Fiche de révision : Gestion des transports humanitaires

Plan du Cours

  1. Enjeux du transport humanitaire
  2. Chaîne d’approvisionnement et responsabilités
  3. Modes et critères de transport
  4. Fret et calcul des volumes
  5. Acteurs et rôles du transport
  6. Unités de transport et conteneurs
  7. Contrats et documents de transport
  8. Douanes et documents internationaux
  9. Incoterms et partage des obligations
  10. Emballage et marchandises dangereuses
  11. Choix et organisation des transports
  12. Prestataires et comparaison des solutions

1. Enjeux du transport humanitaire

★ À maîtriser

  • La logistique représente de 60 à 80 % des coûts d’un projet humanitaire.

  • L’optimisation de la gestion du transport vise à réduire les coûts logistiques afin de couvrir davantage de besoins humanitaires.

📌 Le cours préconise de passer d’une logistique de réaction à une logistique stratégique.

Compléments

  • En 2020, 168 millions de personnes dans le monde avaient besoin d’une assistance humanitaire.

  • 40 % des crises humanitaires ne sont pas couvertes par manque de financement, d’après des données antérieures à la décision d’arrêt de l’USAID.

Astuce mémo

Optimiser le transport → réduire les coûts logistiques → couvrir davantage de besoins

2. Chaîne d’approvisionnement et responsabilités

Notions clés & Définitions

  • Transport : Le fait de porter quelque chose ou quelqu’un d’un lieu à un autre, le plus souvent au moyen de véhicules et de voies de communication.

★ À maîtriser

  • La gestion des transports est l’un des maillons essentiels de la chaîne d’approvisionnement logistique des programmes humanitaires.
  • La chaîne d’approvisionnement suit les étapes suivantes :
    • Besoins
    • Achats
    • Transport
    • Stockage
    • Distribution
    • Utilisation

📌 Le logisticien est responsable de l’identification et de la prise en compte des contraintes liées aux expéditions internationales ou locales.

Compléments

  • Le cycle de projet comprend :

    • Le diagnostic et l’analyse
    • La conception et la planification
    • La mise en œuvre
    • Le pilotage et le suivi
    • L’évaluation
  • L’évaluation des besoins de transport prend en compte :

    • L’urgence
    • Les besoins de consommation en quantité et en durée
    • L’accessibilité
    • La quantité des marchandises
    • La nature des marchandises

3. Modes et critères de transport

★ À maîtriser

  • Les grandes familles de transport sont :
    • L’aérien
    • Le maritime
    • Le terrestre, comprenant le routier, le ferroviaire et le fluvial

📌 Le transport aérien est coûteux mais rapide, tandis que le transport maritime est bon marché mais très lent.

  • Le transport routier offre une grande souplesse et permet le porte-à-porte, notamment pour les pré- et post-acheminements et les liaisons vers les lieux d’opération.

Compléments

  • Le transport aérien est fréquemment utilisé dans les opérations d’urgence et convient aux expéditions de faible poids ou volume et aux marchandises de forte valeur.

  • Le transport maritime ou fluvial est fréquemment utilisé pour les marchandises peu urgentes, en grande quantité ou de poids et volume importants, et peut servir d’alternative lorsque les routes sont impraticables.

  • Le transport multimodal combine plusieurs modes, par exemple rail-route, Ro-Ro ou autoroute ferroviaire, avec pour objectif de limiter les ruptures de charge.

  • En France, la répartition modale indiquée pour les tonnes-kilomètres est de 87 % pour la route, 11 % pour le ferroviaire et 2 % pour le fluvial.

Astuce mémo

L’aérien gagne du temps mais coûte cher ; le maritime coûte moins mais prend plus de temps

4. Fret et calcul des volumes

Notions clés & Définitions

  • Densité relative : Le rapport de sa masse volumique à celle d’un corps pris comme référence.

★ À maîtriser

  • Le fret est caractérisé par :
    • Son poids
    • Son volume et ses dimensions
    • Son nombre de colis éventuel
    • Sa valeur
    • Son délai
    • Sa température éventuelle
    • Son origine
    • Sa destination

Compléments

📐 Formule - Dans le système métrique présenté, 1 m3=1 000 L=1 000 kg1\,\mathrm{m^3}=1\,000\,\mathrm{L}=1\,000\,\mathrm{kg} pour l’eau douce à 20 °C.

  • Pour les tarifs indiqués, une tonne équivaut à 3 m³ en routier et à 6 m³ en aérien, tandis qu’en maritime une tonne équivaut à 1 m³.

5. Acteurs et rôles du transport

Notions clés & Définitions

  • Transporteur : La personne qui s’engage, en vertu d’un contrat de transport terrestre, maritime ou aérien, à déplacer une personne ou une marchandise.
  • Transitaire : Un professionnel qui accomplit, pour le compte de son client et selon ses instructions, des actes nécessaires au déplacement géographique des marchandises.
  • Commissionnaire de transport : Organise en son propre nom un transport pour le compte du client et le fait exécuter sous sa responsabilité.

★ À maîtriser

📌 Le transitaire agit au nom du client, a un devoir de conseil et une obligation de moyens, et ne répond que de ses fautes personnelles.

📌 Le commissionnaire choisit librement les modes de transport, les transporteurs et les intermédiaires, contracte en son nom et a une obligation de résultat.

Compléments

  • Les acteurs du transport cités sont :
    • Le transporteur
    • Le loueur
    • L’affréteur
    • L’armateur
    • La compagnie aérienne
    • Le transitaire ou mandataire
    • Le commissionnaire
    • Le déclarant en douane
    • L’intégrateur

Astuce mémo

Le transitaire suit les instructions du client ; le commissionnaire choisit et répond du résultat

6. Unités de transport et conteneurs

★ À maîtriser

📌 Le conteneur maritime est d’abord une unité de transport et non une unité de manutention.

Compléments

  • Les conteneurs maritimes les plus fréquemment utilisés mesurent 20 ou 40 pieds et existent notamment en versions à toit ouvert, citerne et frigorifique.

  • La palette Europe mesure 80 × 120 cm et est conçue pour supporter une charge dynamique comprise entre 1 000 et 1 400 kg.

  • Une palette peut être déplacée avec un transpalette ou un chariot élévateur et protégée par cerclage, cornières et filmage.

7. Contrats et documents de transport

Notions clés & Définitions

  • Contrat de transport : Engagement d’un transporteur professionnel à déplacer une quantité de marchandises d’autrui d’un point à un autre contre rémunération, selon un mode déterminé et dans un délai fixé par la loi, la convention des parties ou l’usage.
  • Connaissement : Le titre remis par le transporteur maritime au chargeur en reconnaissance des marchandises que le navire va transporter.

★ À maîtriser

  • Le contrat de transport commence à la prise en charge de la marchandise, chargée par l’expéditeur, et se termine à la livraison après son déchargement.

  • Le connaissement prouve la réception des marchandises par le transporteur, matérialise une partie des termes du contrat et peut constituer un titre de propriété sur la marchandise pendant le voyage.

Compléments

  • Le contrat de transport est consensuel et porte sur un envoi impliquant au minimum l’expéditeur, le transporteur et le destinataire.

8. Douanes et documents internationaux

★ À maîtriser

  • La douane contrôle les flux de personnes et de marchandises à l’entrée et à la sortie du territoire et perçoit les droits et taxes applicables.

Compléments

  • Les régimes douaniers cités sont :
    • L’exportation définitive
    • Le transit T.I.R.
    • L’importation définitive
    • L’admission temporaire

📌 Une exonération des droits et taxes à l’importation doit être demandée auprès du ministère concerné et faire l’objet d’une autorisation écrite.

  • Les documents internationaux rédigés par l’expéditeur comprennent notamment :

    • La liste de colisage
    • La facture pro forma
    • Le certificat de don
    • L’attestation d’aide humanitaire
    • La CMR
  • Les documents de transport rédigés par le transporteur comprennent la lettre de transport aérien et le connaissement.

  • Les documents supplémentaires liés à la nature de la marchandise peuvent inclure :

    • Une déclaration de matières dangereuses
    • Un certificat sanitaire ou phytosanitaire
    • Une attestation ou autorisation ministérielle pour les médicaments
    • Une autorisation d’exportation

9. Incoterms et partage des obligations

Notions clés & Définitions

  • Incoterms : Des règles publiées par la Chambre de commerce internationale qui répartissent notamment les coûts et les risques entre les parties d’une transaction commerciale.

★ À maîtriser

  • Le choix de l’Incoterm dépend :
    • Des capacités organisationnelles
    • Du mode de transport
    • Du niveau de service souhaité
    • Des habitudes du marché
    • Des caractéristiques de la marchandise

Compléments

  • Le sigle Incoterms signifie International Commercial Terms.

  • Un Incoterm s’écrit avec trois lettres et le lieu de livraison, par exemple « FOB Le Havre ».

10. Emballage et marchandises dangereuses

★ À maîtriser

  • L’emballage protège la marchandise pendant le transport, la manutention et le stockage au départ, en transit et à l’arrivée afin qu’elle soit livrée en bon état.

  • Le choix de l’emballage tient compte :

    • Des modes de transport
    • Des caractéristiques des marchandises
    • Du matériel de manutention
    • Des conditions de stockage
    • De la sécurité

📌 Pour les marchandises dangereuses, les consignes écrites doivent préciser la désignation, la classe et le numéro ONU, les dangers, les mesures à prendre et les équipements de protection individuelle nécessaires.

Compléments

📌 Une marchandise chargée individuellement constitue du vrac, tandis que le regroupement de colis sur des palettes ou dans des conteneurs forme des unités de chargement.

  • Le marquage des colis doit être :
    • Lisible dans la langue courante des pays d’expédition et de destination
    • Indélébile
    • Bien placé
    • Discret sur le contenu

📌 Le transporteur fournit à l’équipage les consignes écrites de sécurité des marchandises dangereuses, conformes au modèle de l’ADR ; elles doivent être rédigées dans une ou plusieurs langues que chaque membre de l’équipage peut lire et comprendre.

11. Choix et organisation des transports

Notions clés & Définitions

  • Lot économique : La quantité minimale à livrer pour bénéficier des conditions les plus avantageuses, et varie selon le mode de transport adopté.

★ À maîtriser

  • Le choix du transport humanitaire doit être adapté au site d’intervention, au délai prévu et aux contraintes budgétaires et environnementales.

  • Les critères de choix du transport comprennent :

    • Le coût
    • La rapidité
    • L’accessibilité
    • L’impact social et environnemental
  • 🔄 Le choix du transport s’effectue en trois étapes :
    1. Recueillir les renseignements et les contraintes concernant la marchandise, les délais et les localisations
    2. Recenser les solutions possibles
    3. Rechercher le meilleur compromis entre les critères de choix

Compléments

  • L’analyse des solutions doit considérer les infrastructures et opérateurs disponibles, les moyens de manutention, les lieux de stockage, l’accessibilité du départ et de la destination ainsi que les ruptures de charge.

  • L’analyse des flux prend en compte :

    • Les quantités à transporter
    • Le degré d’urgence de chaque livraison
    • La fréquence des livraisons
    • Les possibilités de réaction aux retards
    • Les conséquences éventuelles des retards

Astuce mémo

Renseigner les contraintes → recenser les solutions → comparer les compromis

12. Prestataires et comparaison des solutions

Points essentiels

📌 Le transport assuré par l’ONG offre de l’autonomie et peut convenir en l’absence de transports locaux, mais entraîne des coûts et des besoins de suivi importants.

  • Le recours à un transporteur permet une négociation directe des prix et convient notamment aux transports nationaux et aux envois complets de tonnage important, mais ses prestations varient selon le contexte.

  • Le recours à un transitaire allège la gestion administrative, lui confie une responsabilité et fait gagner du temps au logisticien, mais nécessite de choisir le prestataire et de surveiller ses prestations.

  • Le cours présente le transitaire comme souvent adapté aux petites expéditions groupées et le transporteur comme mieux adapté aux envois complets de tonnage important.

📌 Le recours à un transporteur nécessite d’établir un contrat de transport et de vérifier les assurances en cas de dommage ou de litige.

  • Une grille de comparaison des solutions peut inclure :
    • Le mode de transport principal et les pré- et post-acheminements
    • Le nombre de ruptures de charge
    • L’unité de chargement
    • Les intervenants
    • La valeur et la fréquence des expéditions
    • Les coûts
    • Les délais
    • La sécurité

Tableaux de synthèse

Comparaison des modes de transport

ModeCoûtDélaiAtout cité
AérienCoûteuxRapideUrgences et fret de forte valeur
Maritime ou fluvialBon marchéTrès lentGrandes quantités et gros volumes
FerroviaireBon marchéPlus lent que le routierAlternative terrestre économique
RoutierNon préciséNon préciséSouplesse et porte-à-porte

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Gestion des transports humanitaires avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle part des coûts d’un projet humanitaire représente la logistique ?

2. Une organisation planifie à l’avance ses moyens de transport et son organisation logistique afin de mieux anticiper les besoins futurs. Quel changement de paradigme applique-t-elle ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Gestion des transports humanitaires avec 10 flashcards interactives.

Quelles sont les étapes de la chaîne d’approvisionnement présentée ?

Besoins, achats, transport, stockage, distribution et utilisation.

Combien de personnes avaient besoin d’assistance humanitaire dans le monde en 2020 ?

168 millions.

Quelle part des crises humanitaires n’est pas couverte par manque de financement ?

40 %.

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