★ À maîtriser
L’efficacité d’un désinfectant dépend : de l’inoculum initial, des substances interférentes, de la présence d’un biofilm, des paramètres physicochimiques, notamment le pH, la température et le matériau de la surface
Pour obtenir l’activité recherchée d’un désinfectant, il faut respecter la concentration ou dilution prescrite ainsi que le temps de contact nécessaire.
Le bas niveau de désinfection concerne les sols, surfaces et dispositifs médicaux non critiques et exige une activité bactéricide et fongicide, avec une activité virucide partielle anti-VIH.
Le niveau intermédiaire concerne les dispositifs médicaux semi-critiques thermosensibles et exige les activités du bas niveau, auxquelles s’ajoutent les activités virucide et mycobactéricide.
Le haut niveau concerne les dispositifs médicaux critiques thermosensibles et exige les activités du niveau intermédiaire auxquelles s’ajoute l’activité sporicide.
Compléments
Dans le secteur médical, les désinfectants peuvent relever du statut de dispositif médical au titre de la directive européenne 93/42/CEE ou du statut de biocide au titre du règlement 528/2012.
Les désinfectants utilisés en établissement sanitaire ou médico-social appartiennent au groupe 1 des produits biocides.
Les désinfectants médicaux sont majoritairement de type TP2 pour les surfaces, matériaux, équipements et mobiliers sans contact direct avec les denrées alimentaires, ou TP4 pour les surfaces en contact avec les denrées alimentaires.
Les activités ciblées par les désinfectants sont :
Le matériel non critique, en contact avec la peau intacte ou sans contact avec le patient, relève du risque bas et d’une désinfection de bas niveau.
Le matériel semi-critique, en contact avec une muqueuse ou une peau superficiellement lésée, relève du risque médian et d’une désinfection de niveau intermédiaire.
📌 Le matériel critique, introduit dans le système vasculaire ou dans une cavité ou un tissu stérile, relève du haut risque et nécessite une stérilisation ou, à défaut, un usage unique stérile ; une désinfection de haut niveau est également indiquée.
Bas niveau pour le non-critique, haut niveau pour le critique
★ À maîtriser
📌 Pour choisir un désinfectant, la concentration d’usage doit être supérieure ou égale à la concentration utilisée dans l’essai de la norme la plus défavorable.
Compléments
La phase 1 des normes démontre une activité de base dans les conditions les plus favorables au produit, notamment selon les normes NF EN 1040, NF EN 1275 et NF EN 14347.
La phase 2, étape 1, reproduit des essais in vitro avec substances interférentes et micro-organismes spécifiques, notamment selon NF EN 13727, NF EN 13624, NF EN 14348 et NF EN 14476.
La phase 2, étape 2, évalue l’efficacité sur une surface artificiellement contaminée selon NF EN 14561, NF EN 14562 et NF EN 14563.
La phase 3 des normes correspond à des normes de terrain spécifiques.
Le temps de contact nécessaire à l’efficacité d’un désinfectant peut aller jusqu’à 60 minutes.
Le choix d’un désinfectant doit tenir compte des micro-organismes ciblés, particulièrement du caractère enveloppé ou nu des virus et du type de champignon, levure ou filamenteux.
Les températures d’utilisation considérées pour les désinfectants comprennent l’eau froide à 15 °C et l’eau tiède à 30 °C.
Phase 1 fondamentale → phase 2 en conditions d’application → phase 3 sur le terrain
★ À maîtriser
La flore cutanée résidente est difficile à éliminer, se reconstitue en 4 à 6 heures et est peu pathogène et peu virulente, avec un effet barrière protecteur.
La flore cutanée transitoire est facile à éliminer et est souvent à l’origine d’infections.
L’antisepsie vise à détruire ou éliminer momentanément les micro-organismes sur un tissu vivant et/ou à inactiver les virus, afin de prévenir les infections associées aux soins avant un geste invasif en diminuant l’inoculum.
Compléments
La flore cutanée résidente comprend :
La flore cutanée transitoire comprend :
La flore cutanée est modifiée par :
L’antisepsie peut être utilisée sur peau saine, peau lésée ou muqueuse, et à visée curative pour traiter des plaies ou lésions cutanées infectées.
Résidente protectrice et tenace ; transitoire facile à éliminer et souvent infectieuse
★ À maîtriser
📌 Une activité bactériostatique bloque la croissance bactérienne sans détruire la bactérie et est réversible lorsque le produit est retiré ou n’est plus efficace, tandis qu’une activité bactéricide détruit définitivement la bactérie et est irréversible.
📌 Aucun antiseptique ne couvre l’ensemble des micro-organismes et les antiseptiques n’agissent pas sur les agents transmissibles non conventionnels ou prions.
Compléments
Les normes de base de l’activité antiseptique portent sur :
Les tests de base évaluent in vitro l’activité sur deux souches en l’absence de substances interférentes et recherchent une diminution de 4 à 5 log.
Les normes d’application testent l’activité en présence de substances interférentes afin de se rapprocher des conditions d’utilisation du produit.
Les normes européennes principales citées sont EN 13727 pour les bactéries végétatives, EN 13624 pour les levures et champignons, EN 14476 pour les virus selon le spectre revendiqué et EN 14348 pour les mycobactéries, notamment M. terrae.
La norme EN 1500 concerne la désinfection hygiénique des mains et la norme EN 12791 la désinfection chirurgicale des mains.
L’action des antiseptiques est brutale et rapidement bactéricide, tandis que leur action sur les virus est moins bien connue.
L’ordre croissant de résistance aux antiseptiques va :
L’efficacité d’un antiseptique est persistante après application sans nouvelle application en cas d’effet rémanent, et augmente lors d’applications successives en cas d’effet cumulatif.
Les antiseptiques peuvent être inactivés chimiquement par les matières organiques, les savons ou d’autres antiseptiques, et physiquement par une phase grasse imperméabilisant la peau, la dureté de l’eau ou le pH.
📌 L’efficacité des antiseptiques est maximale sur une peau propre et correctement rincée.
Certaines associations d’antiseptiques sont possibles pour élargir le spectre d’action, mais les effets varient selon les micro-organismes, notamment entre virus enveloppés et nus.
La résistance aux antiseptiques est rarement acquise et constitue un facteur de risque de contamination d’une solution par le micro-organisme résistant.
Adsorption → fixation membranaire → fuite des électrolytes → dénaturation
★ À maîtriser
📌 Pour prévenir le risque infectieux, il est recommandé de privilégier un antiseptique majeur ayant une activité bactéricide, un large spectre et une action rapide.
📌 L’utilisation des antiseptiques exige de respecter les indications, contre-indications, dates de péremption avant ouverture et délais d’utilisation après ouverture, de noter la date d’élimination, de ne pas reconditionner les produits, de manipuler prudemment les flacons multidoses, d’appliquer avec des compresses stériles, d’attendre le séchage complet, d’éviter l’excès et de surveiller la tolérance locale.
Compléments
📌 Les produits d’antisepsie destinés à une peau lésée ou à une peau qui va être lésée relèvent de la réglementation des spécialités pharmaceutiques, tandis que les produits cosmétiques d’hygiène corporelle et de soin de la peau relèvent du règlement cosmétique.
Le délai d’action des antiseptiques majeurs est de 30 secondes à 1 minute.
Le choix d’un antiseptique doit tenir compte :
📌 Sur peau saine, il faut privilégier dès que possible un antiseptique en phase alcoolique contenant au minimum 60 % d’éthanol ou d’isopropanol, car il possède une activité antiseptique propre, potentialise certains antiseptiques et agit rapidement.
📌 Sur peau lésée et sur les muqueuses, il faut utiliser un antiseptique en phase aqueuse.
Les actes à haut risque infectieux comprennent :
Les actes à risque infectieux intermédiaire comprennent :
Les actes à bas risque infectieux comprennent :
Peau saine : phase alcoolique ; peau lésée ou muqueuse : phase aqueuse.
★ À maîtriser
📌 La povidone iodée est contre-indiquée chez le nouveau-né de 0 à 1 mois.
Compléments
La povidone iodée possède un spectre large et une gamme importante de formulations.
Les matières organiques, notamment le sang et les protéines, inhibent l’activité de la povidone iodée.
La solution moussante de povidone iodée sert à la douche préopératoire et à la détersion de la peau saine, des muqueuses et des plaies souillées.
La povidone iodée alcoolique est indiquée pour l’antisepsie de la peau saine, tandis que sa formulation dermique est indiquée sur peau lésée et les muqueuses.
Entre 1 et 30 mois, la povidone iodée ne s’utilise que ponctuellement et avec rinçage.
Chez la femme enceinte aux deuxième et troisième trimestres et pendant l’allaitement, l’utilisation prolongée de povidone iodée est à éviter en raison des risques de surcharge iodée, de dysthyroïdie et de passage placentaire ou lacté.
La povidone iodée ne doit pas être utilisée chez le grand brûlé, car l’absorption accrue peut entraîner un passage de l’iode et une dysthyroïdie.
Une intolérance aux produits de contraste iodés ou une anaphylaxie aux fruits de mer ne constitue pas une contre-indication à la povidone iodée.
La seule allergie vraie à la povidone iodée, exceptionnelle, concerne la polyvinylpyrrolidone qui transporte l’iode.
★ À maîtriser
Compléments
Les dérivés chlorés oxydent les protéines membranaires et chromosomiques selon un mécanisme similaire à celui de l’iode.
L’hypochlorite de sodium est indiqué pour l’antisepsie de la peau, des muqueuses et des plaies, ainsi qu’en cas d’accident d’exposition au sang.
📌 Les matières organiques, les savons et un pH inférieur à 5 inhibent les dérivés chlorés, ce qui impose une détersion préalable au savon doux.
★ À maîtriser
À faible dose, la chlorhexidine altère la membrane bactérienne ou fongique et provoque une fuite des constituants cytoplasmiques.
À forte dose, la chlorhexidine entraîne la précipitation des protéines et des acides nucléiques.
📌 La chlorhexidine ne doit pas être mise en contact avec le cerveau ou les méninges ni pénétrer dans le conduit auditif, car elle est neurotoxique.
Compléments
Les solutions de chlorhexidine sont stables entre pH 5 et 8, et cette molécule cationique est incompatible avec les anions.
En solution alcoolique, la chlorhexidine a un spectre large, une action potentialisée par les alcools, une action rapide et un effet rémanent, avec peu d’interférence avec le sang et les protéines.
📌 La solution moussante de chlorhexidine est indiquée pour la douche préopératoire et la détersion de la peau saine, et la chlorhexidine alcoolique pour l’antisepsie de la peau saine.
📌 La chlorhexidine doit éviter le contact avec l’œil et ne s’utilise ni dans les cavités internes, ni sur peau lésée, notamment brûlée, ni sur les muqueuses, où elle est irritante.
★ À maîtriser
La Biseptine® associe notamment la chlorhexidine au chlorure de benzalkonium, qui possède des propriétés détergentes, et contient seulement 4 % d’alcool benzylique ; elle n’est donc pas considérée comme un antiseptique en phase alcoolique.
L’éthanol à 60° ou 70° est indiqué pour les injections sous-cutanées, intramusculaires ou intraveineuses, les prélèvements sanguins et la manipulation aseptique de dispositifs, comme les robinets de voie veineuse.
Compléments
📌 La Biseptine® est indiquée pour les gestes à bas risque, notamment les injections et les prélèvements sanguins.
📌 L’éthanol à 60° ou 70° ne doit pas être utilisé sur les muqueuses, sur peau lésée ni chez l’enfant de moins de 30 mois, pour lequel un alcool pédiatrique est prévu.
★ À maîtriser
Chez le prématuré, l’immaturité des structures cutanées réduit l’efficacité de la fonction barrière et augmente le risque de pénétration des produits et de toxicité.
Chez le prématuré, il faut éviter les produits en phase alcoolique et les dérivés iodés, utiliser un produit chloré et tamponner l’excédent sans rincer si nécessaire.
Chez le nouveau-né à terme de moins d’un mois, il faut éviter les produits en phase alcoolique et les produits iodés, et utiliser de la Biseptine® ou un produit chloré.
Entre 1 et 30 mois, les produits iodés sont à éviter et, s’ils sont indispensables, nécessitent des précautions d’emploi ; l’alcool à 70° modifié est à éviter en raison des dérivés terpéniques associés au risque de convulsions, tandis que l’alcool pédiatrique à 60 % et la chlorhexidine alcoolique sont autorisés.
Compléments
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1. Après un contact avec une surface contaminée, un patient présente une flore acquise temporairement sur la peau, facile à retirer et souvent impliquée dans les infections. De quelle flore s’agit-il ?
2. Un prématuré nécessite une antisepsie cutanée et un excédent de produit reste sur la peau. Quelle conduite convient ?
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Qu’est-ce que l’asepsie ?
La mise en œuvre de moyens visant à maintenir un organisme vivant ou un milieu inerte exempt de micro-organismes.
Quel est le résultat temporel d’une désinfection ?
Son résultat est momentané.
Sur quels milieux la désinfection agit-elle ?
Sur des milieux inertes contaminés.
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