Fiche de révision : Droit des collectivités territoriales

Plan du Cours

  1. Décentralisation et autonomie locale
  2. Collectivités et éléments constitutifs
  3. Unité et diversité des collectivités
  4. Des origines à la libre administration
  5. La décentralisation de 1982
  6. Évolutions de 1986 à 2003
  7. La décentralisation constitutionnalisée
  8. Réformes territoriales depuis 2007
  9. Autonomie locale dans l’État unitaire
  10. Fondements européens de l’autonomie locale
  11. Libre administration et ses composantes
  12. Portée juridictionnelle de la libre administration
  13. Autonomie des territoires ultramarins

Repères chronologiques

  1. 28 pluviôse an VIIILa loi crée les préfets, représentants locaux de l’État, qui nomment notamment les maires des communes de moins de 5 000 habitants, tandis que les autres maires sont nommés par le pouvoir central.
  2. 10 août 1871La loi prévoit que le conseil général délibère sur les objets d’intérêt départemental, mais le préfet demeure l’exécutif du département.
  3. 5 avril 1884La loi prévoit l’élection des maires et reconnaît aux communes une clause générale de compétence leur permettant d’intervenir lorsqu’un intérêt public local le justifie.
  4. 2 mars 1982La loi définit les droits et libertés des communes, départements et régions, confie l’exécutif départemental à un président élu et transforme les établissements publics régionaux en collectivités territoriales, dont les premiers conseillers sont élus en mars 1986.
  5. 2 mars 1982La tutelle préfectorale est remplacée par un contrôle a posteriori des actes locaux.
  6. 26 janvier 1984La loi dite loi Le Pors crée une fonction publique territoriale et accompagne le transfert de services et de personnels de l’État vers les collectivités.
  7. 5 janvier 1988La loi encadre plus précisément les interventions économiques des collectivités territoriales afin de préserver les finances communales.
  8. 28 mars 2003L’article 1er de la Constitution inscrit que l’organisation de la République française est décentralisée.
  9. 13 août 2004La loi relative aux libertés et responsabilités locales confie de nouvelles compétences aux collectivités, essentiellement départementales et régionales, et ouvre la possibilité d’expérimentations.
  10. 23 juillet 2008Saint-Barthélemy et Saint-Martin deviennent des collectivités d’outre-mer distinctes de la Guadeloupe et certaines dérogations réglementaires dans les départements et régions d’outre-mer sont facilitées.

1. Décentralisation et autonomie locale

Notions clés & Définitions

  • Décentralisation : Organisation administrative dans laquelle le pouvoir central confie à des institutions distinctes de son administration la faculté de s’administrer et une liberté d’exercice de leurs compétences.

★ À maîtriser

  • La décentralisation fonctionnelle confie la gestion d’un service public à une personne morale de droit public distincte de l’État, tandis que la décentralisation territoriale attribue à des collectivités infra-étatiques des affaires locales plus larges, gérées par des autorités élues.

  • Selon le troisième alinéa de l’article 72 de la Constitution, les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus et disposent d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs compétences, dans les conditions définies par la loi.

  • La déconcentration maintient les autorités locales sous le pouvoir hiérarchique central pour exécuter ses directives, tandis que la décentralisation permet aux institutions d’agir en leur nom et pour leur compte, dans le respect du droit.

  • La décentralisation se caractérise par : la personnalité morale, l’autonomie de décision, des moyens humains, financiers et juridiques propres

Compléments

  • La décentralisation fonctionnelle concerne notamment :
    • les universités
    • les hôpitaux
    • les musées

📌 En France, les compétences des collectivités décentralisées sont définies par la loi et elles ne sont en principe pas habilitées à édicter elles-mêmes les règles qui leur sont applicables, contrairement aux entités d’un État fédéral dans la distinction présentée par le cours.

Astuce mémo

Déconcentration : hiérarchie de l’État ; décentralisation : décision au nom de la collectivité.

2. Collectivités et éléments constitutifs

Notions clés & Définitions

  • Collectivité territoriale : Autorité administrative décentralisée dotée de la personnalité morale et d’affaires propres, distinctes de celles de l’État, gérées par un conseil élu sous le contrôle de l’État.

★ À maîtriser

📌 Une collectivité territoriale relève de l’organisation décentralisée du territoire, tandis qu’une circonscription administrative est un périmètre de l’organisation déconcentrée de l’État ; le département désigne l’une et l’autre réalités.

  • Les catégories de collectivités territoriales comprennent : les communes, les départements, les régions, les collectivités à statut particulier, les collectivités d’outre-mer régies par l’article 74 de la Constitution

  • Les éléments constitutifs d’une collectivité territoriale sont :

    • son nom
    • son territoire délimité
    • sa population

Compléments

📌 Les limites extérieures des circonscriptions doivent coïncider dans la mesure nécessaire au bon fonctionnement des pouvoirs et services publics, et aucune portion du territoire ne peut échapper à une commune, un département et une région. - CE, Commune de FONTENAY-SOUS-BOIS, 18 nov. 1977

📌 Les limites d’une région sont modifiées par la loi, celles d’un département par la loi ou, en cas d’accord des conseils départementaux intéressés, par décret en Conseil d’État, et celles d’une commune par arrêté préfectoral ; une modification du périmètre d’une collectivité peut donner lieu à la consultation des électeurs concernés dans les conditions prévues au troisième alinéa de l’article 72-1 de la Constitution.

  • La population détermine notamment l’application de règles électorales, financières et fiscales, ainsi que le nombre de conseillers départementaux, régionaux ou de sénateurs selon les cas ; l’INSEE actualise les chiffres de population chaque année par recensement.

3. Unité et diversité des collectivités

★ À maîtriser

📌 Depuis la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, les collectivités peuvent expérimenter des règles locales dérogeant aux lois et règlements nationaux, sauf lorsque sont en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti.

  • L’expérimentation permet de tester un dispositif dans un nombre limité de collectivités, puis de le généraliser éventuellement si les résultats sont concluants.

Compléments

  • Le droit des collectivités territoriales peut varier pour tenir compte de spécificités territoriales, notamment celles des collectivités d’outre-mer et des communes d’Alsace-Moselle.

  • Le revenu de solidarité active a été expérimenté dans certains départements par la loi n° 2007-1223 du 21 août 2007, puis généralisé par la loi n° 2008-1249 du 1er décembre 2008.

  • Malgré les adaptations territoriales et les expérimentations, les éléments communs et la stabilité des caractéristiques des collectivités territoriales justifient une approche unitaire de leur droit.

Astuce mémo

Expérimentation locale → règles temporairement différenciées entre collectivités d’une même catégorie.

4. Des origines à la libre administration

Points essentiels

  • Sous la Révolution, l’Assemblée constituante découpe le territoire en circonscriptions, notamment départementales, mais l’organisation relève davantage de la déconcentration que de la décentralisation ; seules les communes disposent d’une certaine liberté pour agir selon les intérêts locaux.

  • Les lois du 21 mars 1831 et du 22 juin 1833 instaurent l’élection des conseillers municipaux et généraux, sans mettre fin à la tutelle préfectorale sur les collectivités locales.

  • La Constitution de la IVe République consacre le principe de libre administration, repris par la Constitution de la Ve République, mais ce principe concerne alors les seuls départements et communes.

  • Un arrêté ministériel du 28 novembre 1956 crée les régions comme circonscriptions déconcentrées de l’État, puis la loi du 5 juillet 1972 y crée des établissements publics régionaux.

5. La décentralisation de 1982

★ À maîtriser

📌 Selon la loi du 22 juillet 1982, les actes des collectivités sont exécutoires de plein droit après leur publication ou notification et leur transmission au préfet ; celui-ci ne peut plus les annuler, mais peut saisir le juge administratif s’il les estime illégaux.

  • Les transferts de compétences de l’État doivent être accompagnés d’une compensation financière, notamment par le transfert de ressources fiscales et l’attribution de dotations.

Compléments

  • Les domaines de répartition des compétences comprennent notamment :
    • l’urbanisme
    • l’enseignement
    • l’aménagement
    • l’action sociale
    • la santé

📌 La répartition des compétences en blocs vise à limiter les chevauchements, mais les domaines transversaux comme le développement économique et l’aménagement du territoire entraînent des interventions superposées.

📌 La loi du 7 janvier 1983 interdit la tutelle d’une collectivité territoriale sur une autre afin de préserver la libre administration de chacune.

  • Les collectivités concernées par des statuts particuliers dès 1982 comprennent :
    • la Corse
    • Paris, Lyon et Marseille
    • la Guadeloupe
    • la Martinique
    • la Guyane
    • La Réunion

6. Évolutions de 1986 à 2003

Points essentiels

  • La loi du 6 février 1992 sur l’administration territoriale de la République affirme que l’administration territoriale est assurée par les collectivités territoriales et les services déconcentrés de l’État, renforce les droits des élus minoritaires, permet des consultations communales et crée les communautés de communes et les communautés de villes.

  • La loi du 6 juin 2000 instaure une parité relativement stricte pour les élections municipales dans les communes de plus de 3 500 habitants.

  • La loi du 12 juillet 1999, dite loi Chevènement, simplifie la coopération intercommunale, favorise son développement et encourage les EPCI à adopter la taxe professionnelle unique, tandis que les communautés de villes sont remplacées par des communautés d’agglomération.

  • La période 1991-2001 voit notamment la transformation de la Corse en collectivité spécifique en 1991, le transfert de compétences à la Polynésie française en 1996, le statut spécifique de la Nouvelle-Calédonie lié aux accords de Nouméa, la possibilité d’organisations institutionnelles spécifiques outre-mer en 2000 et le statut de collectivité départementale de Mayotte en 2001.

7. La décentralisation constitutionnalisée

★ À maîtriser

  • La révision du 28 mars 2003 inscrit dans le titre XII de la Constitution la région parmi les collectivités territoriales et reconnaît aux collectivités un pouvoir réglementaire dans les conditions définies par la loi, la possibilité de désigner un chef de file, l’expérimentation, l’interdiction de tutelle entre collectivités, la démocratie locale, l’autonomie financière et un régime outre-mer remanié.

📌 Depuis la révision de l’article 39 de la Constitution, les projets de loi ayant pour principal objet l’organisation des collectivités territoriales sont soumis au Sénat en premier lieu.

Compléments

  • La loi organique du 27 février 2004 renforce l’autonomie de la Polynésie française et la loi du 10 juillet 2006 ratifie la Charte européenne de l’autonomie locale.

8. Réformes territoriales depuis 2007

★ À maîtriser

  • La loi NOTRe du 7 août 2015 supprime à nouveau la clause générale de compétence des départements et des régions, renforce les responsabilités régionales en développement économique et aménagement, et renforce les intercommunalités avec un seuil de principe de 15 000 habitants.

  • La loi 3DS du 21 février 2022 permet de différencier la répartition et l’exercice des compétences territoriales et renforce le pouvoir réglementaire local dans des domaines sectoriels, sans nouveaux transferts de compétences.

Compléments

  • Les rapports de décembre 2007 d’Alain Lambert et du 5 mars 2009 d’Édouard Balladur sur les relations entre l’État et les collectivités et la réforme des collectivités locales inspirent partiellement la loi du 16 décembre 2010.

  • La loi du 16 décembre 2010 crée le conseiller territorial, appelé à siéger dans les assemblées départementale et régionale, mais la loi du 17 mai 2013 abroge cette création avant sa première élection.

📌 La loi du 16 décembre 2010 prévoit la suppression de la clause générale de compétence des départements et des régions à compter du 1er janvier 2015, mais la loi MAPTAM du 27 janvier 2014 rétablit temporairement cette clause pour toutes les catégories de collectivités.

  • La loi MAPTAM du 27 janvier 2014 confirme les métropoles, crée les pôles d’équilibre territoriaux et ruraux et vise à rationaliser la répartition des compétences partagées.

  • La loi du 16 janvier 2015 réorganise les régions métropolitaines : depuis le 1er janvier 2016, douze régions et la Corse, collectivité à statut particulier, couvrent le territoire métropolitain.

  • La loi NOTRe confie aux régions l’adoption du SRDEII pour le développement économique et du SRADDET pour l’aménagement durable du territoire, et transfère aux régions les compétences départementales en matière de transports interurbains à compter du 1er janvier 2017 et de transport scolaire à compter du 1er septembre 2017, le transport scolaire pouvant être délégué aux départements.

  • La loi du 28 février 2017 supprime la commune et le département de Paris au profit d’une collectivité à statut particulier et abaisse le seuil démographique de création des métropoles.

  • La loi du 27 décembre 2019 renforce la place des communes dans les structures intercommunales et les pouvoirs de police administrative des maires.

  • La loi organique du 19 avril 2021 simplifie le recours à l’expérimentation et élargit les solutions envisageables à son issue.

  • Les réformes successives n’ont pas supprimé l’instabilité du droit des collectivités territoriales ni son manque de clarification, malgré les objectifs politiques récurrents de simplification et de rationalisation.

9. Autonomie locale dans l’État unitaire

Points essentiels

  • L’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 affirme que l’organisation administrative de la France est décentralisée, tandis que l’article 72 consacre la libre administration des collectivités territoriales.

📌 L’autonomie locale doit être conciliée avec l’indivisibilité de la République et le caractère unitaire de l’État, qui ont également valeur constitutionnelle.

  • Le législateur définit les contours de l’autonomie des collectivités, qui s’administrent librement dans les conditions prévues par la loi, conformément à l’article 72 de la Constitution.

Astuce mémo

Autonomie locale encadrée par l’État unitaire

10. Fondements européens de l’autonomie locale

★ À maîtriser

  • La Charte européenne reconnaît notamment la gestion d’une partie des affaires publiques par des conseils élus, la liberté d’organiser les services, la protection des limites territoriales par la consultation, le contrôle de légalité et des ressources propres suffisantes.

  • L’article 4 du Traité de Lisbonne respecte l’autonomie institutionnelle des États, qui conservent la faculté de définir leur organisation territoriale, mais les règles européennes s’imposent aussi aux collectivités territoriales.

  • Les règles européennes de concurrence peuvent restreindre la liberté contractuelle des collectivités dans les marchés publics et les délégations de service public, et limiter l’octroi d’aides économiques aux entreprises.

Compléments

  • La Charte européenne de l’autonomie locale a été adoptée le 15 octobre 1985 sous l’égide du Conseil de l’Europe et ratifiée par la France par la loi n° 2006-823 du 10 juillet 2006.

  • Une collectivité territoriale française peut invoquer devant le juge administratif une disposition de la Charte européenne de l’autonomie locale contraire à une règle nationale, sous réserve que le juge lui reconnaisse un effet direct.

  • L’alinéa 2 de l’article 4 de la Charte reconnaît aux collectivités une latitude d’initiative pour toute question non exclue de leur compétence ou attribuée à une autre autorité, ce qui semble consacrer une clause générale de compétence.

📌 Une aide économique accordée en méconnaissance des règles européennes doit faire l’objet d’une procédure de restitution mise en œuvre par la collectivité qui l’a attribuée, conformément à l’article L. 1511-1 du CGCT.

  • Depuis la loi MAPTAM du 27 janvier 2014, les régions peuvent être autorités de gestion des fonds structurels européens et sont alors responsables de la mise en œuvre des programmes européens sur leur territoire.

  • Créé par le Traité de Maastricht du 7 février 1992, le Comité des régions consulte des représentants locaux sur les politiques européennes ayant une incidence territoriale ; ses avis sont consultatifs, mais il peut saisir la Cour de justice de l’Union européenne lorsque ses prérogatives sont méconnues.

📌 Une collectivité ne peut former un recours en annulation devant la Cour de justice de l’Union européenne que si elle est destinataire de l’acte contesté ou si celui-ci la concerne directement et individuellement.

Astuce mémo

La Charte protège l’autonomie ; l’Union la contraint et la soutient

11. Libre administration et ses composantes

★ À maîtriser

  • Le principe de libre administration figure à l’article 72 de la Constitution, tandis que l’article 34 confie à la loi la détermination de ses principes fondamentaux, des compétences locales et des ressources.

📌 La libre administration implique des conseils élus dotés d’attributions réelles, mais elle ne constitue pas un libre gouvernement ni une autonomie absolue.

  • Le législateur détermine le champ des compétences des collectivités et peut créer de nouvelles catégories de collectivités par la loi, sous réserve du respect de l’indivisibilité de la République.

  • Le pouvoir réglementaire local s’exerce dans le respect des lois et règlements nationaux et constitue en principe un pouvoir d’exécution des lois.

📌 Une collectivité ne peut déroger à des dispositions législatives ou réglementaires que si une expérimentation l’autorise par la loi, pour un objet et une durée limités, et sans mettre en cause les conditions essentielles d’exercice d’une liberté publique ou d’un droit constitutionnellement garanti.

📌 Le cinquième alinéa de l’article 72 de la Constitution interdit qu’une collectivité territoriale exerce une tutelle sur une autre, même lorsqu’un législateur désigne une collectivité chef de file pour coordonner des compétences partagées.

Compléments

  • Les conseils régionaux peuvent proposer des modifications ou adaptations des règles concernant l’organisation, le fonctionnement ou les compétences régionales, et les conseils départementaux disposent aussi de cette possibilité depuis la loi 3DS du 21 février 2022.

12. Portée juridictionnelle de la libre administration

★ À maîtriser

  • Le Conseil constitutionnel fait prévaloir l’égalité sur la libre administration lorsque sont en cause les conditions d’exercice d’une liberté publique, qui doivent être strictement identiques sur le territoire national.

  • Le législateur peut retirer une compétence à une collectivité sans méconnaître la libre administration, dès lors qu’il ne la prive pas de compétences effectives.

📌 Les obligations et charges imposées aux collectivités doivent répondre à des exigences constitutionnelles ou à un intérêt général, respecter leurs compétences propres et leur libre administration, et être définies avec suffisamment de précision quant à leur objet et leur portée.

  • Le Conseil d’État reconnaît à la libre administration la qualité de liberté fondamentale au sens de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, invocable en référé-liberté contre une atteinte grave et manifestement illégale.

Compléments

  • Hors exercice des libertés publiques, le Conseil constitutionnel admet une marge d’appréciation locale modérée si le législateur et le pouvoir réglementaire national préviennent une rupture caractérisée de l’égalité.

  • Le Conseil constitutionnel a invalidé des sanctions financières automatiques imposées aux communes pour non-respect d’obligations de construction de logements sociaux, car elles ne tenaient pas compte des raisons de ce non-respect.

  • Au titre de la clause générale de compétence, une commune peut créer une aide à l’insertion sociale poursuivant un intérêt communal si la compétence n’a pas été explicitement réservée à un autre échelon local.

13. Autonomie des territoires ultramarins

★ À maîtriser

📌 Dans les territoires concernés par les articles 73 et 74 de la Constitution, un changement entre le statut de département ou région d’outre-mer et celui de collectivité d’outre-mer requiert le consentement des électeurs intéressés.

  • Les collectivités d’outre-mer peuvent recevoir un pouvoir normatif dans des domaines relevant normalement de la loi, selon les modalités fixées par leur statut ou par une habilitation législative ou réglementaire pour les départements et régions d’outre-mer.

📌 La Nouvelle-Calédonie adopte des lois de pays contrôlées par le Conseil constitutionnel, tandis que les lois de pays de la Polynésie française relèvent du contrôle du Conseil d’État.

Compléments

  • Le 7 décembre 2003, les électeurs de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ont approuvé leur séparation de la Guadeloupe et leur transformation en collectivités d’outre-mer.

  • Le 29 mars 2009, les électeurs de Mayotte ont approuvé son changement de statut en département d’outre-mer, devenu effectif par la loi organique du 7 décembre 2010.

  • Le 24 janvier 2010, les électeurs ont approuvé la création de collectivités uniques en Guyane et en Martinique, exerçant les compétences du département et de la région en application de l’article 73 de la Constitution.

  • L’assemblée délibérante d’une collectivité d’outre-mer est consultée sur son statut et sur les textes ou engagements internationaux comportant des dispositions particulières à son territoire ou relevant de ses compétences, mais ses avis ne lient pas l’État.

  • Les habilitations normatives ultramarines ne peuvent porter sur : la nationalité, les droits civiques et les libertés publiques, l’état et la capacité des personnes, l’organisation de la justice, le droit et la procédure pénaux, la politique étrangère, la défense, la sécurité et l’ordre publics, la monnaie, le crédit et les changes, le droit électoral

Tableaux de synthèse

Statuts normatifs ultramarins

TerritoireNormes localesJuge de contrôle
Nouvelle-CalédonieLois de pays à valeur législativeConseil constitutionnel
Polynésie françaiseLois de pays dans certains domainesConseil d’État

Teste tes connaissances

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1. Dans quelle organisation administrative le pouvoir central confie-t-il à des institutions distinctes de son administration la faculté de s’administrer et une liberté d’exercice de leurs compétences ?

2. Une personne publique distincte de l’État reçoit la gestion d’un musée, tandis qu’une collectivité élue traite des affaires locales dépassant la gestion d’un seul service public : quelles formes de décentralisation illustrent ces deux situations, dans cet ordre ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Droit des collectivités territoriales avec 92 flashcards interactives.

Qu’est-ce que la décentralisation ?

Une organisation où le pouvoir central confie à des institutions distinctes la faculté de s’administrer et d’exercer librement leurs compétences.

Que confie la décentralisation fonctionnelle à une personne morale distincte de l’État ?

La gestion d’un service public.

Comment les collectivités territoriales s’administrent-elles selon l’article 72 de la Constitution ?

Libre­ment, par des conseils élus.

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