★ À maîtriser
📌 L’usage simple n’entraîne ni complication somatique ou psychique ni dommage, tandis que l’usage à risque expose à des risques immédiats, comme l’intoxication et la violence, ou différés, comme l’addiction.
Compléments
📌 L’usage d’une substance est considéré à risque notamment avant la conduite automobile, pendant la grossesse ou en association avec certains médicaments, parfois dès la première consommation.
Usage simple → usage à risque → usage nocif → dépendance
★ À maîtriser
📌 Berridge et Robinson distinguent le wanting, qui correspond à l’incitation à rechercher un stimulus appétitif, le liking, qui correspond à la sensation de plaisir, et le learning, qui correspond aux effets positifs de la récompense sur l’apprentissage.
📐 Formule — Le risque addictif dépend de l’interaction entre les caractéristiques du produit, la vulnérabilité individuelle et l’exposition : .
Compléments
Produit × vulnérabilité × exposition → risque addictif
★ À maîtriser
📌 La dépendance psychique est obligatoire dans l’addiction et constitue son moteur, tandis que la dépendance physique n’est pas obligatoire, varie selon les produits et peut apparaître rapidement chez tout le monde.
Le trouble de l’usage est léger pour 2 ou 3 critères DSM-V, moyen pour 4 ou 5 critères et sévère à partir de 6 critères.
La prévention et la prise en charge reposent notamment sur:
Compléments
Dépendance psychique obligatoire, dépendance physique non obligatoire
★ À maîtriser
Chez les personnes souffrant d’un trouble mental, le taux de tabagisme est 2 à 4 fois supérieur à celui de la population générale et atteint 70 à 80 % chez les patients schizophrènes.
En cas de comorbidité psychiatrique, l’initiation du tabac est plus précoce, la consommation plus importante, la dépendance plus forte et l’arrêt plus difficile, avec davantage de comorbidités psychologiques, cognitives et médicales.
Le cannabis peut induire des symptômes psychotiques dans 15 % des cas, avec des effets psychomimétiques plus marqués chez les personnes vulnérables et selon la dose consommée.
Les études longitudinales et méta-analyses indiquent que la dépendance au cannabis est associée à un risque deux fois plus élevé de troubles psychotiques, notamment en cas de consommation avant 15 ans, d’effet dose-dépendant, de prédisposition schizophrénique ou de polymorphisme de la COMT.
📌 Les soins intégrés associent dans une même prise en charge des interventions addictologiques et psychiatriques multidisciplinaires, au-delà de la simple addition de deux traitements simultanés.
Compléments
📌 Les modèles de réduction des risques sont considérés comme plus appropriés que les modèles d’abstinence, en particulier au début du traitement des comorbidités psychiatriques et addictologiques.
Comorbidité psychiatrique → consommation plus forte, dépendance accrue et arrêt plus difficile
Seringues → TSO → CAARUD → SCMR → Haltes Soins Addictions
📌 Le trouble de l’usage de l’alcool correspond à une conduite addictive évaluée par des critères qualitatifs du DSM-5, tandis que les troubles liés à l’usage correspondent aux conséquences quantitatives de la consommation.
📐 Formule — Selon la formule de Widmark, l’alcoolémie est égale à la quantité d’alcool absorbé en grammes divisée par la quantité totale d’eau corporelle, estimée par le poids multiplié par un coefficient de 0,6 chez la femme et de 0,7 chez l’homme : .
Une unité d’alcool correspond notamment à:
🔄 La prise en charge du sevrage alcoolique repose sur:
Le delirium tremens survient dans 3 à 5 % des sevrages alcooliques, associe confusion agitée et hallucinations, et se traite par benzodiazépines.
Trouble de l’usage = conduite qualitative, troubles liés à l’usage = conséquences quantitatives
★ À maîtriser
📌 L’abstinence correspond à l’arrêt total et définitif de la consommation avec prévention de la rechute, tandis que la gestion de consommation vise une diminution significative selon les critères de l’OMS.
Compléments
Le sevrage comprend généralement: une prise en charge de 5 à 14 jours ou davantage, un bilan des comorbidités, un bilan cognitif, un bilan social, des entretiens familiaux, un travail motivationnel
La théorie de la réactance psychologique de Brehm (1981) explique qu’une menace sur le sentiment de liberté peut augmenter la résistance et les comportements opposés au changement.
Menace → résistance ; perspectives positives → motivation
★ À maîtriser
📌 Le courant primaire est la fumée inhalée par le fumeur, tandis que les courants secondaire et tertiaire contribuent au tabagisme passif.
📌 Une valeur de monoxyde de carbone expiré inférieure à 7 ppm est compatible avec l’abstinence, tandis qu’une valeur comprise entre 7 et 15 ppm doit faire évoquer un tabagisme passif ou une intoxication exogène.
Compléments
Dépendance → complications → évaluation → sevrage
📌 Le jeu pathologique se distingue du jeu normal par la régularité, la primauté du jeu sur les autres intérêts, l’optimisme malgré les échecs, la prise de risques excessive et la recherche de sensations fortes. — Edmund BERGLER, the psychology of gambling, 1957
🔄 L’évolution comprend : (Custer, 1970):
Les principaux facteurs addictifs comprennent: les résultats rapides, la fréquence des petits gains et des quasi-gains, l’accessibilité des mises, les aspects pseudo-actifs, l’illusion de contrôle, l’absence de regard et de contrôle extérieur
La TCC comprend:
Jeu normal ≠ jeu pathologique : plaisir contre perte de contrôle
★ À maîtriser
📌 Internet et les écrans sont surtout des vecteurs facilitant des comportements problématiques, comme les jeux d’argent, les achats compulsifs, la pornographie, la sexualité en ligne ou le travail, plutôt que la cause unique d’une addiction aux écrans.
La prévalence rapportée de l’addiction à Internet varie de 0,8 % en Italie à 26,7 % à Hong Kong, tandis qu’elle est estimée entre 1,2 % et 4,4 % chez les adolescents européens et à 2 % chez les adultes.
Le trouble du jeu vidéo concerne 4 à 16 % des adolescents dans cinq pays européens en 2023, avec une moyenne de 4,7 % et peu d’évolution dans le temps.
🔄 Le continuum clinique évolue:
Compléments
📌 La prise en charge des conduites numériques problématiques vise généralement le contrôle plutôt que l’abstinence et peut associer thérapie motivationnelle et thérapie cognitivo-comportementale.
Internet est un vecteur ; l’addiction concerne le comportement ou le contenu.
★ À maîtriser
📌 L’addiction sexuelle, aussi appelée hypersexualité ou trouble du comportement sexuel compulsif, reste une notion controversée dont la terminologie n’est pas consensuelle.
Les présentations cliniques comprennent: la masturbation compulsive, la dépendance à la pornographie ou au cybersexe, le recours compulsif à la prostitution ou aux rencontres sexuelles, l’hypersexualité, la dépendance à des drogues ou accessoires utilisés pour augmenter le plaisir sexuel
🔄 Le cycle de Carnes associe: faible estime de soi ou dépression, fantasmes sexuels compensatoires, mise en acte et culpabilité, lutte infructueuse pour arrêter, augmentation de l’anxiété et de la faible estime de soi
La 3-MMC est un stimulant dérivé de l’amphétamine agissant sur la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine, dont la demi-vie est inférieure à 1 heure et les doses répétées rapportées de 50 à 100 mg.
📌 L’association de GHB ou GBL avec de l’alcool ou des benzodiazépines expose à une overdose, tandis que l’association de poppers avec du Viagra expose à une hypotension sévère et au décès.
Compléments
La prévalence de l’addiction sexuelle est estimée entre 3 % et 6 % aux États-Unis.
Les abus sexuels dans l’enfance sont retrouvés chez 82 % des patients présentant une addiction sexuelle.
Vulnérabilités et malaise → recherche d’apaisement ou d’excitation → sexualité compulsive.
★ À maîtriser
L’anorexie mentale repose sur une restriction énergétique avec poids significativement faible et peur de prendre du poids, la boulimie sur des crises hyperphagiques avec comportements compensatoires, et le BED sur des crises hyperphagiques sans comportements compensatoires.
Dans la boulimie, les crises hyperphagiques et les comportements compensatoires surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois.
Dans le BED, les crises hyperphagiques surviennent en moyenne au moins une fois par semaine pendant trois mois et s’accompagnent d’au moins trois caractéristiques comme manger rapidement, manger jusqu’à une distension pénible ou manger sans faim physique.
Les conduites addictives et les troubles alimentaires partagent la dépendance au comportement, la recherche d’effets, la répétition, l’impossibilité de résister aux impulsions et les tentatives infructueuses d’arrêt, mais leurs manifestations et conséquences diffèrent.
Les trois classes de substances psychoactives sont:
Pour le dépistage du VHC, les anticorps positifs avec ARN positif indiquent une infection actuelle, les anticorps positifs avec ARN négatif une infection antérieure et les anticorps négatifs avec ARN négatif l’absence d’infection.
Les antiviraux à action directe pangénotypiques permettent une guérison de l’hépatite C dans plus de 95 % des cas, quel que soit le génotype ou le degré de fibrose.
Compléments
Les âges moyens rapportés sont de 17 ans pour l’anorexie mentale, 18 ans pour la boulimie et 21 ans pour l’hyperphagie boulimique.
Les effets aigus des substances sédatives comprennent:
Les effets aigus des psychostimulants comprennent l’impulsivité, l’agitation, l’hypervigilance, l’euphorie, les signes neurovégétatifs, les risques cardiovasculaires et le délire paranoïaque.
Anorexie : restriction ; boulimie : crises avec compensation ; BED : crises sans compensation.
Chez les usagers de drogue, le VHC est associé à des comorbidités fréquentes, notamment l’alcool, le VIH, le VHB et les troubles psychiatriques, ainsi qu’à des situations de précarité, de migration ou d’absence de domicile.
L’évaluation de la cirrhose repose sur: les signes cliniques, les analyses biologiques, l’imagerie, les biomarqueurs sériques, la biopsie hépatique percutanée, transjugulaire ou laparoscopique
📌 Chez toute personne présentant une infection chronique par le VHC, une évaluation formelle de la cirrhose par des tests non invasifs est recommandée, et l’histologie hépatique n’est pas requise pour accéder au traitement antiviral.
📌 Chez les usagers de drogue, le VHC doit être dépisté régulièrement, le traitement est indiqué y compris chez les personnes sous traitement de substitution ou injectrices, et le dépistage doit être poursuivi une à deux fois par an après guérison si les pratiques à risque persistent.
Dépistage insuffisant → contaminations persistantes et accès aux soins retardé
★ À maîtriser
L’offre de cocaïne est passée de 2,1 tonnes en 2001 à 10,8 tonnes en 2011, 27,7 tonnes en 2022 et 54 tonnes en 2024.
Le high cocaïnique provoque une euphorie, une augmentation de l’énergie, une tachypsychie, une désinhibition, une hypervigilance, une anorexie et une insomnie, puis le crash entraîne dysphorie, anxiété, fatigue, irritabilité et autodépréciation.
Le risque de dépendance à la cocaïne est estimé à 6 à 7 % la première année et à 20 % à long terme.
Le syndrome coronarien aigu lié à la cocaïne présente un risque multiplié par 24 dans l’heure suivant la prise, et l’infarctus du myocarde survient dans 4,7 % des douleurs thoraciques associées à la cocaïne.
📌 Il n’existe pas d’antidote spécifique de l’intoxication aiguë à la cocaïne, dont le traitement est symptomatique.
Compléments
High euphorique versus crash dysphorique
★ À maîtriser
📌 Le THC est principalement psychoactif, tandis que le CBD n’est pas considéré comme proprement psychoactif et possède notamment des effets antalgiques, anti-inflammatoires et anticonvulsivants.
Le syndrome d’hyperémèse cannabinoïde associe des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements récurrents chez un consommateur chronique de cannabis, avec un soulagement par les douches et bains chauds.
Les traitements de substitution utilisés sont:
Les traitements de substitution aux opiacés ont permis de sauver près de 3 500 vies entre 1995 et 2003 et de diviser par cinq le nombre de surdoses liées à l’héroïne entre 1994 et 2002.
Compléments
★ À maîtriser
🔄 La prise en charge périnatale suit plusieurs étapes: repérage précoce, évaluation des risques, accompagnement addictologique et obstétrical coordonné, suivi de la mère, du nouveau-né et de leur lien
Le repérage des consommations pendant la grossesse est rendu incertain par la honte, la culpabilité, la peur du placement de l’enfant, la peur du jugement des soignants, l’auto-stigmatisation, les polyconsommations et le manque d’études permettant de distinguer corrélation et causalité.
Pendant la grossesse, tous les produits psychoactifs franchissent la barrière placentaire et sont présents dans le lait maternel, et les risques de fausse couche, d’accouchement prématuré et de souffrance fœtale existent avec tous les produits.
Compléments
📌 L’exposome associe un impact prénatal in utero et un impact post-natal lié aux agressions environnementales, si bien que l’exposition prénatale aux substances n’explique pas à elle seule la détérioration de la santé mentale de l’enfant.
Repérage précoce → accompagnement coordonné → réduction des risques mère-enfant
★ À maîtriser
Le tabagisme pendant la grossesse augmente le risque de grossesse extra-utérine, de fausse couche spontanée avec un risque relatif de 1,8, de placenta prævia, de malformations labio-palatines, de mort fœtale in utero, de retard de croissance et d’hypotrophie.
Dès une cigarette par jour pendant toute la grossesse, le risque de mort inattendue du nourrisson est doublé, et le tabagisme passif du père ou de la mère augmente également ce risque de manière dose-dépendante.
Le cannabis est liposoluble et se concentre dans le lait maternel; sa durée de présence dans le lait varie de 6 jours à 6 semaines selon le produit, sa concentration, la fréquence et l’ancienneté de la consommation.
L’exposition à la cocaïne entraîne une hypertension et une vasoconstriction intense qui diminuent le flux placentaire, et la fréquence de l’hématome rétroplacentaire est multipliée par 4 ou 5.
📌 Les traitements de substitution par méthadone ou buprénorphine stabilisent l’exposition aux opioïdes, améliorent le suivi médical et obstétrical et diminuent la morbi-mortalité maternelle et fœtale; il ne faut pas les réduire ou les arrêter pour prévenir le syndrome de sevrage néonatal.
Compléments
Le manque opioïde menace le fœtus, tandis que la stabilité par TSO le protège
📌 Toute prescription d’opioïdes en France doit être accompagnée d’une proposition de naloxone et de règles de bon usage.
Les nouvelles drogues de synthèse ont des effets recherchés proches de ceux des drogues classiques mais des structures chimiques légèrement différentes, et leur apparition s’accompagne souvent de peu de données pharmacotoxicologiques, de difficultés analytiques et d’un vide juridique.
Les cathinones inhibent la recapture et augmentent la libération de noradrénaline, de dopamine et de sérotonine, avec parfois une action directe sur les récepteurs adrénergiques alpha et sérotoninergiques 5-HT.
L’intoxication aux cathinones peut provoquer un toxidrome sympathomimétique avec ou sans signes sérotoninergiques, des symptômes neuropsychiatriques et cardiovasculaires, une hyperthermie, une rhabdomyolyse ou une coagulation intravasculaire disséminée.
📐 Formule — La puissance du fentanyl est environ celle de la morphine, celle de l’ocfentanil est de , celle du métonitazène de , celle du protonitazène de et celle de l’isotonitazène de .
📌 La réhabilitation psychosociale se fonde sur les capacités préservées des personnes afin de compenser au mieux leurs déficits.
Reconnaître l’overdose → appeler les secours → administrer la naloxone → surveiller
| Niveau | Caractéristique | Conséquence |
|---|---|---|
| Usage simple | Pas de complication ni dommage | Risque néanmoins possible selon la situation |
| Usage à risque | Risques immédiats ou différés | Intoxication, violence ou addiction |
| Addiction | Perte de contrôle et poursuite malgré les conséquences | Trouble chronique et risque de rechute |
| Phase | Caractéristiques principales |
|---|---|
| Gains | Illusion de compétence, excitation et augmentation des mises |
| Pertes | Jeu solitaire, défaites, emprunts, dettes et course au jeu |
| Désespoir | Pertes aggravées, panique, dépression et suicidalité |
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