Fiche de révision : Cancer de la prostate

Plan du Cours

  1. Épidémiologie et facteurs de risque
  2. Dépistage individuel et de masse
  3. Histoire naturelle et dissémination
  4. Anatomopathologie et score de Gleason
  5. Découverte et examen clinique
  6. Examens complémentaires et diagnostic
  7. Classification et pronostic
  8. Prise en charge thérapeutique
  9. Rôle infirmier et accompagnement

1. Épidémiologie et facteurs de risque

★ À maîtriser

  • Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme et représente 25 % de l’ensemble des nouveaux cancers.

  • En France métropolitaine, 50 400 nouveaux cas ont été estimés en 2018 et la prévalence était estimée à 643 156 personnes en 2017.

  • Les facteurs cités sont :

    • l’âge
    • l’origine ethnique
    • les prédispositions familiales
    • l’abus de graisses animales
    • les lycopènes
    • les polyphénols
    • les caroténoïdes
    • les vitamines D et A et le sélénium
  • Le risque relatif associé aux antécédents familiaux au premier degré est de 5 si deux personnes sont atteintes et de 11 si trois personnes sont atteintes.

Compléments

  • Le cancer de la prostate est le quatrième cancer sur l’ensemble de la population, après les cancers du poumon, du côlon et du sein.

  • Le cancer de la prostate est la troisième cause de décès par cancer chez l’homme.

  • L’âge moyen au diagnostic était de 68 ans en 2018 et l’âge médian au décès était de 83 ans.

2. Dépistage individuel et de masse

★ À maîtriser

📌 Selon les recommandations de l’AFU, le dépistage individuel concerne les hommes de 50 à 75 ans dont l’espérance de vie est estimée à plus de 10 ans.

📌 Selon l’AFU, le dépistage doit commencer à 45 ans chez les hommes à risque ayant des antécédents familiaux ou étant Afro-antillais.

  • Le dépistage individuel repose sur un toucher rectal et un dosage du PSA total réalisés chaque année ou tous les deux ans.

Compléments

  • Le cours mentionne deux grandes études sur le dépistage de masse publiées dans le NEJM, l’une européenne et l’autre menée aux États-Unis.

3. Histoire naturelle et dissémination

★ À maîtriser

  • Le mécanisme d’induction tumorale du cancer de la prostate n’est pas connu et le cancer ne provient pas de la dégénérescence de l’hyperplasie bénigne de la prostate.
  • Un ou plusieurs foyers de cellules cancéreuses prolifèrent dans la zone périphérique de la prostate en direction de la capsule et des vésicules séminales.

  • Le franchissement capsulaire permet l’atteinte des vaisseaux sanguins et lymphatiques péri-prostatiques, point de départ de la dissémination tumorale.

  • Les métastases ganglionnaires apparaissent d’abord dans le petit bassin, puis autour de l’aorte et de la veine cave, et les métastases osseuses ostéocondensantes touchent préférentiellement le squelette axial.

Compléments

  • L’extension régionale vers la base vésicale peut provoquer des troubles mictionnels ou une insuffisance rénale par engainement des méats urétéraux.

  • Les métastases viscérales pulmonaires, hépatiques ou cérébrales surviennent plus rarement au stade ultime de la maladie.

Astuce mémo

Prostate → ganglions du petit bassin → ganglions autour de l’aorte et de la veine cave → os → viscères.

4. Anatomopathologie et score de Gleason

Notions clés & Définitions

  • Score de Gleason : Le score de Gleason définit le grade histologique en additionnant les deux contingents tumoraux les plus représentés en microscopie, chacun étant noté de 1 à 5 ; le score total va de 2 à 10.

★ À maîtriser

  • L’adénocarcinome représente environ 98 % des cancers de la prostate et se développe à partir des acini comme une tumeur épithéliale.

📌 Le score de Gleason est associé à un bon pronostic de 2 à 5, à un pronostic moyen de 6 à 7 et à un mauvais pronostic de 8 à 10.

Compléments

  • Les adénocarcinomes prostatiques présentent des degrés de différenciation différencié, moyennement différencié ou peu différencié.

  • Le cours mentionne également les tumeurs neuroendocrines de la prostate.

Astuce mémo

Gleason bas (2–5) : bon pronostic ; Gleason élevé (8–10) : mauvais pronostic.

5. Découverte et examen clinique

★ À maîtriser

  • Le cancer de la prostate reste longtemps asymptomatique et peut être découvert par toucher rectal ou dosage du PSA.

  • Les symptômes mictionnels cités sont :

    • la dysurie
    • la pollakiurie nocturne
    • l’hématurie macroscopique initiale
    • l’hémospermie
  • Les localisations métastatiques révélatrices citées sont :

    • osseuses
    • neurologiques
    • pulmonaires
  • Le toucher rectal apprécie le volume de la prostate et l’extension extra-prostatique, et recherche une induration ou un nodule, leur régularité et leur extension dans la glande.

  • Un induration ou un nodule au toucher rectal permet le diagnostic dans 75 % des cas, mais 50 % des cancers de la prostate ont un toucher rectal normal.

Compléments

  • Le cancer peut être découvert lors d’une résection prostatique réalisée pour une hyperplasie bénigne de la prostate.

  • L’extension loco-régionale peut se manifester par une thrombose veineuse profonde d’un membre inférieur ou un lymphœdème.

6. Examens complémentaires et diagnostic

Notions clés & Définitions

  • PSA : Le PSA est une glycoprotéine sécrétée par les cellules épithéliales prostatiques normales et tumorales ; c’est un marqueur spécifique de la prostate, mais pas du cancer de la prostate.

★ À maîtriser

  • Le PSA est présent dans le liquide séminal et une partie passe dans le sang, ce qui permet son dosage sérique ; sa valeur normale est comprise entre 0,5 et 4 ng/ml et dépend aussi de l’âge.

📌 Pour un PSA total compris entre 4 et 10 ng/ml, le risque de cancer est décrit comme relativement faible et la biopsie n’est pas systématique.

📌 Pour le rapport PSA libre/PSA total exprimé en pourcentage, une valeur inférieure à 15 % évoque un cancer, une valeur supérieure à 25 % favorise une hyperplasie bénigne et une valeur entre 15 et 25 % conduit à discuter une biopsie sans consensus.

  • La biopsie apporte la preuve histologique du diagnostic et comprend 6 à 12 prélèvements étagés de la base vers l’apex ; elle est indiquée en cas de toucher rectal suspect ou de PSA supérieur à 10 ng/ml, et un prélèvement négatif n’exclut pas un cancer.

Compléments

  • Une augmentation du PSA de 0,75 ng/ml par an est suspecte de cancer.

  • L’échographie prostatique endorectale a un faible intérêt diagnostique, car 40 % des cancers ne sont pas détectés, mais elle est utile pour guider les biopsies.

7. Classification et pronostic

★ À maîtriser

  • La classification TNM permet de déterminer le stade du cancer afin de guider les modalités thérapeutiques et la prise en charge.

Compléments

  • Le cours comporte des diapositives intitulées « Facteurs pronostiques », sans en préciser le contenu textuel.

8. Prise en charge thérapeutique

★ À maîtriser

📌 Pour les patients atteints d’un cancer localisé, l’abstention thérapeutique est proposée si l’espérance de vie est inférieure à 10 ans et si le patient est asymptomatique, ou s’il est très fragile et que le risque du traitement est très élevé.

  • L’abstention thérapeutique s’accompagne d’une surveillance régulière biologique, clinique et radiologique.

📌 Le traitement des cancers métastatiques vise à supprimer la testostérone, dont les cellules tumorales dépendent pour leur prolifération.

  • La chimiothérapie est destinée à la maladie métastatique et repose surtout sur les taxanes docétaxel et cabazitaxel ; sa toxicité est élevée, notamment chez les personnes âgées et fragiles, avec un risque d’hématotoxicité comme la neutropénie fébrile.

Compléments

  • Les agonistes ou antagonistes de la LH-RH sont généralement administrés par injection sous-cutanée une fois par mois ou tous les trois ou six mois selon la dose, tandis que les anti-androgènes sont généralement pris par voie orale en comprimés.
  • Le Zytiga® bloque la production des androgènes à trois niveaux.

  • Les effets secondaires cités sont :

    • les troubles sexuels
    • les bouffées de chaleur
    • les troubles de l’humeur
    • la perte de masse musculaire et de force
    • le risque d’ostéoporose
    • la fatigue
    • les troubles métaboliques
    • l’augmentation des risques cardiovasculaires

9. Rôle infirmier et accompagnement

★ À maîtriser

  • Le rôle infirmier comprend l’information du patient sur le diagnostic, les options thérapeutiques et leurs implications, ainsi que l’éducation sur les effets secondaires possibles et leur gestion.

  • L’infirmier surveille et évalue les symptômes liés au cancer et aux traitements, contribue à la gestion de la douleur et du confort, et adapte les interventions en collaboration avec l’équipe de soins.

  • La prise en charge infirmière comprend : la coordination interdisciplinaire, la planification du suivi, la rééducation physique et émotionnelle, l’accompagnement en soins palliatifs et en fin de vie

Compléments

  • L’infirmier prépare le patient et sa famille à la chirurgie ou à la radiothérapie en expliquant les procédures, les soins postopératoires et les effets secondaires possibles.

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1. À propos des facteurs associés au cancer de la prostate :

2. Pour les antécédents familiaux au premier degré, les risques relatifs indiqués sont :

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Quelle place le cancer de la prostate occupe-t-il parmi les cancers masculins ?

Le premier cancer chez l’homme.

Quelle part des nouveaux cancers le cancer de la prostate représente-t-il ?

25 %.

Combien de nouveaux cas de cancer de la prostate ont été estimés en France métropolitaine en 2018 ?

50 400 nouveaux cas.

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