Fiche de révision : Programme économique de LFI

Plan du Cours

  1. Salaires, prix et retraites
  2. Fiscalité et redistribution
  3. État et politiques sectorielles
  4. Dépenses publiques et dette
  5. Fuite fiscale et pouvoir d’achat
  6. Production locale et importations
  7. Compétitivité et politique de l’offre
  8. Recettes publiques et aides aux entreprises
  9. Dividendes des grandes entreprises
  10. Santé et mortalité infantile
  11. Écoles et budget scolaire

1. Salaires, prix et retraites

★ À maîtriser

  • LFI propose de porter le SMIC à 1 700 € net mensuel.

  • LFI propose d’indexer les salaires du secteur privé et de la fonction publique sur l’inflation, selon une échelle mobile des salaires.

  • LFI propose d’abroger la réforme des retraites et de rétablir la retraite à 60 ans à taux plein après 40 annuités.

Compléments

  • LFI propose de bloquer les prix des produits de première nécessité, notamment l’alimentation, l’énergie et le carburant.

  • Les contre-arguments libéraux avancent qu’une hausse rapide du SMIC pourrait pousser les TPE et PME à réduire les recrutements, automatiser ou faire faillite en raison de leurs marges plus faibles que celles des grandes entreprises.

  • Les contre-arguments libéraux soutiennent qu’un départ à la retraite à 60 ans aggraverait le déficit démographique du système en détériorant le ratio entre cotisants et retraités.

Astuce mémo

La relance par les salaires s’oppose aux risques libéraux d’inflation et de baisse de l’emploi.

2. Fiscalité et redistribution

★ À maîtriser

  • LFI propose un impôt sur le revenu à 14 tranches, avec un barème plus progressif et un taux marginal supérieur pour les très hauts revenus.

  • LFI propose de rétablir et de renforcer l’ISF en lui ajoutant un volet climatique.

Compléments

  • LFI propose de taxer les superprofits et de travailler à une taxe minimale mondiale sur le patrimoine des milliardaires, de type « taxe Zucman ».

  • LFI propose de renforcer la taxation des transmissions de capital et de limiter de 1 à 20 les écarts de rémunération dans les entreprises.

  • Les contre-arguments libéraux soutiennent qu’une fiscalité jugée confiscatoire pourrait provoquer l’exil fiscal des investisseurs, entrepreneurs et cadres qualifiés, et réduire les recettes fiscales globales.

  • Les contre-arguments libéraux estiment que taxer davantage le capital et les bénéfices réduit l’autofinancement des entreprises et décourage l’investissement privé nécessaire à l’innovation.

  • Les contre-arguments libéraux soulignent que taxer les superprofits ou instaurer une « taxe Zucman » pose des problèmes de définition légale, de faisabilité technique et de coordination internationale.

3. État et politiques sectorielles

★ À maîtriser

  • LFI propose des pôles publics dans :

    • l’énergie
    • le médicament
    • les transports
    • la banque
  • LFI propose d’accorder aux salariés un droit de veto sur les licenciements économiques et d’interdire le versement de dividendes en cas de licenciements.

  • LFI propose de construire au moins 200 000 logements sociaux par an et d’investir dans la rénovation thermique ainsi que dans les réseaux ferroviaires et d’eau.

Compléments

  • Les contre-arguments libéraux estiment que le rachat d’entreprises privées coûterait des dizaines de milliards d’euros aux finances publiques, sans garantir une meilleure gestion ou un meilleur service.

  • Les contre-arguments libéraux soutiennent que les mesures de commande publique préférentielle et d’interventionnisme étatique peuvent entrer en conflit avec le droit européen de la concurrence et les règles du marché unique.

4. Dépenses publiques et dette

★ À maîtriser

  • LFI assume une hausse significative des dépenses publiques, financée par l’augmentation des recettes fiscales et la création d’activité.

  • LFI propose de renégocier les traités européens afin d’assouplir les règles budgétaires, notamment la limite de 3 % de déficit public, pour financer la transition écologique.

  • Les contre-arguments libéraux affirment qu’une expansion budgétaire massive pourrait inquiéter les agences de notation et les marchés, faire monter les taux d’intérêt et renchérir le crédit alors que la dette publique dépasse déjà 119 % du PIB.

  • La vision de LFI mise sur la demande, la consommation des ménages à bas et moyens revenus et la redistribution, tandis que l’État y joue un rôle de régulateur et d’investisseur direct.

Compléments

  • Les contre-arguments libéraux soutiennent que, dans une économie ouverte, une relance de la consommation peut profiter aux importations, dégrader la balance commerciale et produire moins de recettes fiscales nationales qu’attendu.

  • La vision libérale et social-démocrate fait dépendre la prospérité de l’offre, de la compétitivité des entreprises et des incitations à investir et à créer des emplois.

Astuce mémo

Austérité → contraction du PIB → baisse des recettes fiscales → hausse du ratio dette/PIB.

5. Fuite fiscale et pouvoir d’achat

Points essentiels

  • Les études de l’IPP et de Gabriel Zucman sont invoquées pour avancer que l’exil fiscal des très hauts patrimoines reste inférieur à 0,2 % par an.

  • En juillet 2025, une étude du Conseil d’analyse économique conclut qu’une hausse de l’imposition des très hauts patrimoines entraînerait le départ fiscal annuel de 0,003 à 0,03 % des ultra-riches.

  • L’attractivité de la France tient aussi à :

    • ses infrastructures
    • l’éducation
    • son système de santé
    • une productivité horaire élevée
  • LFI défend la possibilité d’un impôt universel lié à la nationalité, sur le modèle américain de l’FATCA, afin que des citoyens français expatriés dans des paradis fiscaux versent à la France la différence d’impôt pendant un nombre d’années déterminé.

  • Les arguments en faveur de la hausse du SMIC soutiennent que l’augmentation des bas salaires relance la consommation populaire et profite aux commerces, à l’artisanat et aux services de proximité, dont les clients sont les ménages modestes.

  • LFI prévoit un fonds de péréquation ou des crédits à taux zéro garantis par l’État pour aider les petites entreprises à absorber la hausse de la masse salariale, tandis que la fiscalité des grands groupes serait renforcée.

  • Les arguments en faveur du programme attribuent une partie de l’inflation récente à la hausse des marges des grands groupes de l’énergie et de l’agroalimentaire, qualifiée de « greedflation », plutôt qu’à la hausse des salaires.

6. Production locale et importations

★ À maîtriser

  • Les arguments en faveur du programme soutiennent que l’austérité contracte le PIB, réduit les recettes fiscales et peut faire augmenter le ratio dette/PIB ; l’exemple cité est celui de la dette grecque, passée d’environ 127 % du PIB en 2009 à environ 177 % en 2015.

  • Les arguments en faveur du programme présentent ses dépenses comme financées par des recettes nouvelles, notamment l’ISF climatique et la taxation des superprofits, ainsi que par la lutte contre la fraude fiscale, estimée à 80–100 milliards €/an par ATTAC, et la suppression des niches fiscales inefficaces comme le CICE.

  • Les biens et services de première nécessité peu délocalisables comprennent :

    • le logement
    • l’énergie
    • l’alimentation locale
    • les services de proximité

Compléments

  • Les arguments en faveur du programme soutiennent que les emprunts engagés pour la transition écologique peuvent éviter les coûts futurs liés à la non-isolation des logements, aux catastrophes climatiques et à la pollution.

  • Les arguments en faveur du programme proposent d’annuler ou de geler la part de la dette détenue par la Banque centrale européenne, estimée à 18 à 20 %, afin de réduire les intérêts associés.

  • LFI propose de conditionner les subventions et exonérations aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux stricts afin d’encourager la relocalisation de la production en France et en Europe.

  • Le programme préconise des taxes carbone aux frontières, des mesures antidumping et des exigences sociales et environnementales strictes sur les produits importés.

📌 Selon les arguments en faveur du programme, un téléphone américain ou une voiture chinoise qui ne respecte pas les critères écologiques, sociaux ou de réparabilité fixés par la France, ou par l’Union européenne si les règles sont renégociées, peut être lourdement taxé ou interdit.

7. Compétitivité et politique de l’offre

★ À maîtriser

  • Les baisses de cotisations sociales et d’impôts sur les sociétés, dont le CICE et la baisse des impôts de production, n’ont empêché ni le creusement du déficit commercial français ni l’absence de relance massive de l’investissement industriel réel. - INSEE

  • Les entreprises recrutent et investissent lorsque leurs carnets de commandes sont remplis, plutôt qu’en raison des seules exonérations de charges.

Compléments

  • Les aides aux entreprises ont surtout servi au versement de dividendes records aux actionnaires.

Astuce mémo

Carnets de commandes remplis → recrutement et investissement

8. Recettes publiques et aides aux entreprises

★ À maîtriser

  • En 2026, le déficit représente 42 % des recettes budgétaires : pour 100 € prélevés, l’État dépense 142 €.

  • La part des impôts dans le PIB est passée de 18 % en 1985 à environ 12 % en 2025, tandis que les dépenses de l’État restent autour de 17 % du PIB, soit un déficit d’environ 5 % du PIB.

  • France Stratégie a estimé à près de 153 Md€ en 2019 les aides publiques aux entreprises comprenant notamment subventions, réductions de charges, crédits d’impôt et exonérations, sans compter 11 Md€ de participations et de prêts.

  • Le total annuel des aides publiques aux entreprises est donné comme 160 Md€, soit l’équivalent du déficit annuel.

Compléments

  • Les dépenses de l’État se situent autour de 17 % du PIB, un niveau présenté comme inférieur à celui des années 1960, 1980 et 1990.

  • Les cinq principales missions de l’État en 2024 sont :

    • la protection sociale
    • l’enseignement
    • le soutien à l’économie et à l’emploi
    • les armées
    • les Affaires étrangères et les autres administrations publiques
  • Les deux tiers des dépenses de l’État sont des transferts financiers, principalement des prestations sociales et des subventions.

  • Les aides publiques aux entreprises représentent une hausse de 4 points de PIB par an depuis 2000, financée essentiellement par la dette.

  • La dette publique approche 120 % du PIB.

Astuce mémo

Dépenses élevées, mais services publics affaiblis

9. Dividendes des grandes entreprises

★ À maîtriser

  • Selon Janus Henderson Investors, les principales sociétés cotées en France ont distribué 70,4 milliards de dollars, soit environ 61 milliards d’euros, à leurs actionnaires.

Compléments

  • La France se classe première en Europe pour les dividendes distribués, devant l’Allemagne à 51,3 milliards de dollars, l’Italie à 17,5 milliards et l’Espagne à 13,2 milliards. - Janus Henderson Investors

  • La France se classe deuxième au niveau mondial pour les dividendes distribués, derrière les États-Unis, avec 177,2 milliards de dollars. - Janus Henderson Investors

10. Santé et mortalité infantile

★ À maîtriser

  • La France comptait 721 maternités en 2000 et 450 en 2024, soit environ 271 maternités de moins en vingt-quatre ans.

  • Le taux de mortalité infantile en France atteint 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2024, soit environ 2 700 décès d’enfants de moins d’un an.

Compléments

  • Après un minimum de 3,5 ‰ au début des années 2010, notamment en 2011-2012, la mortalité infantile a augmenté jusqu’à 4,1 ‰ en 2024 selon l’Insee.

  • Les décès survenant entre 1 et 27 jours de vie sont passés de 1,5 ‰ à 2,0 ‰ et expliquent principalement la hausse récente de la mortalité infantile.

  • Depuis 2015, la mortalité infantile française dépasse la moyenne de l’UE27 et la France se situe autour des 22e-23e rangs européens, derrière la Suède et la Finlande, autour de 2,5 ‰.

11. Écoles et budget scolaire

★ À maîtriser

  • Depuis 1978, 42 774 écoles, collèges et lycées ont définitivement fermé en France, dans 107 départements.

  • Le budget scolaire passe d’environ 68,4 milliards d’euros en 2017 à 89,6 milliards prévus en 2026, soit une hausse brute d’environ 31 %.

  • Entre 2017 et 2026, l’inflation cumulée est estimée à environ 23 %, et la hausse réelle du budget scolaire à environ 4,4 milliards d’euros, soit 6,5 %.

Compléments

  • Les fermetures depuis 1978 comprennent :

    • 27 823 écoles élémentaires et primaires
    • 10 391 écoles maternelles
    • 1 599 collèges
    • 2 961 lycées et EREA
  • Depuis 2015, 7 863 établissements ont fermé, soit environ 669 par an ; 670 fermetures ont été enregistrées en 2025 et environ 500 en 2026 au 1er octobre.

  • En 2024, la France compte environ 11,89 millions d’élèves dans les premier et second degrés, dont 6,26 millions dans le premier degré et 5,63 millions dans le second.

  • Entre 1980 et 2024, les effectifs du premier degré ont diminué d’environ 6,8 à 6,26 millions, tandis que ceux du second degré ont augmenté d’environ 5,1 à 5,3 millions à 5,63 millions.

  • La hausse réelle du budget scolaire a été principalement absorbée par : les revalorisations salariales, l’augmentation des coûts de fonctionnement, notamment l’énergie, l’augmentation des coûts de restauration scolaire

Tableaux de synthèse

Deux visions économiques

DimensionVision LFIVision libérale
MoteurDemande et consommationOffre et compétitivité
Rôle de l’ÉtatRégulateur et investisseur directIncitations à investir et créer des emplois
Risque mis en avantInsuffisance de la demandeImpôts et réglementations nuisibles à l’emploi

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Programme économique de LFI avec 31 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel montant net mensuel LFI propose-t-elle pour le SMIC ?

2. Dans une entreprise, les salaires sont ajustés automatiquement lorsque l’inflation augmente. Quel mécanisme cette mesure met-elle en œuvre ?

Faire le QCM →

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Quel salaire minimum mensuel net LFI propose-t-elle ?

1 700 € net par mois.

Sur quel indice LFI propose-t-elle d’indexer les salaires ?

Sur l’inflation, selon une échelle mobile des salaires.

Quelle mesure LFI propose-t-elle pour la réforme des retraites ?

L’abroger.

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