Fiche de révision : Firmes, concurrence et politiques industrielles

Plan du Cours

  1. Rigidités, monopoles et objectifs du cours
  2. Fondements et critiques de la microéconomie
  3. Offre, demande et formation des prix
  4. Hypothèses et défaillances de la concurrence
  5. Biens collectifs et externalités positives
  6. Pouvoir de marché et monopoles
  7. Différenciation et concurrence
  8. Asymétries et coûts de transaction
  9. Incitations et comportements économiques
  10. Régulation et externalités
  11. Innovation, croissance et emploi
  12. Théories économiques de la firme
  13. Croissance et concentration des firmes
  14. Objectifs et instruments concurrentiels
  15. Régulation des monopoles naturels
  16. Politiques industrielles et développement

1. Rigidités, monopoles et objectifs du cours

★ À maîtriser

  • Le cours cherche notamment à expliquer la formation des prix, l’apparition des monopoles, les choix d’intégration ou d’externalisation des entreprises et les schémas incitatifs.

Compléments

  • La crise de 1929 marque le début de l’intervention de l’État dans l’économie par des politiques budgétaires et monétaires.

  • Les quatre marchés évoqués comprennent notamment le marché du travail et celui des biens et services, qui comportent des rigidités liées aux acteurs.

  • La concentration des marchés depuis les années 2000 est présentée comme une explication de la modification du partage de la valeur ajoutée aux États-Unis.

2. Fondements et critiques de la microéconomie

Notions clés & Définitions

  • Utilité marginale : Valeur ou satisfaction associée à une unité supplémentaire d’un bien ; la valeur du bien dépend de cette utilité marginale plutôt que de son utilité totale.
  • Homo economicus : Individu qui utilise sa rationalité pour analyser et anticiper les situations afin de maximiser sa satisfaction, son utilité ou son profit.
  • Bien-être social : Mesuré par la somme du surplus du producteur et de celui du consommateur.

★ À maîtriser

  • L’individualisme méthodologique est associé aux travaux de William S. Jevons, Léon Walras et Carl Menger, qui élaborent des outils conceptuels pour étudier l’équilibre global à partir des décisions individuelles.

📌 Herbert Simon oppose à la rationalité maximisatrice une rationalité limitée dans laquelle les individus s’appuient sur des routines en environnement stable et réfléchissent davantage lorsque leur environnement devient instable. - HERBT SIMON

Compléments

  • Le paradoxe de l’eau et du diamant illustre que le prix d’un bien peut être décorrélé de son utilité totale et de son coût de production : l’eau abondante peut avoir un prix faible malgré son utilité totale élevée.

  • Thorstein Veblen crée le terme « néoclassique » en 1900 pour désigner les économistes qui ont introduit la pensée marginaliste dans le courant classique.

  • Robert E. Lucas conclut en 1976 que les politiques de régulation de l’activité économique sont inefficaces, en s’appuyant sur des hypothèses d’information parfaite et d’anticipations rationnelles.

  • L’école du public choice explique les cycles du secteur public par l’idée que les responsables politiques cherchent à se faire réélire et que les bureaucrates cherchent à maximiser leur budget discrétionnaire.

Astuce mémo

Homo economicus rationnel face à la rationalité limitée de Simon

3. Offre, demande et formation des prix

Notions clés & Définitions

  • Équilibre de marché : Atteint lorsque la quantité offerte correspond à la quantité demandée ; il est représenté par l’intersection des courbes d’offre et de demande.
  • Élasticité-prix croisée : Mesure le pourcentage de variation de la demande d’un bien divisé par le pourcentage de variation du prix d’un autre bien, afin d’évaluer leur degré de substitution.
  • Surplus du consommateur : Différence entre le prix qu’un consommateur aurait été prêt à payer et le prix d’équilibre.
  • Surplus du producteur : Différence entre le prix de vente et le coût marginal de production, cumulée sur les unités vendues.

★ À maîtriser

  • Le prix transmet de l’information et influe sur les comportements d’achat des consommateurs ainsi que sur les décisions d’investissement des entreprises.

📐 Formule - L’élasticité-prix de la demande est le taux de variation de la quantité demandée divisé par le taux de variation du prix : εD,P=% ΔQD% ΔP\varepsilon_{D,P} = \frac{\%\,\Delta Q_D}{\%\,\Delta P}.

📌 Une demande est élastique lorsque l’élasticité-prix est supérieure à 1 et inélastique lorsqu’elle est inférieure à 1.

📌 L’élasticité-revenu est négative pour les biens inférieurs, comprise entre 0 et 1 pour les biens normaux et supérieure à 1 pour les biens supérieurs.

📐 Formule - Le coût marginal est la variation du coût total divisée par la variation de la quantité produite : Cm=ΔCTΔQC_m = \frac{\Delta C_T}{\Delta Q}.

Compléments

  • La loi de Say affirme que l’offre crée sa propre demande et qu’il ne peut donc pas y avoir de sous-production ou de surproduction durable.

  • L’effet de substitution conduit le consommateur à remplacer un bien devenu trop coûteux par un autre aux caractéristiques proches.

  • L’effet Veblen désigne une consommation ostentatoire dans laquelle une hausse du prix peut accroître l’achat d’un bien, utilisé comme signe de statut ou d’imitation.

  • L’effet Giffen concerne des biens de première nécessité sans substitut disponible, que les consommateurs continuent d’acheter malgré une hausse de prix.

  • Une élasticité de 2 signifie qu’une hausse du prix de 10 % entraîne une baisse de la quantité demandée de 20 %.

📌 L’élasticité-prix croisée est positive pour les biens substituables et négative pour les biens complémentaires.

  • Les autorités de la concurrence utilisent l’élasticité-prix croisée pour délimiter le marché pertinent et évaluer un pouvoir de marché ou un abus de position dominante.

4. Hypothèses et défaillances de la concurrence

Notions clés & Définitions

  • Concurrence pure et parfaite : Modèle normatif dont cinq conditions doivent être réunies pour atteindre l’optimum : atomicité, homogénéité, libre entrée et sortie, transparence et mobilité des facteurs.
  • Optimum de Pareto : Situation supérieure à une autre si elle est préférée par chacun des membres de la société ; à l’optimum de Pareto, améliorer la situation d’une personne implique de dégrader celle d’une autre.
  • Externalité : Effet positif ou négatif d’une décision économique sur d’autres agents, qui n’est pas pris en compte par le système de marché seul.

Points essentiels

  • L’atomicité suppose une multitude d’offreurs et de demandeurs, dont aucun ne peut influencer seul l’équilibre du marché.

  • L’homogénéité suppose que tous les producteurs offrent des biens strictement identiques, tandis que la différenciation des produits donne du pouvoir de marché aux entreprises.

📌 Les barrières à l’entrée peuvent être naturelles ou stratégiques ; le cours présente les barrières stratégiques comme celles qui sont répréhensibles et surveillées par les autorités de la concurrence.

  • La transparence suppose que l’information utile aux décisions de marché soit accessible à tous ; le délit d’initié consiste à utiliser une information privilégiée avant sa publication officielle.

  • La mobilité des facteurs suppose que les facteurs de production puissent se déplacer géographiquement, mais cette mobilité n’est jamais parfaite et varie notamment selon la qualification des travailleurs.

  • La pollution est un exemple d’externalité négative lorsque l’entreprise impose des coûts à l’ensemble de la société sans les supporter elle-même.

📌 Les externalités négatives justifient des réglementations strictes lorsque les entreprises ne prennent pas en charge les coûts qu’elles font supporter à la société.

5. Biens collectifs et externalités positives

Notions clés & Définitions

  • Bien collectif : Bien non rival et non excluable, comme l’éclairage.

★ À maîtriser

📌 L’impôt permet de financer les biens collectifs que le marché ne fournit pas spontanément, car les individus peuvent refuser de payer pour en bénéficier.

Compléments

  • Les externalités positives peuvent concerner un producteur de pommes situé près d’un apiculteur ou l’éducation.

  • En 1997, à Djakarta, la privatisation de la sécurité est citée comme exemple de bien collectif financé par le secteur privé.

6. Pouvoir de marché et monopoles

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir de marché : Capacité d’une entreprise à améliorer sa situation en influençant les conditions du marché, dépendant notamment du degré de concurrence et de l’élasticité-prix de la demande.
  • Perte de bien-être de Harberger : Triangle de surplus perdu qui n’est capté ni par les consommateurs ni par l’entreprise en monopole.

★ À maîtriser

  • Un monopole maximise son profit en vendant jusqu’au point où sa recette marginale est égale à son coût marginal.

Compléments

  • Le monopole peut fixer un prix supérieur au coût marginal et capter une partie du surplus du consommateur.

📌 Un monopole bilatéral, où un vendeur et un acheteur disposent chacun d’un pouvoir de marché, aboutit à un résultat plus concurrentiel qu’un monopole simple.

  • Les infrastructures de distribution, les coûts fixes importants et les investissements en recherche et développement peuvent favoriser la formation de monopoles ou d’oligopoles.

  • Un brevet obtenu après une innovation peut procurer à l’entreprise un monopole temporaire lui permettant de récupérer ses investissements. - Schumpeter

Astuce mémo

Monopole bilatéral : deux pouvoirs de négociation se répondent, contrairement au monopole simple.

7. Différenciation et concurrence

★ À maîtriser

  • La différenciation des produits permet aux entreprises d’éviter la guerre des prix, jugée peu rentable et susceptible de fragiliser les entreprises.

📌 La différenciation horizontale repose sur des caractéristiques différentes à prix égal et sur les goûts des consommateurs, tandis que la différenciation verticale distingue des qualités vendues à des prix différents.

Compléments

  • Dans l’exemple de Hotelling, deux marchands de glace sur une plage se différencient au moins par leur localisation.

  • Marshall soutenait que chaque entreprise cherche à repousser ses concurrentes et à obtenir ainsi une position de monopole.

8. Asymétries et coûts de transaction

★ À maîtriser

📌 La sélection adverse découle d’une caractéristique inobservable avant l’échange, tandis que l’aléa moral correspond à un changement de comportement ou à une prise de risque que l’agent ne supportera pas pleinement.

  • L’intégration d’une activité peut être préférable au recours au marché lorsque les coûts de transaction sont élevés, à condition que les coûts d’organisation restent inférieurs aux coûts de transaction. - Ronald Coase

Compléments

  • Sur le marché des voitures d’occasion décrit par Akerlof, l’acheteur ne peut pas mesurer la qualité du véhicule et les vendeurs de voitures de bonne qualité risquent de les retirer si le prix proposé ne la reflète pas.

  • Dans une relation d’agence, un principal confie une tâche à un agent et doit s’assurer que celui-ci l’exécute conformément à l’accord.

  • La nouvelle économie institutionnelle souligne que les entreprises peuvent être plus performantes que le marché en raison des coûts de transaction.

  • Douglass North estime les coûts de transaction à 45 % du PIB américain en 1990.

Astuce mémo

Sélection adverse avant l’échange ; aléa moral après la prise de risque.

9. Incitations et comportements économiques

Notions clés & Définitions

  • Passager clandestin : Individu qui compte sur la contribution des autres pour profiter d’un bien collectif ou public tout en cherchant à payer moins.

★ À maîtriser

  • Selon Adam Smith, le partage à moitié-moitié de la récolte en métayage incite insuffisamment le métayer et conduit à un sous-investissement dans le travail agricole.

  • Dans une organisation, les incitations peuvent être monétaires, comme les primes et les hausses de salaire, ou non monétaires, comme les possibilités de progression.

Compléments

  • Chester Barnard estime qu’une autorité capable de trancher les conflits est nécessaire lorsque les incitations ne suffisent pas à assurer le bon fonctionnement d’une organisation.

  • Knut Wicksell propose le principe de l’unanimité approximative et du consentement volontaire lors du vote du budget pour inciter chacun à contribuer aux biens collectifs.

  • Averch et Johnson (1962) montrent qu’une réglementation garantissant un rendement peut provoquer un surinvestissement et un gaspillage des ressources.

  • Lorsque l’assurance est facultative, les individus les plus exposés au risque sont davantage susceptibles de s’assurer, ce qui peut rendre le système non viable.

  • La discrimination des prix dans le transport est illustrée par l’existence de trois classes tarifaires.

10. Régulation et externalités

★ À maîtriser

  • Pigou reprend l’idée du pollueur-payeur et soutient que les externalités, notamment en contexte d’asymétrie d’information, empêchent d’atteindre l’optimum de Pareto.

  • Jean Tirole souligne que la réglementation doit intégrer l’asymétrie d’information entre le régulateur et l’entreprise régulée et s’appuyer sur des règles institutionnelles claires ainsi que sur des mécanismes de révélation de l’information.

  • Le théorème de Coase affirme que, sous certaines conditions de droits de propriété et en l’absence de coûts de transaction et d’effet revenu, la négociation libre entre pollueur et pollué permet d’atteindre un équilibre de Pareto indépendamment du détenteur initial des droits.

Compléments

  • Selon Stigler, la réglementation peut servir des intérêts particuliers plutôt que l’intérêt général, notamment sous l’influence des groupes de pression.

  • Les droits de propriété doivent respecter (Coase) :

    • l’universalité
    • l’exclusivité
    • la transférabilité
    • la protection
  • La taxe carbone est gelée en 2018, tandis que les prix des quotas d’émission augmentent fortement à partir de janvier 2021.

11. Innovation, croissance et emploi

★ À maîtriser

📌 Une innovation radicale constitue une rupture dans le processus de production, tandis qu’une innovation incrémentale apporte une amélioration mineure.

📌 Le chômage consécutif au remplacement d’un emploi est frictionnel dans un premier temps, mais il peut devenir structurel si le retour à l’emploi exige une formation que la personne ne possède pas.

  • Arrow considère le savoir comme un bien collectif qui bénéficie à tous et justifie un accès libre à l’échelle mondiale.

📌 La recherche fondamentale relève du financement public, tandis que la recherche appliquée implique notamment une prise de risque et peut mobiliser des financements privés.

  • La politique d’innovation de l’État combine : le financement de la recherche, le financement des infrastructures, le financement de l’éducation, la protection sociale des personnes, le soutien aux PME, des incitations modifiant la dépendance au sentier des entreprises

Compléments

  • Une technologie générique est à la base d’une révolution industrielle, tandis qu’une technologie secondaire permet d’intégrer ou d’adapter une innovation générique aux besoins d’un secteur.

  • La première révolution industrielle est associée à la machine à vapeur (1763-1788), la deuxième à l’électricité (1866 et 1879), et la troisième au microprocesseur (1969).

  • Le cours associe aux cycles de Kondratieff un décalage entre invention et adoption d’environ 100 ans pour la machine à vapeur, 50 ans pour l’électricité et 30 ans pour la puce.

  • L’analyse schumpétérienne distingue cinq formes de progrès (Schumpeter) :

    • les nouvelles techniques de production
    • les nouveaux biens
    • les nouvelles sources de matières premières
    • les nouveaux débouchés économiques
    • les nouvelles formes de gestion
  • Le cycle de vie d’un produit comprend :

    • l’exploration
    • le développement
    • la maturité
    • le déclin
  • La productivité du travail a été multipliée par 20 depuis la première révolution industrielle, tandis que le taux d’emploi s’est maintenu.

  • Keynes décrit en 1930 le chômage technologique lié au remplacement du travail par l’innovation.

  • L’automatisation peut supprimer certains postes tout en renforçant l’emploi dans une usine en ouvrant d’autres postes grâce aux gains de productivité.

  • La flexisécurité danoise protège l’individu qui perd son emploi sans protéger l’emploi lui-même.

  • Selon Arrow, l’effet de remplacement peut décourager les entreprises établies d’innover lorsqu’elles craignent d’être remplacées par de nouvelles entreprises.

  • Robert Gordon explique le ralentissement de la croissance par la stagnation séculaire et la faible rentabilité des nouvelles technologies par rapport aux grandes innovations passées.

12. Théories économiques de la firme

Notions clés & Définitions

  • Rationalité limitée : HERBERT SIMON - Capacité de décision contrainte par le manque d’information, les biais cognitifs et le manque de temps.
  • Firme contractuelle : Nœud de contrats résultant d’accords négociés entre individus, confrontés à des divergences d’intérêts et à des asymétries d’information.

★ À maîtriser

📌 Dans le modèle de concurrence pure et parfaite, la firme est une « boîte noire » sans stratégie, tandis que les théories modernes étudient son organisation interne.

  • Coase cherche à expliquer pourquoi les entreprises choisissent souvent une organisation hiérarchique plutôt que des contrats de marché.

Compléments

📌 Berle et Means décrivent, dans les grandes entreprises au capital dispersé, une séparation entre propriété du capital et pouvoir de contrôle, ainsi que des intérêts divergents entre acteurs. - Berle & Means

  • Pour Cyert et March, l’organisation est complexe, faite de coopération et de conflits, et constitue un lieu d’apprentissage.

  • Les théories contractuelles étudiées sont :

    • la théorie des coûts de transaction
    • la théorie de l’agence
    • la théorie des contrats incomplets
  • Pour Oliver Williamson, le choix d’organisation dépend des coûts de transaction et l’intégration peut limiter le risque de hold-up.

📌 La théorie de l’agence conçoit la firme comme un marché privé de contrats libres, sans relation d’autorité intrinsèque, tandis que la théorie des contrats incomplets associe le pouvoir à la propriété.

📌 Les théories évolutionnistes expliquent l’unicité de la firme par les apprentissages individuels et collectifs et la dépendance au sentier, plutôt que par les coûts de transaction.

  • Rajan et Zingales mettent en avant les actifs critiques non cessibles ni transmissibles, comme une idée ou un talent, et le rôle du capital humain dans le pouvoir de l’entreprise. - Luigi ZINGALES & Raghuram RAJAN

13. Croissance et concentration des firmes

★ À maîtriser

📌 La croissance interne augmente la part de marché de l’entreprise, tandis que la croissance externe repose sur le rachat d’une autre entreprise.

  • Les formes de concentration se distinguent ainsi : la concentration horizontale réunit des concurrents, la concentration verticale rapproche des niveaux différents d’une filière, la concentration conglomérale rapproche des productions différentes

Compléments

📌 Le transfert d’actifs peut faire perdre son autonomie juridique à l’entreprise rachetée, tandis qu’une participation financière permet un contrôle partiel sans cette perte d’autonomie.

  • Une fusion-absorption d’une entreprise en faillite oblige l’acquéreur à reprendre ses dettes, tandis qu’une fusion crée une nouvelle structure.

  • Les « poison pills » défendent une entreprise contre une OPA, notamment par l’émission de nouvelles actions ou le recours à un chevalier blanc.

  • Un actionnaire activiste acquiert habituellement entre 5 et 10 % du capital, discrédite l’équipe dirigeante et sollicite les procurations des petits actionnaires pour contrôler le conseil d’administration.

  • La concentration peut supprimer des coûts de transaction, produire des économies d’échelle, maîtriser les approvisionnements, faciliter l’internalisation et la diversification des risques, et donner accès à de nouvelles technologies.

  • Depuis les années 1980, la concentration et la mondialisation ont été favorisées par les investissements directs à l’étranger, dont les trois quarts sont des fusions-acquisitions, la globalisation financière et les technologies de l’information et de la communication.

  • Entre les années 1990 et 2000, la probabilité qu’un leader chute a diminué de 45 % à 30 %.

  • Dans l’exemple de Walmart étudié par Thomas Philippon, entre 1979 et 1995, une baisse de salaire de 10 % est corrélée à une baisse des prix de 0,3 %.

📌 Les fusions-acquisitions échouent souvent parce que les actions sont surévaluées avant le rachat et que des différences de cultures d’entreprise créent des difficultés organisationnelles.

14. Objectifs et instruments concurrentiels

Notions clés & Définitions

  • Prix prédateur : Prix fixé assez bas pour évincer des concurrents ; selon la règle Areeda-Turner, il est prédateur s’il est inférieur au coût ou ne couvre pas le coût variable moyen.
  • Cartel : Coordination illicite entre entreprises ou pays visant notamment à agir sur le niveau des prix.

★ À maîtriser

📌 La politique de la concurrence vise à agir sur le partage de la valeur ajoutée et le pouvoir d’achat, notamment en empêchant qu’un monopole fasse porter l’ajustement au détriment du travail.

  • Le contrôle européen de la concurrence porte sur :
    • les concentrations
    • les ententes
    • les aides étatiques
    • les abus de position dominante

📌 L’analyse d’une position dominante exige de définir le marché pertinent à partir de la substitution de la demande, et pas seulement de constater une part de marché élevée.

Compléments

  • Le Sherman Act, première loi antitrust américaine, date de 1890 ; Rockefeller a été démantelé en 1911 et AT&T en 1982.

📌 En France, les projets de rapprochement sont soumis à une autorisation préalable destinée à évaluer leurs effets possibles sur le consommateur.

  • Les autorités de la concurrence évaluent notamment les marchés pertinents, le comportement des consommateurs et les élasticités-prix directe et croisée de la demande.

  • Les autorités concurrentielles deviennent plus réticentes à accepter une fusion-acquisition lorsque la part de marché dépasse 25 %.

  • En 2014, le rachat de WhatsApp par Facebook a été accepté, mais Facebook a été sanctionné de 110 millions pour avoir menti aux autorités concurrentielles.

  • Les stratégies d’éviction évoquées comprennent : les prix prédateurs, la différenciation excessive et la saturation des rayonnages, les stratégies de tirage, les produits clones, les ventes liées

  • Le cours situe à 40 % la part de marché considérée comme excessive en Europe, tandis que l’école de Chicago conteste qu’une grande part de marché prouve à elle seule un problème concurrentiel.

  • Les amendes infligées aux cartels peuvent atteindre 10 % du chiffre d’affaires mondial.

📌 Les ententes verticales organisent les relations entre fabricants et distributeurs et peuvent être admises si elles ne fixent pas les prix de revente, tandis que les ententes horizontales sont conclues entre entreprises concurrentes.

  • Google détient environ 90 % du marché des moteurs de recherche et sa part atteint 97 % sur les smartphones en Europe et aux États-Unis.

  • Le moteur de recherche Google combine liens organiques et liens sponsorisés, et fournit gratuitement le service aux utilisateurs en échange de leur attention et de leurs données.

15. Régulation des monopoles naturels

Notions clés & Définitions

  • Monopole naturel : Caractérise certaines activités de réseau concentrées, comme l’énergie, le transport, la communication, les médias et l’environnement.
  • Péréquation : Consiste, par exemple pour EDF, à appliquer le même prix sur tout le territoire malgré des coûts qui varient selon la localisation.

★ À maîtriser

📌 La privatisation transfère des droits de propriété, tandis que la libéralisation ouvre une activité à la concurrence, même si l’entreprise reste publique.

📌 Un bien collectif pur est non rival et non excluant, tandis qu’un bien de club correspond notamment à un service public marchand dont l’accès peut être tarifé, comme les transports collectifs ou les piscines municipales.

Compléments

  • En France, les ouvertures à la concurrence citées concernent le transport aérien en 1990, le transport ferroviaire de marchandises en 2003, les télécommunications en 1997, les autoroutes en 2006, le ferroviaire international de voyageurs en 2009, le régional en 2020 et le national en 2021.

  • Les biens de club peuvent être financés par des subventions publiques et une tarification couvrant partiellement ou totalement le coût moyen de production.

Astuce mémo

Privatiser transfère la propriété ; libéraliser introduit la concurrence.

16. Politiques industrielles et développement

Notions clés & Définitions

  • Politique industrielle : Intervention publique destinée à promouvoir des secteurs jugés importants pour des raisons particulières.
  • Trappe malthusienne : Situation où le progrès accroît la production et les revenus, mais stimule aussi la population, ce qui ramène le PIB par tête vers son niveau antérieur.
  • Piège du revenu intermédiaire : Difficulté d’un pays à poursuivre son développement lorsqu’il ne s’engage pas sur la voie de l’innovation.
  • Loi de Baumol : Timo BOPPART - Hausse des coûts des services lorsque leur productivité progresse moins vite que celle de l’industrie et que leurs salaires suivent l’évolution du coût de la vie.
  • Loi d’Engel : Timo BOPPART - Établit que la part du revenu des ménages consacrée à l’alimentation diminue lorsque leur revenu augmente.

★ À maîtriser

📌 Joël Mokyr distingue le savoir propositionnel, qui encode les connaissances scientifiques et rend possibles les découvertes, du savoir prescriptif, qui porte sur les techniques et rend possibles les innovations.

Compléments

  • Brander et Spencer soulignent que les investissements peuvent soutenir la compétitivité internationale d’entreprises nationales sur des marchés stratégiques.

📌 La politique industrielle stratégique peut soutenir des entreprises nationales pour des motifs de stratégie ou de profit, mais elle risque d’entraîner une guerre commerciale qui ne bénéficie à personne. - Krugman

  • Le décollage de l’offre peut reposer sur le progrès technologique et le capital productif, mais nécessite aussi une population disposant de revenus suffisants et une hausse de l’investissement.

  • Le décollage industriel est favorisé par :

    • la diffusion des savoirs
    • les systèmes de brevet
    • le droit de propriété
    • les financements
    • l’existence d’une demande

📌 Le modèle de Solow prévoit un rattrapage des pays en développement par les pays développés, mais ce rattrapage n’est pas confirmé dans la réalité.

  • La Corée du Sud a soutenu ses chaebols avant la crise de 1997 par un accès privilégié au crédit, une monnaie dévaluée, des subventions à l’exportation et des garanties publiques contre le risque de faillite.

  • Après la crise de 1997 et l’ouverture du marché coréen aux investissements directs étrangers, les demandes de brevets sont passées d’un niveau huit fois inférieur à celui de l’Allemagne au début des années 1990 à un niveau supérieur de 30 %.

  • Dani Rodrik soutient qu’une politique industrielle efficace peut comporter des erreurs de sélection, et qu’il faut surtout en limiter le coût plutôt que chercher à empêcher toute erreur.

Astuce mémo

Institutions et savoirs diffusés → innovations et décollage.

Tableaux de synthèse

Innovations et chômage

NotionCaractéristiqueEffet
Chômage frictionnelPhase initiale après remplacementTemporaire au début
Chômage structurelFormation ou compétences manquantesRetour à l’emploi difficile

Théories de la firme

ApprocheIdée centraleLimite ou enjeu
BehavioristeCoopération, conflits et apprentissageOrganisation complexe
Coûts de transactionChoix selon les coûts et le risque de hold-upIntégration possible
AgenceFirme comme marché privé de contratsDivergence d’intérêts
ÉvolutionnisteApprentissages et dépendance au sentierConflits internes peu pris en compte
Capital humainPouvoir lié aux actifs critiques et aux connaissancesActifs parfois non transmissibles

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Firmes, concurrence et politiques industrielles avec 49 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels phénomènes le cours cherche-t-il notamment à expliquer au sujet des entreprises et des marchés ?

2. Une étude porte sur quatre marchés et cherche deux exemples de marchés où les rigidités sont liées aux acteurs eux-mêmes. Lesquels convient-il de retenir ?

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Mémorisez les concepts clés de Firmes, concurrence et politiques industrielles avec 87 flashcards interactives.

Quels phénomènes le cours cherche-t-il notamment à expliquer ?

La formation des prix, l’apparition des monopoles, les choix d’intégration ou d’externalisation des entreprises et les schémas incitatifs.

Quels économistes associent l’individualisme méthodologique à leurs travaux ?

William S. Jevons, Léon Walras et Carl Menger.

Comment l’utilité marginale influence-t-elle la valeur d’un bien ?

La valeur dépend de l’utilité marginale plutôt que de l’utilité totale.

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