Fiche de révision : Mondialisation et échanges internationaux

Plan du Cours

  1. Échanges méditerranéens et économie-monde
  2. Mercantilisme et industrialisation
  3. Première mondialisation et flux économiques
  4. Guerres et protectionnisme
  5. Mondialisations et transformations des échanges
  6. Libre-échange et théories classiques
  7. Spécialisations et modèles du commerce
  8. Firmes et chaînes de valeur mondiales
  9. Échanges inégaux et développement autocentré
  10. Renouveau des thèses protectionnistes
  11. Commerce international et croissance
  12. Ouverture commerciale et inégalités mondiales
  13. Inégalités au sein des pays
  14. Interdépendance et souveraineté économique
  15. DIPP et responsabilité des entreprises
  16. Composition et mesure des échanges
  17. Polarisation et régionalisation du commerce
  18. Protection effective et taille du pays

Repères chronologiques

  1. 1492Christophe Colomb découvre ou redécouvre l’Amérique, ouvrant une nouvelle ère d’expansion européenne.
  2. 1498Le navigateur Vasco de Gama atteint les côtes indiennes en contournant l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.
  3. 1713Les traités marquent le déclin espagnol : l’Espagne perd ses possessions européennes, tandis que la Grande-Bretagne obtient Gibraltar, Minorque et le monopole de l’asiento pour 30 ans.
  4. 1763Le traité affirme la puissance britannique face à la France, qui cède à l’Angleterre le Canada, une partie des Antilles, ses possessions en Inde sauf cinq villes et le comptoir du Sénégal.
  5. 1786Le traité Eden-Rayneval établit un accord commercial entre la France et la Grande-Bretagne, tandis que la progression des exportations anglaises affecte le secteur textile français.
  6. 1884-1885Les États européens s’entendent sur le partage et la division de l’Afrique.

1. Échanges méditerranéens et économie-monde

Notions clés & Définitions

  • Globalisation : Theodore Levitt définit la globalisation comme la convergence des marchés mondiaux dans The Globalization of Markets (1983).
  • Mondialisation : Processus d’ouverture et d’intégration des économies nationales par les marchés des biens, des services, du capital et du travail.
  • Économie-monde : Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVème-XVIIIème siècles, 1979 - Pour Fernand Braudel, une économie-monde est un espace économiquement autonome, cohérent et doté d’une unité organique grâce à ses liaisons et à ses échanges intérieurs ; elle n’est pas synonyme d’économie mondiale.

★ À maîtriser

  • Les grandes firmes multinationales portent la globalisation en intégrant leur gestion à l’échelle mondiale.

📌 Platon et Aristote condamnent le commerce, particulièrement lointain, tandis qu’Adam Smith considère l’échange comme une source du développement économique.

  • Selon Adam Smith (1776), le penchant à échanger pousse les hommes à se spécialiser, à produire un surplus, puis à accroître la productivité par la division du travail, ce qui élève le niveau de vie.

  • Les principaux centres de domination commerciale sont successivement :

    • Tyr
    • Athènes
    • Carthage
    • Rome
    • l’Empire byzantin
    • le monde musulman
  • À partir de la colonisation de l’Amérique au XVIe siècle et du développement du commerce triangulaire au XVIIe siècle, l’Atlantique supplante la Méditerranée comme axe majeur des échanges.

  • Une économie-monde comprend : un espace géographique donné, un centre représenté par une ville dominante, parfois deux centres simultanés, un cœur régional autour du centre, des zones intermédiaires, des périphéries subordonnées et dépendantes

  • Les centres successifs de l’économie-monde capitaliste sont Venise au début du XIVe siècle, Anvers au début du XVIe siècle, Gênes vers 1550, Amsterdam au XVIIe siècle, Londres à la fin du XVIIIe siècle et New York au XXe siècle.

Compléments

  • Kenichi Ohmae étend la globalisation à l’ensemble de la chaîne de création de valeur, y compris les consommations intermédiaires et les facteurs de production, dans The Borderless World : Power and Strategy in the Interlinked Economy (1990).

  • La mondialisation est favorisée par : l’interdépendance entre les personnes et les entreprises, la déréglementation, la libéralisation des échanges, le développement des transports et des télécommunications, la numérisation de la finance

  • Pour Jacques Adda, la mondialisation désigne l’emprise du capitalisme sur l’espace économique mondial et le démantèlement des frontières qui entravent l’accumulation du capital dans La mondialisation de l’économie (1994, réédité en 2012).

  • Les débats portent notamment sur :

    • l’emploi
    • les inégalités
    • la contagion des crises
    • les tensions et conflits internationaux
    • le réchauffement climatique
    • la destruction des écosystèmes

Astuce mémo

Un centre commande un cœur, des zones intermédiaires et des périphéries

2. Mercantilisme et industrialisation

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme : Le mercantilisme considère que la puissance de l’État détermine la richesse des habitants et, dans sa version bullioniste, que cette richesse dépend des stocks d’or, d’argent et de pierres précieuses accumulés dans le royaume.
  • Commerce forcé : Échanges avec des pays indépendants auxquels les puissances industrielles imposent, par des traités, la suppression de la majeure partie des droits de douane à l’importation.

★ À maîtriser

📌 Selon les mercantilistes, l’État doit favoriser les exportations et freiner les importations afin de dégager un excédent commercial qui entraîne une entrée d’or dans le royaume.

  • La première révolution industrielle commence en Grande-Bretagne dans les années 1770-1780 et s’étend à d’autres pays au cours du XIXe siècle.

  • Le Royaume-Uni adopte progressivement le libre-échange entre 1820 et 1846, tandis que l’Europe continentale met en place à partir des années 1840 un protectionnisme défensif associé au rattrapage industriel par Friedrich List. - Le système national d’économie politique, 1841

  • Le 26 juin 1846, le Royaume-Uni abroge les Corn Laws, marquant le début de son ère libre-échangiste.

Compléments

  • Thomas Mun expose une conception mercantiliste du commerce extérieur dans England’s Treasure by Foreign Trade (1664).

  • Le traité de Versailles de 1783 prévoit que la France et la Grande-Bretagne rétablissent la liberté des mers et la liberté du commerce.

  • Les guerres de 1790 à 1815 et les blocus anglais et français à partir de 1806 renforcent le protectionnisme après l’ouverture commerciale de la fin du XVIIIe siècle.

  • Kenneth Pomeranz explique le décollage industriel anglais par l’exploitation du charbon britannique et du coton colonial, qui fournit des matières premières à bas prix grâce au capital naturel et aux techniques d’exploitation, dans Une grande divergence - La Chine, l'Europe et la construction de l'économie mondiale (2000, traduction française en 2010).

  • La seconde révolution industrielle commence à la fin du XIXe siècle, dans les années 1870-1880, et accompagne l’industrialisation de nouvelles puissances.

  • Selon Paul Bairoch, le protectionnisme est la norme en 1815, avec quelques îlots libéraux, dans Victoires et déboires : histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours (1997).

  • Les États-Unis renforcent leur protectionnisme dans les années 1820-1830, avec des droits de douane d’environ 40 à 60 % sur les produits industriels et agricoles.

Astuce mémo

Protection des échanges → puissance et rattrapage industriel

3. Première mondialisation et flux économiques

Notions clés & Définitions

  • Investissement de portefeuille : Achat transfrontalier de titres financiers sans contrôle direct de l’émetteur ; les actions achetées représentent moins de 10 % du capital.
  • Investissement direct à l’étranger : Investissement transfrontalier consistant à créer ou racheter au moins 10 % du capital d’une entreprise.

★ À maîtriser

  • Le traité Cobden-Chevalier de 1860 entre le Royaume-Uni et la France inaugure une période de libre-échange en Europe et entraîne la multiplication d’accords, notamment grâce à la clause de la nation la plus favorisée.

  • Entre 1820 et 1913, les échanges commerciaux internationaux sont multipliés par plus de 20, tandis que les exportations mondiales en volume connaissent un taux de croissance annuel moyen de 3 %, selon Paul Bairoch (1997).

  • Selon Paul Bairoch, la croissance économique a davantage été un moteur du commerce international que l’inverse, car les échanges ont crû plus vite durant les périodes protectionnistes que durant les périodes libérales où la croissance était moindre.

  • En 1913, le PIB des États-Unis dépasse celui du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de la France et de l’Italie réunis, et la production manufacturière allemande dépasse celle du Royaume-Uni.

  • En 1913, les parts du stock mondial de capitaux étrangers sont :

    • Royaume-Uni : 40 %
    • France : 19 %
    • Allemagne : 12 %
    • Suisse : 6 %
    • Belgique : 4 %
    • Pays-Bas : 2,5 %

Compléments

  • Entre 1860 et 1880, les États-Unis renforcent leur protectionnisme ; vers 1875, les droits de douane moyens sur les produits manufacturés approchent 50 %, contre 10 % en Europe continentale.

  • En 1913, les droits de douane sont de 44 % aux États-Unis, 20 % en France et 13 % en Allemagne, selon la Société des Nations. - SDN

  • Les traités inégaux imposent aux pays en développement des droits de douane plafonnés à 5 %, notamment au Brésil en 1810, dans l’Empire ottoman en 1838 et en Thaïlande en 1855.

  • À partir de 1879, le retour au protectionnisme en Europe continentale est notamment associé au « mariage du fer et du seigle » en Allemagne, puis aux tarifs Méline en France en 1892.

  • Dans l’économie-monde européenne, les productions des périphéries répondent aux besoins du marché mondial plutôt qu’aux besoins locaux.

  • La locomotive à vapeur, le bateau à vapeur et le développement des réseaux de transport réduisent fortement le coût et la durée des déplacements au XIXe siècle.

  • Le canal de Suez est inauguré en 1869 et le canal de Panama en 1914.

  • Selon Paul Bairoch, le coût moyen du transport est divisé par 10 entre 1800 et 1910.

4. Guerres et protectionnisme

★ À maîtriser

  • Entre 1800 et 1913, la population des pays avancés (PA) est multipliée par 3, tandis que la population mondiale passe de 1 à 1,8 milliard d’habitants.

  • Entre 1851 et 1915, 41 millions d’Européens émigrent, contre moins d’un million du XVIe au XVIIIe siècle.

  • Environ 70 % des émigrants européens se rendent aux États-Unis, principale destination des migrants vers le Nouveau Monde.

  • La Première Guerre mondiale (1914-1918) fait près de 9 millions de morts et 21 millions de blessés.

  • En 1918, le PIB est inférieur d’un tiers à celui de 1914 et la production industrielle a été divisée par deux.

  • La Seconde Guerre mondiale (1939-1945) fait environ 60 millions de morts et réduit le PIB allemand en 1945 au tiers de son niveau de 1938, celui de la France de moitié et celui de l’Italie de près de moitié.

  • Les tarifs Hawley-Smoot, votés par la Chambre des représentants en juin 1929 et promulgués par Hoover le 17 juin 1930, augmentent les tarifs de 60 % et portent leur moyenne à 45-50 %.

  • Les tarifs Hawley-Smoot empêchent les autres pays d’exporter vers les États-Unis, aggravent la déflation et entraînent des mesures de rétorsion de 25 pays avant la fin de 1931.

  • Au début des années 1930, les échanges internationaux reculent de 65 % et les mesures protectionnistes aggravent les conséquences de la Grande Dépression.

Compléments

  • Hors Japon, les PA représentent 22 % de la population mondiale en 1800 et 33 % en 1913.

  • Entre 1800 et 1914, moins de 2 millions d’Européens migrent vers les PED hors Brésil.

  • La famine irlandaise de 1845 à 1852, qui fait plus d’un million de morts, marque le début de la migration de masse et entraîne 5 millions d’émigrants dans les années 1840-1850.

  • Au milieu du XIXe siècle, l’Irlande représente à peine 3 % de la population européenne, mais 60 % des immigrants aux États-Unis.

  • De 1845 à 1915, l’Irlande et le Royaume-Uni fournissent 40 % des migrants européens, l’Italie 16 % et l’Allemagne 13 %, suivis de l’Autriche-Hongrie, de l’Espagne, de la Russie et des pays scandinaves.

  • Les facteurs de répulsion migratoire comprennent la hausse importante de la population européenne, l’intolérance religieuse et la détérioration des conditions sociales au début de la révolution industrielle.

  • Les facteurs d’attraction migratoire comprennent : les conditions économiques favorables des pays d’accueil, les conditions religieuses favorables des pays d’accueil, les conditions politiques favorables des pays d’accueil, la propagande des compagnies de navigation

Astuce mémo

Crise de 1929 → protectionnisme → recul des échanges

5. Mondialisations et transformations des échanges

Notions clés & Définitions

  • DIT traditionnelle : Du XIXe siècle aux années 1960, elle repose sur la spécialisation des PED dans les produits agricoles et les matières premières et des PA dans la production industrielle.
  • Nouvelle DIT : Apparue à partir des années 1960, elle repose sur le commerce intra-branche de biens substituables et sur la concurrence entre firmes.
  • Compétitivité : Capacité d’une entreprise à faire face à la concurrence et à vendre ses produits, notamment en augmentant ses parts de marché.
  • Investissement de portefeuille : Placement financier à l’étranger dans des titres de créances ou dans des actions représentant moins de 10 % du capital.
  • Investissement direct à l’étranger : Comprend la création d’une filiale étrangère ou l’achat d’une firme étrangère à hauteur d’au moins 10 % du capital.
  • Capital immatériel : Actifs non physiques ou non financiers d’une organisation, notamment les brevets, les licences, la marque, le savoir-faire et les données numériques.
  • DIPP : Répartit les étapes de production d’un même bien entre des sites situés dans plusieurs pays, avant son assemblage dans un autre pays.
  • Délocalisation : IDE qui ferme une unité de production dans un pays et en ouvre une équivalente dans un autre afin de produire les mêmes biens pour les mêmes marchés, en bénéficiant notamment d’avantages de coûts ou de fiscalité.

★ À maîtriser

  • Les accords de Bretton Woods sont conclus en juillet 1944, l’ONU est créée en 1945, le plan Marshall est lancé en 1947 et les accords du GATT sont signés en 1947 puis entrent en vigueur en 1948.

📐 Formule - Le taux d’ouverture est égal à exportations de biens et servicesPIB×100\frac{\text{exportations de biens et services}}{\text{PIB}} \times 100.

  • Les droits de douane moyens sur les marchandises des pays membres du GATT puis de l’OMC passent d’environ 40 % en 1948 à moins de 4 % aujourd’hui, soit une division par dix.

📌 La différenciation horizontale distingue des biens de qualité identique par leurs caractéristiques, tandis que la différenciation verticale distingue des biens répondant aux mêmes besoins par leur qualité ou leur gamme.

📌 La compétitivité-prix repose sur des prix inférieurs à ceux des concurrents, tandis que la compétitivité hors-prix repose notamment sur la qualité, le design, le service et le marketing sans baisse du prix relatif.

  • Selon l’ONU en 2024, les migrants internationaux représentent 3,7 % de la population mondiale, soit environ 290 millions de personnes.

Compléments

  • De 1950 à 1972, le taux de croissance annuel moyen des exportations en volume est de 7,4 %, contre 4,4 % pour le PNB en volume.

  • Le taux d’ouverture mondial passe de 8 % en 1950 à 13-16 % entre 1970 et 2000, puis à 29 % en 2021.

6. Libre-échange et théories classiques

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme : Courant économique et politique européen du XVIe au XVIIIe siècle qui vise à accroître la puissance de l’État.
  • Dumping : Vendre à l’étranger à un prix inférieur au prix domestique, notamment grâce à des subventions ou à des privilèges accordés aux entreprises exportatrices.

★ À maîtriser

  • Selon la vision bullioniste, la richesse d’un pays correspond à son stock d’or, d’argent et de pierres précieuses.

  • Les mercantilistes considèrent le commerce international comme un jeu à somme nulle, où l’or gagné par le pays exportateur est perdu par le pays importateur.

  • Pour dégager un excédent commercial, l’État mercantiliste limite les importations par des barrières douanières ou des interdictions et favorise les exportations par des aides aux marchands et des pratiques de dumping.

  • Pour les physiocrates français du milieu du XVIIIe siècle, la richesse vient de la production agricole, seule activité où la Nature crée de la richesse, et non des stocks d’or.

  • 🔄 Un excédent commercial entraîne la chaîne suivante : (David Hume, 1752) : abondance d’or, inflation, perte de compétitivité-prix, baisse des exportations et hausse des importations

  • 🔄 Un déficit commercial entraîne la chaîne suivante : (David Hume, 1752) : sortie d’or, déflation, hausse de la compétitivité-prix, hausse des exportations et baisse des importations

  • Adam Smith définit la richesse d’une nation par la production de ses habitants et soutient que son augmentation accroît la consommation par habitant et le niveau de vie. - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776

  • Pour Adam Smith, la division du travail spécialise les activités et augmente la productivité, tandis que son degré dépend de la taille du marché. - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776

Compléments

  • Pour les mercantilistes, la prospérité de la communauté nationale finance un État puissant, capable d’entretenir une force militaire et de conquérir des territoires ou de dissuader ses concurrents.

  • Luis Ortiz décrit cette logique dans Mémoire au roi pour empêcher la sortie de l’or (1558), et Antonio Serra dans Bref traité des causes qui font abonder l’or et l’argent dans un pays où il n’y a pas de mines (1613).

  • Vincent de Gournay (1712-1759) défend la formule « Laissez-faire, laissez-passer » associée aux premières thèses économiques modernes libérales.

  • En 1763, Choiseul autorise la libre circulation des denrées entre provinces, puis en 1764 l’exportation des grains vers l’étranger.

  • En 1774, Turgot rétablit la liberté du commerce des grains, qu’il abroge en 1776.

Astuce mémo

Or mercantiliste contre production et gains mutuels

7. Spécialisations et modèles du commerce

Notions clés & Définitions

  • Avantage absolu : L’avantage absolu désigne une productivité du travail supérieure, donc un coût de production inférieur à celui d’un autre pays dans une activité donnée.
  • Avantage comparatif : David Ricardo, Des principes de l’économie politique et de l’impôt, 1817 - L’avantage comparatif désigne l’activité dans laquelle un pays est relativement le plus performant en termes de coûts de production.
  • Économies d’échelle : Les économies d’échelle sont une baisse du coût unitaire de production lorsque les volumes produits augmentent.
  • Écart technologique : Michaël Posner, International Trade and Technological Change, 1961 - L’écart technologique désigne la différence entre les technologies de production disponibles dans deux économies et résulte notamment des investissements en R&D.

★ À maîtriser

  • Selon Adam Smith, les pays gagnent à se spécialiser selon leurs avantages absolus et à échanger, car la production et la consommation par habitant peuvent dépasser celles de l’autarcie. - Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776

  • Selon David Ricardo, même un pays dépourvu d’avantage absolu ou avantagé dans toutes les activités peut gagner à se spécialiser selon ses avantages comparatifs et à échanger. - Des principes de l’économie politique et de l’impôt, 1817

  • Le modèle HOS explique la spécialisation par l’abondance relative des facteurs de production et par l’intensité en facteurs des techniques utilisées. - Eli Heckscher et Bertil Ohlin, Interregional and international trade, 1933

Compléments

  • Le modèle de Ricardo suppose une concurrence parfaite dans toutes les branches, des fonctions de production différentes selon les pays, des facteurs hétérogènes, une immobilité internationale des facteurs, une mobilité nationale parfaite et des rendements constants.

  • John Stuart Mill affirme que les termes de l’échange dépendent des élasticités des demandes réciproques par rapport aux prix et introduit la possibilité d’économies d’échelle qui renforcent les gains de la division internationale du travail. - Principes d’économie politique, 1848

  • Le modèle HOS suppose des fonctions de production identiques, des facteurs homogènes et des rendements décroissants, contrairement au modèle de Ricardo sur ces hypothèses.

  • Le paradoxe de Leontief relève que les États-Unis importaient des produits intensifs en capital et exportaient des produits intensifs en travail, contrairement aux prédictions du modèle HOS. - Wassily Leontief, Domestic production and foreign trade ; the American capital position re-examined, 1953

  • Le théorème Stolper-Samuelson relie une variation du prix relatif des produits à une variation du revenu relatif des facteurs de production. - Wolfgang Stolper et Paul Samuelson, Protection and real wages, 1941

  • Le théorème de Rybczynski indique qu’une hausse de la dotation d’un pays en un facteur peut faire évoluer sa spécialisation vers des productions intensives dans ce facteur. - T.M. Rybczynski, Factor endowment and relative commodity prices, 1955

  • Selon Robert Vernon, les pays développés et les pays en développement peuvent exporter des produits manufacturés de même intensité capitalistique parce qu’ils se situent à des stades différents du cycle du produit. - International Investment and International Trade in the Product Cycle, 1966

  • Selon l’approche de la demande représentative de Staffan B. Linder, les entreprises produisent d’abord pour la demande locale et les marchés extérieurs prolongent le marché intérieur lorsque des pays semblables échangent des biens différenciés similaires. - An Essay on Trade and Transformation, 1961

📌 Les rendements d’échelle croissants internes dépendent des volumes produits par une firme, tandis que les rendements croissants externes dépendent des volumes produits dans l’ensemble de la branche.

Astuce mémo

Spécialisation → allocation plus efficace → gains à l’échange

8. Firmes et chaînes de valeur mondiales

Notions clés & Définitions

  • Protectionnisme éducateur : Friedrich List, 1841 - Le protectionnisme éducateur protège temporairement l’industrie naissante d’un pays en voie d’industrialisation afin de favoriser ses bénéfices futurs, malgré les coûts à court terme.

★ À maîtriser

  • Les firmes multinationales peuvent segmenter leur chaîne de valeur entre plusieurs pays selon les avantages offerts par les territoires, stratégie appelée division internationale des processus productifs. - Bernard Lassudrie-Duchêne, Décomposition internationale des processus productifs et autonomie nationale, 1982

  • Les échanges intra-firmes entre filiales représentent 40 % des échanges de marchandises.

📌 Une firme internalise une production par investissement direct à l’étranger ou filialisation, tandis qu’elle l’externalise en achetant des consommations intermédiaires sur le marché mondial ou en sous-traitant.

  • Les théories néomarxistes de la dépendance analysent les relations entre pays développés et pays en développement comme un rapport entre centre capitaliste industrialisé et périphérie dépendante.

  • Dans l’analyse de la dépendance, les pays en développement exportent des biens primaires pour financer l’importation de produits manufacturés des pays développés, ce qui les maintient dans une spécialisation dépendante.

Compléments

  • Selon Oliver E. Williamson, le choix entre internalisation et externalisation dépend des caractéristiques du marché, notamment l’incertitude, et du bien produit, notamment la fréquence des transactions et sa spécificité. - The economic institutions of capitalism, 1985

  • Une firme peut internaliser une activité à l’étranger pour limiter le risque d’imitation et de transfert technologique et garantir le respect de son cahier des charges.

  • Le modèle OLI de John H. Dunning explique l’internationalisation des entreprises par les avantages de propriété, de localisation et d’internalisation. - Toward an eclectic theory of international production : some empirical tests, 1979

📌 Les stratégies multinationales adaptées aux marchés nationaux apparaissent dès les années 1960, tandis que les stratégies globales de production à l’échelle mondiale se développent depuis les années 1980.

  • Dans son Rapport sur les manufactures de 1791, Alexander Hamilton propose de protéger l’industrie américaine naissante, de financer son développement par des taxes sur les importations et de créer un financement garanti par une banque nationale.

  • En 1834, le Zollverein établit une union douanière et commerciale entre États allemands, sans droits de douane intérieurs et avec un tarif commun extérieur.

  • Selon Raúl Prebisch et Hans Singer, la spécialisation des pays en développement dans les produits primaires détériore leurs termes de l’échange, car leurs prix d’exportation augmenteraient moins vite que ceux des produits manufacturés importés.

9. Échanges inégaux et développement autocentré

★ À maîtriser

📌 Dans la DIT Nord-Sud, les gains de productivité dans les productions primaires des PED font baisser leurs prix sur les marchés concurrentiels, tandis que les gains de productivité manufacturière dans les PA favorisent la hausse des salaires sur des marchés oligopolistiques différenciés et innovants.

  • Selon Arghiri Emmanuel, dans L'Échange inégal. Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux (1969), le capital est internationalement mobile, ce qui fait converger les taux de profit, tandis que le travail ne l'est pas et que les écarts de salaires entre pays pauvres et riches tendent à s'accroître.

  • Dans l'analyse d'Emmanuel, les marchandises du Sud sont produites par une main-d'œuvre sous-payée et vendues sous leur valeur, ce qui échange plus de travail contre moins de travail et transfère de la valeur de la périphérie vers le centre. - Arghiri Emmanuel, L'Échange inégal. Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux, 1969

📌 Les théoriciens de la dépendance préconisent l'indépendance économique des PED, d'abord agricole, afin d'atteindre l'autosuffisance alimentaire grâce aux réformes agraires, à la redistribution des terres et aux investissements dans les cultures vivrières plutôt que dans les cultures d'exportation.

  • Pour Marx, seul le travail crée de la valeur, car cette marchandise produit lors de sa mise en œuvre davantage de valeur qu'elle n'en coûte en salaire ; le capital s'approprie cette plus-value durant la production.

  • La stratégie des industries industrialisantes concentre les investissements financiers et humains des PED dans l’industrie lourde, les biens d’équipement, l’énergie et les infrastructures afin d’entraîner ensuite l’industrie des biens de consommation.

  • L'industrialisation par substitution aux importations (ISI) remplace progressivement les biens industriels de consommation importés par une production locale protégée par des barrières douanières, parfois développée grâce à l'achat de licences auprès de firmes des PA.

  • La stratégie extravertie des NPI stimule les exportations de biens manufacturés peu coûteux et intensifs en main-d'œuvre, en combinant protection des industries naissantes, importations libres de matières premières et d'équipements nécessaires, et soutien étatique aux exportations.

Compléments

📌 Ces stratégies recommandent un protectionnisme éducateur pour protéger l'agriculture vivrière à faibles rendements et l'industrie naissante, ainsi qu'un soutien étatique à l'industrialisation par des entreprises publiques et des subventions aux entreprises privées.

📌 Les NPI d'Asie du Sud-Est ont montré que le faible coût du travail peut devenir un levier de développement lorsque les pays exportent des produits manufacturés intensifs en travail peu qualifié et utilisent les devises obtenues pour investir dans les infrastructures et des productions à plus forte valeur ajoutée.

  • Dans l'analyse marxiste, le commerce extérieur accroît la plus-value en réduisant le coût des biens nécessaires à l'entretien de la force de travail et la valeur du capital constant, tout en ouvrant des débouchés à la production capitaliste.

  • Marx considère le marché mondial et la DIT comme une étape du développement humain qui favorise le capitalisme industriel, mais qui doit engendrer des crises récurrentes puis l'effondrement du capitalisme et son remplacement par le socialisme, avant le communisme.

  • Lénine, dans L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1917), et Rosa Luxemburg, dans L’accumulation du capital (1913), expliquent la survie du capitalisme par des contre-tendances à la baisse du taux de profit, notamment la colonisation.

  • Paul Boccara développe la théorie du capitalisme monopoliste d’État (1971), qui attribue aussi la survie du capitalisme à la monopolisation de l’économie et à l’intervention de l’État en faveur du capital.

  • Gérard Destannes de Bernis développe la stratégie des industries industrialisantes dans « Industries industrialisantes et contenu d'une politique d'intégration régionale » (1966), en s'inspirant largement du système soviétique.

📌 La stratégie des industries industrialisantes peut accroître l'endettement et le déficit commercial, car l'industrie lourde exige beaucoup de capitaux et produit souvent des biens difficiles à exporter, sans garantir une croissance suffisante de l'industrie de consommation.

Astuce mémo

Productivité primaire → prix en baisse ; productivité manufacturière → salaires en hausse

10. Renouveau des thèses protectionnistes

Notions clés & Définitions

  • Dumping : Situation de concurrence dans laquelle un producteur vend volontairement à perte afin d'éliminer ses concurrents ; à l'exportation, des subventions publiques peuvent rendre cette pratique possible et le commerce déloyal est interdit par l'OMC.
  • Dumping social : Pratiques étatiques ou stratégies d'entreprises qui limitent les contraintes pesant sur les entreprises afin de favoriser leur compétitivité-coût, notamment par la limitation des salaires, les menaces de délocalisation, l'absence de droit du travail ou le travail forcé.

★ À maîtriser

📌 Le protectionnisme contemporain relève davantage d'une revendication ou d'une pratique en réaction à la concurrence étrangère et aux craintes liées à la mondialisation que d'une théorie nouvelle ; ses justifications mobilisent le mercantilisme, le protectionnisme éducateur et des analyses du modèle HOS en concurrence imparfaite.

  • Les thèses protectionnistes de gauche et altermondialistes dénoncent le pouvoir des FMN et de leurs actionnaires au détriment des travailleurs, mais ne forment pas un corpus théorique précis et peuvent comporter des arguments contradictoires.

📌 Les souverainistes défendent une production diversifiée et des mesures protectionnistes pour préserver l'indépendance économique et politique, les entreprises nationales et les intérêts jugés vitaux face à la désindustrialisation et à la concurrence internationale.

  • Paul Krugman soutient que la compétitivité d'une nation ne se confond pas avec celle d'une entreprise : un pays peut rééquilibrer sa balance commerciale par la spécialisation, le taux de change et la redistribution des gains du secteur exportateur aux acteurs concurrencés par les importations. - La mondialisation n’est pas coupable, 1996

  • Joseph Stiglitz estime que le marché n'oriente pas spontanément les économies vers les spécialisations les plus efficientes à long terme et que la libéralisation des échanges ne constitue pas la condition décisive du décollage économique. - Les routes de la liberté, 2025

  • En 2004, Paul Samuelson avertit que la Chine étend ses exportations des biens intensifs en travail non qualifié vers les biens à fort contenu technologique, ce qui remet en cause les spécialisations partagées prévues par le modèle HOS. - Where Ricardo and Mill Rebut and Confirm Arguments of Mainstream Economists Supporting Globalization

Compléments

  • Selon les critiques altermondialistes, la mondialisation et la financiarisation favorisent la compression des salaires et l'affaiblissement de la protection sociale, ce qui réduit la demande et peut conduire à compenser cette insuffisance par l'endettement public et privé.

  • Le dumping social et environnemental est une notion controversée, car les faibles coûts du travail et les règles environnementales peu contraignantes peuvent refléter le faible niveau de vie des pays plutôt qu'une stratégie des États ou des FMN.

  • Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'Union européenne est parfois perçu dans les PED comme une mesure protectionniste qui préserve les avantages comparatifs des PA à leur détriment.

  • Frédéric Lordon considère que la « menace protectionniste » est vide de sens, car les subventions, les normes et le dumping social constituent déjà des protections structurelles, tandis que la « concurrence libre et non distordue » peut protéger les firmes et les pays favorisés. - Le protectionnisme et ses ennemis, 2012

📌 Les critiques des thèses altermondialistes attribuent davantage le chômage des travailleurs non qualifiés du Nord au progrès technique, à la robotisation et aux rigidités du marché du travail qu'aux délocalisations, tandis que le rattrapage des PED peut améliorer les conditions de travail et les règles environnementales. - Paul Krugman, La mondialisation n’est pas coupable, 1996

  • Jean-Luc Gréau propose un protectionnisme « intelligent » à l'échelle européenne, ciblant les partenaires qui ne respectent pas les mêmes normes salariales et environnementales, ainsi qu'un durcissement des négociations et une politique de change contre le dumping monétaire. - Pour un nouveau protectionnisme, 1978

  • Jacques Sapir défend la remise en cause de la « concurrence libre et non faussée » et la sortie de l'euro, qu'il considère comme un carcan enfermant la France dans des politiques néolibérales. - Le protectionnisme, 2022

  • Ha-Joon Chang affirme que les NPI ayant rattrapé les PA, comme l'Allemagne, le Japon et la Corée du Sud, ont tous pratiqué le protectionnisme éducateur. - Kicking away the ladder : development strategy in historical perspective, 2002

11. Commerce international et croissance

★ À maîtriser

  • Les données historiques montrent une corrélation positive entre la croissance du commerce mondial et celle de la production depuis 1870, particulièrement après 1950, sans que cette corrélation établisse à elle seule un lien de causalité ni son sens. - CNUCED, Rapport sur le commerce et le développement, 2018

📌 Paul Bairoch conteste l'idée que le commerce international soit toujours un moteur de croissance : le Royaume-Uni a bénéficié du libre-échange, mais les États-Unis, l'Allemagne et le Japon ont connu un rattrapage industriel avec des politiques protectionnistes. - Mythes et paradoxes de l’histoire économique, 1993

  • Entre 1970 et 1995, les pays ouverts ont connu une croissance supérieure à celle des pays fermés selon Sachs et Warner.

📌 Rodrik et Rodriguez contestent le lien causal entre ouverture et croissance avancé par Sachs et Warner, en soulignant que la qualité des institutions et de l’organisation interne peut expliquer la croissance des pays ouverts. - D. Rodrick et J. Rodriguez, Opennes, productivity and growth : what we do really know, 1998

Compléments

  • Selon Angus Maddison, la croissance économique permettant une hausse visible du niveau de vie par habitant est un phénomène récent, qui commence au XIXe siècle, environ deux siècles avant la période décrite. - L’économie mondiale : une perspective millénaire, 2001

  • Angus Maddison explique le progrès économique par : la conquête de nouveaux territoires permettant la mise en valeur de richesses du sol et du sous-sol, l'ouverture des marchés à la circulation des marchandises et du capital, qui permet une spécialisation accrue, les innovations techniques et institutionnelles favorisées par la spécialisation

  • En 1913, l'Allemagne et les États-Unis dépassaient le Royaume-Uni en production industrielle après avoir suivi des stratégies protectionnistes. - Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, 1993

  • Jean-Charles Asselain critique le découpage des périodes de libre-échange et de protectionnisme proposé par Bairoch et préfère mesurer l'ouverture par les taux d'ouverture des économies plutôt que par la seule évolution des droits de douane. - Mythes et paradoxes de l’histoire économique, 1999

  • Selon Edward F. Denison, dans Why growths rates : postwar experience in nine western countries (1967), la libéralisation des échanges n’a contribué qu’à 2 % de la croissance du PIB en Europe occidentale, contre 98 % pour d’autres facteurs.

  • Angus Maddison (2001) reconnaît que le commerce international stimule la croissance, mais que son impact est indirect et difficile à quantifier.

  • L’indice prend en compte (Sachs et Warner) : les obstacles non tarifaires, les taux moyens de droits de douane, l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché noir, le rôle des entreprises commerciales d’État

  • Entre 1970 et 1995, les pays émergents ouverts ont connu une croissance moyenne de 4,5 % par an, contre 0,7 % pour les pays émergents fermés. - Sachs et Warner

  • Wacziarg et Welch (2008), en étendant la base Sachs-Warner à la période 1950-1998, observent qu’après une libéralisation les taux de croissance sont en moyenne supérieurs d’environ 1,5 point de pourcentage et que les taux d’investissement augmentent. - Romain Wacziarg et Karen Horn Welch

  • Douglas A. Irwin conclut en 2025 que les réformes commerciales ont en moyenne un effet positif sur la croissance, mais que leurs résultats varient selon les pays. - Does Trade Reform Promote Economic Growth ?

  • La Banque mondiale estime en 2023 que l’effet positif du commerce international sur la croissance est devenu plus incertain avec le ralentissement des échanges et la maturation des chaînes de valeur mondiales. - Trade as an Engine of Growth: Sputtering but Fixable

Astuce mémo

Ouverture, accélérateur pour Sachs et Warner ; facteur limité ou indirect pour Denison et Maddison.

12. Ouverture commerciale et inégalités mondiales

★ À maîtriser

  • Selon les travaux d’A. Maddison, les inégalités entre pays ont pour origine la première révolution industrielle, qui a fait augmenter le PIB par habitant des pays industrialisés plus tôt que celui des autres pays.

  • L’entrée des pays émergents dans l’industrialisation et leur intégration au commerce mondial ont favorisé le rattrapage économique et la réduction des écarts de PIB par habitant entre pays riches et pays pauvres.

  • L’insertion dans le commerce mondial réduit les écarts de niveau de vie par la spécialisation selon les avantages comparatifs, l’accès à de nouveaux débouchés, la diffusion technologique et les investissements étrangers.

  • Selon la Banque mondiale, l’extrême pauvreté, définie par un revenu inférieur à 3 dollars par jour, est passée de 47 % en 1981 à environ 10 % en 2024.

Compléments

  • Les réformes de Deng Xiaoping au début des années 1980 ont engagé la Chine dans l’exploitation des avantages comparatifs, l’ouverture des marchés et des innovations technologiques et institutionnelles.

  • L’industrialisation est entrée successivement :

    • en Angleterre vers 1780
    • en France vers 1820
    • en Prusse et aux États-Unis vers 1850
    • en Russie et au Japon vers 1890
  • Les quatre dragons asiatiques — Singapour, Taïwan, Corée du Sud et Hong-Kong — se sont industrialisés dans les années 1970, tandis que les Tigres asiatiques, le Brésil et le Mexique sont entrés dans cette dynamique dans les années 1980, puis la Chine et l’Inde dans les années 1990.

  • La Chine est entrée à l’OMC en 2001, renforçant son intégration au commerce mondial.

  • Depuis les années 1990, les revenus par habitant augmentent en pourcentage plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays avancés, selon Thomas Piketty dans Le capital au XXIème siècle (2013). - T. Piketty

  • François Bourguignon et Christian Morrisson concluent dans « Inequality among World Citizens: 1820-1992 » (2002) que les inégalités entre habitants de la planète diminuent depuis le début des années 1990.

  • La Chine a sorti 800 millions de personnes de la pauvreté depuis 1980.

📌 Le seuil monétaire de 3 dollars par jour mesure les ressources monétaires disponibles, mais peut mal représenter le niveau de vie réel lorsque l’accès direct à l’alimentation, comme la pêche ou la culture d’un jardin, est déterminant.

  • Les statistiques mondiales de pauvreté sont à considérer comme des ordres de grandeur, car certains pays pauvres ne disposent pas de données officielles récentes et les systèmes de comptabilité nationale sont parfois peu fiables ou non comparables.

  • Les moyennes nationales de niveau de vie masquent les inégalités entre habitants d’un même pays, et certaines populations restent exclues du rattrapage en raison des conflits, de la désorganisation économique ou de la captation des richesses par les élites.

  • Une hausse de 1 % du PIB par habitant représente davantage d’argent dans un pays riche que dans un pays pauvre.

Astuce mémo

Industrialisation et insertion commerciale → rattrapage des pays émergents.

13. Inégalités au sein des pays

Notions clés & Définitions

  • Courbe de Kuznets : Economic Growth and Income Inequality, 1955 - La courbe en cloche de Simon Kuznets suggère que les inégalités augmentent aux premières phases du développement, puis diminuent lorsque la croissance se diffuse et que les politiques sociales et éducatives se généralisent.
  • Malédiction des matières premières : La malédiction des matières premières désigne une dépendance excessive aux exportations de pétrole, de gaz ou de minerais, dont les revenus alimentent souvent la corruption, les conflits internes et la mauvaise gouvernance plutôt que le développement.
  • Maladie hollandaise : La maladie hollandaise est l’affaiblissement d’autres secteurs, comme l’industrie ou l’agriculture, provoqué par l’appréciation du taux de change réel liée à l’afflux de devises étrangères.
  • Travailleurs symboliques : Robert Reich, The Work of Nations, 1991 - Les travailleurs symboliques, comme les ingénieurs, designers et financiers, sont favorisés par la mondialisation parce que leur travail est valorisé et peut s’exercer à l’échelle internationale.
  • Travailleurs de routine : Robert Reich, The Work of Nations, 1991 - Les travailleurs de routine, comme les ouvriers et les employés administratifs, sont défavorisés car leurs emplois peuvent être délocalisés vers des pays à bas coûts ou automatisés.
  • Travailleurs en personne : Robert Reich, The Work of Nations, 1991 - Les travailleurs en personne, comme les infirmiers, enseignants et artisans, voient leurs salaires stagner parce que leurs services nécessaires sont peu exposés à la concurrence internationale.

★ À maîtriser

📌 Le théorème Stolper-Samuelson prévoit que l’ouverture commerciale favorise les facteurs de production abondants dans chaque pays : les travailleurs non qualifiés gagnent dans les pays en développement, tandis que le capital et les travailleurs qualifiés sont avantagés dans les pays développés.

  • Branko Milanovic qualifie d’« ère de la convergence » la période 1988-2008, durant laquelle les revenus de la classe moyenne des pays en développement et du 1 % le plus riche mondial ont fortement progressé, tandis que ceux de la moitié la moins riche des pays avancés ont stagné et que les plus pauvres des pays en développement ont peu bénéficié de la croissance. - Global Inequality, 2016

  • François Bourguignon affirme dans La mondialisation de l'inégalité (2012) que le coefficient de Gini mondial a diminué depuis 1990, tandis que le coefficient de Gini intra-pays a augmenté dans 70 % des pays.

  • Thomas Piketty explique la concentration croissante du patrimoine par la relation r>gr > g dans les pays avancés depuis les années 1980, où le rendement du capital dépasse la croissance économique. - Le capital au 21ème siècle, 2013

Compléments

  • La courbe en « éléphant » de Milanovic montre une forte croissance des revenus des 20-40 % les plus pauvres et du 1 % le plus riche, mais une faible croissance pour les 50-80 % de la distribution, correspondant à la classe moyenne des pays développés. - Branko Milanovic, Global Inequality, 2016

  • Entre 2008 et 2018, la courbe de Milanovic indique une corrélation négative entre niveau de vie et rythme de croissance des revenus : la progression est plus forte chez les populations les plus pauvres. - Branko Milanovic, Global Inequality, 2016

📌 Pierre-Noël Giraud distingue les travailleurs nomades, exposés à la concurrence internationale, des travailleurs sédentaires, qui en sont à l’abri. - La mondialisation, émergences et fragmentation, 2012

  • Selon le World Inequality Report de 2026, les 10 % les plus riches possèdent 75 % du patrimoine privé mondial, tandis que les 50 % les plus pauvres en détiennent 2 %.

  • Entre 1980 et 2020, le prix réel du café a chuté de plus de 50 %, tandis que celui des produits manufacturés comme les machines et les médicaments a augmenté.

  • Au Venezuela, la chute des prix du pétrole et la mauvaise gestion des ressources ont contribué à une crise économique majeure malgré d’immenses réserves pétrolières.

Astuce mémo

Convergence entre pays, divergence au sein des pays.

14. Interdépendance et souveraineté économique

Notions clés & Définitions

  • Course vers le bas : La course vers le bas désigne la réduction des normes sociales ou environnementales par des États qui cherchent à rester compétitifs, ce qui peut aggraver les inégalités et détériorer les conditions de travail et l’environnement.

★ À maîtriser

  • La libre circulation des capitaux limite la capacité des États à contrôler les flux financiers et à mener des politiques monétaires ou fiscales autonomes.

  • La concurrence fiscale incite les États à baisser les impôts pour attirer les capitaux, ce qui réduit les recettes disponibles pour financer les services publics.

Compléments

  • Lors de la crise asiatique de 1997, les mouvements spéculatifs de capitaux ont contraint la Thaïlande et l’Indonésie à abandonner leur politique de change fixe.

  • L’Irlande applique un taux d’imposition sur les sociétés de 12,5 %, ce qui attire des entreprises comme Google, Apple et Facebook.

  • Depuis 2018, les États-Unis et la Chine imposent des tarifs douaniers et restreignent l’accès à leurs marchés dans le cadre de tensions commerciales.

  • Avant la guerre en Ukraine, l’Europe importait 40 % de son gaz de Russie, ce qui limitait sa capacité à sanctionner Moscou après l’annexion de la Crimée en 2014.

  • Pendant la pandémie de COVID-19, le commerce international a permis à la France de compenser l’insuffisance de sa production de respirateurs, de masques et de gel hydroalcoolique par des approvisionnements étrangers, notamment chinois.

  • La mobilité internationale des capitaux vers les projets de recherche les plus prometteurs a contribué au développement et à la production rapide de vaccins contre la COVID-19.

  • Entre 1995 et 2000, la productivité américaine a augmenté en moyenne de 2,5 % par an, portée par les investissements dans les technologies de l’information et de la communication.

  • L’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 a favorisé l’essor de ses exportations manufacturières, qui ont contribué à plus de 30 % de la croissance du PIB mondial entre 2000 et 2020.

  • La crise des subprimes de 2008 s’est diffusée mondialement par les produits financiers toxiques, notamment les CDO et les credit default swaps, et a entraîné une récession mondiale.

  • En 2009, le PIB mondial a diminué de 0,1 %, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

  • Entre 2007 et 2010, 26 millions de personnes ont perdu leur emploi dans les pays de l’OCDE.

  • La fermeture d’usines chinoises en février 2020 a perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, provoquant notamment des pénuries de puces électroniques et de médicaments.

  • En 2021, le délai moyen de livraison des conteneurs a triplé, passant de 40 à 120 jours.

Astuce mémo

L’interdépendance stimule les échanges, mais transmet aussi les crises.

15. DIPP et responsabilité des entreprises

Notions clés & Définitions

  • DIPP : La DIPP, ou Global Value Chains, répartit la production d’un bien entre plusieurs pays spécialisés dans différentes étapes, comme la conception, la fabrication de composants, l’assemblage ou le marketing.

★ À maîtriser

📌 Paul Krugman distingue la compétitivité d’une firme, capacité à faire face à la concurrence, de celle d’une nation, capacité des agents économiques à générer une croissance du PIB par habitant au moins égale à la moyenne des pays de même niveau de développement. - La mondialisation n’est pas coupable, 2000

  • Selon l’approche libérale présentée, la hausse de la productivité du travail dans un pays ne provoque pas nécessairement une baisse de la productivité ou du PIB des autres pays.

  • La DIPP permet aux entreprises de réduire leurs coûts de production et d’accéder à des technologies avancées, mais elle peut aussi faciliter la déresponsabilisation des multinationales lorsqu’elles externalisent leur production vers des pays aux normes moins strictes.

Compléments

📌 Une entreprise peut améliorer sa compétitivité par les prix ou par la qualité, le design et le service, ce qui correspond respectivement à la compétitivité-prix et à la compétitivité hors-prix.

  • Malgré un déficit commercial durable des États-Unis avec la Chine, les États-Unis ont continué à connaître de la croissance et ont souvent été en situation de plein-emploi.

  • Le déclin de certaines industries françaises est attribué en partie à la baisse des salaires réels en Allemagne au début des années 2000 après les réformes Hartz, ainsi qu’au dumping chinois, notamment dans les panneaux photovoltaïques.

  • Un iPhone est conçu par Apple aux États-Unis, ses puces sont fabriquées à Taïwan par TSMC, ses écrans en Corée du Sud par Samsung et il est assemblé en Chine par Foxconn.

  • Dans certains ateliers textiles sous-traitants du Bangladesh, les salaires sont de 30 à 50 dollars par mois, contre 1 500 à 2 000 dollars en Europe, et les conditions de sécurité sont souvent défaillantes.

  • L’effondrement du Rana Plaza en 2013 a fait 1 138 morts.

  • En 2020, Apple a payé un taux d’imposition effectif de 14,4 % sur ses bénéfices mondiaux, contre 25 % en moyenne pour les entreprises américaines.

  • Au Vietnam, le salaire minimum était de 180 dollars par mois en 2023 et les grèves étaient sévèrement réprimées.

  • Selon l’OMS, 7 millions de morts par an sont liés à la pollution de l’air, dont une grande partie dans les pays en développement.

16. Composition et mesure des échanges

Notions clés & Définitions

  • DIPP : Fragmentation des processus productifs entre plusieurs pays, qui se développe à partir des années 1980.
  • Indice de complexité économique : Ricardo Hausmann et César Hidalgo, The Atlas of Economic Complexity, 2011 - Évalue la sophistication des exportations d’un pays.

★ À maîtriser

  • Le commerce intra-branche, déjà présent au XIXe et au début du XXe siècle, se renforce à partir des années 1960 avec la baisse des droits de douane et la construction européenne.

📌 La nouvelle division internationale du travail repose sur des échanges de produits manufacturés similaires, notamment sur des marchés oligopolistiques où les produits sont différenciés horizontalement et verticalement.

  • Dans la DIPP, les entreprises délocalisent différentes étapes de la production dans plusieurs pays au lieu de se limiter à exporter des produits finis. - Robert Feenstra, Disintegration of Production and the Rise of Global Value Chains, 1998

📌 Les économies avancées exportent davantage de produits à haute valeur ajoutée, tandis que les pays les moins avancés restent spécialisés dans les matières premières comme le pétrole, les minerais et les produits agricoles.

📌 La mesure des échanges en flux bruts comptabilise la valeur totale échangée, tandis que la mesure en valeur ajoutée ne retient que la création de richesse effective dans chaque pays.

Compléments

  • Un ordinateur portable peut être conçu dans le pays d’origine de sa marque, intégrer des composants fabriqués en Corée du Sud, à Taïwan, au Japon, en Chine, au Vietnam, en Europe ou aux États-Unis, puis être assemblé le plus souvent en Chine.

  • Le développement de la DIPP a été rendu possible par :

    • la baisse des coûts de transport
    • le progrès technologique
    • la libéralisation des échanges
  • En 2025, les services représentent 27,5 % des échanges mondiaux de marchandises et de services, dont la valeur totale atteint 35 000 milliards de dollars, leur part étant à son plus haut niveau depuis 2005 en grande partie grâce à la digitalisation et au commerce électronique. - OMC, Perspectives et statistiques du commerce mondial, 2026

  • Les matrices input-output développées par Wassily Leontief permettent de mesurer les flux intermédiaires entre pays. - The Structure of the American Economy, 1919–1939, 1951

  • En 2024, la Chine est le premier exportateur mondial de marchandises avec environ 3 500 milliards de dollars d’exportations, devant les États-Unis avec près de 2 000 milliards et l’Allemagne avec environ 1 600 milliards.

  • Les importations atteignent environ 3 000 milliards de dollars aux États-Unis, 2 700 milliards en Chine et 1 500 milliards en Allemagne.

  • Les exportations de services commerciaux des États-Unis atteignent 900 milliards de dollars, celles du Royaume-Uni 500 milliards et celles de la Chine 400 milliards.

  • Les services numériques et financiers progressent en moyenne de 9 % par an depuis 2020, dépassant la croissance des marchandises.

  • La mesure en valeur ajoutée révèle que les pays avancés surestiment leur déficit commercial avec la Chine, souvent pays d’assemblage, et sous-estiment leurs importations avec le Japon, la Corée du Sud et Taïwan.

17. Polarisation et régionalisation du commerce

Notions clés & Définitions

  • Balance des Transactions Courantes : Enregistre les échanges de biens et de services, les revenus comme les dividendes ou les salaires, ainsi que les transferts courants comme les aides au développement.
  • Pôle commercial : Braudel - Zone géographique caractérisée par un commerce intra-zone représentant au moins 50 % des échanges des pays de la zone, des relations commerciales importantes entre périphéries et pôle, et un poids important dans le commerce international inter-zones.
  • Régionalisation du commerce : Développement des échanges à l’intérieur d’une région économique du monde.

★ À maîtriser

📌 Un solde positif de la BTC indique que le pays épargne plus qu’il n’investit, tandis qu’un solde négatif signifie qu’il dépend du financement extérieur.

  • À l’échelle mondiale, la somme des excédents de BTC est égale à la somme des déficits.

  • Les pays de la Triade — Union européenne, Amérique du Nord et Asie de l’Est — représentent 85 % du commerce mondial.

📌 La régionalisation de facto résulte de logiques économiques et géographiques spontanées, notamment le poids économique et démographique des pays et la proximité, tandis que la régionalisation de jure est impulsée par des cadres institutionnels tels que les accords commerciaux régionaux.

  • Pour un petit pays importateur, un droit de douane fait passer le prix domestique de PwP_w à Pw+tP_w+t et réduit les importations de D1−O1D_1-O_1 à D2−O2D_2-O_2, sans modifier le prix mondial.

  • Pour un petit pays importateur, les pertes des consommateurs dépassent les gains des producteurs et les recettes douanières ; les triangles hfg et cde constituent la perte sèche domestique.

  • Pour un grand pays importateur, la réduction des importations fait baisser le prix mondial de PwP_w à PT∗P_T^*, car la baisse des exportations entraîne un supplément d’offre dans le pays étranger.

  • Un grand pays importateur peut obtenir un gain net si le surplus de recettes douanières lié à la baisse du prix mondial dépasse la baisse nette du surplus du consommateur.

Compléments

  • Les principales économies structurellement excédentaires citées sont :

    • l’Allemagne
    • la Chine
    • le Japon
    • la Corée du Sud
    • les Pays-Bas
    • les Émirats arabes unis
    • Singapour
  • En 2025, l’excédent commercial chinois de marchandises, mesuré par les exportations moins les importations, atteint près de 1 200 milliards de dollars.

  • Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Inde et la Turquie sont cités parmi les économies structurellement déficitaires, et la France a été le plus souvent déficitaire au cours des 20 dernières années.

  • En 2025, le déficit commercial américain de marchandises, mesuré par les exportations moins les importations, dépasse 1 300 milliards de dollars.

  • Les échanges intra-européens représentent plus de 60 % du commerce total de l’Union européenne.

18. Protection effective et taille du pays

★ À maîtriser

📐 Formule - Le gain net ou la perte nette d’un grand pays importateur s’écrit a+(c+e)−(a+b+c+d)=e−(b+d)a+(c+e)-(a+b+c+d)=e-(b+d) ; il y a perte nette si b+d>eb+d>e, sinon gain net.

  • Dans l’exemple d’un bien final au prix mondial de 100 € comprenant 80 € de composants importés et 20 € d’assemblage, un droit de douane de 20 % sur le bien fini permet à l’assemblage national de coûter jusqu’à 40 € ; la protection effective atteint 100 %.

  • Dans The Customs Union Issue (1950), Jacob Viner distingue la création de commerce, où les importations moins chères d’un partenaire remplacent une production nationale coûteuse, du détournement de commerce, où les importations d’un pays tiers moins cher sont remplacées par celles d’un partenaire plus cher exonéré de droits.

  • La création de commerce résultant d’un ACR avec le partenaire le moins cher procure un gain net correspondant aux gains d’efficience de production et de consommation, représentés par b et d.

  • Le détournement de commerce peut réduire le bien-être global, car le pays paie plus cher ses importations du partenaire de l’ACR et perd des recettes douanières ainsi que l’efficience représentée par e.

Compléments

📐 Formule - Lorsque les composants importés de 80 € sont taxés à 20 %, ils coûtent 96 € et l’assemblage national ne peut coûter que 4 € ; le taux effectif de protection est 4−2020×100=−80%\frac{4-20}{20}\times100=-80\%.

  • Le taux effectif de protection dépend de la nature des mesures tarifaires ou non tarifaires, de leur ampleur et de leur ciblage, des produits visés, des possibilités de substitution nationale aux importations et des délais nécessaires.

  • Pour un grand pays importateur, la hausse du droit de douane jusqu’au prix cible PTP_T réduit les importations, augmente l’offre nationale et mondiale, puis fait baisser le prix mondial de PwP_w à PT∗P_T^* ; les recettes douanières augmentent de la surface e.

  • Le gain net d’un grand pays importateur dépend de son poids dans le commerce international et des élasticités-prix de l’offre et de la demande, qui déterminent les surfaces e, b et d.

  • L’accord de libre-échange UE-Vietnam a permis une hausse de 35 % des exportations vietnamiennes vers l’UE en trois ans, au détriment de producteurs européens moins compétitifs.

  • La renégociation de l’USMCA a été associée à des détournements de commerce dans certains secteurs, selon l’OCDE, Les accords commerciaux régionaux et le système multilatéral (2024).

Tableaux de synthèse

Investissements de portefeuille et investissements directs

DimensionPortefeuilleInvestissement direct
Seuil de capitalMoins de 10 %Au moins 10 %
NatureTitres financiers sans contrôle directCréation ou rachat d’une entreprise
Fonction principalePlacements et financement d’infrastructures ou de minesCapital fixe et internationalisation des firmes
MesureMobilité internationale de l’épargneInternationalisation des firmes

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Mondialisation et échanges internationaux avec 70 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle conception de la globalisation Theodore Levitt défend-il dans son article de 1983 ?

2. Qu’est-ce que la mondialisation désigne dans son acception économique ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quelle convergence Theodore Levitt associe-t-il à la globalisation, et dans quel ouvrage et quelle année ?

La convergence des marchés mondiaux, dans *The Globalization of Markets* (1983).

Quel rôle les grandes firmes multinationales jouent-elles dans la globalisation ?

Elles la portent en intégrant leur gestion à l’échelle mondiale.

Qu’est-ce que la mondialisation ?

Le processus d’ouverture et d’intégration des économies nationales par les marchés des biens, des services, du capital et du travail.

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