QCM : Droit souple et création de la loi (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Une règle municipale contredit une réglementation nationale qui lui est supérieure. Quelle exigence de la hiérarchie des normes cette règle municipale ne respecte-t-elle pas ?

Être conforme ou compatible avec les normes qui lui sont inférieures
Être conforme ou compatible avec les normes de même niveau
Être conforme ou compatible avec les normes qui lui sont supérieures
Être conforme ou compatible avec les décisions prises par la commune

Être conforme ou compatible avec les normes qui lui sont supérieures

Explication

Une norme inférieure doit respecter toutes les normes qui lui sont supérieures dans la hiérarchie. L’inversion du rapport de subordination, la confusion avec l’autorité locale et la limitation aux normes de même niveau méconnaissent cette règle.

2. Un juriste affirme que seules les dispositions des articles de la Constitution de 1958 ont valeur constitutionnelle. Quelle notion permet de corriger cette affirmation ?

La tradition républicaine, qui inclut les textes dépourvus de valeur constitutionnelle
Le bloc de constitutionnalité, qui inclut aussi des textes auxquels renvoie le Préambule
Le contrôle de constitutionnalité, qui inclut les décisions des juridictions
La hiérarchie législative, qui inclut les lois ordinaires et les règlements

Le bloc de constitutionnalité, qui inclut aussi des textes auxquels renvoie le Préambule

Explication

Le bloc de constitutionnalité comprend plusieurs normes à valeur constitutionnelle, dont des textes auxquels le Préambule renvoie, comme la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946. Les lois ordinaires, les décisions juridictionnelles et les textes sans valeur constitutionnelle ne définissent pas ce bloc.

3. Quelle décision du Conseil constitutionnel reconnaît la valeur constitutionnelle du Préambule de 1946 et censure pour la première fois une disposition législative relative à la liberté d’association ?

La décision « liberté d’association » du 16 juillet 1971
La décision « Taxation d’office » de 1973
La décision « liberté d’association » de 1973
La décision « Taxation d’office » du 16 juillet 1971

La décision « liberté d’association » du 16 juillet 1971

Explication

Le 16 juillet 1971, la décision « liberté d’association » reconnaît la valeur constitutionnelle du Préambule de 1946 et censure une disposition législative sur cette liberté. « Taxation d’office » date de 1973, et les autres réponses associent à tort le titre ou la date.

4. Au cours d’un procès, une partie soutient qu’une disposition législative en vigueur porte atteinte à un droit garanti par la Constitution. Par quel mécanisme cette contestation peut-elle être portée devant le Conseil constitutionnel ?

Par une question prioritaire de constitutionnalité, sur renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation
Par une question prioritaire de constitutionnalité, sur renvoi du maire de la commune
Par un contrôle a priori, sur saisine directe du Conseil constitutionnel par la partie
Par un contrôle obligatoire, transmis par le Parlement après l’entrée en vigueur

Par une question prioritaire de constitutionnalité, sur renvoi du Conseil d’État ou de la Cour de cassation

Explication

La QPC permet, au cours d’une instance, de contester une disposition législative en vigueur portant atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution ; le renvoi est effectué par le Conseil d’État ou la Cour de cassation. Le contrôle a priori précède la promulgation, le maire n’effectue pas le renvoi et le contrôle obligatoire concerne notamment les lois organiques avant promulgation.

5. Avant la promulgation d’une loi ordinaire, un groupe de 60 sénateurs souhaite saisir le Conseil constitutionnel. Cette saisine est-elle possible à ce stade ?

Non, les sénateurs peuvent agir après la promulgation par une QPC
Oui, 60 sénateurs peuvent le saisir avant la promulgation
Oui, mais seulement le président du Sénat peut le saisir à ce stade
Non, seuls 60 députés peuvent le saisir avant la promulgation

Oui, 60 sénateurs peuvent le saisir avant la promulgation

Explication

Avant la promulgation d’une loi ordinaire, le Conseil constitutionnel peut être saisi par 60 sénateurs, comme par 60 députés ou certaines autorités institutionnelles. La QPC concerne une loi en vigueur, et la règle n’exige pas que les sénateurs soient remplacés par des députés ou par le président du Sénat.

6. Un traité a été régulièrement ratifié et publié, et l’autre partie l’applique. Quelle autorité possède-t-il par rapport à une loi française ?

Une autorité égale à celle de la loi
Une autorité inférieure à celle de la loi
Une autorité supérieure à celle de la loi
Une autorité supérieure à celle de la Constitution

Une autorité supérieure à celle de la loi

Explication

L’article 55 confère aux traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés une autorité supérieure aux lois, sous réserve de leur application par l’autre partie. L’autorité inférieure confond le traité avec un règlement, l’autorité égale nie la hiérarchie prévue, et la supériorité sur la Constitution dépasse ce principe.

7. Quel arrêt de la CJUE, rendu le 15 juillet 1964, affirme la primauté du droit de l’Union européenne sur le droit national ?

L’arrêt Simmenthal
L’arrêt Costa c/ ENEL
L’arrêt Francovich
L’arrêt Van Gend en Loos

L’arrêt Costa c/ ENEL

Explication

La CJUE affirme la primauté du droit de l’Union européenne sur le droit national dans l’arrêt Costa c/ ENEL du 15 juillet 1964. Simmenthal concerne l’écartement des lois nationales incompatibles, tandis que les autres arrêts proposés ne sont pas l’arrêt visé.

8. Le Parlement habilite le Gouvernement à intervenir dans un domaine relevant en principe de la loi afin d’éviter la procédure législative ordinaire. Quel texte le Gouvernement peut-il alors prendre ?

Un règlement d’application
Une ordonnance
Un règlement autonome
Une loi ordinaire

Une ordonnance

Explication

Une ordonnance est un texte normatif pris par le Gouvernement sur habilitation du Parlement dans un domaine relevant en principe de la loi, pour éviter la procédure législative ordinaire. Le règlement autonome porte sur une matière non réservée à la loi, le règlement d’application met en œuvre une loi et une loi ordinaire est votée par le Parlement.

9. Après le vote d’une loi d’habilitation, le Gouvernement prépare une ordonnance. Quelle étape doit suivre sa publication pour achever la procédure d’adoption ?

La ratification par le Gouvernement après dépôt d’un projet de loi parlementaire
La promulgation par le Parlement après dépôt d’un projet de loi gouvernemental
La ratification par le Parlement après dépôt d’un projet de loi gouvernemental
La ratification par le Conseil constitutionnel après dépôt d’un projet de loi gouvernemental

La ratification par le Parlement après dépôt d’un projet de loi gouvernemental

Explication

La procédure se termine par la ratification de l’ordonnance par le Parlement, après le dépôt d’un projet de loi de ratification par le Gouvernement. La promulgation n’est pas cette étape de ratification, et ni le Gouvernement ni le Conseil constitutionnel ne se substituent au Parlement pour ratifier.

10. Un décret fixe les modalités concrètes d’exécution d’une loi. Comment faut-il le qualifier par rapport à un règlement qui intervient dans une matière non réservée à la loi ?

Règlement d’application, subordonné à la loi
Règlement d’application, indépendant de la loi
Règlement autonome, indépendant de la loi
Règlement autonome, subordonné à la loi

Règlement d’application, subordonné à la loi

Explication

Un règlement qui précise la mise en œuvre d’une loi est un règlement d’application et lui est subordonné. Le règlement autonome concerne une matière non réservée à la loi, tandis que l’indépendance à l’égard de la loi contredit la subordination du règlement d’application.

11. Une entreprise adopte un code formalisé qui oriente les pratiques de ses salariés sans créer pour eux de droits ni d’obligations juridiques. Comment qualifier cet instrument ?

Une pratique informelle sans fonction normative
Une règle de droit dur
Un instrument de droit souple
Une obligation juridique directement imposée

Un instrument de droit souple

Explication

Le droit souple est structuré comme une règle et oriente les comportements sans créer de contraintes, de droits ou d’obligations pour ses destinataires. Le droit dur impose des contraintes, tandis qu’une pratique informelle ou une obligation directement imposée ne correspond pas à cette définition.

12. Une entreprise cherche à appliquer les Principes directeurs des Nations Unies du 21 mars 2011 en matière de droits de l’homme. Quel ensemble de mesures doit-elle mettre en place ?

Une diligence raisonnable, une certification publique et un contrôle des fournisseurs
Un audit financier, une certification externe et une procédure disciplinaire
Un engagement politique, une diligence raisonnable et des procédures de réparation
Une politique de prévention, une indemnisation automatique et une déclaration annuelle

Un engagement politique, une diligence raisonnable et des procédures de réparation

Explication

Les Principes directeurs prévoient un engagement politique en faveur des droits de l’homme, une diligence raisonnable pour identifier, prévenir ou atténuer les incidences et en rendre compte, ainsi que des procédures de réparation. L’audit financier, la certification ou l’indemnisation automatique ne remplacent pas cet ensemble.

13. Une multinationale évalue les risques propres à une situation avant d’agir face à des incidences négatives potentielles. Quelle démarche correspond aux Principes directeurs de l’OCDE du 25 mai 2011 ?

Une diligence fondée sur les risques et adaptée aux circonstances
Une diligence identique pour toutes les situations et toutes les entreprises
Une communication des résultats sans action de prévention ou d’atténuation
Une diligence portant sur les incidences réelles, sans examen des risques potentiels

Une diligence fondée sur les risques et adaptée aux circonstances

Explication

Les Principes directeurs de l’OCDE recommandent une diligence raisonnable fondée sur les risques et adaptée aux circonstances, afin d’identifier, prévenir ou atténuer les incidences négatives et de rendre compte des réponses. Une démarche uniforme, limitée aux incidences réelles ou réduite à la communication ne reprend pas cette approche.

14. Une entreprise utilise ISO 26000 pour intégrer la responsabilité sociétale à ses activités. Quel statut et quelle fonction caractérisent cette norme ?

Une norme internationale volontaire fournissant des lignes directrices pour intégrer la RSE
Une certification obligatoire vérifiant la conformité juridique de l’entreprise
Une règle nationale contraignante fixant des sanctions en matière de RSE
Une obligation légale internationale imposant un modèle uniforme de RSE

Une norme internationale volontaire fournissant des lignes directrices pour intégrer la RSE

Explication

ISO 26000 est une norme internationale d’application volontaire qui fournit des lignes directrices pour intégrer la RSE aux activités des entreprises. La traiter comme une obligation légale ou une certification obligatoire confond son caractère volontaire avec une contrainte juridique.

15. Deux instruments portent le même nom générique, mais proviennent d’auteurs différents et ont des effets normatifs distincts. Que faut-il examiner pour déterminer s’ils relèvent du droit souple ?

Leur forme écrite, car elle établit leur caractère non contraignant
Leur nature et leur auteur, car le nom ne suffit pas
Leur nom générique, car il détermine leur portée normative
Leur catégorie commune, car elle garantit des effets identiques

Leur nature et leur auteur, car le nom ne suffit pas

Explication

La qualification de droit souple ne dépend pas du seul nom : des instruments d’une même catégorie peuvent avoir des portées différentes selon leur nature et leur auteur. Se fier au nom, à la catégorie commune ou à la seule forme écrite ne permet donc pas de déterminer correctement leur portée.

16. Un fournisseur signe une charte de développement durable intégrée à son contrat commercial. Quel effet cette transformation peut-elle produire sur l’engagement volontaire ?

L’engagement devient une règle légale applicable à toutes les entreprises
L’engagement peut acquérir une force obligatoire comme stipulation contractuelle
L’engagement demeure une orientation volontaire sans effet contractuel
L’engagement se transforme en recommandation administrative destinée au fournisseur

L’engagement peut acquérir une force obligatoire comme stipulation contractuelle

Explication

Un engagement volontaire de droit souple peut acquérir une force obligatoire lorsqu’il est intégré au contrat, notamment par une clause ou une charte convenue avec un fournisseur. Il ne devient pas pour autant une loi générale, et son insertion contractuelle dépasse la simple recommandation.

17. Une entreprise diffuse une vidéo présentant sa marque comme respectueuse de l’environnement : quelle caractéristique en fait une allégation environnementale ?

Une déclaration écrite qui présente les performances techniques d’un produit sans évoquer son impact environnemental
Une certification délivrée par une autorité qui atteste la conformité environnementale d’un produit
Un message volontaire qui valorise un produit, un service, une marque ou un annonceur au regard de son impact environnemental
Une information obligatoire décrivant uniquement les caractéristiques environnementales d’un produit

Un message volontaire qui valorise un produit, un service, une marque ou un annonceur au regard de son impact environnemental

Explication

Une allégation environnementale est un message volontaire, diffusé sur tout support, qui valorise ou distingue un produit, un service, une marque ou un annonceur en fonction de son impact environnemental. La certification officielle confond allégation et label, tandis que les autres réponses restreignent indûment son objet ou son support.

18. Une publicité affirme qu’un détergent réduit de 80 % la pollution de l’eau, sans preuve et avec un chiffre susceptible d’induire les consommateurs en erreur : quel fondement correspond à cette présentation ?

L’article L 121-3, qui vise une information substantielle omise ou mal présentée
L’article L 121-2, qui vise les allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur
L’article L 121-4, qui répute trompeuses certaines pratiques dans tous les cas
L’article L 121-2, qui s’applique dès qu’une publicité mentionne l’environnement

L’article L 121-2, qui vise les allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur

Explication

L’article L 121-2 vise une présentation trompeuse par action, notamment une allégation fausse ou susceptible d’induire en erreur sur l’impact environnemental. L’article L 121-3 concerne une omission ou une information mal présentée, L 121-4 vise certaines pratiques réputées trompeuses, et la seule mention de l’environnement ne suffit pas à caractériser l’infraction.

19. Une entreprise emploie une allégation environnementale contestable, mais le juge estime que, dans le cas considéré, elle ne peut pas altérer substantiellement le comportement économique des consommateurs : quelle conséquence découle de cette appréciation pour les articles L 121-2 et L 121-3 ?

La pratique est établie dès qu’un consommateur exprime un doute
La condition ne concerne que les pratiques fondées sur une omission
La pratique est établie dès qu’une allégation est contestable
La condition d’altération substantielle fait défaut dans ce cas

La condition d’altération substantielle fait défaut dans ce cas

Explication

Une pratique visée par les articles L 121-2 ou L 121-3 doit altérer, ou être susceptible d’altérer substantiellement, le comportement économique du consommateur ; le juge apprécie cette condition au cas par cas. Une allégation contestable ou un doute exprimé ne remplace pas cette condition, qui concerne les pratiques par action comme par omission.

20. Une publicité pour un produit présente clairement son bénéfice environnemental, mais omet une réserve essentielle qui en limite fortement la portée : quelle disposition vise principalement cette pratique ?

L’article L 121-3, relatif à l’omission ou à la présentation inadéquate d’une information substantielle
L’article L 121-3, relatif à toute publicité dont l’intention commerciale est visible
L’article L 121-2, relatif aux allégations ou présentations fausses ou trompeuses
L’article L 121-4, relatif à certaines pratiques réputées trompeuses en toutes circonstances

L’article L 121-3, relatif à l’omission ou à la présentation inadéquate d’une information substantielle

Explication

L’article L 121-3 vise notamment l’omission, la dissimulation ou la présentation inintelligible, ambiguë ou tardive d’une information substantielle. L’article L 121-2 porte sur une affirmation trompeuse, L 121-4 sur certaines pratiques définies, et la visibilité de l’intention commerciale ne caractérise pas à elle seule une omission.

21. Un juge judiciaire envisage d’interrompre une opération menée par un corps administratif dans l’exercice de ses fonctions : quel principe juridique s’y oppose ?

La compétence administrative pour tous les litiges entre personnes privées
La hiérarchie des juridictions de première instance et des juridictions de cassation
La séparation des fonctions judiciaires et administratives posée par la loi des 16-24 août 1790
L’interdiction générale de soumettre l’action administrative à un contrôle juridictionnel

La séparation des fonctions judiciaires et administratives posée par la loi des 16-24 août 1790

Explication

La loi des 16-24 août 1790 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires de troubler les opérations des corps administratifs. La hiérarchie des juridictions est une notion distincte, les litiges privés ne relèvent pas tous de l’ordre administratif, et la séparation ne signifie pas une absence générale de contrôle juridictionnel.

22. Un particulier demande réparation à une entreprise pour un dommage environnemental, tandis qu’une autre entreprise conteste une amende prononcée par un préfet : quels ordres sont compétents, dans le même ordre ?

L’ordre judiciaire pour la demande de réparation, puis l’ordre administratif pour l’amende
L’ordre administratif pour la demande de réparation, puis l’ordre judiciaire pour l’amende
L’ordre judiciaire pour les deux litiges, car ils concernent l’environnement
L’ordre administratif pour les deux litiges, car ils concernent des entreprises

L’ordre judiciaire pour la demande de réparation, puis l’ordre administratif pour l’amende

Explication

L’ordre judiciaire traite les litiges entre personnes privées, tandis que l’ordre administratif concerne les litiges mettant en cause l’administration dans l’exercice de ses prérogatives. La demande de réparation contre une entreprise relève donc de l’ordre judiciaire, contrairement à la contestation d’une amende préfectorale.

23. Un juge du fond de l’ordre administratif rend une décision dont l’application de la loi est contestée en cassation : quelle juridiction contrôle et harmonise cette application ?

Le tribunal administratif
La Cour de cassation
La cour administrative d’appel
Le Conseil d’État

Le Conseil d’État

Explication

Le Conseil d’État est la juridiction de cassation de l’ordre administratif et contrôle l’application de la loi par les juges du fond. La Cour de cassation remplit ce rôle dans l’ordre judiciaire, tandis que la cour administrative d’appel et le tribunal administratif interviennent à d’autres niveaux.

24. Une matière n’est attribuée à aucune disposition constitutionnelle au domaine législatif. Quel domaine l’article 37 lui attribue-t-il ?

Un domaine partagé entre loi et règlement
Le domaine législatif par défaut
Le domaine réglementaire
Le domaine législatif

Le domaine réglementaire

Explication

Depuis 1958, l’article 34 énumère les matières relevant de la loi et l’article 37 attribue au domaine réglementaire celles qui n’en relèvent pas. Le domaine législatif relève de la confusion entre les deux articles, tandis que le domaine législatif par défaut inverse la règle.

25. Un texte de forme législative adopté après 1958 porte sur une matière réglementaire. Quelle démarche permet de le modifier par décret ?

Obtenir une déclaration du Conseil constitutionnel reconnaissant son caractère réglementaire
Obtenir une déclaration du Conseil d’État reconnaissant son caractère législatif
Faire constater par le Gouvernement que le texte est devenu caduc
Faire voter une loi de déclassement par les deux assemblées

Obtenir une déclaration du Conseil constitutionnel reconnaissant son caractère réglementaire

Explication

Pour les textes de forme législative intervenus après l’entrée en vigueur de la Constitution, l’article 37 prévoit une déclaration du Conseil constitutionnel reconnaissant leur caractère réglementaire avant leur modification par décret. La déclaration du Conseil d’État confond son avis avec cette procédure, et une loi ou une constatation gouvernementale ne remplace pas cette étape.

26. Quelle séquence restitue correctement les étapes générales de l’adoption d’une loi ?

Initiative, dépôt, commission, séance publique, examen des deux assemblées, promulgation, publication
Initiative, dépôt, commission, séance publique, promulgation, publication, examen des deux assemblées
Initiative, dépôt, promulgation, commission, séance publique, publication, examen des deux assemblées
Initiative, dépôt, séance publique, publication, commission, examen des deux assemblées, promulgation

Initiative, dépôt, commission, séance publique, examen des deux assemblées, promulgation, publication

Explication

L’adoption suit l’initiative, le dépôt, l’examen en commission, le débat public, l’examen par les deux assemblées, puis la promulgation et la publication. Placer la promulgation avant l’examen inverse l’ordre, confondre commission et publication mêle deux étapes différentes, et omettre les assemblées néglige leur examen du texte.

27. Un texte est porté par le Gouvernement, tandis qu’un autre est déposé par des parlementaires. Comment désigne-t-on respectivement ces deux textes ?

Un projet de loi et une proposition de loi
Un projet de loi et un amendement parlementaire
Une proposition de loi et un amendement gouvernemental
Une proposition de loi et un projet de loi

Un projet de loi et une proposition de loi

Explication

Le Gouvernement présente des projets de loi, tandis que les parlementaires déposent des propositions de loi. Inverser les termes attribue chaque catégorie au mauvais initiateur, et un amendement désigne une modification proposée à un texte plutôt que ces deux types d’initiative.

28. Après plusieurs lectures, le Sénat adopte sans modification le texte précédemment voté par l’Assemblée nationale. Quel est l’effet sur la navette ?

Le texte est promulgué par le Sénat dès que les deux versions concordent
La navette continue jusqu’à ce que chaque assemblée modifie le texte de l’autre
Les articles déjà identiques restent en discussion pour un nouvel examen
La navette prend fin, les seuls articles en désaccord ayant été discutés jusque-là

La navette prend fin, les seuls articles en désaccord ayant été discutés jusque-là

Explication

La navette s’achève lorsqu’une assemblée adopte sans modification le texte précédemment adopté par l’autre ; seuls les articles encore en désaccord restent alors en discussion. Continuer malgré l’accord ignore cette règle, maintenir les articles concordants inverse le principe, et la promulgation relève du Président de la République.

29. Quelle distinction décrit correctement la promulgation et la publication d’une loi ?

La promulgation adopte définitivement la loi ; la publication autorise son examen par les assemblées
La promulgation atteste l’existence de la loi et en ordonne l’exécution ; la publication la rend opposable et applicable
La promulgation rend la loi opposable et applicable ; la publication atteste son existence et en ordonne l’exécution
La promulgation rend la loi applicable après un avis du Conseil d’État ; la publication fixe son contenu

La promulgation atteste l’existence de la loi et en ordonne l’exécution ; la publication la rend opposable et applicable

Explication

La promulgation est l’acte présidentiel qui atteste l’existence de la loi et en ordonne l’exécution, alors que sa publication au Journal officiel la rend opposable et applicable. Attribuer l’opposabilité à la promulgation ou l’attestation à la publication inverse leurs rôles ; l’adoption parlementaire est une étape distincte.

30. Un texte législatif est déposé par le Gouvernement. Comment qualifie-t-on cette initiative, par opposition à un texte déposé par des parlementaires ?

Une proposition de loi
Un rapport de commission
Un avis du Conseil d’État
Un projet de loi

Un projet de loi

Explication

Un projet de loi est une initiative du Gouvernement, tandis qu’une proposition de loi est déposée par un ou plusieurs parlementaires. Le rapport de commission intervient dans l’examen du texte et l’avis du Conseil d’État est une consultation, non une catégorie d’initiative.

31. Une proposition de loi parlementaire prévoit de financer une nouvelle dépense publique sans compensation. Quelle conséquence l’article 40 de la Constitution attache-t-il à cette disposition ?

Elle relève de la règle interdisant la diminution des ressources publiques.
Elle devient recevable si le Bureau de l’assemblée approuve son financement.
Elle se heurte à la règle interdisant la création ou l’aggravation d’une charge publique.
Elle est recevable dès lors que la dépense est présentée comme temporaire.

Elle se heurte à la règle interdisant la création ou l’aggravation d’une charge publique.

Explication

L’article 40 interdit qu’une proposition de loi parlementaire entraîne la création ou l’aggravation d’une charge publique. La diminution des ressources concerne l’autre volet de cette règle, et l’approbation du Bureau ne permet pas de déroger à cette limite.

32. Lorsqu’il prépare une réforme gouvernementale, à quoi sert notamment l’étude d’impact pour le Parlement et la décision politique ?

À éclairer le Parlement sur la portée de la réforme et à aider la décision politique.
À certifier que la réforme n’entraînera aucune dépense publique.
À imposer au Gouvernement la solution législative retenue.
À autoriser le Parlement à modifier seul le texte avant son dépôt.

À éclairer le Parlement sur la portée de la réforme et à aider la décision politique.

Explication

L’étude d’impact vise notamment à éclairer le Parlement sur la portée des réformes gouvernementales et à fournir une aide à la décision politique. Elle ne remplace ni l’adoption de la loi ni l’examen de sa recevabilité financière, et ne lie pas la décision politique.

33. Une équipe prépare l’étude d’impact d’un projet de loi et veut présenter les alternatives à l’adoption d’une nouvelle règle. Quel élément doit-elle examiner ?

Les impacts financiers, en les limitant à la recevabilité de la proposition.
Les modalités d’application de la règle nouvelle, sans examiner d’autres options.
Les options possibles en dehors de l’intervention d’une règle nouvelle.
L’état du droit, en le présentant comme l’objectif principal de la réforme.

Les options possibles en dehors de l’intervention d’une règle nouvelle.

Explication

Une étude d’impact présente notamment les options possibles en dehors de l’intervention d’une règle nouvelle, afin d’éclairer le choix de la réforme. Les modalités d’application, l’état du droit et les impacts font aussi partie de son contenu, mais ne se substituent pas à l’examen des alternatives.

34. Un député dépose un amendement à un projet de loi, tandis que le Gouvernement prépare un projet d’ordonnance. Dans quels cas la réalisation d’une étude d’impact est-elle obligatoire parmi ces deux démarches ?

Dans aucun des deux cas.
Pour le projet d’ordonnance, mais pas pour l’amendement parlementaire.
Pour l’amendement parlementaire, mais pas pour le projet d’ordonnance.
Dans les deux cas, car ils portent sur des mesures gouvernementales.

Dans aucun des deux cas.

Explication

La réalisation d’une étude d’impact ne s’impose ni pour les projets d’ordonnance ni pour les amendements d’origine parlementaire ou gouvernementale. L’obligation ne s’étend donc à aucune de ces deux démarches.

35. Quelle institution de l’Union européenne réunit des délégués des gouvernements des États membres et détient le pouvoir normatif ?

La Commission européenne
Le Conseil de l’Union européenne
Le Conseil européen
Le Parlement européen

Le Conseil de l’Union européenne

Explication

Le Conseil de l’Union européenne réunit des délégués des gouvernements et détient le pouvoir normatif. Le Conseil européen définit les orientations, la Commission propose des actes et le Parlement exerce notamment un pouvoir de codécision.

36. Quelle combinaison décrit correctement le mode d’élection et les pouvoirs du Parlement européen ?

Élu au suffrage universel direct, il propose les actes législatifs et veille à l’application des traités
Désigné par les gouvernements, il exerce des pouvoirs de contrôle politique, budgétaire et de codécision
Élu par les parlements nationaux, il exerce le pouvoir normatif et définit les orientations de l’Union
Élu au suffrage universel direct, il exerce des pouvoirs de contrôle politique, budgétaire et de codécision

Élu au suffrage universel direct, il exerce des pouvoirs de contrôle politique, budgétaire et de codécision

Explication

Les membres du Parlement européen sont élus au suffrage universel direct et le Parlement exerce un contrôle politique, un pouvoir budgétaire et un pouvoir de codécision avec le Conseil. La désignation gouvernementale concerne la composition de la Commission, tandis que la proposition des actes relève de celle-ci.

37. Lorsqu’une proposition de la Commission entre dans la procédure législative ordinaire, quel enchaînement des étapes intervient avant une éventuelle conciliation ?

Proposition de la Commission, première lecture au Parlement puis au Conseil, deuxième lecture au Parlement puis au Conseil
Proposition de la Commission, première lecture au Parlement puis au Conseil, puis conciliation avant la deuxième lecture
Première lecture au Parlement et au Conseil, proposition de la Commission, puis deuxième lecture aux deux institutions
Proposition de la Commission, première lecture au Conseil puis au Parlement, deuxième lecture au Conseil puis au Parlement

Proposition de la Commission, première lecture au Parlement puis au Conseil, deuxième lecture au Parlement puis au Conseil

Explication

La procédure commence par une proposition de la Commission, puis suit une première lecture au Parlement et au Conseil, avant une deuxième lecture dans le même ordre; une conciliation peut ensuite être nécessaire. Inverser l’ordre des lectures ou placer la conciliation avant la deuxième lecture méconnaît cet enchaînement.

38. Un État membre reçoit un règlement européen qui fixe des obligations détaillées pour les entreprises. Quelle démarche juridique s’applique dans cet État ?

Transposer le règlement en choisissant les moyens nationaux d’application
Adopter une décision nationale avant que le règlement puisse produire ses effets
Appliquer directement le règlement, obligatoire dans tous ses éléments
Traiter le règlement comme un avis sans force contraignante

Appliquer directement le règlement, obligatoire dans tous ses éléments

Explication

Un règlement a une portée générale, est obligatoire dans tous ses éléments et s’applique directement sans mesure de transposition. La transposition et le choix des moyens nationaux caractérisent plutôt la directive; l’avis, lui, n’est pas contraignant.

39. Une directive européenne fixe un objectif de réduction des déchets, tout en laissant les États choisir les moyens pour l’atteindre. Que doit faire un État membre ?

Reprendre dans le droit national chaque moyen précis imposé par l’Union
Appliquer directement toutes les dispositions sans intervention nationale
Transposer les objectifs en droit national en choisissant les moyens adaptés
Traiter les objectifs comme de simples orientations dépourvues de force contraignante

Transposer les objectifs en droit national en choisissant les moyens adaptés

Explication

Une directive impose des objectifs à transposer, mais laisse aux États une plus grande souplesse quant aux moyens de les atteindre. L’application directe sans transposition correspond au règlement, tandis qu’une recommandation n’est pas contraignante.

40. Une entreprise reçoit une décision européenne qui lui impose des obligations, tandis qu’une recommandation lui suggère une conduite. Quelle distinction s’applique ?

La décision fixe des objectifs à transposer, tandis que la recommandation impose les moyens
La recommandation est obligatoire dans tous ses éléments, mais la décision ne contraint pas l’entreprise
La décision et la recommandation sont toutes deux dépourvues de force contraignante
La décision est obligatoire dans tous ses éléments, mais la recommandation ne contraint pas l’entreprise

La décision est obligatoire dans tous ses éléments, mais la recommandation ne contraint pas l’entreprise

Explication

Les décisions sont obligatoires dans tous leurs éléments, alors que les recommandations et les avis sont dépourvus de force contraignante. Assimiler la décision à une directive introduit à tort une obligation de transposition.

41. Un fabricant d’emballages doit déterminer si l’acte européen PPWR exige une transposition nationale avant son application. Quelle conclusion est correcte ?

Le règlement (UE) 2025/40 constitue une recommandation sans force contraignante
La directive 94/62/CE s’applique directement sans transposition nationale
Le règlement (UE) 2025/40 doit être transposé comme la directive qu’il remplace
Le règlement (UE) 2025/40 s’applique directement dans les États membres

Le règlement (UE) 2025/40 s’applique directement dans les États membres

Explication

Le PPWR, règlement (UE) 2025/40, est directement applicable dans les États membres. La directive 94/62/CE qu’il remplace nécessitait une transposition; la confusion porte donc sur les régimes respectifs du règlement et de la directive.

42. Une entreprise textile renouvelle fréquemment ses références et encourage peu la réparation, ce qui réduit la durée d’usage de ses produits. Comment cette pratique est-elle qualifiée par la définition adoptée par l’Assemblée nationale ?

Une pratique caractérisée par le seul renouvellement fréquent des collections
Une pratique relevant de la mode ultra express
Une pratique visant à prolonger la durée de vie des produits
Une pratique définie par le dépassement de seuils de modèles fixés par décret

Une pratique relevant de la mode ultra express

Explication

La définition adoptée rattache la mode ultra express aux pratiques qui diminuent la durée d’usage ou de vie, notamment par un nombre élevé de références ou une faible incitation à réparer. Les seuils de modèles renvoient à la proposition initiale, le seul renouvellement fréquent est incomplet, et la prolongation de la durée de vie va dans le sens inverse.

43. Lors de l’examen constitutionnel d’une mesure de la proposition de loi textile, quels principes pourraient être invoqués pour contester cette mesure ?

Le principe de précaution, l’égalité et la liberté d’association
La liberté d’entreprendre, l’égalité et l’égalité devant les charges publiques
La liberté d’association, l’égalité et le droit de propriété
La liberté de la presse, la liberté d’entreprendre et le droit de propriété

La liberté d’entreprendre, l’égalité et l’égalité devant les charges publiques

Explication

Les dispositions peuvent soulever des questions au regard de la liberté d’entreprendre (article 4), du principe d’égalité (article 6) et de l’égalité devant les charges publiques ainsi que des capacités contributives (article 13). Les autres choix substituent à ces garanties des principes qui ne sont pas ceux identifiés pour cette contestation.

44. Le seuil légal de 500 salariés déclenchant certaines obligations de bilan des émissions de gaz à effet de serre doit être porté à 1 000 salariés. Quel instrument peut permettre cette modification après habilitation du Parlement ?

Un décret modifiant directement la disposition législative
Une ordonnance prise sur le fondement de l’article 38
Une décision du juge administratif modifiant le seuil légal
Un arrêté ministériel pris sans habilitation parlementaire

Une ordonnance prise sur le fondement de l’article 38

Explication

Le seuil étant fixé par une disposition législative, une ordonnance fondée sur l’article 38 peut le modifier après habilitation du Parlement. Un décret ne peut pas modifier directement cette règle législative, et ni un arrêté ni une décision juridictionnelle ne remplacent la procédure d’habilitation.

45. Un décret modifie les modalités réglementaires d’une obligation environnementale, mais supprime également le principe de cette obligation fixé par la loi. Quelle conclusion s’applique ?

Le décret peut supprimer l’obligation si elle concerne certains distributeurs
Le décret peut supprimer le principe dès lors que les modalités étaient réglementaires
Le décret peut modifier les modalités, mais ne peut supprimer le principe fixé par la loi
Le décret ne peut modifier aucune disposition de la partie réglementaire

Le décret peut modifier les modalités, mais ne peut supprimer le principe fixé par la loi

Explication

Une disposition de la partie réglementaire peut en principe être modifiée par décret, mais celui-ci ne peut supprimer une obligation dont le principe est fixé par la loi. Confondre modalités et principe méconnaît la hiérarchie des normes; le caractère environnemental ou la catégorie visée ne donne pas au décret un pouvoir supérieur à la loi.

46. Une entreprise demande qu’une ordonnance française l’exonère d’une obligation prévue par un règlement européen applicable en France. Quel effet l’ordonnance peut-elle produire ?

Elle peut écarter le règlement si elle est prise après habilitation
Elle peut suspendre le règlement pour les entreprises nationales concernées
Elle peut remplacer le règlement dans le domaine environnemental
Elle ne peut pas neutraliser le règlement européen applicable

Elle ne peut pas neutraliser le règlement européen applicable

Explication

Une ordonnance française ne peut pas neutraliser un règlement européen applicable en France. L’habilitation parlementaire ou le caractère national de la mesure ne permet pas d’écarter le droit de l’Union.

47. Quel principe caractérise un État de droit ?

La hiérarchie des normes s’applique sans juridictions indépendantes
La puissance publique fixe les normes sans contrôle des juridictions
Les sujets de droit sont égaux, mais les pouvoirs publics échappent au droit
La puissance publique est soumise au droit, sous le contrôle de juridictions indépendantes

La puissance publique est soumise au droit, sous le contrôle de juridictions indépendantes

Explication

L’État de droit soumet la puissance publique au droit, exige la conformité des règles aux normes supérieures et l’égalité des sujets devant les normes, et repose sur l’existence de juridictions indépendantes. La seule hiérarchie ou la seule égalité est une définition incomplète, tandis que l’absence de contrôle judiciaire contredit ce principe.

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À quelles normes une norme inférieure doit-elle être conforme ou compatible ?

À toutes les normes qui lui sont supérieures.

Quelles normes le bloc de constitutionnalité regroupe-t-il ?

Les normes ayant valeur constitutionnelle.

Quelles normes sont notamment citées dans le bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958, son Préambule, la Déclaration de 1789, le Préambule de 1946, les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et la Charte de l’environnement de 2004.

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