Fiche de révision : Traumatismes et fractures

Plan du Cours

  1. Traumatismes et facteurs de risque
  2. Classifications et lésions traumatiques
  3. Évaluation et prise en charge initiale
  4. Types et caractéristiques des fractures
  5. Déplacements et localisation des fractures
  6. Consolidation et facteurs de retard
  7. Traitements des fractures
  8. Complications de l’immobilisation
  9. Complications tardives et séquelles

1. Traumatismes et facteurs de risque

Notions clés & Définitions

  • Traumatisme : Dommage physique de l’organisme causé par une action mécanique, thermique ou chimique dépassant les capacités de résistance du corps humain.

★ À maîtriser

📌 Un traumatisme est fermé lorsqu’il n’y a pas de plaie et ouvert lorsqu’il y a une plaie.

Compléments

📌 Les facteurs précipitants comprennent l’inconscience, les comportements à risque et les risques inhérents à une activité, tandis que les facteurs prédisposants comprennent les fragilités squelettiques, les pathologies associées et le vieillissement.

Astuce mémo

Précipitant déclenche l’accident, prédisposant fragilise le terrain

2. Classifications et lésions traumatiques

Notions clés & Définitions

  • Contusion : Lésion bénigne des tissus mous consécutive à un traumatisme fermé.
  • Hématome : Collection de sang dans une cavité nouvellement formée au sein d’un tissu.

★ À maîtriser

  • Selon leur origine, les traumatismes sont : mécaniques, par objet pénétrant ou contendant, chimiques, par acides, bases ou solvants, thermiques, comprenant les brûlures thermiques, électriques ou par irradiation

📌 Un traumatisme direct se produit au site d’application des forces, un traumatisme indirect à distance de ce site et un traumatisme mixte associe les deux mécanismes.

Compléments

  • La gravité d’une brûlure dépend de son étendue, de sa profondeur et de sa localisation.
  • Les lésions traumatiques comprennent les plaies, les brûlures, les amputations et les lésions ostéo-articulaires telles que les entorses, les fractures et les luxations.

3. Évaluation et prise en charge initiale

★ À maîtriser

  • L’examen clinique recherche : la douleur, l’impotence fonctionnelle, totale ou relative, les défaillances respiratoires, cardiovasculaires ou neurologiques

  • L’évaluation initiale d’une fracture précise le côté, les os atteints, le niveau et la forme du trait, les déplacements dans les trois plans, l’ouverture cutanée, les lésions des parties molles et l’état général du patient.

  • Le bilan radiographique d’une fracture comprend deux clichés, de face et de profil, incluant les articulations sus-jacente et sous-jacente.

  • La prise en charge urgente comprend : le nettoyage des plaies et un pansement bétadiné, la réduction si le déplacement est important, l’immobilisation provisoire par attelle ou traction, un traitement antalgique, l’antibioprophylaxie en cas de fracture ouverte

Compléments

  • La radiographie explore principalement les os, l’échographie les tissus mous, le scanner les os et les tissus mous avec injection intraveineuse de produit de contraste, l’IRM principalement les tissus mous, l’artériographie les vaisseaux et les analyses biologiques l’anémie ou la souffrance musculaire comme la rhabdomyolyse.

  • Les axes thérapeutiques des traumatismes sont les traitements médicamenteux, orthopédiques ou chirurgicaux, la prévention du tétanos en cas de plaie et la rééducation.

Astuce mémo

Interroger, examiner, imager, stabiliser

4. Types et caractéristiques des fractures

Notions clés & Définitions

  • Fracture : Rupture de continuité de l’os, allant de la simple fissure non déplacée à la comminution en petits éclats.

★ À maîtriser

  • Une fracture ouverte est particulièrement grave en raison du risque d’infection.

📌 Une fracture traumatique résulte d’un traumatisme violent sur un os sain, tandis qu’une fracture pathologique survient après un traumatisme minime sur un os fragilisé, notamment par une tumeur ou une infection.

  • Une fracture de fatigue résulte d’efforts répétés qui sursollicitent l’os, est souvent partielle et difficile à voir à la radiographie, et peut être détectée par scintigraphie osseuse.

Compléments

📌 Les fractures par traumatisme direct résultent notamment d’un choc par un objet lourd ou d’une chute avec réception au sol, présentent souvent un trait transversal et s’accompagnent fréquemment d’une contusion des parties molles.

📌 Les fractures par traumatisme indirect siègent à distance du point d’application des forces, présentent souvent un trait spiroïde et peuvent s’associer à des entorses ou des luxations.

Astuce mémo

Direct : choc au site ; indirect : fracture à distance

5. Déplacements et localisation des fractures

Notions clés & Définitions

  • Déplacement fracturaire : Déplacement du fragment distal par rapport au fragment proximal, dont l’axe est décrit selon la position anatomique de référence.

★ À maîtriser

  • Les déplacements fracturaires comprennent la translation, le chevauchement, l’angulation dans les plans frontal ou sagittal et la rotation.

📌 Les fractures épiphysaires touchent un os spongieux richement vascularisé et consolident rapidement, mais peuvent être articulaires et entraîner un risque d’arthrose ou de raideur articulaire.

  • Pour une fracture diaphysaire d’un os long, le traitement vise à restituer la longueur, éviter les rotations et éviter la dévascularisation en respectant la biologie de consolidation.

Compléments

  • Les fissures osseuses peuvent être incomplètes et passer inaperçues sur les premières radiographies, ce qui justifie parfois des radiographies différées à J15.

  • Une fracture en bois vert correspond à une fracture incomplète d’une corticale.

📌 Les principaux traits de fracture comprennent les fissures, les déformations plastiques, les fractures en bois vert, transversales, obliques ou spiroïdes, bifocales, comminutives et engrenées.

  • Une fracture engrenée résulte de l’impaction d’un fragment dans l’autre et présente une stabilité fracturaire.

  • Dans le plan frontal, le varus oriente le segment vers l’intérieur et le valgus vers l’extérieur ; dans le plan sagittal, la flexion est orientée vers l’arrière et le récurvatum vers l’avant.

  • Les mécanismes des fractures épiphysaires sont :

    • l’enfoncement par compression
    • la séparation par cisaillement
    • un mécanisme mixte

6. Consolidation et facteurs de retard

★ À maîtriser

  • 🔄 La consolidation suit quatre phases :

    1. phase inflammatoire avec formation de l’hématome fracturaire durant les premières 48 heures
    2. formation du cal mou fibrocartilagineux
    3. formation du cal dur entre la troisième et la douzième semaine
    4. remodelage osseux durant trois mois à deux ans
  • Les facteurs retardant la consolidation comprennent l’âge, les déplacements, la localisation diaphysaire ou épiphysaire, une immobilisation ou une vascularisation insuffisante, les tares associées comme le diabète ou la neuropathie, les infections et le tabac.

Compléments

  • Pendant la phase inflammatoire, l’hématome fracturaire est riche en cellules inflammatoires et facteurs de croissance, et les macrophages commencent à nettoyer les débris osseux.

  • Pendant la formation du cal mou, les cellules du périoste et de la moelle se multiplient, les fibroblastes produisent du tissu conjonctif fibreux, les chondroblastes forment du cartilage et des néovaisseaux apparaissent ; le cal reste non minéralisé et faiblement résistant.

  • Le cal dur transforme le cal mou fibrocartilagineux en tissu osseux minéralisé et stable, produit par les ostéoblastes qui remplacent les chondroblastes.

  • Pendant le remodelage, le cal primaire est remanié en os lamellaire mature organisé selon les contraintes mécaniques normales de l’os.

Astuce mémo

Hématome, cal mou, cal dur, remodelage

7. Traitements des fractures

★ À maîtriser

  • Le traitement des fractures peut être orthopédique, notamment par attelles et plâtres, ou chirurgical, notamment par enclouage centro-médullaire, enclouage élastique ou ostéosynthèse par plaque.

Compléments

  • Le plâtre pendant réduit une fracture par son propre poids, et le réglage de la longueur de son attache est essentiel.

  • L’ostéosynthèse par plaque nécessite un abord chirurgical large et peut dévasculariser les fragments, exposer les nerfs et retarder la consolidation.

Astuce mémo

Orthopédie immobilise ; chirurgie fixe par ostéosynthèse

8. Complications de l’immobilisation

★ À maîtriser

  • Les complications de l’immobilisation plâtrée comprennent :
    • le syndrome des loges
    • la phlébite
    • l’escarre cutanée
    • le déplacement secondaire

📌 Pour réduire les complications du plâtre, il faut surélever le membre, bien garnir l’intérieur du plâtre et fendre systématiquement les plâtres circulaires afin de permettre leur expansion ; un plâtre ne doit pas être trop serré.

  • Une douleur inhabituelle, des paresthésies ou un engourdissement, l’abolition des pouls distaux, une tension accrue des masses musculaires ou une mobilité diminuée des orteils évoquent un syndrome des loges sous plâtre.

Compléments

📌 En cas de doute sur un syndrome des loges, les pressions intratissulaires peuvent être mesurées et une aponévrotomie d’urgence peut être nécessaire.

📌 Une extrémité froide avec abolition du pouls peut correspondre à une ischémie aiguë due à une section artérielle ou à une dissection intimale, tandis qu’une compression constitue une autre complication vasculaire à rechercher.

Astuce mémo

Plâtre trop serré → compression, ischémie et syndrome des loges

9. Complications tardives et séquelles

Notions clés & Définitions

  • Algoneurodystrophie : Complication liée à des troubles vasomoteurs, favorisée notamment par le diabète ou l’éthylisme, et pouvant succéder à un traumatisme minime ou à une intervention.

★ À maîtriser

📌 Les difficultés de consolidation comprennent les retards de consolidation avant six mois, les pseudarthroses après six mois et les consolidations vicieuses.

Compléments

  • La phase chaude de l’algoneurodystrophie apparaît en quelques semaines et associe douleurs aggravées par les mouvements, œdème diffus, peau rouge ou violacée avec hypersudation, hyperthermie locale sans fièvre et raideur articulaire rapide.

  • L’algoneurodystrophie peut montrer une déminéralisation osseuse mouchetée à la radiographie et une hyperfixation régionale intense à la scintigraphie osseuse au technétium.

  • Le traitement de l’algoneurodystrophie vise à calmer la douleur, favoriser le repos et commencer une rééducation douce lorsque les douleurs diminuent ; la calcitonine peut être proposée pendant six semaines.

  • Une consolidation vicieuse peut entraîner une déformation en varus, en valgus, en récurvatum ou en rotation, ainsi qu’une inégalité de longueur des membres.

  • Le traitement d’une pseudarthrose peut associer une ostéosynthèse et une greffe osseuse prélevée sur la crête iliaque ; en cas de perte de substance osseuse, le péroné vascularisé homolatéral ou controlatéral peut être utilisé comme greffe.

Teste tes connaissances

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1. Qu’est-ce qui caractérise un traumatisme ?

2. Après une chute, une personne inconsciente se blesse, tandis qu’une fragilité osseuse liée au vieillissement aggrave son terrain : comment classer ces facteurs ?

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Qu’est-ce qu’un traumatisme ?

Un dommage physique causé par une action dépassant la résistance du corps humain.

Qu’est-ce qui distingue un traumatisme fermé d’un traumatisme ouvert ?

Un traumatisme fermé ne comporte pas de plaie, contrairement à un traumatisme ouvert.

Quelles catégories de traumatismes distingue-t-on selon leur origine ?

Les traumatismes mécaniques, chimiques et thermiques.

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