★ À maîtriser
En France, le cancer du sein provoque 61 214 nouveaux cas et 12 765 décès par an, avec un âge médian au diagnostic de 64 ans et une survie nette à 5 ans de 88 %. — INCa, Panorama des cancers 2026
Le cancer du sein concerne environ une femme sur huit au cours de la vie, tandis que les hommes représentent 1 % des cas.
Au diagnostic, 60 % des cancers du sein sont à un stade précoce, 33 % présentent une extension régionale et 7 % sont métastatiques d’emblée.
Les facteurs de risque non modifiables comprennent: l’âge, une prédisposition BRCA1, BRCA2 ou PALB2, des antécédents familiaux précoces ou nombreux, un antécédent personnel de cancer ou de lésion à risque, une irradiation thoracique dans l’enfance, une vie hormonale marquée par des règles précoces ou une ménopause tardive
Compléments
Alcool, surpoids et sédentarité → une part évitable des cancers
Pour le risque moyen, les femmes de 50 à 74 ans bénéficient d’une mammographie avec examen clinique et double lecture tous les deux ans dans le cadre du dépistage organisé.
Pour le risque élevé, une mammographie avec ou sans échographie est réalisée annuellement sur prescription, notamment en cas d’antécédent personnel ou familial ou d’irradiation thoracique.
Pour le risque très élevé lié à une mutation BRCA1, BRCA2 ou PALB2, le suivi spécialisé associe IRM, mammographie et examen clinique, avec un suivi annuel dès 30 ans.
Le dépistage organisé prévoit: une invitation des femmes de 50 à 74 ans, un centre agréé choisi par la patiente, une prise en charge à 100 % sans avance de frais, une double lecture de la mammographie
Le dépistage organisé vise une réduction de la mortalité par cancer du sein de l’ordre de 15 à 20 % et permet d’éviter 150 à 300 décès pour 100 000 femmes participant régulièrement pendant 10 ans.
📌 La classification ACR indique que ACR 0 nécessite des investigations complémentaires, ACR 1 est normal, ACR 2 correspond à une anomalie bénigne, ACR 3 impose une surveillance à 3 ou 6 mois, et ACR 4 ou 5 conduit à une biopsie.
Risque moyen, élevé, très élevé : mammographie, suivi annuel, IRM
★ À maîtriser
📌 Une mastite qui persiste doit être considérée comme un cancer inflammatoire jusqu’à preuve du contraire.
Compléments
📌 Le bilan d’extension n’est pas systématique et est réalisé notamment en cas de tumeur T3-T4, d’atteinte ganglionnaire ou de signes d’appel.
Clinique → imagerie → biopsie → bilan d’extension
★ À maîtriser
Un carcinome canalaire in situ conserve une membrane basale intacte, ne présente pas de risque métastatique et relève d’une chirurgie avec ou sans radiothérapie, tandis qu’un carcinome infiltrant franchit la membrane basale et peut migrer par voie lymphatique ou sanguine.
Dans le carcinome in situ, il n’y a généralement ni geste ganglionnaire ni chimiothérapie, alors que l’exploration ganglionnaire est obligatoire dans le carcinome infiltrant.
La cytoponction étudie les cellules, tandis que la biopsie étudie les cellules et leur architecture ; une cytoponction ganglionnaire est réalisée avant traitement pour les ganglions axillaires palpables ou suspects à l’échographie.
Les récepteurs hormonaux indiquent la sensibilité à l’hormonothérapie, HER2 constitue une cible d’anticorps et Ki67 renseigne sur la vitesse de prolifération.
Le profil Luminal A est RH positif, HER2 négatif et Ki67 bas, représente 50 % des cas et relève le plus souvent d’une hormonothérapie seule.
Le profil Luminal B est RH positif, HER2 négatif et Ki67 élevé, représente 20 % des cas et relève d’une hormonothérapie associée à une chimiothérapie, avec éventuellement un inhibiteur de CDK4/6.
Le profil HER2 positif correspond à une surexpression de HER2, représente 15 % des cas et relève d’une chimiothérapie associée à des anticorps anti-HER2.
Le profil triple négatif est RH négatif et HER2 négatif, représente 15 % des cas et relève d’une chimiothérapie avec immunothérapie et éventuellement olaparib.
Compléments
In situ : membrane intacte ; infiltrant : membrane franchie
★ À maîtriser
📌 La réunion de concertation pluridisciplinaire prend les décisions thérapeutiques avec au moins trois spécialités.
Compléments
RCP → annonce → reformulation → PPS → coordination
★ À maîtriser
La tumorectomie est un traitement conservateur indiqué lorsque le rapport entre le volume tumoral et le volume du sein le permet, avec des berges saines et une radiothérapie obligatoire.
La mastectomie est privilégiée en cas de tumeur volumineuse, multifocale, récidivante ou à la demande de la patiente.
Un hématome postopératoire se manifeste par un sein tendu, douloureux et dont le volume augmente, ce qui impose une alerte immédiate.
La surveillance postopératoire recherche aussi une infection avec fièvre, rougeur ou écoulement purulent, une lymphocèle après ablation du drain et l’évolution de la quantité et de l’aspect du liquide du Redon à chaque relève.
Compléments
Tumorectomie conservatrice contre mastectomie radicale
★ À maîtriser
📌 La protection cutanée repose sur l’hydratation, les gants, la protection solaire et la désinfection de toute plaie, tandis que l’activité physique est recommandée car l’immobilisation aggrave le risque.
📌 Une rougeur associée à de la fièvre évoque un érysipèle et impose une consultation sans délai ; une lourdeur ou une bague ou manche qui serre doit être signalée précocement.
Compléments
📌 Après une chirurgie ganglionnaire, il faut privilégier le bras controlatéral sans interdire systématiquement une prise de sang ou une tension artérielle du côté opéré si une voie nécessaire l’exige.
Curage plus étendu → risque de lymphœdème plus élevé
📌 La radiothérapie est systématique après un traitement conservateur et est administrée en séances quotidiennes du lundi au vendredi, avec des protocoles de 4 à 7 semaines et des schémas courts de 1 à 3 semaines désormais standards.
Pendant la radiothérapie, il faut: hydrater la peau, utiliser une toilette tiède avec savon surgras, tamponner, porter du coton sans armature, conserver les repères de centrage, signaler toute desquamation
La chimiothérapie concerne environ 30 % des patientes et est de plus en plus souvent administrée avant la chirurgie, selon le profil biologique.
📌 En cas de neutropénie fébrile, il faut réaliser une NFS et des hémocultures et administrer des antibiotiques dans l’heure.
★ À maîtriser
Les anticorps anti-HER2 sont utilisés pour les tumeurs HER2 positives et nécessitent la surveillance de la fraction d’éjection ventriculaire gauche et des réactions à la perfusion.
Les inhibiteurs de CDK4/6 concernent les cancers RH positifs et HER2 négatifs, notamment métastatiques ou en adjuvant, et nécessitent une surveillance de la neutropénie, de la diarrhée et de l’observance.
L’immunothérapie expose à:
L’hormonothérapie est administrée par voie orale pendant 5 à 10 ans et environ un tiers des patientes l’interrompent.
Le tamoxifène peut être utilisé avant et après la ménopause et expose notamment à un risque thromboembolique et à des métrorragies qui doivent être explorées.
Les anti-aromatases sont utilisées chez les femmes ménopausées et peuvent provoquer des arthralgies, une ostéoporose et une sécheresse vaginale ; une densitométrie et un apport en vitamine D sont nécessaires pour la santé osseuse.
L’hormonothérapie réduit le risque de rechute d’environ un tiers, et l’entretien de l’observance doit rechercher les arthralgies, les bouffées de chaleur et les difficultés sexuelles plutôt qu’un simple oubli.
Compléments
★ À maîtriser
Les soins de support doivent aborder:
Dans les stades localisés, la chirurgie du sein est systématique, le geste ganglionnaire est systématique si la tumeur est infiltrante, la radiothérapie est systématique après traitement conservateur ou en cas d’atteinte ganglionnaire, et l’hormonothérapie est systématique si la tumeur est infiltrante et RH positive.
Dans les stades métastatiques, l’objectif devient un contrôle prolongé et la qualité de vie, avec un traitement systémique en premier, une chirurgie ponctuelle de contrôle local et une radiothérapie antalgique ou décompressive.
Après le traitement, la surveillance comprend un examen clinique tous les six mois pendant cinq ans puis annuel, une mammographie annuelle, sans imagerie systématique ni dosage de marqueurs tumoraux.
Compléments
L’après-cancer peut comporter:
L’ALD 30 permet une prise en charge des soins à 100 %, et le droit à l’oubli s’applique cinq ans après la fin du protocole en l’absence de rechute.
Prévenir, traiter, accompagner, puis surveiller
| Niveau de risque | Population ou situation | Examen et rythme |
|---|---|---|
| Moyen | 50–74 ans sans autre facteur | Mammographie avec examen clinique tous les 2 ans |
| Élevé | Antécédent personnel ou familial, irradiation | Mammographie avec ou sans échographie, annuellement |
| Très élevé | Mutation BRCA1, BRCA2 ou PALB2 | IRM et mammographie, suivi annuel dès 30 ans |
| Profil | Marqueurs | Traitement caractéristique |
|---|---|---|
| Luminal A | RH+ / HER2− / Ki67 bas | Hormonothérapie seule le plus souvent |
| Luminal B | RH+ / HER2− / Ki67 élevé | Hormonothérapie et chimiothérapie, éventuellement CDK4/6 |
| HER2 positif | HER2 surexprimé | Chimiothérapie et anticorps anti-HER2 |
| Triple négatif | RH− / HER2− | Chimiothérapie et immunothérapie, éventuellement olaparib |
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Combien de nouveaux cas de cancer du sein y a-t-il en France chaque année ?
61 214 nouveaux cas par an.
Quel est l'âge médian au diagnostic du cancer du sein en France ?
64 ans.
Quelle est la survie nette à 5 ans du cancer du sein en France ?
88 %.
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