Fiche de révision : Structures et organisations de l’entreprise

Plan du Cours

  1. Origines et croissance des entreprises
  2. Théories de la firme et gouvernance
  3. RSE et intérêt général
  4. Management et structures organisationnelles
  5. Technologie et systèmes de production
  6. Structures types de l’entreprise
  7. Évolution et changement structurel
  8. Configurations flexibles et Mintzberg
  9. Réseaux, externalisation et management
  10. Sociologie du travail et taylorisme
  11. Fordisme, motivation et nouvelles organisations
  12. Théories X et Y du management
  13. Firmes A et J après le fordisme
  14. Bureaucratie et dysfonctionnements
  15. Analyse stratégique des organisations
  16. Conventions, traduction et entreprise
  17. Identité et culture d’entreprise
  18. Les quatre identités salariales

Repères chronologiques

  1. 1867Une loi facilite la création des sociétés anonymes.
  2. 1960Douglas McGregor publie La dimension humaine de l’entreprise
  3. années 1980La mondialisation et l’instabilité de la demande conduisent les entreprises occidentales à remettre en cause l’organisation taylorienne
  4. 1986Ulrich Beck publie La société du risque et analyse la prise de conscience des risques menaçant la survie humaine.
  5. 2021La loi Climat et Résilience impose notamment la réduction des émissions de gaz à effet de serre et crée un délit d’écocide.

1. Origines et croissance des entreprises

Notions clés & Définitions

  • Entreprise : Unité juridiquement indépendante de production de biens et de services dont l’objectif est de produire, vendre et réaliser un profit.
  • Gouvernance : Manière de gouverner l’entreprise.

★ À maîtriser

📌 La croissance interne repose sur le recrutement de salariés et l’investissement, tandis que la croissance externe repose sur des fusions ou des acquisitions.

Compléments

  • La manufacture utilise peu de machines et repose principalement sur le travail manuel.

  • La croissance externe peut prendre trois formes:

    • horizontale
    • verticale
    • conglomérale

Astuce mémo

Petite entreprise → concentration → croissance interne ou externe

2. Théories de la firme et gouvernance

Notions clés & Définitions

  • Entrepreneur : JB. Say — Selon Jean-Baptiste Say en 1803, l’entrepreneur combine les facteurs de production en achetant notamment les services des travailleurs.
  • Coûts de transaction : Les coûts de transaction regroupent les coûts de recherche et d’information, de négociation et de décision, ainsi que de surveillance et de contrôle du respect des contrats.
  • Rationalité limitée : Herbert Simon — La rationalité limitée signifie que les agents ne disposent pas de toutes les informations nécessaires pour prévoir toutes les éventualités et rédiger des contrats complets.
  • Actif spécifique : Un actif est spécifique lorsqu’il nécessite un investissement durable difficilement redéployable vers une autre activité.

★ À maîtriser

  • Herbert Simon distingue la rationalité procédurale, qui conduit le décideur à retenir une solution satisfaisante, de la rationalité substantielle, qui recherche la solution optimale.

  • Selon Coase, l’entreprise existe lorsque la coordination administrative par la firme est plus avantageuse que la coordination par les prix du marché. — R.Coase, the nature of the firm, 1937

  • La taille optimale de l’entreprise est atteinte lorsque le coût marginal d’organisation interne est égal au coût marginal de transaction sur le marché.

  • La sélection adverse est un opportunisme ex ante lié aux caractéristiques cachées, tandis que l’aléa moral est un opportunisme ex post lié aux comportements cachés après le contrat.

  • Le contrat classique correspond à un échange marchand de court terme portant sur des produits standards, le contrat néoclassique à une relation hybride de long terme et incomplète, et le contrat de subordination aux relations hiérarchiques de la firme. — Oliver Williamson, Markets and Hierarchies, 1975

  • Dans une société anonyme, les actionnaires votent selon la règle « une action = une voix » et une résolution ordinaire est adoptée à la majorité des droits de vote exprimés, soit 50 % et une voix.

  • 🔄 La gouvernance d’une société anonyme suit cette chaîne: l’assemblée générale élit les administrateurs, le conseil d’administration contrôle et nomme la direction, le directeur général prend les décisions quotidiennes par délégation

Compléments

  • Williamson caractérise les transactions par (Oliver Williamson):

    • la spécificité des actifs
    • l’incertitude
    • la fréquence
  • Les formes hybrides comprennent notamment:

    • la sous-traitance
    • les franchises
    • les accords de partenariat
    • les réseaux de firmes

Astuce mémo

Marché par les prix, firme par la hiérarchie

3. RSE et intérêt général

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité sociétale des entreprises : Approche normative visant à promouvoir de meilleures pratiques et à contribuer à une société meilleure en prenant en compte les conséquences de l’activité de l’entreprise sur autrui.

★ À maîtriser

  • La pyramide de la responsabilité distingue quatre niveaux : responsabilité économique, responsabilité juridique, responsabilité éthique et responsabilité philanthropique.

📌 L’approche actionnariale limite la responsabilité de l’entreprise à ses actionnaires, tandis que l’approche des parties prenantes l’étend aux groupes pouvant affecter l’entreprise ou être affectés par elle.

📌 Le window dressing consiste à communiquer beaucoup sur une action environnementale limitée pour dissimuler des activités nuisibles, tandis que le greenwashing repose sur des messages environnementaux mensongers ou déconnectés de la réalité.

Compléments

  • La loi Pacte de 2019 permet à une entreprise de devenir une entreprise à mission ayant une raison d’être liée notamment à l’environnement et au bien-être humain.

Astuce mémo

Économique → juridique → éthique → philanthropique

4. Management et structures organisationnelles

Notions clés & Définitions

  • Structure simple : Organisée autour du dirigeant, qui assure la coordination, et adaptée aux petites entreprises.
  • Structure fonctionnelle : Répartition de l’organisation selon les fonctions essentielles de l’entreprise : marketing, production, finance et gestion des ressources humaines.

Points essentiels

  • Le management peut coordonner le travail par:
    • la standardisation des tâches
    • la standardisation des résultats
    • la standardisation des qualifications
    • l’ajustement mutuel

📌 La firme américaine de type fordiste repose sur une coordination verticale et hiérarchique, tandis que la firme japonaise développe une coordination plus horizontale, une flexibilité interne et la participation des salariés. — Masahiko Aoki, The cooperative game theory of the firm, 1984

  • Les facteurs de contingence comprennent:
    • le système technique
    • la taille de l’entreprise
    • l’histoire de l’entreprise
    • la branche
    • l’âge de l’entreprise
    • l’environnement de l’entreprise
    • la culture du pays

📌 Selon Joan Woodward, la production peut être unitaire ou en petits lots, en grande série ou continue, et ces systèmes sont associés à des organisations différentes. — Management and technology, 1958

Astuce mémo

Firme américaine verticale, firme japonaise plus horizontale

5. Technologie et systèmes de production

Notions clés & Définitions

  • Systèmes de production de Woodward : Management and technology, 1958 — Pour Joan Woodward, les similitudes des systèmes de production expliquent les similitudes organisationnelles des entreprises et la technologie détermine différentes formes d’organisation.

★ À maîtriser

  • Joan Woodward distingue trois systèmes industriels:
    • la production unitaire ou par petits lots
    • la production en grande série
    • la production continue

Compléments

  • La production en grande série peut être organisée en ateliers séparés ou sur des lignes d’assemblage de masse, tandis que la production continue concerne principalement la chimie et peut s’effectuer dans une usine polyvalente ou monovalente.

  • Les structures hybrides apparaissent notamment lorsque l’industrie automobile diversifie sa production en lots pour répondre à une demande de variété et de différenciation.

Astuce mémo

Unitaire → grande série → continu

6. Structures types de l’entreprise

Notions clés & Définitions

  • Structure simple : Organisée autour du dirigeant, elle convient aux petites entreprises et repose sur une coordination assurée directement par le chef d’entreprise.
  • Structure fonctionnelle : La structure fonctionnelle est organisée autour des fonctions essentielles de l’entreprise, notamment le marketing, la production, la finance et la gestion des ressources humaines.
  • Structure divisionnelle : A. Chandler — La structure divisionnelle, aussi appelée structure en M selon Alfred Chandler, est organisée par produits, marchés ou zones géographiques et décentralise davantage l’autorité.
  • Structure matricielle : La structure matricielle combine une organisation globale et une adaptation locale, ce qui la rend adaptée aux firmes internationalisées, mais elle peut provoquer des conflits entre deux hiérarchies.

Points essentiels

📌 La structure divisionnelle facilite l’adaptation au changement, mais chaque division doit disposer de ses propres fonctions, ce qui peut provoquer des déséconomies d’échelle.

  • Michelin dispose d’une structure composée de lignes de produits, de zones géographiques, de directions de groupe et de directions de performance, ce qui correspond à une organisation matricielle.

Astuce mémo

Fonctionnelle centralisée, divisionnelle décentralisée

7. Évolution et changement structurel

Notions clés & Définitions

  • Pouvoir bureaucratique : Le phénomène bureaucratique, 1964 — Pour Michel Crozier, dans les organisations bureaucratiques, le pouvoir appartient notamment aux acteurs qui contrôlent les zones d’incertitude grâce à leurs compétences spécifiques.

Points essentiels

  • 🔄 La conception déterministe décrit une évolution allant:

    1. de la structure entrepreneuriale
    2. à la structure fonctionnelle
    3. puis à la structure divisionnelle
    4. puis à la structure matricielle
    5. enfin à la structure en réseau
  • Les principaux facteurs d’évolution de la structure sont: le développement de l’entreprise, les innovations dans les TIC, la réorientation stratégique, l’évolution de l’environnement de l’entreprise

📌 L’approche déterministe explique le changement structurel par de fortes pressions qui surmontent l’inertie de l’entreprise, tandis que l’approche volontariste l’explique par les choix stratégiques des dirigeants.

  • Les résistances au changement proviennent notamment:
    • du poids de l’histoire et des routines
    • de la remise en cause des avantages acquis
    • de la peur d’un avenir imprévisible

Astuce mémo

Pressions ou stratégie → transformation de la structure

8. Configurations flexibles et Mintzberg

Notions clés & Définitions

  • Configurations de Mintzberg : Les structures et la dynamique des organisations, 1982 — Selon Henry Mintzberg, toute organisation peut être analysée comme un assemblage de six parties relativement invariantes échangeant différents flux d’information.
  • Structure informelle : La structure informelle correspond aux relations et aux échanges interpersonnels qui se superposent à la structure formelle et peuvent pallier ses lacunes.

★ À maîtriser

  • Les six parties de l’organisation sont (Henry Mintzberg, 1982):
    • le sommet stratégique
    • la ligne hiérarchique
    • le centre opérationnel
    • la technostructure
    • les fonctions de support logistique
    • l’idéologie

Compléments

📌 Une structure informelle peut réduire les niveaux hiérarchiques et aplatir la structure organisationnelle, car moins d’échelons facilitent la circulation de l’information.

Astuce mémo

Une organisation comme un assemblage de six pièces

9. Réseaux, externalisation et management

Notions clés & Définitions

  • Firme en J : The cooperative game theory of the firm, 1984 — Selon Masahiko Aoki, la firme japonaise en J repose sur une division du travail moins prescrite, la polyvalence, la rotation des tâches, l’autonomie et des flux d’information horizontaux et ascendants.
  • Lean management : J. P. Womack, Daniel T. Jones et D. Roos, Le système qui va changer le monde, 1992 — Le lean management consiste à faire participer les salariés à la lutte contre le gaspillage en supprimant les activités qui ne produisent pas de valeur ajoutée.
  • Entreprise libérée : Isaac Getz, 2017 — L’entreprise libérée cherche à réduire la prescription fine du travail et le contrôle hiérarchique afin de donner aux salariés davantage de confiance et d’autonomie.
  • Entreprise en réseau : L’entreprise en réseau rassemble des entreprises juridiquement et financièrement indépendantes qui mettent en commun leurs ressources par des relations contractuelles autour d’une entreprise pivot.
  • Externalisation : L’externalisation consiste à confier à d’autres organisations certaines activités de l’entreprise afin d’accroître la compétitivité, la qualité, les compétences ou la flexibilité.

Points essentiels

  • Les cinq zéros sont:
    • zéro délai
    • zéro défaut
    • zéro panne
    • zéro papier
    • zéro stock

Astuce mémo

Firme A rigide, firme J flexible

10. Sociologie du travail et taylorisme

Notions clés & Définitions

  • Modèle d’organisation : P. Veltz et P. Zarifian, 1993 — Pour Philippe Veltz et Philippe Zarifian, un modèle d’organisation est l’agencement des dimensions techniques, sociales et économiques d’un univers de production dans la construction des normes et des règles qui les définissent.
  • Bureaucratie : Économie et société, 1922 — Pour Max Weber, la bureaucratie est un mode d’organisation fondé sur des fonctions spécialisées, une hiérarchie stricte, des qualifications et des règles impersonnelles relevant d’une domination rationnelle-légale.

Points essentiels

  • Les modèles tayloriens reposent sur:
    • la parcellisation du travail
    • l’étude scientifique des gestes
    • une hiérarchie stricte
    • le contrôle managérial
    • la rémunération au rendement

📌 Le taylorisme cherche à augmenter l’efficacité et la productivité tout en retirant aux ouvriers qualifiés la maîtrise des méthodes et du rythme de leur travail.

📌 Le taylorisme organise une division verticale entre conception par les ingénieurs et exécution par les ouvriers, ainsi qu’une division horizontale parcellisant le travail en tâches élémentaires.

  • Dans l’entreprise taylorienne, le pouvoir est concentré au sommet de la hiérarchie, où dirigeants, ingénieurs et cadres conçoivent les méthodes tandis que les ouvriers exécutent les tâches prescrites.

Astuce mémo

Taylorisme prescrit, autonomie ouvrière

11. Fordisme, motivation et nouvelles organisations

Notions clés & Définitions

  • Croissance fordiste : La croissance fordiste associe organisation taylorienne du travail, gains de productivité, production et consommation de masse, partage accru de la valeur ajoutée en faveur des salaires et progrès technique.
  • Hiérarchie des besoins : Une théorie de la motivation, 1943 — Selon Abraham Maslow, les besoins humains comprennent les besoins physiologiques, de sécurité, d’appartenance et d’amour, d’estime et d’accomplissement de soi.

★ À maîtriser

  • Henry Ford applique le travail à la chaîne, standardise les produits et instaure en 1914 le five dollar days pour motiver les ouvriers soumis à un travail répétitif.

  • À partir de la fin des années 1960, le fordisme atteint ses limites en raison de la demande de variété et de qualité, de la concurrence mondiale, de l’absentéisme, des malfaçons et de la hausse des coûts de production.

📌 La théorie X de McGregor suppose que l’employé n’aime pas travailler et doit être contrôlé, tandis que la théorie Y suppose qu’il peut être autonome, responsable et créatif. — Douglas McGregor, La dimension humaine de l’entreprise, 1960

Compléments

📌 La théorie X peut créer un cercle vicieux de démotivation, de passivité et de renforcement du contrôle, tandis que la théorie Y peut créer un cercle vertueux de motivation, d’initiative et d’autonomie. — Douglas McGregor, La dimension humaine de l’entreprise, 1960

Astuce mémo

Travail en miettes → contestation → organisations plus flexibles

12. Théories X et Y du management

Points essentiels

📌 La théorie X postule que l’employé n’aime pas travailler, qu’il est improductif sans surveillance et qu’il ne travaille que sous la contrainte ou la menace.

📌 La théorie Y postule que l’employé aime travailler, qu’il a besoin d’autonomie et que sa créativité doit être libérée et suscitée.

  • La théorie X peut produire un cercle vicieux dans lequel le contrôle hiérarchique démotive les travailleurs, qui font le minimum et prennent peu d’initiatives, ce qui conduit à renforcer les règles et la hiérarchie.

  • La théorie Y peut produire un cercle vertueux dans lequel la confiance, l’autonomie et la responsabilité motivent les travailleurs, qui donnent davantage et prennent des initiatives, ce qui renforce encore la confiance et l’autonomie.

Astuce mémo

Théorie X = contrôle et contrainte ; théorie Y = confiance et autonomie

13. Firmes A et J après le fordisme

★ À maîtriser

  • La firme américaine de type A est rigide, centralisée, organisée par une division stricte du travail et une circulation verticale de l’information. — Misahiko Aoki, années 1980

  • La firme japonaise de type J est souple, décentralisée et organisée par la rotation des tâches, le travail en équipe et une circulation horizontale de l’information. — Misahiko Aoki, années 1980

  • Selon Misahiko Aoki, le modèle A est particulièrement efficace pour une production en grande série sur des marchés stables, tandis que le modèle J est plus efficient lorsque la demande est segmentée et les préférences des consommateurs diversifiées.

Compléments

  • La croissance post-fordiste s’explique notamment par:
    • La concurrence internationale accrue
    • La déstabilisation du rapport salarial fordiste
    • La montée du chômage de masse
    • Le ralentissement des gains de productivité
    • Le développement de l’épargne et de la financiarisation

Astuce mémo

Firme A verticale et rigide ; firme J horizontale et flexible

14. Bureaucratie et dysfonctionnements

Notions clés & Définitions

  • Bureaucratie : Max Weber, Economie et société, 1921 — Organisation rationnelle fondée sur la domination légale-rationnelle, dans laquelle les fonctions sont spécialisées, les agents recrutés selon leurs compétences et les règles appliquées sous le contrôle d’une hiérarchie.
  • Ritualisme bureaucratique : Robert Merton — Tendance des fonctionnaires à appliquer les règles comme des fins en soi, au point de ne plus pouvoir traiter correctement les cas particuliers.

★ À maîtriser

📌 Robert Merton distingue les fonctions manifestes, qui sont les effets attendus et souhaités des règles, les fonctions latentes, qui sont inattendues mais positives, et les dysfonctions, qui sont inattendues et négatives.

Compléments

  • Dans une agence locale pour l’emploi, le comptage des offres traitées et des entretiens devait augmenter la productivité, mais il a raccourci les entretiens et accru le nombre de personnes repartant sans emploi, tout en réduisant la discrimination ethnique par le traitement uniforme des dossiers. — Peter Blau, fin des années 1940

Astuce mémo

Règles impersonnelles → centralisation → incertitudes → pouvoirs parallèles

15. Analyse stratégique des organisations

Notions clés & Définitions

  • Stratégie : Michel Crozier et Erhard Friedberg, L’acteur et le système, 1977 — Action par laquelle un acteur utilise ses marges de liberté pour atteindre des objectifs multiples, ambigus ou contradictoires, de manière offensive ou défensive.
  • Pouvoir : Robert Dahl, 1957 — Capacité d’un individu A à obtenir d’un individu B un comportement que B n’aurait pas effectué sans l’intervention de A, et constitue une relation plutôt qu’un attribut individuel.
  • Système d’action concret : Michel Crozier et Erhard Friedberg, L’acteur et le système, 1977 — Cadre spécifique formé par les règles organisationnelles, les stratégies des acteurs et les relations de pouvoir, que les actions peuvent faire évoluer par apprentissage collectif.

★ À maîtriser

  • 🔄 Le cercle vicieux bureaucratique suit cette chaîne (Michel Crozier, 1963):

    1. Impersonnalité des règles
    2. Centralisation des décisions
    3. Manque de communication et conflits hiérarchiques
    4. Développement de pouvoirs parallèles
  • Le pouvoir peut s’appuyer sur quatre sources (Michel Crozier et Erhard Friedberg, 1977):

    • La compétence
    • La maîtrise des relations avec l’environnement
    • La maîtrise de l’information
    • La maîtrise des règles de fonctionnement

Compléments

  • À la Seita, les ouvriers d’entretien détenaient un pouvoir supérieur à celui que leur attribuait la hiérarchie formelle parce qu’ils contrôlaient l’incertitude liée au fonctionnement de machines vétustes et capricieuses. — Michel Crozier, Le phénomène bureaucratique, 1963

Astuce mémo

Une organisation comme un jeu où chaque acteur protège ses zones d’incertitude

16. Conventions, traduction et entreprise

Notions clés & Définitions

  • Convention : Robert Salais, Économie des conventions, 1989 — Système d’attentes réciproques sur les compétences et les comportements, partagé comme allant de soi et permettant de coordonner des intérêts contradictoires.

★ À maîtriser

  • Les six cités sont (L. Boltanski et L. Thévenot):
    • La cité inspirée
    • La cité domestique
    • La cité du renom
    • La cité civique
    • La cité marchande
    • La cité industrielle

📌 La théorie de la traduction s’oppose au modèle linéaire de diffusion de l’innovation, car un projet n’est adopté que s’il est traduit en enjeu pertinent par les stratégies des récepteurs. — Bruno Latour et Michel Callon

Compléments

  • Les compromis peuvent prendre la forme de:

    • Accords d’entreprise
    • Conventions collectives
    • Négociation contractuelle
    • Concessions
    • Politique sociale
    • Réunions paritaires
  • Dans l’exemple des coquilles Saint-Jacques, les chercheurs, pêcheurs, pouvoirs publics, consommateurs et coquilles sont reliés par un point de passage obligé, un dispositif d’intéressement et l’attribution de rôles dans un réseau commun.

Astuce mémo

Justifier → négocier → traduire → coordonner

17. Identité et culture d’entreprise

Notions clés & Définitions

  • Organisation : H. Mintzberg, Les Organisations. État des savoirs, 2016 — Ensemble de personnes entreprenant une action collective pour réaliser une action commune.
  • Identité au travail : Renaud Sainsaulieu, L’identité au travail, 1977 — Construction individuelle issue des interactions professionnelles et de l’accès aux sources de pouvoir dans l’entreprise, qui constitue un lieu de socialisation secondaire.
  • Culture d’entreprise : Ensemble des valeurs, normes et pratiques sociales propres à une entreprise, influencées par les valeurs de la société.

★ À maîtriser

  • Les quatre idéaux-types sont (Renaud Sainsaulieu, 1977):
    • L’identité fusionnelle
    • L’identité de négociation
    • L’identité par affinité
    • Le modèle de retrait

Compléments

  • Les sept configurations sont (H. Mintzberg, 1982):
    • Entrepreneuriale
    • Mécaniste
    • Professionnelle
    • Divisionnalisée
    • Adhocratique
    • Missionnaire
    • Politique

📌 Les chartes de culture d’entreprise servent à la fois la communication externe, en valorisant l’image de l’entreprise, et la communication interne, en suscitant l’adhésion des salariés à ses objectifs.

18. Les quatre identités salariales

Notions clés & Définitions

  • Identité fusionnelle : Caractérise des travailleurs disposant de peu de pouvoir de négociation, avec une forte solidarité horizontale et une identification verticale au leader syndical.
  • Identité de négociation : Caractérise des travailleurs dotés d’un pouvoir de négociation très fort, dont l’identité individuelle valorise les différences de sensibilité et d’opinion et dont les relations mêlent amitié, rivalité et alliance.
  • Modèle de retrait : Concerne des travailleurs mal intégrés à l’organisation, pour lesquels le travail ne porte pas l’identité individuelle et dont l’identité se construit en dehors du travail.
  • Culture d’entreprise : Ensemble des valeurs, normes et pratiques sociales propres qu’une entreprise génère comme groupe social.
  • Identité par affinité : Concerne des travailleurs disposant d’un pouvoir de négociation intermédiaire, connaissant ou anticipant une mobilité ascendante, et formant un groupe peu solidaire fondé sur quelques relations d’affinité à objectifs professionnels.

★ À maîtriser

📌 Le modèle fusionnel se caractérise par une forte cohésion horizontale, mais cette cohésion peut favoriser la résistance aux changements impulsés par les managers.

  • Les chartes de culture d’entreprise poursuivent un double objectif : valoriser l’image de l’entreprise par la communication externe et susciter l’adhésion des salariés aux objectifs de l’entreprise par la communication interne.

  • Maryse Tripier montre dans Culture ouvrière et culture d’entreprise, publié en 1986, que la culture d’entreprise peut entrer en conflit avec des identités préexistantes comme la famille, la région, la religion ou le syndicat.

📌 Selon Renaud Sainsaulieu, l’hypothèse d’une culture d’entreprise partagée unanimement est contestable, car les organisations sont culturellement hétérogènes et traversées par des conflits internes et des micro-cultures professionnelles.

  • Dans La logique de l’honneur, publié en 1989, Philippe d’Iribarne compare trois usines d’une même firme multinationale en France, aux Pays-Bas et aux États-Unis et montre que l’histoire culturelle de chaque pays influence les relations internes aux organisations.

  • En France, la logique de l’honneur impose au salarié de respecter les normes liées à son statut, qui définissent le « bon boulot » et ses « baronnies », tandis que la hiérarchie doit préserver l’honneur des groupes lors des changements de division du travail.

  • Aux États-Unis, la logique du contrat privilégie le respect des normes formelles, l’évaluation de chacun selon sa contribution aux objectifs et des relations hiérarchiques conçues comme des échanges contractuels de services.

  • Aux Pays-Bas, la logique de consensus repose sur la coopération de tous dans le respect des prérogatives de chacun, avec des décisions prises après concertation et consensus.

📌 Selon Philippe d’Iribarne, une entreprise doit prendre en compte la culture nationale pour être efficace, même si son analyse est critiquée pour la faible représentativité de son échantillon et le mélange d’analyse positive et normative.

Compléments

  • Dans Les cheminots, publié en 1984, Georges Ribeill montre à la SNCF que l’identité au travail repose sur l’expérience partagée du travail, le recrutement familial et le regroupement des salariés par la politique de logement.

  • À la SNCF, les éléments extérieurs de l’identité au travail ont contribué à d’importantes résistances aux changements, notamment ceux introduits par la mise en place du TGV.

Astuce mémo

Peu de pouvoir : fusion ; fort pouvoir : négociation ; pouvoir intermédiaire : affinité ; intégration faible : retrait

Tableaux de synthèse

Formes de gouvernance et contrats

StructureContratCaractéristique
MarchéContrat classiqueÉchange de court terme portant sur des produits standards
Forme hybrideContrat néoclassiqueRelation de long terme et contrat incomplet
FirmeContrat de subordinationRelation hiérarchique interne

Comparaison des structures types

StructureOrganisationAtoutLimite
FonctionnelleFonctions essentiellesEfficace pour une production standardiséePeu adaptée à la diversification
DivisionnelleProduits, marchés ou zonesAdaptation et décentralisationDéséconomies d’échelle
MatricielleProduits et zones géographiquesVision globale et adaptation localeConflits entre hiérarchies

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Structures et organisations de l’entreprise avec 64 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle caractéristique définit juridiquement une entreprise ?

2. Une entreprise recrute des salariés et investit dans de nouveaux équipements pour augmenter sa production sans racheter une autre entreprise. De quel type de croissance s’agit-il ?

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Révisez avec les flashcards

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Qu'est-ce qu'une entreprise ?

Une unité juridiquement indépendante produisant biens et services pour réaliser un profit.

Sur quoi repose principalement la manufacture ?

Sur le travail manuel.

Que désigne la gouvernance d'une entreprise ?

La manière de gouverner l'entreprise.

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