Fiche de révision : Addictions médicamenteuses et prise en charge

Plan du Cours

  1. Définitions et continuum des usages
  2. Installation et vulnérabilité addictive
  3. Repérage et conséquences des addictions
  4. Comorbidités psychiatriques et soins intégrés
  5. Histoire et dispositifs de réduction des risques
  6. Alcool, sevrage et urgences addictologiques
  7. Prise en charge et entretien motivationnel
  8. Dépendance tabagique et sevrage
  9. Addictions comportementales
  10. Addictions aux écrans et jeux vidéo
  11. Addiction sexuelle et chemsex
  12. Troubles alimentaires et substances psychoactives
  13. Dépistage et prise en charge du VHC
  14. Cocaïne et crack
  15. Cannabis et traitements opiacés
  16. Grossesse et consommations psychoactives
  17. Risques selon les substances
  18. Naloxone et surveillance médicamenteuse

Repères chronologiques

  1. 2004La réduction des risques est inscrite dans le Code de la santé publique.
  2. 2005Un référentiel national des actions de réduction des risques est mis en place et les CAARUD sont créés par décret en décembre.
  3. 2009Les CSAPA sont mis en place en remplacement des CSST et des CCAA.

1. Définitions et continuum des usages

Notions clés & Définitions

  • Conduite addictive : Consommation de substances psychoactives exposant à des répercussions immédiates ou différées liées à ces consommations.
  • Addiction : Comportement répété et incontrôlable, recherché pour le plaisir ou le soulagement, et poursuivi malgré la connaissance de conséquences négatives.

★ À maîtriser

  • Il n’existe pas de sociétés sans drogues, et toutes les substances psychoactives ont été expérimentées à des fins hédoniques, spirituelles ou médicales.

📌 L’usage simple n’entraîne ni complication somatique ou psychique ni dommage, tandis que l’usage à risque expose à des risques immédiats, comme l’intoxication et la violence, ou différés, comme l’addiction.

  • Le tabac est responsable de plus de 80 000 décès par an et l’alcool de 49 000 décès par an, ce chiffre étant doublé si les causes indirectes sont prises en compte.

Compléments

📌 L’usage d’une substance est considéré à risque notamment avant la conduite automobile, pendant la grossesse ou en association avec certains médicaments, parfois dès la première consommation.

Astuce mémo

Usage simple → usage à risque → usage nocif → dépendance

2. Installation et vulnérabilité addictive

Notions clés & Définitions

  • Modèle biopsychosocial : Modèle intégrateur qui prend en compte les aspects biologiques, sociologiques et psychologiques des addictions, notamment la génétique, l’environnement, la famille, la personnalité et l’histoire individuelle.

★ À maîtriser

  • L’installation de l’addiction associe la répétition des prises, la tolérance au produit, le passage du plaisir recherché au besoin impérieux et la perte de contrôle compulsive.

📌 Berridge et Robinson distinguent le wanting, qui correspond à l’incitation à rechercher un stimulus appétitif, le liking, qui correspond à la sensation de plaisir, et le learning, qui correspond aux effets positifs de la récompense sur l’apprentissage.

📐 Formule — Le risque addictif dépend de l’interaction entre les caractéristiques du produit, la vulnérabilité individuelle et l’exposition : Risqueaddictif=Produit×Vulneˊrabiliteˊ×ExpositionRisque addictif = Produit \times Vulnérabilité \times Exposition.

  • Le système de récompense implique l’aire tegmentale ventrale, ses neurones dopaminergiques et le noyau accumbens, où l’augmentation de dopamine favorise successivement le liking, le wanting puis le must.

Compléments

  • L’hérédité multigénique représente 40 à 60 % du risque addictif et constitue un substrat des polyaddictions.

Astuce mémo

Produit × vulnérabilité × exposition → risque addictif

3. Repérage et conséquences des addictions

Notions clés & Définitions

  • Craving : Besoin impérieux ou envie irrépressible de consommer, contribuant au maintien de la consommation et à la rechute.

★ À maîtriser

📌 La dépendance psychique est obligatoire dans l’addiction et constitue son moteur, tandis que la dépendance physique n’est pas obligatoire, varie selon les produits et peut apparaître rapidement chez tout le monde.

  • Le trouble de l’usage est léger pour 2 ou 3 critères DSM-V, moyen pour 4 ou 5 critères et sévère à partir de 6 critères.

  • La prévention et la prise en charge reposent notamment sur:

    • La réduction des risques
    • Les interventions brèves motivationnelles
    • Les dispositifs d’écoute, d’accueil et d’accompagnement
    • Le développement des compétences psychosociales
    • La construction d’un projet de vie

Compléments

  • La rémission est précoce lorsqu’elle dure entre 3 et 12 mois et durable lorsqu’elle dure au moins 12 mois.

Astuce mémo

Dépendance psychique obligatoire, dépendance physique non obligatoire

4. Comorbidités psychiatriques et soins intégrés

★ À maîtriser

  • Chez les personnes souffrant d’un trouble mental, le taux de tabagisme est 2 à 4 fois supérieur à celui de la population générale et atteint 70 à 80 % chez les patients schizophrènes.

  • En cas de comorbidité psychiatrique, l’initiation du tabac est plus précoce, la consommation plus importante, la dépendance plus forte et l’arrêt plus difficile, avec davantage de comorbidités psychologiques, cognitives et médicales.

  • Le cannabis peut induire des symptômes psychotiques dans 15 % des cas, avec des effets psychomimétiques plus marqués chez les personnes vulnérables et selon la dose consommée.

  • Les études longitudinales et méta-analyses indiquent que la dépendance au cannabis est associée à un risque deux fois plus élevé de troubles psychotiques, notamment en cas de consommation avant 15 ans, d’effet dose-dépendant, de prédisposition schizophrénique ou de polymorphisme de la COMT.

📌 Les soins intégrés associent dans une même prise en charge des interventions addictologiques et psychiatriques multidisciplinaires, au-delà de la simple addition de deux traitements simultanés.

Compléments

📌 Les modèles de réduction des risques sont considérés comme plus appropriés que les modèles d’abstinence, en particulier au début du traitement des comorbidités psychiatriques et addictologiques.

Astuce mémo

Comorbidité psychiatrique → consommation plus forte, dépendance accrue et arrêt plus difficile

5. Histoire et dispositifs de réduction des risques

Notions clés & Définitions

  • Salle de consommation à moindre risque : Structure médico-sociale où des usagers, souvent précaires, consomment des substances illicites dans des conditions moins risquées sous la supervision de professionnels sociaux et sanitaires.

Points essentiels

  • Les évaluations des SCMR montrent chez leurs usagers moins de pratiques à risque infectieux, moins d’overdoses, moins de recours aux urgences et moins d’injections dans l’espace public.

Astuce mémo

Seringues → TSO → CAARUD → SCMR → Haltes Soins Addictions

6. Alcool, sevrage et urgences addictologiques

Notions clés & Définitions

  • Binge drinking : Consommation massive et rapide d’alcool correspondant en France à au moins 6 verres standards en une occasion, avec pour objectif une ivresse rapide.

Points essentiels

📌 Le trouble de l’usage de l’alcool correspond à une conduite addictive évaluée par des critères qualitatifs du DSM-5, tandis que les troubles liés à l’usage correspondent aux conséquences quantitatives de la consommation.

  • Le sevrage alcoolique peut être mortel, notamment par crises épileptiques ou delirium tremens, et doit toujours être accompagné médicalement.

📐 Formule — Selon la formule de Widmark, l’alcoolémie est égale à la quantité d’alcool absorbé en grammes divisée par la quantité totale d’eau corporelle, estimée par le poids multiplié par un coefficient de 0,6 chez la femme et de 0,7 chez l’homme : A=QP×cA = \frac{Q}{P \times c}.

  • Une unité d’alcool correspond notamment à:

    • 10 cl de vin
    • 10 cl de champagne
    • 3 cl de whisky
    • 25 cl de bière à 5 degrés
  • 🔄 La prise en charge du sevrage alcoolique repose sur:

    1. La plus petite dose efficace de benzodiazépine pendant la durée la plus courte
    2. Une surveillance rapprochée
    3. Une hydratation adaptée
    4. Une vitaminothérapie B1 lorsque cela est indiqué
  • Le delirium tremens survient dans 3 à 5 % des sevrages alcooliques, associe confusion agitée et hallucinations, et se traite par benzodiazépines.

Astuce mémo

Trouble de l’usage = conduite qualitative, troubles liés à l’usage = conséquences quantitatives

7. Prise en charge et entretien motivationnel

Notions clés & Définitions

  • Entretien motivationnel : Méthode de communication directive et centrée sur le patient, utilisée pour augmenter sa motivation intrinsèque et l’aider à résoudre son ambivalence.

★ À maîtriser

📌 L’abstinence correspond à l’arrêt total et définitif de la consommation avec prévention de la rechute, tandis que la gestion de consommation vise une diminution significative selon les critères de l’OMS.

  • Les principes fondamentaux sont: exprimer de l’empathie et du non-jugement, développer une conscience des contradictions, composer avec la résistance sans confrontation, renforcer le sentiment d’efficacité personnelle

Compléments

  • Le sevrage comprend généralement: une prise en charge de 5 à 14 jours ou davantage, un bilan des comorbidités, un bilan cognitif, un bilan social, des entretiens familiaux, un travail motivationnel

  • La théorie de la réactance psychologique de Brehm (1981) explique qu’une menace sur le sentiment de liberté peut augmenter la résistance et les comportements opposés au changement.

Astuce mémo

Menace → résistance ; perspectives positives → motivation

8. Dépendance tabagique et sevrage

Notions clés & Définitions

  • Dépendance tabagique : Maladie chronique caractérisée par une perte de contrôle, un syndrome de sevrage et un craving, avec des rechutes fréquentes.

★ À maîtriser

  • La nicotine active le système cérébral de récompense en se fixant aux récepteurs nicotiniques, ce qui entraîne une libération de dopamine et entretient la dépendance.

📌 Le courant primaire est la fumée inhalée par le fumeur, tandis que les courants secondaire et tertiaire contribuent au tabagisme passif.

  • Le tabagisme est la première cause évitable de mort prématurée dans le monde et entraîne au moins 6 millions de décès par an, soit environ 10 % de la mortalité mondiale.

📌 Une valeur de monoxyde de carbone expiré inférieure à 7 ppm est compatible avec l’abstinence, tandis qu’une valeur comprise entre 7 et 15 ppm doit faire évoquer un tabagisme passif ou une intoxication exogène.

  • La prise en charge comprend: la phase de préparation, la phase de sevrage avec arrêt effectif et contrôle des dépendances, la phase de suivi destinée à prévenir la reprise

Compléments

  • La demi-vie plasmatique de la nicotine est courte et variable selon les sujets, de 1 à 4 heures, et son métabolisme dépend notamment du CYP2A6.

Astuce mémo

Dépendance → complications → évaluation → sevrage

9. Addictions comportementales

Notions clés & Définitions

  • Addiction comportementale : Comportement répété entraînant des dommages ou une détresse significatifs, associé à une perte de contrôle et à une altération fonctionnelle persistante.

Points essentiels

📌 Le jeu pathologique se distingue du jeu normal par la régularité, la primauté du jeu sur les autres intérêts, l’optimisme malgré les échecs, la prise de risques excessive et la recherche de sensations fortes. — Edmund BERGLER, the psychology of gambling, 1957

  • 🔄 L’évolution comprend : (Custer, 1970):

    1. la phase de gains
    2. la phase de pertes
    3. la phase de désespoir
  • Les principaux facteurs addictifs comprennent: les résultats rapides, la fréquence des petits gains et des quasi-gains, l’accessibilité des mises, les aspects pseudo-actifs, l’illusion de contrôle, l’absence de regard et de contrôle extérieur

  • La TCC comprend:

    • l’analyse fonctionnelle
    • la restructuration cognitive
    • l’éducation aux probabilités
    • les techniques comportementales
    • la prévention de la rechute

Astuce mémo

Jeu normal ≠ jeu pathologique : plaisir contre perte de contrôle

10. Addictions aux écrans et jeux vidéo

Notions clés & Définitions

  • Addiction comportementale : Comportement répété entraînant des dommages ou une détresse significatifs, associé à une perte de contrôle, persistant dans le temps et provoquant une altération fonctionnelle.

★ À maîtriser

  • 93 % des foyers français sont connectés et 79 % du temps consacré aux usages numériques se fait sur smartphone.

📌 Internet et les écrans sont surtout des vecteurs facilitant des comportements problématiques, comme les jeux d’argent, les achats compulsifs, la pornographie, la sexualité en ligne ou le travail, plutôt que la cause unique d’une addiction aux écrans.

  • La prévalence rapportée de l’addiction à Internet varie de 0,8 % en Italie à 26,7 % à Hong Kong, tandis qu’elle est estimée entre 1,2 % et 4,4 % chez les adolescents européens et à 2 % chez les adultes.

  • Le trouble du jeu vidéo concerne 4 à 16 % des adolescents dans cinq pays européens en 2023, avec une moyenne de 4,7 % et peu d’évolution dans le temps.

  • 🔄 Le continuum clinique évolue:

    1. de l’usage simple ou occasionnel
    2. à l’usage régulier
    3. puis à l’usage addictif

Compléments

  • Les critères d’exclusion comprennent: une meilleure explication par un autre trouble, une altération fonctionnelle résultant d’un choix de vie délibéré, une implication intensive sans détresse ni altération fonctionnelle, une stratégie temporaire de gestion du stress

📌 La prise en charge des conduites numériques problématiques vise généralement le contrôle plutôt que l’abstinence et peut associer thérapie motivationnelle et thérapie cognitivo-comportementale.

Astuce mémo

Internet est un vecteur ; l’addiction concerne le comportement ou le contenu.

11. Addiction sexuelle et chemsex

Notions clés & Définitions

  • Chemsex : Usage de drogues dans l’intention de magnifier la sexualité, souvent entre hommes.

★ À maîtriser

📌 L’addiction sexuelle, aussi appelée hypersexualité ou trouble du comportement sexuel compulsif, reste une notion controversée dont la terminologie n’est pas consensuelle.

  • Les présentations cliniques comprennent: la masturbation compulsive, la dépendance à la pornographie ou au cybersexe, le recours compulsif à la prostitution ou aux rencontres sexuelles, l’hypersexualité, la dépendance à des drogues ou accessoires utilisés pour augmenter le plaisir sexuel

  • 🔄 Le cycle de Carnes associe: faible estime de soi ou dépression, fantasmes sexuels compensatoires, mise en acte et culpabilité, lutte infructueuse pour arrêter, augmentation de l’anxiété et de la faible estime de soi

  • La 3-MMC est un stimulant dérivé de l’amphétamine agissant sur la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine, dont la demi-vie est inférieure à 1 heure et les doses répétées rapportées de 50 à 100 mg.

📌 L’association de GHB ou GBL avec de l’alcool ou des benzodiazépines expose à une overdose, tandis que l’association de poppers avec du Viagra expose à une hypotension sévère et au décès.

Compléments

  • La prévalence de l’addiction sexuelle est estimée entre 3 % et 6 % aux États-Unis.

  • Les abus sexuels dans l’enfance sont retrouvés chez 82 % des patients présentant une addiction sexuelle.

Astuce mémo

Vulnérabilités et malaise → recherche d’apaisement ou d’excitation → sexualité compulsive.

12. Troubles alimentaires et substances psychoactives

Notions clés & Définitions

  • Alliance thérapeutique : Relation de confiance entre le soignant, le patient et sa famille permettant de travailler ensemble à l’engagement du patient dans un processus de changement et de guérison.

★ À maîtriser

  • L’anorexie mentale repose sur une restriction énergétique avec poids significativement faible et peur de prendre du poids, la boulimie sur des crises hyperphagiques avec comportements compensatoires, et le BED sur des crises hyperphagiques sans comportements compensatoires.

  • Dans la boulimie, les crises hyperphagiques et les comportements compensatoires surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois.

  • Dans le BED, les crises hyperphagiques surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois et s’accompagnent d’au moins trois caractéristiques comme manger rapidement, manger jusqu’à une distension pénible ou manger sans faim physique.

  • Les conduites addictives et les troubles alimentaires partagent la dépendance au comportement, la recherche d’effets, la répétition, l’impossibilité de résister aux impulsions et les tentatives infructueuses d’arrêt, mais leurs manifestations et conséquences diffèrent.

  • Les trois classes de substances psychoactives sont:

    • les sédatifs
    • les psychostimulants
    • les psychodysleptiques
  • Pour le dépistage du VHC, les anticorps positifs avec ARN positif indiquent une infection actuelle, les anticorps positifs avec ARN négatif une infection antérieure et les anticorps négatifs avec ARN négatif l’absence d’infection.

  • Les antiviraux à action directe pangénotypiques permettent une guérison de l’hépatite C dans plus de 95 % des cas, quel que soit le génotype ou le degré de fibrose.

Compléments

  • Les âges moyens rapportés sont de 17 ans pour l’anorexie mentale, 18 ans pour la boulimie et 21 ans pour l’hyperphagie boulimique.

  • Les effets aigus des substances sédatives comprennent:

    • l’anxiolyse
    • la relaxation
    • l’antalgie
    • la sédation
    • le coma
    • l’amnésie
    • la dépression respiratoire
  • Les effets aigus des psychostimulants comprennent l’impulsivité, l’agitation, l’hypervigilance, l’euphorie, les signes neurovégétatifs, les risques cardiovasculaires et le délire paranoïaque.

Astuce mémo

Anorexie : restriction ; boulimie : crises avec compensation ; BED : crises sans compensation.

13. Dépistage et prise en charge du VHC

Points essentiels

  • Chez les usagers de drogue, le VHC est associé à des comorbidités fréquentes, notamment l’alcool, le VIH, le VHB et les troubles psychiatriques, ainsi qu’à des situations de précarité, de migration ou d’absence de domicile.

  • L’évaluation de la cirrhose repose sur: les signes cliniques, les analyses biologiques, l’imagerie, les biomarqueurs sériques, la biopsie hépatique percutanée, transjugulaire ou laparoscopique

📌 Chez toute personne présentant une infection chronique par le VHC, une évaluation formelle de la cirrhose par des tests non invasifs est recommandée, et l’histologie hépatique n’est pas requise pour accéder au traitement antiviral.

📌 Chez les usagers de drogue, le VHC doit être dépisté régulièrement, le traitement est indiqué y compris chez les personnes sous traitement de substitution ou injectrices, et le dépistage doit être poursuivi une à deux fois par an après guérison si les pratiques à risque persistent.

Astuce mémo

Dépistage insuffisant → contaminations persistantes et accès aux soins retardé

14. Cocaïne et crack

★ À maîtriser

  • L’offre de cocaïne est passée de 2,1 tonnes en 2001 à 10,8 tonnes en 2011, 27,7 tonnes en 2022 et 54 tonnes en 2024.

  • Le high cocaïnique provoque une euphorie, une augmentation de l’énergie, une tachypsychie, une désinhibition, une hypervigilance, une anorexie et une insomnie, puis le crash entraîne dysphorie, anxiété, fatigue, irritabilité et autodépréciation.

  • Le risque de dépendance à la cocaïne est estimé à 6 à 7 % la première année et à 20 % à long terme.

  • Le syndrome coronarien aigu lié à la cocaïne présente un risque multiplié par 24 dans l’heure suivant la prise, et l’infarctus du myocarde survient dans 4,7 % des douleurs thoraciques associées à la cocaïne.

📌 Il n’existe pas d’antidote spécifique de l’intoxication aiguë à la cocaïne, dont le traitement est symptomatique.

Compléments

  • La cocaïne est extraite des feuilles d’Erythroxylum coca et d’Erythroxylum novogranatense, originaires notamment de Bolivie, de Colombie et du Pérou, qui contiennent 0,5 à 1,5 % de cocaïne.

Astuce mémo

High euphorique versus crash dysphorique

15. Cannabis et traitements opiacés

★ À maîtriser

  • En France, 1,4 million de personnes consomment régulièrement du cannabis, 21 millions l’ont expérimenté et 9 % des usagers développent une dépendance.

📌 Le THC est principalement psychoactif, tandis que le CBD n’est pas considéré comme proprement psychoactif et possède notamment des effets antalgiques, anti-inflammatoires et anticonvulsivants.

  • Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde associe des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements récurrents chez un consommateur chronique de cannabis, avec un soulagement par les douches et bains chauds.

  • Les traitements de substitution utilisés sont:

    • la méthadone
    • la buprénorphine
    • la naloxone
  • Les traitements de substitution aux opiacés ont permis de sauver près de 3 500 vies entre 1995 et 2003 et de diviser par cinq le nombre de surdoses liées à l’héroïne entre 1994 et 2002.

Compléments

  • L’inhalation de cannabis produit des effets en 7 à 10 secondes, tandis que l’absorption orale ou sublinguale agit en 20 à 30 minutes.

16. Grossesse et consommations psychoactives

Notions clés & Définitions

  • Dispositif AMéLYON : Action innovante de prévention et de promotion de la santé, inscrite dans un appel à candidatures de la CPAM pour 2022-2026, destinée notamment à accompagner les mineurs et les majeurs de moins de 21 ans à risque.

★ À maîtriser

  • 🔄 La prise en charge périnatale suit plusieurs étapes: repérage précoce, évaluation des risques, accompagnement addictologique et obstétrical coordonné, suivi de la mère, du nouveau-né et de leur lien

  • Le repérage des consommations pendant la grossesse est rendu incertain par la honte, la culpabilité, la peur du placement de l’enfant, la peur du jugement des soignants, l’auto-stigmatisation, les polyconsommations et le manque d’études permettant de distinguer corrélation et causalité.

  • Pendant la grossesse, tous les produits psychoactifs franchissent la barrière placentaire et sont présents dans le lait maternel, et les risques de fausse couche, d’accouchement prématuré et de souffrance fœtale existent avec tous les produits.

Compléments

📌 L’exposome associe un impact prénatal in utero et un impact post-natal lié aux agressions environnementales, si bien que l’exposition prénatale aux substances n’explique pas à elle seule la détérioration de la santé mentale de l’enfant.

  • Le dispositif AMéLYON propose notamment: des formations, une équipe ressource dans chaque territoire de la métropole de Lyon, une hotline anonyme en addictologie, des permanences en addictologie dans les MDML, des actions d’aller-vers

Astuce mémo

Repérage précoce → accompagnement coordonné → réduction des risques mère-enfant

17. Risques selon les substances

★ À maîtriser

  • Le tabagisme pendant la grossesse augmente le risque de grossesse extra-utérine, de fausse couche spontanée avec un risque relatif de 1,8, de placenta prævia, de malformations labio-palatines, de mort fœtale in utero, de retard de croissance et d’hypotrophie.

  • Dès une cigarette par jour pendant toute la grossesse, le risque de mort inattendue du nourrisson est doublé, et le tabagisme passif du père ou de la mère augmente également ce risque de manière dose-dépendante.

  • Le cannabis est liposoluble et se concentre dans le lait maternel; sa durée de présence dans le lait varie de 6 jours à 6 semaines selon le produit, sa concentration, la fréquence et l’ancienneté de la consommation.

  • L’exposition à la cocaïne entraîne une hypertension et une vasoconstriction intense qui diminuent le flux placentaire, et la fréquence de l’hématome rétroplacentaire est multipliée par 4 ou 5.

📌 Les traitements de substitution par méthadone ou buprénorphine stabilisent l’exposition aux opioïdes, améliorent le suivi médical et obstétrical et diminuent la morbi-mortalité maternelle et fœtale; il ne faut pas les réduire ou les arrêter pour prévenir le syndrome de sevrage néonatal.

  • L’alcool est tératogène pendant toute la grossesse, aucune dose seuil sans risque n’est connue, et le trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale concerne environ 1 à 2 enfants pour 100.

Compléments

  • Le syndrome de sevrage néonatal lié aux opioïdes apparaît en principe dans les 3 jours suivant la naissance, dure généralement de 1 à 3 semaines et concerne 40 à 60 % des bébés exposés aux opioïdes.

Astuce mémo

Le manque opioïde menace le fœtus, tandis que la stabilité par TSO le protège

18. Naloxone et surveillance médicamenteuse

Notions clés & Définitions

  • Overdose opioïde : Dépression respiratoire associée classiquement à un trouble de la conscience, une bradypnée et un myosis.
  • Naloxone : Antagoniste compétitif des récepteurs opioïdes qui déplace les opioïdes fixés, mais dont la demi-vie est courte, d’environ 30 minutes à 1 heure, ce qui impose une surveillance après son administration.
  • Notification spontanée : Déclaration de tout événement suspecté d’être dû à un médicament, notamment un effet indésirable inattendu, lié à un médicament récent, atypique, évitable ou associé à une interaction.
  • Cathinones : Psychostimulants proches de l’amphétamine, dont les formes synthétiques comprennent notamment la méphédrone, l’alpha-PVP, la pentédrone et la 3-MMC.
  • Opioïdes de synthèse : Agonistes des récepteurs opioïdes mu, souvent très puissants, comprenant notamment les fentanyloïdes, les dérivés benzamides et les nitazènes.
  • Réhabilitation psychosociale : Ensemble de procédés visant à aider les personnes souffrant de troubles psychiques à se rétablir sur les plans clinique, fonctionnel, social et personnel.
  • Rétablissement : Processus visant à retrouver un état de bien-être suffisamment bon pour continuer à vivre, avec autodétermination, espoir et participation à la communauté.

Points essentiels

  • La dose standard de naloxone est de 0,4 mg par voie intramusculaire, tandis que la voie intranasale est rapide, facile et dépourvue de premier passage hépatique.

📌 Toute prescription d’opioïdes en France doit être accompagnée d’une proposition de naloxone et de règles de bon usage.

  • Les nouvelles drogues de synthèse ont des effets recherchés proches de ceux des drogues classiques mais des structures chimiques légèrement différentes, et leur apparition s’accompagne souvent de peu de données pharmacotoxicologiques, de difficultés analytiques et d’un vide juridique.

  • Les cathinones inhibent la recapture et augmentent la libération de noradrénaline, de dopamine et de sérotonine, avec parfois une action directe sur les récepteurs adrénergiques alpha et sérotoninergiques 5-HT.

  • L’intoxication aux cathinones peut provoquer un toxidrome sympathomimétique avec ou sans signes sérotoninergiques, des symptômes neuropsychiatriques et cardiovasculaires, une hyperthermie, une rhabdomyolyse ou une coagulation intravasculaire disséminée.

📐 Formule — La puissance du fentanyl est environ 100×100\times celle de la morphine, celle de l’ocfentanil est de 150 aˋ 200×150\text{ à }200\times, celle du métonitazène de 100×100\times, celle du protonitazène de 200×200\times et celle de l’isotonitazène de 500×500\times.

  • Le toxidrome opioïde associe myosis, dépression du système nerveux central et dépression respiratoire, et la naloxone est efficace, avec parfois la nécessité de doses plus élevées qu’avec les opioïdes classiques.

📌 La réhabilitation psychosociale se fonde sur les capacités préservées des personnes afin de compenser au mieux leurs déficits.

  • Le plan de soins individualisé synthétise l’évaluation multidisciplinaire, construit des soins personnalisés selon le stade de rétablissement, les besoins, les attentes et le projet de vie, puis évolue avec le patient et sa motivation.

Astuce mémo

Reconnaître l’overdose → appeler les secours → administrer la naloxone → surveiller

Tableaux de synthèse

Niveaux de consommation

NiveauCaractéristiqueConséquence
Usage simplePas de complication ni dommageRisque néanmoins possible selon la situation
Usage à risqueRisques immédiats ou différésIntoxication, violence ou addiction
AddictionPerte de contrôle et poursuite malgré les conséquencesTrouble chronique et risque de rechute

Étapes du jeu pathologique

PhaseCaractéristiques principales
GainsIllusion de compétence, excitation et augmentation des mises
PertesJeu solitaire, défaites, emprunts, dettes et course au jeu
DésespoirPertes aggravées, panique, dépression et suicidalité

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Addictions médicamenteuses et prise en charge avec 68 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant les usages des substances psychoactives :

2. À propos des substances psychoactives, quelles sont les réponses exactes ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Addictions médicamenteuses et prise en charge avec 90 flashcards interactives.

Quelles substances ont été expérimentées dans toutes les sociétés ?

Toutes les substances psychoactives.

Quelles fins motivent l'expérimentation des substances psychoactives ?

Fins hédoniques, spirituelles ou médicales.

Qu'est-ce qu'une conduite addictive ?

Une consommation exposant à des répercussions liées aux substances psychoactives.

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