QCM : Théories de la traduction (18 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle est la différence entre l’objet du cours et l’exercice pratique de traduction déjà travaillé en formation ?

Le cours examine l’acte de traduire et sa logique, tandis que l’exercice pratique consiste à produire des traductions.
Le cours compare les langues et leurs grammaires, tandis que l’exercice pratique étudie les normes sociales.
Le cours étudie les textes sources, tandis que l’exercice pratique détermine leur place dans l’histoire littéraire.
Le cours évalue les traductions publiées, tandis que l’exercice pratique analyse les choix politiques du traducteur.

Le cours examine l’acte de traduire et sa logique, tandis que l’exercice pratique consiste à produire des traductions.

Explication

Le cours prend pour objet l’acte de traduire et la logique qui le gouverne, plutôt que l’entraînement pratique à traduire. L’analyse des traductions publiées peut soulever des questions critiques, mais elle ne définit pas cette distinction entre le cours et l’exercice pratique.

2. Une analyse critique de la traduction s’interroge sur la fidélité, la réécriture et la politique : quel autre enjeu appartient à ces questions directrices ?

Le rapport entre le texte source et le texte cible.
La classification des œuvres selon leur genre littéraire.
La datation des langues à partir de leurs premières attestations.
La mesure de la difficulté grammaticale d’un texte source.

Le rapport entre le texte source et le texte cible.

Explication

Le rapport entre source et cible fait partie des questions directrices de l’analyse critique de la traduction. La difficulté grammaticale peut intervenir dans une réflexion sur un cas précis, mais elle ne correspond pas à l’enjeu général visé ici.

3. Quand on compare plusieurs traductions d’une même œuvre réalisées à des époques différentes, quel changement est le plus attendu ?

Les traductions évoluent avec les époques et les normes sociales, alors que le texte source reste relativement fixe.
Le texte source et les traductions changent au même rythme sous l’effet des transformations sociales.
Les traductions restent stables, tandis que le texte source est régulièrement réécrit selon les époques.
Le texte source évolue avec les normes sociales, alors que les traductions conservent une forme relativement fixe.

Les traductions évoluent avec les époques et les normes sociales, alors que le texte source reste relativement fixe.

Explication

Les traductions varient avec les époques et les normes sociales, alors que le texte source demeure grosso modo fixe. L’idée que le texte source se transforme au même rythme que ses traductions inverse la distinction centrale.

4. Une œuvre a déjà reçu une première traduction ; comment nomme-t-on une nouvelle traduction réalisée par la suite ?

Une adaptation, c’est-à-dire toute réécriture qui modifie le genre de l’œuvre.
Une édition critique, c’est-à-dire toute publication accompagnée de commentaires.
Une révision, c’est-à-dire toute correction apportée par le premier traducteur.
Une retraduction, c’est-à-dire toute traduction postérieure à la première.

Une retraduction, c’est-à-dire toute traduction postérieure à la première.

Explication

La retraduction désigne toute traduction réalisée après la première traduction d’une œuvre. Une révision peut corriger une traduction existante, mais elle ne définit pas la catégorie de toute nouvelle traduction postérieure.

5. Pourquoi Antoine Berman explique-t-il que les traductions vieillissent ?

Elles correspondent à un état de la langue, de la littérature et de la culture qui peut ensuite ne plus convenir.
Elles deviennent obsolètes parce que les langues d’arrivée changent plus vite que les langues d’origine.
Elles perdent leur valeur lorsque les lecteurs cessent de reconnaître le traducteur comme auteur de l’œuvre.
Elles s’éloignent progressivement du texte source à mesure que celui-ci se transforme dans la culture d’origine.

Elles correspondent à un état de la langue, de la littérature et de la culture qui peut ensuite ne plus convenir.

Explication

Pour Berman, une traduction reflète un état donné de la langue, de la littérature et de la culture, auquel elle peut ensuite ne plus répondre. Cela ne signifie pas que le texte source se transforme parallèlement et entraîne mécaniquement l’obsolescence de la traduction.

6. Dans la réflexion d’Antoine Berman, quelle conséquence découle du vieillissement des traductions et de l’impossibilité d’en consacrer une comme traduction définitive ?

La traduction définitive devient possible dès qu’elle s’accorde aux normes de son époque.
La retraduction répond à leur caducité et à l’inachèvement de l’acte de traduire.
La retraduction sert principalement à rétablir un texte source devenu instable.
La première traduction acquiert une autorité durable lorsque les suivantes vieillissent.

La retraduction répond à leur caducité et à l’inachèvement de l’acte de traduire.

Explication

Berman présente la retraduction comme nécessaire parce que les traductions vieillissent et qu’aucune ne peut être « la » traduction définitive ; traduire relève ainsi de la caducité et de l’inachèvement. La conformité d’une traduction aux normes de son époque explique son ancrage historique, mais ne lui confère pas un statut définitif.

7. Un traducteur rencontre à la fois une difficulté liée à l’ensemble du passage entre deux langues et un jeu de mots propre à la langue d’origine : comment distinguer ces deux formes d’intraduisibilité ?

La première concerne les écarts entre deux cultures ; la seconde désigne les changements historiques du texte source.
La première concerne la fidélité au texte entier ; la seconde désigne la variation des normes sociales dans les traductions.
La première concerne l’impossibilité d’une traduction parfaite de l’œuvre entière ; la seconde porte sur des éléments particuliers d’une langue.
La première concerne des éléments particuliers d’une langue ; la seconde désigne l’impossibilité de traduire parfaitement l’œuvre entière.

La première concerne l’impossibilité d’une traduction parfaite de l’œuvre entière ; la seconde porte sur des éléments particuliers d’une langue.

Explication

L’intraduisibilité peut être globale, lorsqu’aucune traduction parfaite de l’ensemble de l’œuvre n’est possible, ou locale, lorsqu’elle touche certains éléments propres à une langue. La réponse qui attribue les éléments particuliers à la forme globale inverse cette distinction.

8. Comment Barbara Cassin caractérise-t-elle les intraduisibles ?

Comme les mots qu’on écarte du travail de traduction parce qu’ils n’ont pas d’équivalent.
Comme ce qu’on continue à traduire, tout en rencontrant de nouveau des difficultés de traduction.
Comme les passages dont une traduction littérale restitue entièrement le sens.
Comme les concepts qu’une langue exprime avec davantage de précision que les autres.

Comme ce qu’on continue à traduire, tout en rencontrant de nouveau des difficultés de traduction.

Explication

Pour Cassin, les intraduisibles ne sont pas simplement des éléments qu’on ne traduit pas : ce sont ceux qu’on ne cesse pas de (ne pas) traduire. Les définir comme des mots écartés de la traduction réduit à tort l’intraduisible à une absence de tentative.

9. Dans l’analyse des intraduisibles, que compare-t-on afin d’étudier les rapports entre langue, pensée, histoire et géographie des cultures ?

Des réseaux terminologiques et leurs distorsions entre les langues.
Des équivalents lexicaux et leur fréquence dans les textes traduits.
Des œuvres littéraires et leur classement selon les cultures nationales.
Des règles grammaticales isolées et leur stabilité dans chaque langue.

Des réseaux terminologiques et leurs distorsions entre les langues.

Explication

L’analyse compare des réseaux terminologiques et leurs distorsions, en interrogeant leurs liens avec la langue, la pensée, l’histoire et la géographie des cultures. Une comparaison de règles grammaticales isolées ne rend pas compte de cette approche centrée sur les réseaux conceptuels.

10. Un terme paraît facile à remplacer par un mot de la langue cible, mais la traduction perd plusieurs nuances associées à ce terme : où se situe probablement l’intraduisible ?

Dans l’absence d’un équivalent lexical isolé dans la langue cible.
Dans l’impossibilité de transposer les sons du mot sans modifier sa prononciation.
Dans la différence de longueur entre le mot source et son équivalent traduit.
Dans les connotations et le spectre sémantique et conceptuel du mot.

Dans les connotations et le spectre sémantique et conceptuel du mot.

Explication

L’intraduisible relève souvent des connotations et du spectre sémantique et conceptuel, plutôt que du mot isolé lui-même. L’absence d’un équivalent lexical exact peut sembler plausible, mais elle ne suffit pas à expliquer la difficulté décrite, qui tient ici aux nuances associées au terme.

11. Un traducteur adapte certaines formulations pour que le texte soit plus accessible aux lecteurs de la langue cible. Quelle distinction cette décision met-elle en évidence ?

La fidélité au lecteur cible consiste à reproduire la structure grammaticale source.
La fidélité au texte source et la fidélité au lecteur cible peuvent diverger.
La fidélité au lecteur cible exige de conserver chaque formulation du texte source.
La fidélité au texte source dépend du maintien des références culturelles d’origine.

La fidélité au texte source et la fidélité au lecteur cible peuvent diverger.

Explication

Une traduction peut s’éloigner du texte source pour mieux fonctionner auprès du lecteur cible, ce qui montre que les deux fidélités ne coïncident pas nécessairement. Conserver chaque formulation du texte source relève plutôt d’une priorité accordée à la lettre, et non d’une exigence de fidélité au lecteur.

12. Quel procédé verbal est à l’œuvre dans l’adage « traduttore traditore » ?

Une métaphore qui assimile le traducteur à un auteur secondaire.
Une paronomase qui rapproche le traducteur de la trahison.
Une hyperbole qui exagère la difficulté de comprendre un texte.
Une antithèse qui oppose la langue source à la langue cible.

Une paronomase qui rapproche le traducteur de la trahison.

Explication

L’adage joue sur la proximité sonore entre « traduttore » et « traditore » pour associer traduction et trahison. Il ne repose pas sur une opposition entre deux langues, mais sur un rapprochement de mots aux sonorités voisines.

13. Dans l’affaire Nabokov-Coindreau, pourquoi l’auteur et le traducteur peuvent-ils juger différemment un choix de traduction ?

L’auteur privilégie les usages de la langue cible, tandis que le traducteur vérifie la conformité au texte anglais.
L’auteur évalue les choix lexicaux, tandis que le traducteur se limite à corriger l’orthographe des noms russes.
L’auteur juge le style de la traduction, tandis que le traducteur cherche à reproduire les épreuves originales.
L’auteur le compare à son texte anglais, tandis que le traducteur doit aussi le faire fonctionner dans la langue cible.

L’auteur le compare à son texte anglais, tandis que le traducteur doit aussi le faire fonctionner dans la langue cible.

Explication

L’auteur évalue les écarts en les confrontant à son texte anglais, alors que le traducteur doit également tenir compte du fonctionnement de la langue cible. L’idée que l’auteur privilégie les usages de cette langue inverse les points de vue propres à l’affaire.

14. Sur quel aspect portent essentiellement les interventions de Nabokov auprès de ses traducteurs, telles qu’elles sont analysées par Olga Anokhina ?

Sur les choix lexicaux effectués dans les traductions.
Sur l’adaptation des références culturelles au lectorat cible.
Sur la réorganisation des chapitres et des intrigues traduites.
Sur la ponctuation et la mise en page des textes traduits.

Sur les choix lexicaux effectués dans les traductions.

Explication

L’analyse d’Olga Anokhina indique que les interventions de Nabokov portent essentiellement sur le plan lexical. Elles ne se caractérisent donc pas principalement par une réorganisation des intrigues ou des chapitres.

15. Quelle distinction sépare une traduction fidèle à la lettre d’une traduction centrée sur le sens ?

La première simplifie les structures d’origine, tandis que la seconde reproduit leur organisation grammaticale.
La première privilégie le message transmis, tandis que la seconde cherche à reproduire la syntaxe d’origine.
La première adapte les références culturelles, tandis que la seconde conserve la formulation du texte source.
La première cherche à rendre la forme et les structures d’origine, tandis que la seconde privilégie le message transmis.

La première cherche à rendre la forme et les structures d’origine, tandis que la seconde privilégie le message transmis.

Explication

La fidélité à la lettre porte sur la forme, la syntaxe et les structures d’origine, alors que la fidélité au sens met l’accent sur le message transmis. Attribuer la priorité au message à la fidélité à la lettre inverse cette distinction.

16. Dans l’équivalence entre « quand les poules auront des dents » et le proverbe espagnol évoquant des grenouilles qui auront des poils, qu’est-ce qui change malgré la conservation du sens ?

Le caractère impossible de l’événement exprimé par le proverbe.
Le message transmis, qui devient une prévision plutôt qu’une impossibilité.
Le registre proverbial, remplacé par une formulation neutre et descriptive.
L’animal et les références culturelles associés à la formulation littérale.

L’animal et les références culturelles associés à la formulation littérale.

Explication

Les deux proverbes expriment la même idée, mais leur lettre diffère par l’animal et les références culturelles mobilisés. L’événement impossible reste au cœur du sens transmis dans les deux formulations.

17. Quel statut caractérise la traduction dans son rapport à la création littéraire ?

Elle est une production primaire, sans reprendre une œuvre préexistante.
Elle est une imitation fidèle, mais ne relève pas de la création littéraire.
Elle est une reproduction secondaire, sans constituer une production littéraire propre.
Elle est à la fois une production propre et une reproduction, une réalité primaire et secondaire.

Elle est à la fois une production propre et une reproduction, une réalité primaire et secondaire.

Explication

La traduction occupe un statut ambivalent, car elle est simultanément production et reproduction, ainsi que réalité primaire et secondaire. La réduire à une reproduction secondaire néglige son statut de production propre.

18. Dans le modèle de Gérard Genette, comment désigne-t-on le texte traduit lorsqu’il dérive d’un texte antérieur par transformation ou imitation ?

Un hypotexte, dérivé d’un hypertexte nouvellement produit.
Un paratexte, qui accompagne le texte antérieur sans en dériver.
Un hypertexte, dérivé d’un hypotexte antérieur.
Un métatexte, qui commente le texte antérieur sans le transformer.

Un hypertexte, dérivé d’un hypotexte antérieur.

Explication

Dans le modèle de Genette, l’hypertexte est le texte nouvellement produit par transformation ou imitation de l’hypotexte. L’inversion des termes est l’erreur la plus plausible : le texte premier est l’hypotexte, et non l’hypertexte.

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Qu’étudie le cours sur la traduction plutôt que son exercice pratique ?

L’acte de traduire et la logique qui le gouverne.

Comment les traductions d’un même texte évoluent-elles selon les époques ?

Elles varient selon les époques et les normes sociales, tandis que le texte source reste grosso modo fixé.

Qu’est-ce qu’une retraduction ?

Une traduction réalisée après la première traduction d’une œuvre.

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