Fiche de révision : Activité électrique et fonction ventriculaire

Plan du Cours

  1. Anatomie artérielle et AOMI
  2. Diagnostic et prise en charge vasculaire
  3. Systèmes physiologiques et homéostasie
  4. Gain des systèmes de régulation
  5. Tension et résistance vasculaires
  6. Compliance et systèmes circulatoires
  7. Automatisme et conduction cardiaques
  8. Potentiel d’action myocardique contractile
  9. Réfractarité et régulation autonome
  10. Propagation myocardique et ondes ECG
  11. Dérivations et axes de l’ECG
  12. Lecture des tracés ECG
  13. Cycle cardiaque et travail d’éjection
  14. Postcharge et couplage ventriculo-artériel
  15. Fréquence cardiaque et système nerveux autonome
  16. Mesure et examen cardiovasculaires
  17. Pouls et aorte abdominale
  18. Insuffisance cardiaque et examen veineux

1. Anatomie artérielle et AOMI

Notions clés & Définitions

  • Anastomoses : Communications entre des branches artérielles qui peuvent maintenir la vascularisation d’un territoire en cas de souffrance artérielle.
  • AOMI : Obstruction totale ou partielle d’une ou plusieurs artères destinées aux membres inférieurs.
  • Sténose : Rétrécissement d’une artère, qui reste partiellement perméable.
  • Occlusion : Obstruction complète de l’artère, avec absence de flux.

★ À maîtriser

  • Les facteurs de risque de l’AOMI cités sont :
    • le tabagisme
    • le diabète
    • la dyslipidémie
    • l’HTA
    • l’âge
    • la maladie rénale chronique
    • les antécédents cardiovasculaires

📌 L’AOMI asymptomatique ne provoque pas de symptômes malgré des plaques, des sténoses ou des occlusions, tandis que l’AOMI symptomatique provoque typiquement une douleur à la marche qui cède à l’arrêt et réapparaît à la reprise.

Compléments

  • Chez les personnes de 84 ans, le risque d’AOMI est indiqué comme augmenté à 25 %.

2. Diagnostic et prise en charge vasculaire

★ À maîtriser

  • Une claudication artérielle typique est une douleur musculaire à la marche, de topographie reproductible, qui cesse à l’arrêt et réapparaît lorsque la marche reprend.

📐 Formule - L’indice de pression systolique (IPS) est le rapport de la pression à la cheville sur la pression brachiale : IPS=pression aˋ la chevillepression brachialeIPS = \frac{\text{pression à la cheville}}{\text{pression brachiale}}.

  • Les valeurs de l’IPS s’interprètent ainsi : inférieur ou égal à 0,90, AOMI ; de 0,91 à 0,99, valeur limite ; de 1,00 à 1,40, valeur normale ; supérieur à 1,40, artère incompressible.

  • L’exploration de l’AOMI va de la suspicion clinique à l’IPS, puis à l’écho-Doppler ou à une imagerie complémentaire telle que l’angioscanner, l’angio-IRM ou l’artériographie.

  • La prise en charge de l’AOMI consiste à réduire le risque cardiovasculaire, à contrôler le diabète et le cholestérol et à utiliser des médicaments antiagrégants, puis à revasculariser si l’ischémie est menaçante ou critique.

  • En cas de suspicion d’ischémie aiguë, il faut appeler immédiatement l’équipe chirurgicale ou vasculaire, examiner le patient, administrer de l’héparine IV, réaliser une imagerie si elle ne retarde pas la prise en charge et revasculariser au plus tôt.

Compléments

  • La localisation douloureuse oriente vers l’artère atteinte :

    • hanche : artère iliaque interne
    • cuisse : artère iliaque fémorale commune
    • mollet : artère fémorale superficielle
    • pied : axes jambiers et dorsaux
  • Une pression à la cheville inférieure à 50 mmHg, une pression à l’orteil inférieure à 30 mmHg ou une TcPO2 inférieure à 30 mmHg peuvent caractériser une ischémie.

📌 Le scanner injecté reçoit le produit de contraste par une veine périphérique et est non invasif, tandis que l’artériographie injecte le produit dans une artère et est invasive.

  • Chez les patients diabétiques, l’IPS peut être moins fiable ; les plaies peuvent être indolores ou découvertes tardivement, ce qui justifie l’inspection systématique du pied.

  • La triade classique du syndrome de Leriche associe : une claudication bilatérale des fesses ou des cuisses, des pouls fémoraux diminués ou absents, une dysfonction érectile

  • Les six signes de l’ischémie aiguë sont :

    • la douleur
    • la poïkilothermie
    • les paresthésies
    • la pâleur
    • l’absence de pouls
    • la paralysie
  • Une embolie responsable d’ischémie aiguë est associée à une arythmie cardiaque dans 90 % des cas.

Astuce mémo

Regarder, palper, mesurer, puis explorer.

3. Systèmes physiologiques et homéostasie

Notions clés & Définitions

  • Système physiologique : Ensemble d’organes et de cellules liés par des relations fonctionnelles stables et communiquant au moyen de variables.
  • Homéostasie : Maintien de la constance des caractéristiques du milieu intérieur nécessaire au fonctionnement harmonieux des cellules.
  • Sensibilité : Rapport entre la variation du signal correcteur obtenue et une variation donnée de la grandeur à réguler.

★ À maîtriser

📌 Une variable est une grandeur mesurable, tandis qu’un paramètre est une grandeur calculable.

  • Un système de régulation détecte l’écart entre une variable et sa consigne, transmet l’information vers des centres de commande, puis envoie un signal aux effecteurs qui modifient la variable.

📌 Le rétrocontrôle négatif ramène vers la consigne une grandeur qui s’en éloigne, tandis que le rétrocontrôle positif amplifie le changement dans le même sens.

Compléments

  • Les variables citées comme maintenues stables sont :

    • le volume sanguin
    • la pression artérielle
    • la glycémie
    • le pH
    • la température centrale à 37 °C
    • la natrémie
  • Les systèmes de régulation se caractérisent notamment par un délai de mise en jeu, une sensibilité et un gain.

  • Dans la régulation de la pression artérielle, les barorécepteurs agissent à court terme en quelques secondes, le système rénine-angiotensine à moyen terme en quelques minutes et l’aldostérone à long terme en quelques heures.

Astuce mémo

Le milieu extérieur perturbe ; le milieu intérieur doit rester stable.

4. Gain des systèmes de régulation

Notions clés & Définitions

  • Gain : Mesure l’efficacité de la régulation en comparant la variation de la variable avec régulation à celle sans régulation.

★ À maîtriser

📐 Formule - La sensibilité correspond au rapport entre la variation du signal correcteur et la variation de la grandeur régulée : S=Δsignal correcteurΔgrandeur reˊguleˊeS=\frac{\Delta\text{signal correcteur}}{\Delta\text{grandeur régulée}}.

📐 Formule - Le gain est calculé par G=variation avec reˊgulation−variation sans reˊgulationvariation avec reˊgulationG=\frac{\text{variation avec régulation}-\text{variation sans régulation}}{\text{variation avec régulation}}.

Compléments

  • Lorsque la pression artérielle passe de 100 à 101 mmHg, la fréquence des potentiels d’action des barorécepteurs passe de 4 à 6, soit une sensibilité de 2 potentiels d’action par mmHg.

  • À 101 mmHg, un barorécepteur plus sensible émet 8 potentiels d’action, soit 4 potentiels d’action de plus pour une augmentation de 1 mmHg.

  • Après une hémorragie, la pression artérielle passe de 120 à 90 mmHg sans régulation et de 120 à 110 mmHg avec régulation ; le gain calculé est G=(−10)−(−30)−10=−2G=\frac{(-10)-(-30)}{-10}=-2.

  • Dans l’exemple de régulation rénale, la pression artérielle passe de 140 mmHg sans régulation à 120 mmHg avec régulation, donnant un gain infini selon le calcul présenté.

5. Tension et résistance vasculaires

Notions clés & Définitions

  • Résistance vasculaire : La résistance vasculaire correspond au différentiel de pression entre deux points divisé par le débit et varie en sens inverse du débit.

★ À maîtriser

  • À la pression artérielle diastolique, l’écoulement sanguin redevient laminaire et régulier, tandis que les sons entendus pendant la mesure correspondent à l’écoulement turbulent entre la PAS et la PAD.

📌 La pression artérielle se mesure chez un sujet au repos depuis au moins 5 minutes, assis ou couché, et non debout.

  • La tension pariétale augmente avec le rayon du vaisseau et diminue lorsque l’épaisseur de sa paroi augmente.

  • En régime laminaire, la résistance augmente avec la viscosité et la longueur du vaisseau, et diminue avec le rayon, dont l’effet varie à la puissance 4.

📐 Formule - Les résistances périphériques vérifient RP=Pao−PODQCRP = \frac{Pao-POD}{QC} et, si POD est négligeable, RP=PAMQCRP = \frac{PAM}{QC}, donc PAM=RP×QCPAM = RP\times QC.

Compléments

  • Debout, la pression mesurée à la cheville est supérieure de 85 mmHg à celle mesurée au bras en raison de la colonne hydrostatique de sang.

📐 Formule - La loi de Laplace relie la pression, la tension pariétale et les rayons de courbure selon P=T(1r1+1r2)P = T\left(\frac{1}{r_1}+\frac{1}{r_2}\right), où P est la pression, T la tension de la paroi et r₁ et r₂ les rayons de courbure.

  • L’hématocrite, qui représente la proportion du volume sanguin occupée par les globules rouges, augmente la viscosité du sang ; sa valeur normale indiquée est de 45 %.

6. Compliance et systèmes circulatoires

Notions clés & Définitions

  • Compliance : La compliance, ou distensibilité, est la capacité d’une structure à adapter son volume à une augmentation de pression ; l’élastance est son inverse.

★ À maîtriser

📌 Les veines sont plus compliantes que les artères et peuvent accueillir un volume sanguin plus important, mais leur compliance diminue lorsqu’elles se remplissent.

  • Le système cardiovasculaire à haute pression comprend le ventricule gauche, l’aorte, les artères et les artérioles, mais pas les capillaires, et contient 13 % du volume sanguin.

  • Le système cardiovasculaire à basse pression comprend les capillaires, les veinules, les veines, le cœur droit et la circulation pulmonaire jusqu’à l’oreillette gauche comprise, et contient 87 % du volume sanguin.

📐 Formule - Le débit sanguin est le produit de la vitesse par la surface de section totale, selon Q=v×SQ=v\times S ; à débit constant, la vitesse diminue lorsque cette surface augmente.

Compléments

  • Pour un ballon dont le volume passe de 10 L à 15 L lorsque la pression passe de 13 kPa à 23 kPa, la compliance vaut 0,5 L·kPa⁻¹.

📌 Le système à haute pression est caractérisé par une pression, une résistance et une vitesse sanguine élevées, mais par une faible compliance, un faible volume sanguin et une faible surface de section totale; le système à basse pression présente les caractéristiques inverses.

  • Le débit sanguin reste le même à tous les niveaux de la circulation, tandis que la pression moyenne diminue de l’aorte vers l’oreillette droite, où elle approche 0 mmHg.

Astuce mémo

Haute pression : résistif et peu compliant ; basse pression : compliant et peu résistif

7. Automatisme et conduction cardiaques

Notions clés & Définitions

  • Tissu cardionecteur : Le tissu cardionecteur crée l’influx électrique, en assure la conduction et est responsable de l’automatisme cardiaque.

★ À maîtriser

  • 🔄 L’influx cardiaque suit ce trajet :

    1. Nœud sinusal
    2. Faisceaux internodaux
    3. Nœud auriculo-ventriculaire
    4. Faisceau de His et ses branches droite et gauche
    5. Réseau de Purkinje
  • Le nœud sinusal, situé dans l’oreillette droite, initie l’influx en conditions physiologiques parce qu’il se dépolarise plus rapidement que les autres éléments du tissu cardionecteur.

  • La fréquence propre du nœud sinusal est de 100 min⁻¹ et le système parasympathique la réduit à 70 min⁻¹.

Compléments

  • La fréquence propre est la fréquence spontanée de dépolarisation d’un élément cardionecteur isolé des autres et sans innervation sympathique ou parasympathique.

  • La conduction électrique ralentit au niveau du nœud auriculo-ventriculaire, puis s’accélère dans le système His-Purkinje.

Astuce mémo

Nœud sinusal → oreillettes → nœud AV → His → Purkinje

8. Potentiel d’action myocardique contractile

★ À maîtriser

  • La cellule myocardique contractile n’est pas autonome et se dépolarise sous l’effet d’une stimulation électrique.

  • Le potentiel membranaire de repos de la cellule myocardique contractile est de −70 mV et son potentiel seuil de dépolarisation est de −60 mV.

  • Les potentiels d’équilibre sont de −90 mV pour K⁺, +60 mV pour Na⁺ et +80 mV pour Ca²⁺ ; K⁺ tend à sortir de la cellule, tandis que Na⁺ et Ca²⁺ tendent à y entrer.

  • 🔄 Les phases se succèdent ainsi :

    1. Dépolarisation initiale
    2. Plateau
    3. Repolarisation
    4. Restauration des gradients ioniques
  • Pendant la phase 0-1, la conductance au Na⁺ augmente fortement tandis que celle au K⁺ diminue, et le potentiel transmembranaire passe de −70 mV à environ +50 mV.

Compléments

  • Au repos, l’intérieur de la cellule est négatif et l’extérieur positif ; la dépolarisation inverse cette polarité, faisant passer le potentiel transmembranaire d’une valeur négative à une valeur positive.

  • La polarité de la cellule myocardique dépend notamment des cations K⁺, Na⁺ et Ca²⁺, dont les déplacements dépendent de leur gradient de concentration et de la conductance membranaire.

  • Pendant la phase 2, la conductance au Na⁺ diminue jusqu’à son niveau de repos tandis que la conductance au complexe Na⁺-Ca²⁺ augmente.

  • Pendant la phase 3, la conductance au K⁺ augmente.

  • Pendant la phase 4, les mouvements passifs des cations empruntent des canaux selon leur gradient électrochimique, tandis que les mouvements actifs utilisent des transporteurs membranaires et consomment de l’énergie.

9. Réfractarité et régulation autonome

Notions clés & Définitions

  • Cellule pacemaker : Cellule du tissu cardionecteur dont la dépolarisation diastolique lente est autonome et à l’origine de l’automatisme cardiaque.
  • Période réfractaire effective : Période durant laquelle aucun stimulus d’intensité physiologique ne peut déclencher un nouveau potentiel d’action.

★ À maîtriser

📌 La cellule pacemaker présente une dépolarisation et une repolarisation plus lentes que la cellule contractile, sans phase de plateau nette.

  • Après la repolarisation pacemaker, la conductance au K⁺ diminue progressivement et contribue à la dépolarisation lente ; une fois le seuil atteint, la conductance au Ca²⁺ augmente par ouverture des canaux calciques de type L et déclenche la phase ascendante du potentiel d’action, suivie de la repolarisation.

📌 Le système sympathique augmente la fréquence cardiaque et l’excitabilité pacemaker, tandis que le système parasympathique les diminue.

Compléments

📌 Une cellule dont le potentiel transmembranaire est supérieur au potentiel seuil n’est pas excitable.

  • Sous l’effet sympathique, la vitesse de repolarisation et le potentiel membranaire de repos augmentent, et la pente de dépolarisation diastolique lente devient plus forte, permettant d’atteindre plus rapidement le seuil.

  • Sous l’effet parasympathique, la vitesse de repolarisation et le potentiel membranaire de repos diminuent, et la pente de dépolarisation diastolique lente s’abaisse, retardant l’atteinte du seuil.

Astuce mémo

Sympathique accélère ; parasympathique ralentit

10. Propagation myocardique et ondes ECG

Notions clés & Définitions

  • Électrocardiogramme : Explore l’activité électrique du cœur et aide au dépistage de certaines maladies cardiaques, sans pouvoir toutes les détecter.

★ À maîtriser

📌 Par convention, un potentiel négatif qui se rapproche de l’électrode produit un signal vers le haut, tandis qu’un potentiel positif qui s’en rapproche produit un signal vers le bas.

  • Dans le ventricule, la dépolarisation se propage du sous-endocarde vers le sous-épicarde grâce au réseau de Purkinje, tandis que la repolarisation commence au sous-épicarde et progresse vers le sous-endocarde.

  • Dans le myocarde ventriculaire, la repolarisation produit une onde T orientée vers le haut, car elle se propage en sens inverse de la dépolarisation.

  • L’ECG enregistre le sens de propagation des influx de dépolarisation et de repolarisation selon la dérivation considérée.

Compléments

  • Un électrocardiogramme peut être enregistré au repos ou pendant une épreuve d’effort.

  • Avec une électrode de recueil placée à la surface d’une cellule au repos, sans électrode intracellulaire, aucun signal n’est mesuré et le tracé reste plat.

  • Lorsqu’une cellule entière est dépolarisée ou repolarisée, il n’y a plus de dipôle et le signal recueilli redevient nul.

  • Dans une fibre isolée, la dépolarisation produit une onde R vers le haut et la repolarisation une onde T vers le bas selon les conventions du cours.

Astuce mémo

Fibre isolée : repolarisation dans le même sens ; ventricule : repolarisation en sens inverse

11. Dérivations et axes de l’ECG

Notions clés & Définitions

  • Dérivation ECG : Axe de projection du vecteur de dépolarisation.

★ À maîtriser

  • L’ECG enregistre le cœur selon 12 dérivations : 6 dans le plan frontal et 6 précordiales dans le plan horizontal.

  • Les dérivations se répartissent ainsi :

    • D1, D2 et D3, bipolaires frontales
    • aVR, aVL et aVF, unipolaires frontales
    • V1 à V6, unipolaires horizontales

Compléments

  • L’enregistrement ECG requiert 10 électrodes : 6 précordiales sur le thorax et 4 sur les membres ; l’électrode de la cheville droite sert de référence et non à l’enregistrement.

  • Dans le plan frontal, D1 a un axe de 0°, D2 de 60° et D3 de 120° ; aVR, aVL et aVF sont les bissectrices des angles formés par les dérivations bipolaires.

  • Les six électrodes précordiales se placent ainsi :

    • V1 et V2 de part et d’autre du sternum au 4e espace intercostal
    • V4 sous le mamelon gauche
    • V3 entre V2 et V4
    • V6 sur la même ligne horizontale que V4 sous le creux axillaire
    • V5 entre V4 et V6

12. Lecture des tracés ECG

★ À maîtriser

  • L’onde P représente la dépolarisation des oreillettes, le complexe QRS celle des ventricules et l’onde T la repolarisation des ventricules.

  • Les trois vecteurs du complexe QRS correspondent successivement à :

    • La dépolarisation du septum interventriculaire
    • La dépolarisation des parois des deux ventricules par les branches du faisceau de His
    • La dépolarisation des bases ventriculaires
  • Les conventions usuelles d’enregistrement ECG sont une vitesse de 25 mm/s et une amplitude de 1 cm pour 1 mV ; 1 cm horizontal correspond à 0,4 s.

  • Un rythme sinusal est caractérisé par chaque onde P suivie d’un complexe QRS et chaque complexe QRS précédé d’une onde P.

📌 Un axe QRS compris entre 0° et 90° est normal selon la plage de référence principale du cours.

  • Un bloc auriculo-ventriculaire complet se caractérise par une dissociation complète entre les ondes P et les complexes QRS, traduisant l’absence de communication entre oreillettes et ventricules.

Compléments

  • D2, D3 et aVF renseignent sur l’activité électrique de la partie inférieure du cœur.

  • L’onde Q est une onde négative précédant R, tandis que l’onde S est une onde négative suivant R ; l’onde Q peut être absente.

  • La repolarisation des oreillettes a lieu en même temps que la dépolarisation ventriculaire et, moins ample, n’est pas visible sur l’ECG.

  • Un rythme régulier présente une durée identique entre les complexes QRS, sauf notamment l’arythmie respiratoire physiologique, où la fréquence augmente à l’inspiration et diminue à l’expiration.

📌 La polarité du QRS en D1 et aVF situe l’axe frontal : D1 positif et aVF positif indiquent 0° à 90° ; D1 positif et aVF négatif, 0° à −90° ; D1 négatif et aVF positif, 90° à 180° ; D1 négatif et aVF négatif, −90° à −180°.

  • Chez certains sportifs très entraînés en endurance, une absence d’onde P peut être non pathologique si le nœud auriculo-ventriculaire se dépolarise de façon autonome après un ralentissement marqué du nœud sinusal par le parasympathique.

13. Cycle cardiaque et travail d’éjection

Notions clés & Définitions

  • Travail d’éjection : Travail mécanique fourni par le myocarde pour éjecter le sang et correspondant à l’aire à l’intérieur de la courbe pression-volume.
  • Élastance télésystolique : L’élastance télésystolique (Ets) est représentée par une droite reliant les points de fin d’éjection ventriculaire, dont la pente traduit le niveau de contractilité.
  • Volume télésystolique : Volume ventriculaire minimal à la fin de la systole, après l’éjection.
  • Volume télédiastolique : Volume ventriculaire maximal à la fin de la diastole, après le remplissage.

★ À maîtriser

  • 🔄 Les six phases du cycle cardiaque sont :

    1. Systole auriculaire
    2. Contraction isovolumique
    3. Éjection ventriculaire
    4. Relaxation isovolumique
    5. Remplissage rapide
    6. Diastasis
  • Le volume d’éjection systolique est la différence entre le volume télédiastolique et le volume télésystolique : VES=VTD−VTSVES = VTD - VTS.

📌 Pour une même précharge, une fibre cardiaque davantage étirée au départ peut développer une force plus importante, et les courbes force-vitesse correspondant à différentes précharges convergent vers Vmax.

  • Une augmentation de la contractilité déplace vers le haut la relation entre vitesse initiale de raccourcissement et charge, permettant un raccourcissement plus rapide pour une même précharge et une même postcharge.

📐 Formule - Le volume d’éjection systolique vérifie VES=VTD−VTSVES = VTD - VTS.

  • À précharge égale, une hausse de la contractilité augmente la pente Ets, diminue le VTS et augmente le VES ; une baisse de la contractilité diminue la pente Ets, augmente le VTS et diminue le VES.

Compléments

  • Les valves auriculo-ventriculaires s’ouvrent au VTS avant le remplissage et se ferment à la fin du remplissage ; les valves sigmoïdes s’ouvrent lorsque la pression ventriculaire dépasse celle de l’aorte ou de l’artère pulmonaire.

  • B1 correspond à la fermeture des valves auriculo-ventriculaires et B2 à la fermeture des valves sigmoïdes.

  • Une augmentation de l’aire de la courbe pression-volume indique un travail myocardique plus important et une consommation d’oxygène accrue.

  • Le système sympathique peut augmenter la contractilité en augmentant l’arrivée de Ca²⁺ dans les cellules myocardiques.

  • La droite Ets coupe théoriquement l’axe des volumes en V0, correspondant à un volume télésystolique nul, mais le ventricule ne se vide jamais totalement et conserve toujours un VTS.

  • Une augmentation du VES peut résulter d’une hausse de la précharge ou d’une hausse de la contractilité pour un même VTD.

Astuce mémo

Remplissage → contraction isovolumique → éjection → relaxation isovolumique

14. Postcharge et couplage ventriculo-artériel

Notions clés & Définitions

  • Postcharge ventriculaire : La postcharge ventriculaire correspond à l’ensemble des forces qui s’opposent à l’éjection du sang par le ventricule gauche et dépend principalement des résistances artériolaires.
  • Élastance artérielle : L’élastance artérielle (Ea) représente la pression systolique aortique, et sa pente traduit la pression nécessaire pour éjecter un volume de sang donné.

★ À maîtriser

  • Quand les sphincters artériolaires se ferment davantage, le passage du sang vers les capillaires devient plus difficile, les résistances périphériques et la postcharge augmentent, et le ventricule doit produire une pression plus élevée pour éjecter le sang.

📌 Dans le couplage ventriculo-artériel, Ets représente la contractilité myocardique, tandis que Ea représente la postcharge et dépend principalement des résistances artériolaires.

  • Lorsque les résistances artérielles augmentent, la postcharge augmente et le VES diminue dans le couplage ventriculo-artériel.

Compléments

  • Pendant l’éjection, lorsque la valve aortique est ouverte, la pression ventriculaire gauche est égale à la pression aortique.

  • Pour un même VES, une augmentation des résistances artérielles augmente la pression systolique aortique et rend la droite Ea plus pentue.

  • Quand les sphincters artériolaires s’ouvrent davantage, les résistances périphériques et la postcharge diminuent, de sorte que le ventricule a besoin d’une pression moins élevée pour éjecter le sang.

  • Pour un même VES, une diminution des résistances artérielles diminue la pression systolique aortique et rend la droite Ea moins pentue.

Astuce mémo

Résistances artériolaires ↑ → postcharge ↑ → VES ↓

15. Fréquence cardiaque et système nerveux autonome

Notions clés & Définitions

  • Effet chronotrope : Un effet chronotrope modifie la fréquence cardiaque : il est positif lorsqu’il l’accélère et négatif lorsqu’il la ralentit.
  • Effet inotrope : Un effet inotrope modifie la contractilité myocardique : il est positif lorsqu’il l’augmente et négatif lorsqu’il la diminue.
  • Effet dromotrope : Un effet dromotrope modifie la capacité du myocarde à conduire le courant électrique.
  • Effet bathmotrope : Un effet bathmotrope modifie l’excitabilité des fibres du myocarde.

★ À maîtriser

📐 Formule - Le débit cardiaque vérifie Deˊbit cardiaque=VES×FCDébit\ cardiaque = VES \times FC.

  • Quand la fréquence cardiaque augmente, le cycle cardiaque raccourcit surtout par diminution de la diastole ; au début de l’effort, le diastasis se raccourcit principalement, puis, à fréquence très élevée, le remplissage rapide et la contraction auriculaire sont également affectés, ce qui peut diminuer le VTD et limiter le débit cardiaque.
  • Le système sympathique accélère la fréquence cardiaque par les récepteurs β-adrénergiques et augmente la contractilité, la conductibilité et l’excitabilité myocardiques.

  • Le système parasympathique ralentit la fréquence cardiaque par les récepteurs cholinergiques et diminue la contractilité, la conductibilité et l’excitabilité myocardiques.

📌 Au repos, les systèmes sympathique et parasympathique fonctionnent tous deux, mais le parasympathique domine la fréquence cardiaque ; bloquer les deux systèmes avec atropine et propranolol supprime leurs effets sur cette fréquence.

Compléments

  • Au repos, la fréquence cardiaque normale est d’environ 70 bpm et peut atteindre environ 100 bpm lors d’un effort très modéré.

  • Le propranolol diminue l’action du système sympathique ; son blocage peut empêcher une accélération suffisante de la fréquence cardiaque et s’accompagner d’une défaillance cardiaque au repos et à l’effort.

  • L’atropine diminue l’action du système parasympathique ; son blocage supprime son effet ralentisseur et augmente la fréquence cardiaque.

Astuce mémo

SNS accélérateur, SNP ralentisseur

16. Mesure et examen cardiovasculaires

Notions clés & Définitions

  • Échocardiographie : Méthode d’évaluation de la fonction cardiaque fondée sur l’émission et la réception d’ultrasons par une sonde placée sur la paroi thoracique.
  • Cathétérisme cardiaque : Le cathétérisme cardiaque consiste à introduire une sonde dans le système vasculaire pour mesurer les pressions intracardiaques, éventuellement injecter un produit de contraste dans le cœur et mesurer les débits sanguins.

★ À maîtriser

  • Les valeurs cardiaques moyennes indiquées sont, à gauche, une pression systolique maximale d’environ 120 mmHg, une pression minimale d’environ 2 mmHg et une pression télédiastolique ventriculaire gauche d’environ 8 mmHg ; à droite, une pression systolique maximale d’environ 20 mmHg et une pression minimale d’environ 0 mmHg.

  • Les volumes cardiaques moyens indiqués sont un VTD d’environ 120 mL, un VTS d’environ 50 mL, un VES d’environ 70 mL par cycle et une fraction d’éjection d’environ 60 %.

📐 Formule - La loi de Fick donne Qc=VO2/(CaO2−CvO2)Qc = VO_2 / (CaO_2 - CvO_2), où le débit cardiaque est déterminé à partir de la consommation d’O₂ et de la différence de contenu en O₂ entre le sang artériel et le sang veineux.

📐 Formule - La fraction d’éjection vérifie FE=VES/VTD=(VTD−VTS)/VTDFE = VES / VTD = (VTD - VTS) / VTD et sa valeur moyenne est d’environ 60 %.

  • La pression artérielle se mesure au repos, plutôt en position assise, avec un brassard adapté : on le gonfle jusqu’à occlure l’artère, puis on le dégonfle progressivement ; le premier bruit indique la pression systolique et la disparition des bruits indique la pression diastolique.

📌 Une pression artérielle systolique normale est inférieure à 140 mmHg et une pression diastolique normale est inférieure à 90 mmHg ; une hypertension est retenue dès que l’une de ces pressions atteint ou dépasse sa valeur seuil.

📌 B1 correspond à la fermeture des valves mitrale et tricuspide, tandis que B2 correspond à la fermeture des valves aortique et pulmonaire.

  • Un souffle cardiaque est lié à un écoulement sanguin turbulent plutôt que laminaire, et le bruit augmente lorsque la vitesse du sang augmente.

  • Les souffles cardiaques se caractérisent par leur temporalité systolique ou diastolique, leur intensité et leur foyer prédominant.

  • Un souffle systolique peut correspondre à un rétrécissement aortique, maximal au foyer aortique et irradiant vers les vaisseaux du cou, ou à un rétrécissement pulmonaire, maximal au foyer pulmonaire.

  • Un souffle systolique peut traduire une insuffisance mitrale, maximal au foyer mitral ou à l’apex et irradiant dans les aires, ou une insuffisance tricuspide, audible au foyer tricuspide.

  • Les souffles diastoliques associés sont : le rétrécissement mitral au foyer mitral, le rétrécissement tricuspide au foyer tricuspide, l’insuffisance aortique au foyer aortique et au bord gauche du sternum, l’insuffisance pulmonaire au foyer pulmonaire

Compléments

📌 Le cathétérisme droit introduit une sonde par une veine jusqu’au cœur droit, tandis que le cathétérisme gauche fait remonter une sonde introduite par ponction artérielle à contre-courant jusqu’au cœur gauche ; le cathétérisme trans-septal passe du cœur droit au cœur gauche à travers le septum interauriculaire, généralement par une ponction au niveau de la fosse ovale.

  • 🔄 La thermodilution se déroule ainsi : injecter du sérum physiologique froid dans l’oreillette droite, mesurer la variation de température grâce à un capteur dans l’artère pulmonaire, analyser la courbe de température et la dilution du sérum dans le sang pour déterminer le débit cardiaque

17. Pouls et aorte abdominale

Notions clés & Définitions

  • Index de pression systolique : Rapport entre la pression artérielle systolique à la cheville et celle au bras.
  • Choc : Un choc survient lorsque le débit cardiaque ne suffit plus à assurer les besoins en oxygène de l’organisme et constitue un signe de souffrance cardiaque et tissulaire.

★ À maîtriser

  • La palpation des pouls porte systématiquement sur : les carotides, les artères radiales et cubitales, l’artère fémorale, l’artère poplitée, l’artère tibiale postérieure derrière la malléole, l’artère pédieuse entre les premier et deuxième métatarses

  • Les signes de choc regroupés par le moyen mnémotechnique POTE sont : la pâleur et la polypnée, l’obnubilation et l’oligurie, la tachycardie et l’hypotension, les extrémités froides, marbrées ou cyanosées et l’allongement du temps de recoloration cutanée

Compléments

  • L’auscultation des carotides et des artères fémorales recherche la présence de souffles.

  • Pour palper l’aorte abdominale, on pose les deux mains à plat sur l’abdomen ; un soulèvement et un écartement des mains peuvent évoquer un anévrisme, mais peuvent aussi être physiologiques chez une personne très mince.

  • Une diminution de l’index de pression systolique indique un rétrécissement des artères des membres inférieurs.

  • Le temps de recoloration cutanée se mesure en pinçant une extrémité jusqu’à blanchir l’ongle, puis en relâchant ; la recoloration doit se produire en moins de 3 secondes.

  • Un temps de recoloration cutanée prolongé traduit une mauvaise perfusion des tissus liée à la vasoconstriction des vaisseaux.

  • Les marbrures peuvent être physiologiques, mais leur apparition brutale peut signaler une vasoconstriction et, en situation de choc, s’accompagner d’une baisse de la chaleur locale.

18. Insuffisance cardiaque et examen veineux

Notions clés & Définitions

  • Phlébite : Obstruction brutale d’une veine, qui se manifeste notamment par une atteinte unilatérale avec une jambe rouge, chaude et douloureuse.
  • Reflux hépato-jugulaire : Persistance de plus de 2 à 3 secondes du reflux dans la jugulaire après compression du foie, chez un patient en position demi-assise.

★ À maîtriser

📌 L’insuffisance cardiaque gauche se manifeste notamment par un essoufflement d’abord à l’effort puis au repos, une orthopnée et des râles crépitants pulmonaires.

  • L’insuffisance cardiaque droite peut se manifester par :

    • une turgescence jugulaire
    • un reflux hépato-jugulaire
    • une hépatalgie d’effort
    • des œdèmes des membres inférieurs
  • Les œdèmes cardiaques débutent généralement aux membres inférieurs, mais se situent aux fosses lombaires chez les patients alités ; ils sont blancs, mous et prennent le godet.

Compléments

  • Dans l’insuffisance cardiaque gauche, l’augmentation des pressions en amont dans les capillaires pulmonaires favorise l’accumulation de liquide dans les alvéoles.

  • La turgescence jugulaire se recherche chez un patient allongé, la tête légèrement tournée et en position demi-assise.

  • La compression du foie chasse le contenu des veines intra- et sus-hépatiques vers la veine cave puis l’oreillette droite ; le reflux jugulaire persiste si la cavité droite ne peut absorber rapidement cette surcharge de volume.

  • Une hausse de la pression hydrostatique veineuse favorise la sortie de liquide des vaisseaux et provoque des œdèmes lorsque cette pression augmente par rapport à la pression oncotique qui ramène le liquide dans les vaisseaux.

  • L’insuffisance veineuse chronique peut se manifester par :

    • des vaisseaux distendus
    • des varices
    • une dermite ocre

Astuce mémo

Gauche : poumons ; droite : veines caves

Tableaux de synthèse

Systèmes circulatoires à haute et basse pression

CaractéristiqueHaute pressionBasse pression
TerritoireVentricule gauche à artérioles, capillaires exclusCapillaires, veines, cœur droit et circulation pulmonaire
Volume sanguin13 %87 %
ProfilPression et résistance élevées, compliance faiblePression faible, compliance élevée, résistance faible

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Activité électrique et fonction ventriculaire avec 53 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la distinction entre sténose et occlusion artérielles :

2. Une personne présente des plaques artérielles sans symptôme, tandis qu’une autre a une douleur à la marche cédant au repos. Concernant l’AOMI :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Activité électrique et fonction ventriculaire avec 96 flashcards interactives.

Que peuvent faire les anastomoses en cas de souffrance artérielle ?

Maintenir la vascularisation d’un territoire.

Qu’est-ce que l’AOMI ?

L’obstruction totale ou partielle d’une ou plusieurs artères destinées aux membres inférieurs.

Quelle est la principale cause de l’AOMI ?

L’athérosclérose.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches