QCM : Droit des collectivités territoriales (40 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans quelle organisation administrative le pouvoir central confie-t-il à des institutions distinctes de son administration la faculté de s’administrer et une liberté d’exercice de leurs compétences ?

La déconcentration
La décentralisation
La centralisation
Le fédéralisme

La décentralisation

Explication

La décentralisation confie à des institutions distinctes de l’administration centrale une faculté de s’administrer et une liberté dans l’exercice de leurs compétences. La déconcentration maintient une hiérarchie centrale, la centralisation concentre les décisions et le fédéralisme correspond à une autre forme d’organisation de l’État.

2. Une personne publique distincte de l’État reçoit la gestion d’un musée, tandis qu’une collectivité élue traite des affaires locales dépassant la gestion d’un seul service public : quelles formes de décentralisation illustrent ces deux situations, dans cet ordre ?

Déconcentrée, puis territoriale
Fonctionnelle, puis déconcentrée
Fonctionnelle, puis territoriale
Territoriale, puis fonctionnelle

Fonctionnelle, puis territoriale

Explication

La décentralisation fonctionnelle confie la gestion d’un service public à une personne morale distincte de l’État, tandis que la décentralisation territoriale porte sur des affaires locales plus larges gérées par des autorités élues. Inverser les formes confond leurs champs respectifs ; la déconcentration, elle, relève de l’organisation hiérarchique de l’État.

3. Un conseil élu adopte un règlement pour exercer les compétences de sa collectivité ; à quelle condition constitutionnelle cette décision s’inscrit-elle dans la libre administration ?

Elle respecte les conditions définies par la loi
Elle exécute une directive hiérarchique de l’État
Elle échappe à tout cadre fixé par la loi
Elle est décidée par une autorité centrale

Elle respecte les conditions définies par la loi

Explication

Les collectivités s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour leurs compétences, mais dans les conditions définies par la loi. L’autonomie sans limites méconnaît ce cadre ; l’autorité centrale et la directive hiérarchique renvoient à une organisation déconcentrée.

4. Dans une administration locale, les responsables exécutent les directives centrales sous l’autorité hiérarchique de l’État ; de quelle forme d’organisation s’agit-il ?

De la décentralisation fonctionnelle
De la déconcentration
De la décentralisation
De l’autonomie territoriale

De la déconcentration

Explication

La déconcentration maintient les autorités locales sous le pouvoir hiérarchique central afin qu’elles exécutent ses directives. La décentralisation permet aux institutions d’agir en leur nom et pour leur compte ; la forme fonctionnelle concerne la gestion d’un service public par une personne morale distincte.

5. Quelle entité administrative possède des affaires propres distinctes de celles de l’État, gérées par un conseil élu sous le contrôle de l’État ?

Une administration centrale
Une collectivité territoriale
Une circonscription administrative
Une personne morale privée

Une collectivité territoriale

Explication

Une collectivité territoriale est une autorité administrative décentralisée dotée de la personnalité morale et d’affaires propres, administrées par un conseil élu sous le contrôle de l’État. Une circonscription relève de l’organisation déconcentrée ; une administration centrale n’a pas ces affaires locales propres.

6. Dans un département, le préfet organise des services de l’État, tandis qu’un conseil élu gère des affaires locales propres : comment qualifier ces deux réalités, dans cet ordre ?

Deux collectivités territoriales distinctes
Collectivité territoriale, puis circonscription administrative
Deux circonscriptions administratives distinctes
Circonscription administrative, puis collectivité territoriale

Circonscription administrative, puis collectivité territoriale

Explication

Le département désigne à la fois une circonscription où s’organisent des services déconcentrés de l’État et une collectivité territoriale décentralisée gérée par un conseil élu. Inverser les qualifications confond les deux organisations ; les considérer comme deux entités d’une même catégorie efface cette distinction.

7. Quelles collectivités l’article 72 de la Constitution cite-t-il comme collectivités de droit commun ?

Les communes, les départements et les régions
Les départements, les régions et les collectivités à statut particulier
Les communes, les départements et les circonscriptions administratives
Les communes, les régions et les collectivités d’outre-mer

Les communes, les départements et les régions

Explication

Les collectivités de droit commun énumérées à l’article 72 sont les communes, les départements et les régions ; les collectivités à statut particulier et les collectivités d’outre-mer s’y ajoutent selon des régimes distincts. Les collectivités d’outre-mer et les collectivités à statut particulier ne remplacent donc pas les départements ou les régions dans cette liste.

8. Quels éléments forment l’identité constitutive de toute collectivité territoriale ?

Un territoire délimité, un préfet et une population
Une personnalité morale, un budget et un conseil élu
Un nom, un territoire délimité et une population
Un nom, des compétences propres et un conseil élu

Un nom, un territoire délimité et une population

Explication

Toute collectivité territoriale possède un nom, un territoire délimité et une population, qui constituent ses éléments constitutifs. Les compétences, le conseil élu, le préfet ou le budget sont des notions liées à son organisation ou à son fonctionnement, mais ne remplacent pas ces trois éléments.

9. Une collectivité envisage une expérimentation qui modifierait une règle nationale encadrant les conditions essentielles d’exercice d’un droit constitutionnellement garanti. Cette dérogation est-elle permise ?

Oui, si la dérogation concerne un territoire doté de spécificités particulières
Non, car les collectivités ne peuvent jamais déroger aux règles nationales
Oui, car toute expérimentation autorise une dérogation aux règles nationales
Non, car ces conditions essentielles sont exclues du champ des dérogations

Non, car ces conditions essentielles sont exclues du champ des dérogations

Explication

Depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, une expérimentation peut autoriser des dérogations locales, mais pas lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti. L’option « toute expérimentation » oublie cette exception, « spécificités particulières » confond deux mécanismes et « jamais » nie la possibilité même d’expérimenter.

10. Un dispositif local testé dans quelques collectivités produit des résultats concluants. Quelle étape peut suivre cette expérimentation ?

La généralisation automatique, indépendamment des résultats obtenus
L’abandon du dispositif en raison de son caractère expérimental
Une éventuelle généralisation du dispositif
Le maintien du dispositif dans les seules collectivités pilotes

Une éventuelle généralisation du dispositif

Explication

L’expérimentation sert à tester un dispositif dans un nombre limité de collectivités, puis permet d’envisager sa généralisation si les résultats sont concluants. Le maintien dans les seules collectivités pilotes écarte cette possibilité, l’abandon inverse le rôle de résultats favorables et l’extension automatique fait disparaître l’évaluation.

11. Quel changement la loi du 28 pluviôse an VIII introduit-elle dans l’administration locale ?

La création des préfets, qui nomment notamment les maires des communes de moins de 5 000 habitants
La délibération des conseils généraux, avec un préfet élu comme exécutif départemental
L’élection des conseillers municipaux et généraux, sans tutelle préfectorale
L’élection des maires et la reconnaissance d’une compétence générale des communes

La création des préfets, qui nomment notamment les maires des communes de moins de 5 000 habitants

Explication

La loi du 28 pluviôse an VIII crée les préfets, représentants locaux de l’État, qui nomment notamment les maires des communes de moins de 5 000 habitants ; les autres maires sont nommés par le pouvoir central. L’élection des maires et la compétence générale relèvent de la loi de 1884, tandis que les deux autres réponses attribuent à tort une élection au préfet ou suppriment la tutelle préfectorale.

12. Après l’adoption de la loi du 10 août 1871, quelle combinaison décrit le rôle du conseil général et celui du préfet ?

Le conseil général délibère et choisit un préfet élu comme exécutif départemental
Le conseil général exerce l’exécutif départemental et le préfet préside ses délibérations
Le conseil général délibère sur l’intérêt départemental et le préfet reste l’exécutif
Le préfet délibère sur l’intérêt départemental et le conseil général exerce l’exécutif

Le conseil général délibère sur l’intérêt départemental et le préfet reste l’exécutif

Explication

La loi du 10 août 1871 confie au conseil général la délibération sur les objets d’intérêt départemental, tandis que le préfet demeure l’exécutif du département. Confier l’exécutif au conseil général confond délibération et exécution ; les autres formulations attribuent à tort au préfet le rôle délibérant ou un mandat électif.

13. Une commune souhaite agir pour répondre à un intérêt public local. Quel fondement la loi du 5 avril 1884 lui reconnaît-elle ?

La clause générale de compétence permettant d’intervenir si un intérêt public local le justifie
Une compétence de dérogation aux lois nationales sans condition d’intérêt local
La compétence départementale limitée aux objets soumis au conseil général
Le pouvoir de nommer le maire par l’intermédiaire du préfet

La clause générale de compétence permettant d’intervenir si un intérêt public local le justifie

Explication

La loi du 5 avril 1884 reconnaît aux communes une clause générale de compétence, qui leur permet d’intervenir lorsqu’un intérêt public local le justifie. La délibération départementale relève de la loi de 1871, la dérogation aux règles nationales ne découle pas de cette clause et la nomination par le préfet renvoie à une période antérieure.

14. Quel changement institutionnel majeur la loi du 2 mars 1982 a-t-elle apporté aux départements et aux régions ?

Elle confie l’exécutif départemental à un président élu et transforme les établissements publics régionaux en collectivités territoriales.
Elle transforme les régions en collectivités territoriales dès 1972 et prévoit l’élection de leurs conseillers en 1982.
Elle confie l’exécutif régional à un président élu et maintient les départements sous tutelle préfectorale.
Elle confie l’exécutif départemental au préfet et transforme les régions en établissements publics.

Elle confie l’exécutif départemental à un président élu et transforme les établissements publics régionaux en collectivités territoriales.

Explication

La loi transfère l’exécutif départemental du préfet à un président élu et donne aux établissements publics régionaux le statut de collectivités territoriales, dont les premiers conseillers sont élus en mars 1986. Le maintien du préfet comme exécutif confond l’ancien régime avec la réforme; le statut régional de 1972 et l’élection en 1982 confondent les dates et les étapes.

15. Quel principe de contrôle la loi du 2 mars 1982 substitue-t-elle à la tutelle préfectorale sur les actes locaux ?

Un pouvoir hiérarchique d’annulation des actes locaux.
Un contrôle a posteriori des actes locaux.
Une autorisation préfectorale préalable des actes locaux.
Une transmission des actes sans contrôle de légalité ultérieur.

Un contrôle a posteriori des actes locaux.

Explication

La réforme remplace la tutelle exercée avant l’entrée en vigueur des actes par un contrôle a posteriori. L’autorisation préalable relève de la logique de tutelle, le pouvoir d’annulation méconnaît la réforme, et la transmission n’exclut pas le contrôle ultérieur.

16. Une commune publie une décision et la transmet au préfet, qui la juge illégale. Que peut faire le préfet selon la loi du 22 juillet 1982 ?

Déclarer la décision validée parce qu’elle a été transmise.
Saisir le juge administratif pour qu’il statue sur la légalité de la décision.
Annuler lui-même la décision avant qu’elle devienne exécutoire.
Exiger une autorisation préalable avant que la commune la publie.

Saisir le juge administratif pour qu’il statue sur la légalité de la décision.

Explication

Après publication ou notification et transmission au préfet, l’acte est exécutoire de plein droit; si le préfet le juge illégal, il peut saisir le juge administratif, mais ne peut pas l’annuler lui-même. L’annulation directe rétablit l’ancienne tutelle, tandis que l’autorisation préalable et la validation automatique ne correspondent pas à cette procédure.

17. L’État transfère une compétence à une collectivité sans lui donner de moyens financiers supplémentaires. Quel principe doit guider la mise en œuvre de ce transfert ?

Le transfert doit être accompagné d’une compensation financière, notamment par des ressources fiscales et des dotations.
Le transfert appelle un soutien administratif, sans compensation financière particulière.
La compensation doit prendre la forme de ressources fiscales, à l’exclusion des dotations.
La collectivité doit financer le transfert par une hausse de ses seuls impôts locaux.

Le transfert doit être accompagné d’une compensation financière, notamment par des ressources fiscales et des dotations.

Explication

Les transferts de compétences de l’État doivent être accompagnés d’une compensation financière, notamment grâce au transfert de ressources fiscales et à l’attribution de dotations. Le financement par les seuls impôts locaux méconnaît ce principe; l’aide sans ressources ou l’exclusion des dotations en donne une interprétation incomplète.

18. Quelle mesure institutionnelle la loi du 6 février 1992 sur l’administration territoriale de la République a-t-elle instaurée ?

Elle a créé les communautés de communes et les communautés de villes.
Elle a remplacé les communautés de villes par des communautés d’agglomération.
Elle a instauré la parité municipale dans les communes de plus de 3 500 habitants.
Elle a encadré les interventions économiques des collectivités pour préserver les finances communales.

Elle a créé les communautés de communes et les communautés de villes.

Explication

La loi ATR de 1992 renforce notamment l’intercommunalité en créant les communautés de communes et les communautés de villes. L’encadrement économique relève de la loi de 1988, le remplacement des communautés de villes de la loi Chevènement de 1999, et la parité municipale de la loi de 2000.

19. Une intercommunalité souhaite simplifier la coopération entre ses communes et adopter une fiscalité professionnelle commune. Quelle réforme correspond à ces objectifs ?

La loi sur l’administration territoriale de la République du 6 février 1992.
La loi Chevènement du 12 juillet 1999.
La loi d’amélioration de la décentralisation du 5 janvier 1988.
La loi sur la parité municipale du 6 juin 2000.

La loi Chevènement du 12 juillet 1999.

Explication

La loi Chevènement du 12 juillet 1999 simplifie la coopération intercommunale, en favorise le développement et encourage les EPCI à adopter la taxe professionnelle unique; elle remplace aussi les communautés de villes par des communautés d’agglomération. La loi de 1988 encadre les interventions économiques, celle de 1992 crée notamment des structures intercommunales, et celle de 2000 porte sur la parité municipale.

20. Une collectivité prépare une réforme locale et souhaite s’appuyer sur les innovations constitutionnelles de 2003. Quel ensemble de mesures correspond à cette révision ?

Désignation du chef de file par l’État, suppression de l’expérimentation et maintien d’une tutelle entre collectivités
Reconnaissance de la région sans autonomie financière, avec compétences réglementaires fixées librement par chaque collectivité
Pouvoir législatif autonome des régions, expérimentation sans encadrement et tutelle de l’État sur les collectivités
Reconnaissance de la région, pouvoir réglementaire encadré par la loi et expérimentation, avec autonomie financière et interdiction de tutelle

Reconnaissance de la région, pouvoir réglementaire encadré par la loi et expérimentation, avec autonomie financière et interdiction de tutelle

Explication

La révision du 28 mars 2003 inscrit notamment la région parmi les collectivités territoriales et reconnaît plusieurs garanties, dont un pouvoir réglementaire dans les conditions prévues par la loi, l’expérimentation, l’autonomie financière et l’interdiction de tutelle entre collectivités. Le « pouvoir législatif autonome » confond réglementation et législation, la « tutelle de l’État » attribue le mauvais rapport de contrôle, et l’absence d’« autonomie financière » omet une garantie constitutionnelle.

21. Un projet de loi a pour principal objet l’organisation des collectivités territoriales. Quelle assemblée doit l’examiner en premier lieu ?

Le Sénat
Le Congrès du Parlement
La commission mixte paritaire
L’Assemblée nationale

Le Sénat

Explication

Depuis la révision de l’article 39, les projets de loi ayant pour principal objet l’organisation des collectivités territoriales sont soumis au Sénat en premier lieu. L’« Assemblée nationale » inverse la priorité, la « commission mixte paritaire » intervient dans une autre étape de la procédure, et le « Congrès du Parlement » n’est pas l’assemblée saisie en premier.

22. Une région et un département cherchent à déterminer l’effet de la loi NOTRe sur leur clause générale de compétence. Quelle conclusion doivent-ils retenir ?

La loi NOTRe la supprime à nouveau pour les départements et les régions
La loi NOTRe la rétablit pour les départements et les régions
La loi NOTRe la supprime pour les communes et la conserve pour les régions
La loi NOTRe la maintient pour les départements et la supprime pour les régions

La loi NOTRe la supprime à nouveau pour les départements et les régions

Explication

La loi NOTRe du 7 août 2015 supprime à nouveau la clause générale de compétence des départements et des régions, après son rétablissement temporaire par la loi MAPTAM. Le « rétablissement » attribue à NOTRe l’effet de MAPTAM, son « maintien pour les départements » contredit la suppression, et le choix des « communes » déplace la règle hors des collectivités visées.

23. Une réforme territoriale cherche à adapter l’exercice des compétences aux particularités locales sans transférer de nouvelles compétences. Quelle orientation correspond à la loi 3DS ?

Répartir uniformément les compétences entre collectivités et réserver le pouvoir réglementaire à l’État
Transférer de nouvelles compétences aux collectivités et uniformiser leur exercice sur tout le territoire
Différencier les compétences par de nouveaux transferts et supprimer le pouvoir réglementaire local
Différencier la répartition et l’exercice des compétences, tout en renforçant le pouvoir réglementaire local dans certains domaines

Différencier la répartition et l’exercice des compétences, tout en renforçant le pouvoir réglementaire local dans certains domaines

Explication

La loi 3DS permet de différencier la répartition et l’exercice des compétences et renforce le pouvoir réglementaire local dans des domaines sectoriels, sans procéder à de nouveaux transferts. Les « nouveaux transferts » confondent différenciation et décentralisation par transfert, la « répartition uniforme » contredit la différenciation, et la « suppression du pouvoir réglementaire local » inverse l’évolution prévue.

24. Quels principes constitutionnels sont respectivement affirmés par les articles 1er et 72 de la Constitution du 4 octobre 1958 ?

L’article 1er affirme la décentralisation et l’article 72 la libre administration des collectivités territoriales
L’article 72 affirme la décentralisation et la libre administration des collectivités territoriales
L’article 1er affirme la libre administration et l’article 72 la décentralisation de l’organisation administrative
L’article 1er affirme la décentralisation et la libre administration des collectivités territoriales

L’article 1er affirme la décentralisation et l’article 72 la libre administration des collectivités territoriales

Explication

L’article 1er dispose que l’organisation administrative de la France est décentralisée, tandis que l’article 72 consacre la libre administration des collectivités territoriales. La confusion entre les deux principes inverse leur attribution respective.

25. Lorsqu’une collectivité revendique une marge de décision locale, avec quels principes constitutionnels cette autonomie doit-elle être conciliée ?

Avec l’indivisibilité de la République et le caractère unitaire de l’État
Avec la libre administration et le caractère fédéral de l’État
Avec la décentralisation et la souveraineté propre des collectivités
Avec la prééminence de l’État et la libre administration des communes

Avec l’indivisibilité de la République et le caractère unitaire de l’État

Explication

L’autonomie locale doit être conciliée avec l’indivisibilité de la République et le caractère unitaire de l’État, qui ont eux aussi valeur constitutionnelle. Assimiler le cadre français à un État fédéral méconnaît ce caractère unitaire.

26. Une collectivité souhaite créer un dispositif d’administration locale, mais les conditions d’exercice de cette autonomie sont contestées. Qui fixe le cadre applicable au titre de l’article 72 ?

Le législateur, qui définit les contours de l’autonomie exercée dans les conditions prévues par la loi
Le juge constitutionnel, qui détermine les modalités ordinaires de chaque décision locale
Le pouvoir réglementaire, qui définit seul les contours de l’autonomie locale
La collectivité, qui fixe elle-même les limites juridiques de sa propre autonomie

Le législateur, qui définit les contours de l’autonomie exercée dans les conditions prévues par la loi

Explication

L’article 72 prévoit que les collectivités s’administrent librement dans les conditions prévues par la loi, dont le législateur définit les contours. L’autonomie locale ne signifie donc pas que la collectivité fixe elle-même son cadre légal.

27. Une commune organise ses services et exerce des compétences locales. Quel ensemble de garanties correspond aux éléments reconnus par la Charte européenne de l’autonomie locale ?

Conseils élus, organisation des services, consultation sur les limites, contrôle de légalité et ressources fixées par l’Union
Conseils élus, organisation des services, consultation sur les limites, contrôle de légalité et ressources propres suffisantes
Conseils élus, organisation des services par l’État, consultation sur les limites, contrôle politique et ressources propres suffisantes
Conseils désignés, organisation des services, modification des limites sans consultation, contrôle d’opportunité et ressources suffisantes

Conseils élus, organisation des services, consultation sur les limites, contrôle de légalité et ressources propres suffisantes

Explication

La Charte reconnaît notamment la gestion des affaires publiques par des conseils élus, la liberté d’organiser les services, la consultation sur les limites, le contrôle de légalité et des ressources propres suffisantes. Le contrôle d’opportunité ne correspond pas à la garantie de contrôle limitée à la légalité.

28. Un État membre réorganise ses collectivités territoriales, tandis que de nouvelles règles européennes concernent leurs activités. Quelle conséquence découle de l’article 4 du Traité de Lisbonne ?

L’Union définit l’organisation territoriale de l’État, tandis que les règles européennes s’imposent aux collectivités
Les collectivités définissent l’organisation territoriale de l’État, tandis que les règles européennes les concernent
L’État conserve la faculté de définir son organisation territoriale, mais les règles européennes s’imposent aussi aux collectivités
L’État conserve la faculté de définir son organisation territoriale et les collectivités échappent aux règles européennes

L’État conserve la faculté de définir son organisation territoriale, mais les règles européennes s’imposent aussi aux collectivités

Explication

L’autonomie institutionnelle laisse à chaque État la faculté de définir son organisation territoriale, mais elle ne soustrait pas les collectivités aux règles européennes. L’exemption des collectivités confond autonomie institutionnelle et absence d’application du droit européen.

29. Une collectivité prépare un marché public et envisage une aide économique à une entreprise locale. Quel effet les règles européennes de concurrence peuvent-elles avoir sur ces choix ?

Renforcer sa liberté contractuelle dans le marché ou la délégation et favoriser les aides aux entreprises
Restreindre les aides aux entreprises, sans limiter sa liberté dans le marché ou la délégation
Restreindre sa liberté contractuelle dans le marché ou la délégation et limiter l’octroi d’aides aux entreprises
Contrôler la légalité du marché et de la délégation, sans limiter l’octroi d’aides aux entreprises

Restreindre sa liberté contractuelle dans le marché ou la délégation et limiter l’octroi d’aides aux entreprises

Explication

Les règles européennes de concurrence peuvent restreindre la liberté contractuelle dans les marchés publics et les délégations de service public, ainsi que limiter l’octroi d’aides économiques. Réduire leur effet aux seules aides omet les contraintes touchant aux contrats.

30. Quelle proposition distingue correctement les rôles des articles 72 et 34 de la Constitution concernant la libre administration des collectivités territoriales ?

L’article 34 consacre la libre administration et l’article 72 confie à la loi la détermination des ressources locales.
L’article 72 consacre la libre administration et l’article 34 confie à la loi ses principes fondamentaux, les compétences et les ressources.
L’article 34 consacre la libre administration et l’article 72 confie à la loi ses principes fondamentaux, les compétences et les ressources.
L’article 72 consacre la libre administration et l’article 34 attribue aux collectivités leur pouvoir réglementaire local.

L’article 72 consacre la libre administration et l’article 34 confie à la loi ses principes fondamentaux, les compétences et les ressources.

Explication

L’article 72 énonce le principe de libre administration, tandis que l’article 34 définit le domaine de la loi, notamment pour ses principes fondamentaux, les compétences et les ressources. Inverser ces rôles confond la garantie constitutionnelle et le champ du législateur.

31. Un conseil local élu dispose d’attributions réelles, mais agit dans le cadre fixé par la loi. Quelle qualification correspond le mieux à cette situation ?

Le libre gouvernement, puisque le conseil a été élu.
L’autonomie absolue, dès lors que les attributions sont réelles.
La libre administration, sans équivalence avec un libre gouvernement.
La consultation locale, puisque la loi encadre son action.

La libre administration, sans équivalence avec un libre gouvernement.

Explication

La libre administration repose sur des conseils élus dotés d’attributions réelles, mais elle ne leur confère pas une autonomie absolue ni un libre gouvernement. L’élection n’efface donc pas l’encadrement légal.

32. Une loi crée une nouvelle catégorie de collectivités territoriales tout en respectant l’indivisibilité de la République. Cette création relève-t-elle des pouvoirs du législateur ?

Oui, mais la création appartient au pouvoir réglementaire de la collectivité concernée.
Non, car l’indivisibilité interdit toute évolution des catégories de collectivités.
Oui, le législateur peut créer une nouvelle catégorie sous réserve de l’indivisibilité de la République.
Non, une nouvelle catégorie ne peut être créée qu’après une révision constitutionnelle.

Oui, le législateur peut créer une nouvelle catégorie sous réserve de l’indivisibilité de la République.

Explication

Le législateur peut définir l’organisation territoriale et créer de nouvelles catégories de collectivités, à condition de respecter l’indivisibilité de la République. Assimiler toute création à une atteinte à ce principe est une confusion.

33. Une collectivité souhaite écarter une règle nationale pendant une période déterminée. Dans quel cas une telle dérogation peut-elle être admise ?

Si l’assemblée locale la vote, même sans autorisation législative ni limite de durée.
Si une loi l’autorise sans en fixer l’objet, dès lors que la collectivité la juge utile.
Si une loi l’autorise à titre expérimental, pour un objet et une durée limités, sans compromettre les garanties constitutionnelles.
Si le règlement local la prévoit pour une durée limitée, même si une liberté garantie est affectée.

Si une loi l’autorise à titre expérimental, pour un objet et une durée limités, sans compromettre les garanties constitutionnelles.

Explication

Une dérogation suppose une expérimentation autorisée par la loi, limitée dans son objet et sa durée, et qui ne mette pas en cause les conditions essentielles d’exercice des libertés publiques ou des droits constitutionnels. Une simple décision locale ou l’absence de ces garanties ne suffit pas.

34. Une collectivité envisage des règles différentes qui modifieraient les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique selon le lieu de résidence. Quel principe doit prévaloir ?

L’égalité, qui impose des conditions essentielles d’exercice identiques sur le territoire national.
La compétence de la collectivité, qui détermine seule les conditions de cette liberté.
La libre administration, qui permet d’adapter ces conditions selon les décisions locales.
La marge d’appréciation locale, qui autorise des conditions différentes pour cette liberté.

L’égalité, qui impose des conditions essentielles d’exercice identiques sur le territoire national.

Explication

Lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique, le Conseil constitutionnel fait prévaloir l’égalité et exige qu’elles soient identiques sur le territoire national. La marge locale admise hors de ce domaine ne s’applique pas ici.

35. Une loi retire une compétence à une collectivité, mais lui laisse d’autres compétences effectives. Cette décision méconnaît-elle, à elle seule, la libre administration ?

Non, dès lors que le retrait est décidé par une autre collectivité.
Oui, car toute compétence attribuée doit être maintenue à ce niveau.
Non, si la collectivité conserve des compétences effectives.
Oui, car le retrait d’une compétence supprime la libre administration.

Non, si la collectivité conserve des compétences effectives.

Explication

Le législateur peut retirer une compétence sans méconnaître la libre administration, à condition de ne pas priver la collectivité de compétences effectives. La libre administration ne rend donc pas chaque attribution intangible.

36. Une loi impose aux collectivités une nouvelle charge, mais en définit mal l’objet et la portée. Quel élément pose directement problème au regard des exigences applicables à ces obligations ?

L’absence de vote favorable de toutes les collectivités concernées.
La possibilité que l’obligation poursuive un intérêt général.
L’absence de définition suffisamment précise de son objet et de sa portée.
Le fait que la charge soit rattachée à une compétence propre de la collectivité.

L’absence de définition suffisamment précise de son objet et de sa portée.

Explication

Les obligations et charges doivent répondre à une exigence constitutionnelle ou à un intérêt général, respecter les compétences propres et la libre administration, et être suffisamment précises quant à leur objet et leur portée. L’intérêt général ne remplace pas l’exigence de précision.

37. Une collectivité saisit le juge en référé-liberté en soutenant qu’une atteinte grave et manifestement illégale porte atteinte à sa libre administration. Quel fondement peut-elle invoquer ?

La libre administration, reconnue comme liberté fondamentale par le Conseil constitutionnel dans l’article 72.
L’autonomie absolue des collectivités, protégée par le référé contre toute décision administrative.
L’égalité territoriale, reconnue comme liberté fondamentale par l’article L. 521-2 du code de justice administrative.
La libre administration, reconnue comme liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

La libre administration, reconnue comme liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

Explication

Le Conseil d’État reconnaît à la libre administration la qualité de liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2, invocable en référé-liberté contre une atteinte grave et manifestement illégale. Cette reconnaissance relève du Conseil d’État et ne signifie pas que les collectivités disposent d’une autonomie absolue.

38. Une collectivité concernée souhaite passer du statut de département d’outre-mer à celui de collectivité d’outre-mer. Quelle condition est requise pour ce changement de statut ?

L’approbation du gouvernement local
Le consentement des électeurs intéressés
L’adoption d’une loi organique seule
L’avis favorable de l’assemblée ultramarine

Le consentement des électeurs intéressés

Explication

Un changement entre les statuts prévus aux articles 73 et 74 exige le consentement des électeurs concernés. Un avis d’assemblée ne lie pas l’État, et une loi organique ne remplace pas ce consentement.

39. Une collectivité d’outre-mer veut intervenir dans un domaine relevant normalement de la loi. Sur quelle base peut-elle recevoir un pouvoir normatif dans ce domaine ?

Les modalités prévues par son statut
Un avis de son assemblée délibérante
Une habilitation propre aux départements et régions d’outre-mer
L’exercice automatique de toute compétence locale

Les modalités prévues par son statut

Explication

Une collectivité d’outre-mer peut recevoir un pouvoir normatif dans ces domaines selon les modalités fixées par son statut. L’avis consultatif ne confère pas ce pouvoir, et l’habilitation mentionnée concerne les départements et régions d’outre-mer.

40. Une loi de pays adoptée en Nouvelle-Calédonie est contestée. Quel contrôle juridictionnel s’applique à cette loi, par comparaison avec une loi de pays polynésienne ?

Le Conseil constitutionnel, tandis que le Conseil d’État contrôle celles de Polynésie française
Le Conseil d’État, tandis que le Conseil constitutionnel contrôle celles de Polynésie française
Le Parlement pour la Nouvelle-Calédonie et le Conseil d’État pour la Polynésie française
Le Conseil constitutionnel pour les deux territoires

Le Conseil constitutionnel, tandis que le Conseil d’État contrôle celles de Polynésie française

Explication

Les lois de pays de Nouvelle-Calédonie sont contrôlées par le Conseil constitutionnel, alors que celles de Polynésie française relèvent du Conseil d’État. L’inversion des juridictions confond les deux régimes, et le Parlement n’est pas l’organe de contrôle indiqué.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 92 flashcards sur Droit des collectivités territoriales.

Qu’est-ce que la décentralisation ?

Une organisation où le pouvoir central confie à des institutions distinctes la faculté de s’administrer et d’exercer librement leurs compétences.

Que confie la décentralisation fonctionnelle à une personne morale distincte de l’État ?

La gestion d’un service public.

Comment les collectivités territoriales s’administrent-elles selon l’article 72 de la Constitution ?

Libre­ment, par des conseils élus.

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