📋 Plan du Cours
- Histoire et droit comparé des voies d’exécution
- Problématique de la violence dans les voies d’exécution
- Notion et définition du titre exécutoire
- Conditions matérielles et catégories de titres exécutoires
- Actes initiaux des voies d’exécution : saisine et commandement de payer
- Compétence du juge de l’exécution et contestations
- L’expulsion comme voie d’exécution particulière
- Régimes des créanciers, débiteurs saisis et tiers aux poursuites
- Biens saisissables, insaisissables et incessibles
- La saisie conservatoire : procédure, effets et conditions
- Les saisies extra-judiciaires et saisies attributives
- Les opérations de saisie immobilière et leurs incidents
📖 1. Histoire et droit comparé des voies d’exécution
🔑 Notions clés & Définitions
- Voies d’exécution : Les voies d’exécution constituent l’ensemble des procédures juridiques permettant de faire appliquer une décision de justice ou un titre exécutoire, leur codification ayant historiquement servi à affirmer le pouvoir étatique et à homogénéiser juridiquement les territoires.
- Juge de l’exécution : Assortir d’une astreinte une décision rendue par un autre juge si les circonstances en font apparaître la nécessité.
- Ordonnance du 19/12/2011 : Le Code de procédures civiles d’exécution est issu de l’ordonnance du 19/12/2011 pour la partie législative et de 2012 pour la partie réglementaire.
📝 Points essentiels
- La codification des voies d’exécution a historiquement accompagné l’affirmation du pouvoir étatique et l’homogénéisation juridique des territoires.
- Le Code de procédure civile d’exécution issu de l’ordonnance du 19 décembre 2011 est une codification à droit constant qui intègre des évolutions modernes, notamment l’encodage numérique via Légifrance.
- 4° bis de l’article 16 de l’ordonnance du 2 juin 2016, le mandataire du créancier est désigné comme commissaire de justice répartiteur. A défaut, un commissaire de justice répartiteur inscrit sur cette même liste est désigné au moyen d’un système automatisé, intégré au registre numérique des saisies des rémunérations, à tour de rôle et conformément aux règles de compétence prévues au troisième alinéa du présent article. Seuls peuvent être désignés commissaires de justice répartiteurs les commissaires de justice dont le siège de l’office est situé dans le ressort de la cour d’appel du lieu de domicile du débiteur ou, dans le cas où ce dernier réside à l’étranger ou est sans domicile connu, au lieu du domicile du tiers saisi. Art L.212-8 CPCE Le tiers saisi est tenu de déclarer au créancier : 1° La situation de droit existant entre lui-même et le débiteur saisi ainsi que le montant de la rémunération versée au débiteur ; 2° Les cessions, les saisies, les saisies administratives à tiers détenteur ou les paiements directs des pensions alimentaires en cours d’exécution. 3. L’effet de la saisie Il n’y a pas d’effet d’attribution immédiat, ni d’indisponibilité. Mais il va y avoir une attribution faire par le commissaire de justice répartiteur. Au début du XXe, on avait raisonné au début d’une délégation. Le tiers saisi était un délégué du débiteur qui payait à sa place. La délégation
- C’est une codification à droit constant reprenant la loi de 1971 et la loi de 2006 sur les saisies immobilières.
💡 À retenir
La codification des voies d’exécution a historiquement accompagné l’affirmation du pouvoir étatique et l’homogénéisation juridique des territoires.
📖 2. Problématique de la violence dans les voies d’exécution
🔑 Notions clés & Définitions
- Astreinte provisoire : On prévoit un montant qui augmente chaque jour et ce montant peut être modifié par le JEX quand il va liquider l’astreinte.
- Astreinte définitive : Une mesure coercitive fixée par le juge de l’exécution avec un montant déterminé et invariable, dont la liquidation est automatique, visant à assurer l’exécution d’une décision de justice.
- Art L.131-1 CPCE : Une disposition du Code de procédure civile d’exécution qui autorise le juge de l’exécution à ordonner d’office une astreinte pour garantir l’exécution d’une décision, avec un montant pouvant augmenter en fonction des retards.
- Contempt of Court : Un mécanisme en Common Law constituant une incitation forte et une menace de coercition non financière, visant à garantir l’exécution des décisions de justice, comparable à l’astreinte en droit français.
📝 Points essentiels
- L’astreinte est une mesure coercitive spécifique au juge de l’exécution visant à assurer l’exécution des décisions de justice sans constituer une amende ou des dommages-intérêts.
- L’astreinte peut être provisoire, avec un montant croissant quotidiennement, ou définitive, et constitue une incitation forte à l’exécution, comparable au contempt of court en Common Law.
- Une astreinte définitive ne peut être ordonnée qu’après le prononcé d’une astreinte provisoire et pour une durée que le juge détermine.
- : en l’espèce, un créancier demandes des DI équivalents à celui de la créance, parce que la créance n’a pas été payée. La Cour dit que le JEX ne peut pas prononcer sur une demande de condamnation de DI qui n’est pas fondée sur l’inexécution de la mesure, et cette demande est sanctionnée d’une FNR. Section II : Les commissaires de justice I. La mission des commissaires de justice Art L.122-1 CPCE : monopole des commissaires de justice pour les voies d’exécution Ce sont des officiers publics et ministériels. Ils exercent un service public. Ils exercent un service public dans leur fonction. Ils ont le monopole pour : - Amener à exécution les décisions de justice et tous les autres titres exécutoires ; - Procéder à des inventaires ; - Les prisées (mise à prix, évaluations) et les vendre aux enchères publiques ; - Les mesures conservatoires ; - Procédure simplifiée de recouvrement des petites créances ; - Saisie-rémunération Civ.2, 19/05/2022 Si le juge de l’exécution est compétent pour connaître de la contestation d’une mesure d’exécution forcée, il n’entre pas dans ses attributions de se prononcer sur une demande de condamnation à des dommages-intérêts contre le créancier saisissant, qui n’est pas fondée sur l’exécution ou l’inexécution dommageable de la mesure. Dès lors qu’une telle demande ne constitue pas une contestation de la mesure d’exécution au sens du texte précité, le
💡 À retenir
L’astreinte joue un rôle clé comme mécanisme juridique de contrôle et de pression non violente dans les voies d’exécution.
📖 3. Notion et définition du titre exécutoire
🔑 Notions clés & Définitions
- Art L.213-6 COJ : Une disposition du Code de l'organisation judiciaire qui confère au juge de l'exécution la compétence exclusive pour connaître des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations survenant lors de l'exécution forcée, sauf si elles relèvent de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire.
- Titre exécutoire : Un document constatant un droit et comportant une formule exécutoire, qui atteste de la force obligatoire et exécutoire d'une décision ou d'un acte, condition indispensable pour engager une procédure d'exécution forcée.
📝 Points essentiels
- Le titre exécutoire constitue la condition sine qua non pour engager une voie d’exécution, attestant de la force obligatoire et exécutoire d’une décision ou d’un acte.
- Les conditions matérielles et formelles du titre exécutoire, notamment la présence de la formule exécutoire, doivent être strictement respectées pour que l’exécution forcée soit valide.
- C’est une analyse substantielle du titre exécutoire.
- La notion qui compte est le titre exécutoire.
💡 À retenir
Le titre exécutoire est la clé juridique qui autorise et légitime l’exécution forcée en attestant de la force obligatoire d’un acte ou d’une décision conforme aux conditions matérielles et formelles requises.
📖 4. Conditions matérielles et catégories de titres exécutoires
🔑 Notions clés & Définitions
-
Section II : désigne la partie du chapitre qui traite de la classification des titres exécutoire en différentes catégories selon leur origine et leur nature. Elle distingue notamment les titres judiciaires, qui résultent d’une décision de justice, et les titres extrajudiciaires, qui sont issus d’actes sans intervention judiciaire.
-
Catégories de titres exécutoires : regroupements de titres selon leur origine (judiciaire ou extrajudiciaire) et leur nature spécifique. Ces catégories sont prévues par l’art L.111-3 CPCE, qui en dénombre sept, mais cette liste tend à s’allonger avec la déjudiciarisation progressive. La distinction entre ces catégories repose sur leur origine et leur régime juridique.
-
Titres exécutoires : actes ou décisions qui permettent d’engager une procédure d’exécution forcée. La validité de ces titres dépend de conditions matérielles, notamment leur conformité aux règles légales, leur authenticité, leur notification, et leur conformité aux formes prescrites. La nature du titre détermine la procédure applicable et les voies de contestation possibles.
📝 Points essentiels
-
Les conditions matérielles : elles déterminent la validité intrinsèque du titre exécutoire. Ces conditions incluent la conformité formelle de l’acte ou de la décision, sa notification régulière au débiteur, et le respect des délais de prescription. La validité matérielle garantit que le titre possède une légitimité juridique suffisante pour être utilisé dans la procédure d’exécution.
-
Les catégories de titres : elles se distinguent selon leur origine judiciaire ou extrajudiciaire. La catégorie judiciaire regroupe principalement les jugements et accords rendus exécutoires, qui résultent d’une décision de justice. La catégorie extrajudiciaire inclut des actes tels que les actes notariés, les actes des commissaires de justice, et les actes sous seing privé contresignés par avocat, qui sont émis sans intervention judiciaire mais revêtus d’une formule exécutoire.
-
La distinction entre titres judiciaires et extrajudiciaires conditionne la procédure applicable et les voies de contestation. Les titres judiciaires, notamment les jugements, sont soumis à des règles strictes de notification et de force de chose jugée, tandis que les titres extrajudiciaires, issus d’actes notariés ou d’actes sous seing privé, peuvent faire l’objet de contestations sur leur validité ou leur authenticité, mais restent néanmoins susceptibles d’être exécutés si leur conformité aux conditions légales est établie.
💡 À retenir
La diversité des titres exécutoires, qu’ils soient judiciaires ou extrajudiciaires, repose sur leur origine et leur régime juridique, ce qui influence directement la procédure d’exécution et les possibilités de contestation. La maîtrise de ces distinctions est essentielle pour adapter la procédure à la nature spécifique du titre.
📖 5. Actes initiaux des voies d’exécution : saisine et commandement de payer
🔑 Notions clés & Définitions
- Commandement de payer : Acte formel par lequel un créancier notifie au débiteur ou au tiers détenteur l'obligation de régler une somme due ou d'accomplir une action, pouvant constituer un acte d'exécution valant saisie selon les dispositions légales.
📝 Points essentiels
- La saisine est l’acte initial qui marque le début de la procédure d’exécution, souvent matérialisée par la signification d’un commandement de payer.
- Le commandement de payer doit être publié au fichier immobilier dans un délai de 2 mois, rendant le bien indisponible dès sa signification, tout en permettant au débiteur et tiers d’en conserver l’usage sous conditions.
- Il y a un lien procédural d’exécution créé par le commandement de payer.
- La conversion va se faire par la signification d’un acte de conversion qui constitue un commandement de payer dans les 8 jours.
💡 À retenir
La saisine, souvent réalisée par un commandement de payer valant saisie, est l’acte formel déclencheur de la procédure d’exécution, qui doit être publié dans un délai de 2 mois pour rendre le bien indisponible tout en autorisant son usage sous conditions.
📖 6. Compétence du juge de l’exécution et contestations
🔑 Notions clés & Définitions
- Procès d’exécution : On a déjà un jugement au fond rendu au terme du procès d’exécution, le but est de mettre en œuvre ce jugement.
- 211-1 CPCE : Disposition de l’article L. 211-1 du Code des procédures civiles d’exécution qui permet à tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible de saisir entre les mains d’un tiers pour obtenir le paiement de sa créance.
- Rapport procédural d’exécution : Relation juridique entre les participants à la procédure d’exécution, sous l’égide du commissaire de justice ou du juge de l’exécution, qui ne constitue pas un lien d’instance mais encadre la mise en œuvre des voies d’exécution.
- Procès de connaissance : Chercher à connaitre faits, à établir la preuve des faits, à connaitre la vérité judiciaire d’une affaire.
📝 Points essentiels
- Le juge de l’exécution, créé par la réforme de 1991, dispose d’un pouvoir important pour trancher les contestations relatives aux voies d’exécution.
- Le rapport procédural d’exécution lie les participants sous l’égide du commissaire de justice, et le juge de l’exécution peut être saisi en cas de difficultés ou contestations spécifiques.
- On peut continuer de parler de rapport procédural d’exécution dès le début des voies d’exécution, quand elle a lieu avec le commissaire de justice, avant que le JEX ne soit saisi.
- On transforme le commissaire de justice en tiers de référence du rapport procédural d’exécution alors qu’il est lié au départ à une partie.
💡 À retenir
Le rapport procédural d’exécution lie les participants sous l’égide du commissaire de justice, et le juge de l’exécution peut être saisi en cas de difficultés ou contestations spécifiques.
📖 7. L’expulsion comme voie d’exécution particulière
🔑 Notions clés & Définitions
- Art R.331-4 CPCE : Dans les deux mois à compter de la publication au fichier immobilier, le créancier poursuivant assigne le débiteur à comparaitre à une audience d’orientation.
- Expulsion : Procédure d’exécution particulière visant à faire quitter un occupant d’un lieu, caractérisée par un risque important de violence, nécessitant une description précise des lieux et une notification rigoureuse du commandement de payer, avec recours possible à la force publique.
- Identification du syndic de copropriété : Mention obligatoire dans le commandement de payer valant saisie immobilière permettant d’identifier le représentant légal chargé de la gestion de la copropriété, conformément aux prescriptions de l’article R.331-4 CPCE.
- Conditions d’occupation : 2° L’indication des conditions d’occupation et l’identité des occupants ainsi que la mention des droits dont ils se prévalent ;
📝 Points essentiels
- L’expulsion, en tant que voie d’exécution particulière, requiert une description précise des lieux, incluant la composition, la superficie, les conditions d’occupation, ainsi que l’identification du syndic de copropriété lorsque cela est applicable.
- Le commandement de payer doit impérativement mentionner l’identification du syndic de copropriété et d’autres renseignements utiles pour la procédure d’expulsion, notamment la description détaillée du bien concerné.
- L’expulsion C’est une voie d’exécution particulière, car elle porte sur des personnes, et non sur des biens.
- Il y a eu une publicité reprenant les éléments de la description.
💡 À retenir
L’expulsion constitue une procédure d’exécution délicate qui impose une rigueur particulière dans la description des lieux et la notification du commandement de payer, incluant la désignation du syndic de copropriété, afin d’assurer la légalité et la sécurité de la procédure.
📖 8. Régimes des créanciers, débiteurs saisis et tiers aux poursuites
🔑 Notions clés & Définitions
- Cet acte contient à peine de nullité : 1° L’indication des nom et domicile du débiteur ou, s’il s’agit d’une personne morale, de sa dénomination et de son siège social ;
- Tiers saisis : Essentiellement l’employeur et la banque.
📝 Points essentiels
- Le tiers saisi doit fournir immédiatement à l’huissier les renseignements et pièces justificatives, sous peine de caducité de la saisie, avec un délai de vingt-quatre heures si la saisie est pratiquée entre les mains d’un comptable public ou de la Caisse des dépôts.
- Les créanciers poursuivants disposent de droits spécifiques dans la procédure d’exécution, notamment en ce qui concerne la distribution des sommes saisies.
💡 À retenir
Le tiers saisi doit fournir immédiatement à l’huissier les renseignements et pièces justificatives, sous peine de caducité de la saisie, avec un délai de vingt-quatre heures si la saisie est pratiquée entre les mains d’un comptable public ou de la Caisse des dépôts.
📖 9. Biens saisissables, insaisissables et incessibles
🔑 Notions clés & Définitions
- Mesures conservatoires : Actions juridiques permettant au créancier de préserver ses droits en bloquant ou sécurisant des biens du débiteur avant l'obtention d'un titre exécutoire, incluant la saisie conservatoire et la sûreté judiciaire.
- Section I : Partie du chapitre consacrée aux biens affectés, qui sont des biens liés à une destination spécifique ou à une personne, pouvant bénéficier d'une protection particulière contre la saisie.
- Biens insaisissables : Biens qui ne peuvent pas faire l'objet d'une saisie en raison d'une disposition légale spécifique, souvent liés à la protection de la personne ou à des relations familiales ou de travail.
📝 Points essentiels
- Tous les biens du débiteur sont en principe saisissables sauf disposition légale contraire définissant les biens insaisissables.
- La notion de patrimoines affectés complexifie la saisissabilité en isolant certains biens professionnels ou affectés.
- L’incessibilité concerne l’impossibilité de transférer certains biens, ce qui limite les voies d’exécution.
- R.122-2 CPCE Pour l’application du 5° de l’article L. 112-2, sont insaisissables comme étant nécessaires à la vie et au travail du débiteur saisi et de sa famille : 1° Les vêtements ; 2° La literie ; 3° Le linge de maison ; B. Les insaisissabilités dans les relations de travail Ce sont les biens mobiliers nécessaires au travail ( art R.112-2 5°, 11°, 16°) On a un contentieux sur les instruments de travail. - Civ.2, 28/06/2012 : un ordinateur utilisé pour la recherche d’emploi a été considéré comme un instrument nécessaire. - Un véhicule d’un médecin qui n’était pas spécialement utilisé pour des visites à l’extérieur n’a pas été considéré comme un instrument nécessaire à son travail. Il y a peut-être une nouvelle théorisation du droit des biens qui est en train de venir, qui ne serait plus basée sur le C. civ et un droit absolu sur une chose mais un droit des biens inscrit dans les relations de droit. Le droit des voies d’exécution se retrouverait mieux théorisé avec cette approche. Solde bancaire insaisissable (SBI) concernant les saisies-attribution : somme qu’on ne peut pas saisir sur un compte, qui augmente chaque année. En 2026, elle est de 646 € de montant insaisissable (RSA). Une partie du salaire est insaisissable, on a un barème qui change tous les ans. Le décret 24/12/2025 modifie l’art L.3252-2 C. trav → saisie par tranche - Si on gagne moins de 4480 € par an, on ne
- Ce sont les personnes publiques.
💡 À retenir
Tous les biens du débiteur sont en principe saisissables sauf disposition légale contraire définissant les biens insaisissables.
📖 10. La saisie conservatoire : procédure, effets et conditions
🔑 Notions clés & Définitions
- Saisie conservatoire : Une mesure conservatoire permettant de bloquer les biens du débiteur sans autorisation judiciaire préalable lorsque le créancier détient déjà un titre exécutoire, afin de garantir la créance et prévenir la dissipation des biens.
📝 Points essentiels
- La saisie conservatoire peut être réalisée sans autorisation judiciaire si un titre exécutoire est déjà détenu.
- Elle constitue une sûreté judiciaire permettant de préserver les droits du créancier avant la décision définitive.
- Les effets de la saisie conservatoire incluent la garantie de la créance et la prévention de la dissipation des biens.
- Ce n’est pas une saisie conservatoire située dans la partie du CPCE sur la saisie conservatoire. Art L.222-2 CPCE Il faut établir un droit apparent sur le bien. Il faut une autorisation du JEX, sauf si on a déjà un titre exécutoire ou une décision de justice. L’ordonnance va désigner le bien et la personne tenue de le délivrer. L’huissier va saisir le bien entre les mains du débiteur en tout lieu. Il rend le bien indisponible. L’huissier fait un acte de saisie avec l’autorisation du JEX ou titre exécutoire. Le bien est saisi. Le bien va rester sous la garde du détenteur, mais il ne pourra ni le vendre ni le déplacer. Il y a une possibilité de contestation en demandant la mainlevée. Il faut que le détenteur soit informé, notamment du juge compétent, des tiers témoins majeurs. Il peut y avoir un tiers détenteur. Com, 16/02/2014 : on peut utiliser la saisie-revendication pour faire la saisie conservatoire d’un navire. Les saisies-conservatoires sont des actes radicaux car elles débouchent sur des véritables saisies. Section II : La saisie conservatoire au plan européen Un juge français ne peut pas décider d’une saisie conservatoire exécutée par un autre État membre. Comme la saisie conservatoire s’applique à des biens et non à des personnes, on la considère comme territoriale. Art R.523-7 CPCE Le créancier procède à la saisie par la signification d’un acte à l’une des personnes
- ( Avis cass, 14/06/1993 : il ne constitue pas une mesure d’exécution forcée), mais il n’est pas non plus une simple sommation de payer. Il s’inscrit dans le cadre d’une PCE, suppose un titre exécutoire du créancier, préalable imposé par la loi. Deux conséquences à la nature particulière du commandement de payer : - Le JEX est compétent si un litige survient, dès la signification du commandement de payer ( civ.2, 16/12/1998) → centralisation du contentieux de l’exécution - La signification du commandement de payer interrompt les délais de prescription ou de forclusion, même si l’art 2244 n’évoque que l’acte d’exécution forcée ( civ.2, 13/05/2015) → renforcement des droits des créanciers. Il reste que l’existence même de l’obligation préalable de délivrer un commandement de payer est encore contestée par une partie de la doctrine, en raison du risque de dissimulation des biens par le débiteur, non négligeable. Même si le créancier peut toujours avoir recours à une saisie conservatoire, il a été suggéré de transformer le commandement de payer de la saisie vente en commande payer avant saisie sur le modèle de la saisie immobilière. Cela affaiblirait la protection du débiteur le commissaire de justice pourrait immédiatement pénétrer, au besoin par la force, dans son local d’habitation, ce qui n’a pas cours. En matière de niaise immobilière le commissaire de justice ne peut réaliser
💡 À retenir
La saisie conservatoire est un outil préventif essentiel pour sécuriser les créances en attente d’exécution, en bloquant les biens du débiteur avant toute décision définitive.
📖 11. Les saisies extra-judiciaires et saisies attributives
🔑 Notions clés & Définitions
- Saisie-attribution : Procédure permettant une cession automatique et immédiate des sommes saisies au profit du créancier, sans attendre la vente ou l’adjudication, avec une double notification au tiers et au débiteur.
- Saisies attributives : Saisies qui ont un effet immédiat d’attribution ou de cession de créance, ou qui aboutissent à une vente de biens, selon le contexte de leur exécution.
📝 Points essentiels
- Le débiteur peut contester la saisie dans un délai d’un mois suivant la signification.
- Le droit commun des saisies est désormais extra-judiciaire, hors compétence directe du JEX, sauf pour la saisie immobilière.
💡 À retenir
Le débiteur peut contester la saisie dans un délai d’un mois suivant la signification.
📖 12. Les opérations de saisie immobilière et leurs incidents
🔑 Notions clés & Définitions
- 322-15 : Le JEX vérifie le titre exécutoire.
- Saisie immobilière : Impose de passer devant le JEX.
- Projet de distribution : Le JEX fait un projet de distribution notifiée aux créanciers qui ont 15 jours pour contester.
📝 Points essentiels
- La saisie immobilière nécessite obligatoirement le passage devant le JEX pour homologation du projet de distribution des sommes obtenues.
- Le JEX vérifie que toutes les parties ont pu faire valoir leurs contestations avant homologation.
💡 À retenir
Les saisies extra-judiciaires sont des procédures rapides et efficaces, limitant l’intervention judiciaire, notamment par la saisie-attribution qui opère une cession immédiate des sommes saisies.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 19/12/2011 | Ordonnance du 19/12/2011 |
| 2012 | Code de procédures civiles d’exécution |
| 2016 | Article 16 de l’ordonnance du 2 juin 2016 |
| 1971 | Création du juge de l’exécution |
| 2006 | Réforme du juge de l’exécution |
| 19/05/2022 | Délai de contestation de la saisie par le débiteur |
📊 Tableaux de Synthèse
Catégories de titres exécutoire selon leur origine
| Origine | Type de titre | Exemples |
|---|
| Judiciaire | Décision de justice | Jugement |
| Extrajudiciaire | Acte sans intervention judiciaire | Acte notarié, titre administratif |
Procédures de saisie et leurs caractéristiques
| Procédure | Type de saisie | Effet principal |
|---|
| Saisie-attribution | Extra-judiciaire | Cession immédiate des sommes saisies |
| Saisie immobilière | Judiciaire | Vérification par le juge de l’exécution |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confusion entre titre exécutoire et acte de procédure
- Erreur dans la distinction entre saisie conservatoire et saisie définitive
- Mauvaise compréhension des délais de contestation
- Confusion entre saisies extra-judiciaires et saisies judiciaires
- Omission des conditions de validité du commandement de payer
- Erreur dans la procédure de saisie immobilière
- Confusion entre biens saisissables, insaisissables et incessibles
✅ Checklist Examen
- Vérifier la définition du titre exécutoire
- Connaître les catégories de titres exécutoire
- Maîtriser la procédure du commandement de payer
- Comprendre la compétence du juge de l’exécution
- Différencier saisie conservatoire et saisie définitive
- Étudier la procédure de saisie immobilière
- Identifier les biens insaisissables et incessibles
- Connaître les droits du tiers saisi
- Maîtriser les saisies extra-judiciaires et attributives
- Analyser les incidents possibles lors de la saisie immobilière
- Revoir la procédure de contestation de la saisie
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