★ À maîtriser
En France, environ 400 000 personnes se brûlent chaque année, 12 000 consultent aux urgences, 8 000 à 9 000 sont hospitalisées pour brûlure grave et environ 200 décèdent, soit une mortalité de 2,5 %.
Les enfants de moins de 5 ans représentent 28,8 % des hospitalisés pour brûlure et leur incidence est de 61 pour 100 000, contre 10 pour 100 000 chez les adultes de moins de 85 ans et 14 pour 100 000 après 85 ans.
Les brûlures sont accidentelles dans 93,7 % des cas ; les liquides chauds sont la première cause chez les 0-14 ans, les solides chauds la deuxième chez les moins de 5 ans, et le feu, les flammes et les fumées la deuxième cause en population générale.
Compléments
Les hommes sont plus touchés que les femmes, dans un rapport d’environ 5 pour 3.
Les brûlures graves représentent 5,3 % des brûlures chez les 0-4 ans et 3,5 % chez les 5-14 ans, contre 9,5 à 15,7 % après 15 ans ; elles constituent chez l’enfant la première cause accidentelle d’hospitalisation longue et de séquelles et la deuxième cause de mortalité accidentelle.
★ À maîtriser
📌 Une brûlure est grave si elle atteint au moins 20 % de la surface corporelle chez un enfant de moins de 5 ans, au moins 30 % chez une personne de plus de 5 ans, ou si elle atteint les voies respiratoires.
📌 Une brûlure du deuxième degré profond atteint l’épiderme et le derme profond et nécessite une greffe, tandis qu’une brûlure du deuxième degré superficiel atteint le derme superficiel et guérit en environ 15 jours.
Compléments
La paume de la main, doigts compris, représente environ 1 % de la surface corporelle.
La table de Lund et Browder tient compte des proportions corporelles qui changent avec l’âge et est indispensable chez l’enfant.
Une brûlure du premier degré atteint l’épiderme, provoque un érythème et guérit en environ 7 jours.
★ À maîtriser
La peau assure une barrière contre les pathogènes, la pollution, les UV et la déshydratation, participe à la thermorégulation et synthétise notamment la vitamine D.
Les cellules souches de la couche basale se divisent de manière symétrique ou asymétrique et produisent des kératinocytes qui se différencient pour former l’épithélium pluristratifié.
La jonction dermo-épidermique assure l’adhérence entre les kératinocytes basaux et le derme superficiel grâce aux kératines CK5 et CK14, aux hémidesmosomes, aux laminines, au collagène IV, au nidogène, au perlecane et au collagène VII.
Les fibroblastes dermiques produisent la matrice extracellulaire, dont les collagènes contribuent à la fermeté, l’élastine à l’élasticité et l’acide hyaluronique à la rétention d’eau, et participent à la cicatrisation.
Compléments
La peau mesure 1,2 à 2,3 m², représente 16 % du poids corporel, compte environ 3 millions de cellules par cm² et a une épaisseur de 2 à 4 mm.
La peau comprend :
Les marqueurs épidermiques se répartissent selon le stade de différenciation :
★ À maîtriser
La phase vasculaire et inflammatoire débute par la rupture vasculaire et la coagulation, puis l’activation plaquettaire forme un caillot et une croûte, tandis que des cellules immunitaires sont recrutées et que les fibroblastes s’activent.
Pendant la prolifération, le tissu de granulation se forme, les fibroblastes deviennent des myofibroblastes contractiles, l’angiogenèse est intense et les kératinocytes migrent horizontalement puis prolifèrent verticalement pour reconstruire l’épithélium.
Dans une brûlure du deuxième degré profond, les kératinocytes des annexes cutanées, notamment des poils et des glandes sébacées, reconstruisent l’épiderme.
Compléments
Pendant la maturation, la matrice extracellulaire est remodelée, le collagène III est remplacé par le collagène I et l’élastine, les fibres se réorganisent selon les lignes de tension et le réseau vasculaire se normalise.
Les myofibroblastes proviennent surtout des fibroblastes dermiques des zones non lésées ; lorsque la brûlure est très étendue, des cellules de la moelle osseuse participent aussi à leur origine.
★ À maîtriser
Les cellules de Langerhans sont les seules cellules myéloïdes permanentes de l’épiderme et présentent l’antigène via le CMH II aux lymphocytes T naïfs.
Les DAMPs libérés par des cellules stressées ou nécrosées et les PAMPs propres aux pathogènes sont reconnus par des récepteurs PRR, ce qui active les voies NF-κB et MAPK et déclenche la production de cytokines et de chimiokines.
Compléments
Les cellules dendritiques dermiques sont mobiles et peuvent induire des lymphocytes T CD8+ cytotoxiques ou activer les lymphocytes T mémoire résidents.
Les macrophages assurent la phagocytose, la présentation antigénique et la cicatrisation ; ils proviennent soit de progéniteurs embryonnaires à CMH II faible présents dès la naissance, soit de monocytes à CMH II élevé renouvelés tous les 10 jours.
Les lymphocytes Th1 sont associés à IL-12 et IFN-γ et produisent IFN-γ et TNF-α ; les Th2 sont associés à IL-2 et IL-4 et produisent IL-4 et IL-13 ; les Th17 sont associés à IL-2 et IL-23 et produisent IL-17A et IL-22.
Les neutrophiles sont produits par la moelle à raison de 100 milliards par jour, représentent 60 à 70 % des leucocytes sanguins et assurent la phagocytose, la libération de granules bactéricides et la formation de pièges extracellulaires d’ADN et de protéines antimicrobiennes.
★ À maîtriser
🔄 Les premiers soins suivent cet ordre :
La prise en charge d’une brûlure du deuxième degré profond comprend la désinfection et le décapage de la plaie, l’excision-greffe, une immobilisation initiale de quelques jours pour permettre la prise de greffe, puis la rééducation et l’ergothérapie, avec le port d’une attelle de positionnement pouvant se prolonger pendant 6 mois.
Compléments
Pour protéger la brûlure, le cours cite un linge propre, un gel rafraîchissant, la Biafine et la Flammazine, et déconseille l’éosine et le mercurochrome.
La prise en charge des brûlures est multidisciplinaire.
Refroidir, protéger, soulager, puis consulter.
★ À maîtriser
L’autogreffe est une peau mince de 0,15 à 0,25 mm prélevée au dermatome sur une zone saine du patient, notamment la face interne des cuisses, le cuir chevelu ou le dos.
Les xénogreffes de porc ou de poisson, notamment tilapia ou cabillaud, riches en collagène I, couvrent temporairement les grands brûlés lorsque l’autogreffe immédiate est impossible.
Compléments
Une autogreffe peut être continue, expansée en mailles ou réalisée en pastilles.
Les xénogreffes sont rejetées naturellement en quelques jours ou semaines et présentent un risque de xénozoonose lié notamment aux rétrovirus endogènes porcins.
Les allogreffes proviennent de donneurs vivants ou décédés, consentants et anonymes, dans le cadre d’un don gratuit, et ont les mêmes indications et limites que les xénogreffes.
Les produits d’ingénierie tissulaire cités sont :
L’autogreffe vient du patient ; xénogreffe et allogreffe apportent une couverture temporaire.
★ À maîtriser
La peau mince continue est indiquée pour les brûlures couvrant moins de 10 % de la surface corporelle.
La greffe en filet est indiquée pour une brûlure couvrant plus de 10 % et moins de 30 % de la surface corporelle, avec une expansion maximale de 1:6.
Rheinwald et Green décrivent en 1975 une culture épithéliale autologue à partir de kératinocytes issus d’une biopsie de 1 à 3 cm², amplifiés pendant 3 à 4 semaines sur des fibroblastes murins NIH3T3 irradiés.
Compléments
La greffe en filet peut entraîner des pertes hydroélectrolytiques, des cicatrices hypertrophiques et des rétractions au site donneur, particulièrement chez l’enfant en croissance, ainsi que des cicatrices disgracieuses.
Les microgreffes utilisent des pièces de 200 × 200 μm et permettent une expansion par 10 ; leur première réalisation est attribuée à Reverdin à Genève en 1869 et leur méthode est décrite par Gabarro en 1943.
Les résultats esthétiques et fonctionnels des microgreffes sont inconstants.
Pour la culture épithéliale autologue, les kératinocytes sont amplifiés sur une couche nourricière de fibroblastes murins NIH3T3 irradiés, les feuillets sont détachés à la dispase, fixés sur une gaze vaselinée puis transférés sur la plaie.
Les feuillets de culture épithéliale autologue ont 8 à 10 cellules d’épaisseur et permettent une expansion supérieure à 1:10 000.
Sans reconstruction dermique, la culture épithéliale autologue produit une cicatrice médiocre, mais peut sauver des vies en assurant une couverture épidermique.
Les limites de la culture épithéliale autologue sont : le temps de culture long, le coût élevé, la sensibilité aux infections bactériennes et fongiques, la qualité médiocre, l’absence de jonction dermo-épidermique, la variabilité de la prise
★ À maîtriser
Les cellules préconfluentes en suspension de CellSpray® peuvent être utilisées après 4 à 13 jours, contre 17 à 30 jours pour les feuillets, et leur coût est moindre.
Le kit ReCell® prépare une suspension de cellules épidermiques à partir de la peau du patient ; il a été lancé en Europe en juin 2005 par C3, devenue AVITA Medical.
Compléments
La culture épithéliale autologue Epicel® n’est plus commercialisée en Europe depuis 2014.
La greffe en suspension de cellules épidermiques a été décrite par Billingham et al. en 1957 et par Hunyadi en 1988.
Le prépuce est présenté comme un site donneur optimal car la peau y est fine, disponible après circoncision et facile à manipuler ; les sites également testés sont l’oreille, le tronc et la région inguinale.
L’épiderme préputial est plus épais et contient davantage de cellules Ki67+ proliférantes, tandis que l’épiderme inguinal exprime peu CK10 et contient donc davantage de cellules immatures.
Le rendement d’isolement des kératinocytes préputiaux est supérieur ; les kératinocytes inguinaux prolifèrent davantage par cellule que les auriculaires, et leurs capacités rapportées à la surface de peau sont comparables à celles des kératinocytes préputiaux.
Les fibroblastes préputiaux prolifèrent davantage, tandis que les fibroblastes auriculaires expriment davantage de gènes de matrice extracellulaire, notamment la versicane, la fibronectine et le collagène I, ainsi que l’IL-19.
L’élastine est moins abondante dans les dermes reconstruits à partir de fibroblastes adultes, et l’épiderme reconstruit sur un derme de fibroblastes préputiaux semble légèrement mieux structuré.
Teste tes connaissances sur Greffes cutanées des brûlures avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. En France, sur environ 400 000 personnes qui se brûlent chaque année, quel ordre de grandeur correspond aux décès annuels liés aux brûlures ?
2. Dans une enquête portant sur les causes de brûlures, quel profil correspond aux données observées chez les enfants de 0 à 14 ans ?
Mémorisez les concepts clés de Greffes cutanées des brûlures avec 10 flashcards interactives.
Combien de personnes se brûlent chaque année en France ?
Environ 400 000 personnes.
Quel seuil de surface corporelle brûlée rend une brûlure grave chez un enfant de moins de 5 ans ?
Au moins 20 % de la surface corporelle.
Quel rapport décrit la fréquence des brûlures chez les hommes et les femmes ?
Environ cinq hommes pour trois femmes.
Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.
Générateur de fiches