Fiche de révision : Relations humaines et approche systémique

Plan du Cours

  1. Définir les organisations et leurs théories
  2. Management scientifique et administration
  3. Relations humaines et leadership
  4. Approches fonctionnalistes et contingentes
  5. Existence économique de la firme
  6. Courants managérial et béhavioriste
  7. Transactions, propriété et agence
  8. Taylor, Weber et Fayol
  9. École classique, fordisme et limites
  10. Relations humaines et expériences de Hawthorne
  11. Auteurs des relations humaines
  12. Applications managériales de l’ERH
  13. Organisation comme système ouvert
  14. Approche sociotechnique et modèles organisationnels
  15. Technostructure et organisation
  16. Contingence interne, environnement et limites
  17. Structures et stratégies de marché
  18. Marchés économiques et rationalité limitée
  19. Invention et capacités cognitives
  20. Organisation et décision collective
  21. Coalitions, parties prenantes et arbitrage organisationnel
  22. Coûts de transaction et gouvernance
  23. Propriété et relation d’agence

1. Définir les organisations et leurs théories

Notions clés & Définitions

  • Organisation : Système social créé par des individus afin de satisfaire, grâce à des actions coordonnées, certains besoins et d’atteindre certains buts.

★ À maîtriser

📌 Le cours porte sur plusieurs théories des organisations, car il n’existe pas de corps théorique suffisamment unifié pour constituer une théorie unique des organisations.

Compléments

📌 Les théories des organisations se distinguent par leur méthode (empirique ou théorique, inductiviste ou hypothético-déductive), leurs objectifs (positifs ou normatifs) et leur champ d’étude (individu, groupe ou organisation, entre autres).

  • Le cours distingue deux ensembles : les théories non économiques, notamment liées à la psychologie et à la sociologie, et les théories économiques des organisations.

📌 La définition retenue de l’organisation est cohérente avec la majorité des théories, mais sa limite principale est de privilégier la rationalité par rapport à l’inconscient.

2. Management scientifique et administration

★ À maîtriser

  • Henri Fayol distingue six fonctions de l’entreprise :

    • fonction technique
    • fonction commerciale
    • fonction de sécurité
    • fonction comptable
    • fonction financière
    • fonction administrative
  • Pour Fayol, la fonction administrative comprend cinq opérations :

    • prévoir
    • organiser
    • commander
    • coordonner
    • contrôler
  • Le taylorisme améliore le rendement en analysant scientifiquement les tâches, les gestes, la fatigue et les temps de récupération afin de déterminer les conditions optimales de travail.

  • Après l’analyse du travail, le dispositif taylorien sélectionne et forme l’ouvrier le plus apte, rémunère selon les quantités produites et sépare l’exécution de la responsabilité du travail.

Compléments

  • Les critiques de l’administration classique lui reprochent de privilégier la productivité, de négliger l’humain et l’environnement, et de se concentrer sur la grande entreprise industrielle.

3. Relations humaines et leadership

★ À maîtriser

  • Les travaux d’Elton Mayo montrent que les conditions sociales de travail influencent la productivité davantage que les seules conditions matérielles.

  • Dans l’école des relations humaines, la rémunération n’est pas l’unique facteur de motivation : la participation, la coopération et la discussion dans le groupe de travail influencent aussi le comportement.

📌 Dans les expériences de Kurt Lewin, le leadership démocratique est associé à une meilleure qualité du travail et à l’autonomie, le laisser-faire à une faible coopération et à des travaux de piètre qualité, et l’autoritaire à des réactions agressives.

Compléments

  • Kurt Lewin met en évidence des groupes informels, distincts des groupes formels, qui se soudent autour d’objectifs communs lorsque des relations se développent entre leurs membres.

  • Rensis Likert distingue quatre styles de commandement :

    • autoritaire
    • paternaliste
    • consultatif
    • participatif
  • Pour Douglas MacGregor, l’individu peut apprécier le travail, se diriger lui-même, rechercher des responsabilités et contribuer par sa créativité si l’organisation crée un cadre favorable à ses besoins et aux objectifs de l’entreprise.

  • Les critiques de l’école des relations humaines portent sur les biais méthodologiques, la négligence de l’environnement et des conflits, ainsi que sur son intérêt limité aux organisations industrielles et aux niveaux hiérarchiques les moins élevés.

Astuce mémo

Le leadership démocratique favorise autonomie et qualité ; le laisser-faire conduit à une coopération plus faible.

4. Approches fonctionnalistes et contingentes

Notions clés & Définitions

  • Approche fonctionnaliste : Étude des relations entre la structure et les procédures dans les organisations et dans la société où elles évoluent, en s’intéressant aux conditions de survie et de maintien des systèmes sociaux.

★ À maîtriser

📌 Joan Woodward souligne que la production de prototypes ou en petites séries n’appelle pas la même structure organisationnelle que la production en grandes séries.

📌 Le système mécanique correspond à un environnement stable, à une forte spécialisation et hiérarchie, à une décision centralisée et à des procédures strictes, tandis que le système organique s’adapte à l’incertitude par une organisation moins formelle et plus décentralisée.

  • Selon les théories contingentes, la performance dépend de l’adéquation de chaque sous-système à son environnement et de mécanismes de coordination permettant l’intégration des sous-systèmes.

Compléments

  • L’approche fonctionnaliste examine notamment :

    • la perception des tâches par les membres
    • le degré de contrôle du système
    • les contraintes de l’environnement
  • Une critique des théories contingentes est qu’elles prennent insuffisamment en compte les comportements des individus dans l’organisation.

Astuce mémo

Environnement stable : mécanique ; environnement incertain : organique.

5. Existence économique de la firme

Notions clés & Définitions

  • Coûts de transaction : Dépenses liées aux échanges et aux contrats, notamment les coûts de recherche d’information que l’entreprise peut économiser en internalisant certaines transactions.

★ À maîtriser

  • Dans l’analyse néoclassique traditionnelle, la firme est une entité considérée comme une boîte noire, les actionnaires ne sont pas distingués des dirigeants et l’objectif est la maximisation du profit.

📌 Le marché est un type particulier d’organisation dont la fonction est d’allouer les ressources, tandis que les entreprises constituent des systèmes qui lui font concurrence.

  • Ronald Coase explique l’apparition des entreprises par le fait que la firme peut être un système d’allocation plus efficace que le marché en internalisant certaines transactions et en économisant des coûts de transaction.

Compléments

  • Frank Knight justifie l’existence de la firme par l’incertitude de l’environnement et par le rôle de l’entrepreneur qui assume le risque.

Astuce mémo

Coûts de transaction du marché → internalisation possible par la firme.

6. Courants managérial et béhavioriste

Notions clés & Définitions

  • Rationalité limitée : Limites des individus dans la réception, le stockage et le traitement de l’information ainsi que dans la communication, selon Herbert Simon.
  • Firme béhavioriste : Herbert Simon - Coalition interactive de groupes aux objectifs conflictuels.
  • Satisficing : Herbert Simon - Recherche de solution satisfaisante liée à un niveau d’aspiration emprunté à la psychologie.

★ À maîtriser

📌 William Baumol montre que, sous certaines hypothèses concernant notamment le lien entre ventes et rémunération des dirigeants, les dirigeants cherchent à maximiser le chiffre d’affaires sous une contrainte de profit minimal afin de satisfaire les actionnaires.

Compléments

  • Olivier Williamson associe les dépenses discrétionnaires des dirigeants à la taille de l’entreprise et aux divergences d’intérêts entre dirigeants et actionnaires.

  • Les objectifs du jeu organisationnel peuvent porter sur :

    • la production
    • les stocks
    • les parts de marché
    • le profit
    • les ventes

7. Transactions, propriété et agence

Notions clés & Définitions

  • Coûts de transaction : Olivier Williamson - Dépenses entraînées par le contrat qui définit le transfert de propriété entre individus ou organisations.
  • Droits de propriété : Alchian - Relations codifiées entre les hommes portant sur l’usage des choses, et non des relations entre les hommes et les choses.
  • Relation d’agence : Contrat entre un principal qui confie une mission et un agent qui l’exécute en contrepartie d’un salaire.
  • Bureaucratie : Organisation formelle caractérisée par une hiérarchie administrative complexe, une spécialisation des compétences et des tâches, des règles limitant la discrétion et un comportement impersonnel envers les consommateurs.

Points essentiels

  • Williamson explique les frontières entre firme et marché par : (Olivier Williamson) : la spécificité des actifs, qui influe sur le degré d’intégration verticale, les externalités liées aux activités conjointes, la décomposition hiérarchique en sous-systèmes opérationnels suffisamment autonomes

8. Taylor, Weber et Fayol

★ À maîtriser

  • Pour Taylor, l’organisation scientifique du travail consiste à étudier, enregistrer et classer les connaissances des ouvriers qualifiés, puis à recomposer les opérations en séquences plus rapides assorties de standards de performance et de temps.

  • Les quatre principes tayloristes sont la séparation de la conception et de l’exécution, l’étude scientifique du travail par des spécialistes, la sélection et la formation scientifiques des ouvriers, et le couplage de l’étude du travail avec la sélection des ouvriers.

📌 Pour Max Weber, le pouvoir est l’aptitude à forcer l’obéissance, tandis que l’autorité est l’aptitude à obtenir l’observation volontaire d’ordres jugés légitimes.

  • Max Weber distingue trois types purs d’organisation :

    • l’organisation charismatique
    • l’organisation traditionnelle
    • l’organisation bureaucratique
  • Les quatorze principes de Fayol sont la division du travail, l’autorité et la responsabilité, la discipline, l’unité de commandement, l’unité de direction, la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général, la rémunération, la centralisation, la hiérarchie, l’ordre, l’équité, la stabilité du personnel, l’initiative et l’union du personnel.

Compléments

  • Dans le système tayloriste, la rémunération dépend de la production fournie et le salarié le plus rapide peut gagner entre 30 et 100 % de plus que le salaire du marché.

  • La structure fonctionnelle de Taylor répartit l’autorité selon les tâches spécialisées et distingue fabrication et méthodes, avec des contremaîtres aux fonctions spécifiques et un département central chargé notamment de l’ordonnancement, de l’instruction, de la discipline et de la paie.

  • Pour Weber, la bureaucratie est la forme d’organisation la plus performante, avec une hiérarchie définie, une autorité institutionnelle rattachée aux statuts et au contrat de travail, des fonctions spécialisées et des ordres adressés aux subordonnés directs. - Max Weber

  • Les limites du modèle bureaucratique de Weber sont son hypothèse d’un environnement stable et les lourdeurs, rigidités et lenteurs que son formalisme peut entraîner lorsque la taille augmente. - Max Weber

  • Fayol vise une science de gestion universelle, applicable en tout lieu, en tout temps et dans toute entreprise.

9. École classique, fordisme et limites

★ À maîtriser

  • Les principes de l’école classique comprennent : la division du travail, la départementalisation des activités, l’unité de commandement, une ligne claire d’autorité du dirigeant, une portée optimale du contrôle, le lien entre responsabilité et autorité, la séparation entre opérationnel et fonctionnel, la décentralisation de l’autorité, l’identification du poste et de la fonction

  • Le fordisme associe production de masse et spécialisation, avec des produits simples, peu de variantes, des machines rationalisées et des tâches ouvrières fortement spécialisées.

  • Le fordisme accroît la production par la division verticale entre conception et réalisation, la division horizontale des tâches et la ligne de montage, ainsi que par la standardisation de pièces interchangeables permettant la production en grandes séries.

  • L’école classique cherche à définir la meilleure façon de construire et de gérer une organisation plutôt qu’à expliquer pourquoi les structures existantes prennent leur forme.

  • Les théories classiques négligent les interactions entre les individus et l’organisation, comme si les personnes abandonnaient leurs valeurs et leurs croyances en entrant dans l’entreprise.

  • L’école classique ignore les relations entre l’entreprise et son environnement, notamment les spécificités sectorielles et les exigences de flexibilité et d’adaptation.

Compléments

  • L’école classique du management s’appuie sur Taylor et Fayol et énonce des règles générales tirées de l’observation des organisations qui prospèrent.

  • Les fonctions de gestion sont :

    • la planification
    • l’organisation
    • la direction
    • la coordination
    • le contrôle
  • En 1908, Henry Ford lance le modèle T, associé à la standardisation de la production.

  • Ford estime que des salaires élevés créent des débouchés pour ses produits, facilitent l’acceptation de la mécanisation et évitent les conflits sociaux.

  • L’augmentation des salaires chez Ford vise principalement à réduire le taux de roulement des ouvriers, devenu élevé avec les conditions difficiles du travail à la chaîne.

  • L’école classique propose des principes généraux d’organisation, tels que la spécialisation, l’unité de commandement et la hiérarchie verticale, supposés applicables quelle que soit la nature ou la forme de l’organisation.

📌 L’entreprise classique est conçue comme un système clos régi par des règles préétablies, contrairement à une organisation considérée comme ouverte aux contraintes de son environnement.

10. Relations humaines et expériences de Hawthorne

Notions clés & Définitions

  • Effet Hawthorne : Influence de l’expérimentation sur les phénomènes observés, les personnes sachant qu’elles sont étudiées et pouvant modifier leur comportement en conséquence.

★ À maîtriser

  • L’école des relations humaines se développe en réaction aux excès du taylorisme, associés à l’absentéisme, à une forte rotation du personnel et aux accidents du travail.

📌 L’école des relations humaines revendique une approche expérimentale et une recherche de rigueur scientifique, mais elle n’est pas humaniste au sens éthique ou philosophique, car ses théories visent l’efficacité productive et le profit.

  • Dans les essais d’éclairage, la productivité continuait d’augmenter lorsque la puissance des lampes diminuait, ce qui indique que l’effet observé ne s’expliquait pas par l’éclairage seul.

  • La productivité augmente régulièrement dans la test room, y compris lorsque les conditions ne changent pas, et l’absentéisme, y compris pour maladie, y est trois fois moins important.

  • L’augmentation de productivité de la test room est attribuée à la constitution d’un groupe social organisé ayant des rapports affectifs particuliers avec le chef de service, plutôt qu’aux changements matériels du travail.

Compléments

  • L’école des relations humaines rassemble des spécialistes des sciences humaines qui appliquent leurs connaissances à l’entreprise.

  • Les débuts de l’école des relations humaines datent de 1930 et ses succès se manifestent surtout dans les années 1950-1960.

  • L’étude de l’éclairage menée à Hawthorne à partir de 1924 cherchait à montrer qu’un meilleur éclairage augmente la productivité et rend donc l’éclairage des ateliers rentable.

  • Les expériences sur l’éclairage renouvelées de 1924 à 1927 confirment que l’éclairage n’explique pas l’augmentation de la productivité.

  • Dans la test room, six ouvrières assemblent des relais sous l’observation d’un contremaître et leur production est enregistrée minute par minute.

  • L’expérience de la test room se déroule de 1927 à 1929.

  • Dans la test room, les conditions de travail varient selon des périodes de plusieurs semaines et incluent notamment des pauses, une collation, une réduction du temps de travail, une semaine de cinq jours et des visites médicales.

  • Les ouvrières de la test room apprécient les relations avec les chefs, la liberté sans contrôle dur, les conversations et la solidarité entre collègues, qui deviennent amies.

  • De 1928 à 1930, 21 000 salariés sur 40 000 participent à des entretiens non directifs, confidentiels et d’une durée de 30 minutes à 1 h 30, conduits par un psychologue, un agent de maîtrise ou un cadre.

  • Gillespie publie en 1991 une réanalyse statistique des données de Hawthorne qui estime l’augmentation de productivité à 13 % sur deux ans.

Astuce mémo

Excès productivistes du taylorisme → absentéisme, rotation et accidents

11. Auteurs des relations humaines

★ À maîtriser

  • Pour Mayo, les individus observés sont motivés par le fait d’être considérés et de se sentir membres d’un groupe, davantage que par les conditions matérielles de travail.

  • Pour Mayo, la quantité de travail dépend de la capacité sociale et de l’intégration de l’individu plutôt que de sa seule capacité physique.

  • La théorie X de McGregor suppose que l’homme n’aime pas le travail et refuse les responsabilités, tandis que la théorie Y suppose qu’il peut être motivé par le travail et accepter ou rechercher des responsabilités.

  • La théorie X fonde une direction autoritaire et coercitive qui contrôle les personnes, tandis que la théorie Y fonde notamment la direction par objectifs, où le contrôle porte sur les résultats et laisse une marge de manœuvre au subordonné. - McGregor

  • Maslow hiérarchise les besoins en cinq niveaux :
    • Besoins physiologiques
    • Besoins de sécurité
    • Besoins sociaux d’appartenance et d’affection
    • Besoin d’estime et de reconnaissance
    • Besoin de développement et d’accomplissement personnel

📌 Herzberg distingue les facteurs d’hygiène, dont l’absence provoque l’insatisfaction sans créer à eux seuls la motivation, des facteurs motivants, qui sont une source réelle de motivation.

  • Kurt Lewin décrit trois types de leadership :
    • Leadership autoritaire : direction du groupe par des ordres
    • Leadership par laisser-faire : direction du groupe sans implication émotionnelle
    • Leadership démocratique : prise en compte des remarques et suggestions du groupe

📌 Likert constate que les directeurs peu performants se centrent sur la tâche et le contrôle, tandis que les directeurs performants cherchent à motiver leurs subordonnés en comprenant leurs valeurs personnelles.

Compléments

  • Elton Mayo (1880-1949), considéré comme le fondateur de l’école des relations humaines, fonde sa contribution sur les études menées à la Western Electric.

  • Pour Mayo, l’estime et les relations sociales sont des récompenses non financières qui jouent un rôle essentiel dans la motivation.

  • Pour Mayo, la spécialisation de l’organisation scientifique du travail n’est pas la forme la plus efficace d’organisation, car les employés réagissent comme membres d’un groupe doté de sa propre logique et de ses propres valeurs.

  • McGregor juge la théorie Y préférable, mais son analyse néglige l’influence des cultures nationales ou techniques sur l’attitude face au travail et au pouvoir.

📌 Selon Maslow, un individu n’est sensible aux besoins d’un niveau que si les niveaux précédents sont satisfaits.

  • Pour Herzberg, les conditions de travail et la rémunération contribuent à éviter le mécontentement, tandis que l’élargissement et l’enrichissement des tâches favorisent la satisfaction.

  • Lewin considère le leadership démocratique préférable dans les organisations, mais précise qu’il n’est pas possible au niveau de l’armée.

  • Likert propose les relations intégrées comme principe d’organisation : l’intégration des valeurs personnelles et le travail de groupe doivent favoriser l’efficacité.

Astuce mémo

McGregor oppose X, autoritaire, à Y, participative

12. Applications managériales de l’ERH

Notions clés & Définitions

  • Structure informelle : Organisation cachée, non créée consciemment par les chefs, qui influence le fonctionnement de l’entreprise.

★ À maîtriser

  • L’école des relations humaines considère que l’équilibre de l’individu dans le groupe, l’ambiance et le climat influencent le moral et l’efficacité des salariés et des cadres.

  • L’école des relations humaines recommande aux chefs d’écouter, d’informer et de prendre en compte les besoins et les initiatives de leurs collaborateurs.

Compléments

  • L’école des relations humaines considère que la vie globale d’une personne influence sa vie au travail et que l’entreprise doit se préoccuper de ses conditions de vie pour favoriser son implication.

  • La structure informelle est difficile à mettre en évidence en raison de son caractère non volontaire et apparaît plus facilement lors des pertes de contrôle de la structure formelle.

  • L’école des relations humaines considère la relation hiérarchique comme cruciale pour l’efficacité des subordonnés et souligne que le mépris d’un chef peut les empêcher de remplir leurs missions.

  • La formation des chefs au commandement comprend :

    • L’entraînement à donner des ordres
    • L’entraînement à écouter les collaborateurs
    • L’apprentissage des concepts psychologiques fondamentaux
    • La connaissance de la perception des chefs par les subordonnés, notamment par enquêtes ou entretiens
    • La formation à la discussion de groupe
  • La prise en compte de la vie globale des ouvriers peut passer par :

    • Des experts psychologiques et des assistantes sociales dans les établissements
    • Une garderie pour les enfants en bas âge
    • Des centres de vacances
    • Des loisirs culturels et sportifs
    • Des œuvres sociales
  • La conception de postes non taylorisés recommande :

    • D’élargir le travail
    • D’enrichir le travail
    • D’augmenter la polyvalence
    • De créer des équipes autonomes
    • De définir l’organisation avec les opérateurs, notamment par des cercles de qualité
  • L’école des relations humaines attribue les conflits à un manque ou à une mauvaise circulation de l’information et préconise d’améliorer l’information et sa présentation.

  • Pour améliorer l’information, l’école des relations humaines recommande :

    • Un journal d’entreprise
    • Des lieux de discussion informelle, comme une cafétéria ou une salle de repos
    • Des réunions d’information
  • L’école des relations humaines préconise un service fonctionnel de ressources humaines chargé de prendre en charge les problèmes concrets détectés par la théorie.

13. Organisation comme système ouvert

Notions clés & Définitions

  • Système ouvert : Système qui échange continuellement avec son environnement selon un cycle d’entrées, de transformation interne, de sorties et de rétroaction, échanges nécessaires à son maintien.
  • Homéostasie : Capacité d’un système à s’autoréguler et à maintenir un état stationnaire grâce à des mécanismes de rétroaction négative qui corrigent les écarts à la norme.
  • Équifinalité : Principe selon lequel un système ouvert peut atteindre un même état final par différents moyens, avec des points de départ et des ressources différents.
  • Analyse systémique : L’analyse systémique étudie les interactions entre des éléments liés et perd en pertinence si elle les décompose en unités isolées, contrairement à l’analyse analytique adaptée aux éléments simples et isolés.

★ À maîtriser

  • La métaphore de l’organisme conduit à analyser :
    • Les organisations comme des systèmes ouverts
    • Le processus d’adaptation de l’organisation à son environnement
    • Le cycle de vie d’une organisation
    • Les facteurs qui influencent la santé et le développement de l’organisation
    • Les différentes espèces d’organisation

📌 La métaphore de la machine met l’accent sur les rapports entre buts, structure et rendement, tandis que la métaphore de l’organisme attire l’attention sur la survie, les relations avec l’environnement et les préoccupations biologiques de l’organisation.

  • L’entreprise doit repérer les actifs générateurs de valeur, suivre leur évolution et reconfigurer en permanence ses ressources et ses liens avec les partenaires en fonction de l’environnement.

📌 La régulation par anticipation traite les perturbations de l’environnement avant qu’elles n’affectent le système, tandis que la régulation par alerte corrige des perturbations qui ont déjà affecté le fonctionnement interne.

Compléments

  • L’entreprise rassemble des actifs corporels, financiers, organisationnels, des clients et des fournisseurs, qui comprennent des actifs tangibles et intangibles.

  • Dans la coévolution de l’entreprise et de ses partenaires, les liens de collaboration sont reconfigurés selon l’environnement : plus celui-ci est turbulent, moins le nombre de liens est important, et inversement.

  • Jay Forrester décrit l’entreprise comme un système composé d’éléments hétérogènes, notamment les hommes, les machines et les actifs matériels ou immatériels, qui entretiennent de nombreuses relations.

  • Les variables d’entrée comprennent :

    • Les matières premières
    • La main-d’œuvre
    • Les informations sur la concurrence
  • Dans le modèle de l’entreprise-système, les variables de sortie comprennent les produits finis.

  • Dans le modèle de l’entreprise-système, les variables d’état renseignent sur le système et ses résultats, tandis que les variables de commande correspondent à des décisions telles que la formation ou le licenciement.

  • L’entreprise échange avec son environnement des hommes, des ressources matérielles et les résultats de son activité, notamment des revenus, des déchets et des produits.

  • La régulation par erreur compare les résultats aux objectifs, calcule les écarts, recherche leurs causes puis met en œuvre des modifications correctives.

Astuce mémo

Entrées → transformation → sorties → rétroaction

14. Approche sociotechnique et modèles organisationnels

Notions clés & Définitions

  • Approche sociotechnique : Analyse ensemble les systèmes social et technique et les combine afin d’améliorer l’efficacité de l’entreprise.

★ À maîtriser

  • Les décisions sociotechniques doivent tenir compte :

    • Des qualifications des personnes
    • Des attentes des personnes
    • Des sentiments des personnes
    • Des valeurs des personnes
    • Des équipements et des machines
    • Des procédés
    • Des horaires de travail
    • Des conditions de travail
  • L’approche sociotechnique recommande des groupes autonomes, l’enrichissement des tâches et l’amélioration des conditions de travail, avec un système technique adapté, pour améliorer l’efficience.

  • F. Emery formule six principes d’action sociotechniques : regrouper les postes en groupes de production responsables, développer la polyvalence et l’enrichissement des tâches, alléger volontairement les cycles de travail, intégrer des tâches complémentaires, développer l’autonomie des groupes et instaurer une rémunération composée d’un salaire fixe selon la qualification et d’une prime variable répartie également dans le groupe.

Compléments

📌 Le système technique privilégie le temps et le coût pour optimiser la gestion et la rentabilité, tandis que le système social prend en compte les dimensions humaines de l’organisation.

  • Dans les mines de charbon anglaises étudiées, une même technique de production s’accompagnait d’organisations différentes selon les puits, et les tentatives d’intensifier la codification et la division du travail réduisaient la productivité tout en augmentant l’absentéisme et la tension sociale.

  • Dans l’étude des mines, davantage de souplesse et d’autonomie ainsi qu’une meilleure adaptation à l’environnement s’accompagnaient d’une amélioration des facteurs de fonctionnement.

  • Le modèle classique de gestion par objectifs représente l’organisation comme un lieu de transformation des inputs en outputs et sert de fondement à la gestion par objectifs.

  • L’ajout de l’environnement au modèle systémique met en évidence que la planification en gestion par objectifs s’effectue dans le sens inverse de l’exécution, ce qui indique la primauté des besoins des clients.

  • Les représentations systémiques de l’organisation peuvent mettre l’accent sur l’individu, le groupe, l’organisation et l’environnement, puis sur les liens internes et environnementaux.

15. Technostructure et organisation

Notions clés & Définitions

  • Technostructure : Galbraith - Organisation formée par les personnes qui participent aux décisions collectives et apportent connaissances spécialisées, talent ou expérience à la direction de l’entreprise.
  • Centre opérationnel : Regroupe les opérateurs qui accomplissent le travail constituant la raison d’être de l’organisation.

Points essentiels

  • Selon Galbraith, la technostructure devient le cerveau directeur de l’entreprise à la place du groupe directorial étroit, dans le contexte de la croissance des grandes sociétés et de la séparation entre propriété du capital et direction.

  • En 1981, H. Mintzberg reprend le concept de technostructure de Galbraith pour élaborer une représentation de l’organisation comprenant cinq groupes.

16. Contingence interne, environnement et limites

Notions clés & Définitions

  • Différenciation : Lawrence et Lorsch - Degré de segmentation de l’organisation en sous-systèmes et degré de variation du comportement de leurs membres d’un segment à l’autre.
  • Intégration : Lawrence et Lorsch - Collaboration entre les unités d’une organisation.

★ À maîtriser

📌 Les petites organisations rencontrent surtout des problèmes de division du travail, tandis que les grandes doivent davantage coordonner leurs fonctions, décentraliser et harmoniser les décisions.

  • Selon Greiner, l’entreprise traverse cinq phases successives :

    • Création
    • Direction
    • Délégation
    • Coordination
    • Collaboration interpersonnelle
  • Selon Greiner, les cinq phases de croissance sont respectivement confrontées à une crise de leadership, d’autonomie, de contrôle, de bureaucratie, puis à une crise liée aux relations interpersonnelles.

📌 Burns et Stalker associent un environnement stable à une structure mécaniste, complexe, formalisée et centralisée, et un environnement dynamique à une structure organique, moins formalisée, aux responsabilités plus larges et aux communications latérales.

  • Selon Lawrence et Lorsch, des marchés plus diversifiés favorisent la division de l’organisation en unités spécialisées par marché, tandis qu’un degré élevé de différenciation appelle une intégration forte pour maintenir la coordination et la cohérence.

  • Selon Chandler, les choix stratégiques dépendent de l’état de l’environnement et des ressources disponibles, puis la stratégie détermine la structure de l’entreprise. - Chandler Alfred

  • Les théories de contingence sont critiquées parce qu’elles peuvent représenter de manière trop concrète les organisations et leur environnement, alors que ceux-ci sont en partie socialement construits par des visions, des idées, des normes et des croyances.

📌 Contrairement aux organismes naturels, les organisations et leurs membres peuvent agir sur leur environnement, coopérer entre organisations et contribuer à construire leur avenir.

Compléments

  • Le groupe d’Aston affirme que la taille croissante s’accompagne d’un découpage fonctionnel plus important, d’activités plus spécialisées et d’une formalisation accrue.

  • Le groupe d’Aston affirme que plus une organisation est âgée, plus les comportements y sont formalisés et le travail répétitif.

📌 La complexité technologique est associée à davantage de niveaux hiérarchiques, à une séparation plus nette entre administration et production, ainsi qu’à plus de communication écrite et de procédures de contrôle ; au-delà d’un certain degré de complexité, la relation étudiée s’inverse. - Woodward

  • Face à une demande imprévisible et à des approvisionnements incertains, l’organisation privilégie une coordination flexible fondée sur des ajustements mutuels et la mobilisation de compétences par projets. - Burns et Stalker

  • Dans le développement décrit par Chandler, l’entreprise se développe d’abord autour de son activité initiale et peut se diversifier, décentralise ensuite sa direction en adoptant une structure fonctionnelle, puis élargit sa gamme et ses marchés en adoptant une structure plus souple, par exemple matricielle ou organisée en centres autonomes. - Chandler Alfred

  • La métaphore de l’organisme risque de faire considérer l’unité et l’harmonie comme normales dans l’organisation, et les conflits ou intérêts politiques comme des anomalies.

17. Structures et stratégies de marché

Notions clés & Définitions

  • Marché pertinent : Regroupe les produits substituables du point de vue des consommateurs et tient compte des limites géographiques au sein desquelles ces produits sont accessibles.
  • Barrières à l’entrée : Obstacles qui ralentissent, limitent ou empêchent l’entrée de firmes extérieures sur un marché.
  • Marché contestable : Baumol, Panzar, Willig - Marché sur lequel la concurrence potentielle d’entreprises extérieures incite les firmes en place à adopter un comportement concurrentiel, quelle que soit la structure actuelle du marché.

★ À maîtriser

📌 La concurrence pure comprend de nombreuses firmes offrant un bien identique, chacune prend le prix de marché comme donné et choisit sa quantité, tandis qu’en oligopole peu de firmes importantes tiennent compte des réactions de leurs rivales.

  • En monopole, une seule firme est présente sur le marché et sa contrainte externe principale pour fixer son prix est la demande des consommateurs.
  • Le modèle structuraliste de l’école d’Harvard soutient que la structure du marché et l’environnement juridique et réglementaire influencent les stratégies des entreprises, lesquelles déterminent leur performance.

📌 L’école de Chicago, notamment à partir des travaux de Georges Stigler, affirme que les performances des entreprises expliquent la structure du marché, contrairement au modèle structuraliste qui fait dépendre la performance de la structure et des stratégies.

  • L’indice C4 mesure la concentration d’un marché par la part de marché cumulée des quatre principales firmes.

  • L’indice de Herfindahl-Hirschman (HHI) est la somme des carrés des parts de marché de toutes les firmes présentes sur le marché.

Compléments

  • La différenciation des produits par la qualité ou l’image peut fidéliser des consommateurs et permettre à une firme de pratiquer un prix supérieur à celui de ses concurrents.

  • L’école de la contestabilité, associée à Baumol, Panzar et Willig, explique le comportement concurrentiel des firmes par la menace d’entrée de concurrents potentiels et par les coûts d’entrée et de sortie, indépendamment de la structure actuelle du marché. - Baumol, Panzar, Willig

  • La nouvelle économie industrielle, apparue au début des années 1980 et associée à Jean Tirole, applique les méthodes de la théorie des jeux à l’analyse des structures de marché et des comportements non coopératifs.

  • Depuis 1982, les autorités antitrust américaines considèrent comme appartenant au même marché les biens dont l’élasticité-prix croisée de la demande est supérieure ou égale à 0,5.

  • La part de marché d’une firme est le rapport entre son chiffre d’affaires et le chiffre d’affaires de l’ensemble des firmes présentes sur le marché, exprimé en pourcentage.

  • Selon l’INSEE en 2001, les secteurs exploitant une situation de monopole naturel présentent des concentrations très élevées, avec un indice C4 supérieur à 85 %.

📌 Les barrières exogènes, dites naturelles ou technologiques, sont indépendantes du comportement des firmes en place, tandis que les barrières endogènes sont mises en place par ces firmes pour empêcher l’accès au marché.

Astuce mémo

Harvard : structure → stratégie → performance ; Chicago : performance → structure.

18. Marchés économiques et rationalité limitée

Notions clés & Définitions

  • Rationalité limitée : Simon - Prise de décision affectée par les limites de l’information et des capacités de calcul, qui empêchent l’individu de trouver nécessairement la solution optimale.
  • Rationalité procédurale : Simon - Considère comme rationnelles les procédures par lesquelles les individus parviennent à prendre une décision, ce qui permet d’analyser scientifiquement leur ordre de choix.

★ À maîtriser

📌 En concurrence, le prix de marché égale le coût marginal et tend à terme vers le minimum du coût moyen, les profits tendent vers zéro et le surplus des consommateurs est maximal.

  • Un monopoleur soumis à un prix uniforme peut restreindre son offre afin de maintenir un prix supérieur au coût moyen et obtenir un profit au détriment du surplus des consommateurs.

📌 La rationalité procédurale évalue la rationalité des procédures par lesquelles les individus prennent leurs décisions, plutôt que celle du seul résultat obtenu.

  • Pour une décision complexe ou inhabituelle, l’agent délibère et recherche des solutions alternatives jusqu’à trouver une solution satisfaisante correspondant à son niveau d’aspiration.

  • Selon Simon, les gains ne sont pas toujours comparables faute d’un étalon commun, leur perception peut varier selon les individus et les choix peuvent être contradictoires.

  • Face à un choix, les agents recherchent d’abord un sous-ensemble de solutions qui leur paraît satisfaisant, plutôt que le choix optimal.

📌 Le marché réduit les besoins d’information grâce au mécanisme des prix, mais ne fournit pas toutes les informations nécessaires à la décision et ne coordonne pas à lui seul toute l’activité économique.

Compléments

📌 En oligopole, un comportement non coopératif peut conduire à une forte rivalité et à des profits nuls ou à des profits positifs si les firmes se concurrencent sur les quantités, tandis qu’une entente de prix rapproche le résultat de celui d’un monopole.

  • La politique de concurrence vise à favoriser la compétition sur les prix, la qualité et l’innovation, et interdit notamment les stratégies de monopolisation forcée telles que l’acquisition de fournisseurs, les contrats exclusifs et la prédation.

📌 Simon distingue les décisions programmées, habituelles, routinières et répétitives, des décisions non programmées, non structurées et importantes pour la vie de l’entreprise.

  • Simon distingue des rationalités objective, subjective, consciente, intentionnelle, organisationnelle et personnelle selon les critères de connaissance, de conscience, d’intention et de finalité mobilisés dans la décision.

  • Face à un stimulus donné, une action peut être automatique, comme manger sans réfléchir à ce que l’on mange.

  • Le mécanisme des prix peut être utilisé dans une organisation sans être lié au marché.

Astuce mémo

Action automatique face au stimulus, délibération face au choix complexe

19. Invention et capacités cognitives

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme : Simon - Lieu où les informations sont activées et traitées, et sa capacité est limitée.
  • Mémoire à long terme : Simon - Stocke des informations classées par thèmes, avec un index et des liens permettant de les associer.

Points essentiels

📌 Selon Simon, les procédures d’apprentissage et celles de résolution de problèmes éclairent les procédures d’invention, car les individus apprennent à faire des choses nouvelles en mobilisant leurs connaissances et l’aide de leur environnement.

  • La compétence individuelle dépend de la quantité d’informations en mémoire à long terme et surtout de la capacité à sélectionner en mémoire à court terme les informations pertinentes pour l’objectif fixé. - Simon

Astuce mémo

Mémoire à long terme stocke, mémoire à court terme traite

20. Organisation et décision collective

Notions clés & Définitions

  • Docilité : Tendance à adopter les conduites approuvées socialement et à réfréner celles qui sont désapprouvées.

★ À maîtriser

  • L’organisation rationalise la production en formalisant des procédures routinières, en divisant les buts généraux en sous-buts opérationnels et en répartissant les décisions entre plusieurs acteurs.

  • La division des décisions entre services permet la spécialisation et la cohérence des sous-décisions grâce à la relation d’autorité.

  • L’autorité organisationnelle s’appuie sur la docilité des individus, les systèmes de sanctions et de récompenses, ainsi que la loyauté.

Compléments

  • Le fractionnement de la décision entre plusieurs acteurs dissémine les risques d’erreur, et les relations entre services peuvent faciliter leur correction.

  • La loyauté du salarié peut consister à intégrer les objectifs de l’entreprise, tandis que la docilité liée à l’apprentissage n’est acceptable que si elle améliore la position de l’individu par rapport à son environnement.

21. Coalitions, parties prenantes et arbitrage organisationnel

★ À maîtriser

📌 Cyert et March conçoivent l’entreprise comme un ensemble de coalitions aux intérêts contradictoires, plutôt que comme une unité de production dotée d’objectifs propres.

  • Selon Cyert et March, les individus forment des groupes ou sous-groupes, marchandent leur contribution à la richesse de l’organisation et peuvent former des coalitions dominantes qui influencent temporairement ses objectifs.

  • Nelson et Winter considèrent les routines comme des gènes transmissibles qui, en s’accumulant comme actifs spécifiques, déterminent la trajectoire de la firme.

  • Les parties prenantes externes citées sont :

    • les clients
    • les fournisseurs et sous-traitants
    • les riverains d’un site
    • les ONG
    • les concurrents
  • Selon Cyert et March, la décision résulte de compromis entre coalitions et le dirigeant arbitre entre les intérêts divergents des parties prenantes.

Compléments

  • La décision organisationnelle dépend de (Cyert et March) :

    • l’identification du problème
    • la collecte des informations
    • le poids des coalitions
    • l’intégration des leçons du passé
  • Pour Nelson et Winter, l’évolution de l’organisation est endogène et soumise à des contraintes de sentier, plutôt qu’aléatoire.

  • Les parties prenantes internes citées sont :

    • les dirigeants
    • les actionnaires
    • les salariés

22. Coûts de transaction et gouvernance

Notions clés & Définitions

  • Coût de transaction : Coût lié à un échange économique sur le marché, qui peut être direct, comme une commission, ou indirect, comme la prospection, la négociation et la vérification.
  • Actif spécifique : Actif matériel ou humain mobilisé par un investissement durable peu ou pas redéployable dans une autre transaction.

★ À maîtriser

  • Ronald Coase explique dans The Nature of the Firm (1937) que les coûts associés au système des prix favorisent l’émergence des firmes, qui contribuent à réduire les coûts de transaction.

  • La théorie des coûts de transaction de Williamson suppose une rationalité limitée et la possibilité de comportements opportunistes des agents.

📌 Williamson distingue le marché, la hiérarchie correspondant à l’entreprise et des formes hybrides telles que la sous-traitance, la concession et les réseaux.

Compléments

  • Dans le modèle présenté, le coût marginal du recours au marché est constant, tandis que le coût marginal d’organisation interne est croissant.
  • Les formes hybrides sont préférables lorsque la spécificité des actifs est intermédiaire, ni trop grande ni trop faible.

  • Les trois formes de coopération citées sont :

    • les relations contractuelles à long terme
    • les alliances
    • la franchise
  • Les relations contractuelles de long terme peuvent limiter l’opportunisme en rendant les gains mutuels futurs supérieurs au bénéfice immédiat d’un comportement opportuniste.

  • La franchise procure à la firme mère des économies d’échelle en marketing, promotion et recherche-développement, tandis que le distributeur bénéficie d’un risque commercial réduit et de procédures spécifiées.

  • Nicolas de Condorcet énonce le paradoxe de Condorcet en 1785 dans son ouvrage Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix.

  • Dans l’exemple du paradoxe de Condorcet, les préférences majoritaires peuvent produire un cycle de vote qui ne reflète pas une opinion générale cohérente.

  • Kenneth Arrow soutient que, sous ses hypothèses, aucun système ne garantit la cohérence du choix social sauf si la fonction de choix social coïncide avec les choix d’un seul individu.

Astuce mémo

Marché, formes hybrides, hiérarchie : trois modes de coordination

23. Propriété et relation d’agence

Notions clés & Définitions

  • Relation d’agence : Contrat par lequel un principal engage un agent pour agir en son nom et lui délègue un droit de décision.

★ À maîtriser

📌 Berle et Means décrivent une dissociation entre propriété des actionnaires et pouvoir de décision des dirigeants dans les grandes firmes modernes. - Berle & Means

  • Les actionnaires visent la maximisation du profit, tandis que les managers peuvent privilégier le chiffre d’affaires, le pouvoir, le prestige et la sécurité de leur position.

  • Les coûts d’agence comprennent : les dépenses de surveillance et d’incitation supportées par le principal, les dépenses d’obligation supportées par l’agent, la perte résiduelle liée au désalignement des intérêts

📌 L’asymétrie d’information ex ante porte sur les compétences du candidat avant l’embauche, tandis que l’asymétrie ex post porte sur son effort au poste de travail.

Compléments

  • William Baumol avance que les dirigeants tendent à maximiser la valeur des ventes plutôt que le profit.

  • Dans le modèle de Baumol, la maximisation des recettes est soumise à un profit minimum nécessaire au versement de dividendes suffisants et à la survie de l’entreprise. - William Baumol

  • Dans l’exemple de recrutement, la productivité espérée d’un candidat choisi au hasard est de 29 € par heure, avec 30 % de chances de productivité de 50 € par heure et 70 % de chances de productivité de 20 € par heure.

  • Les solutions aux problèmes d’agence mentionnées comprennent :

    • le contrôle
    • les incitations
    • la concentration de la propriété
    • les conseils d’administration
    • les rémunérations incitatives
    • les structures multidivisionnelles
    • un marché financier efficace
  • Pour limiter le comportement de passager clandestin dans une équipe, un membre peut devenir le contrôleur des autres, mais le contrôle du contrôleur reste à résoudre.

  • Les solutions aux asymétries ex post citées sont :

    • les rémunérations incitatives
    • le contrôle
    • l’intégration, notamment le travail pour soi
  • Les comportements opportunistes précontractuels cités comprennent la surestimation des compétences par les candidats, la dissimulation des difficultés ou de la mauvaise qualité par les fournisseurs, la sous-estimation du risque par les demandeurs d’assurance et des capacités de remboursement par les demandeurs de délais ou de capitaux.

Astuce mémo

Principal délègue la décision à l’agent, mais leurs intérêts divergent

Tableaux de synthèse

Principes des systèmes ouverts

NotionPrincipeEffet
HoméostasieRétroaction négative corrigeant les écartsMaintien d’un état stationnaire
ÉquifinalitéDifférents moyens et points de départAtteinte d’un même état final
Système ouvertÉchanges continus avec l’environnementEntrées, transformations, sorties et rétroactions

Sens de la relation structure-performance

CourantRelation avancée
École d’HarvardStructure du marché → stratégies → performance
École de ChicagoPerformance des firmes → structure du marché
École de la contestabilitéMenace d’entrée → comportement concurrentiel

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Relations humaines et approche systémique avec 84 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Une association coordonne les activités de ses membres pour répondre à un besoin commun et atteindre un objectif. Quelle définition correspond à cette situation ?

2. Pourquoi étudie-t-on plusieurs théories des organisations plutôt qu’une théorie unique ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Relations humaines et approche systémique avec 96 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’une organisation ?

Un système social créé par des individus pour satisfaire des besoins et atteindre des buts grâce à des actions coordonnées.

Pourquoi le cours étudie-t-il plusieurs théories des organisations ?

Il n’existe pas de corps théorique assez unifié pour former une théorie unique des organisations.

Quelles sont les six fonctions de l’entreprise selon Henri Fayol ?

Les fonctions technique, commerciale, de sécurité, comptable, financière et administrative.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches