Fiche de révision : Antiviraux et infections virales

Plan du Cours

  1. Herpesviridae et infections latentes
  2. HSV et traitements antiviraux
  3. Varicelle, zona et prévention
  4. VIH et classes antirétrovirales
  5. Hépatite B et traitement
  6. Hépatite C et prise en charge
  7. COVID-19 et personnes à risque
  8. Prévention et vaccination contre le COVID
  9. Antiviral du COVID-19

1. Herpesviridae et infections latentes

★ À maîtriser

  • Les principaux Herpesviridae cités sont :

    • HSV-1 et HSV-2
    • VZV, ou HSV-3
    • EBV, ou HHV-4, associé à la mononucléose infectieuse
    • CMV, ou HHV-5, le plus souvent responsable d’infections bénignes
  • Après une primo-infection, les infections à Herpesviridae restent latentes à vie et peuvent se réactiver lors d’un stress ou d’une immunodéficience, notamment après une greffe ou en cas de VIH.

Compléments

  • Les infections à Herpesviridae peuvent être mortelles chez les nouveau-nés et les personnes immunodéprimées, notamment les patients atteints du VIH ou les personnes greffées.

Astuce mémo

Primo-infection → latence à vie → réactivation

2. HSV et traitements antiviraux

★ À maîtriser

📌 HSV-1 se localise principalement dans la cavité orale, connaît une primo-infection précoce et est principalement responsable de l’herpès labial, tandis que HSV-2 est l’autre type d’herpès simplex cité dans le cours.

  • 🔄 L’action de l’aciclovir suit cette séquence :
    1. Une enzyme virale des cellules infectées assure la première phosphorylation de l’aciclovir
    2. L’aciclovir est transformé en aciclovir-triphosphate
    3. L’aciclovir-triphosphate inhibe la synthèse de l’ADN viral et empêche la multiplication du virus

📌 Le valaciclovir est une prodrogue de l’aciclovir dont la meilleure biodisponibilité permet des concentrations plus élevées et une administration orale réduite à deux prises par jour, contre cinq prises par jour pour l’aciclovir oral.

Compléments

  • Les infections herpétiques sont le plus souvent bénignes, mais peuvent prendre des formes graves, notamment des méningo-encéphalites, un syndrome de Kaposi ou un herpès oculaire, et être particulièrement préoccupantes chez les nouveau-nés, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.

📌 L’aciclovir par voie IV est utilisé en urgence notamment en cas d’encéphalite herpétique, pour prévenir l’herpès néonatal et pour prévenir le VZV chez les personnes immunodéprimées ou les femmes enceintes quelques jours avant l’accouchement.

📌 En cas d’insuffisance rénale, la posologie de l’aciclovir oral ou IV doit être réduite, car le médicament est principalement éliminé sous forme inchangée dans les urines ; ses effets indésirables cités sont les céphalées et les troubles digestifs.

3. Varicelle, zona et prévention

★ À maîtriser

  • La primo-infection par le VZV provoque la varicelle, dont l’incubation dure deux à trois semaines et qui se manifeste par une éruption vésiculeuse ; de petites épidémies surviennent en fin d’hiver et au printemps, surtout chez les enfants de six à huit ans.

  • La varicelle est très contagieuse et se transmet par les vésicules ainsi que par voie respiratoire.

📌 La réactivation du VZV provoque un zona caractérisé par une éruption vésiculeuse localisée autour d’un nerf sensitif, avec douleurs et sensations de brûlure ; une atteinte de la branche ophtalmique peut toucher la cornée et une compression du nerf facial peut provoquer une paralysie faciale.

📌 Le zona grave ou survenant chez un patient immunodéprimé est traité par aciclovir IV, tandis que le valaciclovir oral est utilisé pour le zona chez le patient immunocompétent.

Compléments

  • Le traitement symptomatique comprend : un à deux lavages ou douches fraîches par jour, la désinfection à la chlorhexidine, la coupe des ongles des enfants pour éviter les lésions de grattage

  • Le vaccin Shingrix contre le zona s’administre par voie intramusculaire en deux doses espacées de deux mois, sans dose de rappel nécessaire, et peut être administré en même temps que les vaccins contre la grippe, le dTP ou le pneumocoque.

  • La HAS préconise la vaccination contre le zona des adultes immunocompétents de 65 ans et plus, préférentiellement avec Shingrix.

Astuce mémo

Varicelle diffuse, zona localisé autour d’un nerf sensitif

4. VIH et classes antirétrovirales

Notions clés & Définitions

  • SIDA : Syndrome d’immunodéficience acquise dû au VIH, qui entraîne une chute des défenses naturelles.

★ À maîtriser

  • Le VIH se fixe aux récepteurs CD4 des lymphocytes T grâce à ses protéines de surface, fusionne sa membrane avec celle de la cellule, puis s’y multiplie ; la baisse des CD4 entraîne une diminution des défenses immunitaires et le développement de maladies opportunistes.

  • Les personnes atteintes du SIDA meurent des infections opportunistes, et non directement du SIDA ; le traitement vise à freiner la baisse des lymphocytes T CD4 et à prévenir la progression vers ce stade.

📌 Les inhibiteurs de la transcriptase inverse empêchent la transformation de l’ARN viral en ADN proviral, tandis que les inhibiteurs de la protéase s’opposent à la maturation des éléments constitutifs des futurs virus et entraînent la production de virions inactifs.

📌 Le traitement antirétroviral associe plusieurs médicaments appartenant à des classes thérapeutiques différentes et visant des cibles différentes.

  • L’objectif du traitement antirétroviral est de maintenir une charge virale indétectable, inférieure à 50 copies/ml, et un taux de CD4 supérieur à 500/mm3 ; après le début du premier traitement, la charge virale plasmatique doit devenir indétectable au plus tard à six mois.

Compléments

  • Les cibles virales citées sont :
    • l’entrée du virus dans la cellule
    • la transcriptase inverse
    • l’intégrase
    • la protéase

📌 Les inhibiteurs d’entrée empêchent l’infection de la cellule, notamment l’enfuvirtide, inhibiteur de fusion, et le maraviroc, inhibiteur du corécepteur CCR5 ; le raltégravir inhibe l’intégrase et empêche l’ADN proviral de s’intégrer à l’ADN de la cellule infectée.

5. Hépatite B et traitement

★ À maîtriser

  • Le VHB se transmet principalement par voie sexuelle et par voie parentérale, notamment par contact avec du sang ou échange de seringues contaminées.

  • L’hépatite B aiguë est asymptomatique dans la majorité des cas et guérit dans 90 à 95 % des cas ; près d’un cas sur cent est fulminant et le plus souvent mortel sans transplantation.

📌 L’hépatite B aiguë ne nécessite pas de traitement antiviral ; le repos est recommandé et il faut éviter l’alcool et les médicaments hépatotoxiques, qui sont contre-indiqués.

📌 Le traitement de l’hépatite B chronique vise une suppression durable de la multiplication virale et repose soit sur la stimulation immunitaire par l’interféron, soit sur le blocage de la réplication par des analogues nucléosidiques.

Compléments

  • L’hépatite B devient chronique dans 10 % des cas.

  • L’interféron Roferon® ou Introna® s’administre par voie sous-cutanée trois fois par semaine pendant quatre à six mois ; ses effets indésirables cités comprennent un syndrome pseudo-grippal pendant 72 heures, l’anorexie dans 75 % des cas, la diarrhée dans 50 % des cas et la neutropénie ou thrombopénie dans 32 % des cas.

  • Le ténofovir, analogue nucléosidique actif contre le VIH en association avec d’autres antirétroviraux et contre le VHB, s’administre par voie orale avec une posologie réduite en cas d’insuffisance rénale ; il est assez bien toléré, mais un échappement virologique lié à des mutants résistants est possible.

Astuce mémo

Hépatite B aiguë : pas de traitement antiviral ; chronique : interféron ou analogues nucléosidiques

6. Hépatite C et prise en charge

★ À maîtriser

  • Environ 3 % de la population mondiale présente une infection chronique par le VHC, et l’hépatite C chronique est une cause majeure de cirrhose et de carcinome hépatocellulaire.

  • Les modes de contamination ou situations cités sont :

    • la toxicomanie intraveineuse
    • les infections nosocomiales
    • la transmission mère-enfant
    • la transmission sexuelle
    • le tatouage ou piercing
    • les causes inconnues
  • Le traitement de l’hépatite C chronique décrit dans le cours associe la ribavirine au peginterféron, à raison de 180 μg d’interféron par semaine et de 800 à 1200 mg de ribavirine par jour pendant 24 à 48 semaines.

📌 Avec ribavirine et peginterféron, les génotypes 2 ou 3 donnent un taux de réponse de 80 à 90 %, tandis que les génotypes 1 ou 4 donnent un taux de réponse de 30 à 50 %.

Compléments

  • Les effets indésirables cités sont :
    • asthénie
    • alopécie
    • anxiété
    • céphalées
    • dépression
    • insomnie
    • syndrome pseudo-grippal
    • troubles digestifs et cutanés
    • troubles hématologiques

📌 Avant le traitement de l’hépatite C, le patient et son entourage doivent être informés ; un suivi psychologique aide à soutenir l’observance et à accompagner les effets indésirables.

7. COVID-19 et personnes à risque

Notions clés & Définitions

  • COVID-19 : Maladie infectieuse virale respiratoire causée par le coronavirus SARS-CoV-2.

★ À maîtriser

  • Le 11 mars 2020, l’OMS déclare que l’épidémie de COVID-19 est une pandémie.

  • Les principaux symptômes comprennent : fièvre ou sensation de fièvre, toux, essoufflement ou oppression thoracique, maux de tête, courbatures ou fatigue inhabituelle, perte brutale de l’odorat sans obstruction nasale, disparition totale du goût, diarrhée

  • Les personnes vulnérables risquent davantage de développer une forme grave du COVID-19 ; les formes graves peuvent entraîner des difficultés respiratoires nécessitant une hospitalisation en réanimation.

Compléments

  • Fin 2019, la maladie due au COVID-19 apparaît en Chine, et le virus est découvert début janvier 2020.

  • Les signes d’alerte chez une personne âgée comprennent : une altération brutale de l’état général, l’apparition ou l’aggravation des capacités mentales, un état de confusion, des chutes répétées, l’aggravation rapide d’une maladie déjà connue

8. Prévention et vaccination contre le COVID

★ À maîtriser

  • La vaccination est recommandée aux groupes suivants : les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes dès six mois présentant des comorbidités à risque de forme grave, les personnes immunodéprimées, les femmes enceintes, les résidents d’Ehpad ou d’USLD, les personnes à très haut risque selon décision médicale partagée, les personnes en contact régulier avec des personnes vulnérables ou immunodéprimées

  • Le COVID-19 se transmet directement par des postillons porteurs du virus ou indirectement lorsqu’une personne touche une surface souillée puis ses yeux, sa bouche ou son nez.

  • Les gestes barrières recommandés comprennent le lavage régulier des mains ou l’utilisation d’une solution hydroalcoolique, la toux ou l’éternuement dans le coude ou un mouchoir à usage unique, le rejet du mouchoir après usage, l’évitement du contact avec le visage, une distance d’au moins deux mètres, les salutations sans poignée de main ni embrassade, le port d’un masque chirurgical ou FFP2, la limitation des contacts et l’aération fréquente des pièces.

Compléments

  • Le 1er août 2022, les dispositions relatives à l’état d’urgence sanitaire prennent fin en France.

  • Le vaccin monovalent adapté au variant circulant LP.8.1 est Comirnaty® LP.8.1 ; Pfizer a obtenu son autorisation de mise sur le marché le 25 juillet 2025.

  • Les précautions recommandées aux personnes vulnérables sont : évaluer leur situation avec leur médecin, limiter si possible leurs déplacements, privilégier les périodes peu fréquentées pour les transports ou les courses, privilégier le télétravail si possible, continuer leurs médicaments et leurs rendez-vous médicaux

9. Antiviral du COVID-19

★ À maîtriser

  • Un antiviral contre le COVID-19 est indiqué lorsque les symptômes le justifient ou chez les patients à risque de forme grave, quel que soit leur âge ou leur statut vaccinal, ainsi que chez les patients de plus de 65 ans, quel que soit leur statut vaccinal.

  • Le nirmatrelvir/ritonavir (Paxlovid®) est le traitement antiviral de première intention du COVID-19 et doit être administré le plus précocement possible, idéalement dans les cinq jours suivant l’apparition des symptômes, pendant cinq jours.

  • Dans le Paxlovid®, le nirmatrelvir du comprimé rose bloque une enzyme nécessaire à la réplication du SARS-CoV-2, tandis que le ritonavir du comprimé blanc augmente la concentration sanguine du nirmatrelvir par inhibition enzymatique.

  • Chez l’adulte, le Paxlovid® se prend à raison de deux comprimés roses et d’un comprimé blanc deux fois par jour pendant cinq jours, soit quatre comprimés roses et deux comprimés blancs par jour.

Compléments

📌 Le Paxlovid® est indiqué dans la situation décrite d’un test positif chez un patient non oxygéno-requérant présentant un risque d’évolution vers une forme grave.

📌 En cas d’insuffisance rénale, la dose de Paxlovid® est réduite à un comprimé rose et un comprimé blanc deux fois par jour ; le traitement comporte de nombreuses interactions médicamenteuses.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Antiviraux et infections virales avec 32 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel virus de la famille des Herpesviridae est associé à la mononucléose infectieuse ?

2. Après une primo-infection par un Herpesviridae, quelle évolution peut survenir lors d’un stress ou d’une immunodéficience ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Antiviraux et infections virales avec 70 flashcards interactives.

Quels virus humains appartiennent aux Herpesviridae ?

HSV-1, HSV-2, VZV, HHV-4 et HHV-5.

À quelle maladie le virus Epstein-Barr HHV-4 est-il associé ?

À la mononucléose infectieuse.

Quelle est la gravité habituelle des infections à cytomégalovirus HHV-5 ?

Elles sont le plus souvent bénignes.

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