Fiche de révision : Croissance, échanges et chômage

Plan du Cours

  1. Sources et mesure de la croissance
  2. Innovation et croissance endogène
  3. Institutions et destruction créatrice
  4. Inégalités et limites écologiques
  5. Avantages comparatifs et échanges
  6. Firmes et chaînes de valeur mondiales
  7. Commerce et chômage
  8. Politiques de lutte contre le chômage
  9. Structure sociale et mutations des emplois
  10. Classes sociales et stratification
  11. Mesurer les mobilités sociales
  12. Trajectoires et facteurs de mobilité
  13. Emploi, organisation et transformations du travail
  14. Travail et intégration sociale
  15. Précarisation et qualité des emplois

1. Sources et mesure de la croissance

Notions clés & Définitions

  • Croissance économique : Augmentation durable des richesses produites dans un pays ou un groupe de pays, mesurée par la variation du PIB réel, corrigée de l’inflation.
  • Productivité globale des facteurs : Mesure l’efficacité de la combinaison du travail et du capital.

★ À maîtriser

📌 La croissance extensive provient de l’augmentation des facteurs travail et capital, tandis que la croissance intensive repose sur l’amélioration de leur efficacité, mesurée par la PGF.

  • Au Japon, en 2021-2022, la croissance annuelle du PIB de 1,0 % se décompose en 0,1 point dû au travail, 0,2 point au capital et 0,7 point à la PGF.

Compléments

📌 La croissance globale mesure l’évolution de la production de toute la nation, tandis que la croissance par tête rapporte le PIB à la population et renseigne sur le niveau de vie moyen.

  • Le volume du travail augmente par l’allongement de la durée annuelle du travail ou par la hausse de la population active occupée, liée notamment à la démographie, au taux d’activité féminine ou à l’immigration économique.

  • L’investissement dans le capital physique accroît les capacités productives et stimule directement la hausse du PIB.

  • Dans une décomposition comptable de la croissance, la part de la hausse du PIB que l’évolution du capital et du travail n’explique pas constitue le résidu de Solow, correspondant à la PGF, qui ne se mesure pas directement.

Astuce mémo

Extensive : plus de facteurs ; intensive : facteurs plus productifs

2. Innovation et croissance endogène

Notions clés & Définitions

  • Innovation : Application réussie d’une invention, d’une découverte ou d’une idée nouvelle dans le domaine économique et commercial.
  • Capital humain : Ensemble des capacités, compétences et qualifications acquises par les individus, notamment par l’éducation et la santé.

Points essentiels

📌 Dans les modèles classiques, le progrès technique est exogène, tandis que les théories développées depuis 1980 le considèrent comme endogène, issu des décisions d’investissement des agents économiques. - Romer, Lucas, Barro

📌 L’innovation de procédé améliore ou crée des techniques de production, tandis que l’innovation de produit améliore ou crée des biens ou des services.

  • Les investissements qui stimulent le progrès technique portent sur :

    • la recherche et développement
    • le capital humain
    • le capital physique
    • les infrastructures publiques
  • Les investissements en R&D et en éducation favorisent les innovations et la hausse de la PGF, qui stimulent la croissance économique ; les richesses créées financent ensuite de nouveaux investissements.

Astuce mémo

Investissements → innovation → PGF → croissance → nouveaux investissements

3. Institutions et destruction créatrice

Notions clés & Définitions

  • Institution : Ensemble relativement stable de règles formelles, comme le droit et les lois, et informelles, comme les usages et les coutumes, qui encadrent les interactions entre agents économiques.
  • Droit de propriété : Permet d’utiliser légalement un bien (usus), d’en retirer des revenus (fructus) et de le céder ou vendre (abusus).
  • Destruction créatrice : Schumpeter - Processus par lequel les innovations transforment continuellement l’économie, rendent obsolètes les anciennes technologies, détruisent des activités moins rentables et en créent de nouvelles plus performantes.

★ À maîtriser

  • Le brevet garantit à l’innovateur un monopole temporaire qui lui permet d’amortir et de rentabiliser ses coûts de recherche.

Compléments

  • Une forte inflation ou la corruption accroît les risques économiques et décourage l’investissement.

  • L’État limite la durée des brevets ou autorise certaines imitations afin d’éviter qu’un innovateur bloque durablement le marché et de favoriser la diffusion de l’innovation.

  • Les institutions doivent protéger l’innovation par les brevets tout en appliquant des politiques de concurrence qui empêchent les abus de position dominante de bloquer l’arrivée de concurrents innovants.

Astuce mémo

Le brevet protège l’innovation ; la concurrence empêche le verrouillage du marché

4. Inégalités et limites écologiques

Notions clés & Définitions

  • Croissance soutenable : Rapport Brundtland, 1987 - Répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.
  • Découplage : Consiste à dissocier l’augmentation de la production, mesurée par le PIB, de son impact environnemental négatif.

★ À maîtriser

  • Aux États-Unis, la part des revenus captée par les 1 % les plus riches est passée de 10 % en 1980 à 22 % en 2022.

📌 Les emplois routiniers et automatisables sont menacés par le progrès technique, les emplois qualifiés bénéficient de gains de productivité et de salaires, tandis que les emplois non routiniers peu qualifiés restent souvent stables mais connaissent peu de gains de productivité.

  • Les trois limites écologiques de la croissance sont :
    • l’épuisement des ressources naturelles
    • l’augmentation des pollutions
    • le réchauffement climatique

Compléments

  • Les rentes de monopole issues d’innovations réussies augmentent la rémunération des innovateurs et des actionnaires par rapport au reste de la population.

  • Le progrès technique concentre les richesses dans des pôles innovants comme la Silicon Valley et Bangalore, tandis que d’autres territoires sont délaissés.

  • La production peut épuiser les ressources en les consommant plus vite que leur régénération ; cela concerne notamment les ressources non renouvelables comme le pétrole, le lithium et l’uranium, ainsi que les ressources renouvelables comme les nappes phréatiques et les ressources halieutiques.

  • La croissance économique mondiale est historiquement corrélée aux émissions de gaz à effet de serre, notamment de CO2, qui diminuent lors des récessions comme en 2008 et pendant le confinement de 2020.

  • L’élevage intensif de porcs en Bretagne a saturé les sols en nitrates, favorisant la prolifération d’algues vertes toxiques et la pollution des eaux souterraines.

5. Avantages comparatifs et échanges

Notions clés & Définitions

  • Avantage comparatif : P. Krugman - Un pays possède un avantage comparatif dans la production d’un bien si sa productivité relative dans cette activité dépasse celle de ses partenaires, ce qui se traduit par des coûts de production relativement plus faibles.
  • Dotations factorielles : Heckscher-Ohlin - Quantités de capital et de travail, qualifié ou peu qualifié, dont dispose une économie.
  • Chaîne de valeur : Ensemble des activités successives nécessaires à la conception et à la réalisation d’un produit, de la recherche-développement à la vente et au service après-vente.
  • Dotations technologiques : Ricardo - Stock de capital technologique, mesuré par les brevets, et de capital humain, mesuré par le niveau de diplôme moyen de la population active.

★ À maîtriser

  • Les différences d’efficacité incitent chaque économie à se spécialiser dans les biens ou services pour lesquels elle dispose de l’avantage comparatif le plus marqué.

  • L’abondance relative d’un facteur fait baisser son prix, ce qui donne au pays un avantage comparatif dans les productions qui utilisent intensivement ce facteur.

📌 La différenciation horizontale concerne des produits de même gamme mais de variétés différentes, tandis que la différenciation verticale concerne des produits similaires de gammes et de prix différents.

Compléments

  • Les pays en développement, relativement abondants en travail peu qualifié, tendent à se spécialiser dans des biens nécessitant beaucoup de main-d’œuvre et peu de capital, tandis que les pays développés, relativement abondants en capital et en travail qualifié, tendent à se spécialiser dans les productions capitalistiques ou de haute technologie.

  • Des stocks élevés de capitaux technologique et humain augmentent la productivité du travail, réduisent les coûts et les prix, et confèrent un avantage comparatif au pays.

  • Les échanges entre pays comparables représentent plus de 40 % du commerce mondial.

  • Le commerce français de produits manufacturés comprend 42 % d’échanges de différenciation verticale.

  • La fabrication du lanceur européen Ariane 6 répartit les tâches entre 600 entreprises de 13 pays européens.

6. Firmes et chaînes de valeur mondiales

Notions clés & Définitions

  • Compétitivité d’un pays : Aptitude à exporter et à accroître ses exportations en conquérant de nouveaux marchés ou en étendant les marchés existants face à la concurrence.

★ À maîtriser

📌 La compétitivité-prix repose sur la baisse des coûts et des prix grâce aux gains de productivité, tandis que la compétitivité hors-prix repose sur des caractéristiques valorisées comme la qualité, l’innovation, la marque, le design, le contenu technologique, la fiabilité et le service après-vente.

  • Les entreprises internationalisent leurs chaînes de valeur pour localiser chaque étape là où les avantages de coûts, de compétences ou de structure sont les plus forts.

📌 L’internationalisation interne consiste à investir directement à l’étranger pour y implanter une filiale, tandis que l’internationalisation externe consiste à confier des tâches à une entreprise sous-traitante.

Compléments

  • Moins de 10 % des entreprises françaises exportent, tandis que près de 75 % des grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire exportent.

  • Les coûts du commerce comprennent :

    • le transport
    • la recherche de partenaires
    • la mise aux normes locales
    • l’embauche de personnel polyglotte
    • les formalités douanières
  • Les chaînes de valeur mondiales représentent près de la moitié des échanges mondiaux, contre 37 % en 1970.

  • Les facteurs historiques de l’internationalisation de la production dans les années 1980 sont :

    • la libéralisation commerciale
    • les progrès des transports
    • l’essor des TIC
    • la globalisation financière
    • la gouvernance actionnariale
  • Intel localise les activités intensives en travail qualifié, comme la fabrication des tranches de silicium et la R&D, aux États-Unis, en Israël et en Irlande, et externalise l’assemblage en Malaisie, aux Philippines, au Costa Rica et en Chine.

Astuce mémo

Internationalisation interne : filiale ; externe : sous-traitance

7. Commerce et chômage

Notions clés & Définitions

  • Chômage : Au sens du BIT, le chômage concerne les personnes de 15 ans ou plus qui n’ont pas travaillé ne serait-ce qu’une heure pendant la semaine de l’enquête, sont disponibles pour travailler dans les deux semaines et recherchent activement un emploi depuis quatre semaines ou en ont trouvé un commençant dans moins de trois mois.
  • Sous-emploi : Le sous-emploi concerne les personnes qui travaillent à temps partiel tout en souhaitant et pouvant travailler davantage, ou qui ont involontairement travaillé moins d’heures que d’habitude.
  • Chômage structurel : Part du chômage qui s’explique par les structures de l’économie affectant durablement le fonctionnement du marché du travail.
  • Appariement : Mise en relation de la demande d’emploi des travailleurs et de l’offre d’emploi des producteurs ; ses difficultés se manifestent par la coexistence d’emplois vacants et de demandeurs d’emploi.
  • Salaire d’efficience : Salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché, choisi par l’employeur pour attirer les meilleurs profils, limiter les comportements opportunistes et inciter à l’effort.
  • Chômage conjoncturel : Part du chômage liée aux variations de l’activité économique à court terme.

★ À maîtriser

  • La baisse des prix liée au commerce international s’explique par :
    • l’avantage comparatif
    • les économies d’échelle
    • les consommations intermédiaires moins chères
    • l’intensité concurrentielle

📌 Le libre-échange supprime les entraves aux échanges, tandis que le protectionnisme limite les importations par des barrières tarifaires, comme les droits de douane et les subventions, ou non tarifaires, comme les quotas.

📐 Formule - Le taux de chômage est égal à nombre de choˆmeursnombre d’actifs×100\frac{\text{nombre de chômeurs}}{\text{nombre d’actifs}} \times 100, où les actifs comprennent les personnes en emploi et les chômeurs.

📐 Formule - Le taux d’emploi est égal à nombre de personnes en emploi en aˆge de travaillerpopulation en aˆge de travailler×100\frac{\text{nombre de personnes en emploi en âge de travailler}}{\text{population en âge de travailler}} \times 100.

📌 Les inadéquations spatiales proviennent de la séparation géographique entre demandeurs et emplois vacants et n’expliquent qu’une faible partie du chômage, tandis que les inadéquations de qualifications opposent les compétences des chômeurs aux besoins des entreprises et constituent une cause majeure du chômage observé.

📌 Un salaire minimum fixé trop haut peut réduire l’emploi en augmentant le coût du travail, tandis qu’un salaire minimum peut aussi favoriser la reprise d’emploi, l’implication, la productivité et la formation.

  • Une reprise de la croissance du PIB réel accroît la demande globale, augmente la production et les besoins de main-d’œuvre, puis entraîne des embauches et une baisse du chômage.

Compléments

  • En France, les importations de biens finals provenant de pays à bas salaires représentaient une économie moyenne de 1 000 € par an et par ménage en 2014, comparativement à 1994.

  • L’importation de boutons ou de fermetures éclair réduit de 55 % le prix des vêtements manufacturés français, et l’importation de biens intermédiaires réduit de 9 % l’indice agrégé des prix.

  • La population mondiale vivant sous le seuil d’extrême pauvreté est passée de 2 milliards en 1989 à 736 millions en 2015.

8. Politiques de lutte contre le chômage

★ À maîtriser

  • Le chômage conjoncturel résulte des variations de l’activité économique à court terme : une chute de la demande globale réduit l’activité et augmente le chômage.

📌 Un diagnostic du type de chômage est indispensable, car chaque type requiert une politique publique adaptée : soutien macroéconomique de la demande contre le chômage conjoncturel, et réduction des rigidités contre le chômage structurel.

  • Le soutien de la demande agit sur l’investissement par les commandes publiques ou la baisse des taux d’intérêt, et sur la consommation par la baisse des prélèvements ou des aides directes aux ménages.

  • Les politiques d’allègement du coût du travail réduisent les cotisations sociales ou le salaire minimum pour encourager l’embauche des moins qualifiés.

Compléments

  • Aux États-Unis, la crise de 1929 fait passer le chômage de 10 % en 1930 à 25 % en 1932.

  • Les entreprises n’ajustent pas instantanément leurs effectifs à la conjoncture, car les procédures d’embauche et de licenciement entraînent un délai lié à la protection de l’emploi.

  • Les politiques de formation prennent trois formes :

    • la formation initiale des jeunes
    • la formation continue des salariés en poste
    • des formations ciblées pour les chômeurs selon les besoins des secteurs qui recrutent
  • La flexibilisation peut faciliter la baisse des salaires réels, assouplir les conditions d’embauche et de licenciement, ou permettre une baisse du temps de travail accompagnée d’une baisse de salaire en période de crise.

📌 En période de faible activité, la baisse de la protection de l’emploi peut accélérer les licenciements ou réduire le niveau de vie des travailleurs, ce qui impose d’évaluer ses effets positifs et négatifs avant une décision politique.

Astuce mémo

Demande soutenue → activité relancée → embauches

9. Structure sociale et mutations des emplois

Notions clés & Définitions

  • Espace social : Distances entre individus selon leurs dotations économiques, sociales et culturelles.

★ À maîtriser

  • La PCS, le revenu et le diplôme structurent les positions sociales en rapprochant les individus selon leur métier, leurs ressources et leurs qualifications.

  • La tertiarisation fait passer la part du secteur tertiaire dans la population active d’un peu plus de 40 % en 1962 à presque 80 % en 2020.

Compléments

  • 74 % des cadres ont un diplôme supérieur à Bac+2, contre 3 % des ouvriers.

  • Le taux de pauvreté des non-diplômés est de 11,1 %, contre 4,6 % pour les diplômés d’un Bac+3 ou plus.

  • Les facteurs sociodémographiques comprennent :

    • la composition du ménage
    • la position dans le cycle de vie
    • le sexe
    • le lieu de résidence
  • En 2020, le niveau de vie médian des familles monoparentales est de 16 710 €, contre 29 010 € pour les couples sans enfant.

  • La part des bacheliers dans une génération augmente de 29 % en 1985 à 80 % en 2022.

  • La part des cadres passe de 2,9 % en 1954 à 22 % en 2022, tandis que celle des ouvriers passe de 30 % en 1954 à 19 % aujourd’hui.

  • La part des femmes de 25 à 59 ans en activité passe d’une sur deux au début des années 1970 aux trois quarts aujourd’hui.

10. Classes sociales et stratification

★ À maîtriser

📌 Marx analyse les classes selon un critère économique lié à la place dans la production et oppose bourgeoisie et prolétariat, tandis que Weber distingue les ordres économique, social et politique.

  • Chez Marx, la classe en soi repose sur des caractéristiques objectives communes, tandis que la classe pour soi suppose une conscience de classe et une mobilisation collective. - Karl Marx, 1818-1883

Compléments

  • Chez Weber, le prestige et la considération sociale fondent des groupes de statut partageant un même style de vie. - Max Weber, 1864-1920

  • L’éclatement de la classe ouvrière entre salariés qualifiés et non qualifiés, sous l’effet du chômage et de la précarité, affaiblit les intérêts communs et la mobilisation collective.

  • L’individualisation des carrières et la fragilisation de l’emploi affaiblissent le sentiment d’appartenance et les collectifs de travail.

  • En 2021, avant redistribution, le niveau de vie plancher des 5 % les plus aisés augmente de 5,6 %, tandis que celui des 20 % les plus démunis baisse de 2 %.

  • La grande bourgeoisie illustre la classe pour soi par sa conscience des intérêts collectifs et ses stratégies de fermeture sociale.

Astuce mémo

Marx : production et lutte des classes ; Weber : économie, prestige et pouvoir

11. Mesurer les mobilités sociales

Notions clés & Définitions

  • Mobilité sociale intergénérationnelle : Fait d’appartenir à une PCS différente de celle de son parent à la fin des études.

★ À maîtriser

  • La table de destinée part de la PCS du père en ligne et répartit les fils selon leur PCS en colonne ; chaque ligne totalise 100 %.

  • La table de recrutement part de la PCS du fils en colonne et indique l’origine sociale des pères en ligne ; chaque colonne totalise 100 %.

Compléments

📌 La mobilité professionnelle correspond au changement de situation professionnelle d’un individu au cours de sa vie active, tandis que la mobilité géographique correspond à un changement de lieu de résidence habituel.

  • Dans les tables de mobilité, la diagonale mesure l’immobilité sociale : une valeur proche de 0 indique davantage de mobilité et une valeur proche de 100 une reproduction plus forte.

  • D’après les données FQP 2014-2015, 27 % des fils d’agriculteurs deviennent agriculteurs, tandis que 81 % des agriculteurs sont fils d’agriculteurs.

  • Les tables de mobilité ne mesurent que les PCS, dépendent du degré de précision de la nomenclature et ne rendent pas compte du ressenti subjectif du déclassement.

Astuce mémo

Destinée : où vont les fils ; recrutement : d’où viennent-ils

12. Trajectoires et facteurs de mobilité

Notions clés & Définitions

  • Mobilité structurelle : Mobilité sociale qui découle des transformations de la structure de la population active entre la génération des pères et celle des fils.
  • Fluidité sociale : Force du lien entre l’origine sociale et la position sociale, indépendamment des transformations de la structure économique.

★ À maîtriser

📌 Une hausse de la mobilité sociale ne signifie pas nécessairement une hausse de la fluidité, car elle peut résulter des changements de structure des emplois ou de mobilités horizontales courtes.

  • Le diplôme favorise l’accès à l’emploi qualifié, mais un diplôme supérieur à celui des parents ne garantit pas une position sociale supérieure, notamment en raison de la dévalorisation des titres scolaires.

  • Les ressources familiales comprennent trois formes de capital :

    • le capital économique
    • le capital culturel
    • le capital social

Compléments

  • Le rapport des chances relatives compare, pour les fils de cadres et les fils d’ouvriers qualifiés, les chances de devenir cadre plutôt qu’ouvrier ; un rapport égal à 1 indique une fluidité totale.

  • En France, le rapport des chances relatives d’un fils de cadre de devenir cadre plutôt qu’ouvrier qualifié, comparé à celui d’un fils d’ouvrier qualifié, passe de 28,2 en 1977 à 12,0 en 2015.

  • La mobilité ascendante des hommes passe de 31 % en 2003 à 28 % en 2015, tandis que le déclassement passe de 7 % en 1977 à 15 % en 2015.

  • La scolarisation et la tertiarisation font passer la mobilité ascendante des filles par rapport à leurs mères de 17 % en 1977 à 40 % en 2015.

  • À diplôme égal, un jeune dont les deux parents sont cadres a 1,3 fois plus de chances d’obtenir un poste de cadre dès son premier emploi qu’un jeune issu d’une famille à dominante employée.

  • Les familles monoparentales représentent 24,9 % des familles en 2019, contre 9,4 % en 1975.

  • À caractéristiques égales, les enfants de parents séparés ont une probabilité d’obtenir un diplôme inférieur au bac supérieure de 6,8 points à celle des enfants de couples unis.

13. Emploi, organisation et transformations du travail

Notions clés & Définitions

  • Population active : Personnes en emploi et chômeurs.
  • Chômage : Personnes sans emploi, disponibles dans les 15 jours et effectuant des démarches actives de recherche d’emploi.
  • Qualité de l’emploi : La qualité de l’emploi mesure le niveau des droits et des garanties offerts au travailleur à partir de six dimensions interdépendantes : conditions de travail, salaire, sécurité économique, horizon de carrière, potentiel de formation et variété des tâches.

★ À maîtriser

📌 Le travail est une activité humaine de production qui crée des ressources, peut contribuer à l’accomplissement individuel et participe à définir le statut social.

📌 L’emploi est la part rémunérée du travail ; l’emploi salarié repose sur un contrat et une relation de subordination, tandis que l’emploi non salarié est exercé de façon indépendante.

  • Le modèle taylorien sépare conception et exécution, parcellise et chronomètre les tâches, et impose une hiérarchie stricte. - F.W. Taylor

  • Le modèle post-taylorien recherche la flexibilité, recombine les tâches par élargissement ou enrichissement et favorise la participation des salariés à des projets ou groupes semi-autonomes.

  • Le numérique polarise l’emploi en détruisant des emplois intermédiaires routiniers et en favorisant les emplois très qualifiés ainsi que certains emplois peu qualifiés nécessitant de la dextérité ou une proximité géographique.

Compléments

  • Le temps partiel concerne un emploi sur dix en 1980 et un sur cinq en 2015 ; en 2015, il est occupé à 80 % par des femmes.

  • Les troubles musculo-squelettiques représentent les 4/5es des maladies professionnelles en France.

  • En 2016, 35,2 % des salariés subissent au moins trois contraintes de rythme et 43 % ne peuvent pas quitter leur travail des yeux.

  • Le télétravail concerne 27 % des salariés en janvier 2021, contre 4 % en 2019, et s’accompagne empiriquement d’un temps de travail moyen plus élevé.

14. Travail et intégration sociale

Notions clés & Définitions

  • Intégration sociale : Processus par lequel un individu trouve sa place et est relié aux différents groupes de la société.

Points essentiels

  • Le travail favorise l’intégration sociale par :

    • un statut et des droits
    • des liens sociaux et de la sociabilité
    • un revenu
    • une utilité sociale
  • Le chômage de longue durée peut exclure socialement en réduisant les ressources financières, en délitant les liens sociaux et en affaiblissant l’estime de soi et les rythmes quotidiens.

15. Précarisation et qualité des emplois

★ À maîtriser

  • La hausse des contrats atypiques, comme les CDD, l’intérim, le temps partiel subi et le faux travail indépendant des plateformes, accroît l’incertitude sur l’avenir et fragilise l’intégration.

  • Le fractionnement des contrats complique l’insertion dans les collectifs de travail, empêche de tisser des liens solides de solidarité et éloigne les travailleurs de l’action collective ou syndicale.

  • Les travailleurs cantonnés à des tâches dévalorisées, comme la manutention et l’entretien, subissent de mauvaises conditions de travail, des perspectives de carrière bouchées et un manque de reconnaissance sociale qui nuit à leur estime de soi.

📌 Lors de la crise sanitaire, le caractère essentiel des travailleurs de première ligne, comme les caissiers, les aides à domicile et les livreurs, a été mis en valeur, mais leurs faibles salaires, leur précarité structurelle et l’intensification de leur rythme de travail ont continué de freiner leur intégration stable.

Compléments

  • L’alternance entre emploi et chômage expose les travailleurs précaires à la pauvreté et peut bloquer leur accès au logement ou au crédit bancaire, qui exigent des garanties de stabilité.

  • La précarité étant devenue la principale porte d’entrée sur le marché du travail, elle touche particulièrement les jeunes et altère leur socialisation professionnelle initiale.

  • Les emplois de haute qualité cumulent reconnaissance, épanouissement et stabilité, renforçant les cercles d’intégration familiaux et citoyens.

Astuce mémo

La reconnaissance des emplois essentiels contraste avec la précarité de leurs conditions réelles.

Tableaux de synthèse

Croissance extensive et intensive

TypeMécanismeSource
ExtensiveAugmentation des facteursTravail et capital
IntensiveAmélioration de l’efficacitéPGF

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1. Concernant la mesure de la croissance économique :

2. Une analyste cherche à mesurer l’efficacité avec laquelle travail et capital sont combinés dans une entreprise. Quel indicateur convient ?

Faire le QCM →

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Comment la croissance économique est-elle mesurée ?

Par la variation du PIB réel, corrigée de l’inflation.

De quoi provient la croissance extensive ?

De l’augmentation des facteurs travail et capital.

Que mesure la productivité globale des facteurs ?

L’efficacité de la combinaison du travail et du capital.

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