Fiche de révision : Anti-hypertenseurs et diurétiques

Plan du Cours

  1. Principes de baisse de la pression artérielle
  2. Classes et mécanismes des diurétiques
  3. Surveillance des diurétiques
  4. Bêtabloquants
  5. Inhibiteurs calciques
  6. IEC et ARA II
  7. Anti-hypertenseurs centraux
  8. Surveillance et méthode IDE
  9. Situations cliniques et repères

1. Principes de baisse de la pression artérielle

Points essentiels

  • Les cinq classes privilégiées sont les diurétiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les IEC et les ARA II.

  • La pression artérielle peut être abaissée en réduisant la fréquence ou la force cardiaque, en dilatant les artères, en éliminant le sodium et l’eau, ou en bloquant l’angiotensine II ou son action.

2. Classes et mécanismes des diurétiques

Notions clés & Définitions

  • Diurétique : Augmente l’élimination rénale d’eau et de sodium, diminuant le volume circulant et pouvant ainsi abaisser la pression artérielle.

★ À maîtriser

📌 Les diurétiques de l’anse, comme le furosémide et le bumétanide, ainsi que les thiazidiques, comme l’hydrochlorothiazide, sont hypokaliémiants, tandis que la spironolactone, anti-aldostérone, est hyperkaliémiante.

Compléments

  • Les diurétiques sont aussi utilisés contre les œdèmes et certaines surcharges hydrosodées.

Astuce mémo

L’anse et les thiazidiques font perdre K⁺ ; l’anti-aldostérone le retient.

3. Surveillance des diurétiques

★ À maîtriser

  • Les diurétiques de l’anse sont indiqués notamment dans les surcharges hydrosodées, l’hypertension et les œdèmes liés à certaines insuffisances cardiaques, hépatiques ou rénales.

  • Les principaux risques des diurétiques de l’anse sont la déshydratation, l’hypovolémie, l’hypotension, l’hyponatrémie et surtout l’hypokaliémie.

📌 La surveillance des diurétiques de l’anse comprend la tension artérielle, la diurèse, le poids et les signes de déshydratation ou d’hypovolémie ; l’ionogramme, notamment la natrémie et la kaliémie, est contrôlé sur prescription.

📌 Les thiazidiques exposent notamment à l’hypokaliémie, à la déshydratation et à l’hypotension, tandis que la spironolactone expose à l’hyperkaliémie et à l’hypotension.

Compléments

  • Le furosémide intraveineux peut notamment être utilisé en urgence dans l’œdème aigu du poumon et certaines hyperkaliémies menaçantes.

  • Le furosémide per os est plutôt pris le matin ; son action débute environ 30–60 min après la prise et dure environ 6–8 h.

📌 La surveillance des thiazidiques associe tension artérielle, ionogramme et signes de déshydratation ; celle de la spironolactone associe tension artérielle, kaliémie et fonction rénale selon prescription.

  • La déshydratation peut se manifester par la soif, la sécheresse buccale, le pli cutané, l’oligurie et la fatigue.

4. Bêtabloquants

★ À maîtriser

  • Les bêtabloquants bloquent l’action des catécholamines sur les récepteurs bêta et diminuent la fréquence cardiaque, la conduction auriculo-ventriculaire et la contractilité, ce qui réduit le débit cardiaque, la pression artérielle et le travail cardiaque.

  • Les effets indésirables des bêtabloquants comprennent la bradycardie, l’hypotension, la fatigue et les extrémités froides ; certains peuvent provoquer une bronchoconstriction.

📌 La surveillance d’un traitement bêtabloquant porte sur la tension artérielle et la fréquence cardiaque ; chez une personne diabétique, la surveillance glycémique est renforcée car le traitement peut masquer certains signes d’hypoglycémie.

📌 Un bêtabloquant ne doit jamais être arrêté brutalement.

Compléments

  • Les noms de nombreux bêtabloquants se terminent par « -olol », comme bisoprolol, propranolol, métoprolol et aténolol.

5. Inhibiteurs calciques

★ À maîtriser

  • Les inhibiteurs calciques diminuent l’entrée du calcium dans les muscles impliqués dans la contraction des artères, entraînant leur relâchement, une vasodilatation et une baisse de la pression artérielle.

Compléments

  • Les exemples d’inhibiteurs calciques sont :
    • l’amlodipine
    • l’isradipine
    • la nicardipine
    • le diltiazem
    • le vérapamil

📌 Les œdèmes des membres inférieurs liés à la vasodilatation sous inhibiteur calcique ne répondent pas aux diurétiques.

  • Le diltiazem et le vérapamil peuvent provoquer une bradycardie ; les autres effets à surveiller comprennent l’hypotension, les palpitations, les bouffées vasomotrices, les céphalées et l’asthénie.

6. IEC et ARA II

★ À maîtriser

  • Les IEC bloquent la production d’angiotensine II, qui participe à la vasoconstriction et à la rétention sodée, contribuant ainsi à diminuer la pression artérielle.

  • La toux sèche est un effet indésirable caractéristique des IEC ; ceux-ci peuvent aussi provoquer une hypotension, une hyperkaliémie et une insuffisance rénale fonctionnelle.

📌 Les IEC sont contre-indiqués à partir du quatrième mois de grossesse.

  • Les ARA II, ou sartans, bloquent l’action de l’angiotensine II en occupant ses récepteurs, ce qui diminue la vasoconstriction et la pression artérielle sans bloquer la production de cette hormone.

📌 Les ARA II ne doivent pas être utilisés à partir du quatrième mois de grossesse.

Compléments

  • Les exemples d’IEC sont :
    • le captopril
    • le périndopril
    • le ramipril
    • l’énalapril
    • le lisinopril

📌 La surveillance des IEC porte sur la pression artérielle et la fréquence cardiaque ; la kaliémie et la créatininémie sont contrôlées selon prescription.

  • Les exemples d’ARA II sont :
    • le candésartan
    • le losartan
    • l’olmésartan

📌 La surveillance des ARA II porte sur la pression artérielle, la kaliémie et la fonction rénale selon prescription.

Astuce mémo

IEC : bloque la production d’angiotensine II ; ARA II : bloque son récepteur.

7. Anti-hypertenseurs centraux

★ À maîtriser

  • Les anti-hypertenseurs centraux diminuent les décharges sympathiques des centres vasopresseurs du tronc cérébral, réduisant indirectement les résistances périphériques et la pression artérielle.

  • Les effets indésirables des anti-hypertenseurs centraux comprennent surtout l’hypotension orthostatique, les vertiges, la somnolence et les troubles de la vigilance ; une sécheresse buccale dépend du traitement.

📌 L’arrêt brutal d’un anti-hypertenseur central expose à un effet rebond de l’hypertension artérielle.

Compléments

  • Les anti-hypertenseurs centraux comprennent :
    • la clonidine
    • la méthyldopa
    • la moxonidine
    • la rilminidine

📌 Le support présente les anti-hypertenseurs centraux comme une exception concernant la grossesse, tandis que les autres grandes classes y sont indiquées comme contre-indiquées dans son document général.

8. Surveillance et méthode IDE

★ À maîtriser

  • Avant et après l’administration d’un anti-hypertenseur, l’IDE vérifie l’indication, l’effet attendu, les paramètres à risque, les signes cliniques d’effets indésirables, puis transmet toute anomalie et respecte les prescriptions et protocoles.

Compléments

📌 Pour surveiller un traitement diurétique, il faut penser à la tension artérielle, à la diurèse, au poids, à l’ionogramme et à l’hydratation.

Astuce mémo

Indication → effet attendu → paramètre à risque → signes → transmission.

9. Situations cliniques et repères

Points essentiels

  • Des vertiges au lever, une tension basse et une soif importante sous furosémide font évoquer une hypovolémie ou une déshydratation avec hypotension ; il faut vérifier la tension, la diurèse et les signes cliniques, puis réaliser le bilan biologique selon prescription.

  • Sous spironolactone, l’hyperkaliémie est le risque biologique prioritaire à connaître.

  • Une fréquence cardiaque de 45/min sous bisoprolol évoque l’effet bradycardisant du bêtabloquant et impose de contrôler la situation, de surveiller la fréquence cardiaque et la tension artérielle, puis d’appliquer la prescription ou le protocole.

  • Une toux sèche persistante sous ramipril est un effet indésirable typique des IEC à signaler au médecin.

  • Des œdèmes des chevilles sous amlodipine peuvent être liés à la vasodilatation périphérique et doivent être surveillés cliniquement.

Tableaux de synthèse

Classes d’anti-hypertenseurs

ClasseMécanismeEffet ou risque marquant
DiurétiquesÉlimination d’eau et de sodiumDiminution du volume circulant
BêtabloquantsRéduction de la fréquence et de la contractilitéBradycardie
Inhibiteurs calciquesVasodilatationŒdèmes possibles
IECBlocage de la production d’angiotensine IIToux sèche possible
ARA IIBlocage des récepteurs de l’angiotensine IIHyperkaliémie possible
Anti-hypertenseurs centrauxRéduction de l’activité sympathiqueSomnolence et hypotension orthostatique

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1. Chez une personne hypertendue, quelle stratégie réduit directement la pression artérielle en agissant sur des artères trop serrées ?

2. Quelles sont les cinq classes privilégiées pour abaisser la pression artérielle ?

Faire le QCM →

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Quelles sont les cinq classes privilégiées pour abaisser la pression artérielle ?

Les diurétiques, les bêtabloquants, les inhibiteurs calciques, les IEC et les ARA II.

Comment les bêtabloquants peuvent-ils abaisser la pression artérielle ?

En réduisant la fréquence ou la force cardiaque.

Comment la dilatation des artères abaisse-t-elle la pression artérielle ?

Elle réduit la pression artérielle.

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