Fiche de révision : Approches thérapeutiques classiques

Plan du Cours

  1. Champ et pratique de la psychologie clinique
  2. Approches dimensionnelle et étiologique
  3. Évaluation clinique et biais
  4. Méthodes et instruments d’évaluation
  5. Complémentarité des méthodes d’évaluation
  6. Setting et alliance thérapeutique
  7. Fondements de la psychanalyse freudienne
  8. Techniques et évolution psychodynamiques
  9. Thème relationnel conflictuel central
  10. Modèle cognitif-comportemental
  11. Techniques cognitives et comportementales
  12. Fondements des approches systémiques
  13. Santé et symptômes systémiques
  14. Participants à la thérapie familiale
  15. Thérapie familiale multidimensionnelle
  16. Thérapie centrée sur la personne
  17. Emotion-focused therapy
  18. Facteurs communs et adaptation du traitement

1. Champ et pratique de la psychologie clinique

Notions clés & Définitions

  • Psychologie clinique : Spécialité de la psychologie qui étudie les troubles et problèmes psychiques et relationnels, ainsi que les moyens de les évaluer, de les expliquer et de les traiter.
  • Santé : Selon l’OMS (1946), un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
  • Nosographie : Description et répertoire des maladies psychiques au moyen de classifications diagnostiques.

★ À maîtriser

  • La psychologie clinique poursuit trois buts :
    • Cerner les problèmes par la classification et le diagnostic
    • Les expliquer par l’étude de leur étiologie et de leur maintien
    • Les traiter par la thérapie, la prévention et la réhabilitation

📌 Le modèle du scientifique-praticien associe la formation à la recherche — connaissances empiriques et méthodes scientifiquement développées — à la pratique clinique, qui exige de recevoir, écouter et accompagner les patient·es en adaptant les connaissances générales aux situations particulières.

  • La démarche empirique clinique consiste à formuler une proposition sur un cas, à la confronter aux faits observables, puis à revenir aux propositions pour tester des explications alternatives.

  • La démarche scientifique vise à éviter d’associer un trouble à la première cause probable sans tester d’autres liens explicatifs.

📌 La maladie psychique peut se manifester par un malaise, une souffrance, une entrave ou une mise en danger de soi ou d’autrui, tandis que la santé ne se réduit pas à l’absence de maladie.

  • Les classifications diagnostiques décrivent la symptomatologie, facilitent la communication entre praticien·nes et chercheur·ses, identifient le trouble considéré et aident à planifier les interventions thérapeutiques.

Compléments

  • La LPsy reconnaît cinq titres fédéraux postgrades :
    • Psychothérapie
    • Psychologie des enfants et des adolescents
    • Psychologie clinique
    • Neuropsychologie
    • Psychologie de la santé

📌 Le psychiatre a une formation médicale, peut prescrire des médicaments et s’occupe surtout des troubles mentaux, tandis que le psychologue clinicien est également formé à la recherche ; la différence tend à se réduire lorsque les psychiatres deviennent psychothérapeutes.

📌 Le travail social met l’accent sur les facteurs sociaux de la détresse et peut accompagner les personnes dans l’accès aux prestations ou le suivi d’une thérapie, tandis que le psychologue clinicien est davantage formé à la recherche.

  • Un accouchement difficile peut être proposé comme facteur associé à la dépression post-partum, mais toutes les mères ayant connu un accouchement difficile ne développent pas cette dépression et toutes celles qui la développent n’ont pas connu un accouchement difficile.

📌 La démarche clinique fait des allers-retours entre les données probantes issues de recherches sur des populations présentant des troubles similaires et l’application des propositions à la réalité d’un cas individuel.

📌 Les crises de la vie normale se distinguent d’une difficulté psychique lorsque la souffrance et les tentatives de solution infructueuses entravent l’épanouissement de la personne.

  • Le DSM-5 est le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux publié par l’American Psychiatric Association en 2013.

2. Approches dimensionnelle et étiologique

Notions clés & Définitions

  • Étiologie : Étude des causes et des facteurs d’une maladie ; en psychopathologie, les troubles ont des origines multifactorielles et multidéterminées.

★ À maîtriser

📌 L’approche catégorielle classe une personne selon le cumul de critères et la fait basculer d’une catégorie à une autre au-delà d’un seuil, tandis que l’approche dimensionnelle considère une caractéristique comme présente à un degré plus ou moins élevé.

📌 L’approche par réseaux considère que la souffrance peut dépendre de l’organisation des symptômes et de leur constellation, plutôt que seulement de leur nombre ou de leur intensité ; des symptômes centraux peuvent en activer d’autres, différents selon les individus.

  • Les facteurs étiologiques se répartissent selon quatre phases :
    • Facteurs prédisposants en phase pré- et périnatale
    • Facteurs de vulnérabilité durant le développement
    • Facteurs déclenchants dans la phase de précédence immédiate
    • Facteurs de maintien pendant l’évolution du trouble

📌 Un médiateur transmet l’impact d’un événement négatif par un mécanisme intermédiaire, tandis qu’un modérateur aggrave ou tempère cet impact et peut inclure des facteurs de résilience.

Compléments

  • Les diagnostics catégoriels ne correspondent pas à des entités discrètes parfaitement séparées, et la fiabilité diagnostique est meilleure lorsqu’ils sont opérationnalisés de manière dimensionnelle.

  • Dans une étude de 2013 portant sur la nouvelle version du DSM-V, la majorité des diagnostics n’atteignaient pas 40 % de fiabilité inter-juges.

  • Les difficultés psychologiques infra-pathologiques peuvent causer une souffrance à la personne ou à son entourage sans constituer une pathologie au sens strict, et les procédures d’évaluation et d’intervention s’appliquent également à ces difficultés.

  • Les facteurs prédisposants comprennent :

    • Les facteurs génétiques
    • Les facteurs intra-utérins
    • Les facteurs périnataux
  • Les facteurs de vulnérabilité comprennent :

    • La socialisation précoce
    • Les facteurs relationnels
    • Les maladies précoces
  • Un facteur déclenchant est un événement interne ou externe, comme un événement de vie, qui dépasse la capacité d’adaptation de l’individu ; un facteur de maintien prolonge le trouble, notamment par les réactions de l’entourage ou les auto-renforcements.

  • Dans le modèle de l’effet principal, un facteur est responsable du trouble indépendamment d’autres facteurs ; dans le modèle d’interaction, deux facteurs ou plus causent le trouble par leur interaction.

  • Dans le modèle transactionnel, un facteur ou une interaction de facteurs cause le trouble à condition de rencontrer une vulnérabilité ou une prédisposition préexistante.

Astuce mémo

Prédisposition et vulnérabilité → déclenchement → maintien possible

3. Évaluation clinique et biais

Notions clés & Définitions

  • Processus : Séquence de mécanismes qui se produisent de façon régulière et expliquent un comportement, une émotion ou une pensée.

★ À maîtriser

  • L’évaluation clinique doit déterminer s’il s’agit d’un problème plutôt que d’une variation de la norme, évaluer le poids des facteurs et identifier les processus impliqués, tout en évitant les préjugés.

  • L’évaluation clinique peut prendre trois orientations :

    • Classificatoire : identifier un trouble selon les nosographies
    • Clinique : examiner le fonctionnement psychique et la qualité de vie globale
    • Orientée vers le traitement : analyser les comportements problématiques, leurs contextes et les changements visés

Compléments

  • L’effet de clémence consiste à surestimer les qualités désirables d’une personne et à sous-estimer ses qualités indésirables, notamment lorsque le clinicien se sent proche d’elle.

  • L’effet de halo survient lorsqu’une caractéristique d’une personne déteint sur l’évaluation d’une autre caractéristique.

  • L’erreur logique est une surgénéralisation d’une connaissance clinique à une personne ou à une situation particulière.

  • Les théories naïves sont des jugements populaires sur les personnes, tandis que les stéréotypes sont des préjugés liés notamment au sexe, à l’âge ou à la culture et peuvent entraîner des prophéties autoréalisatrices.

4. Méthodes et instruments d’évaluation

★ À maîtriser

  • Les principales méthodes d’évaluation sont :
    • Les entretiens diagnostiques ou cliniques
    • Les tests d’aptitudes ou projectifs
    • Les échelles et questionnaires auto- ou hétéro-reportés
    • L’observation et l’analyse du comportement

📌 Les instruments quantitatifs attribuent des scores à des performances, utilisent des métriques de réponse ou comptent des comportements, et leurs mesures peuvent être étalonnées sur une population de référence ; les tests projectifs, par exemple, ne produisent pas nécessairement de mesures et leurs résultats sont interprétés.

  • 🔄 Le jeu se déroule en quatre configurations :

    1. Un parent joue avec l’enfant tandis que l’autre reste présent.
    2. Les parents changent de rôles.
    3. Les deux parents jouent ensemble avec l’enfant.
    4. Les parents discutent tandis que l’enfant reste présent.
  • La grille du LTP évalue l’engagement des partenaires, la coordination et le respect des tours de rôle, les activités partagées et suivies, ainsi que le partage des émotions et l’ajustement aux émotions du bébé.

Compléments

  • Le WISC s’adresse aux enfants de 6 ans à 16 ans et 11 mois, comprend 15 sous-tests dont 7 contribuent au calcul du QIT, et donne un QIT dont la moyenne est de 100 et l’écart-type de 15.

  • Le Family System Test (FAST) évalue la structure familiale à partir de la cohésion, c’est-à-dire la proximité émotionnelle, et de la hiérarchie, c’est-à-dire les relations de pouvoir entre sous-systèmes.

  • Dans le FAST, l’hypothèse clinique est que les systèmes familiaux fonctionnels ont une structure équilibrée, optimalement cohésive et modérément hiérarchisée.

  • La Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) comporte des scores d’anxiété et de dépression ; entre 8 et 10, l’état est douteux, et au-delà de 10, il est certain.

  • Le Beck Depression Inventory II est un inventaire de 21 items portant sur les pensées et les affects négatifs ; son score total va de 0 à 63, avec les niveaux minimum de 0 à 11, léger de 12 à 19, modéré de 20 à 27 et sévère de 28 à 63.

  • La CARS évalue notamment :

    • Les relations sociales
    • L’imitation
    • Les réponses émotionnelles
    • L’utilisation du corps
    • L’utilisation des objets
    • L’adaptation au changement
  • La Conflict Discussion Task demande aux partenaires d’un couple de s’accorder sur un thème conflictuel, généralement pendant 10 minutes, et évalue des comportements communicationnels verbaux, non verbaux et paraverbaux au moyen d’une grille standardisée.

  • L’évaluation du LTP porte principalement sur les comportements interactifs non verbaux, à l’aide d’une grille standardisée, et peut être complétée par des mesures physiologiques.

Astuce mémo

Un parent, puis l’autre, puis les deux, puis le bébé en tiers

5. Complémentarité des méthodes d’évaluation

★ À maîtriser

  • Les questionnaires donnent accès aux représentations, perceptions et compréhensions que les personnes ont de leur comportement, mais ne renseignent pas directement sur leur comportement effectif.

  • L’observation directe donne accès à des comportements parfois divergents de la perception qu’en a la personne, mais elle coûte du temps et des ressources.

  • Un test sensible cherche à éviter les faux négatifs en maximisant le dépistage des personnes porteuses de la maladie, ce qui correspond à un seuil bas.

  • Un test spécifique cherche à éviter les faux positifs en discriminant les personnes non porteuses de la maladie, ce qui correspond à un seuil haut.

Compléments

  • Les questionnaires sont rapidement administrables et peuvent être manipulés cliniquement, mais ils sont très sensibles à la désirabilité sociale.

Astuce mémo

Le questionnaire donne accès à la perception ; l’observation montre le comportement

6. Setting et alliance thérapeutique

Notions clés & Définitions

  • Considération positive : Consiste à accepter la personne telle qu’elle se présente sans la juger, sans que cela implique d’approuver tout ce qu’elle dit ou fait.
  • Empathie : Consiste à percevoir, comprendre, reconnaître et communiquer l’expérience du client dans son propre cadre de référence, notamment en reflétant ses émotions et en verbalisant ce qu’il vit au-delà de ce qu’il exprime explicitement.
  • Congruence et authenticité : Consistent pour le thérapeute à être franc, à maintenir une cohérence entre son discours et son attitude, et à adopter un comportement non défensif face aux apports du client.

★ À maîtriser

  • La rencontre clinique est à la fois un rapport entre une personne experte et une personne qui cherche de l’aide, et un échange social régi notamment par les règles de communication.

  • La congruence des messages est importante en entretien, car la communication est multicanale et des messages contradictoires peuvent être émis entre les canaux ou les niveaux de communication.

  • Rogers propose trois variables relationnelles de base :

    • La congruence et l’authenticité.
    • La considération positive inconditionnelle.
    • L’empathie.
  • L’alliance de travail comprend : (Bordin, 1979) :

    • L’accord sur les buts du traitement ou de l’évaluation.
    • L’accord sur les tâches à accomplir pour atteindre ces buts.
    • Les liens affectifs nécessaires pour affronter les vicissitudes du changement.
  • L’alliance thérapeutique est positivement liée à la réussite du traitement, quel que soit le courant thérapeutique, et explique jusqu’à 30 % de l’efficacité d’une intervention, contre environ 15 % pour les techniques spécifiques.

  • 🔄 L’entretien initial vise à :

    1. Établir une relation d’aide.
    2. Présenter les informations importantes concernant l’approche.
    3. Clarifier les attentes et la motivation de chacun.
    4. Établir un contrat de travail.

Compléments

📌 Le setting clinique doit faciliter le travail en aménageant le mobilier, l’agencement, la lumière, le bruit, l’isolation et la décoration de la pièce.

  • Dans la plupart des entretiens, le patient et le thérapeute sont assis en quart de profil afin de favoriser l’auto-exploration et la planification cognitive, tout en s’écartant d’une discussion quotidienne.

  • Les comportements non verbaux interactifs sont généralement non conscients, ont une signification relationnelle et suivent des règles culturellement déterminées.

  • En règle générale, une personne qui parle regarde moins son interlocuteur qu’une personne qui écoute, mais une personne de rang supérieur tend à davantage regarder en parlant qu’en écoutant.

  • 🔄 Le processus empathique comprend trois phases :

    1. Le thérapeute éprouve de l’empathie pour le client.
    2. Le thérapeute communique cette empathie.
    3. Le client perçoit et reconnaît l’empathie.
  • Baldwin et al. (2007) indiquent que la contribution du thérapeute à l’alliance prédit la réussite de la thérapie, contrairement à la contribution du client.

7. Fondements de la psychanalyse freudienne

Notions clés & Définitions

  • Principe de plaisir : Régit le fonctionnement mental en visant à éviter le déplaisir et à procurer le plaisir.
  • Principe de réalité : Impose de composer avec le monde extérieur et le délai de satisfaction, conduisant à penser avant d’agir et pouvant entrer en conflit avec le principe de plaisir.
  • Refoulement : Empêche les pulsions dont la prise de conscience serait déplaisante d’accéder à la conscience et repousse les pensées déplaisantes du conscient vers l’inconscient.
  • Résistance : Une force psychique qui empêche le patient de se souvenir de l’événement traumatique que Freud cherche à faire émerger par la suggestion.
  • Complexe d’Œdipe : Le complexe d’Œdipe se place entre 4 et 6 ans et, dans la présentation du cours, associe chez les garçons attirance pour la mère, rivalité avec le père et angoisse de castration, tandis que les filles connaissent l’envie du pénis et attendent un dédommagement du père.

★ À maîtriser

  • La psychanalyse cherche à comprendre le comportement humain en explorant l’expérience intérieure et traite les problèmes psychologiques par une compréhension clinique du monde interne.

📌 Freud rejette l’hypnose utilisée par Charcot contre l’hystérie parce que les changements ne durent pas et que certaines personnes n’y sont pas réceptives ; avec Breuer, il découvre la dimension inconsciente de l’hystérie et la possibilité de soigner par la parole.

  • La première topique distingue :

    • Le conscient, qui contient les pensées immédiatement accessibles.
    • Le préconscient, qui contient les pensées accessibles moyennant un effort.
    • L’inconscient, qui contient les pulsions et désirs refoulés échappant à l’introspection.
  • La deuxième topique distingue :

    • Le ça, base primitive inconsciente dominée par les besoins primaires et leur satisfaction immédiate.
    • Le moi, issu de l’interaction avec le monde extérieur, en rapport avec la réalité et mettant en œuvre les défenses.
    • Le surmoi, intériorisation de l’autorité parentale.
  • Les stades du développement psychosexuel et leurs périodes sont :

    • Oral : première année.
    • Anal : deuxième année.
    • Phallique : entre 3 et 6 ans.
    • Latence : entre 6 et 12 ans.
    • Génital : dès la puberté.
  • Dans le modèle présenté, l’étiologie des troubles névrotiques suit trois phases : conflit infantile non résolu, stabilisation du conflit par le refoulement, puis réactivation et formation de symptômes.

Compléments

  • Freud présente les motivations inconscientes comme une troisième humiliation infligée à l’humanité, après l’idée de Copernic que la Terre n’est pas au centre de l’Univers et celle de Darwin que l’homme est un singe évolué.

  • Lorsque la charge pulsionnelle est trop intense, une effraction peut provoquer le retour du refoulé sous forme de symptômes, tandis que d’autres mécanismes de défense empêchent la prise de conscience.

  • Les mécanismes de défense cités comprennent :

    • La projection.
    • La formation réactionnelle.
    • La sublimation.
    • L’annulation rétroactive.
    • Le déni.
    • La rationalisation.
    • Le déplacement.
    • La régression.
  • Dans l’explication psychanalytique de la dépression, une haine inconsciente liée au deuil est retournée contre la personne après que l’être perdu a été identifié au moi par introjection.

Astuce mémo

L’esprit comme un iceberg : conscient émergé, préconscient à la ligne d’eau, inconscient immergé

8. Techniques et évolution psychodynamiques

Notions clés & Définitions

  • Association libre : Invite la personne à dire tout ce qui lui passe par l’esprit ; moins elle contrôle ou modifie ses pensées, plus son discours peut contenir des indices de contenus psychiques jusque-là exprimés par des symptômes.
  • Interprétation : Une réponse thérapeutique qui consiste à partager avec le patient la compréhension d’un thème central repéré dans son discours, ses rêves ou ses réactions aux interventions, souvent en lien avec le transfert.
  • Transfert : Le déplacement sur le thérapeute d’émotions d’abord éprouvées dans des relations précoces, ce qui rend visibles dans le présent les expériences passées du patient.
  • Attention flottante : Consiste pour le psychanalyste à ne pas se focaliser sur une partie précise du discours et à écouter globalement les contenus, les émotions exprimées et le rythme du récit.
  • Contre-transfert : Les réactions du thérapeute envers le patient qui peuvent s’expliquer par des éléments de l’histoire personnelle du thérapeute.

★ À maîtriser

  • Dans le modèle présenté, le changement thérapeutique passe par l’auto-exploration, la découverte des modes relationnels qui entravent le fonctionnement, la prise de conscience des sources de souffrance, puis l’invention de nouveaux moyens de surmonter les expériences passées.

  • Les psychothérapies psychodynamiques, forme contemporaine courante inspirée de la psychanalyse, peuvent être en face à face ou brèves, ciblent une problématique et examinent comment les conflits se manifestent dans les relations quotidiennes actuelles.

Compléments

  • Dans la psychanalyse classique, le patient est allongé sur un divan et le thérapeute reste hors de sa vue afin de favoriser le transfert.

  • Les psychothérapies psychodynamiques partagent avec la psychanalyse :

    • L’importance de l’inconscient.
    • Le couple transfert-contre-transfert.
    • Le poids des expériences précoces dans le fonctionnement psychique adulte.

Astuce mémo

Association libre, interprétation, prise de conscience, changement

9. Thème relationnel conflictuel central

Notions clés & Définitions

  • Core Conflictual Relationship Theme : Méthode inventée par Lester Luborsky, qui examine la manifestation et le fonctionnement des modèles relationnels du patient à partir des séquences relationnelles repérées dans son discours.
  • Noyau conflictuel : La séquence générique qui se répète le plus souvent dans l’ensemble du discours du patient et constitue une version opérationnelle du transfert.

★ À maîtriser

  • Une séquence du CCRT comprend :

    • Wish (W) : le souhait de la personne envers les autres.
    • Reaction from Other (RO) : la réaction des autres.
    • Reaction from Subject (RS) : la réaction de la personne aux réactions des autres.
  • Dans les clusters de la troisième édition du CCRT, les trois composants standards sont le désir, la réaction de l’objet et la réaction du sujet.

  • Un exemple de CCRT associe le désir d’être aimé et compris au rejet et à l’opposition de l’objet, puis à la déception et à la dépression du sujet.

Compléments

  • Une séquence du CCRT est dite conflictuelle parce qu’elle va à l’encontre de ce que la personne souhaite.

  • Dans l’exemple classique du CCRT, souhaiter des câlins correspond au thème générique « être aimé », ne pas en recevoir à « rejet », et ne plus aller vers l’autre à « déception, déprime ».

  • Dans l’exemple, le patient frappe sa femme avec un bâton après une dispute au sujet d’un compromis concernant le dépôt de garantie.

  • La réaction de l’objet est une riposte physique qui blesse le patient et une réprimande exprimée avec haine.

  • Le patient réagit par la déception et la violence, puis envisage la séparation avant de demander une discussion plus raisonnable.

  • Le tableau de la troisième édition propose aussi, pour le désir d’être aimé et compris, une réaction de l’objet faite de compréhension et d’acceptation, suivie d’une réaction du sujet aidante et compréhensive.

10. Modèle cognitif-comportemental

★ À maîtriser

  • Les approches cognitives et comportementales ciblent les apprentissages qui produisent des comportements et des cognitions pathogènes, afin d’induire des apprentissages correcteurs.

  • Dans le modèle de Beck, l’individu sélectionne des parties de son expérience et les interprète au moyen de schémas cognitifs qui fonctionnent comme des postulats silencieux. - Aaron Temkin Beck, 1921-2021

  • Les schémas cognitifs : donnent un sens au vécu, sont stockés dans la mémoire à long terme, sont inconscients ou difficilement accessibles à la conscience, traitent automatiquement l’information et peuvent confirmer leurs propres postulats, s’acquièrent au cours d’expériences précoces, régulent les émotions et les comportements, orientent les attributions concernant le futur, peuvent être à l’origine de scénarios de vie répétitifs renforcés par les circonstances quotidiennes

📌 Les schémas irrationnels constituent une vulnérabilité et ne sont pas pathologiques en eux-mêmes, tandis que des règles irrationnelles peuvent conduire à des pensées et comportements inadaptés.

  • Les principaux biais cognitifs cités sont :

    • les inférences arbitraires
    • l’abstraction sélective
    • la surgénéralisation
    • la magnification ou minimisation
    • la personnalisation
    • la pensée polarisée
  • 🔄 Le modèle décrit la chaîne suivante (Clark, 1986) : une situation de stress objective ou subjective, une réaction physiologique, notamment l’hyperventilation, une interprétation catastrophique des signaux corporels, la perception d’une menace, l’appréhension ou l’anxiété

📌 Les comportements de sécurité soulagent à court terme, mais entretiennent le problème à long terme en empêchant d’affronter réellement le stimulus anxiogène.

  • Dans la théorie de Beck, la dépression s’exprime par des biais cognitifs et non par une agression retournée contre soi.

  • La triade cognitive de la dépression comprend des pensées automatiques négatives à propos de soi, du monde et du futur.

Compléments

  • Les TCC résultent de la jonction du comportementalisme et du cognitivisme à partir des années 1950.

  • Les processus cognitifs dysfonctionnels sont aussi appelés distorsions ou biais cognitifs, et les faits cognitifs sont considérés comme des pensées automatiques.

  • Les profils cognitifs décrits associent : la dépression à une vision négative de soi, du monde et du futur, l’hypomanie à une vision exagérée de soi et du futur, l’anxiété à l’anticipation d’un danger physique et psychologique, le trouble panique à l’interprétation catastrophique d’expériences corporelles et mentales, la phobie à l’anticipation d’un danger dans des situations spécifiques évitables, la paranoïa à l’attribution de biais cognitifs à autrui, vu comme exagérément critique, l’obsession à des doutes répétés sur la sécurité physique ou mentale, la compulsion à des rituels destinés à écarter une menace, l’anorexie à la crainte du surpoids

Astuce mémo

Schémas irrationnels → règles irrationnelles → réponses inadaptées

11. Techniques cognitives et comportementales

Notions clés & Définitions

  • Pleine conscience : Kabat-Zinn, 2003 - Orientation attentionnelle vers l’expérience qui se déploie dans le moment présent, sans jugement, avec une attention soutenue aux données sensorielles immédiates et aux images mentales, et la capacité d’accueillir les facettes positives comme négatives de l’expérience.

★ À maîtriser

  • Les TCC visent à identifier puis à changer les pensées automatiques et les schémas maladaptatifs en les testant par des expérimentations.

📌 La voie cognitive applique la logique aux idées dysfonctionnelles, tandis que la voie comportementale teste ces idées par des expériences et des prescriptions comportementales.

  • 🔄 Le dialogue socratique aide la personne à : identifier ses pensées, images mentales et suppositions, examiner la signification d’événements et trouver de nouvelles interprétations, évaluer les conséquences de ses pensées et comportements

  • La flèche descendante remonte la chaîne d’inférences reliant un fait à une conclusion, de la pensée automatique jusqu’au schéma de base.

Compléments

  • Les thérapies classiques de Beck sont généralement brèves et structurées, durant de 12 à 16 semaines à raison d’une séance par semaine.

  • L’attitude thérapeutique en TCC est collaborative et transparente, centrée sur les problèmes; le thérapeute explique les techniques, ne corrige pas directement les schémas ou comportements et demande régulièrement ce que la personne a trouvé utile.

  • Les techniques cognitives comprennent :

    • la dédramatisation
    • la redéfinition
    • la décentration
    • la réattribution
  • Les colonnes de Beck permettent de noter l’émotion et son intensité, la pensée associée, la distorsion correspondante, une réponse rationnelle alternative, puis une nouvelle évaluation de l’émotion.

  • Les techniques comportementales comprennent : les tâches à domicile, les tests d’hypothèse, l’exposition, les jeux de rôle et tests de comportements, la planification d’activités, l’assignation de tâches présentant une difficulté croissante

  • La pleine conscience est appliquée notamment à l’anxiété, à la dépression, aux douleurs chroniques et aux problèmes psychosomatiques.

Astuce mémo

Voie cognitive : logique ; voie comportementale : expérimentation

12. Fondements des approches systémiques

Notions clés & Définitions

  • Indifférenciation de soi : Bowen - Immaturité relationnelle transmise et cumulée à travers les générations, qui se manifeste par la dépendance ou la coupure relationnelle.
  • Double-contrainte : Bateson - Situation relationnelle répétée dans laquelle une personne reçoit des injonctions contradictoires et ne peut échapper à la situation ni métacommuniquer.
  • Métacommunication : Communication sur la communication et sur la relation, notamment pour expliciter le sens d’un message et la manière de le comprendre.
  • Homéostasie : Jackson - L’homéostasie désigne le maintien des conditions internes nécessaires à la vie et, en clinique familiale, la préservation de la stabilité du système ou sa résistance au changement.
  • Système : Von Bertalanffy, 1968 - Ensemble d’objets ou d’entités qui interagissent pour former un tout.

★ À maîtriser

📌 Les approches familiales interviennent sur les systèmes de relation plutôt que sur des personnes isolées, et accordent peu d’attention à la pathologie individuelle en tant que telle.

  • Dans la triangulation, un conflit de couple instabilise la relation dyadique, l’anxiété augmente et déborde la dyade, puis un tiers est impliqué; la triangulation fait baisser l’anxiété, solidarise la dyade et place le tiers en périphérie, sans résoudre le conflit, qui se cristallise autour du tiers désigné. - Bowen, Minuchin

Compléments

  • Les générations des thérapies familiales comprennent :

    • la première génération : approches communicationnelle de Palo-Alto, structurale, stratégique et psychanalytique
    • la deuxième génération : constructivisme et constructionnisme
    • la troisième génération : approches intégratives, notamment contextuelle et fondée sur l’attachement
  • Les approches familiales se sont développées dans un contexte où l’après-guerre mettait en évidence le poids des événements extérieurs, où la stratégie devenait un concept central des sciences humaines et où les transformations sociales contribuaient à problématiser la famille.

  • Les approches de thérapie familiale ont émergé d’idées issues de plusieurs domaines, notamment la rencontre de la psychanalyse et de la psychiatrie biologique aux États-Unis, l’étude de la schizophrénie et des concepts d’indifférenciation, de triangulation, de double-contrainte, de métacommunication et d’homéostasie.

  • Dans les années 1940-1950, les familles de patients schizophrènes étaient décrites comme marquées notamment par le décès d’un parent ou d’un frère ou d’une sœur chez 40 % des patients, des violences verbales ou physiques et des attitudes parentales autoritaires et surprotectrices. - Lidz & Lidz, 1949

  • Bateson publie Toward a theory of schizophrenia en 1956 après avoir étudié les paradoxes de la communication à partir de 1952 et la communication chez les schizophrènes avec un financement de la fondation Macy obtenu en 1954. - Gregory Bateson

  • La double-contrainte implique : au moins deux personnes en relation, des interactions répétées selon le même schéma, une injonction primaire, une injonction secondaire qui contredit la première, une injonction tertiaire qui interdit à la personne d’échapper à la situation

  • Un système comprend : des objets ou éléments, des attributs, des relations internes produisant interdépendances et contraintes réciproques, un environnement

  • Le fonctionnement systémique comprend : une totalité supérieure à la somme des parties, une hiérarchie, l’autorégulation et le contrôle, les échanges avec l’environnement, l’équilibre, le changement, l’équifinalité

13. Santé et symptômes systémiques

★ À maîtriser

📌 Dans l’approche systémique, l’autonomie est possible dans un système à la fois stable et capable de changer lorsque les circonstances l’exigent.

  • Pour s’adapter à une pression interne ou externe, un système doit renouveler ses règles; la métacommunication aide à établir ces nouvelles règles.

  • Quand une règle empêche le changement malgré une pression à changer, le système peut produire un symptôme et des communications pathologiques comme la triangulation ou la double-contrainte.

  • Quand un système n’arrive pas à changer, il peut répéter les mêmes solutions inefficaces; un cercle vicieux amplifie progressivement les conséquences négatives, tandis qu’un cercle vertueux peut amplifier les effets d’un changement mineur.

  • La dépression peut accroître le besoin de soutien du conjoint; une insatisfaction croissante peut tendre la relation et aggraver la dépression, ou le rôle valorisant d’aidant du conjoint peut renforcer chez la personne déprimée l’idée qu’elle ne peut s’en sortir seule.

Compléments

  • Dans l’exemple familial, lorsque les enfants deviennent adultes et cherchent davantage de soutien auprès de leurs conjoints, la règle de tout partager dans la famille doit évoluer vers une transparence émotionnelle dans le couple et des contacts ponctuels avec les enfants.

  • Les approches familiales et systémiques n’ont pas de théorie spécifique de la dépression et étudient ses causes relationnelles ainsi que les conséquences relationnelles qui la renforcent.

  • Après amélioration de la dépression, le mécontentement du conjoint peut persister si la règle relationnelle reste que seule la personne déprimée a besoin d’aide; un comportement d’aide positif peut aussi avoir un effet négatif s’il confirme qu’elle ne peut s’en sortir seule.

Astuce mémo

Règles rigides + pression au changement → symptôme relationnel

14. Participants à la thérapie familiale

Notions clés & Définitions

  • Patient désigné : Personne pour qui le groupe familial consulte.
  • Consommateur principal : Personne qui est en fait la plus concernée par la demande.
  • Thérapie multi-systèmes : La thérapie multi-systèmes implique le réseau social élargi et les autres intervenants autour de la famille.

★ À maîtriser

  • La thérapie familiale intervient sur les processus relationnels qui causent ou renforcent le trouble en travaillant avec le système relationnel présent en séance.

  • Les approches familiales symptomatiques se focalisent sur les transactions, dans l’ici et maintenant, et sur le comment plutôt que sur les personnes et le pourquoi.

  • Le changement thérapeutique vise à remplacer les cercles vicieux interactionnels par des cercles vertueux, supposés se perpétuer et s’amplifier.

📌 La thérapie familiale ne suit pas de règle fixe sur le nombre de participants, mais réunit au moins deux personnes de la même famille, dont l’une est confrontée à une difficulté.

Compléments

  • Dans la plupart des thérapies familiales, les patients et les thérapeutes sont assis en cercle sur des sièges identiques afin de favoriser l’égalité et la prise de parole de chaque membre, y compris celui qui présente les symptômes.

  • En thérapie familiale, la demande est souvent détournée, car chacun peut attendre que la thérapie change les autres membres de la famille.

📌 Dans certains courants familiaux, les changements transactionnels précèdent les changements de représentations, et la prise de conscience peut être considérée comme inutile, voire contre-productive.

  • Les participants peuvent former un couple, une dyade mère-enfant ou une triade parents-enfant, et leur nombre peut varier au cours du traitement.

  • Une thérapie familiale peut se prolonger en thérapie de couple marital ou en thérapie individuelle pour un ou plusieurs membres de la famille.

15. Thérapie familiale multidimensionnelle

Notions clés & Définitions

  • Thérapie de famille multidimensionnelle : Liddle, 2002 - La thérapie de famille multidimensionnelle (MDFT) est une approche intégrative en partie manualisée, conçue notamment pour les troubles du comportement et les abus de substance chez les adolescents et les jeunes adultes.

★ À maîtriser

📌 Les approches systémiques de première génération agissent sur les relations, tandis que celles de seconde génération cherchent à dynamiser les ressources et la créativité de la famille.

📌 En première génération, le thérapeute se situe hors du système thérapeutique et agit en expert, tandis qu’en seconde génération il est membre du système patients-thérapeute et sa personnalité participe au processus.

  • La MDFT travaille quatre modules :

    • l’adolescent
    • les parents
    • les interactions familiales
    • les systèmes sociaux extra-familiaux
  • 🔄 La MDFT comporte trois étapes :

    1. l’engagement
    2. la recherche du changement
    3. la consolidation ou sortie du traitement
  • Les approches humanistes mettent l’accent sur le vécu expérientiel du client et considèrent la réalisation de soi comme une motivation fondamentale de l’être humain.

Compléments

  • Les thérapeutes familiaux adoptent souvent une pratique intégrative combinant des techniques de différentes générations systémiques.

  • Les techniques de première génération comprennent : l’intervention paradoxale, le recadrage, la connotation positive, la prescription de tâches ou de rituels, la restructuration des frontières entre sous-systèmes

  • Les techniques de seconde génération comprennent : le brainstorming ou la recherche de 36 solutions, la recherche des exceptions, la question miracle

  • Les approches humanistes se développent après la Seconde Guerre mondiale, en lien davantage avec la philosophie et le développement personnel qu’avec les approches médicales.

  • Carl Rogers est associé à la thérapie centrée sur la personne, Abraham Maslow à la pyramide des besoins, R. D. Laing à l’antipsychiatrie, Fritz Perls à la Gestalt et Leslie Greenberg et Susan Johnson aux thérapies centrées sur les émotions.

Astuce mémo

Engagement → changement → consolidation

16. Thérapie centrée sur la personne

Notions clés & Définitions

  • Soi : Un ensemble organisé de représentations ou de perceptions concernant la personne elle-même, ses liens avec autrui, l’environnement et la vie en général.

★ À maîtriser

  • Carl Rogers défend une vision fondamentalement positive de l’être humain, dont les actions négatives résultent de la peur et de mécanismes de défense plutôt que d’une nature agressive.

  • La congruence correspond à un accord entre les expériences vécues et la structure conceptuelle du Soi, tandis que l’incongruence correspond à leur décalage.

  • Le regard positif inconditionnel valorise la personne sans exiger un comportement particulier, tandis que les conditions de valeur subordonnent l’amour reçu à un comportement attendu.

  • La personne fonctionnelle est ouverte aux expériences, accepte les aspects positifs et négatifs, s’adapte au présent, fait confiance à son organisme, choisit librement et fait preuve de créativité, tandis que la personne mal ajustée est défensive, guidée par les désirs d’autrui, néglige ses réactions, se sent manipulée et se conforme.

  • La thérapie centrée sur la personne vise à réduire les symptômes en améliorant la congruence entre le Soi et les expériences, sans cibler un trouble particulier.

  • La thérapie centrée sur la personne est expérientielle et non directive : le thérapeute reflète les émotions, intervient peu et privilégie la relation et l’attitude thérapeutique à la technique.

  • Selon Rogers (1959), la relation thérapeutique requiert deux personnes, une tension ou incongruence chez le client, la congruence et l’authenticité du thérapeute, son regard positif inconditionnel, son empathie communicable et la perception de cette offre par le client.

Compléments

  • Le Soi se forme à partir d’expériences relationnelles et de valeurs introjetées, importées d’autrui mais vécues comme si elles avaient été expérimentées personnellement.

  • La thérapie centrée sur la personne est non dirigiste et permet au client d’exprimer ses potentialités au cours des séances.

  • En se sentant écoutée et acceptée, la personne apprend à s’écouter, à accueillir des sentiments auparavant niés, à mieux s’accepter et à évoluer vers davantage de congruence et moins de comportements défensifs.

17. Emotion-focused therapy

★ À maîtriser

  • L’EFT intègre des éléments des sciences affectives et des neurosciences et considère les émotions comme fondamentalement adaptatives et guides des expériences avec l’environnement.

  • L’EFT considère le changement émotionnel comme un préalable à tout autre changement.

  • Les émotions primaires traitent rapidement l’information d’une situation et préparent à l’action ; elles sont adaptatives si la réaction convient à la situation et maladaptatives si elle conduit à une action inappropriée.

  • Les émotions secondaires sont des réactions à des émotions primaires qui les obscurcissent, tandis que les émotions instrumentales sont exprimées pour influencer autrui et sont dissociées du ressenti.

  • L’EFT vise à accroître la conscience des émotions et la capacité à distinguer les réponses saines des réponses maladaptatives à transformer.

  • L’intégration psychothérapeutique a été portée par les recherches mettant en évidence les facteurs communs et relationnels ainsi que par le travail de terrain auprès de patients et familles en grande difficulté.

  • Les études contemporaines attribuent moins de 2 % de la variance expliquée à la technique et entre 10 % et 30 % aux facteurs relationnels, notamment à l’alliance.

Compléments

  • L’Emotion-focused therapy (EFT), créée par Leslie Greenberg au début des années 2000, généralise la thérapie qu’il a développée avec Susan M. Johnson pour les couples à la fin des années 1980.

  • 🔄 L’EFT articule trois étapes :

    1. la construction de l’alliance
    2. l’exploration des émotions
    3. leur transformation
  • Les rivalités entre courants psychothérapeutiques reposaient sur la prétention de chaque approche à mieux comprendre le fonctionnement psychique et traiter les troubles, selon une logique comparable à la recherche d’un médicament efficace.

  • Le raisonnement centré sur la technique relègue la personnalité des patients et des praticiens au second plan et exige que le client s’adapte au traitement proposé.

  • Les facteurs de personnalité du patient expliquent 40 % de la variance selon les études présentées.

  • Le verdict de l’oiseau Dodo désigne l’idée que toutes les approches psychothérapeutiques ont gagné et méritent un prix.

Astuce mémo

Émotion primaire : réaction à la situation ; secondaire : réaction à l’émotion

18. Facteurs communs et adaptation du traitement

Notions clés & Définitions

  • Processus transdiagnostique : Un processus psychologique sous-jacent présent dans plusieurs diagnostics et jouant un rôle dans différents troubles.

★ À maîtriser

📌 Dans une approche intégrative, le traitement s’adapte au client plutôt que d’exiger que le client s’adapte au traitement.

  • L’engagement peut mobiliser : l’affiliation et la reconnaissance du point de vue du client, l’exploration des bénéfices individuels de la thérapie, l’exploration des obstacles à une participation régulière, le recadrage positif de la situation problématique

📌 L’engagement du client relève de la responsabilité du praticien, et la construction de la relation thérapeutique est aussi importante que la thérapie elle-même.

  • Le modèle transthéorique du changement distingue cinq étapes (Prochaska & DiClemente, 2005) :
    • pré-contemplation
    • contemplation
    • préparation
    • action
    • maintenance

📌 L’intervention intégrative est calibrée selon l’étape de changement de la personne, car les clients ne se présentent pas tous au même stade.

Compléments

  • Le taux de rupture thérapeutique baisse lorsque l’offre de soins est aménagée selon les attentes et les caractéristiques des clients.

  • Les formes d’intégration comprennent : l’intégration théorique, l’éclectisme, le travail spécifique sur les facteurs communs, l’intégration assimilative

  • Le traitement éclectique ajuste plusieurs dimensions : directif ou non directif, intensif ou non intensif, interpersonnel-systémique ou intrapersonnel-individuel, orienté vers l’insight ou la résolution des symptômes, abréactif ou soutenant émotionnellement

  • Dans l’outcome-informed clinical work, la plus grande part du changement survient entre la 1re et la 7e séance ; en l’absence d’amélioration durant cette phase, le traitement est rapidement recalibré à partir des retours des patients.

  • L’empowerment vise à rendre au patient son expertise ; une posture d’expert du praticien peut menacer l’estime de soi et favoriser le désengagement, tandis que le changement du rapport de pouvoir peut améliorer satisfaction, estime de soi, engagement et résultats. - Favez, 2016

  • Le setting peut soutenir l’appropriation par : des lieux accueillants et accessibles, l’adaptation des horaires, des interventions à domicile où le client maîtrise le cadre

  • Les processus transdiagnostiques descriptifs sont présents dans plusieurs troubles sans rôle clairement identifié, tandis que les processus mécaniques y jouent un rôle direct.

  • Au stade de pré-contemplation, la personne n’envisage pas de changement dans les six mois à venir et peut percevoir davantage d’inconvénients que d’avantages au changement.

Tableaux de synthèse

Modèles étiologiques

ModèlePrincipeCondition
Effet principalUn facteur est responsable du troubleIndépendamment des autres facteurs
InteractionPlusieurs facteurs causent le trouble ensembleLeur interaction produit le trouble
TransactionFacteur seul ou combiné à d’autresPrésence d’une vulnérabilité ou prédisposition

Approches de la classification des symptômes

ApprochePrincipeCritère
CatégorielleClasse la personne dans une catégorieCumul de critères dépassant un seuil
DimensionnelleSitue une caractéristique sur un degréPrésence plus ou moins élevée
Réseaux de symptômesExamine l’organisation des symptômesConstellation et activation entre symptômes

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