Le cerveau est vascularisé en avant par les deux artères carotidiennes, qui donnent les artères cérébrales antérieures et moyennes, et en arrière par les deux artères vertébrales, qui forment le tronc basilaire puis les artères cérébrales postérieures.
Après l’occlusion d’une artère intracrânienne, une zone de pénombre apparaît en aval, puis une zone infarcie se développe progressivement à l’intérieur de cette pénombre.
Occlusion → pénombre → infarctus → séquelles
★ À maîtriser
📌 Un infarctus de l’artère cérébrale antérieure provoque surtout un déficit moteur controlatéral prédominant au membre inférieur, tandis qu’un infarctus de l’artère cérébrale moyenne provoque surtout un déficit sensitivo-moteur controlatéral à prédominance brachiofaciale.
Un infarctus de l’artère cérébrale moyenne peut provoquer des troubles phasiques dans l’hémisphère majeur ou un syndrome de négligence dans l’hémisphère mineur.
Un infarctus de l’artère cérébrale postérieure provoque principalement une hémianopsie latérale homonyme controlatérale et peut s’accompagner d’une hémihypoesthésie controlatérale.
Compléments
Antérieure = jambe ; moyenne = face-bras ; postérieure = champ visuel
📌 Le mécanisme embolique correspond à l’occlusion d’une artère intracrânienne par un thrombus provenant des cavités cardiaques ou d’une plaque d’athérome cervicale, tandis que le mécanisme hémodynamique correspond à une baisse du débit sanguin en aval d’une sténose sans véritable thrombus.
Le mécanisme de micro-angiopathie obstrue de petites artères profondes et est principalement associé au tabagisme, au diabète et à l’hypertension artérielle ; il produit des infarctus lacunaires.
La thrombolyse intraveineuse consiste à perfuser un produit fibrinolytique afin de lyser le thrombus et doit être administrée au maximum dans les 4 h 30 suivant le premier symptôme neurologique.
Le taux de recanalisation par thrombolyse est d’environ 70 % pour un thrombus très distal, 30 % pour une occlusion à l’origine de l’artère cérébrale moyenne et 2 % pour une occlusion simultanée de la carotide interne et de l’artère cérébrale moyenne.
La thrombectomie mécanique consiste à introduire un microcathéter jusqu’au thrombus, à déployer un stent retriever qui l’enchâsse, puis à retirer ensemble le stent et le thrombus.
Thrombolyse avant 4 h 30, thrombectomie jusqu’à 6 h
📌 L’infarctus cérébral est une interruption artérielle du débit sanguin cérébral, l’hémorragie cérébrale est une extravasation de sang, et la thrombose veineuse cérébrale est une occlusion veineuse.
📌 Un déficit neurologique focal d’apparition brutale doit faire évoquer un AVC et conduire à appeler précocement le Samu-centre 15 pour orienter le patient vers une structure adaptée.
★ À maîtriser
📌 Les hématomes cérébraux profonds touchent notamment les structures capsulo-thalamiques, capsulo-lenticulaires et cérébelleuses, tandis que les hématomes lobaires peuvent intéresser n’importe quel lobe cérébral.
Les hématomes profonds peuvent provoquer une hydrocéphalie par effraction ventriculaire et une compression du tronc cérébral responsable de troubles précoces de la vigilance.
La principale cause des hématomes intraparenchymateux est la micro-angiopathie secondaire à l’hypertension artérielle chronique, qui entraîne la rupture d’artérioles perforantes profondes.
📌 Dans l’heure suivant le diagnostic radiologique d’un hématome cérébral, la pression artérielle systolique doit être réduite avec un objectif compris entre 130 et 140 mmHg.
Compléments
Profond = micro-angiopathie ; lobaire = cortex
Les hémorragies sous-arachnoïdiennes représentent 10 % des AVC et sont mortelles chez 50 % des patients qui en présentent une.
En cas de céphalée ictale avec scanner normal, une ponction lombaire peut rechercher une persistance ou une augmentation des globules rouges dans les tubes et des produits xanthochromiques dans le liquide céphalo-rachidien à partir de 2 heures.
Le tabagisme actif augmente d’environ 2 à 7 fois le risque d’hémorragie sous-arachnoïdienne anévrismale, et ce risque diminue après le sevrage tabagique.
📌 L’exclusion neurochirurgicale d’un anévrisme repose sur un clip vasculaire, tandis que l’exclusion endovasculaire repose sur le déploiement de coils dans l’anévrisme.
Un coup de tonnerre dans la tête évoque la céphalée ictale
Les thromboses veineuses cérébrales concernent plus souvent les femmes, avec un ratio d’environ trois femmes pour un homme, notamment pendant la grossesse, le post-partum et sous contraception œstroprogestative.
L’occlusion d’un sinus veineux diminue la résorption du liquide céphalo-rachidien et augmente la pression veineuse et capillaire, ce qui peut provoquer une hypertension intracrânienne, un œdème, un infarctus veineux ou une hémorragie.
La présentation clinique peut associer:
Le diagnostic de thrombose veineuse cérébrale repose sur l’imagerie cérébrale avec évaluation de la perméabilité des sinus veineux intracrâniens.
📌 Le traitement de référence d’une thrombose veineuse cérébrale est une anticoagulation curative, qui doit être instaurée en urgence même en présence d’une hémorragie intracérébrale liée à la thrombose.
Thrombose veineuse → hypertension intracrânienne → œdème ou hémorragie
★ À maîtriser
📌 Les troubles de la vigilance sont généralement absents dans l’AVC, mais leur présence constitue un signe de gravité ou peut révéler une complication comme un œdème cérébral.
📌 L’obnubilation ralentit la conscience avec des réponses correctes mais lentes, la stupeur alterne éveil imparfait et somnolence pathologique, tandis que le coma empêche l’évaluation clinique des fonctions de la conscience.
Compléments
Vigilance, motricité, sensibilité, vision, cognition, langage
★ À maîtriser
📌 Une plégie correspond à l’absence totale de contraction volontaire, tandis qu’une parésie correspond à une contraction volontaire encore possible, même minime ; mono-, hémi- et tétra- indiquent respectivement l’atteinte d’un membre, des deux membres d’un côté et des quatre membres.
Compléments
Pyramidal = force et réflexes ; cérébelleux = coordination et équilibre
★ À maîtriser
Lors d’un AVC du tronc cérébral, une ophtalmoplégie peut résulter d’une atteinte des nerfs crâniens III, IV et VI, une paralysie faciale du VII, une hypoacousie du VIII et une dysphonie ou une dysphagie des IX, X, XI ou XII.
Les troubles sensitifs superficiels comprennent:
Compléments
📌 Les troubles sensitifs peuvent accompagner les troubles moteurs dans le même territoire lésé, mais ils peuvent aussi être indépendants, comme dans le syndrome thalamique.
📌 L’hémianopsie latérale homonyme correspond à la perte des deux hémichamps visuels et traduit une lésion située en arrière du chiasma optique, tandis que la quadranopsie ne concerne qu’un quart du champ visuel.
📌 L’aphasie non fluente, associée à l’aire de Broca, se caractérise par une fluence diminuée, une compréhension préservée et une conscience des troubles, tandis que l’aphasie fluente, associée à l’aire de Wernicke, comporte une compréhension altérée et une anosognosie.
La récupération post-AVC peut être immédiate par levée de l’inhibition temporaire de l’activité neuronale périlésionnelle, puis plus tardive par plasticité cérébrale des aires corticales homolatérales et controlatérales.
Les processus de récupération sont particulièrement efficaces pendant les 6 premiers mois de rééducation, avec une récupération optimale généralement prédite par l’évolution des 4 premières semaines.
Le NIHSS comporte 11 items et un score de 0 à 42 ; un score inférieur à 7 indique un bon pronostic, supérieur à 16 un mauvais pronostic, surtout au-delà de 22, et compris entre 7 et 16 un pronostic intermédiaire.
Inhibition levée → plasticité → récupération
La récidive d’AVC concerne 40 % des patients à 5 ans, et les épilepsies symptomatiques surviennent en phase aiguë chez 3 à 9 % des patients victimes d’AVC.
L’épaule douloureuse de l’hémiplégique est une complication fréquente, observée chez 48 à 84 % des patients, et peut retarder la prise en charge et la récupération fonctionnelle du membre supérieur.
Immobilité et lésions → spasticité, douleur et récidive
★ À maîtriser
Les complications du décubitus comprennent:
Les thromboembolies veineuses peuvent être responsables de jusqu’à 20 % des décès post-AVC dans les premiers mois et le risque est majeur pendant les 1 à 3 mois suivant l’AVC.
La dysphagie post-AVC multiplie par 3 le risque de complications, les troubles de la déglutition par 12, et la pneumopathie constitue la deuxième cause de mortalité.
Compléments
★ À maîtriser
La filière de prise en charge dirige le patient qui appelle le 15 vers les urgences en lien avec l’unité neurovasculaire, puis vers un établissement de soins de suite et de réadaptation ou le domicile après les traitements curatifs et le bilan étiologique.
Parmi les survivants sortant des unités neurovasculaires, 33 % sont orientés vers un SSR, dont 23 % vers un SSR polyvalent ou gériatrique et 10 % vers un SSR neurologique spécialisé.
Les catégories d’orientation sont:
Compléments
15 → urgence neurovasculaire → rééducation → domicile
★ À maîtriser
📌 L’approche restauratrice cherche à optimiser la récupération neurologique par la plasticité cérébrale, tandis que l’approche compensatrice fait réaliser la même fonction par d’autres réseaux ou grâce à des aides techniques.
Les trois axes de la rééducation sont:
La rééducation motrice initiale est idéalement commencée entre 24 heures et 3 jours après l’AVC, avec des séances fréquentes d’intensité modérée d’environ 10 à 30 minutes par jour.
À domicile, la rééducation vise principalement à conserver et entretenir le potentiel récupéré, à éviter les complications et à prévenir la régression des acquis, tandis qu’en SSR elle recherche davantage le gain fonctionnel et l’autonomie.
Compléments
Restaurer la fonction ou la compenser selon les capacités restantes
| Territoire | Manifestation principale | Signes associés |
|---|---|---|
| Artère cérébrale antérieure | Déficit moteur controlatéral prédominant au membre inférieur | Syndrome frontal, troubles cognitifs |
| Artère cérébrale moyenne | Déficit sensitivo-moteur brachiofacial controlatéral | Aphasie ou négligence |
| Artère cérébrale postérieure | Hémianopsie latérale homonyme controlatérale | Hémihypoesthésie controlatérale |
| Échelle | Ce qu’elle évalue | Repères |
|---|---|---|
| NIHSS | Déficiences neurologiques et sévérité initiale | 0 à 42 ; < 7 bon pronostic ; > 16 mauvais pronostic |
| Index de Barthel | Autonomie dans les activités élémentaires | Progression entre J2 et J15 prédictive du devenir fonctionnel |
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Quelles artères vascularisent le cerveau en avant ?
Les deux artères carotidiennes.
Quelles artères vascularisent le cerveau en arrière ?
Les deux artères vertébrales.
Que forment les artères vertébrales au niveau du tronc basilaire ?
Elles forment le tronc basilaire puis les artères cérébrales postérieures.
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