Fiche de révision : Chômage et politiques de l’emploi

Plan du Cours

  1. Travail, emploi et chômage
  2. Mesure du chômage et de l’emploi
  3. Appariements et chômage structurel
  4. Asymétries d’information et salaire d’efficience
  5. Institutions et chômage structurel
  6. Activité économique et chômage conjoncturel
  7. Politiques de soutien de la demande
  8. Allègement du coût du travail
  9. Politiques de formation et qualifications
  10. Flexibilisation du marché du travail
  11. Choix et limites des politiques

1. Travail, emploi et chômage

Notions clés & Définitions

  • Travail : Activité humaine qui conduit à l’élaboration de biens ou de services.
  • Emploi : Fraction du travail rémunérée et inscrite dans un cadre social et juridique.
  • Chômage : Situation des personnes de 15 ans ou plus qui n’ont pas d’emploi et en cherchent un.
  • Sous-emploi : Le sous-emploi concerne les personnes à temps partiel qui souhaitent travailler davantage et sont disponibles pour le faire, ainsi que celles qui ont travaillé moins que d’habitude involontairement, par exemple en raison d’intempéries.

★ À maîtriser

  • Les critères du BIT sont : ne pas avoir été en emploi, même une heure, durant la semaine de l’enquête, être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines à venir, avoir recherché activement un emploi durant les quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins

Compléments

  • Le travail peut être :

    • domestique
    • bénévole
    • professionnel
  • Le travail souterrain est rémunéré mais ne relève pas de l’emploi, car il ne s’inscrit pas dans un cadre social et juridique reconnu.

Astuce mémo

Le travail englobe l’activité humaine ; l’emploi en est la fraction rémunérée et reconnue juridiquement.

2. Mesure du chômage et de l’emploi

★ À maîtriser

📐 Formule - Le taux de chômage est égal au nombre de chômeurs divisé par le nombre d’actifs, soit nombre de choˆmeursnombre de personnes en emploi+nombre de choˆmeurs\frac{\text{nombre de chômeurs}}{\text{nombre de personnes en emploi} + \text{nombre de chômeurs}}.

📐 Formule - Le taux d’emploi est égal au nombre de personnes en emploi divisé par la population totale, quel que soit son statut, soit nombre de personnes en emploipopulation totale\frac{\text{nombre de personnes en emploi}}{\text{population totale}}.

Compléments

  • Au dernier trimestre 2023, le taux de chômage en France hors Mayotte était de 7,5 %, contre 7,1 % au premier trimestre 2023, selon l’Insee.

  • Au dernier trimestre 2023, en France hors Mayotte, le taux d’emploi était de 82,3 % pour les personnes de 25 à 49 ans et de 67,2 % pour celles de 50 à 64 ans, selon l’Insee.

📌 Les indicateurs statistiques décrivent le niveau et l’évolution du chômage, mais ne renseignent pas sur son origine.

3. Appariements et chômage structurel

Notions clés & Définitions

  • Chômage structurel : Part du chômage observé qui s’explique par les structures de l’économie affectant durablement le fonctionnement du marché du travail.
  • Problème d’appariement : Difficulté à mettre en relation la demande d’emploi des salariés et l’offre d’emploi des producteurs, qui se manifeste par la coexistence d’emplois vacants et de demandeurs d’emploi.
  • Inadéquation spatiale : Situation où les demandeurs d’emploi n’habitent pas là où se trouvent les emplois vacants, ce qui peut prolonger les vacances de postes et alimenter le chômage structurel.
  • Inadéquation de qualifications : Décalage entre les connaissances, aptitudes et expériences requises pour un métier et celles que les demandeurs d’emploi peuvent mobiliser.
  • Frictions : Éléments de résistance qui empêchent une rencontre immédiate entre l’offre et la demande sur le marché du travail.

Points essentiels

  • Des obstacles spatiaux à la mobilité sont : le manque de mobilité géographique, les contraintes liées au logement ou à la famille, l’insuffisance des transports en commun, les embouteillages

  • Les inadéquations spatiales n’expliquent globalement qu’une faible partie du chômage observé.

  • La destruction créatrice transforme les secteurs qui recrutent, de sorte que les qualifications demandées par les entreprises évoluent sans que celles des demandeurs d’emploi suivent nécessairement, ce qui peut entraîner des difficultés de recrutement et du chômage structurel.

  • Les inadéquations de qualifications expliquent une part importante du chômage observé.

Astuce mémo

Inadéquations spatiales ou de qualifications → emplois vacants et chômage structurel.

4. Asymétries d’information et salaire d’efficience

Notions clés & Définitions

  • Asymétrie d’information : Une asymétrie d’information existe lorsque les agents économiques n’ont pas tous accès de manière égale à l’information.
  • Salaire d’efficience : Salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché du travail, versé afin d’améliorer la productivité effective des salariés embauchés.
  • Sélection adverse : Situation d’asymétrie d’information sur un marché qui conduit à éliminer les produits ou les agents de bonne qualité.
  • Aléa moral : Situation d’asymétrie d’information qui permet à un agent d’adopter un comportement opportuniste non conforme aux termes du contrat signé.

Points essentiels

  • Sur le marché du travail, l’employeur ne connaît pas parfaitement la productivité effective des candidats, malgré les coûts engagés pour examiner les candidatures et conduire les entretiens.

  • Un salaire d’efficience peut attirer de meilleurs candidats et réduire la sélection adverse, puis inciter les salariés à fournir un effort suffisant pour conserver un emploi mieux rémunéré, ce qui limite l’aléa moral.

  • En augmentant les coûts de l’entreprise, le salaire d’efficience peut réduire les embauches et ainsi produire du chômage structurel.

Astuce mémo

La sélection adverse concerne la qualité du candidat ; l’aléa moral concerne son effort après l’embauche.

5. Institutions et chômage structurel

Notions clés & Définitions

  • Institutions : Règles qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales, sous forme de règles informelles ou formelles.
  • Salaire minimum : Règle interdisant de rémunérer un salarié en dessous d’un certain niveau plancher afin de protéger les travailleurs contre des salaires excessivement bas.
  • Protection de l’emploi : Règles régissant les modalités d’embauche et de licenciement afin de protéger les salariés, notamment les procédures et coûts associés au licenciement.

Points essentiels

  • Les règles informelles comprennent les sanctions, tabous, coutumes, traditions et codes de conduite, tandis que les règles formelles comprennent les constitutions, lois et droits de propriété.

  • En France, le salaire minimum existe depuis 1950 et prend la forme du SMIC depuis 1970.

  • Au 1er janvier 2024, le SMIC horaire brut est d’un peu moins de 12 euros, soit un peu plus de 9 euros nets, et le SMIC mensuel pour 35 heures hebdomadaires est d’un peu moins de 1 800 euros bruts, soit environ 1 400 euros nets.

  • Un salaire minimum fixé au-dessus de l’équilibre peut réduire l’emploi des moins qualifiés en renchérissant leur coût, en favorisant leur remplacement par des machines et en incitant les entreprises à augmenter leurs prix, ce qui peut réduire les ventes.

  • Un salaire minimum peut inciter certains demandeurs d’emploi à chercher plus activement, améliorer l’appariement et, par le salaire d’efficience, renforcer l’implication et la productivité des salariés.

  • Pour compenser la hausse de leurs coûts, les entreprises peuvent former davantage leurs salariés ou modifier l’organisation du travail, ce qui améliore la productivité et peut accroître les ventes et l’emploi.

  • La protection de l’emploi peut imposer à l’employeur de justifier un licenciement ou de verser des indemnités, et peut prévoir des restrictions ou une taxe sur l’embauche en contrats précaires, c’est-à-dire hors CDI.

  • Une protection de l’emploi jugée excessive peut dissuader les entreprises d’embaucher et pénaliser particulièrement le taux d’emploi des femmes et des jeunes.

  • Une protection de l’emploi plus forte peut ralentir les ajustements du marché du travail et la réallocation des emplois vers les secteurs innovants, limitant la croissance et alimentant le chômage structurel.

  • La protection de l’emploi peut encourager les entreprises à investir dans les qualifications de salariés qu’elles conservent, améliorer leur productivité et réduire les inadéquations de qualifications.

  • En conservant des salariés en emploi lors d’une baisse d’activité, la protection de l’emploi peut éviter qu’ils deviennent chômeurs de longue durée, perdent des chances de retrouver un emploi et connaissent une inadéquation de qualifications au retour de la croissance.

  • Les règles d’indemnisation du chômage peuvent favoriser des appariements de qualité en permettant aux demandeurs d’emploi de chercher un poste adapté, mais elles peuvent aussi réduire l’incitation à retrouver un emploi.

6. Activité économique et chômage conjoncturel

Notions clés & Définitions

  • Chômage conjoncturel : Part du chômage observé qui s’explique par le niveau d’activité de l’économie à un moment donné.

★ À maîtriser

  • Lorsque l’activité économique et le PIB réel augmentent, la demande de travail tend à augmenter et le chômage à reculer ; inversement, une baisse de l’activité tend à accroître le chômage.

Compléments

  • Les composantes de la demande globale sont :

    • la consommation des ménages
    • l’investissement
    • les dépenses publiques
    • les exportations
  • En 1933, le taux de chômage atteignait 25 % aux États-Unis, contre 10 % en 1930, après que la crise de 1929 eut entraîné une chute de moitié de la production industrielle.

  • L’emploi s’ajuste progressivement aux variations de l’activité, car les entreprises attendent souvent avant d’embaucher ou de licencier, notamment en raison des coûts liés à la protection de l’emploi.

Astuce mémo

Activité en hausse → chômage en baisse ; activité en recul → chômage en hausse.

7. Politiques de soutien de la demande

Notions clés & Définitions

  • Politiques macroéconomiques : Interventions publiques qui modifient la conjoncture en agissant sur une ou plusieurs composantes de la demande globale.

★ À maîtriser

  • Le soutien de la demande globale vise à relancer l’activité afin d’augmenter les embauches et de réduire les licenciements.

Compléments

  • Les politiques macroéconomiques regroupent les politiques monétaires et budgétaires.

  • Le soutien à l’investissement peut passer par des interventions publiques directes, comme les grands travaux, ou par une baisse des taux d’intérêt qui réduit le coût de l’accumulation de capital.

  • La consommation peut être soutenue par une baisse des prélèvements obligatoires ou par un soutien direct aux revenus des consommateurs.

  • Les dépenses publiques peuvent soutenir la création d’emplois marchands, créer directement des emplois publics ou non marchands et maintenir le revenu des chômeurs afin qu’ils continuent à consommer.

8. Allègement du coût du travail

Notions clés & Définitions

  • Rigidités du marché du travail : Éléments qui empêchent la baisse de l’offre ou l’augmentation de la demande de travail.
  • Coût du travail : Salaire net perçu par le salarié et cotisations sociales versées par le salarié et l’employeur.

★ À maîtriser

  • L’allègement du coût du travail peut favoriser l’emploi en rendant le travail relativement moins coûteux que le capital, en réduisant les prix de vente et en accroissant la demande de travail, ou en augmentant les profits susceptibles d’alimenter l’investissement.

Compléments

  • La suppression, la diminution ou le ralentissement de la progression du SMIC peuvent alléger le coût du travail et favoriser l’emploi des moins qualifiés.

9. Politiques de formation et qualifications

Points essentiels

  • Les politiques de formation sont les interventions publiques visant à améliorer les qualifications afin d’augmenter la capacité des salariés à obtenir ou conserver un emploi.

  • Les politiques de formation peuvent concerner la formation initiale des jeunes, la formation continue des salariés en poste et la formation adaptée à chaque chômeur.

10. Flexibilisation du marché du travail

Points essentiels

  • Les politiques de flexibilisation sont les interventions publiques qui facilitent l’adaptation du volume, de la qualité ou du prix du travail aux besoins des entreprises.

  • Les principales mesures de flexibilisation consistent à : permettre une baisse du salaire réel en levant des freins institutionnels comme le SMIC, assouplir les conditions d’embauche et de licenciement en réduisant la protection de l’emploi, faciliter la réduction du temps de travail avec une baisse de salaire afin d’éviter des licenciements

11. Choix et limites des politiques

★ À maîtriser

  • Le choix d’une politique efficace contre le chômage nécessite un diagnostic précis de ses sources, car le chômage structurel et le chômage conjoncturel n’appellent pas les mêmes solutions.

  • Les politiques de l’emploi regroupent les interventions publiques visant à réduire le chômage en soutenant la création d’emplois ou le maintien des emplois existants.

Compléments

  • Les effets positifs des politiques sur l’emploi ne sont pas toujours garantis, et certaines mesures peuvent avoir des effets négatifs, comme une baisse du niveau de vie des salariés lors d’une baisse des salaires.

Tableaux de synthèse

Causes et politiques contre le chômage

TypeCauses principalesPolitiques adaptées
StructurelAppariements, asymétries d’information, institutionsAllègement du coût du travail, formation, flexibilisation
ConjoncturelFluctuations de l’activité économiqueSoutien macroéconomique de la demande globale

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Chômage et politiques de l’emploi avec 27 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle définition décrit le travail ?

2. Une personne effectue un travail rémunéré au noir, sans reconnaissance dans un cadre social et juridique. Comment cette activité doit-elle être qualifiée ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Chômage et politiques de l’emploi avec 70 flashcards interactives.

Qu’est-ce que le travail ?

Une activité humaine qui conduit à l’élaboration de biens ou de services.

Qu’est-ce que l’emploi ?

La fraction du travail rémunérée et inscrite dans un cadre social et juridique.

Qui est considéré comme au chômage selon la définition générale ?

Une personne d’au moins 15 ans sans emploi qui en cherche un.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches