Fiche de révision : Asthme et allergies chez l’enfant

Plan du Cours

  1. Définition et manifestations de l’asthme
  2. Phénotypes de l’asthme pédiatrique
  3. Traitements et soins de l’asthme
  4. Dispositifs d’inhalation et nébulisation
  5. Allergie et explorations diagnostiques
  6. Allergènes et environnement domestique
  7. Immunothérapie allergénique

1. Définition et manifestations de l’asthme

Notions clés & Définitions

  • Asthme : Maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires inférieures associant obstruction ventilatoire et hyperréactivité bronchique.
  • Exacerbation : Aggravation ou apparition, plus ou moins rapide et sévère, de symptômes respiratoires, associant notamment toux, gêne respiratoire et auscultation anormale.

★ À maîtriser

  • L’asthme est la maladie respiratoire la plus fréquente chez l’enfant, avec une prévalence d’environ 10 %.

  • Les manifestations de l’asthme comprennent :

    • le sifflement expiratoire
    • la toux
    • l’essoufflement
    • l’oppression thoracique
  • Les symptômes évocateurs varient dans le temps et en intensité, s’aggravent souvent la nuit ou au réveil, et peuvent être déclenchés par l’exercice, le rire, l’air froid, les allergènes ou les infections virales.

Compléments

  • L’asthme se caractérise par une variabilité des symptômes dans le temps et peut entraîner une limitation permanente des débits respiratoires.

  • Les antécédents familiaux au premier degré d’allergie ou d’asthme et les antécédents personnels d’atopie, notamment la dermatite atopique et les allergies alimentaires ou respiratoires, favorisent la prédisposition à l’asthme.

2. Phénotypes de l’asthme pédiatrique

★ À maîtriser

  • L’asthme préscolaire concerne les enfants de moins de 3 ans.

📌 Avant l’âge de 1 an, l’asthme préscolaire est évoqué devant plus de 3 épisodes de dyspnée avec sibilants, ou 2 épisodes en présence d’un terrain à risque.

  • À partir de 3 ans, l’asthme scolaire peut correspondre à la persistance d’un asthme préscolaire et s’accompagne plus souvent de symptômes chroniques et d’allergies respiratoires ou alimentaires.

  • L’asthme de l’adolescent est généralement moins exacerbateur, mais ses exacerbations peuvent être sévères et les symptômes peuvent être liés à l’effort.

Compléments

  • L’asthme préscolaire peut présenter un phénotype exacerbateur sur virose, avec ou sans symptômes inter-critiques, sans retard de croissance staturo-pondérale attendu.

  • L’asthme de l’adolescent peut être associé à des allergies respiratoires ou alimentaires.

  • L’hyperréactivité bronchique peut provoquer à l’effort ou lors des pleurs une toux, des sifflements ou une dyspnée, parfois aggravés après l’effort, avec un risque accru d’exacerbation.

3. Traitements et soins de l’asthme

★ À maîtriser

  • Le traitement aigu de l’asthme utilise la voie inhalée, notamment des bronchodilatateurs de courte durée d’action comme le salbutamol ou la terbutaline, ainsi que le CSI-formotérol vers l’âge de 6 ans.

  • Le traitement de fond repose sur une corticothérapie inhalée à débuter dès la première exacerbation, dont l’effet apparaît à partir de 3 semaines.

Compléments

  • Le salbutamol et la terbutaline peuvent provoquer une tachycardie et des tremblements, et un plan d’action personnalisé doit être remis au patient.

  • Un bronchodilatateur de longue durée d’action peut être associé à partir de l’âge de 4 ans, et le montélukast fait partie des traitements anti-leucotriènes.

  • Les anticorps monoclonaux ciblant des molécules de la cascade inflammatoire de type T2 sont envisagés en cas d’asthme non contrôlé malgré une forte pression thérapeutique, après évaluation et discussion pluridisciplinaire.

  • Les anticorps monoclonaux sont administrés par injection sous-cutanée toutes les 2 à 4 semaines selon la molécule.

  • Les soins infirmiers comprennent : le monitorage cardiorespiratoire, le lavage des fosses nasales, l’oxygénothérapie selon la SpO₂, l’évaluation du retentissement sur l’alimentation et le comportement

  • Une difficulté à parler est un marqueur de dyspnée.

  • Les mesures associées comprennent : l’éviction du tabagisme, la prise en charge allergologique avec éviction des allergènes ou immunothérapie, l’hygiène du domicile, la prise en compte du contage infectieux en collectivité

4. Dispositifs d’inhalation et nébulisation

★ À maîtriser

  • Pour un inhalateur-doseur avec chambre, une pression délivre une bouffée, suivie de plusieurs respirations ; la chambre n’a pas besoin d’être chargée à l’avance.

  • L’inhalateur-doseur s’utilise avec une chambre d’inhalation, avec ou sans masque, placée à l’horizontale, en position assise ou debout.

  • Le nombre de respirations par bouffée est estimé en divisant le volume total de la chambre par le volume courant du patient ; en pratique, les repères donnés sont 10 respirations par bouffée sous 10 kg, 5 au-dessus de 10 kg et 3 au-dessus de 20 kg.

Compléments

  • La chambre d’inhalation facilite la coordination main-poumon et augmente la proportion de particules fines par évaporation.

  • Les inhalateurs de poudre sèche nécessitent une inspiration forcée suivie d’une apnée et peuvent associer corticoïdes et bronchodilatateurs de longue durée d’action.

  • La nébulisation aérosolise le médicament et peut être utilisée pour administrer de fortes doses de corticoïdes ou des bronchodilatateurs en milieu hospitalier.

📌 En nébulisation, il n’y a pas de volume minimal et il ne faut pas ajouter de sérum physiologique ; un embout buccal est préférable si possible, car un masque non hermétique entraîne des pertes importantes.

5. Allergie et explorations diagnostiques

Notions clés & Définitions

  • Allergène : Protéine susceptible de déclencher une réaction allergique.
  • Sensibilisation : Production d’anticorps IgE contre un allergène donné, qui ne suffit pas à elle seule à établir une allergie clinique.

★ À maîtriser

📌 Un trophallergène est un allergène alimentaire, tandis qu’un pneumallergène est un allergène respiratoire.

  • Les réactions allergiques médiées par les IgE peuvent être :
    • cutanées : urticaire et angio-œdème
    • digestives : vomissements, diarrhée et douleurs abdominales
    • respiratoires : asthme
    • nasales : rhinite allergique
    • oculaires : conjonctivite allergique

📌 Une sensibilisation allergique se recherche dès qu’un asthme est persistant, par tests cutanés en première intention et dosage des IgE spécifiques en deuxième intention.

Compléments

  • La polysensibilisation est fréquente et le nombre d’allergènes associés est lié à la sévérité de l’asthme.

Astuce mémo

Sensibilisation = IgE détectables ; allergie = manifestations cliniques.

6. Allergènes et environnement domestique

★ À maîtriser

  • Les allergènes respiratoires per-annuels comprennent : les acariens, les moisissures intérieures, les animaux, notamment le chat, le chien et les blattes

Compléments

  • Les pollens d’arbres, notamment le bouleau en Île-de-France, sont présents de janvier à avril.

  • Les pollens de graminées sont présents de mai à septembre.

  • Les pollens d’herbacées comme l’armoise et les moisissures atmosphériques comme Alternaria et Cladosporium sont présents de juin à août.

  • L’évaluation de l’environnement allergénique prend en compte :

    • le type de logement
    • les revêtements de sol
    • l’humidité ou les moisissures
    • les animaux
    • les végétaux
  • Les mesures contre les acariens comprennent : l’aération quotidienne du domicile pendant 15 minutes, le lavage régulier de la literie, les housses et matelas anti-acariens, une température maximale de 19 °C, l’évitement des tapis et moquettes, l’aspiration au moins une fois par semaine

  • Les traitements symptomatiques comprennent :

    • le lavage oculaire et nasal
    • les antihistaminiques par voie orale
    • les corticoïdes par voie nasale
    • les antihistaminiques par voie oculaire

7. Immunothérapie allergénique

★ À maîtriser

  • L’immunothérapie allergénique peut être proposée à partir de 5 ans, notamment pour les allergies aux acariens ou aux graminées, afin de favoriser une tolérance immunitaire et de réduire les symptômes.

📌 L’immunothérapie allergénique exige un contrôle de l’asthme au moins partiel avant son début, ainsi que la motivation du patient et de sa famille pour un traitement quotidien prolongé.

  • L’immunothérapie allergénique est prise quotidiennement pendant 3 à 5 ans ou pendant 3 à 5 saisons consécutives selon le traitement.

Compléments

  • L’immunothérapie allergénique sublinguale existe sous forme liquide ou de lyophilisat, à garder sous la langue pendant 1 à 2 minutes.

  • L’immunothérapie allergénique peut contribuer à prévenir l’asthme chez l’enfant sensibilisé aux acariens ou aux graminées.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Asthme et allergies chez l’enfant avec 9 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la définition et les manifestations de l’asthme :

2. À propos des phénotypes de l’asthme chez l’adolescent, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Asthme et allergies chez l’enfant avec 10 flashcards interactives.

Qu’est-ce que l’asthme ?

Une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires inférieures associant obstruction ventilatoire et hyperréactivité bronchique.

Quelle est la prévalence approximative de l’asthme chez l’enfant ?

Environ 10 %.

Quel âge concerne l’asthme préscolaire ?

Les enfants de moins de 3 ans.

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