Fiche de révision : Mutations de l’économie-monde

Plan du Cours

  1. Capitalisme et ordre féodal
  2. Villes, bourgeoisie et grands échanges
  3. Déclin féodal et grandes explorations
  4. Métaux précieux et centres européens
  5. Réforme et transformations culturelles
  6. État moderne et restructuration économique
  7. Débouchés coloniaux et demande périphérique
  8. Révolution industrielle britannique
  9. Bourgeoisie et naissance du prolétariat
  10. Socialismes et mouvement ouvrier
  11. Capitaux et dépendance financière
  12. Le protectionnisme avant 1914
  13. Guerres mondiales et crise des années 1930
  14. Libre-échange et recomposition des échanges
  15. Protectionnisme et croissance des échanges
  16. Crises industrielles classiques
  17. Ajustement structurel et Consensus de Washington
  18. Des bulles financières à la crise des subprimes

Repères chronologiques

  1. 1337-1453La guerre de Cent Ans ravage le centre et l’ouest de la France.
  2. 1347La peste noire et la peste pulmonaire sont introduites en Italie et réduisent d’environ un tiers la population européenne dans les cinq années suivantes.
  3. 1479Une ordonnance fixe les règles de fabrication de la draperie dans tout le royaume de France.
  4. 12 Octobre 1492Christophe Colomb atteint une plage des Bahamas en cherchant à rejoindre le Japon par l’ouest.
  5. 1494Le traité de Tordesillas partage les nouvelles terres entre les Espagnols à l’ouest d’une ligne de démarcation atlantique et les Portugais à l’est.
  6. 1498Vasco de Gama arrive à Calicut et ouvre au Portugal la route maritime de l’Inde.
  7. 1500Cabral explore le Brésil et y établit les bases de la colonisation portugaise.
  8. 1513Des Espagnols traversent Panama et découvrent l’océan Pacifique.
  9. 1522L’équipage de Magellan revient en Espagne après avoir accompli le premier tour du monde.
  10. 1581Henri III rend le régime corporatif obligatoire pour l’industrie des villes et des campagnes.

1. Capitalisme et ordre féodal

Notions clés & Définitions

  • Économie désencastrée : Karl Polanyi - L’économie désencastrée est une économie qui domine le reste de la société au lieu d’être encadrée par les besoins et les règles de celle-ci.

★ À maîtriser

  • L’école historique allemande, fondée par List et Knies dans la première moitié du XIXe siècle, considère l’intérêt national comme moteur de l’économie et de l’histoire, contrairement à l’accent mis par Adam Smith sur l’intérêt individuel.

  • La cliométrie, développée dans les années 1960, introduit en histoire économique des méthodes quantitatives telles que les tests statistiques, les modèles mathématiques et les régressions.

📌 L’approche historique pluridisciplinaire relie l’économique, le social et le politique, tandis que la cliométrie privilégie les méthodes quantitatives de l’économie néoclassique.

  • Le capitalisme apparaît historiquement vers 1450-1550 et se caractérise par l’accumulation illimitée du capital, d’abord dans le commerce, la banque et la finance, puis dans la production grâce au travail salarié et aux moyens de production.

  • La société féodale est divisée en trois ordres :

    • ceux qui prient
    • ceux qui combattent
    • ceux qui produisent

📌 L’ordre féodal repose sur la coutume, droit non écrit lié aux traditions locales, tandis que le droit romain est écrit et vise une application universelle.

Compléments

  • Le Zollverein, union douanière établie entre vingt-cinq États allemands, contribue à l’unité allemande à partir de 1834.

  • La première chaire universitaire d’histoire économique est créée à Harvard en 1893.

  • La revue Annales d’histoire économique et sociale est créée en 1929 par Lucien Febvre et Marc Bloch pour défendre une histoire interdisciplinaire.

  • La société féodale se développe après la chute de l’Empire romain en 476, dans un contexte d’insécurité et d’effondrement des structures urbaines du pouvoir.

  • Les tenanciers féodaux doivent généralement un cens en monnaie, une part de la récolte et des journées de corvée, et disposent de droits d’usage sur les terres communes.

📌 L’Église médiévale interdit le prêt à intérêt et considère comme usure le fait d’exiger du débiteur une somme supérieure à celle qui lui a été remise.

Astuce mémo

Économie féodale encastrée dans la société, économie capitaliste dominée par l’accumulation.

2. Villes, bourgeoisie et grands échanges

★ À maîtriser

  • La population européenne passe d’environ 15 millions d’habitants en 1000 à 50 millions en 1300, favorisant la mise en culture de nouvelles terres et le développement des échanges.

  • Les grandes foires de Champagne et de Brie, puis de Lyon, relient les pôles marchands des Pays-Bas au Nord et des cités-États italiennes au Sud.

📌 Selon Braudel (1985), les contre-marchés opaques et parallèles aux marchés locaux réglementés ont favorisé les fortunes des grands marchands précapitalistes.

  • Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, la croissance démographique et la mise en culture de terres moins fertiles contribuent à la baisse des rendements agricoles et à la hausse du prix du blé, qui double au XIIIe siècle.

  • La population européenne passe de 73 millions en 1300 à 51 millions en 1350 et 45 millions en 1400, avant de remonter à 60 millions en 1450.

Compléments

  • L’assolement triennal permet de cultiver une terre deux années sur trois, au lieu de la laisser en jachère une année sur deux.

  • Le développement des pèlerinages et des échanges favorise l’installation de marchands, puis la formation de bourgs fortifiés où les bourgeois négocient des exemptions et une autonomie communale.

  • À partir de la fin du XIIIe siècle, les foires françaises déclinent notamment après l’ouverture, dès 1297, d’une liaison maritime directe entre la Méditerranée et Bruges.

  • Les pluies persistantes de 1315 à 1317 provoquent des inondations et le pourrissement des récoltes, tandis que le refroidissement du XIVe siècle contribue notamment au déclin de la vigne en Angleterre, sans la faire disparaître totalement.

  • Après les crises démographiques et les guerres, la main-d’œuvre rare obtient de meilleures conditions : les redevances baissent, les salaires doublent au XIVe siècle et le prix des terres est divisé par cinq pendant la guerre de Cent Ans.

Astuce mémo

Reprise des échanges → essor urbain → recul de l’autarcie féodale.

3. Déclin féodal et grandes explorations

Notions clés & Définitions

  • Économie-monde : Immanuel Wallerstein - Une zone économique assez vaste pour fonctionner comme un monde relativement clos, n’échangeant que marginalement avec le reste de la planète.

★ À maîtriser

  • Au sortir de la crise féodale, la bourgeoisie rachète des terres seigneuriales et s’allie aux rois pour établir les bases de l’État moderne.

  • Au XVe siècle, Gênes puis Venise dominent le commerce méditerranéen et disposent de banques, de Bourses et de techniques complexes de crédit et de change.

  • En 1487, Bartholomeu Dias dépasse le cap de Bonne-Espérance, ouvrant aux Portugais la voie vers les comptoirs de la côte est-africaine, d’Ormuz et des côtes indiennes.

Compléments

  • Entre 1300 et 1450, les revenus de la noblesse diminuent de moitié sous l’effet des guerres et des épidémies.

  • En 1470, Louis XI accorde la noblesse à tous les possesseurs de fiefs, y compris ceux qui les ont rachetés, afin de récompenser le soutien bourgeois et d’affaiblir la noblesse militaire.

📌 Les foires de Champagne déclinent, tandis que les Bourses, institutions permanentes d’échanges et de crédit, stabilisent le grand commerce et tendent à les supplanter.

  • L’axe marchand entre les Pays-Bas et l’Italie du Nord se déplace vers Genève ou vers l’Océan après le déclin des foires de Champagne.

  • La lettre de change est introduite à Gênes au XIVe siècle, mais les innovations bancaires ne suffisent pas à compenser la pénurie de monnaie métallique.

  • En 1499, Amerigo Vespucci accoste au Venezuela, contribuant à la reconnaissance d’un nouveau continent auquel son prénom sera donné.

4. Métaux précieux et centres européens

Notions clés & Définitions

  • Accumulation primitive : Marx - La constitution rapide de capitaux par des moyens violents, qui contribue au démarrage du système capitaliste.

★ À maîtriser

  • Entre 1521 et 1660, 18 000 tonnes d’argent et 200 tonnes d’or sont transférées d’Amérique en Espagne, selon une estimation.

  • Au XVIe siècle, la population indienne diminue de 90 % au Mexique, passant de 25 millions à 1,5 million, et de 95 % au Pérou.

  • Une hausse générale des prix apparaît vers 1550, d’abord en Espagne puis dans le reste de l’Europe, après l’arrivée massive de métaux précieux.

  • Au XVIe siècle, les prix sont multipliés par trois ou quatre en Espagne et en Italie, et par deux en France et en Angleterre.

  • Amsterdam devient le centre de l’économie-monde du tournant du XVIe siècle à la fin du XVIIIe siècle, avant que l’Angleterre ne prenne la première place capitaliste avec la révolution industrielle.

Compléments

  • Les Portugais extraient des métaux précieux et des épices en Afrique et en Asie en contournant les caravanes arabes et les marchands italiens de Méditerranée.

  • En moins de cinquante ans, les Espagnols détruisent les empires aztèque et inca et mettent en place leur système colonial.

  • Dans l’Amérique espagnole, l’argent représente 90 % de la production minière après l’épuisement des ressources en or.

  • En Chine, 1 g d’or vaut 6 g d’argent, tandis qu’à Séville 1 g d’or vaut 13 g d’argent, ce qui favorise l’échange de l’argent américain contre de l’or européen.

  • Sur 98 000 tonnes d’argent parties d’Amérique, 39 000 tonnes, soit environ 40 %, gagnent la Chine par les routes méditerranéennes ou par la route Acapulco-Manille.

  • Anvers est le centre de l’économie-monde de 1500 à 1550, avant que la guerre entre l’Espagne et les Pays-Bas et la prise de la ville en 1585 ne fragilisent sa position.

  • En 1557, l’Espagne est au bord de la banqueroute et fait appel aux Génois pour financer ses emprunts contre rémunération en métaux précieux ou en produits exportés.

  • La Compagnie hollandaise des Indes orientales est créée en 1602 et constitue l’une des premières sociétés par actions.

  • Le commerce maritime entraîne le développement du capitalisme financier, notamment par les assurances contractées sur les navires.

Astuce mémo

L’afflux d’argent américain → hausse des prix européens

5. Réforme et transformations culturelles

★ À maîtriser

  • Le protestantisme valorise le travail et l’accumulation, réhabilite la richesse comme signe de grâce divine et, avec Calvin, justifie le prêt à intérêt.

  • L’humanisme attaque la civilisation féodale et la scolastique en valorisant les savoirs de l’Antiquité gréco-romaine et la connaissance du monde terrestre.

Compléments

  • Max Weber étudie le lien entre protestantisme et capitalisme, tout en reconnaissant que le protestantisme peut être à la fois un effet du développement économique antérieur et un facteur du développement capitaliste ultérieur.

  • Les Pays-Bas puis l’Angleterre, récemment devenus protestants, deviennent les centres moteurs de l’économie pour les trois siècles suivants, tandis que le catholicisme méditerranéen durcit ses positions hostiles au commerce.

  • La Renaissance s’accompagne d’un essor des lettres, des arts, de la philosophie et des sciences, notamment par la mise en avant de la méthode expérimentale associée à Copernic et Galilée.

  • Gutenberg imprime la Bible en caractères mobiles en 1452, grâce à des progrès de la métallurgie qui permettent une première forme de production en série.

  • Vers 1430, le système bielle-manivelle permet une utilisation plus large de l’énergie hydraulique.

  • L’usage accru des explosifs et des armes à feu met fin à l’ère de la chevalerie et affaiblit la justification militaire de la noblesse.

6. État moderne et restructuration économique

Notions clés & Définitions

  • État moderne : Une administration unifiée et centralisée, dotée d’une armée, d’une police et d’un système fiscal permanents.
  • Mercantilisme : Mirabeau, 1763 - Une politique économique qui vise à attirer les métaux précieux, favoriser les exportations, limiter les importations et soutenir le commerce extérieur et l’industrie.

★ À maîtriser

  • Le mouvement des enclosures clôt les terres communales pour y développer l’élevage ovin, prive les paysans pauvres de l’usage des communaux et expulse certains tenanciers de leurs terres.

  • En Europe orientale, le second servage renforce brutalement les obligations paysannes pour fournir des céréales au centre anglo-hollandais, tandis que les périphéries américaines fournissent des matières premières par le travail forcé et l’esclavage.

  • De 1600 à 1620, le prix du blé baisse de plus d’un quart partout en Europe, dans un contexte de demande solvable insuffisante.

Compléments

  • En France, avant 1370, le roi ne peut demander aux États généraux que des aides dont les montants et modalités sont décidés pour une période et un objectif précis.

  • En France, l’État moderne s’établit au cours du XIVe siècle sous la pression de la guerre avec l’Angleterre, dans le cadre d’une alliance entre la bourgeoisie et le roi contre la noblesse.

  • Philippe IV le Bel, qui règne de 1285 à 1314, constitue une première étape de la formation d’un État au service de la bourgeoisie, puis Louis XI, qui règne de 1461 à 1483, consolide cette alliance.

  • Le terme « mercantilisme » est nommé par Mirabeau en 1763 puis par Adam Smith.

  • L’État mercantiliste accorde des monopoles à des compagnies marchandes, soutient leurs comptoirs par la force et réorganise l’industrie, notamment par la création des manufactures de Colbert.

  • Les corporations fermées organisent un monopole professionnel et une hiérarchie entre maîtres, compagnons et apprentis, tandis que les jurandes établissent des normes de production contrôlées par l’État.

  • L’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 interdit les coalitions ouvrières et établit le français comme langue officielle de l’État.

  • La guerre des Deux-Roses, de 1455 à 1485, marque en Angleterre la fin du féodalisme et favorise l’essor de la Gentry, composée notamment de propriétaires terriens issus de la bourgeoisie marchande.

  • Les Enclosure Acts ratifient les enclosures en Angleterre, et le mouvement d’expropriation des terres communales se poursuit jusqu’au XIXe siècle.

Astuce mémo

Au centre, salariat et marché du travail ; aux périphéries, travail forcé et second servage

7. Débouchés coloniaux et demande périphérique

Notions clés & Définitions

  • Doctrine mercantiliste : Préconise d’attirer les métaux précieux dans la nation par une balance commerciale positive, des tarifs protectionnistes, des subventions et le soutien à la production manufacturière.
  • Manufacture : Rassemble en un même lieu et sous une même direction de nombreux artisans, dont les salaires plutôt élevés sont compensés par les économies d’échelle et l’intensification du travail collectif.

★ À maîtriser

  • Les faillites foncières dévalorisent le capital, réduisent les investissements et la demande de biens industriels, tandis que les tenanciers expulsés s’appauvrissent et que la stagnation de la demande renforce la crise.

  • L’Amérique du Nord absorbe 6 % des exportations britanniques en 1700, 11 % en 1750 et 25 % en 1770, puis dépasse la part européenne en 1790.

Compléments

  • La politique mercantiliste restructure les économies nationales, mais ne crée pas la demande manquante, finalement fournie par l’espace périphérique nord-américain.

  • Les importations nord-américaines passent de 200 000 livres par an en 1700 à plus de 3 millions en 1770.

  • En 1770, les exportations américaines vers l’Angleterre représentent moins de la moitié des importations de marchandises britanniques, en partie imposées par des taxes et des règlements coloniaux.

  • 🔄 Le commerce triangulaire suit cette chaîne :

    1. Des courtiers africains achètent du rhum américain contre des esclaves
    2. Les esclaves sont revendus aux Antilles
    3. Les mélasses obtenues servent à produire de nouveau du rhum
  • Philippe Norel et Eric Williams suggèrent que l’esclavage a contribué à résoudre les difficultés initiales du capitalisme naissant et à soutenir sa première croissance. - Philippe Norel ou Eric Williams

  • Les autres périphéries citées sont :

    • l’Amérique du Sud
    • les Caraïbes
    • l’Europe orientale
  • Dès les années 1650, la hausse des salaires réels urbains, favorisée par les prix agricoles bas, ralentit le développement industriel en renchérissant la main-d’œuvre.

  • Le travail artisanal à domicile dans les campagnes souffre de rendements décroissants, car les artisans travaillent pour plusieurs marchands et peuvent préférer les travaux agricoles durant les moissons.

  • Les manufactures sont encore peu mécanisées et utilisent un outillage proche de celui des artisans individuels, mais préfigurent les grandes usines du XIXe siècle.

  • Aux Pays-Bas, les marchands organisent des chaînes d’artisans dépendants et une production diversifiée comprenant la laine à Leyde, la toile à Haarlem, la soie et les diamants à Amsterdam, ainsi que le sucre, les boissons, le plomb, le verre et l’imprimerie dans plusieurs villes.

  • Le commerce extérieur anglais décuple entre 1610 et 1640, tandis que certaines houillères produisent en 1640 de 10 000 à 25 000 tonnes par an, contre quelques centaines un siècle auparavant.

Astuce mémo

Faillites foncières → baisse des investissements et de la demande industrielle

8. Révolution industrielle britannique

Notions clés & Définitions

  • Révolution industrielle : Passage d’une production artisanale individuelle, utilisant des moyens simples et souvent l’énergie humaine ou animale, à une production de masse mécanisée, concentrée dans des fabriques ou des usines et utilisant notamment l’énergie minérale.
  • Innovation : L’application industrielle d’une invention technique qui permet notamment de produire davantage, plus rapidement ou avec moins de main-d’œuvre.

★ À maîtriser

  • À partir d’environ 1750, l’Angleterre connaît la Révolution industrielle, caractérisée par un investissement massif dans l’industrie et l’essor de la production en série.

  • Le capitalisme industriel repose sur l’achat de biens de production, de matières premières et de force de travail salariée, puis sur la vente des produits et le réinvestissement du profit à une échelle élargie.

📌 Le capitalisme industriel se distingue du capitalisme commercial et financier antérieur par le contrôle direct de la production grâce aux machines coûteuses et par la généralisation du salariat, jusque-là minoritaire.

Compléments

  • Friedrich Engels et, avant lui, Adolphe Blanqui emploient le terme « Révolution industrielle » pour souligner l’ampleur des transformations de l’époque.

  • Philippe Norel caractérise la révolution industrielle anglaise par « la mécanisation, la machine à vapeur, le coton et une stratégie mondiale de conquête des marchés » dans L’invention du marché (2004).

  • La production mondiale aurait doublé en 120 ans de 1700 à 1820, puis en 50 ans de 1820 à 1870 et en 40 ans de 1870 à 1910.

  • La concurrence pousse les capitalistes à réinvestir dans de nouvelles machines et forces de travail, car ceux qui ne participent pas à l’accumulation risquent une baisse de leur taux de profit et d’être éliminés du marché.

  • La concentration des terres atteint en moyenne 65 acres au milieu du XVIIIe siècle et 150 acres vers 1800 en Angleterre, sous la domination de propriétaires poussant les fermiers à produire pour le marché.

  • La révolution agricole associe l’assolement quadriennal ou quinquennal, la rotation des céréales avec des plantes fourragères ou des navets et le développement de l’élevage, dont la fumure accroît la fertilité des sols.

  • La surface cultivée passe de 66 % à 80 %, tandis que la production agricole double au XVIIIe siècle, ce qui favorise l’expansion démographique et réduit le besoin de bras dans les campagnes.

  • La baisse de la mortalité entraîne d’abord une forte croissance démographique, puis la baisse de la natalité caractérise la transition démographique.

  • L’espérance de vie en Grande-Bretagne passe de 28 ans en 1681 à 39 ans en 1801, puis à 53 ans en 1901.

  • L’exode rural, favorisé par la croissance démographique, la productivité agricole et les enclosures, fournit aux usines une main-d’œuvre prolétarienne issue des campagnes.

  • En 1840, la moitié de la population britannique est urbaine, contre 14 % en France.

Astuce mémo

Concentration du capital → accumulation, salariat et production de masse

9. Bourgeoisie et naissance du prolétariat

Notions clés & Définitions

  • Libéralisme : Une idéologie bourgeoise qui défend le libre-échange, la liberté individuelle et la propriété privée comme fondements d’un État légitime.
  • Prolétariat : La classe des personnes sans ressources suffisantes, contraintes de vendre leur force de travail pour vivre et renouveler le capital par le salariat.

★ À maîtriser

  • En 1789, la Révolution française engage la bourgeoisie dans la destruction des structures monarchiques et des privilèges, avec l’appui du peuple.

  • La généralisation du travail salarié dans les grandes usines concentre des ouvriers partageant la même dépendance au salaire et fait émerger une classe ouvrière distincte des divisions urbaines pré-capitalistes.

📌 Dans le capitalisme, les capitalistes possèdent les moyens de production et tirent pouvoir et richesse du rapport salarial, tandis que les prolétaires vendent leur force de travail sans bénéficier des fruits de l’accumulation.

Compléments

  • La guerre d’indépendance des Pays-Bas, de 1555 à 1584, est présentée comme la première révolution bourgeoise, et l’Union d’Utrecht de 1579 réunit des provinces calvinistes en Provinces-Unies.

  • De 1641 à 1649, la guerre civile anglaise conduit à l’établissement d’une république dirigée par Cromwell, qui dure jusqu’en 1660 après l’exécution de Charles Ier en 1649.

  • La Glorieuse Révolution porte au pouvoir une dynastie issue des princes d’Orange et établit au Royaume-Uni une monarchie constitutionnelle favorable à la bourgeoisie et au commerce.

  • Locke est présenté comme le premier penseur du libéralisme en Angleterre, tandis que l’Encyclopédie dirigée par Diderot et d’Alembert paraît de 1751 à 1772.

  • La Déclaration des droits de l’homme de 1789 place la propriété en deuxième position parmi les droits fondamentaux, après la liberté et avant la sécurité.

  • La loi Le Chapelier de 1791 interdit les coalitions ouvrières et vise à favoriser le salariat comme contrat individuel entre employeur et ouvrier.

  • Malthus récuse l’idée d’un droit à l’existence pour les ouvriers, position partagée par les libéraux. - Malthus [1766-1834]

Astuce mémo

Capitaliste propriétaire des moyens de production / prolétaire vendeur de sa force de travail

10. Socialismes et mouvement ouvrier

★ À maîtriser

  • Au début du XIXe siècle, les socialistes utopiques proposent des systèmes de réforme sociale, notamment le saint-simonisme, les phalanstères de Fourier et les usines coopératives d’Owen.

  • Karl Marx assigne au mouvement ouvrier la conquête du pouvoir politique et une société communiste mondiale fondée sur la propriété commune des moyens de production et la répartition « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

  • Les matières premières concernées comprennent :

    • le coton
    • le caoutchouc
    • le guano
    • les phosphates naturels
  • Le coton des Indes et des anciennes colonies anglaises d’Amérique du Nord, puis d’Égypte à partir de 1865, alimente l’industrie textile anglaise, moteur du développement mécanique, ferroviaire, minier et sidérurgique.

Compléments

  • En 1811-1812, des ouvriers du Nord de l’Angleterre mènent une campagne clandestine de sabotage et de bris de machines sous le nom du Général Ludd ; treize luddites sont pendus après la répression.

  • Auguste Blanqui défend la conquête violente du pouvoir par le prolétariat et appelle « dictature du prolétariat » la période précédant l’organisation d’une société communiste.

  • Dans l’Union Ouvrière publiée en 1843, Flora Tristan présente l’organisation politique de la classe ouvrière comme une tâche universelle et défend l’union du genre humain.

  • Le Manifeste du Parti Communiste paraît en 1848 et Le Capital en 1867 ; l’Association Internationale des Travailleurs est fondée à Londres en 1864.

  • La Seconde Internationale, fondée en 1889, est traversée par l’opposition entre réformistes et révolutionnaires.

  • La conférence de Berlin de 1884, réunissant treize nations européennes et les États-Unis, établit des règles pour le partage de l’Afrique et condamne le protectionnisme fondé sur la possession de colonies.

  • L’Angleterre possède en 1900 le plus grand empire colonial, couvrant 30 millions de kilomètres carrés, contre 10 millions pour la France.

  • La concurrence anglaise ruine l’industrie textile indienne, qui représentait entre 65 % et 75 % des activités manufacturières du pays en 1813.

  • Le Pacte colonial limite l’industrialisation de l’Amérique latine en réservant largement ses marchés aux produits européens ; au Brésil, le Portugal interdit les manufactures textiles en 1785, sauf celles produisant des tissus grossiers pour les esclaves.

Astuce mémo

Ludd brise les machines ; Marx vise le pouvoir politique

11. Capitaux et dépendance financière

★ À maîtriser

  • Au XIXe siècle, le commerce international progresse plus vite que la production mondiale : entre 1800 et 1913, le commerce par tête est multiplié par 25, contre 2,2 pour la production mondiale par tête.

  • Avant la Première Guerre mondiale, les produits primaires représentent plus de 60 % des échanges mondiaux ; l’Europe achète surtout des produits primaires et vend surtout des produits manufacturés.

  • En 1913, l’Europe occidentale détient 90 % des capitaux investis à l’étranger ; la Grande-Bretagne en représente 42 %, la France 20 % et l’Allemagne 13 % du total mondial des capitaux exportés.

  • En 1914, 90 % des mouvements internationaux de capitaux correspondent à des investissements de portefeuille, c’est-à-dire des placements sans prise de contrôle directe des entreprises.

Compléments

  • Selon Angus Maddison, la part de la production mondiale exportée passe de 1 % en 1820 à 10 % en 1913.

  • La Grande-Bretagne représente 16 % du commerce mondial en 1913, devant l’Allemagne avec 12 %, les États-Unis avec 11 % et la France avec 7 %.

  • La Grande-Bretagne abolit en 1846 les lois sur le blé qui limitaient les importations afin de protéger les paysans anglais.

  • Les investissements britanniques se répartissent notamment entre : les voies ferrées (40 %), les prêts aux pays et aux villes étrangères (30 %), les matières premières (10 %), la banque (8 %)

  • Dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917), Lénine explique que l’exportation de capitaux vers les pays moins industrialisés procure des profits élevés grâce aux capitaux rares, aux terres peu coûteuses, aux bas salaires et aux matières premières bon marché.

  • Dans L’Accumulation du capital (1913), Rosa Luxemburg soutient que les débouchés périphériques permettent d’écouler la production excédentaire du Centre et de limiter les crises de surproduction, mais qu’ils cessent d’être une solution durable si les pays dominés s’industrialisent.

Astuce mémo

Investissement direct : contrôle ; portefeuille : placement sans contrôle

12. Le protectionnisme avant 1914

Notions clés & Définitions

  • Protectionnisme éducateur : Friedrich List, 1840 - Théorie consistant à développer d’abord les capacités productives d’une nation avant de l’exposer à la concurrence internationale.

★ À maîtriser

  • D’après Paul Bairoch, le PNB par habitant était du même ordre de grandeur partout dans le monde en 1800, mais entre 1800 et 1913 celui du futur tiers monde évolua très peu tandis que celui des pays développés fut multiplié par plus de trois.

  • Entre 1860 et 1913, les pays industrialisés et les « pays neufs » comme le Japon et les États-Unis bénéficièrent de la mondialisation des échanges, tandis que la part du futur tiers monde dans le PIB mondial diminua.

  • Au XIXe siècle, les migrations internationales de travailleurs provenaient surtout d’Europe, notamment des îles britanniques puis d’Europe centrale et d’Italie, et se dirigeaient principalement vers les États-Unis, mais aussi vers l’Argentine, le Brésil, le Canada et l’Australie.

📌 Au XIXe siècle, certains pays européens connaissaient des taux annuels d’émigration supérieurs à 15 pour mille, notamment l’Irlande et l’Italie, contre au maximum quatre à cinq habitants sur 1000 chaque année dans les pays fournisseurs de migrants aujourd’hui.

  • En 1820, les droits moyens à l’importation en Angleterre atteignaient environ 50 %, et le libre-échange ne s’imposa qu’en 1846 avec l’abolition des Corn Laws et de nombreux droits sur les produits manufacturés.

  • Après la récession de 1873, le protectionnisme sélectif revint en Allemagne en 1879 puis en France avec les tarifs Méline de 1892, qui protégeaient l’agriculture par une hausse des droits sur les produits agricoles.

  • À la fin du XIXe siècle, le protectionnisme européen reposait surtout sur les droits de douane, sans prohibitions ni contingentements, tandis que les capitaux circulaient librement et que les droits de douane ne dépassaient pas 20 % en moyenne.

  • Entre 1850 et 1913, le volume des échanges internationaux fut multiplié par dix malgré la montée du protectionnisme.

Compléments

  • Le Japon amorça son développement en refusant l’endettement auprès de créanciers étrangers et en combinant transferts de technologie, substitution des importations puis promotion des exportations.

  • Les États-Unis attiraient les deux tiers des immigrants européens, dont les migrations répondaient majoritairement aux besoins de main-d’œuvre des pays neufs et à la recherche de meilleures conditions de vie.

  • À la fin du XIXe siècle, les États-Unis comptaient jusqu’à 10 % de migrants et leur population passa de 5 millions en 1800 à 76 millions en 1900.

  • Le traité de libre-échange franco-anglais signé en 1860 sous Napoléon III contribua à faire baisser les droits de douane européens.

  • Aux États-Unis, les droits de douane sur presque tous les produits manufacturés atteignaient 35 % en 1816, environ 40 % en moyenne dans les années 1830 et 45 % vers 1875.

  • Dans son rapport de 1791, Alexander Hamilton préconisa le développement manufacturier américain à l’abri de la concurrence étrangère.

13. Guerres mondiales et crise des années 1930

★ À maîtriser

  • Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 mit fin à la prospérité et provoqua un brusque retournement du commerce mondial, notamment à cause des difficultés de transport et de l’exacerbation des nationalismes.

  • La crise déclenchée en 1929 aux États-Unis fit chuter la production industrielle, provoqua des faillites et porta le chômage à presque un tiers de la population active américaine au début des années 1930.

  • Entre 1929 et 1934, les échanges mondiaux chutèrent d’un quart en volume, tandis que la baisse des prix d’environ 50 % conduisit à un effondrement de deux tiers en valeur.

Compléments

  • La Belle Époque correspond à la période 1896-1914, après le ralentissement économique de 1873-1896.

  • En 1918, la richesse des pays en guerre était inférieure d’un tiers à celle de 1914, et la production européenne ne retrouva son niveau de 1913 qu’en 1924.

  • La prospérité des Années folles s’installa à partir de 1922 et la croissance du PIB jusqu’en 1929 fut trois fois plus élevée qu’au XIXe siècle.

  • Le taux d’ouverture moyen des principales puissances passa de 14 % à 8 % durant la crise des années 1930.

  • En 1937, l’Allemagne devint le premier exportateur mondial de produits manufacturés avec 24 % des exportations internationales, devant le Royaume-Uni à 22 % et les États-Unis à 20 %.

Astuce mémo

Crise → protectionnisme renforcé → chute des échanges

14. Libre-échange et recomposition des échanges

Notions clés & Définitions

  • Libre-échange : Politique commerciale visant à éliminer tout obstacle aux échanges internationaux de biens et de services.
  • Détérioration des termes de l’échange : Baisse de la valeur des produits primaires relativement à celle des produits manufacturés.
  • Globalisation financière : Intégration très poussée des marchés de capitaux dans l’ensemble de l’économie mondiale.

★ À maîtriser

  • Signé en 1947, le GATT visait à promouvoir le libre-échange et le multilatéralisme, c’est-à-dire la coopération et l’adoption de règles communes pour les relations commerciales.

📌 La clause de la nation la plus favorisée oblige un signataire du GATT à accorder à tout autre signataire les avantages commerciaux consentis à l’un d’entre eux.

  • À l’issue de l’Uruguay Round, l’OMC fut instituée en 1994 et reçut notamment le pouvoir de statuer sur les litiges commerciaux par son Organe de règlement des différends.

Compléments

  • Les accords de Bretton Woods de juillet 1944 créèrent le FMI, chargé des questions de taux de change et de déficits extérieurs, et la Banque mondiale, chargée d’aider à la reconstruction des pays détruits par la guerre.

  • De 1947 à 1993, huit rounds de négociations commerciales multilatérales consolidèrent les mesures de libéralisation du commerce dans le cadre du GATT.

  • En 1968, le système généralisé de préférences autorisa les pays développés à réduire sans réciprocité les droits de douane sur les importations provenant des pays en développement, dérogeant ainsi à la clause de la nation la plus favorisée.

  • En 2011, environ un tiers du PIB mondial faisait l’objet d’échanges internationaux de biens et de services, contre 8 % en 1950.

  • En 2011, les produits manufacturés représentaient 75 % des échanges de marchandises, contre 12 % pour les produits agricoles et 13 % pour les produits miniers.

  • Raul Prebisch et Hans Singer expliquent la détérioration des termes de l’échange par la baisse relative de la demande de matières premières, la concurrence des produits de synthèse, les économies de matières premières permises par le progrès technique et l’homogénéité des produits primaires face aux produits manufacturés différenciés.

  • La suspension de la convertibilité du dollar en or annoncée par Richard Nixon en 1971 fut suivie du flottement généralisé des monnaies dès 1973.

  • En 2010, plus de 4 000 milliards de dollars s’échangeaient chaque jour sur le marché des changes, soit presque deux fois le PIB annuel de la France, évalué à 2 100 milliards de dollars.

  • Plus de 80 % des opérations financières internationales consistent en des mouvements spéculatifs d’allers-retours entre places financières.

  • Depuis les années 1970, les barrières non tarifaires, notamment les normes techniques, sanitaires ou de sécurité et la sous-évaluation monétaire, constituent des obstacles majeurs aux échanges mondiaux.

15. Protectionnisme et croissance des échanges

Notions clés & Définitions

  • Crise économique : Retournement brutal de la conjoncture qui met fin à l’expansion et ouvre une période de dépression marquée par la baisse de la production et la hausse du chômage.
  • Mesure antidumping : Mesure prise contre l’importation d’un produit vendu à un prix inférieur à sa valeur normale, généralement déterminée par son prix sur le marché intérieur du pays exportateur, lorsque ces importations causent ou menacent de causer un dommage important à une branche de production nationale.

★ À maîtriser

  • Depuis 2009, l’Union européenne applique pendant cinq ans une taxe antidumping de 30 % sur la feuille d’aluminium importée de Chine, supérieure à celle appliquée au produit similaire venant du Brésil.
  • Depuis les années 1980, les échanges de biens et de services croissent de 4 à 6 % par an, contre 8 % avant 1973.
  • Les pays à bas revenus commercent davantage avec l’étranger que les pays les plus riches relativement à leur PIB, alors que les pays les plus protectionnistes bénéficient surtout d’un rapport de forces international favorable.

  • Une récession est une diminution passagère de l’activité économique, tandis qu’une dépression se caractérise par une baisse durable du PIB sans redressement naturel de l’activité.

  • Les crises de subsistance de l’Ancien Régime résultent d’une sous-production agricole, tandis que les crises industrielles sont généralement interprétées comme des crises de surproduction par rapport à la demande solvable.

Compléments

  • Les États-Unis imposent le scan des conteneurs destinés à leur territoire au nom de la lutte contre le terrorisme, avec des répercussions majeures sur les exportations de l’Union européenne.

📌 Au Brésil, une hausse de 30 % des taxes frappe depuis 2011 les véhicules importés dont les pièces ne sont pas au moins à 65 % fabriquées dans le Mercosur.

  • Pour importer une centaine de voitures en Argentine, Porsche s’est engagé à acheter du vin et de l’huile d’olive argentins, tandis que BlackBerry a ouvert une usine dans le pays pour continuer à y vendre ses téléphones.

  • Au dernier trimestre 2008, les exportations mondiales ont chuté de 20 %, mais leur valeur a recommencé à croître depuis la fin de 2009, à une moyenne de 4 % par an.

  • Aux États-Unis et en France, une économie est officiellement en récession lorsque son taux de croissance est négatif pendant deux trimestres successifs.

  • Les crises industrielles se propagent généralement du krach boursier aux difficultés productives et aux faillites bancaires, puis au commerce et à l’industrie, où baissent la production, les prix et les salaires tandis que le chômage augmente.

Astuce mémo

Barrières protectionnistes, mais échanges mondiaux toujours croissants

16. Crises industrielles classiques

Notions clés & Définitions

  • Stagflation : Coexistence d’une stagnation de la production, source de chômage, et de l’inflation.

★ À maîtriser

  • Le 9 mai 1873, le retournement de la Bourse de Vienne se propage à Berlin, puis à Londres et Paris.

  • Le 24 octobre 1929, l’effondrement des cours boursiers américains amorce la crise de 1929.

  • En octobre 1973, les pays de l’OPEP quadruplent le prix du pétrole, ce qui entraîne notamment une hausse de l’inflation, des déficits commerciaux, un ralentissement de la croissance et une hausse du chômage dans les pays occidentaux.

📌 La crise des années 1970 se distingue de celle des années 1930 parce que les taux de croissance fléchissent sans baisse générale de la production, les prix continuent d’augmenter, le commerce international se poursuit et la consommation progresse plus lentement plutôt que de chuter.

Compléments

  • En septembre 1873, la crise atteint les États-Unis après la spéculation sur les sociétés ferroviaires, puis entraîne des faillites bancaires et une récession américaine de cinq ans, avec des taux d’intérêt atteignant 25 %.

  • En 1882, un krach boursier commencé à Lyon déclenche une crise bancaire et de nombreuses faillites bancaires et industrielles en France.

  • La crise mondiale commencée en 1873 se termine en 1897, ouvrant la « belle époque » avec la concentration des entreprises et le développement de nouvelles techniques et de nouveaux secteurs industriels.

  • L’indice Dow Jones passe de 115 en 1929 à 26 en 1932.

  • Entre 1929 et 1933, le PIB américain baisse de 30 %, tandis que la production industrielle américaine chute de 62 %.

  • Durant la première moitié des années 1930, les échanges internationaux baissent en valeur des deux tiers, sous l’effet notamment du protectionnisme et des dévaluations compétitives engagées à partir de 1931.

  • Dans les pays de l’OCDE, le taux de croissance passe de 4,5 % entre 1970 et 1973 à 2,8 % entre 1974 et 1979.

  • La hausse du prix du pétrole déclenche la crise de 1973, mais des déséquilibres préexistants incluent la crise du système monétaire international après l’abandon des changes fixes, la baisse des gains de productivité et une inflation rampante.

  • Selon l’École de la régulation, le mode de régulation concurrentiel du XIXe siècle favorise la surproduction et laisse progressivement place au mode monopolistique des Trente Glorieuses, caractérisé par la concentration des entreprises et une forte intervention de l’État.

  • Au début des années 1970, le mode de régulation fordiste entre en crise notamment en raison du ralentissement de la productivité du travail et de la baisse de la productivité du capital.

Astuce mémo

Krach boursier → faillites bancaires → baisse de la production et de l’emploi

17. Ajustement structurel et Consensus de Washington

Notions clés & Définitions

  • Consensus de Washington : Principes utilisés par le FMI et la Banque mondiale pour gérer la crise de la dette extérieure des pays en développement durant les années 1980.

★ À maîtriser

  • À partir de 1979, la hausse des taux d’intérêt américains et la récession des pays du Nord pénalisent les pays en développement en renchérissant leur dette et en réduisant leurs recettes d’exportation.

  • En août 1982, le Mexique déclare ne plus pouvoir rembourser ses dettes, suivi par une trentaine de pays latino-américains et africains.

  • Les dix commandements de Williamson sont : limiter le déficit budgétaire à 1-2 % du PIB ; réorienter les dépenses publiques vers des domaines prioritaires comme la santé, l’éducation et les infrastructures ; élargir l’assiette fiscale ; fixer des taux d’intérêt positifs déterminés par le marché ; libéraliser le commerce et les importations ; adopter un taux de change compétitif ; ouvrir le pays aux investissements directs étrangers ; privatiser ; déréglementer ; défendre les droits de propriété.

📌 L’ajustement structurel associe une stabilisation à court terme face aux déséquilibres économiques et une transformation à long terme des structures de l’économie.

  • Au Mexique, les sorties de capitaux provoquent l’effondrement des réserves et du taux de change ; les importantes échéances de dette libellée en dollars ou indexée sur le dollar menacent ensuite le pays de cessation de paiement, évitée grâce à un sauvetage par les États-Unis et le FMI.

  • Les défaillances bancaires asiatiques, notamment les liens étroits entre banques et clientèle, favorisent les créances douteuses et les bulles financières et immobilières.

📌 Les sorties de capitaux peuvent déclencher et amplifier les crises émergentes, mais elles n’en sont pas les seules responsables, car les déficits commerciaux, la perte de compétitivité et la dégradation de l’appareil productif rendent ces économies vulnérables.

Compléments

  • Entre 1968 et 1980, l’endettement extérieur des pays en développement est multiplié par 12.

  • Entre 1974 et 1982, le ratio de la dette extérieure sur les exportations passe de 72,2 % à 113,7 %, tandis que le service de la dette passe de 8,5 % à 17,2 % du PIB.

  • Entre 1970 et 1984, la dette des pays en développement passe de 100 à 900 milliards.

  • Le plan Brady de 1989 permet aux banques d’échanger leurs créances après décote contre des titres financiers et marque un début de solution à la crise de la dette.

  • John Williamson, économiste de l’Institute of International Economics de Washington, donne la première définition académique du Consensus de Washington en 1990.

  • Le champ d’application principal du Consensus de Washington est l’Amérique latine, marquée par l’hyperinflation et les déficits budgétaires.

  • L’application des politiques d’ajustement a contribué à arrêter la hausse excessive des prix dans la majorité des pays, mais la pauvreté est restée élevée et les inégalités ont augmenté.

  • Au Mexique, le déficit commercial atteint 7 % du PIB en 1994 après l’appréciation du change et la libéralisation commerciale, tandis que le taux d’investissement ne s’élève qu’à 22 % du PIB en 1993, contre 35 % en Asie du Sud-Est.

18. Des bulles financières à la crise des subprimes

Notions clés & Définitions

  • Subprimes : Crédits accordés à des ménages n’ayant souvent aucun revenu régulier et parfois aucun emploi, puis transformés par les banques en titres financiers.

★ À maîtriser

  • La hausse des taux d’intérêt entraîne l’éclatement de la bulle des nouvelles technologies en mars 2000, un krach boursier et une récession économique.

  • La baisse des prix immobiliers à partir de 2006 et la hausse des défauts de paiement entraînent la dégradation des titres liés aux subprimes, la méfiance entre banques et la contraction du crédit, ce qui propage la crise aux marchés financiers et à l’économie mondiale.

📌 Une politique budgétaire restrictive peut freiner la croissance et réduire les recettes fiscales, tandis qu’une politique expansive risque d’accroître la dette si elle ne relance pas suffisamment l’activité.

Compléments

  • Dans la décennie précédant la crise de 2008, les prix immobiliers sont multipliés par deux aux États-Unis, par 2,5 en France, par 3 en Espagne et au Royaume-Uni, et par 4 en Irlande.

  • Les CDO sont des crédits bancaires transformés en titres financiers et vendus par les banques sur les marchés afin de transférer les risques de non-remboursement.

  • En 2008, l’endettement des ménages américains atteint 140 % de leurs revenus, contre 75 % pour les ménages français.

  • Aux États-Unis, entre 1964 et 2008, le salaire horaire moyen augmente de 30 % en termes réels tandis que les gains de productivité progressent de 140 %.

  • En Grèce, le plan d’austérité de 2012 prévoit une réduction budgétaire de 12 % du PIB entre 2012 et 2015, une baisse de 35 % des salaires des fonctionnaires et la suppression de 150 000 postes.

  • Le plan grec :

    • Allonge la durée de cotisation à la retraite de 37 à 40 annuités
    • Reporte l’âge légal de départ à 65 ans
    • Réduit de moitié les indemnités de licenciement
  • Le plan grec porte la TVA à 23 % et réduit le salaire minimum de 22 %, de 750 à 586 euros.

  • Après 2008, le PIB grec ne cesse de baisser, tandis que le chômage touche un travailleur sur cinq et près d’un jeune sur deux.

  • À la fin de 2021, la dette publique atteint 120 % du PIB en France, tandis qu’elle plafonne autour de 100 % du PIB aux États-Unis et dans la zone euro.

Astuce mémo

Bulle des NTIC → bulle immobilière → défauts de paiement → défiance bancaire.

Tableaux de synthèse

Centres successifs de l’économie-monde

PériodeCentreÉvolution
1500–1550AnversCentre commercial dominant
Seconde moitié du XVIe siècleGênesCentre financier et redistributeur des métaux américains
Tournant du XVIe siècle à la fin du XVIIIeAmsterdamCentre commercial et maritime dominant
Après la révolution industrielleAngleterrePremière puissance capitaliste

Transformations des rapports de production

FormeOrganisationTravail
Artisanat individuelProduction disperséeArtisan indépendant
Travail à domicileArtisans dispersés liés aux marchandsTravail rémunéré à la pièce
ManufactureArtisans réunis sous une directionDiscipline collective
Usine industrielleProduction mécanisée concentréeSalariat généralisé

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1. Une analyse économique explique les décisions d’un État par la recherche de son intérêt collectif, plutôt que par la seule poursuite des intérêts individuels. À quelle école cette perspective correspond-elle ?

2. Une équipe d’historiens économiques étudie une série de salaires anciens à l’aide de tests statistiques, de modèles mathématiques et de régressions. Quelle démarche met-elle en œuvre ?

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Selon List et Knies, quel intérêt moteur explique l’économie et l’histoire ?

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Que relie l’approche historique pluridisciplinaire ?

L’économique, le social et le politique.

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