au sens juridique présenté, d’une règle ordinaire d’organisation du gouvernement ?

Elle garantit les droits sans encadrer l’organisation du gouvernement.
Elle est coutumière et découle des pratiques habituelles de la société.
Elle organise le gouvernement selon les procédures juridiques ordinaires.
Elle est écrite et suit des procédures juridiques spéciales pour organiser le gouvernement et le pouvoir souverain.

Elle est écrite et suit des procédures juridiques spéciales pour organiser le gouvernement et le pouvoir souverain.

Explication

La constitution est une norme écrite qui organise le gouvernement et le pouvoir souverain, et dont l’élaboration ou la modification obéit à des procédures juridiques spéciales. La constitution coutumière confond forme écrite et pratique, la garantie des droits seule réduit sa fonction, et les procédures ordinaires méconnaissent sa procédure particulière.

2. Dans l’Antiquité, que désigne principalement la notion de constitution ?

L’organisation de la vie interne des ordres religieux.
L’ordre fondamental de la société et les règles qui fondent la cité et la vie collective.
L’organisation du pouvoir souverain de l’État et de son gouvernement.
Une norme écrite adoptée par une procédure juridique spéciale.

L’ordre fondamental de la société et les règles qui fondent la cité et la vie collective.

Explication

Dans l’Antiquité, la constitution désigne l’ordre fondamental de la société humaine et politique ainsi que les règles fondatrices de la cité. L’organisation étatique du pouvoir correspond à un sens ultérieur, les ordres religieux renvoient au Moyen Âge, et la norme écrite à procédure spéciale est la définition juridique moderne.

3. Une théorie soutient que l’exercice du pouvoir doit être organisé par une constitution afin de rendre possible la liberté politique. De quelle doctrine s’agit-il ?

De la séparation des pouvoirs.
Du constitutionnalisme.
De l’histoire constitutionnelle.
De la souveraineté populaire.

Du constitutionnalisme.

Explication

Le constitutionnalisme est la doctrine juridique qui justifie l’organisation du pouvoir par une constitution, conçue comme une condition de la liberté politique. La séparation des pouvoirs est un principe d’organisation, l’histoire constitutionnelle étudie les institutions dans le temps, et la souveraineté populaire désigne un principe relatif à la source du pouvoir.

4. Une société garantit certains droits, mais ne détermine pas la séparation des pouvoirs. Quelle conclusion découle de l’article 16 de la DDHC ?

Elle a une constitution dès lors qu’un gouvernement est organisé.
Elle conserve une constitution, l’article formulant un idéal politique.
Elle a une constitution dès lors que les droits sont garantis.
Elle n’a pas de constitution au sens de l’article 16.

Elle n’a pas de constitution au sens de l’article 16.

Explication

L’article 16 affirme qu’une société sans garantie des droits ni séparation déterminée des pouvoirs n’a pas de constitution : les deux conditions doivent être réunies. La garantie des droits seule néglige la séparation des pouvoirs, l’organisation du gouvernement ne remplace pas ces exigences, et l’article énonce bien un critère de constitution.

5. Après une rupture politique, un groupe élabore une constitution qui fonde un nouvel État et un nouvel ordre juridique. Quelle compétence exerce-t-il ?

Le pouvoir constituant dérivé
Le pouvoir constituant de révision
Le pouvoir législatif ordinaire
Le pouvoir constituant originaire

Le pouvoir constituant originaire

Explication

Le pouvoir constituant originaire élabore une constitution et crée un nouvel ordre juridique sans contrainte juridique préalable. La révision porte sur une constitution existante, tandis que le pouvoir législatif ordinaire n’est pas le pouvoir fondateur décrit ici.

6. Comment se distingue le pouvoir constituant originaire du pouvoir constituant de révision quant à leur portée ?

Le pouvoir originaire est absolu, celui de révision est dérivé et relatif
Le pouvoir originaire est dérivé et relatif, celui de révision est absolu
Les deux pouvoirs sont dérivés et relatifs
Les deux pouvoirs sont absolus et indépendants

Le pouvoir originaire est absolu, celui de révision est dérivé et relatif

Explication

Le pouvoir constituant originaire est absolu, tandis que le pouvoir de révision est dérivé et relatif. L’option qui inverse ces qualités confond les deux pouvoirs, et les autres leur attribuent des caractéristiques identiques.

7. Un changement de régime provoque une rupture politique et rend nécessaire l’adoption d’une nouvelle constitution. Dans quelle situation le pouvoir constituant originaire peut-il apparaître ?

Lors de la création initiale d’un État, mais pas après une rupture
Lors d’une révision ordinaire sans changement de régime
Lors d’une rupture politique entraînant un changement de régime
Lors d’une alternance politique sans nouvelle constitution

Lors d’une rupture politique entraînant un changement de régime

Explication

Le pouvoir constituant originaire peut apparaître lors d’une rupture politique qui entraîne un changement de régime et appelle une nouvelle constitution. Une révision ordinaire ou une simple alternance ne correspond pas à cette situation, et son apparition n’est pas limitée à la création initiale d’un État.

8. Un mouvement politique adopte une constitution sans être soumis à une contrainte juridique préalable, puis cette constitution fonde un nouvel ordre juridique. Comment caractériser le pouvoir constituant dans cette situation ?

Politique par son origine et juridique par ses conséquences
Juridique par son origine et politique par ses conséquences
Juridique par son origine et par ses conséquences
Politique par son origine et dépourvu de conséquences juridiques

Politique par son origine et juridique par ses conséquences

Explication

Le pouvoir constituant est politique parce qu’il procède d’une décision de volonté sans contrainte juridique préalable, et juridique parce qu’il crée un nouvel ordre juridique. Le réduire à une seule dimension néglige soit son origine, soit ses conséquences.

9. Lorsqu’un processus constituant est organisé, le droit désigne les acteurs chargés d’agir et encadre leur action. Quel effet cette organisation peut-elle avoir sur la puissance politique ?

Elle peut contribuer à limiter cette puissance
Elle permet à la constitution future d’annuler cette puissance
Elle se limite à désigner les acteurs du processus
Elle garantit que cette puissance reste sans encadrement

Elle peut contribuer à limiter cette puissance

Explication

En identifiant les acteurs et en organisant leur action, le droit peut aussi contribuer à limiter la puissance politique. Dire qu’il ne fait que désigner les acteurs omet cette fonction limitative, tandis qu’annuler les effets de la constitution n’est pas l’idée énoncée.

10. Quelle affirmation décrit correctement les acteurs susceptibles d’exercer le pouvoir constituant ?

Il revient à une assemblée, qui peut le partager avec une personne mais non avec le peuple.
Il peut être exercé par une personne, une assemblée ou le peuple, seul ou partagé entre plusieurs.
Il revient à une personne, qui peut le partager avec une assemblée mais non avec le peuple.
Il revient au peuple, qui peut le partager avec une assemblée mais non avec une personne.

Il peut être exercé par une personne, une assemblée ou le peuple, seul ou partagé entre plusieurs.

Explication

Le pouvoir constituant peut être exercé par une personne, une assemblée ou le peuple, et partagé entre plusieurs de ces acteurs. Les réponses qui excluent le peuple, l’assemblée ou la personne restreignent à tort les acteurs possibles.

11. Dans un régime démocratique, une assemblée rédige une nouvelle constitution. Quel rôle revient en principe au peuple dans ce processus ?

Rédiger seul la constitution avant que l’assemblée ne l’examine.
Décider en dernier ressort de la constitution élaborée par l’assemblée.
Approuver un texte élaboré par un dirigeant avant le travail de l’assemblée.
Confier au gouvernement la décision finale sur la constitution rédigée.

Décider en dernier ressort de la constitution élaborée par l’assemblée.

Explication

Dans un régime démocratique, l’assemblée constituante élabore en principe la constitution, tandis que le peuple décide en dernier ressort. La rédaction par le peuple confond les rôles, la décision gouvernementale déplace le pouvoir final, et le dirigeant rédacteur correspond à une autre procédure.

12. Une assemblée rédige une constitution sans référendum ni autre participation directe du peuple. À quelles expériences françaises cette procédure correspond-elle ?

Aux expériences de 1789, 1793 et 1795.
Aux expériences de 1789, 1848 et 1871.
Aux expériences de 1793, 1795 et 1799.
Aux expériences de 1799, 1848 et 1852.

Aux expériences de 1789, 1848 et 1871.

Explication

Les expériences françaises de 1789, 1848 et 1871 illustrent l’écriture par une assemblée seule, sans participation directe du peuple. Les dates de 1793 et 1795 renvoient à une ratification populaire, tandis que 1799 et 1852 sont associées à une procédure conduite par un dirigeant.

13. Un constituant affirme que la Constitution de 1791 attribue une souveraineté une, indivisible, inaliénable et imprescriptible à la nation. Quelle conception décrit-il ?

La souveraineté populaire.
La souveraineté monarchique.
La souveraineté nationale.
La souveraineté fédérale.

La souveraineté nationale.

Explication

La Constitution de 1791 proclame une souveraineté une, indivisible, inaliénable et imprescriptible appartenant à la nation : il s’agit de la souveraineté nationale. La souveraineté populaire est la confusion documentée; les conceptions fédérale et monarchique ne correspondent pas à cette attribution.

14. Un dirigeant rédige seul un projet constitutionnel, puis demande au peuple d’approuver à la fois ce texte et le nouveau régime. De quelle démarche s’agit-il ?

D’un octroi monarchique suivi d’une approbation par les représentants.
D’une ratification populaire d’un texte élaboré par une assemblée constituante.
D’une élection populaire destinée à désigner une assemblée constituante.
D’un appel direct au peuple visant à légitimer le texte et le régime.

D’un appel direct au peuple visant à légitimer le texte et le régime.

Explication

L’appel direct intervient après l’élaboration individuelle du texte et sollicite le consentement populaire pour légitimer le texte ainsi que le nouveau régime. La ratification de 1793 et 1795 suit, elle, le travail d’une assemblée constituante; l’élection d’une assemblée et l’octroi monarchique ne correspondent pas à cette démarche.

15. Qui octroie la charte constitutionnelle de 1814 rétablissant la légitimité monarchiste ?

Napoléon Bonaparte.
Charles X.
Louis XVIII.
Louis-Philippe.

Louis XVIII.

Explication

La charte de 1814 est octroyée par Louis XVIII et rétablit la légitimité monarchiste. Louis-Philippe est associé à la charte acceptée de 1830, tandis que Charles X et Napoléon Bonaparte ne sont pas l’auteur indiqué pour cette charte.

16. Sous quel souverain la charte constitutionnelle de 1830 est-elle dite acceptée ?

Sous Napoléon Bonaparte.
Sous Charles X.
Sous Louis-Philippe.
Sous Louis XVIII.

Sous Louis-Philippe.

Explication

La charte constitutionnelle de 1830 est dite acceptée sous Louis-Philippe. Louis XVIII est associé à la charte octroyée de 1814; Charles X et Napoléon Bonaparte ne correspondent pas à cette attribution.

17. En 1958, après la préparation d’un avant-projet constitutionnel par le gouvernement, quel enchaînement d’étapes respecte la procédure prévue avant l’adoption du texte ?

Adoption en Conseil des ministres, puis examen par le Comité consultatif constitutionnel et le Conseil d’État
Examen par le Comité consultatif constitutionnel, puis par le Conseil d’État, avant l’adoption en Conseil des ministres
Examen par le Comité consultatif constitutionnel, puis adoption en Conseil des ministres, avant le Conseil d’État
Examen par le Conseil d’État, puis par le Comité consultatif constitutionnel, avant l’adoption en Conseil des ministres

Examen par le Comité consultatif constitutionnel, puis par le Conseil d’État, avant l’adoption en Conseil des ministres

Explication

L’avant-projet gouvernemental est examiné d’abord par le Comité consultatif constitutionnel, puis par le Conseil d’État, avant son adoption en Conseil des ministres, le tout dans le cadre fixé par la loi constitutionnelle du 3 juin 1958. Inverser les organes consultatifs altère l’ordre prévu, adopter avant l’examen confond consultation et décision, et placer le Conseil d’État après l’adoption méconnaît la procédure.

18. Qui a élaboré la Constitution du 4 octobre 1958, dans quel cadre a-t-elle été préparée et comment a-t-elle été approuvée ?

Le gouvernement de Gaulle, sous le cadre de la loi du 3 juin 1958, puis une approbation directe par le peuple
Une assemblée constituante, sous le cadre de la loi du 3 juin 1958, puis une approbation directe par le peuple
Le gouvernement de Gaulle, sous le cadre de la loi du 3 juin 1958, puis une approbation par le Parlement
Le gouvernement de Gaulle, sous le cadre de la loi du 3 juin 1946, puis une approbation directe par le peuple

Le gouvernement de Gaulle, sous le cadre de la loi du 3 juin 1958, puis une approbation directe par le peuple

Explication

La Constitution du 4 octobre 1958 est élaborée par le gouvernement de Gaulle dans le cadre de la loi constitutionnelle du 3 juin 1958, puis approuvée directement par le peuple. L’assemblée constituante attribue la rédaction à un autre organe, le vote parlementaire remplace à tort l’approbation populaire, et la date de 1946 confond deux périodes.

19. Une assemblée constituante élabore un projet de constitution en 1793. Quel parcours correspond à celui des constitutions montagnarde de 1793 et thermidorienne de 1795 ?

L'assemblée constituante l'élabore, puis désigne directement ses représentants.
Un dirigeant rédige le texte, puis le peuple le ratifie.
Le peuple rédige le texte, puis l'assemblée constituante le ratifie.
L'assemblée constituante l'élabore, puis le peuple la ratifie.

L'assemblée constituante l'élabore, puis le peuple la ratifie.

Explication

Pour ces deux constitutions, une assemblée constituante élabore le texte et celui-ci est ensuite soumis à la ratification populaire. La rédaction populaire confond le rôle constituant du peuple avec celui de l'assemblée, la désignation des représentants remplace à tort la ratification, et l'initiative d'un dirigeant correspond à un autre mode d'élaboration.

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Qu’est-ce qu’une constitution au sens juridique moderne ?

Une norme écrite élaborée et modifiée selon des procédures juridiques spéciales, qui organise le gouvernement et le pouvoir souverain dans l’État.

Qu’est-ce que le constitutionnalisme ?

Une doctrine juridique qui justifie l’organisation du pouvoir par une constitution, condition de la liberté politique.

Que stipule l’article 16 de la DDHC sur une société sans garantie des droits ni séparation des pouvoirs ?

Elle n’a pas de constitution.

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