QCM : Bases toxicocinétiques en toxicologie (26 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelles sont les principales voies de contact par lesquelles un toxique peut pénétrer dans l’organisme ?

Orale, gastrique, intestinale et parentérale
Pulmonaire, cutanée, hépatique et lymphatique
Digestive, pulmonaire, sanguine et rénale
Digestive, pulmonaire, cutanéo-muqueuse et parentérale

Digestive, pulmonaire, cutanéo-muqueuse et parentérale

Explication

Les principales voies de contact sont digestive, pulmonaire, cutanéo-muqueuse et parentérale. La voie sanguine et la voie rénale renvoient à d’autres processus, tandis que les voies gastrique et intestinale sont des lieux de la voie digestive.

2. Après l’ingestion d’un toxique, quel site constitue généralement le lieu majeur d’absorption, compte tenu de sa grande surface et de son contact prolongé avec le contenu digestif ?

L’estomac, principalement par diffusion passive
L’intestin, principalement par diffusion passive
L’œsophage, principalement par diffusion passive
La bouche, principalement par diffusion passive

L’intestin, principalement par diffusion passive

Explication

La grande surface intestinale et le temps de contact prolongé en font le principal site d’absorption orale, essentiellement par diffusion passive. La bouche et l’estomac ont une absorption plus limitée, et l’œsophage n’est pas le site majeur.

3. Une substance hydrosoluble et une petite substance lipophile sont appliquées sur une peau intacte : quelle différence de passage faut-il prévoir ?

Le derme freine davantage les deux substances au même degré
La couche cornée freine davantage la petite substance lipophile
La couche cornée freine davantage la substance hydrosoluble
L’épiderme laisse davantage passer la substance hydrosoluble

La couche cornée freine davantage la substance hydrosoluble

Explication

La couche cornée est la principale barrière cutanée : elle freine les molécules hydrosolubles, alors que les petites molécules lipophiles passent davantage. L’inversion des perméabilités et l’idée d’un passage identique méconnaissent cette différence.

4. Dans un atelier, un toxique est présent sous forme de vapeur dans l’air ambiant : quelle voie constitue la principale voie de captation de ce toxique ?

La voie parentérale
La voie pulmonaire
La voie cutanéo-muqueuse
La voie digestive

La voie pulmonaire

Explication

L’absorption pulmonaire est la principale voie de captation des toxiques présents dans l’air, notamment les vapeurs. L’exposition cutanée ou digestive peut exister dans d’autres situations, mais ne correspond pas ici à la voie principale de captation.

5. Lors du transport sanguin d’un toxique, quelles formes de transport sont possibles ?

Dissous librement dans le plasma, lié à des fractions plasmatiques ou associé aux éléments figurés
Lié aux protéines plasmatiques, stocké dans les os ou transformé dans les poumons
Dissous librement dans les hématies, lié aux tissus ou éliminé par les reins
Associé aux éléments figurés, fixé aux récepteurs tissulaires ou excrété dans la bile

Dissous librement dans le plasma, lié à des fractions plasmatiques ou associé aux éléments figurés

Explication

Un toxique peut circuler librement dissous dans le plasma, être lié à des protéines ou à d’autres fractions plasmatiques, ou être associé aux éléments figurés, notamment aux hématies. Le stockage tissulaire et l’élimination ne sont pas des formes de transport sanguin.

6. Un modèle de distribution distingue des compartiments superficiels et un compartiment profond : comment qualifie-t-on ce modèle ?

Un modèle monocompartimental
Un modèle de transport plasmatique
Un modèle d’absorption parentérale
Un modèle multicompartimental

Un modèle multicompartimental

Explication

Un modèle qui distingue plusieurs compartiments, tels que des compartiments superficiels et profonds, est multicompartimental. Le modèle monocompartimental n’en comporte qu’un, et les deux autres réponses désignent d’autres aspects de la toxicocinétique.

7. Après exposition, un toxique est identifié comme lipophile : dans quels tissus son accumulation prédominante est-elle attendue ?

Dans les fluides corporels et le plasma
Dans le système réticulo-endothélial
Dans le système nerveux central et le tissu adipeux
Dans les os et le tissu conjonctif

Dans le système nerveux central et le tissu adipeux

Explication

Les toxiques lipophiles se répartissent préférentiellement dans le système nerveux central et le tissu adipeux. Les fluides corporels caractérisent plutôt les toxiques hydrosolubles, le système réticulo-endothélial les toxiques colloïdaux, et les os les toxiques ostéotrophiques.

8. Un toxique très hydrosoluble est éliminé de l’organisme sans transformation préalable. De quel processus s’agit-il ?

D’une élimination indirecte après métabolisation
D’une métabolisation hépatique avant excrétion
D’une accumulation tissulaire avant excrétion
D’une excrétion directe

D’une excrétion directe

Explication

L’élimination directe, ou excrétion, concerne essentiellement les toxiques hydrosolubles et ne nécessite pas de métabolisation préalable. L’élimination indirecte après métabolisation et la métabolisation hépatique préalable correspondent plutôt au devenir des toxiques liposolubles; l’accumulation tissulaire n’est pas le processus décrit.

9. Lors d’une intoxication, un organe transforme principalement le toxique, tandis qu’un autre l’évacue principalement. Quel rôle attribue-t-on au foie et au rein, respectivement ?

Excrétion principalement hépatique et intestinale
Excrétion hépatique et métabolisation rénale
Métabolisation principalement rénale et pulmonaire
Métabolisation hépatique et excrétion rénale

Métabolisation hépatique et excrétion rénale

Explication

Le foie assure principalement la métabolisation, alors que le rein assure principalement l’excrétion. L’inversion des deux fonctions constitue la confusion classique; les réponses qui attribuent la fonction principale à d’autres organes ne respectent pas cette distinction.

10. Chez une personne exposée à un toxique, l’induction enzymatique augmente l’activité des enzymes hépatiques. Quel effet est attendu sur la métabolisation et la tolérance au toxique ?

Métabolisation plus rapide et tolérance accrue
Métabolisation plus lente et tolérance accrue
Métabolisation plus rapide et tolérance diminuée
Métabolisation inchangée et tolérance accrue

Métabolisation plus rapide et tolérance accrue

Explication

L’induction enzymatique accélère la métabolisation et constitue un mécanisme de tolérance au toxique. Une métabolisation ralentie relève de l’inhibition; l’idée d’une tolérance diminuée ou d’une vitesse inchangée omet l’effet de l’induction.

11. Pour un toxique dont la constante d’élimination est ke=0,2 h−1k_e = 0{,}2\ \text{h}^{-1}, quelle expression donne son temps de demi-vie ?

t1/2=1ket_{1/2}=\frac{1}{k_e}
t1/2=ln⁡2ket_{1/2}=\frac{\ln 2}{k_e}
t1/2=keln⁡2t_{1/2}=\frac{k_e}{\ln 2}
t1/2=keln⁡2t_{1/2}=k_e\ln 2

$$t_{1/2}=\frac{\ln 2}{k_e}$$

Explication

Le temps de demi-vie vérifie t1/2=ln⁡2ket_{1/2}=\frac{\ln 2}{k_e}; avec la valeur donnée, cela correspond à environ 3,47 h. L’expression 1/ke1/k_e omet le facteur ln⁡2\ln 2, tandis que les deux autres placent ou multiplient les termes de manière incorrecte.

12. Un laboratoire administre en une prise une dose de toxique à des animaux témoins et recherche la dose, en mg/kg, qui provoque la mort de la moitié du lot. Quel indice mesure-t-il ?

La DL50
La dose létale minimale
La CL50
La dose sans effet observé

La DL50

Explication

La DL50 est la dose administrée en une prise qui entraîne la mort de 50 % du lot témoin; elle s’exprime en mg/kg et se précise selon la voie et l’espèce. La CL50 concerne une concentration dans l’air inspiré, tandis qu’une dose sans effet ou une dose létale minimale ne désigne pas cette mesure médiane.

13. Des animaux témoins respirent un toxique dans l’air pendant une durée définie. Quelle mesure correspond à la concentration atmosphérique qui entraîne la mort de 50 % du lot ?

La dose sans effet, exprimée en mg/m³ pendant 2 h ou 4 h
La dose létale minimale, exprimée en mg/kg en une prise
La DL50, exprimée en mg/kg en une prise
La CL50, exprimée en mg/m³ pendant 2 h ou 4 h

La CL50, exprimée en mg/m³ pendant 2 h ou 4 h

Explication

La CL50 est la concentration de toxique dans l’air inspiré qui entraîne la mort de 50 % des animaux témoins; elle s’exprime en mg/m³ pour une exposition de 2 h ou 4 h. La DL50 correspond à une dose administrée en mg/kg, et les notions de dose sans effet ou de dose létale minimale ne représentent pas la concentration létale médiane.

14. Après une exposition unique à un toxique, une personne développe des altérations pathologiques plusieurs jours plus tard. Comment qualifie-t-on cette manifestation ?

Une toxicité retardée
Une toxicité aiguë immédiate
Une toxicité chronique par expositions répétées
Une absence de toxicité après exposition

Une toxicité retardée

Explication

La toxicité retardée désigne des altérations pathologiques qui apparaissent plusieurs jours ou davantage après une exposition unique. Une toxicité immédiate apparaît sans ce délai, tandis que la toxicité chronique évoque des expositions répétées et que l’apparition d’altérations réfute l’absence d’effet.

15. Lorsqu’une enzyme transforme un xénobiotique en métabolite avec l’aide éventuelle d’un cofacteur, quel processus est décrit ?

Un transport du métabolite vers les tissus
Une conjugaison de phase II
Une excrétion rénale directe
Une biotransformation enzymatique

Une biotransformation enzymatique

Explication

Une biotransformation est un mécanisme enzymatique qui transforme un substrat en métabolite, avec l’aide éventuelle d’un coenzyme ou d’un cofacteur. L’excrétion rénale concerne l’élimination, la conjugaison est un type de réaction, et le transport tissulaire ne décrit pas cette transformation.

16. Après transformation d’un xénobiotique, le métabolite obtenu est moins toxique que la molécule initiale. Comment qualifier ce résultat ?

Une détoxication
Une conjugaison
Une élimination rénale
Une bioactivation

Une détoxication

Explication

La détoxication produit un métabolite moins toxique que le xénobiotique initial. La bioactivation augmente la toxicité, tandis que la conjugaison désigne une réaction métabolique et l’élimination rénale une voie d’excrétion.

17. Une enzyme oxyde un xénobiotique au cours de sa transformation. À quelle phase cette réaction appartient-elle ?

À la conjugaison du glutathion
À la phase I
À l’excrétion
À la phase II

À la phase I

Explication

L’oxydation fait partie des réactions de phase I, avec la réduction et l’hydrolyse. La conjugaison du glutathion relève de la phase II, et l’excrétion correspond à l’élimination plutôt qu’à une phase de biotransformation.

18. Laquelle de ces réactions appartient à la phase II des biotransformations ?

L’oxydation
L’hydrolyse
La sulfoconjugaison
La réduction

La sulfoconjugaison

Explication

La sulfoconjugaison est une réaction de phase II, tout comme la glycuroconjugaison, la conjugaison du glutathion, l’acétylation et la conjugaison aux acides aminés. L’oxydation, la réduction et l’hydrolyse appartiennent à la phase I.

19. À dose normale, quel parcours métabolique du paracétamol mène à l’élimination de ses produits ?

Métabolisme par le cytochrome P450 et sulfoconjugaison, puis élimination rénale
Métabolisme par le cytochrome P450 et glycuroconjugaison, puis élimination rénale
Métabolisme par le cytochrome P450 et glycuroconjugaison, puis élimination biliaire
Métabolisme par le cytochrome P450 et voie du glutathion, puis élimination rénale

Métabolisme par le cytochrome P450 et glycuroconjugaison, puis élimination rénale

Explication

À dose normale, le paracétamol est métabolisé par le cytochrome P450 et par glycuroconjugaison, puis ses produits sont éliminés par voie rénale. La voie du glutathion caractérise le cas de forte dose; les substitutions par la sulfoconjugaison ou l’élimination biliaire ne correspondent pas au parcours indiqué.

20. Une personne a pris une forte dose de paracétamol. Quelle voie métabolique accompagne l’action du cytochrome P450 avant l’élimination des produits ?

La voie du glutathion
La conjugaison aux acides aminés
La glycuroconjugaison
La sulfoconjugaison

La voie du glutathion

Explication

À forte dose, le métabolisme du paracétamol mobilise le cytochrome P450 et la voie du glutathion; les produits sont ensuite éliminés par voie rénale. La glycuroconjugaison est mentionnée pour la dose normale, tandis que les autres conjugaisons proposées ne sont pas la voie décrite ici.

21. Chez un patient intoxiqué au paracétamol, le stock hépatocytaire de glutathion est épuisé. Quelle conséquence est attendue ?

Des métabolites issus du cytochrome P450 s’accumulent et détruisent les cellules rénales
Des métabolites très toxiques issus du cytochrome P450 sont éliminés plus rapidement par les reins
Le paracétamol inchangé s’accumule et détruit directement les cellules hépatiques
Des métabolites très toxiques issus du cytochrome P450 s’accumulent et détruisent les cellules hépatiques

Des métabolites très toxiques issus du cytochrome P450 s’accumulent et détruisent les cellules hépatiques

Explication

Lorsque le stock hépatocytaire de glutathion est épuisé, les métabolites très toxiques produits par le cytochrome P450 s’accumulent et détruisent les cellules hépatiques. L’épuisement ne favorise pas leur élimination; les lésions décrites concernent les hépatocytes et non le paracétamol inchangé ou les cellules rénales.

22. Dans une cellule exposée au benzo(a)pyrène, quelle séquence de transformation conduit au métabolite qui se fixe de façon covalente aux acides nucléiques ?

Benzo(a)pyrène, 7,8-arène oxyde, 7,8-diol-9,10-époxyde, 7,8-dihydrodiol
Benzo(a)pyrène, 7,8-dihydrodiol, 7,8-diol-9,10-époxyde
Benzo(a)pyrène, 7,8-arène oxyde, 7,8-dihydrodiol, 7,8-diol-9,10-époxyde
Benzo(a)pyrène, 7,8-dihydrodiol, 7,8-arène oxyde, 7,8-diol-9,10-époxyde

Benzo(a)pyrène, 7,8-arène oxyde, 7,8-dihydrodiol, 7,8-diol-9,10-époxyde

Explication

Le benzo(a)pyrène est d’abord transformé en 7,8-arène oxyde, puis en 7,8-dihydrodiol et enfin en 7,8-diol-9,10-époxyde, qui se fixe de façon covalente aux acides nucléiques. L’option avec le dihydrodiol en premier inverse les intermédiaires, celle qui place l’époxyde avant le dihydrodiol inverse les deux dernières étapes, et la séquence incomplète omet le dihydrodiol.

23. Quel métabolite issu de la biotransformation du benzo(a)pyrène se fixe de façon covalente sur l’ADN et l’ARN ?

Le 7,8-diol-9,10-époxyde
Le 7,8-dihydrodiol
Le benzo(a)pyrène inchangé
Le 7,8-arène oxyde

Le 7,8-diol-9,10-époxyde

Explication

Le produit final de cette séquence, le 7,8-diol-9,10-époxyde, se fixe de façon covalente sur les acides nucléiques, notamment l’ADN et l’ARN. Le benzo(a)pyrène inchangé, le 7,8-arène oxyde et le 7,8-dihydrodiol sont respectivement le composé initial et des intermédiaires de la transformation.

24. Une exposition au soman entraîne une perturbation majeure de la transmission cholinergique. Quel mécanisme correspond à son mode d’action principal ?

Le blocage des récepteurs périphériques de l’acétylcholine
Le blocage des cholinestérases
L’accélération de la dégradation de l’acétylcholine
La fixation sur les récepteurs centraux

Le blocage des cholinestérases

Explication

Le mode d’action principal du soman est le blocage des cholinestérases. La fixation sur les récepteurs centraux est une action secondaire, tandis que le blocage de récepteurs périphériques et l’accélération de la dégradation de l’acétylcholine ne décrivent pas son mécanisme principal.

25. Après une intoxication au soman, une personne présente une faiblesse musculaire et une marche avec steppage. À quel type de conséquences ces signes correspondent-ils ?

À une toxicité hépatique
À des troubles comportementaux isolés
À une atteinte respiratoire isolée
À des troubles neuromusculaires

À des troubles neuromusculaires

Explication

La faiblesse musculaire et le steppage font partie des troubles neuromusculaires associés à l’intoxication par le soman, qui peut aussi entraîner des troubles comportementaux. Les troubles comportementaux isolés écartent les signes observés; la toxicité hépatique et l’atteinte respiratoire isolée ne correspondent pas à cette classification.

26. Après une exposition au soman, une équipe envisage d’administrer une oxime alors que le complexe soman-acétylcholinestérase a déjà subi un vieillissement rapide. Quelle conséquence faut-il prévoir ?

L’oxime empêche le vieillissement et maintient l’enzyme bloquée.
L’oxime dégrade le soman et restaure ainsi l’enzyme vieillie.
L’oxime réactive l’enzyme en inversant la phosphonylation.
L’oxime ne peut plus réactiver l’enzyme, qui doit être renouvelée.

L’oxime ne peut plus réactiver l’enzyme, qui doit être renouvelée.

Explication

Le vieillissement par désalkylation rend le complexe soman-enzyme non réactivable par les oximes, ce qui impose le renouvellement de l’enzyme. Inverser la phosphonylation méconnaît l’effet du vieillissement, dégrader le soman confond hydrolyse et réactivation, et empêcher le vieillissement inverse la séquence décrite.

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Quelles sont les principales voies de contact avec un toxique ?

Les voies digestive, pulmonaire, cutanéo-muqueuse et parentérale.

Quel est le principal site d’absorption orale et par quel mécanisme ?

L’intestin, essentiellement par diffusion passive.

Quelle couche constitue la principale barrière cutanée ?

La couche cornée.

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