Fiche de révision : Consommation et investissement

Plan du Cours

  1. Demande et consommation keynésienne
  2. Limites empiriques de Keynes
  3. Revenus permanents et cycle de vie
  4. Structure et évolution de la consommation
  5. Demande et élasticités des biens
  6. Production et fonction d’investissement
  7. Décision d’investissement keynésienne
  8. Effet de levier et endettement
  9. Accélérateur et investissement
  10. Multiplicateur et oscillateur
  11. Évolution des dépenses socialisées
  12. Déficit et dette publics
  13. Impôts et redistribution des revenus
  14. Économie sociale et solidaire
  15. Évolution des acteurs économiques

1. Demande et consommation keynésienne

Notions clés & Définitions

  • Unité institutionnelle : Une unité de comportement ou de fonction principale qui dispose d’une autonomie de décision et d’une comptabilité complète exprimant l’unité de son patrimoine.
  • Propension moyenne à consommer : La propension moyenne à consommer est le rapport de la consommation au revenu : PMC=CR=CYPMC = \frac{C}{R} = \frac{C}{Y}.
  • Propension marginale à consommer : La propension marginale à consommer est le rapport de la variation de consommation à la variation du revenu : PmC=ΔCΔR=ΔCΔYPmC = \frac{\Delta C}{\Delta R} = \frac{\Delta C}{\Delta Y}.

★ À maîtriser

  • Les cinq secteurs institutionnels et leurs fonctions principales sont :
    • les ménages consomment
    • les entreprises investissent
    • les banques créent la monnaie
    • l’État consomme et investit publiquement
    • les associations investissent à titre privé

📌 La consommation est l’acte de satisfaction des besoins et se distingue de la demande, dont la consommation est la composante principale.

📐 Formule - La fonction de consommation exprime la consommation en fonction du revenu : C=f(R)=f(Y)C = f(R) = f(Y).

  • Selon la loi psychologique fondamentale de Keynes, la consommation augmente avec le revenu, mais moins que proportionnellement, et les propensions moyenne et marginale à consommer décroissent.

📐 Formule - Dans le modèle keynésien avec consommation incompressible, la consommation s’écrit C=cY+C0C = cY + C_0, où c est la propension à consommer et C₀ la consommation incompressible.

Compléments

  • Les entreprises peuvent être à but lucratif ou non lucratif, tandis que les administrations publiques et les associations sont indiquées comme étant à but non lucratif.

📌 Keynes distingue la demande anticipée, dite ex ante, de la demande effective, dite ex post.

📐 Formule - La demande globale vérifie Dg=Di+De=(C+I+G)+XD_g = D_i + D_e = (C + I + G) + X, où la demande intérieure comprend la consommation, l’investissement et les dépenses publiques, et où X représente les exportations.

📐 Formule - À l’équilibre ex post, le revenu se partage entre consommation et épargne : R=C+E=C+SR = C + E = C + S.

  • La consommation effective comprend la dépense de consommation finale des ménages et la dépense de consommation collective individualisable.

2. Limites empiriques de Keynes

Notions clés & Définitions

  • Revenu relatif : Le revenu relatif de J. S. Duesenberry est une hypothèse proche de l’approche keynésienne qui explique la consommation à court terme par les effets sociologiques d’imitation et de démonstration.

★ À maîtriser

  • Simon Kuznets [1946] et R. Goldsmith [1955] invalident empiriquement la loi psychologique fondamentale à long terme : sur la période 1869-1913, les propensions moyenne et marginale à consommer sont constantes à moyen et long terme.

  • En coupe transversale, les ménages à faibles revenus ont la propension marginale à consommer la plus élevée.

Compléments

  • Simon Kuznets observe une propension moyenne et marginale à consommer égale à 0,867 entre 1869 et 1898 et entre 1884 et 1913.

  • T. M. Brown attribue à l’effet de cliquet, ou effet d’hystérésis, le poids des habitudes passées sur la consommation : en récession, le niveau antérieur de consommation est maintenu, tandis qu’en expansion la consommation augmente moins que le revenu.

3. Revenus permanents et cycle de vie

Notions clés & Définitions

  • Revenu permanent : Milton Friedman - Le revenu permanent est la somme actualisée des revenus et détermine, dans la théorie de Friedman, une consommation permanente proportionnelle au revenu permanent.

★ À maîtriser

📐 Formule - Dans la théorie friedmanienne, la consommation dépend des revenus passé, présent et futur, soit du revenu permanent : C=f(Rpasseˊ,Rpreˊsent,Rfutur)=f(Rp)=cRpC = f(R_{passé}, R_{présent}, R_{futur}) = f(R_p) = cR_p. - Milton Friedman

Compléments

  • Selon Friedman, la proportionnalité entre consommation permanente et revenu permanent dépend notamment du taux d’intérêt, de la composition du patrimoine et des préférences des ménages ; à paramètres constants, la propension moyenne à consommer le revenu permanent est constante. - Milton Friedman

  • Lorsque le revenu présent dépasse le revenu permanent, les ménages augmentent leurs placements et leur demande d’encaisse de placement.

  • Ils peuvent maintenir leur consommation en :

    • déthésaurisant
    • vendant des actifs financiers
    • augmentant leur encaisse de transaction
  • Dans la théorie du cycle de vie de Franco Modigliani, le patrimoine moyen joue le rôle du revenu permanent chez Friedman.

  • Les critiques portent sur (Modigliani) : l’absence de frein à l’emprunt lié au rationnement du crédit, l’hypothèse de régularité du cycle, l’hypothèse de faibles inégalités, l’absence de système de retraite

  • Dans la théorie néoclassique standard, les consommateurs arbitrent entre travail et loisir, ont des préférences stables et cohérentes, et maximisent leur utilité intertemporelle.

  • Dans la théorie néoclassique standard, l’épargne est une consommation différée dans le temps et rémunérée par l’intérêt afin de maximiser l’utilité intertemporelle.

📐 Formule - Dans la théorie néoclassique standard, la consommation dépend du revenu et du taux d’intérêt : C=f(R,i)C = f(R,i).

  • Dans le rappel de la théorie keynésienne, des facteurs psychologiques et la publicité des entreprises influencent la consommation, cette dernière correspondant à la filière inversée de J. K. Galbraith.

  • Dans le rappel de la théorie keynésienne, les consommateurs épargnent par précaution, demandent de la monnaie à des fins de spéculation, préfèrent la liquidité et thésaurisent la monnaie pour la précaution et la spéculation.

4. Structure et évolution de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Postes budgétaires : Grands ensembles relativement homogènes regroupant les consommations, comme l’alimentation ou le logement.
  • Coefficient budgétaire : Part de la dépense consacrée à ce poste dans l’ensemble des dépenses.

★ À maîtriser

📌 Les dépenses pré-engagées, ou contraintes, se distinguent des dépenses arbitrables, sur lesquelles les ménages peuvent davantage effectuer des choix.

📐 Formule - Le revenu arbitrable est égal au revenu disponible diminué des dépenses pré-engagées : Rarbitrable=Rdisponible−Dpreˊ−engageˊesR_{arbitrable}=R_{disponible}-D_{pré-engagées}.

📌 Les courbes d’Engel montrent que certaines dépenses, comme le logement, augmentent plus vite que le revenu, tandis que d’autres, comme l’alimentation, augmentent moins vite.

Compléments

📐 Formule - Dans la théorie keynésienne, l’épargne est résiduelle et vérifie S=R−CS = R - C, où R est le revenu et C la consommation.

  • En 2020, le logement, le chauffage et l’éclairage représentent 20,9 % du poids des dépenses de consommation des ménages, contre 18,3 % en 2003.

  • Le poids de l’alimentation dans les dépenses de consommation des ménages passe de 10,5 % en 2003 à 10,0 % en 2017, puis remonte à 11,1 % en 2020.

  • Les coefficients budgétaires servent à pondérer les différents biens consommés dans le calcul de l’indice des prix.

  • La consommation effective des ménages comprend leur dépense de consommation, qui intègre les loyers imputés et l’autoconsommation, ainsi que la dépense des administrations publiques en biens et services individualisables.

  • Depuis 2007, le poids de l’alimentation a cessé de diminuer, notamment en raison de l’arrêt de la saturation des besoins alimentaires, lié à l’amélioration de la qualité et au renchérissement des coûts.

5. Demande et élasticités des biens

Notions clés & Définitions

  • Élasticité-prix croisée : Indiquent si les consommations de deux biens sont liées.

★ À maîtriser

📌 Pour deux biens complémentaires, l’élasticité-prix croisée est négative : la hausse du prix de l’un réduit la consommation de l’autre par effet d’appauvrissement.

📌 Pour deux biens substituables, l’élasticité-prix croisée est positive : la hausse du prix de l’un augmente la consommation de l’autre par effet de substitution.

Compléments

  • Les exceptions à la loi générale de la demande comprennent l’effet Giffen ou de nécessité, l’effet de revenu ou de richesse ou effet Pigou, l’effet Veblen ou de démonstration ou de snobisme, l’effet de consommation nulle, l’effet de substitution, l’effet d’imitation ou effet Tarde, l’effet Duesenberry, l’effet de marque ou de sélection adverse ou effet Akerlof, l’effet d’anticipation keynésien, l’effet d’addiction ou de dépendance ou effet Marshall, l’effet de prix magique et l’effet de prix psychologique.

  • L’effet Giffen concerne les biens inférieurs sans bien de substitution.

  • L’effet de consommation nulle désigne l’absence d’augmentation de la demande après une forte baisse du prix d’un bien de luxe.

  • L’effet Duesenberry combine les effets de démonstration et d’imitation pour expliquer le renouvellement et la diffusion des biens.

  • L’effet de prix magique est illustré par un prix tel que 99,99 €, tandis que l’effet de prix psychologique repose sur une fourchette délimitée par un prix trop élevé et un prix trop faible.

  • Gabriel Tarde (1843-1904) est associé à l’effet d’imitation, également appelé effet Tarde.

  • Un bien typique a une élasticité-prix négative et correspond à la quasi-totalité des biens, tandis qu’un bien atypique a une élasticité-prix positive, comme un bien hyper-luxe de démonstration.

  • Un bien inférieur a une élasticité-revenu négative, comme les pâtes, le riz ou les pommes de terre.

  • Un bien normal a une élasticité-revenu comprise entre 0 et 1, comme les biens d’équipement intermédiaires.

  • Un bien supérieur a une élasticité-revenu supérieure à 1, comme certains produits alimentaires tels que le poisson et les légumes, ou les services de loisir.

  • Les exemples de biens substituables comprennent le cinéma, le DVD et la VOD, tandis que l’ordinateur et les logiciels sont des biens complémentaires.

Astuce mémo

Prix croisé positif : substituts ; prix croisé négatif : complémentaires.

6. Production et fonction d’investissement

★ À maîtriser

📐 Formule - En économie fermée, l’équilibre emplois-ressources exprime la demande globale comme somme de la consommation et de l’investissement : D=C+ID=C+I.

  • La production est la combinaison du capital et du travail en vue de réaliser un produit, bien ou service.

📐 Formule - La fonction de production s’écrit Y=f(K,L)Y=f(K,L), où Y désigne la production, K le capital et L le travail.

📐 Formule - Les déterminants de l’investissement sont résumés par I=f(EBE,π,c,a,op,i,…)I=f(EBE,\pi,c,a,op,i,\ldots), où EBE désigne le profit brut, π le profit net, c la croissance, a l’amour du risque, op l’opportunité de projet et i le taux d’intérêt.

Compléments

  • Dans l’équilibre emplois-ressources en économie fermée, la consommation correspond à la production de biens de consommation finale et l’investissement à la production de biens d’équipement.

📌 Une fonction de production à facteurs substituables représente des isoquantes convexes, tandis que l’hypothèse de Leontief correspond à des facteurs complémentaires.

📐 Formule - La fonction de production de Cobb-Douglas s’écrit Y=Kα⋅LβY=K^{\alpha}\cdot L^{\beta}.

  • La décision d’investissement dépend aussi de la nature de l’investissement — renouvellement, capacité ou productivité —, des anticipations et de l’optimisme ou du pessimisme.

  • Dans la fonction d’investissement néoclassique, l’investissement est fonction du taux d’intérêt : I=f(i)I=f(i).

7. Décision d’investissement keynésienne

★ À maîtriser

  • En univers certain, l’entrepreneur keynésien choisit entre investissement productif et placement financier en comparant leurs rentabilités.

📌 Un investissement productif est rentable si le capital investi est inférieur à la somme des profits bruts futurs actualisés.

📐 Formule - Dans un calcul à deux périodes, la rentabilité de l’investissement productif vérifie EBEK=1+TIR\frac{EBE}{K}=1+TIR, où TIR est le taux interne de rentabilité.

📌 L’investissement productif est plus rentable que le placement financier lorsque le TIR est supérieur à r ; le placement est plus rentable lorsque le TIR est inférieur à r.

Compléments

  • Le capital d’une entreprise provient de capitaux propres et de capitaux empruntés, soit K=Kp+KeK=K_p+K_e.

  • Les capitaux propres comprennent les apports initiaux en capital social, les augmentations ultérieures de capital et les bénéfices mis en réserve.

📐 Formule - Sur trois périodes, la valeur actualisée des profits bruts est EBE11+r+EBE2(1+r)2+EBE3(1+r)3\frac{EBE_1}{1+r}+\frac{EBE_2}{(1+r)^2}+\frac{EBE_3}{(1+r)^3}.

📌 En l’absence d’inflation, un placement est rentable si les intérêts et le remboursement du capital placé, une fois actualisés, dépassent le capital initial ; un taux r positif préserve et augmente le pouvoir d’achat, tandis qu’un taux nul le maintient.

📐 Formule - La rentabilité d’un placement financier vérifie K+KrK=1+r\frac{K+Kr}{K}=1+r, où r est le taux d’intérêt ou le taux de rentabilité du placement.

  • Avec K = 100 et EBE = 105, le TIR est de 5 % ; si le placement rapporte 3 %, l’investissement productif est plus rentable, mais si le taux du placement monte à 7 %, le placement devient plus rentable.

Astuce mémo

Comparer le rendement productif au rendement du placement : investir si le premier est supérieur.

8. Effet de levier et endettement

★ À maîtriser

📌 Dans le modèle walrasien de concurrence parfaite, l’information est parfaite et il n’existe pas d’asymétrie d’information entre les agents ; le taux de profit est alors égal au taux d’intérêt.

  • L’effet de levier de l’endettement augmente la rentabilité financière des capitaux propres de l’entreprise lorsque les conditions de financement le permettent.

📐 Formule - Le taux de rentabilité économique est indépendant de l’origine des capitaux et se calcule par TRE=EBEK−1TRE = \frac{EBE}{K} - 1.

📐 Formule - Le taux de rentabilité financière dépend de l’origine des capitaux et du taux d’intérêt, et se calcule par TRF=EBE−Ke(1+r)Kp−1TRF = \frac{EBE - K_e(1+r)}{K_p} - 1.

Compléments

  • Une asymétrie d’information peut apparaître lorsque l’entrepreneur anticipe mieux les flux de profit que le prêteur ou qu’il aime davantage le risque.

  • Un entrepreneur peut exploiter l’ignorance ou l’aversion au risque du prêteur pour financer son activité par emprunt à faible taux d’intérêt.

  • Avec K = 100, EBE = 110, Ke = 50 et r = 5 %, le TRE est de 10 % et le TRF est de 15 %.

  • Avec les mêmes valeurs mais r = 15 %, le TRE reste de 10 % tandis que le TRF tombe à 5 %.

  • À l’échelle macroéconomique, le désendettement des entreprises est présenté comme un moyen de restaurer leur taux de marge, mesuré par EBE / VA.

Astuce mémo

Un taux d’intérêt plus élevé réduit la rentabilité financière des capitaux propres.

9. Accélérateur et investissement

★ À maîtriser

  • Selon le principe de l’accélérateur associé à Clark et Aftalion, une faible variation de la demande finale des ménages entraîne une variation plus que proportionnelle de l’investissement. - John Maurice CLARK [1917] et Albert AFTALION [1913]

  • Le modèle de l’accélérateur a une faible validation empirique, mais met en évidence la possibilité de cycles endogènes qui ne s’expliquent pas seulement par les dysfonctionnements du marché.

Compléments

📌 Dans une économie à deux sections, la section des biens de consommation répond à la demande finale, tandis que la section des biens de production répond à la demande d’investissement.

📐 Formule - Le coefficient marginal de capital est le rapport entre la variation du capital et celle de la production, égal à l’investissement divisé par la variation de la production : v=ΔKΔY=IΔYv = \frac{\Delta K}{\Delta Y} = \frac{I}{\Delta Y}.

📐 Formule - Dans le modèle présenté, l’investissement correspond à la variation du capital : I=ΔKI = \Delta K.

  • Dans l’exemple du modèle, entre t2 et t3, la production augmente de 5 % et l’investissement de 50 %.

  • Même lorsque la demande stagne après une hausse, l’investissement peut diminuer fortement.

  • Le modèle repose sur les hypothèses suivantes : le plein emploi du capital installé, un coefficient de capital constant, un ajustement limité aux quantités, une économie fermée disposant des deux secteurs

Astuce mémo

Une petite oscillation à la base de la pyramide provoque de grands ébranlements au sommet.

10. Multiplicateur et oscillateur

Notions clés & Définitions

  • Administrations publiques : Selon l’Insee, les unités institutionnelles dont la fonction principale est de produire des services non marchands ou d’effectuer des opérations de redistribution du revenu et des richesses nationales.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle keynésien à un seul secteur et un seul bien, sans plein emploi des ressources, une variation autonome et exogène de la demande provoque une variation plus importante de la demande. - John Maynard Keynes [1936], Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936

📐 Formule - Le multiplicateur keynésien est le rapport entre les variations cumulées de la demande et la variation autonome initiale de l’investissement : k=∑ΔDΔIak = \frac{\sum \Delta D}{\Delta I_a}.

📐 Formule - Lorsque la propension marginale à consommer est c, le multiplicateur vaut k=11−ck = \frac{1}{1-c}.

  • L’État peut impulser l’activité budgétaire par l’effet multiplicateur.

Compléments

  • Pour une propension marginale à consommer de 0,8, le multiplicateur vaut 5.

  • Plus la propension marginale à consommer est élevée, plus l’effet multiplicateur est important ; plus la propension marginale à épargner est faible, plus cet effet est important.

📐 Formule - Dans le modèle de Samuelson, la production vérifie Yt=Ct+It+Gt=cYt−1+β(Ct−Ct−1)+GtY_t = C_t + I_t + G_t = cY_{t-1} + \beta(C_t-C_{t-1}) + G_t.

  • Dans l’illustration de Samuelson, la consommation dépend du revenu de la période précédente avec c = 0,5, l’investissement induit dépend de la variation de la consommation avec β = 2, et les dépenses gouvernementales sont autonomes et constantes à G = 100.

  • Les administrations publiques tirent la majorité de leurs ressources de contributions obligatoires, notamment des impôts au sens large.

  • En 2016, le budget général de l’État français s’élevait à 406,3 milliards d’euros, dont 100,2 milliards pour les remboursements et dégrèvements, 67,1 pour l’enseignement scolaire, 45,2 pour les engagements financiers de l’État, 39,6 pour la défense, 25,9 pour la recherche et l’enseignement supérieur, 18,4 pour les sécurités, 18,3 pour la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances, 17,9 pour l’égalité des territoires et le logement, 11,4 pour le travail et l’emploi, 10,9 pour la gestion des finances publiques et des ressources humaines, 8,0 pour la justice et 7,1 pour l’écologie

Astuce mémo

Investissement autonome → revenus → consommation induite → demande cumulée.

11. Évolution des dépenses socialisées

Notions clés & Définitions

  • Dépense socialisée : Une dépense en biens et services prise en charge par la collectivité.

★ À maîtriser

  • Depuis les années 2010, les prestations sociales représentent un tiers du PIB, principalement au titre de la vieillesse et de la santé.

  • Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les dépenses socialisées augmentent sous l’effet d’une meilleure protection sociale, du vieillissement et des difficultés économiques apparues après les années 1970 ; elles jouent aussi un rôle d’amortisseur social face à la montée des inégalités depuis les années 1980.

Compléments

  • En 2022, les administrations publiques ont dépensé 327,7 milliards d’euros pour rémunérer les salariés et 680,6 milliards d’euros en prestations sociales en espèces et en nature.

  • Les deux tiers des prélèvements obligatoires financent la protection sociale.

  • Depuis les années 2000, la collectivité prend en charge plus de 90 % de la consommation en enseignement, près des trois quarts des dépenses de santé et un quart des loyers des locataires.

  • Dans les pays de l’OCDE, les dépenses sociales publiques sont passées de 20 % du PIB en 2019 à 23 % en 2020, notamment pour la santé et la compensation des baisses de revenu.

Astuce mémo

Vieillissement et crises → hausse des dépenses socialisées

12. Déficit et dette publics

★ À maîtriser

  • La dette publique a progressé sous l’effet de la hausse des dépenses socialisées et du tassement des recettes consécutif aux crises des années 1970.

  • La dette publique nette est passée de 21 % du PIB en 1978 à 86 % en 2011, s’est stabilisée entre 2011 et 2019, puis a dépassé 100 % du PIB après la pandémie de Covid-19.

  • Les taux d’intérêt bas ont facilité le financement du déficit et freiné le désendettement, tandis que leur relèvement à partir des années 2020 augmente les intérêts de la dette et incite au désendettement.

  • En 2025, le taux de prélèvements obligatoires atteint 43,6 % du PIB et la dette publique s’élève à 115,7 % du PIB. - Insee, Comptes publics

Compléments

  • De 1978 à 2011, les dépenses publiques ont dépassé les recettes de 3,3 % du PIB en moyenne.

  • Les actifs financiers des administrations publiques dépassaient leurs dettes financières et représentaient 27 % du PIB en 2010.

  • En 2025, le déficit public s’établit à 151,6 milliards d’euros, soit 5,1 % du PIB, après 5,8 % en 2024 et 5,4 % en 2023. - Insee, Comptes publics

  • En 2025, les administrations publiques centrales portent l’essentiel du déficit, avec un besoin de financement de 130,3 milliards d’euros, contre 15,6 milliards pour les administrations locales et 5,8 milliards pour les administrations de sécurité sociale. - Insee, Comptes publics

  • En 2025, les dépenses publiques progressent de 41,5 milliards d’euros, soit 2,5 %, et représentent 57,3 % du PIB. - Insee, Comptes publics

  • En 2024, la protection sociale représente 41,5 % des dépenses publiques et la santé 15,6 %. - Insee, Comptes publics

  • En 2025, les recettes publiques augmentent de 59,0 milliards d’euros, soit 3,9 %, et atteignent 52,2 % du PIB, contre 51,2 % en 2024 et 51,4 % en 2023. - Insee, Comptes publics

Astuce mémo

Taux bas → désendettement freiné ; taux en hausse → intérêts alourdis

13. Impôts et redistribution des revenus

Notions clés & Définitions

  • Marché : Le marché est une institution encadrée par des règles de fonctionnement et des conventions publiques ou privées, selon la théorie institutionnaliste.

★ À maîtriser

  • Les transferts publics affectent le niveau de vie des ménages positivement par les prestations reçues et négativement par les prélèvements acquittés.

📐 Formule - Le revenu après redistribution correspond au revenu primaire augmenté du revenu secondaire et diminué des prélèvements obligatoires : Revenu apreˋs redistribution=Revenu primaire+Revenu secondaire−PO\text{Revenu après redistribution} = \text{Revenu primaire} + \text{Revenu secondaire} - \text{PO}.

  • Selon Insee Références, Revenus et patrimoine des ménages, 2021, un tiers des individus perçoivent plus qu’ils ne versent selon l’approche monétaire usuelle, contre deux tiers selon l’approche élargie.

  • Selon Insee Références, Revenus et patrimoine des ménages, 2021, le revenu primaire élargi moyen des 10 % les plus aisés est 13 fois celui des 10 % les plus modestes ; le rapport interdécile tombe à 7 pour le niveau de vie usuel et à 3 pour le niveau de vie élargi.

  • Dans le logement locatif, la réglementation publique porte sur : la taille minimale du logement, la salubrité, notamment l’absence de peinture au plomb ou d’amiante, la sécurité, notamment des installations électriques, l’entretien des façades, les travaux d’isolation, comme le double vitrage

  • Les normes du logement locatif excluent les biens les plus médiocres du marché et améliorent la qualité des logements loués.

  • Les normes du logement locatif augmentent les loyers et peuvent exclure les ménages les plus pauvres du marché en rendant leur demande non solvable.

Compléments

  • En milliards d’euros, les principaux impôts totalisent 914,7 en 2012 et 1 197 en 2022, selon TEF 2020.

  • Entre 2012 et 2022, la TVA passe de 142,5 à 199,7 milliards d’euros, les impôts sur les produits hors TVA de 85,2 à 120,2, les impôts sur les salaires et la main-d’œuvre de 30,3 à 50,7, les impôts divers sur la production de 61,2 à 74,6, les impôts sur le revenu de 219,0 à 326,9 et les cotisations sociales effectives de 346,1 à 428 milliards d’euros. - TEF 2020

  • Entre 2012 et 2022, la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques passe de 23,6 à 30,5 milliards d’euros, les taxes sur les tabacs de 11,8 à 14,3, la contribution sociale généralisée de 91,9 à 141,8 et l’impôt sur le revenu des personnes physiques de 59,5 à 89,1 milliards d’euros. - TEF 2020

  • Entre 2012 et 2022, l’impôt sur les sociétés passe de 42,1 à 59,8 milliards d’euros. - TEF 2020

  • Le niveau de vie usuel prend en compte les transferts directs diminués des prélèvements obligatoires, tandis que le niveau de vie élargi ajoute les prélèvements indirects et la valorisation monétaire des services publics.

  • L’indice de Gini sert à mesurer la réduction des inégalités.

  • Les aides au logement sont présentées comme nécessaires face à l’exclusion des ménages modestes, mais une partie est récupérée par les propriétaires loueurs ; le cours relie aussi cette situation à la montée des sans-domicile-fixe.

14. Économie sociale et solidaire

★ À maîtriser

  • Depuis les années 2010, l’économie sociale et solidaire emploie environ 2,3 millions de salariés, soit 10 % de la population active occupée, et compte également de nombreux bénévoles non rémunérés.

  • L’économie sociale et solidaire privilégie le local, l’économie circulaire, si possible en circuit court, les monnaies locales et les initiatives citoyennes.

Compléments

  • Le financement de l’économie sociale et solidaire peut être public ou privé et vise à répondre aux besoins humains ; la Banque publique d’investissement la finance par un financement spécifique.

  • L’économie sociale et solidaire se développe à l’échelle internationale, notamment dans le cadre de l’Organisation internationale du travail (OIT, ou ILO en anglais).

  • Au XVIIIe et au XIXe siècle, le Britannique Robert Owen (1771-1858) dirige une entreprise textile et fonde une communauté agricole, New Harmony ; ses successeurs appartiennent au mouvement de l’owenisme.

  • Dans la seconde moitié du XIXe siècle apparaissent, sous l’impulsion socialiste, les friendly societies ou sociétés de secours mutuel et les coopératives d’achat de consommateurs initiées par des bourgeois, puis les mutuelles et coopératives de production.

  • Dans les années 1970 et 1980, le mouvement social connaît un renouveau autour des préoccupations sociales et environnementales, défend une économie circulaire respectueuse de l’environnement et des êtres humains et promeut la transition énergétique.

  • L’économie de la fonctionnalité privilégie la production et la consommation de services plutôt que la possession de biens.

  • Jeremy Rifkin prophétise la marginalisation du capitalisme au profit de la gratuité dans La nouvelle société du coût marginal zéro : l’Internet des objets, l’émergence des communaux collaboratifs et l’éclipse du capitalisme, publié en 2014.

  • Les associations de l’économie sociale et solidaire comprennent : les associations caritatives et de réinsertion, les associations sportives et culturelles, les associations engagées comme AC, SOS Racisme et DAL, les ONG internationales comme MSF, MDM, Greenpeace et WWF

15. Évolution des acteurs économiques

★ À maîtriser

  • Le XXe siècle est caractérisé par le recul de l’autoproduction et de l’autoconsommation, la production et la consommation marchandes de masse, ainsi que la montée des services publics accompagnée du renforcement de l’État gendarme et de l’État-providence.

  • La crise environnementale majeure implique une transition environnementale accélérée qui bouleverse la production, l’échange et la consommation.

Compléments

  • Le XXIe siècle débute par une crise financière et économique majeure en 2007-2009, puis une crise épidémique majeure en 2020-2021.

  • Le début du XXIe siècle est marqué par la résurgence de conflits ouverts ou larvés, notamment la guerre en Ukraine, des coups d’État en Afrique et le terrorisme.

  • Le début du XXIe siècle voit émerger de nouveaux États économiquement et politiquement puissants dans un monde multipolaire, démocratiques ou non démocratiques.

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1. Concernant la consommation et les secteurs institutionnels :

2. Dans une économie où la consommation dépend du revenu, les exportations valent 12, la consommation 50, l’investissement 20 et les dépenses publiques 18. Quelle analyse est exacte ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Consommation et investissement avec 96 flashcards interactives.

Quels secteurs institutionnels la comptabilité nationale distingue-t-elle selon leur fonction principale ?

Les ménages, les entreprises, les banques, l’État et les associations.

Qu’est-ce qui distingue la consommation de la demande ?

La consommation est l’acte de satisfaction des besoins et la composante principale de la demande.

Comment la fonction de consommation relie-t-elle consommation et revenu ?

C=f(R)=f(Y)C = f(R) = f(Y)

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