Fiche de révision : Du socialisme aux néoclassiques

Plan du Cours

  1. Fondements de la science économique
  2. Épreuve et analyse documentaire
  3. Argumentation et choix du plan
  4. Plans d’opposition et de proposition
  5. Microéconomie et macroéconomie
  6. Offre, demande et équilibre du marché
  7. Coût d’opportunité et raisonnement marginal
  8. Défaillances du marché et intervention publique
  9. Pensée économique de l’Antiquité
  10. Doctrine mercantiliste
  11. Les physiocrates
  12. Les économistes classiques
  13. Marx et les contradictions capitalistes
  14. Fondements de la pensée néoclassique
  15. Économie d’échelle et valeur subjective
  16. Crise de 1929 et intervention publique
  17. Keynésianisme et cycles économiques
  18. Synthèse keynésienne et modèles
  19. Schumpeter et destruction créatrice
  20. Production et ressources des entreprises
  21. Consommation finale et dépenses publiques
  22. Mesure et structure de la consommation
  23. Théories de la consommation
  24. Définition et mesure de l’investissement
  25. Les formes d’investissement
  26. Demande et principe de l’accélérateur
  27. Profits et financement de l’investissement
  28. Mesurer le PIB par ses approches
  29. Répartition de la valeur ajoutée
  30. PIB nominal et croissance en volume
  31. Utilité, limites et indicateurs alternatifs
  32. Limites de l’IDH et indicateurs complémentaires
  33. Indicateurs alternatifs au PIB
  34. Perspectives économiques allemandes
  35. Faiblesses structurelles allemandes
  36. Croissance, finances publiques et politiques
  37. Mesures climatiques allemandes et effets attendus
  38. Situation et tensions du marché du travail
  39. Résilience et perspectives industrielles

1. Fondements de la science économique

★ À maîtriser

  • Les cinq compétences professionnelles du référentiel sont :

    • Expliquer les principes de la microéconomie
    • Décrire les structures de marché
    • Expliquer les effets des décisions de coûts et de prix
    • Expliquer les effets des environnements réglementaires et politiques
    • Connaître les facteurs économiques influençant un secteur ou une entreprise
  • Le programme est organisé en sept parties :

    • Fondements de la science économique
    • Fonctionnement des marchés
    • Financement de l’activité économique
    • Croissance économique
    • Régulation publique
    • Déséquilibres sociaux
    • Mondialisation des économies
  • La partie 2 aborde :

    • La loi de l’offre et de la demande
    • La concurrence pure et parfaite
    • La concurrence imparfaite
    • La régulation de la concurrence
    • Les marchés contestables
    • Les externalités
    • Les biens collectifs
    • Les asymétries d’information
  • La partie 3 traite de :

    • L’épargne
    • L’investissement
    • Les circuits de financement
    • L’intermédiation financière
    • La monnaie
    • La création monétaire bancaire
    • Les marchés de capitaux

Compléments

  • L’épreuve écrite d’Économie contemporaine analyse un dossier documentaire et traite une question problématisée en 4 heures, avec un coefficient 1 et 14 ECTS.

  • Le programme de l’UE 5 du DCG est énoncé dans le BO n° 32 du 28 août 2025.

  • Le programme vise à étudier les thèmes fondamentaux de l’économie aux niveaux microéconomique et macroéconomique afin de comprendre le fonctionnement de l’économie et ses enjeux contemporains.

  • Les compétences transversales comprennent l’exploitation de documents variés, la synthèse et la présentation d’informations économiques, la veille économique, l’analyse de situations et de décisions, l’élaboration d’argumentations problématisées et le débat argumenté.

  • La partie 1 porte sur les fondements de la science économique et représente 16 heures, réparties entre l’objet de la science économique (6 heures) et l’histoire économique et de la pensée économique (10 heures).

  • L’étude de l’objet de la science économique vise à identifier les relations entre agents, leur contribution à la création de richesse, la valeur ajoutée, la répartition primaire des revenus, la tertiarisation et la désindustrialisation.

  • L’étude de l’histoire économique vise à analyser les grands faits économiques et les grands courants de pensée.

  • La partie 2 étudie le fonctionnement des marchés en 25 heures, réparties entre concurrence concurrentielle (9 heures), concurrence imparfaite et régulation (7 heures), et défaillances de marché (9 heures).

  • La partie 3 étudie le financement de l’activité économique en 16 heures, réparties entre agents financiers et comportements (7 heures) et circuits de financement (9 heures).

2. Épreuve et analyse documentaire

Notions clés & Définitions

  • Dissertation : Grand Larousse - Exercice académique qui consiste à discuter méthodiquement d’un point ou d’une question en organisant des arguments pour convaincre.

★ À maîtriser

  • L’étude de la croissance porte sur le PIB, ses approches de mesure, ses valeurs et taux de croissance, ses limites, les indicateurs alternatifs, les facteurs de production, le progrès technique, le développement durable et d’autres logiques économiques.

  • L’étude de la régulation publique couvre les fonctions de l’État, les organes de l’action publique, les finances publiques, les politiques économiques, les politiques budgétaires et monétaires, ainsi que les politiques structurelles et environnementales.

  • L’étude des déséquilibres sociaux porte sur :

    • Le marché du travail et le chômage
    • Les politiques de l’emploi
    • Les inégalités sociales
    • La pauvreté
    • Les risques sociaux
    • La redistribution
    • Les modèles de protection sociale
  • L’épreuve écrite d’économie porte sur l’analyse d’un dossier documentaire et conduit à traiter une question problématisée.

  • Pour analyser un texte, il faut en distinguer les parties, résumer chacune brièvement, puis répondre sans recopier le texte en reformulant ses idées et en les éclairant par ses connaissances.

  • La préparation d’une dissertation consiste à analyser le sujet, réfléchir à la question, sélectionner les pistes utiles, organiser les arguments, rédiger l’introduction, développer le raisonnement en deux ou trois parties et conclure.

Compléments

  • La partie 4 étudie les enjeux de la croissance économique en 23 heures, réparties entre mesure et limites (7 heures), déterminants (8 heures) et finalités et enjeux (8 heures).

  • La partie 5 porte sur la régulation publique et représente 35 heures, réparties entre rôles de l’État (10 heures), politiques économiques (10 heures) et politiques dans le cadre européen (15 heures).

  • La partie 6 analyse les déséquilibres sociaux et leur régulation en 26 heures, réparties entre marché du travail (10 heures), politiques de l’emploi (6 heures) et redistribution et inégalités (10 heures).

  • La partie 7 du programme porte sur les effets et les enjeux de la mondialisation des économies et représente 24 heures.

  • Les devoirs comprennent des questions de cours ou d’analyse, des questions sur un document et une dissertation, selon une structure comparable à celle du sujet d’examen.

  • Pour analyser un tableau, il faut interpréter son titre, définir ses termes, examiner sa structure à double entrée et répondre en allant du général au particulier.

  • 🔄 Le commentaire d’un graphique suit ces étapes :

    1. Analyser le titre et la légende du graphique.
    2. Commenter les axes.
    3. Repérer l’information principale : une tendance ou sa rupture pour une courbe
  • L’introduction d’une dissertation comporte une accroche liée au sujet, la définition de ses termes, la formulation de la problématique et l’annonce du plan.

  • La conclusion d’une dissertation répond à la problématique par une synthèse et peut ouvrir sur un autre problème lié au sujet traité.

3. Argumentation et choix du plan

Notions clés & Définitions

  • Argument : Élément qui soutient une affirmation dans un raisonnement au service d’une idée directrice ; un fait ou un exemple acquiert une valeur argumentative lorsqu’il est intégré à ce raisonnement.

★ À maîtriser

  • Les arguments se répartissent en trois types :

    • Les arguments factuels, fondés sur un événement, un chiffre, une donnée d’actualité ou un exemple.
    • Les arguments d’autorité, fondés sur une citation ou l’apport théorique d’un auteur.
    • Les arguments issus d’un raisonnement, fondés sur des liens entre variables ou les conséquences d’une observation.
  • Un plan de dissertation doit être simple et clair, cohérent avec la démonstration, articulé par des transitions et équilibré entre ses parties.

  • Un plan thématique examine un problème sous ses différents aspects, par exemple l’innovation sous les angles économique, social et organisationnel, et technique.

📌 Un plan thématique risque de devenir un plan catalogue ou d’omettre un aspect essentiel, sauf si une hiérarchie pertinente entre les dimensions est établie au regard de la question.

Compléments

  • Les arguments d’une réponse problématisée proviennent principalement des connaissances du cours et du dossier documentaire, qui peut apporter des chiffres, des observations factuelles ou un apport théorique.

📌 Le plan linéaire suit un ordre descriptif, souvent chronologique, et peut traiter un problème de manière exhaustive, mais il risque de privilégier la description au détriment de l’analyse et du point de vue personnel.

📌 Le plan thématique examine un problème sous ses différents aspects, mais risque d’oublier une dimension essentielle ou de devenir un catalogue si aucune hiérarchie pertinente entre les aspects n’est établie.

  • L’approche thématique peut être pertinente pour construire une sous-partie.

Astuce mémo

Le plan descriptif expose ; le plan démonstratif défend un point de vue.

4. Plans d’opposition et de proposition

Notions clés & Définitions

  • Plans d’opposition : Plans d’opposition, ou de comparaison, analysant un problème en confrontant ses aspects positifs, comme les avantages et les points forts, à ses aspects négatifs, comme les inconvénients et les points faibles.
  • Plans dialectiques : Plans suivant la séquence classique « thèse, antithèse, synthèse », censée traduire l’évolution de la pensée et les étapes de la réflexion.
  • Pensée dialectique : La pensée dialectique est l’art de la controverse : elle construit un point de vue par des raisonnements opposés, puis dépasse ces oppositions.

★ À maîtriser

📌 Un plan d’opposition est à privilégier pour une question problématisée qui ouvre un débat et appelle des arguments pour et contre.

  • Un plan de proposition peut enchaîner l’énoncé des faits, l’analyse des causes et l’analyse des implications, ou inverser les deux dernières séquences pour présenter les faits, les conséquences puis les causes.

📌 Dans un plan dialectique, le dépassement des oppositions n’est ni une simple conciliation ni une mise dos à dos des arguments : la synthèse élabore un autre point de vue qui les intègre avec plus de recul, voire dans une perspective nouvelle.

Compléments

📌 Dans un plan d’opposition, le point de vue doit apparaître dans la conclusion ou, éventuellement, dans une troisième partie.

  • Le plan d’opposition est simple et clair, mais il peut manquer de dynamisme et entraîner des lourdeurs et des redites, car les avantages et les inconvénients sont souvent symétriques ou réciproques.

  • Une autre forme de plan de proposition présente les données du problème, analyse ses causes et conséquences, puis examine les solutions possibles et leurs limites.

📌 La troisième partie d’un plan dialectique doit traduire une progression de la réflexion.

  • Les plans dialectiques sont élégants mais difficiles, car ils supposent une connaissance fine du problème et une réflexion personnelle.

Astuce mémo

Opposition : pour/contre ; proposition : faits puis causes et implications.

5. Microéconomie et macroéconomie

Notions clés & Définitions

  • Économie : Edmond Malinvaud - L’économie étudie comment des ressources rares sont employées pour satisfaire les besoins des hommes vivant en société, en s’intéressant à la production, à la distribution et à la consommation des biens ainsi qu’aux institutions et activités qui facilitent ces opérations.
  • Macroéconomie : La macroéconomie étudie les faits économiques globaux et les relations entre agrégats économiques, notamment la production, la consommation, l’épargne et l’investissement.
  • Microéconomie : La microéconomie étudie le comportement des agents économiques individuels et la manière dont les ménages et les entreprises prennent leurs décisions.
  • Économie : Pour Lionel Robbins, l’économie étudie le comportement humain comme relation entre des fins et des moyens rares à usages alternatifs.
  • Circuit économique : Le circuit économique formalise les principales relations au sein d’une économie nationale et celles entre cette économie et le reste du monde.

★ À maîtriser

  • L’économie étudie l’allocation de :

    • compétences
    • biens et services entre les citoyens
    • moyens de production
  • L’allocation des ressources dans la société résulte de millions de décisions simultanées prises sur les marchés, où les comportements individuels et les échanges contribuent à déterminer les prix.

  • En microéconomie, les agents individuels cherchent à atteindre un objectif sous une contrainte : le consommateur maximise son bien-être sous sa contrainte budgétaire, tandis que le producteur cherche à maximiser son profit sous ses coûts de production.

📌 Une analyse positive cherche à expliquer comment la société est en étudiant les causes d’un phénomène et en confrontant les théories aux données pour les valider ou les réfuter.

📌 Une analyse normative formule des recommandations sur les actions à entreprendre pour améliorer la société et indique comment elle devrait être.

Compléments

  • Aristote fut le premier penseur à utiliser le terme « économique » et concevait cette science comme l’activité en famille, dans laquelle il jugeait inconcevables le prêt à intérêt, le travail salarié et le commerce.

  • Des pénuries peuvent concerner des biens collectifs comme la qualité de l’air ou la sécurité, ou des services dont l’accès est rationné selon la disposition à payer, comme la santé, les hôpitaux et les services publics proches des territoires.

  • La macroéconomie analyse les liens entre production, répartition, consommation et épargne, ainsi que le rôle des administrations et du système financier, qui intègre le marché des capitaux.

  • La macroéconomie permet la prévision et l’élaboration des politiques économiques.

  • Les économistes peuvent diverger parce qu’ils retiennent des hypothèses différentes, produisent des théories positives concurrentes et accordent des valeurs différentes à l’efficacité ou à l’équité dans la répartition des revenus.

  • Les propositions d’économistes médiatisés peuvent mêler leurs résultats, leurs opinions et leurs jugements de valeur, et certains intervenants peuvent s’éloigner de la méthode scientifique.

Astuce mémo

La macro observe les agrégats nationaux ; la micro observe les décisions des agents individuels.

6. Offre, demande et équilibre du marché

Notions clés & Définitions

  • Équilibre du marché : L’équilibre du marché se situe à l’intersection des courbes d’offre et de demande, où la quantité demandée est égale à la quantité offerte.

★ À maîtriser

📌 À revenu constant, la courbe de demande de crêpes est décroissante : quand le prix augmente, les consommateurs en achètent moins et se tournent vers d’autres aliments.

📌 À prix de la farine constant, la courbe d’offre de crêpes est croissante : quand le prix des crêpes augmente, les crêperies ont intérêt à en offrir davantage.

  • Dans le modèle des crêpes, une hausse du revenu déplace la demande vers la droite et augmente le prix ainsi que les quantités échangées à l’équilibre.

  • Dans le modèle des crêpes, une hausse du prix de la farine réduit l’offre et déplace sa courbe vers la gauche, ce qui augmente le prix des crêpes et diminue les quantités échangées à l’équilibre.

Compléments

  • Dans le modèle du marché des crêpes, la quantité demandée dépend du revenu des consommateurs et du prix des crêpes, tandis que la quantité offerte dépend du prix des crêpes et du prix de la farine.

  • Dans le modèle des crêpes, le revenu et le prix de la farine sont exogènes, tandis que le prix de la crêpe et la quantité échangée sont endogènes.

Astuce mémo

Demande accrue → prix et quantités échangées augmentent ; offre réduite → prix augmente et quantités diminuent.

7. Coût d’opportunité et raisonnement marginal

Notions clés & Définitions

  • Coût d’opportunité : Le coût d’opportunité d’un bien ou d’une action est ce à quoi l’on renonce pour l’obtenir.
  • Raisonnement à la marge : Le raisonnement à la marge compare les coûts et les bénéfices d’une modification supplémentaire d’une décision déjà envisagée.
  • Coût marginal : Le coût marginal est le coût d’un passager supplémentaire ; pour une place de TGV dans un train sur le point de partir, il est présenté comme quasi nul.

★ À maîtriser

📌 Une modification du coût ou du bénéfice associé à une décision peut modifier cette décision, car les individus réagissent aux incitations.

  • La baisse du prix de l’essence augmente le pouvoir d’achat des consommateurs et réduit le coût des déplacements, ce qui incite à utiliser davantage la voiture et peut accroître le nombre d’accidents de la route.

  • L’échange permet d’obtenir des biens plus variés et des matières premières indisponibles localement, tout en permettant à chacun de se spécialiser dans ce qu’il sait faire le mieux.

Compléments

  • L’économie renseigne les individus et les sociétés sur les coûts et les avantages des choix sans décider à leur place.

  • Dans le choix de poursuivre des études, le coût principal peut être le temps consacré à étudier, qui correspond aux salaires auxquels l’étudiant renonce en entrant sur le marché du travail.

  • Une baisse du prix des fraises pendant la période de récolte en mai incite davantage d’acheteurs à en acheter.

  • L’échange international enrichit les partenaires commerciaux en leur permettant de bénéficier de leurs savoir-faire respectifs.

  • L’autarcie obligerait la France à produire tout ce dont son économie a besoin, à un coût exorbitant.

8. Défaillances du marché et intervention publique

Notions clés & Définitions

  • Défaillance du marché : Une défaillance du marché survient lorsque le marché ne parvient pas à produire ou entraîne une répartition des ressources trop inégalitaire.
  • Externalité : Une externalité existe lorsque l’action d’un agent économique a un impact sur le bien-être d’autrui et rend l’allocation des ressources inefficace.

★ À maîtriser

  • Le mécanisme des prix reflète la disposition à payer des demandeurs et le coût de production des offreurs.

  • Adam Smith a proposé la métaphore de la main invisible en 1776 dans son ouvrage La Richesse des nations : la poursuite des intérêts personnels peut conduire à un résultat favorable à tous.

  • L’ajustement libre des prix sur les marchés conduit au maximum de bien-être pour la société.

Compléments

  • Les prix coordonnent les décisions de production, d’emploi et de consommation des ménages et des entreprises sur les marchés.

  • Le blocage des prix, notamment par le blocage des loyers ou le salaire minimum, déforme les signaux du marché et empêche certaines décisions des ménages et des entreprises.

📌 Lorsqu’une entreprise pollue sans supporter le coût des dommages causés aux autres, l’État peut lui imposer des règles ou des solutions économiques pour réduire la pollution et protéger l’environnement.

📌 Lorsqu’un monopole impose un prix élevé qui exclut des demandeurs d’un bien de première nécessité, l’État peut contrôler le prix pour en faciliter l’accès.

9. Pensée économique de l’Antiquité

Notions clés & Définitions

  • Juste prix : Pour Saint Thomas d’Aquin, prix bénéfique au vendeur et à l’acheteur, qui suppose que les participants à l’échange soient libres et égaux.

★ À maîtriser

  • Platon considère la suppression de la propriété privée comme une condition d’une cité juste, tandis qu’Aristote défend la propriété privée pour des raisons d’efficacité.

  • Aristote juge légitime l’acquisition de biens pour la consommation domestique, mais condamne l’accumulation illimitée des richesses par le commerce et les activités financières.

  • Saint Thomas d’Aquin condamne le prêt à intérêt comme une usure moralement condamnable, mais admet qu’une indemnité puisse compenser le préjudice subi par le prêteur.

Compléments

  • Platon est un précurseur du communisme et s’oppose aux inégalités de richesse ainsi qu’au gouvernement des plus riches.

📌 Pour Aristote, le juste prix suppose que l’acheteur soit libre de choisir et que le vendeur ne soit pas en situation de monopole.

  • Aristote considère que la monnaie facilite le commerce en évitant la double coïncidence des besoins lors du troc.

  • Saint Thomas d’Aquin admet l’esclavage dans certains cas et condamne l’enrichissement excessif, et considère le travail manuel comme une obligation pour gagner sa vie sauf pour les personnes officiellement investies d’une fonction spirituelle.

📌 Saint Thomas d’Aquin défend la propriété privée, car la propriété collective incite selon lui à la négligence et à la paresse.

  • L’État et l’Église doivent financer par l’impôt l’aide aux nécessiteux et des services publics tels que des lieux de soins.

Astuce mémo

Platon supprime la propriété privée ; Aristote la défend pour son efficacité

10. Doctrine mercantiliste

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme : Doctrine qui vise à renforcer la puissance de l’État par l’accumulation de métaux précieux, notamment d’or et d’argent.

★ À maîtriser

  • Selon Jean Bodin, l’arrivée d’or en Espagne et au Portugal stimule la consommation et fait monter les prix, détourne les Espagnols des activités productives et accroît les importations, ce qui provoque un déficit commercial et des sorties d’or avant que l’abondance monétaire ne se propage en Europe et y augmente les prix.

📌 Les mercantilistes cherchent à accroître le stock de monnaie par la guerre ou par un excédent commercial, obtenu lorsque les exportations dépassent les importations et que les entrées de métaux précieux dépassent les sorties.

📌 Les mercantilistes prônent l’intervention de l’État dans la production destinée à l’exportation, les droits de douane sur les importations et la stimulation des exportations.

Compléments

  • Antoine de Montchrestien, considéré comme le père de l’expression « économie politique », défend la stimulation de l’activité économique par l’État et la contribution des marchands au bien public.

  • Jean-Baptiste Colbert subventionne les manufactures royales en France pour soutenir les exportations et la puissance du royaume.

📌 La recherche simultanée d’excédents commerciaux par tous les pays est contradictoire, car les excédents de certains impliquent les déficits des autres.

Astuce mémo

Monnaie en circulation → excédent commercial → intervention de l’État

11. Les physiocrates

Notions clés & Définitions

  • Physiocratie : La physiocratie, terme forgé par Pierre Samuel du Pont de Nemours (1739-1817), signifie « pouvoir de la nature ».

★ À maîtriser

  • La formule « Laissez faire, laissez passer », attribuée à Vincent de Gournay (1712-1759), résume le point de vue libéral des physiocrates, pour qui la liberté d’entreprendre et d’échanger fonde la prospérité.

📌 Pour les physiocrates, la richesse vient de la production des biens plutôt que de l’accumulation des métaux précieux, et la réglementation ainsi que l’imposition excessive étouffent l’activité économique.

  • François Quesnay (1694-1774), fondateur de la physiocratie, reprend le droit naturel pour justifier la propriété privée et estime que l’État doit traiter la misère de la population comme un problème à résoudre.

  • Quesnay distingue trois classes économiques :

    • la classe productive des agriculteurs
    • la classe stérile des artisans, manufacturiers et marchands
    • la classe des propriétaires qui perçoivent une rente foncière
  • Pour Turgot, l’épargne peut servir à acquérir des terres pour obtenir une rente, à prêter à intérêt ou à acheter des machines, ces dernières étant une source de richesses futures.

📌 Les préférences individuelles sont transitives, mais l’agrégation des préférences dans une assemblée peut être non transitive et conduire à préférer C à A alors que A est préféré à B et B à C. - Condorcet, paradoxe de Condorcet

Compléments

  • Pierre Le Pesant de Boisguilbert (1646-1714) souligne que la concurrence empêche les producteurs de pratiquer les prix élevés du monopole et que des consommateurs nombreux ne peuvent obtenir gratuitement les biens.

  • Le Tableau économique de Quesnay, proposé en 1758, est la première représentation schématique de l’économie et représente les flux entre les trois classes.

  • Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781) fait la transition entre les physiocrates et les libéraux en reconnaissant le rôle fondamental du monde industriel.

  • Lorsque l’État finance son déficit sur le marché des prêteurs et des emprunteurs, il peut évincer l’investissement privé ; la théorie économique nomme plus tard ce mécanisme effet d’éviction.

📌 Nicolas de Condorcet (1743-1794) défend l’équilibre budgétaire et s’oppose à la banqueroute, c’est-à-dire au non-remboursement de la dette par l’État.

  • L’anticipation d’un défaut de paiement de l’État conduit les prêteurs à exiger des taux d’intérêt plus élevés, mécanisme illustré par la crise de la dette souveraine grecque en 2011.

📌 Pour Condorcet, le budget atteint un point d’équilibre lorsque le bien-être collectif procuré par une dépense supplémentaire devient inférieur au désagrément de l’impôt nécessaire à son financement.

Astuce mémo

La terre produit, l’industrie transforme

12. Les économistes classiques

Notions clés & Définitions

  • Capital : Pour Ricardo, le capital est la partie de la richesse employée dans la production, comprenant notamment nourriture, vêtements, outils, matières premières et machines ; il constitue une avance faite par les épargnants.
  • Entrepreneur : Pour Say, l’entrepreneur est la personne qui combine les services productifs pour créer la richesse et administre la production en reliant les producteurs entre eux et aux consommateurs.

★ À maîtriser

  • Adam Smith publie en 1776 Recherche sur les causes et la nature de la richesse des nations, ouvrage considéré comme l’acte de naissance de l’analyse économique et du libéralisme.

  • Smith présente la liberté individuelle et l’intérêt personnel comme des ressorts de l’harmonie sociale, métaphorisée par la « main invisible ».

📌 Smith distingue la valeur en usage, qui correspond à l’utilité d’un objet, et la valeur en échange, qui désigne sa capacité à acheter d’autres marchandises ; l’eau illustre une forte valeur d’usage et faible valeur d’échange, tandis que le diamant présente l’inverse.

  • Selon Smith, la division du travail spécialise les ouvriers, réduit les pertes de temps liées aux changements de tâches et favorise l’utilisation des machines, ce qui augmente la productivité et la prospérité.

  • Chez Ricardo, la mise en culture de terres moins fertiles lorsque la population augmente renchérit le blé et les salaires de subsistance, accroît la rente des terres fertiles et réduit les profits.

📌 Selon l’équivalence ricardienne, financer un déficit par l’impôt ou par l’emprunt est indifférent à court terme, mais la dette publique entraîne à long terme un transfert des contribuables vers les rentiers qui perçoivent les intérêts. - Ricardo

  • Jean-Baptiste Say formule en 1803 la loi des débouchés, selon laquelle toute offre crée sa propre demande. - Traité d’économie politique

  • Dans le mécanisme de Say, les facteurs de production génèrent une production et des revenus, qui sont consommés ou épargnés ; l’épargne est investie et contribue à créer des débouchés pour la production. - loi des débouchés, 1803

Compléments

  • David Ricardo affirme que le libre-échange international profite à chaque pays et constitue un jeu à somme positive.

📌 Ricardo oppose les profits, qui soutiennent l’investissement futur, à la rente foncière, qui rémunère le droit de propriété sur la terre.

13. Marx et les contradictions capitalistes

Notions clés & Définitions

  • Matérialisme historique : Le système d’explication de l’histoire élaboré par Karl Marx, dans lequel la lutte des classes constitue le moteur de l’histoire.
  • Plus-value : La valeur du travail non payé à sa juste valeur, dont proviennent les profits dans l’analyse de Marx.
  • Phalanstères : Dans la proposition utopiste de Charles Fourier (1772-1837), des groupements associant des talents complémentaires pour organiser la production en dehors du capitalisme.

★ À maîtriser

  • Des socialistes utopistes à Marx, les socialistes prônent la suppression de la propriété privée et de la concurrence comme mode de régulation des relations sociales.

  • Selon Marx, le remplacement des ouvriers par les machines fait baisser inexorablement les profits et produit une armée de réserve de travailleurs au chômage qui s’organise en force révolutionnaire, ouvrant la voie au communisme et à une société sans classes.

Compléments

  • Au XIXᵉ siècle, les socialistes critiquent radicalement l’interprétation classique de l’économie politique et veulent rompre avec l’économie de marché.

  • Jean de Sismondi (1773-1842) souligne que le capitalisme tend intrinsèquement à la surproduction, qui perturbe les signaux des prix et de l’investissement.

  • Le comte de Saint-Simon (1760-1825) défend l’industrie et souhaite une société où industriels, ingénieurs et savants remplacent les rentiers comme classe sociale utile.

  • Dans l’analyse de Marx, les rentiers possèdent la terre, les capitalistes possèdent les machines et les salariés offrent leur force de travail.

  • Dans Le Manifeste du parti communiste, Karl Marx et Friedrich Engels décrivent dès 1848 la société bourgeoise moderne comme divisée entre bourgeoisie et prolétariat.

  • Karl Marx s’appuie sur Ricardo dans Le Capital, publié en 1867, pour développer sa vision du capitalisme.

Astuce mémo

Machines remplaçant les ouvriers → chômage et armée de réserve révolutionnaire

14. Fondements de la pensée néoclassique

Notions clés & Définitions

  • Utilité : Une mesure de la satisfaction de son propre intérêt par un individu hédoniste qui recherche le plaisir.
  • Élasticité : La mesure de la réaction de la demande au prix, notion introduite par Augustin Cournot (1801-1877).
  • Surplus du consommateur : La différence entre le prix que le consommateur était disposé à payer et le prix réellement payé, notion théorisée par Jules Dupuit (1804-1866).

★ À maîtriser

  • Dans les années 1860, les néoclassiques prolongent les classiques en introduisant la formalisation mathématique et la notion d’utilité.

  • Pour les néoclassiques, l’économie est la science des choix d’individus rationnels qui cherchent à satisfaire leurs besoins en combinant des ressources rares, plutôt que la science des richesses ou des échanges et de la distribution des revenus.

  • Pour Jevons, le prix d’un bien dépend du plaisir procuré à l’acheteur, appelé utilité, et non du travail nécessaire à sa fabrication.

  • L’utilité marginale de la dernière unité consommée d’un bien décroît quand la quantité consommée augmente.

📐 Formule - À l’équilibre du consommateur, les rapports entre utilité marginale et prix sont égaux pour les biens considérés : Umxpx=Umypy\frac{Um_x}{p_x}=\frac{Um_y}{p_y}.

Compléments

  • Augustin Cournot montre que le passage d’un monopole à un marché avec deux entreprises fait baisser le prix.

  • Jeremy Bentham (1748-1832) et Étienne Bonnot de Condillac (1715-1780) préparent le passage de la valeur travail à la valeur utilité.

  • Dans l’exemple de Jevons, une personne assoiffée au désert est prête à payer davantage pour une première gourde d’eau que pour une seconde, dont l’utilité marginale est moindre.

Astuce mémo

Valeur travail : coût de fabrication ; valeur utilité : satisfaction du consommateur

15. Économie d’échelle et valeur subjective

Notions clés & Définitions

  • Optimum de Pareto : Une situation où il est impossible d’améliorer la satisfaction d’un individu sans détériorer celle d’au moins un autre.
  • Économies d’échelle : Permettent à une entreprise de répartir ses coûts fixes sur une production plus importante à mesure qu’elle produit davantage.
  • Externalité : Une conséquence d’une activité économique qui n’est pas intégrée au prix.

★ À maîtriser

📌 En concurrence, le producteur égalise le prix, donné par le marché, au coût marginal selon la règle proposée par Walras.

  • Dans le tâtonnement walrasien, le crieur centralise les offres et les demandes, ajuste les prix jusqu’à l’égalité de l’offre et de la demande pour tous les biens, puis hausse les prix en cas de demande excédentaire ou les baisse en cas d’offre excédentaire.

Compléments

  • Walras décrit un système de prix réalisant l’équilibre général sur tous les marchés en concurrence pure et parfaite.

  • Pareto montre que l’équilibre général est un optimum de Pareto, sans que cela signifie nécessairement un maximum d’utilité collective, car les utilités d’individus différents ne sont pas additionnées.

  • Alfred Marshall développe les courbes d’offre et de demande et la représentation du marché où leur intersection indique le prix et la quantité d’équilibre.

  • Les exemples mentionnés sont :

    • les industries de réseau comme le rail
    • les géants du numérique
    • l’intelligence artificielle
  • Pigou propose la taxation pigouvienne pour corriger la défaillance de marché liée aux externalités.

  • Selon l’effet Pigou, l’inflation est positivement liée à l’épargne, car les ménages épargnent davantage pour protéger le pouvoir d’achat de leur épargne.

  • Carl Menger défend une conception subjective de la valeur, variable selon les individus et leur espace informationnel, ainsi que l’individualisme méthodologique.

  • Eugen von Böhm-Bawerk explique l’investissement par le détour de production, car il permet d’accroître la production future plutôt que par son financement.

16. Crise de 1929 et intervention publique

★ À maîtriser

  • La crise de 1929, déclenchée par une panique boursière à Wall Street, combine surproduction et baisse des prix, tandis que la demande est insuffisante.

  • Les politiques de relance budgétaire du New Deal nourrissent la réflexion des économistes et amorcent le keynésianisme.

Compléments

  • En septembre 1929, la baisse de certaines actions déclenche des ventes paniques, et leur cours est multiplié par quatre entre 1921 et 1929 avant de valoir près de sept fois moins en 1932 qu’en 1929.

  • Le chômage atteint 25 % de la population active américaine en 1933.

  • Le rapatriement de capitaux américains et la baisse des importations des États-Unis réduisent les capitaux disponibles et les échanges en Europe, où production et importations diminuent, contraction amplifiée par le protectionnisme.

  • Le premier New Deal de Roosevelt, mené de 1933 à 1935, soutient l’agriculture en abaissant les intérêts des prêts aux agriculteurs et lance des grands travaux comme l’aménagement de la vallée du Tennessee.

  • Le second New Deal, mené de 1935 à 1938, renforce les négociations collectives, met en place la Sécurité sociale et embauche des chômeurs pour des travaux d’utilité publique.

  • À partir de 1945, les États deviennent fortement interventionnistes et adoptent des politiques de stop-and-go, alternant soutien à la croissance et lutte contre l’inflation.

  • Les États-providence soutiennent la demande par les revenus de transfert, tandis que la reconstruction et le fordisme, qui reverse aux salariés les gains de productivité, stimulent respectivement la demande et l’offre.

  • Jean Fourastié emploie l’expression « Trente Glorieuses » en 1979 pour désigner une période de croissance économique soutenue sans précédent.

Astuce mémo

Krach → dépression → New Deal → intervention de l’État

17. Keynésianisme et cycles économiques

★ À maîtriser

  • La crise de 1929 met en échec l’idée néoclassique d’un retour spontané à l’équilibre, tandis que le chômage persiste durant les années 1930.

  • Le « poêle d’Aftalion » illustre comment un investissement excessif peut accroître les capacités de production au-delà de la demande, puis conduire les entreprises à réduire brutalement leurs projets, prémices d’une crise.

  • Dans la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936), John Maynard Keynes théorise une politique volontariste de dépenses publiques visant à influencer le cycle économique plutôt qu’à attendre que le marché rétablisse l’équilibre.

📌 Keynes réfute la loi de Say, selon laquelle l’offre crée sa propre demande, et fait de la demande globale le déterminant de la croissance.

  • Le multiplicateur keynésien décrit une hausse de la production supérieure à la dépense publique initiale : les commandes publiques soutiennent la demande globale et amorcent la reprise de la production des entreprises. - Keynes

Compléments

  • Dès le XIXᵉ siècle, des économistes décrivent des cycles économiques, c’est-à-dire des fluctuations régulières de l’activité pouvant conduire à des crises et ouvrir la voie à une régulation par l’État.

  • Pour Keynes, la rigidité des prix et des salaires conduit les entreprises à ajuster l’emploi par des licenciements plutôt qu’à réduire les salaires lorsque la demande faiblit.

  • Pour Keynes, les entreprises investissent lorsqu’elles anticipent des débouchés, et non uniquement lorsque les conditions de financement sont attractives.

  • Le montant de l’investissement détermine l’augmentation ou la diminution du capital, plutôt que le montant de l’épargne : « En bref, l’augmentation ou la diminution du capital dépend du montant de l’investissement et non du montant de l’épargne. » - Keynes

  • Le multiplicateur keynésien est efficace si (Keynes) : les consommateurs ne réduisent pas leurs dépenses, les consommateurs achètent des produits nationaux plutôt que des produits importés, les entreprises augmentent leur production plutôt que leurs prix

Astuce mémo

Le poêle d’Aftalion déborde : l’investissement dépasse la demande, puis les entreprises coupent leur production.

18. Synthèse keynésienne et modèles

★ À maîtriser

  • L’École de la synthèse considère l’analyse keynésienne, qui explique le chômage par la faiblesse de la demande, comme complémentaire de l’analyse néoclassique, qui l’explique par des salaires trop élevés.

  • Samuelson recommande de soutenir l’activité par le déficit budgétaire lorsque la demande est faible, puis de dégager des excédents en période de croissance pour réduire l’endettement public.

  • Pour Harrod et Domar, la croissance naturelle dépend de la croissance de la population active et de la productivité du travail, tandis que le taux de croissance réelle se trouve « sur le fil du rasoir » autour d’un taux optimal d’épargne.

Compléments

  • Les économistes cités de l’École de la synthèse sont :

    • Samuelson
    • Solow
    • Tobin
    • Hicks
  • Dans le mécanisme de l’oscillateur de Samuelson, les entreprises surinvestissent, puis réduisent leur investissement lorsqu’elles s’en aperçoivent, ce qui provoque une crise.

  • John Hicks et Alvin Hansen élaborent le modèle IS/LM, qui représente graphiquement l’équilibre du marché des biens par la courbe IS et celui du marché monétaire par la courbe LM.

📌 Dans le modèle IS/LM, l’équilibre simultané des marchés des biens et de la monnaie ne garantit pas le plein-emploi ; l’État peut alors accroître la quantité de monnaie en circulation ou pratiquer un déficit budgétaire. - John Hicks

📌 Selon Harrod et Domar, trop d’épargne entraîne le surinvestissement et une faiblesse des débouchés, tandis qu’une épargne insuffisante empêche l’investissement de répondre au dynamisme de la consommation.

Astuce mémo

En crise, relance budgétaire ; en croissance, frein budgétaire.

19. Schumpeter et destruction créatrice

Notions clés & Définitions

  • Destruction créatrice : Schumpeter - Processus par lequel des entreprises entrent sur les marchés avec des produits nouveaux répondant mieux aux besoins des consommateurs, ce qui entraîne la disparition d’entreprises plus anciennes dont l’offre est obsolète.

★ À maîtriser

  • L’entrepreneur innovateur repère, parmi les inventions et les connaissances, celles qui peuvent accroître la productivité ou répondre à une demande insatisfaite. - Schumpeter

Compléments

  • Joseph Schumpeter raisonne en termes de déséquilibre provoqué par l’innovation plutôt qu’en termes d’équilibre.

  • Selon Schumpeter, les entreprises recherchent une position monopolistique pour échapper à la concurrence par les prix, préserver leurs profits et financer de futures innovations.

  • Schumpeter estime que l’entrepreneur sera supplanté par le planificateur, incapable de répondre autrement que médiocrement aux aspirations des populations, et critique l’État bureaucratique ainsi que la planification soviétique.

  • Les conséquences des politiques keynésiennes qui favorisent le retour des thèses libérales sont :

    • les déficits budgétaires récurrents
    • l’éviction de l’investissement privé
    • l’inflation
  • À l’équilibre, le consommateur cesse d’acheter lorsque le prix dépasse son utilité marginale.

  • Le marché du travail peut être affecté par une rigidité des salaires nominaux.

  • La neutralité de la monnaie implique que la banque centrale ne doit pas utiliser la monnaie pour stimuler la croissance économique.

  • Sur le marché des capitaux, l’épargne constitue l’offre.

  • Le libre-échange permet aux participants de réaliser des gains mutuels.

  • La baisse des coûts et des impôts supportés par les entreprises favorise la croissance économique.

  • Un équilibre de sous-emploi peut perdurer et nécessiter l’intervention de l’État.

  • L’équilibre général des marchés est présenté comme une situation optimale.

Astuce mémo

Innovation → produits nouveaux → disparition des offres obsolètes.

20. Production et ressources des entreprises

Notions clés & Définitions

  • Secteur quaternaire : Regroupe les activités où se diffusent les technologies de pointe.

★ À maîtriser

  • Durant la décennie 1990, l’agriculture a connu des gains de productivité supérieurs à ceux de l’industrie.

  • L’industrie réalise 75 % des investissements alors qu’elle n’occupe qu’un quart des emplois totaux des trois secteurs.

  • L’industrie demeure un lieu privilégié d’innovation, notamment pour les méthodes de rationalisation du travail, qui sont une source de forts gains de productivité.

📌 Dans le tertiaire, les gains de productivité sont faibles dans les services traditionnels comme le commerce et les services aux particuliers, mais forts dans les activités où les NTIC peuvent s’implanter, comme la finance, les transports et les services aux entreprises.

Compléments

  • La modernisation agricole, fondée notamment sur les engrais, les serres, les cultures hors-sol et l’élevage industriel, a rapproché l’agriculture d’une activité industrielle.

  • Les agriculteurs ont besoin de capitaux croissants pour financer des exploitations dont la taille augmente.

📌 Les agriculteurs dépendent en amont de l’industrie et des banques pour leurs investissements, et en aval des industries agroalimentaires, qui constituent leur débouché essentiel et face auxquelles ils sont en position de faiblesse.

  • 93 % des entreprises du secteur secondaire emploient moins de 20 salariés.

📌 Le tissu industriel français se différencie selon le domaine d’activité, l’usage du produit et le degré d’exposition à la concurrence internationale.

📌 Les secteurs industriels abrités, comme la grande distribution, sont distingués des secteurs exposés à la concurrence internationale, de plus en plus nombreux.

  • Jean Fourastié soulignait la croissance globalement lente des gains de productivité dans le secteur tertiaire.

21. Consommation finale et dépenses publiques

Notions clés & Définitions

  • Production marchande : Écoulée ou destinée à être écoulée sur un marché à un prix significatif, c’est-à-dire couvrant plus de 50 % des coûts.
  • Consommation finale : Correspond à la valeur des produits utilisés pour satisfaire directement les besoins humains individuels.

★ À maîtriser

📌 Les dépenses collectives des administrations publiques concernent notamment la justice, la défense, la police et l’administration économique, tandis que les dépenses individualisables bénéficient aux ménages et comprennent notamment la santé, l’éducation, la culture et les aides au logement.

Compléments

  • La production marchande est évaluée au prix de base, égal au montant reçu de l’acheteur moins les impôts sur les produits, plus les subventions sur les produits.

  • La production vendue sur un marché constitue la ressource principale des entreprises.

  • En comptabilité nationale, les acquisitions de biens durables et semi-durables, comme les automobiles, les équipements ménagers, les vêtements et les chaussures, sont des dépenses de consommation des ménages.

  • En comptabilité nationale, seuls les achats de logements sont considérés comme des investissements des ménages, au titre de la formation brute de capital fixe.

  • Dans la dépense de consommation finale des ménages, seule la part non remboursée des dépenses de santé est comptabilisée ; la part remboursée relève de la consommation finale des administrations publiques.

  • En 2021, la consommation finale effective des ménages s’élève à 1 795 milliards d’euros, dont 560 milliards de dépenses individualisables des administrations publiques.

  • Près de 30 % des dépenses des ménages sont préengagées, notamment pour le logement, les télécommunications et les assurances.

Astuce mémo

Dépenses collectives des APU : bénéfice commun ; dépenses individualisables : bénéficiaire identifiable.

22. Mesure et structure de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Élasticité prix : L’élasticité prix de la demande d’un bien rapporte la variation de la quantité demandée à la variation du prix de ce bien.
  • Élasticité revenu : L’élasticité revenu de la demande d’un bien rapporte le pourcentage de variation de la quantité demandée au pourcentage de variation du revenu.
  • Dépenses préengagées : Dépenses contractuelles, difficilement renégociables à court terme et souvent prélevées automatiquement, comme les assurances, les abonnements téléphoniques et Internet, les loyers ou les remboursements d’emprunts.
  • Coefficient budgétaire : Rapport entre la dépense consacrée à un bien ou service, ou à une catégorie de biens ou services, et la dépense totale.
  • Revenu arbitrable : Revenu du ménage après déduction des dépenses préengagées, qui estime le budget sur lequel il peut choisir ses dépenses à court terme.

★ À maîtriser

📌 Un bien inférieur a une élasticité revenu négative, un bien normal une élasticité comprise entre 0 et 1, et un bien supérieur une élasticité supérieure à 1.

  • En 2023, la consommation effective totale des ménages, des ISBLSM et des APU s’élève à 1 984,7 milliards d’euros ; les ménages en représentent 1 481,6 milliards, soit 74,7 % du total. - Insee, comptes nationaux – base 2020

  • En 2021, la dépense de consommation finale des ménages rebondit de 5,2 % en volume après avoir chuté de 6,7 % en 2020 sous l’effet de la crise sanitaire liée au Covid-19. - Insee

  • En France, les services représentent 30 % des dépenses de consommation en 1960 et dépassent 50 % depuis le milieu des années 2000 ; plus de la moitié de cette hausse est due aux services de logement, loyers réels ou imputés des propriétaires occupants compris. - Insee, Comptes nationaux – base 2000

Compléments

  • Une élasticité prix d’environ − 0,5 pour le tabac signifie qu’une hausse de 1 % du prix des cigarettes entraîne une baisse de 0,5 % de leur consommation.

📌 L’élasticité prix croisée de la demande de tabac à rouler au prix des cigarettes est positive : une hausse du prix des cigarettes augmente la consommation de tabac à rouler.

  • Le tableau donne les élasticités prix suivantes, en valeur absolue : (Houthakker et Taylor, 2000) :

    • Bœuf : 0,4
    • Carburant : 0,5
    • Logement : 1,2
    • Papeterie : 0,5
    • Voyages à l’étranger : 4,1
    • Repas au restaurant : 2,3
    • Œufs : 0,1
  • En 2023, les principaux postes de consommation effective des ménages sont le logement, chauffage et éclairage (404,3 milliards d’euros ; 20,4 %), le transport (191,8 milliards ; 9,7 %) et l’alimentation et les boissons non alcoolisées (184,4 milliards ; 9,3 %). - Insee, comptes nationaux – base 2020

  • Les dépenses des APU se répartissent notamment entre : (Insee) :

    • Santé : 207,6 milliards d’euros
    • Éducation : 120,9 milliards d’euros
    • Action sociale : 71,3 milliards d’euros
    • Logement : 14,3 milliards d’euros
  • En France, entre 1960 et 2007, la part de l’alimentation dans le budget des ménages passe de 38 % à 25 %, tandis que celle de la communication, des loisirs et de la culture passe de 10 % à 16 %. - Insee, Comptes nationaux – base 2000

23. Théories de la consommation

Notions clés & Définitions

  • Revenu permanent : Milton Friedman, 1957 - Richesse actualisée des ménages, c’est-à-dire la somme qu’un consommateur peut consommer en maintenant constante la valeur de son capital.
  • Revenu disponible brut : Le revenu disponible brut est le revenu des ménages après paiement des impôts directs et des cotisations sociales et après perception des prestations sociales ; il est considéré comme disponible pour la consommation finale ou l’épargne brute.

★ À maîtriser

  • Dans la théorie néoclassique, le consommateur arbitre entre consommation présente et future : l’épargne reporte la consommation, et le taux d’intérêt guide le choix entre consommer et épargner.

  • Pour Keynes, le revenu courant des ménages, plutôt que le prix, détermine la consommation, et les ménages augmentent généralement leur consommation moins que proportionnellement à la hausse de leur revenu.

📐 Formule - La fonction de consommation keynésienne s’écrit C=C0+cYC = C_0 + cY, où CC est la consommation, C0C_0 la consommation incompressible indépendante du revenu, cc la propension marginale à consommer et YY le revenu disponible. - Keynes

Compléments

  • Dans l’analyse néoclassique microéconomique sur une période, le panier dépend du budget, des prix relatifs et des préférences ; sur plusieurs périodes, le taux d’intérêt arbitre l’allocation entre consommation et épargne.

  • Le revenu disponible brut est un revenu nominal qui ne tient pas compte des prix, tandis que le revenu réel est le revenu disponible brut déflaté par l’évolution des prix.

  • La propension marginale à consommer vérifie 0<c<10 < c < 1 ; selon la loi psychologique fondamentale, la propension moyenne à consommer tend à diminuer lorsque le revenu disponible augmente. - Keynes

  • Le revenu permanent englobe : (Milton Friedman, 1957) :

    • Les revenus passés issus de l’épargne ou du patrimoine
    • Le revenu courant
    • Les revenus futurs anticipés selon la richesse du ménage
  • Selon Friedman, les ménages lissent les variations transitoires de leur revenu par leur consommation et peuvent puiser dans leur épargne en période de récession pour maintenir celle-ci. - Milton Friedman, 1957

  • La théorie du revenu permanent suppose des ménages parfaitement rationnels, capables de choisir entre épargne et consommation sans incertitude sur l’avenir et de définir des stratégies patrimoniales. - Milton Friedman, 1957

  • Franco Modigliani montre que la capacité d’épargne peut être très faible pour certaines générations, ce qui limite l’hypothèse de stratégies patrimoniales de la théorie du revenu permanent.

Astuce mémo

Néoclassiques : arbitrage entre aujourd’hui et demain ; Keynes : consommation guidée par le revenu courant.

24. Définition et mesure de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Investissement : Acquisition par un agent économique de machines et de moyens de production afin de maintenir ou de développer son capital.
  • Formation brute de capital fixe : Valeur des acquisitions moins les cessions d’actifs fixes corporels ou incorporels, réalisées par des producteurs résidents et utilisées de façon répétée ou continue pendant au moins 1 an dans la production.

★ À maîtriser

  • La théorie du cycle de vie, élaborée par Franco Modigliani avec Richard Brumberg (1954), puis Albert Ando (1963), fait dépendre la consommation de l’épargne et de l’âge des ménages.

  • 🔄 Le cycle de vie distingue trois phases :

    1. En jeunesse, les individus s’endettent ou bénéficient de transferts parentaux.
    2. Durant la vie active, ils remboursent leurs dettes, épargnent et accumulent un patrimoine net qui culmine à l’approche
    3. À la retraite, ils désépargnent pour maintenir leur consommation malgré la baisse des revenus.

📌 Dans la théorie du cycle de vie, l’épargne dépend essentiellement de l’âge, tandis que la théorie keynésienne met l’accent sur le revenu et la théorie économique standard sur le taux d’intérêt.

📐 Formule - L’investissement net est égal à l’investissement brut moins les amortissements : Investissement net=Investissement brut−Amortissements\text{Investissement net} = \text{Investissement brut} - \text{Amortissements}.

Compléments

  • À l’échelle macroéconomique, le niveau d’épargne nationale dépend de la structure démographique et de l’accumulation de patrimoine.

📌 La théorie du cycle de vie suppose que les ménages peuvent faire des choix rationnels et intertemporels, mais ces capacités sont discutables ; elle suppose aussi que le patrimoine génère des revenus et des plus-values sans entraîner automatiquement une baisse de l’épargne, tandis que l’État-providence peut réduire l’épargne individuelle en maturité professionnelle grâce à l’épargne forcée collective de la Sécurité sociale.

📌 L’investissement est durable et sert plusieurs fois, tandis que la consommation finale clôt le circuit économique et constitue la finalité de l’activité économique.

  • La FBCF intègre les logiciels comme investissement immatériel ; depuis la réforme récente du système européen de comptabilité nationale intégrée en France, les dépenses de R&D sont également considérées comme un investissement, contrairement aux dépenses de formation et de publicité, classées en consommations intermédiaires.

📌 L’investissement brut mesure un flux de dépenses d’investissement comptabilisées durant une période, tandis que l’investissement net mesure la variation du stock de capital d’une année sur l’autre.

25. Les formes d’investissement

Notions clés & Définitions

  • Investissement immatériel : OCDE, 1992 - Dépenses de long terme autres que l’achat d’actifs fixes, engagées par les entreprises pour améliorer leurs résultats, notamment en recherche et développement, formation, relations du travail, gestion, organisation de la production, relations commerciales et technologiques, étude des marchés et logiciels.

★ À maîtriser

  • La comptabilité nationale distingue trois catégories d’investissement selon l’acteur :

    • L’investissement productif des entreprises, notamment en bâtiments, terres, machines, gros matériels
    • L’investissement des ménages en terrains et logements.
    • L’investissement collectif des administrations publiques en gros matériels, bâtiments
  • L’OCDE distingue trois formes de recherche et développement :

    • La recherche fondamentale, libre ou orientée vers des problèmes techniques.
    • La recherche appliquée, qui recherche des applications ou des solutions à un objectif déterminé.
    • Le développement expérimental, qui utilise la recherche ou l’expérience pratique pour lancer des produits
  • Selon leur objectif, les investissements sont :

    • De renouvellement, pour reconstituer un capital usé physiquement ou technologiquement.
    • De capacité, pour augmenter la production.
    • De productivité, pour réduire les coûts unitaires.
  • L’investissement développe le capital et se distingue de la consommation finale des ménages ainsi que des consommations intermédiaires des entreprises.

📐 Formule - Le taux d’investissement des entreprises rapporte la valeur de leurs investissements à la valeur ajoutée : Taux d’investissement=Investissements des entreprisesValeur ajouteˊe×100\text{Taux d’investissement} = \frac{\text{Investissements des entreprises}}{\text{Valeur ajoutée}} \times 100.

📌 L’investissement des entreprises représentait 14 % du PIB et la consommation finale des ménages 51 % du PIB, mais l’investissement était beaucoup plus volatil que la consommation.

Compléments

  • En 2023, les entreprises représentent près de 58 % de l’investissement total, les ménages achetant des logements 23 %, et les administrations publiques et les ISBLSM 19 %.

  • Les investissements immatériels représentaient près de 35 % de l’investissement total dès le début des années 2000 et contribuent à la compétitivité-prix et hors prix des entreprises en influant sur l’efficacité productive et le renouvellement des produits ou des ventes.

  • Un même investissement peut répondre simultanément à plusieurs objectifs, comme le remplacement d’un photocopieur usé par une machine plus performante et moins coûteuse.

  • En 2021, la FBCF représentait 560 milliards d’euros pour un PIB de 2 297 milliards d’euros, soit un taux d’investissement de 24,4 %.

  • En 2017, la FBCF se répartissait entre : les entreprises non financières : 288 milliards d’euros (56 %), les ménages hors entrepreneurs individuels : 120 milliards d’euros (23 %), les administrations publiques : 77 milliards d’euros (15 %), les autres secteurs, dont les ISBLSM et les entreprises financières : 30 milliards d’euros (6 %)

26. Demande et principe de l’accélérateur

Notions clés & Définitions

  • Principe de l’accélérateur : Influence de la variation de la demande anticipée sur l’investissement : les entrepreneurs investissent en fonction des débouchés futurs auxquels ils devront répondre, selon Keynes (1936).

★ À maîtriser

  • 🔄 Le mécanisme se déroule ainsi : la demande varie, les capacités de production sont utilisées au maximum, l’entreprise investit en capacité pour répondre à la demande

📌 Selon l’accélérateur, l’investissement réagit plus que proportionnellement aux variations de la demande, à la hausse comme à la baisse ; un ralentissement de la croissance de la demande, même si elle reste positive, peut entraîner un désinvestissement.

Compléments

📌 L’accélérateur suppose que les entreprises n’ont pas de capacité de production inemployée, que le coefficient de capital reste stable et que les entreprises répondent à la demande en quantité plutôt qu’en augmentant leurs prix.

  • Le coefficient de capital rapporte le capital productif à la production ; dans l’exemple du cours, il est constant et égal à K/Y=3K/Y=3, de sorte qu’une hausse de la demande de 1 entraîne un investissement de 3 pour accroître le stock de capital.

  • Pour que l’investissement reste constant, le PIB doit augmenter ; un accroissement de l’investissement est associé à une accélération du PIB.

  • Dans la plupart des pays, le coefficient de capital se situe entre 2 et 3, et le PIB annuel représente entre un tiers et la moitié du stock de capital existant.

Astuce mémo

Demande anticipée en hausse → capacités à accroître → investissement amplifié.

27. Profits et financement de l’investissement

Notions clés & Définitions

  • Q de Tobin : Ratio de la valeur de marché d’une entreprise à la valeur de remplacement de son stock de capital ; cette théorie des choix a été élaborée en 1969 par James Tobin.
  • Profitabilité : Différence entre la rentabilité financière d’un investissement et le taux d’intérêt réel ; plus elle est élevée, plus l’entreprise est incitée à investir, tandis qu’une profitabilité faible peut rendre préférable le placement des fonds sur les marchés financiers.

★ À maîtriser

  • Une entreprise investit si elle escompte des profits futurs intéressants et si les revenus issus de l’investissement sont supérieurs à son coût ; Keynes appelle rentabilité du capital « efficacité marginale du capital ».

  • Si Q est supérieur à 1, l’entreprise investit car le marché anticipe une profitabilité ; si Q est inférieur à 1, elle n’investit pas et amortit son capital existant.

  • Lorsque la rentabilité économique, définie comme EBE divisé par l’investissement, dépasse le taux d’intérêt, l’effet de levier augmente la rentabilité des fonds propres et favorise l’emprunt pour investir plutôt que le placement de l’autofinancement.

  • Selon Keynes, l’entrepreneur investit si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt, qui constitue le coût du financement.

Compléments

📐 Formule - Le coefficient Q de Tobin se calcule ainsi : Q=Valeur de marcheˊValeur de remplacement du capitalQ = \frac{\text{Valeur de marché}}{\text{Valeur de remplacement du capital}}.

  • Les facteurs d’incertitude comprennent : (Keynes) :
    • la situation économique générale
    • la concurrence intérieure et étrangère
    • l’évolution technologique
    • les événements politiques

📌 Des profits élevés permettent à l’entreprise d’autofinancer son investissement et lèvent une contrainte de financement, tandis que des profits faibles peuvent la contraindre à emprunter ; selon le théorème attribué à Helmut Schmidt, « les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain ».

📌 Lorsque la rentabilité économique est inférieure au taux d’intérêt, l’effet de massue rend la rentabilité financière négative, car les revenus de l’investissement ne suffisent pas à couvrir le service de la dette.

Astuce mémo

Rentabilité supérieure au taux d’intérêt : effet de levier ; inférieure : effet de massue.

28. Mesurer le PIB par ses approches

Notions clés & Définitions

  • Produit intérieur brut : Le produit intérieur brut (PIB) est un indicateur calculé pour une zone géographique et une période données, généralement un trimestre ou une année ; c’est une variable de flux, contrairement à une variable de stock mesurée à une date donnée.

★ À maîtriser

  • Dans l’économie sociale et solidaire, les associations représentent 84,5 % des entreprises, les coopératives 12 %, les mutuelles 3 % et les fondations 0,5 %.

  • Les valeurs communes sont : l’adhésion ouverte et volontaire, la gestion démocratique selon le principe « une personne, une voix », la lucrativité limitée, la solidarité et la responsabilité

  • Dans l’approche par la production, le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes, augmentée des impôts sur les produits et diminuée des subventions sur les produits des unités résidentes.

📐 Formule - PIB total=PIB marchand+PIB non marchand\text{PIB total} = \text{PIB marchand} + \text{PIB non marchand}

📐 Formule - En économie fermée, Production=consommation intermeˊdiaire+consommation finale+FBCF+ΔStocks\text{Production} = \text{consommation intermédiaire} + \text{consommation finale} + \text{FBCF} + \Delta\text{Stocks}.

📐 Formule - En économie ouverte, PIB+importations=consommation finale+FBCF+variation des stocks+exportations\text{PIB} + \text{importations} = \text{consommation finale} + \text{FBCF} + \text{variation des stocks} + \text{exportations}.

📐 Formule - PIB=reˊmuneˊration des salarieˊs+exceˊdents bruts d’exploitation+impoˆts sur la production et les importations−subventions aux entreprises\text{PIB} = \text{rémunération des salariés} + \text{excédents bruts d’exploitation} + \text{impôts sur la production et les importations} - \text{subventions aux entreprises}.

Compléments

  • En France, l’économie sociale et solidaire emploie 2,4 millions de salariés, soit 12,8 % de l’emploi privé, selon le bilan de l’emploi dans l’économie sociale en 2016 publié par Recherches & Solidarités en juin 2017.

  • Les associations regroupent 77 % des effectifs de l’économie sociale et solidaire.

  • Les fondations de l’économie sociale et solidaire connaissent un taux de croissance important en nombre d’établissements et en emplois, et les coopératives sont également en hausse.

  • Le PIB non marchand fourni par les administrations est évalué à son coût de production.

📌 Une variation positive des stocks, lorsque les entrées dépassent les sorties, augmente le PIB, tandis qu’une variation négative, lorsque les sorties dépassent les entrées, le diminue.

📌 Le solde des échanges extérieurs est la différence entre les exportations et les importations ; un solde positif augmente le PIB et un solde négatif le diminue.

29. Répartition de la valeur ajoutée

★ À maîtriser

📌 Une répartition de la valeur ajoutée favorable au travail soutient la demande, la consommation et l’emploi, tandis qu’une répartition favorable au capital soutient l’investissement, l’autofinancement et la distribution de dividendes.

  • Durant les Trente Glorieuses, de 1945 à 1975, la politique macroéconomique keynésienne a privilégié les salaires afin d’atteindre le plein-emploi, au détriment de la maîtrise des coûts et des prix.

Compléments

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’État a étendu son rôle à la politique sociale de réduction des inégalités et à la politique économique, intervenant à la fois dans la répartition primaire et la redistribution des revenus.

  • À partir des années 1980, les politiques économiques inspirées par le libéralisme et le monétarisme de Milton Friedman ont privilégié la stabilité des prix au détriment du plein-emploi.

  • À partir de 1983, la France a adopté une politique de désinflation compétitive qui a provoqué du chômage et affaibli les revendications salariales.

  • Dans la plupart des pays développés, la répartition de la valeur ajoutée s’est durablement déplacée en faveur du capital après les années 1980, sous l’effet du progrès technique, de la mondialisation, de la concentration des entreprises et du développement du capitalisme actionnarial.

  • En France, la part des salaires et traitements bruts dans la valeur ajoutée était de 40,9 % en 1990 et de 42,6 % en 2016, tandis que la répartition globale de la valeur ajoutée est restée relativement stable depuis environ 30 ans. - Insee

  • En Espagne, la part de la valeur ajoutée perçue par les salariés a diminué de 8 points entre 1991 et 2013.

Astuce mémo

Le travail soutient la demande ; le capital soutient l’offre.

30. PIB nominal et croissance en volume

Notions clés & Définitions

  • Valeur ajoutée marchande : Production marchande diminuée des consommations intermédiaires.
  • PIB réel : Le PIB réel, ou PIB en volume à prix constants, neutralise l’effet des prix afin de mesurer la hausse des quantités vendues.
  • PIB nominal : Mesure la valeur des biens et services aux prix de l’année en cours.

★ À maîtriser

  • Un partage de la valeur ajoutée favorable au travail soutient le pouvoir d’achat et la demande.

  • Un partage de la valeur ajoutée favorable au capital améliore la compétitivité et soutient l’investissement.

📐 Formule - Le PIB en valeur de l’année n est la somme des quantités produites multipliées par leurs prix courants : PIBnvaleur=∑Pn×QnPIB_{n}^{valeur}=\sum P_n \times Q_n.

📐 Formule - Le PIB en volume de l’année n s’obtient en divisant le PIB en valeur de l’année n par le déflateur du PIB de cette année, exprimé en base 100 pour l’année de référence : PIBnvolume=PIBnvaleurDeˊflateur du PIBn/100PIB_{n}^{volume}=\frac{PIB_{n}^{valeur}}{Déflateur\ du\ PIB_n/100}.

📐 Formule - Le taux de croissance du PIB en volume entre n et n+1 est égal à la variation du PIB en volume rapportée au PIB en volume de l’année n, multipliée par 100 : PIBn+1volume−PIBnvolumePIBnvolume×100\frac{PIB_{n+1}^{volume}-PIB_n^{volume}}{PIB_n^{volume}}\times100.

Compléments

  • La production non marchande des économies publique et sociale et solidaire est évaluée au coût de production.

  • Le PIB réel est calculé aux prix d’une année de base, en euros constants, et l’inflation est approchée par l’indice des prix à la consommation.

  • Le PIB français de 2021 était estimé à 2 500 milliards d’euros par l’Insee et avait progressé de 7 % après la chute liée à la crise sanitaire en 2020.

Astuce mémo

Prix courants pour le nominal ; prix constants pour le volume

31. Utilité, limites et indicateurs alternatifs

Notions clés & Définitions

  • Externalités : Conséquences de l’action d’un agent sur un autre agent économique en dehors de tout échange sur le marché.

★ À maîtriser

  • Le PIB est l’indicateur le plus utilisé pour évaluer la position d’une économie dans le cycle économique et pour fonder les anticipations des agents.

📌 Les critères de Maastricht limitent la dette publique à 60 % du PIB et le déficit public à 3 % du PIB.

📌 Le PIB mesure un flux annuel de richesse et non un patrimoine, et il représente la richesse matérielle monétaire sans mesurer directement le bonheur, les libertés fondamentales ni la qualité de vie.

  • Le RNB s’obtient en ajoutant au PIB le solde des échanges de revenus primaires avec le reste du monde, ce qui rapporte les revenus aux unités résidentes plutôt qu’au territoire de production, indépendamment de leur nationalité.

  • L’IDH combine l’espérance de vie à la naissance (1/3), le taux d’alphabétisation des adultes (2/9), la moyenne d’années d’études (1/9) et le PIB réel par habitant (1/3).

  • L’IDH varie de 0 à 1 et un résultat plus proche de 1 indique un niveau de développement plus élevé.

Compléments

  • Le taux de croissance en volume sert à estimer le dynamisme d’une économie et fait l’objet de prévisions de l’Insee, de la BCE, de l’OCDE et du FMI.

  • Le système européen SEC 95 permet de comparer les PIB des pays et garantit la précision des mesures servant à établir le budget européen.

  • L’État utilise les prévisions de croissance pour élaborer le budget de l’année suivante, tandis que les entreprises et les marchés financiers s’en servent notamment pour leurs décisions d’investissement.

  • Le PIB est une condition nécessaire mais non suffisante du développement économique, car il n’en mesure qu’une partie des évolutions positives.

  • L’économie parallèle représenterait 10 % du PIB en France, dont plus de 3 % de travail au noir.

📌 Certaines activités illégales, comme la prostitution, sont exclues du PIB, tandis que le trafic de drogue est réintégré après estimation et le travail au noir est également réintégré.

  • Les services non marchands sont évalués conventionnellement à leur coût de production, et la commission Stiglitz estimait leur part à environ 35 % du PIB français en 2009.

  • Le travail domestique et le travail bénévole ne sont pas comptabilisés dans le PIB, car ils sont mal connus et difficiles à mesurer.

  • La baisse rapide des prix des produits innovants peut masquer la hausse des volumes vendus et rendre difficile l’interprétation de l’évolution du PIB en l’absence de prise en compte de leur qualité.

32. Limites de l’IDH et indicateurs complémentaires

Notions clés & Définitions

  • IDH ajusté aux inégalités : Réduit la valeur moyenne de chaque dimension — santé, éducation et revenu — en fonction du degré d’inégalité dans sa répartition au sein de la population.
  • Indice de développement de genre : Mesure les différences d’IDH entre les sexes et contient des IDH estimés séparément pour les femmes et les hommes.
  • Indice d’inégalité de genre : Mesure le déficit de progrès résultant des inégalités de genre dans les dimensions de la santé reproductive, de l’autonomisation et du marché du travail.
  • Indice de pauvreté multidimensionnelle : Identifie les privations d’un individu ou d’un ménage en santé, en éducation et en niveau de vie à partir de microdonnées d’enquêtes auprès des ménages.
  • Indicateur de pauvreté humaine : Pour les pays en développement, repose sur l’espérance de vie, le niveau d’éducation et les conditions de vie, notamment l’absence d’accès aux services de santé et à l’eau potable ainsi que la part des enfants de moins de 5 ans victimes de malnutrition.

★ À maîtriser

  • L’IDH, comme le PIB, ne mesure pas les effets pervers du développement productif, notamment la pollution, l’érosion et l’utilisation excessive des ressources en eau.

Compléments

📌 Pour construire l’indice de pauvreté multidimensionnelle, tous les indicateurs requis doivent provenir de la même enquête, contrairement à l’IDH ajusté aux inégalités.

  • Depuis 1995, un IDH corrigé des inégalités de revenus ou de genre entre hommes et femmes est calculé.

  • En dessous d’un certain niveau de développement, le PIB et la richesse monétaire n’apportent pas d’informations utiles pour appréhender le sous-développement.

  • Les libertés individuelles et la sécurité collective sont des aspects du développement difficiles à quantifier avec l’IDH.

  • La Banque mondiale calcule depuis 2003 un indicateur du climat des affaires et de la réglementation par pays dans son rapport annuel Doing Business.

Astuce mémo

Les moyennes masquent les inégalités ; la production accrue entraîne des effets pervers.

33. Indicateurs alternatifs au PIB

Notions clés & Définitions

  • Indicateur de progrès social : S’articule autour de la satisfaction des besoins de base, de la construction des fondements du bien-être sur la durée et de l’offre d’opportunités d’accomplissement.
  • PIB ressenti : Additionne les satisfactions liées aux revenus plutôt que les revenus eux-mêmes ; la croissance ressentie est moindre lorsque les inégalités augmentent et qu’une part importante de la croissance profite aux plus hauts revenus.

★ À maîtriser

  • La batterie d’indicateurs proposée pour compléter le PIB porte sur (Conseil économique, social et environnemental) :
    • les inégalités de revenus
    • le climat-énergie
    • l’investissement
    • le capital financier
    • le travail-emploi
    • l’éducation
    • la santé
    • la biodiversité
    • la gestion des ressources
    • le bien-être

Compléments

  • L’indice de richesse inclusive (Inclusive Wealth Index, IWI) part du PIB et déduit les destructions de capital humain et naturel afin de proposer un indicateur de développement durable.

  • Le PIB en volume d’une année s’obtient en divisant le PIB en valeur par l’indice des prix correspondant, exprimé sous la forme 1+taux d’eˊvolution des prix1 + taux\ d’évolution\ des\ prix.

📐 Formule - Pour exprimer le PIB d’une année aux prix d’une année de base antérieure, on divise successivement par les indices d’évolution des prix de chaque année intermédiaire, sous la forme PIBn+1volume=PIBn+1valeur(1+tn+1)(1+tn)PIB_{n+1}^{volume} = \frac{PIB_{n+1}^{valeur}}{(1+t_{n+1})(1+t_n)}.

📐 Formule - Le taux de croissance en volume entre deux années est PIBn+1volume−PIBnvolumePIBnvolume×100\frac{PIB_{n+1}^{volume}-PIB_n^{volume}}{PIB_n^{volume}}\times 100.

34. Perspectives économiques allemandes

★ À maîtriser

  • Selon les projections de l’OCDE, la croissance du PIB allemand en volume ralentit de 2,5 % en 2017 à 1,6 % en 2018, puis atteint 1,6 % en 2019 et 1,4 % en 2020. - Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • Le programme climatique prévoit de réduire la production d’énergie au charbon et de financer les changements structurels dans les régions concernées afin d’atteindre l’objectif d’émissions de gaz à effet de serre pour 2030. - OCDE, novembre 2018

Compléments

  • Les projections de l’OCDE prévoient une hausse du chômage allemand de 3,8 % en 2017 à 3,4 % en 2018, puis une baisse à 3,0 % en 2019 et 2,7 % en 2020. - Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • Les projections de l’OCDE prévoient un excédent financier des administrations publiques allemandes de 1,6 % du PIB en 2018, puis de 1,1 % en 2019 et de 1,0 % en 2020. - Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • Selon les projections de l’OCDE, la demande intérieure plus solide soutient les importations et réduit l’excédent des paiements courants, qui passe de 7,7 % du PIB en 2018 à 6,8 % en 2020. - Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • La marge budgétaire allemande doit financer des dépenses supplémentaires en éducation, dans les réseaux à très haut débit et dans les infrastructures de transport plus propre, afin de renforcer la productivité et l’inclusivité. - OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • Les mesures fiscales envisagées comprennent des allègements d’impôt pour les bas salaires et les seconds apporteurs de revenu, ainsi qu’une hausse des taxes environnementales et de la fiscalité immobilière. - OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • Le renforcement de la formation tout au long de la vie doit aider la main-d’œuvre à s’adapter au changement technologique et à se préparer aux emplois futurs. - OCDE, Perspectives économiques de l’OCDE, n° 104

  • La politique de transport à faibles émissions prévoit de renforcer (OCDE, novembre 2018) :

    • le ferroviaire
    • les transports publics
    • les mobilités à faibles ou nulles émissions
    • l’autopartage
  • Le programme climatique prévoit une prime à l’achat accrue pour les véhicules utilitaires légers et les taxis, ainsi que le développement des infrastructures de recharge des voitures électriques. - OCDE, novembre 2018

Astuce mémo

Demande intérieure renforcée → importations accrues → excédent courant réduit

35. Faiblesses structurelles allemandes

Notions clés & Définitions

  • Indicateur du vivre mieux : Indicateur du vivre mieux de l’OCDE, 2017 - Indicateur de l’OCDE qui compare la situation des pays selon 11 dimensions du bien-être, sur une échelle de 0 (situation la plus mauvaise) à 10 (la meilleure).

★ À maîtriser

  • En novembre 2018, les offres d’emploi non pourvues en Allemagne ont atteint le record de 1,24 million, alors que le chômage était à son niveau le plus faible depuis la réunification.

  • La pénurie de personnel qualifié rend le recrutement difficile, pousse les entreprises à augmenter les salaires et freine l’amélioration de leur production.

  • Les 11 dimensions de l’indicateur du vivre mieux sont le revenu et le patrimoine, l’emploi et les salaires, les conditions de logement, l’équilibre vie professionnelle-vie privée, l’état de santé, l’éducation et les compétences, les liens sociaux, l’engagement civique et la gouvernance, la qualité de l’environnement, la sécurité des personnes et le bien-être subjectif.

Compléments

  • En décembre, le gouvernement a présenté un projet de loi sur l’immigration visant à faciliter l’arrivée de travailleurs extérieurs à l’Union européenne et l’intégration des réfugiés.

  • À partir de 2025, la banque publique d’investissement KfW redoute un manque général de main-d’œuvre lorsque la génération du baby-boom arrivera à la retraite.

  • Les problèmes de livraison dus au faible niveau du Rhin ont mis en évidence le sous-investissement de longue durée dans les infrastructures ferroviaires et routières.

  • Le réseau Internet et téléphonique allemand n’est pas à la pointe.

  • Un classement de la fondation pour les entreprises familiales publié début janvier a estimé que l’Allemagne était moins attractive que le Portugal parmi les pays de l’OCDE, notamment en raison de ses infrastructures et de sa situation fiscale.

  • En 2018, l’État fédéral allemand a enregistré plus de 10 milliards d’euros d’excédent budgétaire, tandis que les milieux industriels dénonçaient l’alourdissement continu des charges depuis 2005.

  • En Allemagne, le taux de travailleurs pauvres est passé de 5,5 % en 2005 à 7,7 % en 2010, puis à 9,5 % en 2015, avec un seuil de pauvreté fixé à 60 % du revenu médian.

  • En Allemagne, l’indicateur d’insécurité sur le marché du travail est de 2 %, le taux d’emploi de 74,7 %, le chômage de longue durée de 1,7 % et le revenu moyen d’activité de 46 389 dollars des États-Unis.

  • Sur les 38 pays de l’OCDE, l’Allemagne est classée 4e pour l’insécurité sur le marché du travail, 7e pour le taux d’emploi, 15e pour le chômage de longue durée et 13e pour le revenu moyen d’activité.

  • Les sous-indicateurs de l’emploi et des salaires sont :

    • L’insécurité sur le marché du travail
    • Le taux d’emploi
    • Le taux de chômage de longue durée
    • Le revenu moyen d’activité
  • En 2015, le taux de travailleurs pauvres était de 14,1 % en Grèce, de 9,5 % en Allemagne, de 7,9 % en France et de 3,1 % en Finlande.

Astuce mémo

Pénuries de main-d’œuvre et infrastructures fragiles → production et compétitivité menacées

36. Croissance, finances publiques et politiques

★ À maîtriser

  • En 2015, le PIB allemand aux prix du marché s’élevait à 3 046 milliards d’euros, dont 2 803 milliards de demande intérieure et 243 milliards d’exportations nettes.

  • La croissance allemande, soutenue par les exportations et la modération salariale engagée dans les années 2000, s’accompagne d’une consommation relativement faible.

  • Le PIB est un indicateur quantitatif des richesses créées, distribuées et employées, mais il ne prend pas en compte l’épuisement des ressources lié aux externalités négatives et sous-estime les activités non marchandes générant des externalités positives.

  • En 2016 et 2017, le solde financier des administrations publiques allemandes était respectivement de 0,9 % et 1 % du PIB, et l’excédent budgétaire de 2018 s’élevait à 10 milliards d’euros.

  • La question environnementale relève des externalités et justifie une intervention publique pour corriger les défaillances du marché.

Compléments

  • En 2016, l’excédent du solde des transactions courantes allemand atteignait 8,3 % du PIB.

  • Les exportations allemandes sont menacées par les incertitudes des échanges internationaux, le ralentissement de la demande mondiale et les critiques visant l’excédent commercial allemand.

  • En 2017, le PIB allemand atteignait 3 263 milliards d’euros courants, le niveau le plus élevé de l’Union européenne et le quatrième au monde derrière les États-Unis, la Chine et le Japon.

  • La dette brute des administrations publiques allemandes au sens de Maastricht représentait 63,8 % du PIB en 2017 et devait diminuer à 56,1 % en 2020.

  • L’Allemagne a privilégié l’austérité pour rééquilibrer son budget et soutenir un modèle économique fondé sur la modération salariale, y compris pour les traitements des fonctionnaires.

  • Les allègements d’impôts en faveur des bas salaires et des seconds apporteurs de revenu constituent une politique de demande destinée à soutenir la demande effective, l’emploi, l’investissement et la croissance.

  • Les investissements dans l’éducation, les réseaux à très haut débit et les infrastructures de transport plus propres sont des mesures structurelles de soutien à l’offre et au potentiel productif.

📌 Pigou défend la réglementation étatique, Coase et Hardin l’instauration de droits de propriété, et Olstrom la gestion des ressources par les communautés locales.

  • Le paquet européen 2020 prévoit de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport à 1990, de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’Union européenne et d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 %.

37. Mesures climatiques allemandes et effets attendus

★ À maîtriser

  • Les mesures allemandes de réduction de l’énergie produite au charbon prévoient de financer les changements structurels dans les régions concernées.

  • La politique allemande de transports à faibles émissions prévoit d’augmenter les primes à l’achat pour les véhicules utilitaires légers et les taxis, de développer les infrastructures de recharge des voitures électriques, d’expérimenter la conduite automatisée et d’adapter la réglementation aux nouveaux services de mobilité partagée.

  • La réduction de l’usage du charbon vise à inciter les producteurs à adopter des énergies renouvelables en facilitant leur transition vers ces modes de production.

  • Les services de mobilité partagée comprennent :

    • le covoiturage
    • l’autopartage
    • les vélos en libre-service

Compléments

  • Les engagements climatiques européens ont été réaffirmés lors des conférences des Nations unies sur le climat, notamment à la conférence de Paris, fin 2015.

  • Un alourdissement des taxes environnementales est également envisagé en Allemagne.

  • L’objectif européen à l’horizon 2030 est de porter la part des énergies renouvelables à au moins 27 %.

📌 L’économie de la fonctionnalité privilégie l’usage à la possession et repose sur la vente d’un service de transport plutôt que d’un bien comme la voiture.

  • L’alourdissement des taxes environnementales vise un effet dissuasif qui incite producteurs et consommateurs à privilégier des productions et consommations plus propres.

Astuce mémo

Moins de charbon → transition vers les renouvelables ; transports propres → changements de mobilité.

38. Situation et tensions du marché du travail

★ À maîtriser

  • En Allemagne, le taux de chômage était de 3,8 % en 2017, était prévu à 3,4 % en 2018 et à 2,7 % en 2020.

  • La part des travailleurs pauvres en Allemagne est passée de 5,5 % en 2005 à 9,5 % en 2015, soit une hausse de 4 points.

  • Le chômage faible et le taux d’emploi élevé en Allemagne sont notamment liés à la modération salariale des années 1990 et 2000 et à une réforme ayant réduit les allocations-chômage et incité à rechercher activement un emploi pour en bénéficier.

  • Entre 2010 et 2018, le taux de chômage allemand a baissé de près de 4 points tandis que le taux d’emplois vacants a progressé de plus d’un point.

Compléments

  • Le taux de chômage de longue durée, défini ici par une durée d’un an ou plus, s’élevait à 1,7 % en Allemagne.

  • Le taux d’emploi allemand était proche de 75 %.

  • L’Allemagne se situait au 4ᵉ rang parmi les 38 pays de l’OCDE pour la faiblesse de l’insécurité sur le marché du travail, avec une baisse de revenus attendue de seulement 2 % après une perte d’emploi.

  • Près de la moitié des chômeurs allemands étaient au chômage depuis un an ou plus, plaçant le pays au 15ᵉ rang pour le chômage de longue durée.

  • En novembre 2018, l’Allemagne comptait 1,24 million d’emplois non pourvus, dans un contexte de manque de personnel qualifié.

  • En juin 2018, le salaire nominal moyen par salarié avait progressé de plus de 3 % sur un an, au-delà de l’inflation, qui était de 2 %.

  • Les minijobs sont des contrats à temps partiel limités à 50 heures par mois et à 450 euros mensuels, sans cotisations sociales à la charge du salarié.

39. Résilience et perspectives industrielles

★ À maîtriser

  • Au 1er semestre 2025, la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière a progressé de 0,5 % par rapport au 2nd semestre 2024, malgré un contexte international difficile.

  • Les perspectives de demande industrielle restent mitigées : les carnets de commandes se redressent continûment depuis le début de 2025, mais certains secteurs exportateurs prévoient une baisse de la demande extérieure.

  • Au 2e trimestre 2025, l’indice de production industrielle manufacturière français restait inférieur de 4,3 points à son niveau de 2019, contre un recul de 12,4 points en Allemagne et de 6,3 points en Italie.

  • Au 1er trimestre 2025, la valeur ajoutée manufacturière représentait 10,8 % de l’économie française, contre 16,0 % en Italie et 19,8 % en Allemagne, des chiffres à interpréter avec prudence en raison de différences méthodologiques.

Compléments

  • Au 1er semestre 2025, la fabrication de matériels de transport a soutenu l’industrie manufacturière avec une hausse de 4,4 %, tandis que l’agroalimentaire et les autres branches ont stagné et que les biens d’équipement ont reculé.

  • La valeur ajoutée du secteur énergétique a baissé de 6,5 % au 1er semestre 2025, sous l’effet du recul de la demande intérieure et extérieure d’énergie et de maintenances dans certaines centrales nucléaires.

  • Après s’être redressée durant l’été 2025 et avoir retrouvé son niveau habituel, la production énergétique devrait soutenir la production industrielle au 3e trimestre.

  • En août 2025, le solde PMI de l’industrie est repassé au-dessus du seuil d’expansion pour la première fois depuis janvier 2023, tandis que les soldes des enquêtes Insee auprès des chefs d’entreprises industrielles restaient légèrement inférieurs à leurs moyennes de longue période.

📌 En France, la valeur ajoutée industrielle est calculée à partir de branches homogènes isolant les activités purement manufacturières, tandis qu’en Allemagne elle est mesurée par secteurs d’activité pouvant inclure des services secondaires comme le commerce et la R&D. - Insee, Quel est vraiment le poids de l’industrie en France et en Allemagne ?, 12 juillet 2024

📌 L’industrie manufacturière française est davantage concentrée sur l’agroalimentaire, tandis que les industries de production de biens d’équipement sont plus développées en Allemagne et en Italie.

Astuce mémo

Résilience globale au premier semestre, mais trajectoires sectorielles divergentes

Tableaux de synthèse

Épargne au cours du cycle de vie

PériodeRevenuPatrimoineÉpargne
JeunesseMinimumInexistantFaible ou endettement
Vie activeMaximumEn formationEn hausse : désendettement et épargne
RetraiteMoyenImportantEn baisse : désépargne et vente du patrimoine

Répartition de la valeur ajoutée

OrientationEffet principalConséquences
Favorable au travailSoutien de la demandeConsommation et emploi
Favorable au capitalSoutien de l’offreInvestissement et autofinancement

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