Fiche de révision : Genre et santé des femmes

Plan du Cours

  1. Différence, inégalité et discrimination
  2. Égalité, équité et inclusion
  3. Sexe, genre et hiérarchie sociale
  4. Critères biologiques de différenciation sexuelle
  5. Inégalités générales de santé
  6. Maladies cardiovasculaires et genre
  7. Sexe, genre et maladies cardiovasculaires
  8. AVC et objectifs de rééducation
  9. Ostéoporose et biais diagnostiques
  10. Endométriose et prise en charge de la douleur
  11. Évolution de la recherche médicale
  12. Innovations et diversité des soins
  13. Éviter androcentrisme et essentialisme
  14. Réflexes cliniques essentiels

Repères chronologiques

  1. 1993Les femmes sont incluses aux États-Unis dans les essais cliniques soutenus par la NIH.
  2. 1995L’OMS se dote d’un département « Femmes, genre et santé ».
  3. 1997Les normes diagnostiques de densité osseuse étaient établies uniquement à partir de populations féminines, ce qui pouvait retarder le diagnostic chez les hommes.
  4. 2008Le Conseil de l’Europe reconnaît le genre comme un déterminant de santé.
  5. 2016Les protocoles de recherche intègrent systématiquement le principe du « sex as a biological variable ».
  6. 1er octobre 2026La loi de financement de la Sécurité sociale prévoit le remboursement des protections périodiques réutilisables.

1. Différence, inégalité et discrimination

Notions clés & Définitions

  • Différence : Constat factuel neutre distinguant deux éléments comparés, sans jugement de valeur ni hiérarchie.
  • Inégalité : Hiérarchie entre des situations, avec un avantage et un désavantage, soulevant une question de justice ou d’injustice.
  • Discrimination : Traitement défavorable juridiquement caractérisé lorsqu’il repose sur un critère reconnu par la loi et intervient dans un domaine défini par la loi.

★ À maîtriser

📌 La qualification juridique d’une discrimination exige un traitement défavorable, un critère reconnu par la loi et un domaine défini par la loi, mais ne nécessite pas l’intention de discriminer.

Compléments

  • L’article 1110-3 du Code de la santé publique interdit toute discrimination dans l’accès à la prévention ou aux soins.

Astuce mémo

Différence neutre, inégalité hiérarchique, discrimination juridique

2. Égalité, équité et inclusion

Notions clés & Définitions

  • Inclusion : Démarche qui cherche à supprimer les obstacles plutôt qu’à seulement compenser leurs effets par une aide adaptée.

★ À maîtriser

📌 L’égalité consiste à donner la même chose à chacun, tandis que l’équité adapte les ressources aux besoins individuels afin que chacun puisse atteindre le résultat recherché.

Compléments

  • Les abaissements de trottoirs conçus notamment pour les personnes en fauteuil roulant facilitent aussi les déplacements des parents avec poussette, des personnes âgées avec un chariot et de professionnels utilisant du matériel roulant.

Astuce mémo

Devant la palissade, égalité = mêmes caisses, équité = aide adaptée, inclusion = palissade supprimée

3. Sexe, genre et hiérarchie sociale

Notions clés & Définitions

  • Sexe : Caractéristiques biologiques, notamment anatomiques, physiologiques et métaboliques, généralement considérées comme stables.
  • Genre : Construction culturelle et sociale comprenant des normes qui varient selon les époques et les sociétés.
  • Système de genre : Bicatégorisation des rôles, métiers et activités en catégories masculine et féminine, ainsi que hiérarchie qui valorise globalement davantage le masculin.
  • Identité de genre : Manière dont une personne s’identifie elle-même, notamment comme femme ou comme homme.

Points essentiels

  • Françoise Héritier nomme « valence différentielle des sexes » la valorisation globalement supérieure du masculin par rapport au féminin, malgré les variations historiques et sociales du contenu de ces catégories.

  • La féminisation d’une profession tend souvent à s’accompagner d’une baisse de son prestige social et fréquemment de sa valorisation économique.

4. Critères biologiques de différenciation sexuelle

★ À maîtriser

  • 🔄 La recherche du critère différenciant les sexes s’est déplacée ainsi :

    1. Anatomie au XIXe siècle
    2. Hormones dans les années 1920
    3. Chromosomes à partir des années 1960
    4. Gènes depuis les années 1990
  • Le volume du cerveau est proportionnel à la taille du corps et de la boîte crânienne, mais il n’est pas associé aux capacités intellectuelles.

  • La largeur du bassin suit une courbe de Gauss avec une importante zone de recouvrement, si bien que les variations entre individus de même sexe peuvent dépasser les différences entre sexes et ne permettent pas d’identifier sûrement le sexe à partir du bassin seul.

  • Les concentrations hormonales varient entre individus de même sexe et au cours de la vie, ce qui empêche d’établir un seuil hormonal unique suffisamment fiable pour distinguer les sexes.
  • XX correspond généralement au sexe chromosomique féminin et XY au sexe chromosomique masculin, mais d’autres configurations et des discordances entre chromosomes et phénotype existent.

Compléments

  • En 1879, Gustave Le Bon affirme que le cerveau de nombreuses femmes serait, par sa taille, davantage comparable à celui des gorilles qu’aux cerveaux masculins les plus développés.

  • En France, la ménopause survient en moyenne autour de 51 ans et l’âge moyen des premières règles est aujourd’hui de 12,6 ans, contre environ 17 ans au XVIIIe siècle.

Astuce mémo

Crâne et bassin → hormones → chromosomes → gènes

5. Inégalités générales de santé

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe morbidité-mortalité : Fait que les hommes meurent davantage tandis que les femmes sont davantage malades.

★ À maîtriser

📌 L’expression « inégalités de genre en santé » tient compte du fait que les catégories femme et homme renvoient à la fois à des réalités biologiques et à des réalités sociales et culturelles.

  • Selon l’INSEE en 2025, l’espérance de vie à la naissance est proche de 86 ans pour les femmes contre 80,3 ans pour les hommes, tandis que l’espérance de vie sans incapacité dépasse légèrement 64 ans chez les femmes et atteint 63,7 ans chez les hommes.
  • Les femmes déclarent davantage que les hommes avoir renoncé à des soins nécessaires, et 64 % des femmes disent avoir déjà renoncé à un acte médical nécessaire.

Compléments

  • Neuf femmes adultes sur dix déclarent avoir déjà annulé un rendez-vous de santé pour des raisons d’organisation familiale ou d’incompatibilité avec leurs besoins de santé.

Astuce mémo

Les hommes meurent davantage, les femmes sont davantage malades

6. Maladies cardiovasculaires et genre

★ À maîtriser

  • En 2020, 69 600 femmes sont décédées d’une maladie cardiovasculaire contre 62 100 hommes, et les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité des femmes en France.

  • Les facteurs sociaux et comportementaux associés au risque cardiovasculaire féminin comprennent :

    • L’augmentation du tabagisme féminin
    • Une acceptation sociale accrue de l’alcool chez les femmes
    • La sédentarité particulièrement avant 50 ans
    • Le stress
    • La précarité
    • Les difficultés d’articulation des temps de vie
  • En cas d’infarctus du myocarde, les femmes connaissent un retard de 37 minutes dans l’accès à une angioplastie par rapport aux hommes.

Compléments

  • Environ 200 femmes décèdent chaque jour en France d’une maladie cardiovasculaire, et une femme a un risque six fois plus élevé d’en mourir que d’un cancer du sein.

  • L’accumulation de dépôts graisseux peut gêner ou interrompre la circulation sanguine vers le muscle cardiaque et, si celui-ci n’est plus suffisamment irrigué, provoquer une nécrose correspondant à un infarctus.

📌 Les femmes peuvent présenter des dissections coronaires plutôt qu’une obstruction classique, et leurs artères coronaires plus fines peuvent compliquer les interventions de revascularisation.

  • Chez les 18-24 ans, environ une jeune femme sur trois atteint les recommandations quotidiennes d’activité physique, contre 51 % des jeunes hommes. - Santé publique France

Astuce mémo

Pathologie réputée masculine, mortalité féminine supérieure

7. Sexe, genre et maladies cardiovasculaires

Points essentiels

  • Chez les femmes victimes d’un infarctus, l’accès à une angioplastie est retardé de 37 minutes par rapport aux hommes.

📌 Les retards liés à la situation familiale et à la répartition des responsabilités constituent des inégalités, tandis qu’une prise en charge différente à symptômes comparables constitue une discrimination.

  • Dans neuf cas sur dix, les femmes victimes d’infarctus présentent aussi une douleur thoracique irradiant dans le bras gauche, même si elles peuvent avoir des symptômes associés comme des nausées ou des troubles digestifs.

Astuce mémo

Biologie du sexe, conditions sociales du genre

8. AVC et objectifs de rééducation

Points essentiels

  • L’accident vasculaire cérébral est la première cause d’invalidité chez les femmes, qui en subissent statistiquement davantage et présentent plus souvent des séquelles en raison d’une prise en charge plus tardive.

  • Lors d’un AVC, l’asymétrie du sourire est un signe d’alerte qui doit conduire à une prise en charge urgente.

📌 Après un AVC, les objectifs de rééducation proposés aux hommes incluent notamment le retour au travail et la conduite, tandis que ceux proposés aux femmes sont davantage orientés vers l’autonomie familiale et domestique. - Muriel Darmon

📌 Pour limiter les discriminations indirectes en rééducation, les équipes doivent demander directement aux patients quelles capacités sont importantes pour eux plutôt que de s’appuyer sur des attentes liées au sexe.

Astuce mémo

Retour au travail chez les hommes, autonomie domestique chez les femmes

9. Ostéoporose et biais diagnostiques

Notions clés & Définitions

  • Ostéoporose : Fragilisation progressive des os due à une perte de densité osseuse lorsque la résorption devient plus importante que la formation osseuse.

★ À maîtriser

  • On compte environ un homme atteint d’ostéoporose pour quatre femmes, mais le pronostic d’une fracture du col du fémur est moins favorable chez les hommes.

Compléments

📌 Les ostéoblastes participent à la formation du tissu osseux, tandis que les ostéoclastes participent à sa résorption.

  • L’âge moyen de la ménopause est d’environ 51 ans, tandis que celui de l’andropause est proche de 80 ans.

  • Les premiers critères diagnostiques des troubles du spectre autistique reposaient principalement sur l’observation de garçons, ce qui peut rendre les manifestations des filles moins facilement reconnaissables.

  • Des manuels de dermatologie ont longtemps représenté surtout des lésions sur des peaux blanches, alors que certaines manifestations, comme l’eczéma, varient selon la couleur de peau.

Astuce mémo

Références médicales peu diversifiées → diagnostics moins adaptés

10. Endométriose et prise en charge de la douleur

Notions clés & Définitions

  • Endométriose : Développement, hors de l’endomètre, de cellules habituellement retrouvées dans celui-ci.

★ À maîtriser

  • L’endométriose concerne environ une femme sur dix et le délai moyen entre les premiers symptômes ayant conduit à consulter et le diagnostic est d’environ sept ans.

  • Les lésions d’endométriose, influencées par les variations du cycle menstruel, peuvent provoquer des douleurs récurrentes dans des localisations diverses, notamment la vessie ou certains nerfs, et compliquer le diagnostic.

  • Les femmes représentent 64 % des patients consultant pour des douleurs chroniques et leur prise en charge de la douleur est moins bonne que celle des hommes.

Compléments

📌 Une douleur chronique est une douleur qui persiste et s’installe dans le temps, tandis qu’une maladie chronique désigne une maladie durable.

  • Un témoin est moins susceptible d’utiliser un défibrillateur ou de pratiquer un massage cardiaque sur une femme en arrêt cardiaque, une hésitation pouvant être liée à la sexualisation de sa poitrine.

11. Évolution de la recherche médicale

★ À maîtriser

  • Jusqu’au tournant des années 1990, les femmes étaient absentes ou très peu représentées dans les essais cliniques, notamment en raison des variations hormonales cycliques et de craintes liées à une grossesse éventuelle.

  • En France, les femmes représentent 46,1 % des participants aux essais cliniques, mais leur représentation varie fortement selon les domaines thérapeutiques.

  • Depuis 2014, les exigences européennes imposent de justifier la proportion de femmes incluses dans une étude clinique, et un règlement européen de 2022 impose aux fabricants pharmaceutiques de renseigner le sexe et d’inclure des femmes dans les essais.

Compléments

  • En 1977 paraît en France Notre corps, nous-mêmes, ouvrage visant à rendre accessibles aux femmes des connaissances sur leur corps et leur santé.

  • En 2010, un article publié dans Nature indiquait que la recherche médicale continuait d’être menée principalement sur des sujets de sexe masculin.

  • La thalidomide, utilisée contre les nausées de grossesse, a provoqué chez certains enfants exposés pendant la grossesse des malformations majeures, notamment des agénésies des membres.

  • En 2025, environ 10 % des essais analysés rapportent systématiquement leurs résultats en fonction du sexe.

Astuce mémo

Militantisme, institutions, inclusion dans la recherche

12. Innovations et diversité des soins

★ À maîtriser

📌 L’infertilité concerne les femmes et les hommes, car la fertilité dépend de la santé reproductive des deux sexes.

  • Dans l’exemple des prothèses de genou, la taille et l’amplitude articulaire se sont révélées plus déterminantes que le sexe pour choisir une prothèse adaptée.

Compléments

  • En 2020, l’endométriose est inscrite systématiquement dans les études de médecine, et une stratégie nationale de lutte contre cette maladie est mise en place en 2022.

  • Un test salivaire de l’endométriose est disponible depuis février 2025, mais il reste inscrit dans une démarche d’innovation et de recherche et n’est pas utilisé systématiquement.

  • Un rapport publié en avril 2025 souligne que la prise en charge de la ménopause reste limitée en France, notamment concernant la proposition de traitements hormonaux.

  • La mobilité du genou peut aussi être influencée par les habitudes de vie et les pratiques culturelles, comme s’accroupir pour manger ou s’agenouiller régulièrement.

13. Éviter androcentrisme et essentialisme

Notions clés & Définitions

  • Androcentrisme : Consiste à prendre le corps masculin comme modèle de référence dans la production des connaissances médicales.
  • Essentialisme : Consiste à attribuer systématiquement à la biologie des différences qui peuvent aussi relever de facteurs sociaux, culturels ou comportementaux.

★ À maîtriser

  • La « médecine bikini » réduit la santé des femmes aux organes associés à la sexualité et à la reproduction, alors qu’une douleur abdominale peut aussi avoir une cause digestive.

  • L’écart d’espérance de vie entre femmes et hommes est d’environ 5,5 ans, tandis que l’écart entre catégories sociales favorisées et défavorisées peut atteindre près de 13 ans.

Compléments

  • Le cancer du sein concerne très majoritairement les femmes, mais les hommes représentent environ 1 % des patients et peuvent subir des retards diagnostiques liés à la représentation de cette maladie comme féminine.

📌 Les différences observées entre souris mâles et femelles ne peuvent pas être automatiquement transposées aux femmes et aux hommes sans vérification.

Astuce mémo

Ne pas prendre l’homme pour norme, ni réduire les différences à la biologie

14. Réflexes cliniques essentiels

★ À maîtriser

  • Le premier réflexe clinique consiste à créditer la plainte en écoutant le patient sans attribuer immédiatement ses symptômes à des causes psychologiques.

  • Lorsqu’une différence entre femmes et hommes est observée, il faut rechercher si elle relève du sexe biologique, du genre et de la socialisation, ou d’un biais dans les connaissances, le raisonnement ou les outils diagnostiques.

📌 Le troisième réflexe clinique consiste à rechercher les différences lorsqu’elles sont pertinentes sans oublier les similarités, par exemple en envisageant une cause digestive à une douleur abdominale chez une femme.

Compléments

  • Les apnées du sommeil sont moins bien diagnostiquées chez les femmes, notamment parce que le ronflement y est moins fréquent et que certains appareils de mesure du flux respiratoire sont davantage adaptés aux flux masculins.

  • La catégorie « femme » n’est pas homogène, car les femmes diffèrent notamment par leur identité, leur orientation, leur origine et d’autres caractéristiques individuelles et sociales.

Astuce mémo

Écouter, expliquer, comparer

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Genre et santé des femmes avec 47 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Deux groupes présentent des caractéristiques différentes, sans qu’aucun soit considéré comme supérieur à l’autre. Comment qualifier cette comparaison ?

2. Qu’est-ce qui distingue principalement une inégalité d’une simple différence ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Genre et santé des femmes avec 86 flashcards interactives.

Qu’est-ce qu’une différence entre deux éléments comparés ?

Un constat factuel neutre qui les distingue, sans jugement de valeur ni hiérarchie.

Quelle hiérarchie une inégalité établit-elle entre des situations ?

Elle associe un avantage à un désavantage.

Quelle question une inégalité soulève-t-elle ?

Une question de justice ou d’injustice.

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